Lefranc, Alix, Jhen ... et les autres
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Chronologie des aventures de Lefranc

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Michel Jacquemart
Raymond
6 participants

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Invité


Invité

Pierre a écrit:
Et Ric Hochet alors ?


Lui, c'est une véritable "Rafale". Laughing

Damned

Damned
grand maître
grand maître

Pierre a écrit:Je suis d'accord.

Et Ric Hochet alors ?


On pourrait en dire autant, mais, j'avoue que j'accroche moins (le dessin peut être) ......
Les personnages féminins (visages) dans les albums de Ric Hochet restent caractéristiques des "canons esthétiques" des années 50 alors que le héros vit des aventures contemporaines (peut être une autre sorte d'incohérence)!

Sinon je lis ces albums facilement, avec plaisir même, mais, contrairement à Lefranc, je n'y reviens jamais (ou je n'en ressens pas le besoin)....

Raymond Damned

http://www.pbase.com/vv_eagle/legrand_raymond

Pierre

Pierre
vieux sage
vieux sage

Le monstre de Noireville, Les spectres de la nuit ou encore Enquête dans le passé sont d'excellents albums. C'est un peu moins vrai par la suite.

Et on est pas vraiment perturbé avec la chronologie ... Wink

Bon, c'est hors-sujet alors j'arrête. Very Happy

Michel Jacquemart

Michel Jacquemart
bédéphile pointu
bédéphile pointu

Je n'arrive pas à suivre... je suis en retard de 2 jours sur les remarques et questions de JYB...
Je voudrais développer la question de l'"ADN" d'une série, de la "rédifinition" d'un personnage ou d'une série, des "spin off" et des reprises... Je voudrais intégrer ces différentes notions... mais il y a continuellement de nouvelles questions qui sont évoquées avant que je n'ai le temps de répondre aux précédentes...

J'essayerai de développer ces points ce soir, mais en attendant, je réagis aux derniers "posts"...

Ce n'est pas moi qui ai décidé de renvoyer Lefranc dans les années '50 !!!! Quand on a fait cela quelques années auparavant avec Blake et Mortimer, j'ai pesté et hurlé d'indignation ! Mais je me suis calmé à la lecture de "L'Affaire Francis Blake", qui m'a agréablement surpris... Je m'étais pourtant juré de n'acheter aucun Blake et Mortimer "rétro", car je jugeais cela comme une trahison envers Jacobs... Mais je me suis laissé avoir quand on a déclaré dans la presse que l'album allait être retiré des ventes... Un collègue m'a envoyé chercher d'urgence une série d'exemplaires pour tous les membres de l'agence et j'en ai acheté un pour moi-même...

Quand j'avais interviewé Jacques Martin (fin 2000), il m'avait déclaré qu'il était à hostile a cette idée de figer Lefranc dans le passé comme on l'avait fait avec Blake Mortimer - quand Jacques Martin était chez Dargaud, l'éditeur avait déjà eu cette idée avant de finalement l'appliquer à Blake et Mortimer... Jacques Martin voulait que Lefranc demeure une série ancrée dans le présent, dans l'actualité.

A cette époque, où je co-réalisais "A Propos de Lefranc", j'avais interrogé Jacques Martin sur la page inédite réalisée en 1955 et parue dans "Avec Alix"... Jacques Martin semblait ne pas se souvenir du synopsis... Mais j'avais aussi découvert qu'il existait des crayonnés de ce projet avorté... J'avais alors suggéré à Jimmy Van den Hautte de faire terminer cette histoire... Si Jacques Martin ne se souvenait plus du synopsis, j'avais suggéré que l'on demande à Roger Leloup... Ou même à Jean Van Hamme, qui avait très bien réussi "L'affaire Francis Blake"... J'étais bien loin de me douter que cette tâche allait finalement m'incomber... Mais, par rapport au refus de Jacques Martin de renvoyer Lefranc dans les années '50, j'avais argumenté en disant qu'il s'agissait de terminer un album commencé dans les années '50, et non de recentrer la série dans les années '50 comme on l'a fait pour Blake et Mortimer...

En Avril 2005, André Taymans me téléphone pour me demander si je pourrais lui fournir des scénarios pour une série parallèle de Lefranc qui se déroulerait dans les années '50... J'étais plutôt surpris, d'une part à cause de la déclaration de Jacques Martin en 2000, mais aussi parce que les projets personnels que j'avais montrés à André et à Jimmy se déroulaient dans le futur, dans les colonies spatiales et étaient traités dans le style "manga", à la manière de Masamune Shirow... Ca ressemblait plus à ce qu'allait faire Jean-David Morvan qu'à du Jacques Martin... Je n'avais pas d'idées pour Lefranc, mais j'ai répondu que j'en avais, en me disant qu'il m'en viendrait bien une... Un ou deux jours après, Jimmy Van den Hautte me téléphonnait pour me faire la même demande...

Il y a là un point très important, sur lequel j'ai bien demandé confirmation : s'agit-il d'un "one shot" ou de concevoir une série parallèle ? Il m' a bien été clairement répondu (et j'ai posé la question plusieurs fois) de concevoir une nouvelle série parallèle ! Ceci est très important ! J'ai beaucoup réfléchi à la question et j'en ai longuement discuté avec André et Jimmy... J'en suis arrivé à la conclusion qu'il est envisageable de produire un album comme il aurait été fait dans les années '50, mais que le principe ne tient pas la route sur le long terme, sur une série : au mieux on obtient une aimable parodie... Au pire, ça donne... "Londres en Péril" ou "Le Châtiment" Smile

