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751Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Ven 14 Juil - 19:29

eleanore-clo

eleanore-clo
vieux sage
vieux sage

Dans le numéro de juillet et août 2023, les critiques du magazine dBD ont élu Une enfance de paille de Lika Nüsli comme meilleure BD du moment.

Ce choix m'a décidé à lire l'ouvrage Very Happy  

Je viens de lire - Page 31 Couv_473283

La BD raconte la vie de Ernst, un enfant suisse, durant les années 40 et 50. La grande pauvreté des parents du héros les conduit à placer celui-ci dans une ferme, moyennant rémunération. La jeunesse de Ernst va osciller entre des travaux agricoles harassants et l'apprentissage des savoirs dans l'école du village.

La BD s'inspire de la vie du père de l'autrice. Elle décrit, sans fard mais sans misérabilisme, une vie dure, dure pour tout le monde, à une époque où l’argent était rare, et où la survie passait par toujours plus de travail. Ernst ne semble néanmoins pas malheureux car il trouve des bouffées d'oxygène dans son quotidien, que ce soit lorsqu'il achète le café de la fermière ou lorsqu'il s'instruit. Le ton est juste et la chronique n'apparait ni dénonciatrice ni polémique. L’âpreté de l'existence du héros et son statut de quasi esclave en acquièrent une crédibilité très forte et déconstruisent le mythe du "bon vieux temps". Notons aussi que les dialogues utilisent de nombreux mots locaux qui certes ancrent la BD dans un territoire mais, en contrepartie, en complexifie la lecture.

Je viens de lire - Page 31 Aa206 Je viens de lire - Page 31 Aa207

Malheureusement, ce scénario prometteur et d'une grande intelligence se développe sur un graphisme quasi caricatural. Et comme de nombreuses planches comportent un texte avec une police très proche de l'écriture manuelle, l’œil n'est guère séduit par les dessins et le visuel.

Ce sera donc EEE pour l'intrigue voire plus, mais EE pour le trait voire moins.

Eléanore

752Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Mar 18 Juil - 20:10

eleanore-clo

eleanore-clo
vieux sage
vieux sage

L'arc-en-cieliste est une BD scénarisée par Cédric Mayen et dessinée par Laura Ioro et Roberto Ricci.

Je viens de lire - Page 31 Couv_475295

En Angleterre au XVIIème siècle, Hayden, un jeune lord, s'intéresse aux arcs-en-ciel. D'abord nourri par les récits de sa nounou qui y voit la patte des lutins irlandais, le jeune homme finit par faire la connaissance d'Isaac Newton qui lui présente la diffraction de la lumière et l'invite à rechercher le pourquoi de la forme courbe du phénomène. Mais le père du héros espionne pour le compte de la couronne et un accident l'immobilise. Du coup, Hayden doit remplacer son ascendant et il part en mission dans le Béarn protestant, afin d'y frapper de la fausse monnaie et de déstabiliser le royaume catholique de France. Là, une étrange jeune femme, Pluvieuse, semble commander aux phénomènes météorologiques…

Au-delà du roman initiatique, l'ouvrage oppose les tenants de l'obscurantisme à ceux de la science. Sauf que l'auteur brouille malicieusement les pistes avec son héroïne car la BD regarde du côté du fantastique et les talents de Pluvieuse sont bien réels !  
Des personnages attachants et hauts en couleur peuplent ce petit monde et on sourit tant devant les superstitions de la nounou que devant les parfois délirantes expériences scientifiques de Newton.
La fin (heureuse) sonne juste et on ne peut que saluer l'habilité du scénario.
L'histoire est découpée en chapitres dont les titres et les dominantes de teintes correspondent aux couleurs de l'arc en ciel, bien évidemment  Very Happy .

Je viens de lire - Page 31 Aa209 Je viens de lire - Page 31 Aa210

Le dessin semi caricatural affiche une grande dynamique contribuant à la bonne humeur de cet ouvrage. On peut aussi noter l'usage de couleurs fortes, quasi psychédéliques, mais qui surtout font référence à la nature.