L'idée de replacer Lefranc dans les années '50 vient bien sûr du succès de la reprise de Blake et Mortimer, cela m'a clairement été dit ! L'idée de partir des 4 pages de l'épisode inachevé des années '50 est de moi. D'une part, je trouvais trop dommage que ces planches restent à jamais inemployées, d'autre part, je pensais que c'était un moyen élégant et original de lancer cette nouvelle série dans l"'univers Jacques Martin". Si Jacques Martin était d'accord, il n'en allait pas de même pour d'autres décideurs et je me suis heurté à un refus catégorique, qui du reste n'a jamais été justifié... J'ai argumenté du fait quel''intégration de ces pages allait dédouaner l'éditeur si on l'accusait de copier la formule de Blake et Mortimer et que ces pages de 1955 apporteraient un bon argument commercial ; j'ai fini par obtenir gain de cause, et ça me fait quand même marrer quand je lis çà et là que cela m'a été imposé ! J'ai alors accompli le tour de force d'intégrer ces pages dans un synopsis que j'avais été contraint de construire avec justement l'instruction de ne pas les y inclure, synopsis qui par ailleurs avait déjà été validé, et dont je devais ramener la réalisation à 46 pages au lieu des 62 initialement accordées !
"
Casterman a fait courir la légende selon laquelle on avait retrouvé un synopsis de la main de Jacques Martin, écrit d'une écriture fine et serrée sur du papier jauni", qui portait ce titre : "Le Maître de l'Atome"... Ca aussi, ça me fait bien marrer ! Ce titre était en fait le titre que j'avais donné au deuxième tome de mon synopsis "Réactions en chaîne" et ça devait être un titre provisoire, parce que je l'avais copié sur le titre "Le Maître du Soleil", une aventure de Dan Cooper qui m'avait particulièrement marqué dans ma jeunesse... (tome 1 :" Le Réveil de Moloch", devenu "Le Maître de l'Atome" ; tome 2 : "Le Maître de l'Atome", devenu "Rendez-Vous à Shamballa", + un tome 3 (à cause de la réduction de 62 à 46 pages) : "Le Sommeil du Dragon")

Casterman a aussi accrédité et propagé la légende comme quoi le synopsis de l' "Inédit devenu Le Maître de l'Atome" aurait été en fait celui de "L'Affaire Tournesol", ce que Jacques Martin n'a jamais prétendu ! Cela ne tient pas la route : Jacques Martin avait dessiné une Peugeot 403, un modèle qui sorti après la parution de "L'Affaire Tournesol... Après avoir beaucoup réfléchi à la question, André et moi-même sommes arrivés à la conclusion que ces pages inédites provenaient très probablement d'une première mouture de "l'Ouragan de Feu". (Quand j'aurai le temps, je développerai le sujet en exposant mon argumentation)

Au moment où je pensais "continuer l'inédit de 1955" (donc avant le refus de Casterman d'utiliser ces planches de 1955), un vrai dilemme s'est posé à moi : fallait-il terminer cet album comme l'aurait Jacques Martin à l'époque ou bien faut-il tenir compte du fait que cet album est achevé exactement un demi-siècle plus tard ?? Il me semblait plus respectueux de procéder à une reconstitution, à la manière d'un archéologue qui restaure un vestige du passé... Mais alors, si je poussais cette logique jusqu'au bout, j'allais faire un remake de "l'Ouragan de Feu" ! Mais, surtout, j'ai pensé que la formule, acceptable pour un album, ne tiendrait pas sur la série : on tomberait dans la parodie - comme ce fut finalement le cas avec "Londres en Péril" et "Le Châtiment" Smile

S'il s'était agi de seulement terminer un album commencé en 1955, je n'aurais bien sûr pas introduit un personnage comme Kahina, qui est "calquée" sur la reine Adréa, qui a fait son apparition dans l'univers de Jacques Martin quelque 10 années plus tard ; surtout, je n'aurais pas utilisé comme cible de Borg la Bombe atomique française et la base secrète du Sahara, qui à l'époque était encore réellement secrète ! De même on ne pouvait pas savoir à l'époque que le groupe terroriste La Main Rouge était le bras armé des services secrets français.

C'est ainsi que j'en suis arrivé à la conclusion qu'il était préférable de faire de cette série "années '50" non pas une imitation à la limite de la parodie, mais bien une série historique, au même titre que les séries "Alix" ou "Jhen". Je suis arrivé à cette conclusion après en avoir aussi discuté avec André Taymans, qui m'a dit que cette option s'imposait d'autant plus que Jacques Marin était le fondateur de la BD historique ; tout le monde était d'accord sur mon point de vue, que l'on ne pouvait traiter une époque qui appartient maintenant à l'Histoire de la même manière qu'on l'aurait fait à cette époque même...

J'ai alors construit un concept basé sur les séries "Alix" et sur "Jhen" : la Guerre Froide et la décolonisation serviront de toile de fond à cette nouvelle série, tout comme l'opposition César-Pompée dans une république qui devient un empire en annexant de plus en plus de peuples sert de toile de fond à la série "Ali"x ou les guerres de religion et les conflits France-Bourgogne-Angleterre de toile de fond à la série "Jhen" ; comme dans "Alix" et "Jhe"n, le contexte historique sera solide et respecté et servira de point de départ aux intrigues ; comme dans les autres séries historiques de Jacques Martin, on mettra en scène des personnages réels, ce que Jacques Martin n'avait pas fait dans Lefranc tant que c'était une série contemporaine, mais comme il a fait dans toutes ses séries historiques.

L'histoire des années '50 est encore suffisamment proche de nous pour nous obliger à tenir compte de manière rigoureuse de la chronologie des événements ; j'ai dressé la trame de la série, s'étendant de 1955 (année de la réalisation des planches qui ont servi de point de départ à la série) et 1960, année de L'ouragan de Feu. J'ai ainsi remis un plan de la série, en plaçant environ deux aventures par année entre 1955 et 1960, le dernier album faisant la jonction avec l'Ouragan de feu ; chaque épisode était lié à un ou deux lieux précis et à un ou deux événements historiques précis ; dans chaque épisode apparaissait quelques personnages réels.

J'ai aussi introduit un autre paramètre dans mon "plan" de la série : j'ai respecté le principe selon lequel chaque épisode puisse être lu séparément, mais, par delà les épisodes individuels, il y a construction d'une continuité, d'une "méta-intrigue" qui court sur l'ensemble du cycle ; il y notamment un "cliffhanger" à la fin de chaque album... Si Jacques Martin a peu fait cela, on pourra toutefois constater qu'il avait commencé à le faire dans "Lefranc", à partir de l'album "La Colonne", quand Borg entretient Lefranc d'un projet grandiose... Je me suis permis de développer ce procédé, d'une part parce que Jacques Martin avait commencé à le faire, et aussi parce que nous étions en train de mettre sur les rails une nouvelle série, mais surtout, je l'ai fait parce que c'était plus intéressant (même si plus difficile) et pour des raisons commerciales ! On peut remarquer que le temps des aventures isolées est révolu et que les séries qui cartonnent, comme XIII, développent des intrigues sur plusieurs albums... Comme l'a fait remarquer Jean Van Hamme (cf "A propos de XIII"), c'est Jean-Michel Charlier qui a inauguré le principe, dans Blueberry, avec l'histoire du trésor des Confédérés... Je me suis dit qu'il fallait tenir compte de cette évolution, tout en maintenant le fait que chaque album puisse être lu séparément.

Mon but n'était pas de me casser la tête, mais de relancer la série en offrant : 1. des histoires qui renouent avec les ingrédients qui avaient fait le succès de la série, pour reconquérir les anciens lecteurs ; 1. pour les amateurs de BD historiques (dont les lecteurs d'Alix, mais pas seulement eux) offrir une BD historique focalisée sur les années '50 ; 3. amener vers les séries de Jacques Martin les amateurs de grandes sagas comme XIII.

Pour moi, il n'y a pas de raison que Lefranc n'obtienne pas des chiffres de ventes du même ordre que ceux de Blake et Mortimer ou XIII, pour peu que l'on s'y prenne bien ! C'était en tout cas mon objectif à 5 ans... Mais c'était aussi avant la mise en place du Comité de "lecture"...

André Taymans et moi-même avons travaillé jadis dans la communication d'entreprise (j'ai raconté cela dans "A Propos de Caroline Baldwin") ; à l'époque du "Maître de l'Atome", nous n'avons pas simplement pensé à réaliser un album de plus dans la série, nous avons réfléchi en termes de concept pour relancer la série sur le long terme...

Je rappelle aussi à ceux qui se demandent pourquoi on n'a pas continué les Lefranc contemporains, qu'au départ, les deux séries devaient coexister, à l'instar de "Blueberry" et "la jeunesse de Blueberry". Ce n'était pas la première fois que l'on intercalait de nouveaux albums se situant chronologiquement entre des albums parus précédemment : cela avait déjà été fait avec le cycle "Marshall Blueberry" et avec la reprise de Blake et Mortimer ; c'est aussi quelque chose qui se fait souvent dans les comics comme DC ou Marvel.

Pour avoir fréquenté assidument l'ancien forum "Marque Jaune", j'ai pu constater que les fans de Jacobs accordaient beaucoup d'attention à la cohérence chronologique des nouveaux épisodes par rapport à ceux de Jacobs et qu'ils étaient bien plus sourcilleux qu'ici sur cette question et qu'ils ne pardonnaient pas les erreurs, les à-peu-près ou ce qu'ils perçoivent comme un manque de connaissance ou de respect de l'oeuvre de Jacobs...

Dès le début, André et moi-même avons insisté pour que nos albums soient différenciés de la série-mère contemporaine, par la couleur de la tranche ou le bandeau-titre, et fasse l'objet d'une numérotation à part (par exemple en chiffres romains) mais nous n'avons pas obtenu gain de cause... La série contemporaine a vraisemblablement été interrompue suite à la parution de "La Momie Bleue", dont la réception a été très mauvaise, alors que "Le Maître de l'Atome" a été salué par la critique et les lecteurs. A l'époque, mon ami et collaborateur Didier Mouton a fait cette réflexion : "chez Casterman, ils ne sont pas assez intelligents pour avoir perçu le critère discriminant : ils ont pensé que le succès ou l'échec étaient liés à l'époque où se déroulait le récit - années '50 contre époque contemporaine -, sans prendre en compte les qualités intrinsèques du scénario et du dessin !" Depuis, les albums "Londres en Péril" et "Le châtiment" ont bien montré qu'il ne suffit pas de placer Lefranc dans les années '50 pour obtenir un bon résultat ! Inversement, avec "Le Retour du Loup", j'ai essayé (sans savoir si j'ai réussi) de montrer qu'il était possible d'écrire aujourd'hui un Lefranc contemporain qui soit du même niveau que "Le Maître de l'Atome"...

J'ai exposé les raisons "stratégiques" qui ont sous-tendu la conception du cycle "années '50" (que j'ai baptisé par commodité "Cycle de l'Atome") et dont finalement seul le premier tome a été publié, (et altéré)... Mais quelle est la légitimité morale de cette entreprise vis-à-vis de Jacques Martin ? Je peux témoigner du fait que lors des réunions de travail que j'ai eues avec Monsieur Martin sur "Le Maître de l'Atome", il n'a jamais exprimé aucun grief sur le projet, il semblait au contraire très enthousiaste. Par après, nous avons discuté ensemble de l'adaptation de son synopsis de "l'Ombre de Scarlett", pour raconter cette histoire dans les années '50 (il m'a d'ailleurs envoyé son synopsis pour que je l'adapte). Il a aussi donné son feu vert pour "La Zone 51", une histoire sur les "soucoupes volantes", qui se déroule dans les années '50. Il n'avait donc pas du tout l'air opposé à ce que l'on écrive des histoires de Lefranc qui se passent dans les années '50... Mais je n'ai jamais discuté avec lui de l'éventuel abandon de la série contemporaine... J'ai lu, il me semble sur AlixMag, certains témoignages qui me laissent perplexes, car Jacques Martin y évoquait des sujets contemporains pour Lefranc, comme l'épidémie de H1N1... A lire cela, on pourrait presque se demander si Monsieur Martin était vraiment bien au courant de la décision de supprimer la série Lefranc contemporaine...

Le concept lancé avec Le Maître de l'Atome devait "rebooster" la série... Mais au lieu de cela, on l'a enterrée... Ce cycle devait être ce que dans les comics on appelle une "mini-série"... Ce n'était donc pas un truc dans lequel on s'enfermait à vie ! Tout a été pensé soigneusement et avec enthousiasme, à partir, d'une part, de l'univers de Jacques Martin et, d'autre part, de l'Histoire des années '50. C'est vraiment quelque chose en soi qui est très amusant à réaliser, ce n'est pas du tout l'enfer ! Si enfer il y a , il vient non pas de la difficulté à penser et réaliser un tel projet, mais bien des difficultés amoncelées par ceux qui n'ont eu de cesse de nous mettre des bâtons dans les roues...