Au final, une BD intelligente et tendrement malicieuse.

EEE

D'ailleurs, tant BDZoom qu'ActuaBD partagent mon avis  Laughing
http://bdzoom.com/187042/actualites/%C2%AB%E2%80%89l%E2%80%99arc-en-cieliste%E2%80%89%C2%BB-heureux-melange-de-sciences-de-magie-et-de-legendes%E2%80%89/
https://www.actuabd.com/L-arc-en-cieliste-Par-Cedric-Mayen-Laura-Iorio-Roberto-Ricci-Ed-Dargaud

Eléanore

753Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Mer 19 Juil - 14:10

Raymond

Raymond
Admin

Belle critique mais je reste malgré tout un peu méfiant.  Ce livre ne m'a pas fait une grande impression quand je l'ai feuilleté.

Merci en tout cas pour la lecture !  Very Happy


_________________
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754Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Jeu 20 Juil - 22:45

Clovis Sangrail

Clovis Sangrail
bédéphile pointu
bédéphile pointu

eleanore-clo a écrit:Au final, nous avons là une belle BD, intelligente et très bien illustrée. Les deux créateurs se sont surpassés, un opus unique bien plus fort et vivant que la série Tango que certains d'entre vous connaissent peut être par ailleurs ?

Raymond a écrit:Il faut l'avouer, c'est un thriller efficace, qui est raconté d'une façon parfaite. Le livre tient le lecteur en éveil de bout en bout. Le dessin de Philippe Xavier est par ailleurs irréprochable, dans un genre dur et élégant, assez proche des albums de Philippe Francq. On frôle une sorte de perfection froide, dans cette BD.

Clovis Sangrail a écrit:Je n'avais pas été emballé à la lecture de la présentation de l'éditeur quand cet album avait été affiché sur le site du Lombard dans la section "À paraître".
La critique élogieuse et les images postées par Éléanore-Clo m'ont poussé à remettre en cause cette première impression

Et j'ai donc fini par acquérir, et surtout : lire, Le Serpent et le Coyote.

Je viens de lire - Page 31 Serpen19

J'ai passé un excellent moment, le livre (j'ai failli écrire "le film" ! Lapsus révélateur) reprend dans un magnifique pot-pourri les grands codes des films de durs à cuire, de mafia,  chasse à l'homme, western contemporain post-guerre du Vietnam, road movies, ou encore blaxploitation (Georgia, le personnage féminin, ressemble comme deux gouttes d'eau à Pam Grier) des années 70 et 80. Les titres de chapitres sont aussi autant de clins d'œil, tous étant des titres de films ou de romans américains.

C'est fait avec intelligence, simplicité, et habileté : on est dans l'hommage, la fidélité — une grande déclaration d'amour au cinéma de cette époque —, et pas dans le poncif grâce à un scénario mené avec talent, à un rythme parfait, dans une mise en scène cinématographique et panoramique (superbes paysages de l'Ouest, mentionnés par Éléanore), qui donne des intermèdes quasi-contemplatifs, presque "coseyiens" par moments.

On ne s'ennuie pas un instant.

Le dessin est sans faute et le traitement de la couleur est tout particulièrement réussi.
Seul bémol (mais c'est un détail et surtout l'une de mes marottes), le lettrage impersonnel fait à l'ordinateur : cette bande dessinée valait mieux que ça.

Le personnage principal, anti-héros sans pitié ni conscience mais rendu attachant (c'est lui le serpent), a une gueule à la Rutger Hauer et l'on croise un Bébel au détour d'une ou deux cases du côté du FBI, autant de références supplémentaires au cinéma d'action des années susmentionnées (et il y en a peut-être encore d'autres que j'aurais ratés).

L'artifice scénaristique du coyote est bien trouvé et ajoute une note de fraîcheur, de tendresse et d'innocence au cœur d'une intrigue qui demeure brutale.

Une vraie réussite, avec un fort potentiel de relecture, ce qui veut tout dire.

755Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Mer 26 Juil - 13:30

Raymond

Raymond
Admin

Eleanore-clo a déjà commenté élogieusement Une Enfance de paille dans ce sujet (au post 783) et je ne pouvais donc pas rater cet album. Ce livre a par ailleurs remporté le Prix Delémont BD du meilleur album suisse en 2022, et c'est un autre indice de ses qualités.

Je viens de lire - Page 31 Enfanc10

Graphiquement, la BD ne paie pas de mine, surtout au premier coup d'œil. En ouvrant le livre, on découvre un dessin dénudé et peu spectaculaire, qui "assure le minimum" pourrait-on dire. En lisant le récit, toutefois, ce graphisme dépouillé crée une ambiance véridique, correspondant bien à la vie quotidienne et la pauvreté de ces paysans qui devaient travailler dur. Les images pourraient apparaître grossières à certains, pour ne pas dire "taillées à la serpe", mais cette esthétique minimaliste donne au récit une belle justesse de ton, et permet de mieux comprendre les portraits de ces personnages rustiques et besogneux.

Je viens de lire - Page 31 Enfanc11

Le récit est lui aussi très sobre et on y trouve bien peu d'événement saillant. Le seul moment d'importance apparait lorsqu'un couple de paysans décide d'envoyer leur fils comme ouvrier agricole chez un voisin. Ce fils a une dizaine d'années et ses employeurs ne lui feront aucun cadeau. On pourrait se révolter contre cet esclavage précoce que l'on condamnerait même dans le tiers monde mais l'univers des paysans est fait comme ça : il faut être dur envers soi-même et envers les autres ! Et le lecteur découvre cette rude réalité grâce à une suite d'anecdotes révélatrices, parfois pittoresques, qui sont présentées d'une façon relativement neutre. L'auteure, qui se nomme Lila Nüssli, semble longtemps ne pas prendre position mais les questions qu'elle pose à son père sont cependant assez révélatrices. Le petit Ernst était bien un enfant battu et maltraité !

Je viens de lire - Page 31 Enfanc12

C'est donc une BD forte, fondée sur un témoignage authentique, qui témoigne sobrement de la réalité d'un autre temps, et qui est soutenue par un dessin d'une justesse remarquable. Ce n'est pas tout à fait un chef d'œuvre, peut-être à cause de son excès de modestie, mais c'est indiscutablement une belle lecture.

EEE


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756Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Sam 5 Aoû - 10:47

Raymond

Raymond
Admin

Eleanore a laissé dans ce sujet (voir au message 724) une critique mitigée et peu enthousiaste de Carole, ce que nous laissons derrière nous . L'auteur de ce roman graphique se nomme Clément Fabre.

Je viens de lire - Page 31 Carole14

ActuaBD a davantage apprécié ce livre considéré comme "un récit bien ficelé, (avec) une touchante et sincère démarche liée à une énigme familiale, et une plongée historique qui fait le lien entre la petite histoire et la grande".

https://www.actuabd.com/Carole-enterree-a-Istanbul-Ce-qu-on-laisse-derriere-nous

C'est un album qui me tente beaucoup.


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757Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Sam 12 Aoû - 21:17

eleanore-clo

eleanore-clo
vieux sage
vieux sage

La Voix des bêtes, la faim des hommes est un roman graphique de Thomas Gilbert.

Je viens de lire - Page 31 Couv_472091

Brunehilde vit en communion avec la nature et plus particulièrement les loups ce qui lui vaut son titre de meneuse. Elle est accompagnée d'un animal, Loupiot, mi chien mi loup. La route de la jeune femme croise celles d'un pauvre colporteur, Paulin, et d'un bucheron, Othon. Le petit groupe chemine de villages en villages. Mais dans chaque lieu, un enfant est horriblement tué et notre héroïne soupçonne que tous ces meurtres ont une même cause. Elle se met alors en quête de l'assassin qu'elle finit par retrouver…