Emil Dewantara aime ce message

Pierre

Pierre
vieux sage
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Mais je crois que tout le monde applaudit des deux mains au Lefranc des années cinquante. Tout est affaire de scénario. Comme toujours. Et les tiens, Michel, sont excellents en la matière.

Michel Jacquemart

Michel Jacquemart
bédéphile pointu
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Merci pour le compliment, mais ce n'est pour pas cela que j'ai écrit le billet précédent... J'ai essayé de répondre aux points soulevés plus haut par Damned et JYB sur la façon dont ces albums s'inséraient entre des albums préexistants et l'importance de la cohésion avec l'ensemble... J'ai expliqué le pourquoi et le comment de ce retour aux années '50... j'ai expliqué ce que nous avons essayé de construire et pourquoi des albums comme La Momie Bleue, Londres en Péril ou Le Châtiment ont "détricoté" ce qui avait commencé à être (re)construit...

Je pense aussi que des albums comme Noël Noir et Les Enfants du Bunker auraient du paraître plus tard, après avoir confirmé ce qui avait été lancé avec Le Maître de l'Atome.

Je pense que nous avions une chance de réussir si on avait mis le paquet au moment du Maître de l'atome et si l'on avait maintenu le cap... Je pense (et je ne suis pas le seul) qu'il est maintenant trop tard pour redresser la situation. Le mal est fait, le naufrage est en cours.

Je pense que ce naufrage n'était pas inéluctable ! Contrairement à JYB, je pense que la reprise d'une série peut se faire d'une manière satisfaisante. Je pense que dans le cas des reprises de Jacques Martin l'échec ne vient pas de la difficulté (réelle) de l'entreprise, mais bien de sa gestion calamiteuse ; dans cette affaire, les critères de qualité et de cohérence ont plus d'une fois cédé la place au copinage, à l'incompétence et à la recherche du rendement à court terme. Je pense aussi que le facteur "stupidité" l'a emporté sur le facteur "cupidité", car je reste convaincu qu'une meilleure gestion, plus respectueuse, aurait pu donner plus de satisfaction aux lecteurs, dans l'espoir d'augmenter les chiffres de vente, sans ternir l'éclat du patrimoine littéraire laissé par Jacques Martin.



Dernière édition par Michel Jacquemart le Mar 31 Mai - 0:08, édité 1 fois

Damned

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grand maître
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Michel Jacquemart a écrit:Je pense quand dans le cas des reprises de Jacques Martin l'échec ne vient pas de la difficulté (réelle) de l'entreprise, mais bien de sa gestion calamiteuse ; dans cette affaire, les critères de qualité et de cohérence ont plus d'une fois cédé la place au copinage, à l'incompétence et à la recherche du rendement à court terme. Je pense aussi que le facteur "stupidité" l'a emporté sur le facteur "cupidité", car je reste convaincu qu'une meilleure gestion, plus respectueuse, aurait pu donner plus de satisfaction aux lecteurs, dans l'espoir d'augmenter les chiffres de vente, sans ternir l'éclat du patrimoine littéraire laissé par Jacques Martin.

Je ne suis pas dans les arcanes de ce mêtier, mais tous les problèmes de reprises de séries semblent répondre à ce même cas de figure : Le rendement à court terme, et j'ajouterai, l'exploitation d'une image de marque, sans le moindre respect pour ladite marque !
Quand ça ne rapportera plus rien, on jettera aux oubliettes sans autre forme de procés, et on passera à autre chose ..... Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad

Quant à l'avis du lecteur, tant qu'il paye .......

Raymond Damned

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Michel Jacquemart

Michel Jacquemart
bédéphile pointu
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Pierre a écrit:Noël Noir est un excellent Lefranc mais c'est d'abord un excellent album où la présence de Lefranc n'est pas indispensable pour en faire un superbe album. Pareil pour les enfants du Bunker.

Je tiens à préciser que le synopsis du "Maître de l'Atome" a été initialement conçu pour Luc Orient et non pour Lefranc ! J'ai aussi envisagé de le proposer pour Blake et Mortimer... Par contre, Noël Noir et Les Enfants du Bunker ont été dès le départ pensés en fonction de la série Lefranc !

Pour "Noël Noir", je cherchais un sujet qui me permette de construire une histoire sur le modèle du "Repaire du Loup", sans que notre histoire ne donne cependant l'impression de ressembler à cet album ! Après coup, on pourrait se dire que Bob Morane ou Ric Hochet auraient aussi pu intervenir dans une catastrophe minière... Mais je ne suis pas venu avec une histoire de catastrophe minière, dans laquelle j'aurais glissé Lefranc : j'ai construit cette histoire autour de Lefranc, en prenant comme modèle l'album "Le Repaire du Loup".

Tout en conservant la trame générale, je n'aurais pas écrit "Le Maître de l'Atome" pour Luc orient ou pour Blake et Mortimer de la façon que pour Lefranc.

Contrairement à Buck Danny, Michel Vaillant ou Barbe Rouge, Lefranc, Bob Morane, Blake et Mortimer, Spirou ou encore Tintin sont des héros polyvalents, qui peuvent vivre beaucoup de types d'aventures et sont interchangeables dans l'action. Prenons les aventures de Tintin: recherche d'un trésor englouti, trafic d'opium, savants enlevés par le bloc de l'Est pour s'approprier une arme terrible, expédition spatiale, découverte d'une civilisation disparue dans les Andes, trafic d'armes et d'esclaves, recherche d'un ami disparu dans un accident d'avion, révolution dans une république bananière... Toutes ces aventures pourraient être vécues par Bob Morane, Lefranc ou Spirou ! Ce n'est pas les trames des scénarios du Secret de la Licorne ou de l'Affaire Tournesol qui font la spécificité de Tintin, mais bien les personnages, les rapports entre eux, la façon dont c'est raconté...

D'autres héros que Lefranc ont été confrontés à des phénomènes dit "surnaturels"... Je n'ai pas utilisé Lefranc et Jeanjean pour raconter une histoire de fantômes, j'ai utilisé le thème des fantômes pour explorer les personnalités de Lefranc et Jeanjean et les rapports entre ces deux personnages...

Michel Jacquemart

Michel Jacquemart
bédéphile pointu
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exemple de reprise réussie : Lucky Luke ! Goscinny n'était certes pas le premier créateur de Lucky Luke, mais il avait quand même contribué à porter la série au sommet. Eh bien après son décès une série de scénaristes se sont succédés, et tous avec talent et respect... Et les derniers Lucky Luke, ceux d'après le décès de Morris sont d'aussi bonne qualité, tant au point de vue scénario que dessin ! J'ai tout particulièrement été enthousiasmé par le dernier...

Autres exemples : La reprise de Buck Danny par Bergèse. Celle de Sibylline par André Taymans.

Je connais un peu moins, mais Michel Vaillant, les Schtroumpfs et Boule et Bill - et bientôt la Ribambelle ! me semblent aussi réussies...

Paul Gillon avait très bien repris continué la série Les Naufragés du Temps, dont le scénario avait été créé par Forest.

Certaines séries ont connu des fortunes diverses, comme Spirou ou Blake et Mortimer... Mais, en tout cas, certains albums de reprise de Blake et Mortimer ont montré qu'il était possible de bien reprendre la série même si cette reprise a faibli par la suite...

Enfin, je songe aus séries américaine : chaque personnage passe par les mains de cohortes d'artistes et de scénaristes sans être pour autant dénaturé ! Prenons Batman : Bob Kane était déjà un grand créateur, mais ceux qui l'ont secondé et ceux qui lui ont succédé n'ont pas démérité, que du contraire, chaque artiste a ajouté sa touche de génie pour porter cette série au sommet, aussi bien dans les adaptations animées ou cinématographiques qu'en Bande Dessinée !

Pour rebondir sur la remarque de Damned : je pense que rendement et qualité ne sont pas incompatibles, que du contraire ! Le danger, c'est l'appât du rendement à court terme ! C'est ainsi que l'on tue la poule aux oeufs d'or ! Par contre, une bonne gestion, respectueuse de la série et des lecteurs est une gestion qui porte sur le long terme et a des chances de rapporter beaucoup plus ! Voyez Batman : bonne gestion, par des gens intelligents et qui aiment et connaissent le personnage (des éditeurs de DC qui avaient en charge le personnage ont souvent été d'anciens scénaristes ou dessinateurs de Batman, comme Carmine Infantino ou le regretté Dick Giordano, qui encrait encore à l'occasion l'un ou l'autre un épisode) ; cela donne de bonnes histoires (cf ce que nous avons dit sur le "Year One"), qui ravissent les fans et attirent un nouveau lectorat, les adaptations sont tout aussi respectueuses... Résultat : des bénéfices colossaux et un succès qui ne faiblit pas plus de 70 ans après la création de la série !

PS pour JYB : les auteurs à qui l'on confie des personnages comme Batman ne se disent pas qu'il feraient mieux de créer leurs propres personnages ! C'est pour eux un honneur et une formidable opportunité de travailler sur un tel personnage ! Et cela ne bride absolument pas leur imagination, ainsi que le prouvent des chefs-d'oeuvres comme "Year One" ou "The Killing Joke" !

Invité


Invité

Damned a écrit:
Michel Jacquemart a écrit:Je pense quand dans le cas des reprises de Jacques Martin l'échec ne vient pas de la difficulté (réelle) de l'entreprise, mais bien de sa gestion calamiteuse ; dans cette affaire, les critères de qualité et de cohérence ont plus d'une fois cédé la place au copinage, à l'incompétence et à la recherche du rendement à court terme. Je pense aussi que le facteur "stupidité" l'a emporté sur le facteur "cupidité", car je reste convaincu qu'une meilleure gestion, plus respectueuse, aurait pu donner plus de satisfaction aux lecteurs, dans l'espoir d'augmenter les chiffres de vente, sans ternir l'éclat du patrimoine littéraire laissé par Jacques Martin.

Je ne suis pas dans les arcanes de ce mêtier, mais tous les problèmes de reprises de séries semblent répondre à ce même cas de figure : Le rendement à court terme, et j'ajouterai, l'exploitation d'une image de marque, sans le moindre respect pour ladite marque !
Quand ça ne rapportera plus rien, on jettera aux oubliettes sans autre forme de procés, et on passera à autre chose ..... Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad

Quant à l'avis du lecteur, tant qu'il paye .......

Raymond Damned

C'est clair, on l'a vu avec Blake et Mortimer et la mise en place d'une seconde équipe car Ted Benoit ne dessinait pas assez vite et qu'il fallait mettre de nouveaux albums dans les linéaires pour exploiter le filon et pourtant lorsque l'on regarde le nombre d'albums sortis du vivant de Jacobs, le rythme de Ted Benoit était respectable...

Invité


Invité

Michel Jacquemart a écrit:exemple de reprise réussie : Lucky Luke ! Goscinny n'était certes pas le premier créateur de Lucky Luke, mais il avait quand même contribué à porter la série au sommet. Eh bien après son décès une série de scénaristes se sont succédés, et tous avec talent et respect... Et les derniers Lucky Luke, ceux d'après le décès de Morris sont d'aussi bonne qualité, tant au point de vue scénario que dessin ! J'ai tout particulièrement été enthousiasmé par le dernier...

Autres exemples : La reprise de Buck Danny par Bergèse. Celle de Sibylline par André Taymans.

Je connais un peu moins, mais Michel Vaillant, les Schtroumpfs et Boule et Bill - et bientôt la Ribambelle ! me semblent aussi réussies...

Paul Gillon avait très bien repris continué la série Les Naufragés du Temps, dont le scénario avait été créé par Forest.

Alors là pas complètement d'accord... la poursuite de Lucky Luke après le décès de Goscinny n'a pas toujours été heureuse, et des albums bien moyens pour ne pas dire mauvais ont provoqué une baisse de vente conséquente, et l'abandon par les lecteurs de la série. C'est bien pour cela que lorsque Gerra et Achdé ont repris la série, il y a eu une grosse campagne de promotion pour retrouver des ventes dignes du personnage.

Par contre, Buck Danny de Bergèse est un bon exemple de reprise fidèle, pour Boule et Bill le relais s'est fait du vivant de Roba avec toute une charte à respecter pour Verron, ainsi la transition s'est faite sans cassure.