L'intrigue se déroule aux alentours de l'an mille et l'auteur nous dépeint un Moyen Âge très sombre. Les paysans essaient tant bien que mal de survivre face à l'arbitraire des seigneurs, écrasés sous des impôts qui les privent de tout. Et la mort rode à chaque instant, que ce soit celle des puissants ou encore celle des vikings. Face à tant d'horreur, la folie impose son règne. Et de façon paradoxale, les humbles fermiers semblent faire preuve de plus de sagesse que les religieux ou les nobles. Cette approche me gêne quelque peu car elle verse clairement dans le misérabilisme et la tonalité de la BD apparait bien négative.

Les croyances sont au cœur de la BD et l'auteur établit un parallèle entre plusieurs religions. Brunehilde porte un message écologiste quasi animiste. Elle prône le respect de toute vie y compris celle des criminels… Sur un autre plan, le scénario porte un regard sévère sur les moines dont l'impérialisme spirituel se nourrit de la faiblesse de la population. Enfin, dans ce changement de millénaire, creuset de tous les possibles, les vieilles fois perdurent. Et Thomas Glibert ressuscite le culte de Mithra pourtant historiquement disparu vers le IVème siècle. Peu importe, le but recherché consiste à démontrer que le malheur et la violence génère la religiosité.
L'ouvrage se veut aussi féministe et les propos de Brunehilde ainsi que diverses scènes dénoncent les comportements autoritaires de la frange masculine de la société.

Côté narration, l'auteur distille un suspens fort, digne des meilleurs films d'horreur. Les pages tournent et le lecteur regarde impuissant les meurtres et la terreur des villageois.
Gilbert joue sur trois lignes temporelles qui convergent en apothéose lors de l'affrontement entre Brunehilde et le tueur. Cette approche psychanalytique, qui essaie d'expliquer les caractères des héros à partir de leur enfance et de leur parcours, déroute parfois. En effet, le passage du présent aux passés n'est pas reconnaissable et on peut facilement confondre les sauts temporels avec des simples changements de lieux.
Notons aussi que les dialogues manquent de force ou de lyrisme. Alors que les personnages souffrent et meurent, leurs propos restent étrangement plats.

Côté personnage, autant Brunehilde et Othon apparaissent bien caractérisés, autant Paulin détonne. Mais pourquoi donc l'auteur a t'il introduit ce jeune homme si falot ? Tant son arrivée dans la BD que sa sortie prématurée sonnent faux.

Je viens de lire - Page 31 3806_P5 Je viens de lire - Page 31 3806_P10

Le graphisme interpelle. D'un côté les expressions outrancières, anormales et changeantes des visages affaiblissent la caractérisation des personnages. De l'autre, de superbes grandes vignettes dépeignent les divinités et les scènes de meurtres avec une puissance flamboyante.

Côté couleurs, comme Raymond l'a évoqué dans le fil " Vous n'avez pas acheté mais vous vous posez la question ", le dessinateur s'est complètement fourvoyé. Des teintes pastels et douces amortissent la force du récit et contrastent avec sa noirceur.

Dans sa postface l'auteur parle de cette œuvre comme le dernier opus d'une trilogie consacrée à la cruauté, à l'injustice et à la brutalité. La démarche intellectuelle est cohérente et la BD se veut militante. Mais le produit final rate le coche. Certes, tous les ingrédients sont là et certaines pages fleurent le génie. Mais le soufflé retombe dès les planches suivantes. Tout compte fait, le lecteur finit son parcours un peu frustré. Dans un tout autre genre, mais en utilisant les mêmes composants, Neyef a su bien mieux faire avec Hoka Hey !.

EEE

Eléanore

758Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Dim 13 Aoû - 12:41

Raymond

Raymond
Admin

Merci pour cette excellente "lecture", eleanore ! pouce

Paradoxalement, ton billet me donne presque l'envie de lire cet album. Very Happy

On verra ! Les nouveautés ne se bousculent pas en ce mois d'août. Wink


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759Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Mar 15 Aoû - 18:27

Raymond

Raymond
Admin

Comme j'avais gardé un très bon souvenir des "Nymphéas noirs", un album signé il y a quelques années par le trio Bussi Duval et Cassegrain, je me suis tout naturellement intéressé à Ne lâche pas ma main ! C'est un polar qui est paru à la fin du printemps dans la prestigieuse collection Aire Libre, de Dupuis, et ce détail en soi était déjà presque une promesse.

Je viens de lire - Page 31 Ne-lze12

Précisons d'abord que c'est un pur thriller, paru initialement sous la forme d'un roman signé par Michel Bussi, un véritable auteur à succès. Frédéric Duval l'a ensuite adapté sous la forme d'une BD et je me suis comme toujours demandé si cette nouvelle mouture apportait quelque chose au récit initial ?

L'histoire se passe à la Réunion et ce choix aurait pu être l'occasion de composer un album dédié à l'ambiance particulière de cette île, mais cela n'a pas été la volonté des auteurs. Les décors sont souvent peu développés et l'ambiance balnéaire m'a parue assez impersonnelle. Par la suite, les personnages traversent l'île et on trouve alors quelques allusions au fameux Piton de la Fournaise. A part ce détail, l'histoire pourrait honnêtement se passer n'importe où ! Je n'ai pas l'impression que Didier Cassegrain ait voyagé sur place car ses paysages montrent bien peu de références précises. Ses images sont par ailleurs peu détaillées, ornées de couleurs pâles, et j'ai eu l'impression que le dessinateur s'est contenté d'un service minimum.

Je viens de lire - Page 31 Ne-lze13

Certes, le dessin est efficace mais il est simplement au service de la narration policière, contrairement aux Nymphéas noirs qui étaient un hommage graphique à la peinture de Claude Monet. Cassegrain met donc en image beaucoup d'actions, en s'intéressant peu aux décors, et l'attention du lecteur se concentre plutôt sur le suspense, ainsi que sur l'identité trouble des principaux personnages. C'est un choix qui peut bien sûr se défendre, mais il m'a un peu déçu !

Je viens de lire - Page 31 Ne-lze14

Ceci dit, Michel Bussi est un formidable narrateur et son suspense est aussi dense qu'efficace. On n'a pas envie de lâcher cette BD jusqu'à l'apparition du mot "FIN" et c'est la preuve qu'il connait son métier. Mais était-il nécessaire  de faire une BD avec ce livre ? La question mérite d'être posée et j'aurais presque envie de répondre non, même si je n'ai pas lu le roman. Le point fort de cette BD, c'est surtout le scénario et ses images n'ont rien d'autre qu'un rôle fonctionnel. C'est du bon travail, mais sans plus. Et justement, j'en attendais un peu plus !

Je viens de lire - Page 31 Ne-lze15

Ce sera donc un EEE, avant tout pour le scénario qui est d'une grande qualité. Cela m'intéresserait sinon de savoir s'il y a parmi vous des lecteurs de Michel Bussi, et de connaître dans ce cas votre impression sur cette adaptation qui me semble assez peu inspirée.

Mais ce n'est bien sûr que mon avis !   Wink


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760Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Ven 18 Aoû - 21:04

eleanore-clo

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vieux sage
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Les Vies de Charlie est une BD écrite par Kid Toussaint et dessiné par Aurélie Guarino.

Je viens de lire - Page 31 Couv_471268

Dans une société presque totalitaire, avec son instant obligatoire du rire ou son tout aussi imposé moment de tristesse, Charlie travaille pour l'entreprise Recycle&Ternel. Cette compagnie vise à consoler la famille des défunts en transformant le corps de ceux-ci en toutes sortes d'objets, parfois utiles, parfois incongrus. Du parfum, ou une quille ou encore du compost peuvent être fabriqués à partir des déchets organiques du cadavre. Et Charlie répond au téléphone à des proches et leur vend la métamorphose qui les consolera le plus. Employé modèle, éternellement souriant, notre héros arrive toujours à trouver une façon de soulager l'entourage du disparu. Mais voilà qu'un jour, un enfant lui demande où est partie l'âme de sa maman, Éléonore, qui vient de se suicider. Ému, le jeune homme se lance dans une quête fantastique qui va le conduire au paradis et aux enfers, puis à travers le temps... Il finira par retrouver Eléanore, ressuscitée dans le corps d'une tourterelle, et elle se révèle être son amante éternelle, depuis l'origine des temps. Sauf que le père du petit garçon et l'époux de la jeune femme ne l'entend pas de cette oreille...