Pour les Schtoumpfs et Michel Vaillant, là c'est tout autre, puisque ce sont des studios qui poursuivent sous la bienveillance des enfants, dans les deux cas scénaristes qui perpétuent l'oeuvre paternelle.

JYB


vieux sage
vieux sage

Michel Jacquemart a écrit:Je n'arrive pas à suivre...
Moi pareil.

Michel Jacquemart a écrit:je suis en retard de 2 jours sur les remarques et questions de JYB...
Moi (dans l'autre sens...), ça va être pareil pour répondre point par point à Michel...

Michel Jacquemart a écrit:Ce n'est pas moi qui ai décidé de renvoyer Lefranc dans les années '50 !!!!
Ah bon ! Tout est dit.

Michel Jacquemart a écrit:Quand on a fait cela quelques années auparavant avec Blake et Mortimer, j'ai pesté et hurlé d'indignation ! (...) Je m'étais pourtant juré de n'acheter aucun Blake et Mortimer "rétro", car je jugeais cela comme une trahison envers Jacobs...
Ah bon ! Tout est dit.

Michel Jacquemart

Michel Jacquemart
bédéphile pointu
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haha, mais non, tout n'est pas dit !... Si tu lis attentivement, tu verras qu'au départ j'étais plutôt contre l'idée, mais par après je me suis rendu compte qu'il était possible d'écrire des choses intéressantes pour Lefranc dans les années '50 et je suis content d'avoir pu écrire les albums que j'ai écrits... Je regrette de ne pas avoir pu terminer le cycle prévu... Et je pense aussi qu'il possible de raconter de bonnes histoires contemporaines de Lefranc. Mais je pense aussi qu'il est de toute façon maintenant trop tard pour redresser la situation : les séries Lefranc et Alix ont perdu leurs qualités et leur crédit... Ce n'était pas inéluctable, mais les mesures correctrices n'ont jamais été prises, l'avis des lecteurs n'est jamais entré en ligne de compte... On se consolera en relisant les anciens albums...

Pierre

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vieux sage
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Donc pour toi Michel, Alix et Lefranc sont morts ?

Pour ma part, je pense que rien n'est inéluctable et qu'il est possible, à nouveau, d'avoir de bons albums, mais pour cela il faut que ceux qui les produisent aient l'amour de ce qu'ils font, et soient avant tout des amateurs avec un grand A des séries originales et du chemin tracé par Jacques Martin.

Sinon, effectivement...

Michel Jacquemart

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bédéphile pointu
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Pierre a écrit:... il faut que ceux qui les produisent aient l'amour de ce qu'ils font, et soient avant tout des amateurs avec un grand A des séries originales et du chemin tracé par Jacques Martin.

Ben oui, il faudrait... Il eut fallu que... Mais ce n'est pas le cas !

JYB


vieux sage
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Michel Jacquemart a écrit:haha, mais non, tout n'est pas dit !... Si tu lis attentivement, tu verras qu'au départ j'étais plutôt contre l'idée
Oui oui, j'avais lu la suite, mais ce que j'ai repris dans ma réponse, c'est le principal que j'ai retenu, et c'est ce qui aurait pu éclairer voire régler le problème une bonne fois pour toutes.
A part ça, autre point à voir : Blake & Mortimer suscitent à mon avis (c'est une impression que j'ai) un engouement bien plus puissant auprès des aficionados de Jacobs que ne sucitent Lefranc et Alix auprès des aficionados de ces séries. Donc, n'importe quoi sur B&M se vendra très, très bien. Au point de brouiller la vue et l'esprit des auteurs et éditeurs concurrents qui croient qu'en faisant pareil "chez eux", ça aura automatiquement le même résultat au sein d'autres séries anciennes type Lefranc ou Alix...

Michel Jacquemart

Michel Jacquemart
bédéphile pointu
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Pierre a écrit:Donc pour toi Michel, Alix et Lefranc sont morts ?

Disons "morts-vivants", réduits à l'état de zombies... depuis un certain temps déjà, paraissent des albums d'Alix et de Lefranc, qui, à mon sens, ne ressemblent plus, au niveau scénario, à des albums d'Alix ou de Lefranc. Il ne suffit pas que des personnages aient (parfois plus ou moins) les traits d'Alix ou de Lefranc. Ca porte toujours l'étiquette "Alix" ou "Lefranc", mais le contenu ne correspond pas.

Michel Jacquemart

Michel Jacquemart
bédéphile pointu
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JYB a écrit:
Blake & Mortimer suscitent à mon avis (c'est une impression que j'ai) un engouement bien plus puissant auprès des aficionados de Jacobs que ne sucitent Lefranc et Alix auprès des aficionados de ces séries. Donc, n'importe quoi sur B&M se vendra très, très bien. Au point de brouiller la vue et l'esprit des auteurs et éditeurs concurrents qui croient qu'en faisant pareil "chez eux", ça aura automatiquement le même résultat au sein d'autres séries anciennes type Lefranc ou Alix...

Ce n'est pas aussi évident : la première reprise de Blake et Mortimer, SATO 2, fut un échec commercial ! Mais Bob de Moor a été contraint de réaliser l'album dans la précipitation, les couleurs ne sont pas bonnes et il aurait fallu que l'on refasse une prépublication du premier tome... je me souviens de la prépublication dans le journal Moustique : on a commencé Sato 2, 30 ans après le tome 1, avec seulement quelques lignes de résumé... Il aurait fallu représenter l'album dans son contexte, reparler du tome 1, de Jacobs, créer l'événement...

Quand Dargaud-Lombard a repris les choses en main, la deuxième reprise, avec l'Affaire Francis Blake, a été savamment orchestrée ! Déjà, on a accordé à Ted benoît le temps qu'il fallait, et il a produit une oeuvre remarquable, vraiment dans le style de Jacobs ; le scénario de Van Hamme était très bien ; c'était un album de 62 pages, sur du beau papier ; et la campagne de communication a été très bien menée. C'est donc l'exemple d'une reprise réussie, tant du point vue artistique que commercial.

Quand Casterman a voulu faire pareil, on a réduit le nombre de pages de 62 à 46, on n'a pas eu droit au bon papier "à 'ancienne", ni à un tirage de tête, ni à une bonne campagne publicitaire ; mais aussi on n'a pas laissé aux dessinateurs le temps qu'il aurait fallu et on peut voir que le dessin est "accéléré" à partir de la moitié de l'album. A l'époque de réalisation du Maître de l'Atome, je me souviens que l'un d'entre nous a fait cette réflexion : "Casterman voudrait faire du Blake et Mortimer, mais sans s'en donner les moyens".

Je pense qu'ils ont raté le coche à ce moment, d'autant plus que cet album, malgré tout, a été très bien accueilli, tant par la critique que par les lecteurs ; mais Casterman a décidé de ne pas tenir compte des avis des critiques et des lecteurs et que l'on ne continuerait pas dans la voie ouverte avec le Maître de l'Atome ! C'était il y a 5 ans, et ils n'ont pas changé leur position...

Maintenant, pour en revenir à Blake et Mortimer, les gestionnaires et les auteurs seraient avisés de se rappeler que le succès n'est jamais chose acquise... Ils ont sorti d'affilée trois albums décevants, c'est moins que pour Lefranc ou Alix, mais c'est déjà beaucoup trop...

Invité


Invité

Michel Jacquemart a écrit:

[...] les séries Lefranc et Alix ont perdu leurs qualités et leur crédit... Ce n'était pas inéluctable, mais les mesures correctrices n'ont jamais été prises, l'avis des lecteurs n'est jamais entré en ligne de compte...

C'est bien là effectivement que le bât blesse : comment peut-on continuer une telle politique éditoriale en s'éloignant autant de ce qui a fait le succès de ces deux séries ? Rolling Eyes

JYB


vieux sage
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A Michel : j'ai lu ton post du lundi 30 à 17 h 57 racontant la genèse des reprises "années 50" de Lefranc. Je n'y répondrai pas ligne par ligne, ça va être plus que fastidieux. Mais je résume mon sentiment en redisant ce que j'ai déjà dit dans un précédent commentaire de ta méthode de travail : "Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?" Car c'est fou ce que tu aimes te compliquer la vie !...

Extrait de ce post :
Michel Jacquemart a écrit:On peut remarquer que le temps des aventures isolées est révolu et que les séries qui cartonnent, comme XIII, développent des intrigues sur plusieurs albums... Comme l'a fait remarquer Jean Van Hamme (cf "A propos de XIII"), c'est Jean-Michel Charlier qui a inauguré le principe, dans Blueberry, avec l'histoire du trésor des Confédérés... Je me suis dit qu'il fallait tenir compte de cette évolution, tout en maintenant le fait que chaque album puisse être lu séparément.
Ecrire une saga à la façon de Charlier dans Blueberry, c'est une question de don de narration et de souffle ; c'est dans l'ADN de Charlier de pouvoir réaliser ce cycle du trésor des Confédérés - et d'autres cycles du même tonneau - (on parlait récemment d'ADN, sur ce topic) ; et ce n'est pas en faisant comme Charlier qu'on fera du Charlier avec la qualité Charlier. Kolossale nuance... Damned vient d'intervenir (ci-dessous) pour parler de contrefaçon...



Dernière édition par JYB le Mer 1 Juin - 0:59, édité 3 fois

Damned

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grand maître
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Treblig a écrit:
Michel Jacquemart a écrit:

[...] les séries Lefranc et Alix ont perdu leurs qualités et leur crédit... Ce n'était pas inéluctable, mais les mesures correctrices n'ont jamais été prises, l'avis des lecteurs n'est jamais entré en ligne de compte...

C'est bien là effectivement que le bât blesse : comment peut-on continuer une telle politique éditoriale en s'éloignant autant de ce qui a fait le succès de ces deux séries ? Rolling Eyes

Parce qu'ils croient (les éditeurs) qu'il suffit d'avoir la "marque" pour que ça marche !
Si ce n'est le fait qu'ils bénéficient, officiellement, des droits de publication, on pourrait assimiler leurs productions actuelles à de la contrefaçon !
Je dis "on pourrait", mais pour moi, à titre personnel, je considère que c'en est une ....

Raymond Damned

http://www.pbase.com/vv_eagle/legrand_raymond

JYB


vieux sage
vieux sage

Michel Jacquemart a écrit:Contrairement à JYB, je pense que la reprise d'une série peut se faire d'une manière satisfaisante.
Une réponse trouvée hier sur le topic consacré à Jean Graton :

jfty a écrit:Mon avis ne fera pas majorité parmi vous, mais (les dinosaures) de la bd s'en vont trop rapidement à mon gout, il est vrai qu'ils ont tous 80 ans ou pas loin et que la relève n'accède pas à leur niveau, tant qu'au dessin ou le scénario! Fini les Goscinny,Martin,Charlier etc... Crying or Very sad

Pierre

Pierre
vieux sage
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Évidemment...

Damned

Damned
grand maître
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Michel Jacquemart a écrit:Contrairement à JYB, je pense que la reprise d'une série peut se faire d'une manière satisfaisante.

Tu nous a montré avec "Noël noir" dessiné par Régric que cela peut effectivement se faire, puisque dans ce cas précis le scénario est haletant au possible avec un Lefranc actif et des plus déterminé, et un dessin si proche de celui de Martin qu'on peut si laisser prendre (je l'ai encore relu hier soir) !
Il semble qu'au vu de cet album et de cette équipe, cela soit possible (au moins sur un album)!
Seulement voilà ?
Il y a les éditeurs, qui n'ont plus à faire à un créateur déterminé et sans concessions, avec leur inéluctable appat du gain, du rendement et de la rentabilité immédiate, qui n'ont plus en face d'eux qu'une pléthore d'artistes, bons ou moins bons, qui ne demandent qu'à se faire un nom !
Comme ces éditeurs n'ont aucune compétence apparente en matière de scénario ou de dessin (sauf pour la courbe des profits), je comprends que Michel ait tant de difficultés à s'imposer , lui qui semble si méticuleux et si rigoureux dans son travail (profit rapide ????????????) !

Ici nous ne parlons que de Jacques Martin, mais le problème est aussi dans toutes les autres reprises .

Comment, au milieu de tout ça, séparer le bon grain de l'ivraie ?
Pauvres, pauvres petits éditeurs si malheureux .... lol!

Raymond Damned

http://www.pbase.com/vv_eagle/legrand_raymond

JYB


vieux sage
vieux sage

Je picore de-ci, de-là, dans les longs posts de Michel...

Michel Jacquemart a écrit:exemple de reprise réussie : (...) : La reprise de Buck Danny par Bergèse.
Images Innées a donné le même avis favorable.
Or, si on prend les commentaires, sur le forum Aéroplanète, concernant les scénarios de Buck Danny (je ne parle, et j'espère qu'on ne parle bien en ce moment, que des scénarios des reprises des BD classiques), il y a à boire et à manger. Sur huit épisodes parus après la mort de Charlier, deux histoires se détachent pour leur qualité que beaucoup de lecteurs trouvent proche de la qualité Charlier, mais deux ou trois autres sont jugées décevantes et pas à la hauteur, et une jugée ratée (Sabotage au Texas). Trouver une telle disparité de qualité sur huit albums seulement, c'est inquiétant.
Et toujours la même question : l'éditeur et les ayants-droit n'auraient-ils pas pu voir eux-mêmes, avant qu'il soit trop tard, que ces scénarios étaient mauvais (ou raté pour l'un) ? Et toujours la même réponse : l'éditeur et les ayants-droit se contentent de toucher le pactole, sachant que, quoiqu'il en soit, ça se vendra toujours bien. A noter toutefois qu'autrefois (du temps de Charlier), les Buck Danny se vendaient à plus de 100 000 ex à la nouveauté, et maintenant - enfin, les toutes dernières années - c'était aux alentours de 80 000. 20% en moins quand même. Question capitale pour notre débat : si Charlier était toujours là, est-ce que les ventes auraient baissé autant ?

Concernant Blueberry :

Michel Jacquemart a écrit:
Je rappelle aussi à ceux qui se demandent pourquoi on n'a pas continué les Lefranc contemporains, qu'au départ, les deux séries devaient coexister, à l'instar de "Blueberry" et "la jeunesse de Blueberry". Ce n'était pas la première fois que l'on intercalait de nouveaux albums se situant chronologiquement entre des albums parus précédemment : cela avait déjà été fait avec le cycle "Marshall Blueberry" et avec la reprise de Blake et Mortimer ; c'est aussi quelque chose qui se fait souvent dans les comics comme DC ou Marvel.

Comme son nom l'indique, la jeunesse de Blueberry raconte des histoires de... la jeunesse de Blueberry, AVANT qu'il soit officier dans un fort des montagneuses rocheuses, aux confins de l'Arizona. Ces histoires ont été certes écrites en parallèle de la série-mère, cinq ans après le lancement de celle-ci, mais les scénarios ne s'intercalent pas chronologiquement entre des épisodes écrits précédemment. Puisque, chronologiquement, ils se situent AVANT (durant la guerre de Sécession).
Quant aux épisodes de la série principale parus après la mort de Charlier et écrits par Jean Giraud seul aux commandes, c'est une reprise. Et donc toutes les critiques qu'on peut faire, et qu'on vient de faire au fil de cette discussion, concernant les aléas, avatars et défauts d'une reprise comme ça, s'appliquent à celle-là : ce n'est plus Charlier qui écrit les histoires, c'est quelqu'un d'autre qui a pris la suite (ce n'est plus Charlier non plus qui écrit la Jeunesse).

Par ailleurs, c'est bizarre, mais je ne retrouve pas le post de Michel où il rappelle que Charlier avait écrit, dans une préface au début de l'album de Blueberry Balade pour un cercueil, un résumé de la vie de Blueberry. Blueb y est présenté comme un personnage ayant réellement existé. Peut-être Michel a-t-il supprimé ce passage ? C'est dommage, car j'ai de quoi dire là-dessus. Il faut savoir en effet que ce texte n'était qu'une grosse farce de Charlier qui a bien ri d'avoir roulé son monde dans la farine en faisant croire que Blueberry a existé, en montrant une profusion de photos accréditant cette assertion (et en publiant aussi un tableau d'époque présentant un portrait de Blueberry - un tableau réalisé en fait pour l'occasion par un illustrateur des éditions Dargaud !). Charlier alla jusqu'à raconter dans cette préface qu'il avait lui-même retrouvé des éléments de la biographie de Blueberry je ne sais où dans les archives nationales américaines. Pipeau complet ! J'avais même écrit à Charlier vers 1976 à ce sujet, et comme je n'ai pas osé le traiter de menteur de but en blanc, je lui ai fait remarquer que c'était curieux qu'un tel personnage ayant vécu autant d'événements importants soit totalement inconnu des livres d'histoire et que lui, Charlier, ait réussi à déterrer ces documents (après de très longues et patientes recherches, précisait-il) ; et je citais en exemple la bataille de Little Big Horn, à laquelle le vrai Blueberry aurait participé ; et Charlier m'a répondu... en confirmant que Blueberry a bien existé, et qu'il est l'un des deux seuls survivants à avoir échappé au massacre durant cette bataille, avec un indien dont, je crois, Charlier me donnait même le nom... J'ai lu, longtemps après tout cela, une interview de Charlier (était-ce dans Paris-Match ??) disant : "C'est curieux, mais même des adultes croient encore aujourd'hui, après avoir lu la préface de Balade pour un cercueil, que Blueberry a vraiment existé". Ben oui, mais si Charlier écrit noir sur blanc dans un livre que Blueberry a vraiment existé, personne ne songe à le contester ou à le traiter d'affabulateur...
Michel disait aussi (si je me souviens bien) que cette biographie sert désormais de base pour raconter en BD de futurs épisodes de la carrière de Blueberry (et on sait que dans cette préface, Charlier racontait quand et comment est mort Blueberry, dans les années 1920 je crois ; ce qui fait qu'entre 1880 et 1920, il y a de quoi écrire pas mal d'épisodes). Pipeau là aussi : dans les épisodes de Blueberry écrits par Charlier dans les dernières années de sa vie jusqu'à sa disparition en 1989, on voit bien que la série bifurque plus ou moins par rapport à la trame établie par le même Charlier en 1972 dans cette Balade. Si même Charlier n'est pas arrivé à suivre le fil conducteur qu'il avait lui-même imaginé, alors, ne tenons pas compte de ce texte...

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