Qui trop embrasse mal étreint. Et je sors déçue de la lecture. Kid Toussaint brasse beaucoup trop de thèmes et finit par s'égarer.
Au départ, le lecteur pense à une critique sociétale avec la mise en place d'un succédané de 1984. Les annonces mystérieuses qui rythment la vie des citoyens n’admettent aucune contestation et Charlie en fait l'amère expérience puisque son salaire hebdomadaire sera amputé de 1% car il n'a pas ri durant l'instant ad-hoc. L'auteur distille donc une ambiance lourde où les employés de Recycle&Ternel vivent prudemment éloignés les uns des autres. De même, les usagers du métro, à l'exception d'un chien sur lequel je reviendrai, font mine de s'ignorer.
Et puis, abruptement  affraid , le scénario part dans une toute autre direction. L'âme d'Eléanore ne serait-elle pas cachée dans un des étages secrets de l'immeuble de l'entreprise ? Sauf qu'en s'y rendant, Charlie se retrouve dans un autre monde, partagé entre le paradis et l'enfer ! Ici, le paradis est peuplé de défunts nus qui semblent passer leur temps à s'aimer alors que l'enfer rappelle irrésistiblement la piste de danse d'une boite de nuit ! Quelques pages plus loin, Toussaint se sent obligé de nous expliquer que nous sommes destinés à tel ou tel lieu en fonction de notre vie. Du coup, le lecteur se dit que la BD se teinte de religiosité et d'une réflexion morale sur les conséquences de nos actes. Et pour rendre encore plus crédible son dire, le scénariste imagine que la responsable hiérarchique de Charlie décède et qu'il la retrouve au paradis ! Vous le concéderez, il faut un peu se cramponner à l'histoire  fou .
Mais l'auteur ne s'arrête pas là car Éléonore n'est ni d'un côté, ni de l'autre. Du coup, Charlie explore un peu plus les limbes et il découvre que les damnés finissent toujours par quitter la piste de danse pour se réincarner en fonction de leurs crimes ! Voilà donc un troisième thème, celui de la métempsychose ! Et du coup, nous découvrons que le chien qui croisait la route de Charlie le matin et le soir dans le métro n'est autre que le père du héros, un mauvais père vous vous en doutez puisqu'il a atterri en enfer  Smile . Quant à l'héroïne, elle s'est successivement réincarnée en escargot, écrasé par inadvertance par le héros, puis en mouche, énervante et donc aplatie par Charlie à l'aide d'un journal ! Bref, l'intrigue commence à être tirée par les cheveux  Suspect .
Pour corser la narration, Toussaint imagine de remonter dans le temps et de nous présenter les réincarnations passées d’Éléonore. Et nous voilà dans le France de l'an mil, durant les invasions vikings, où une lointaine incarnation de Charlie séduit une cheffe de clan avec son luth ! Vous avez bien lu down . Nous venons discrètement de basculer dans le roman initiatique où le héros se retrouve durant la quête  morderir3 . Et tant qu'à faire, pourquoi ne pas regarder du côté de la mythologie grecque car la guerrière nordique n'est autre qu’Éléonore  Shocked  ! Tel Orphée, le jeune homme va charmer celle qui sera son Eurydice ! Une pirouette incroyable du scénario que je confie n'avoir pas vu venir !
Bon, vous l'avez compris, l'histoire manque d'unité et de cohérence. Chaque thème abordé pourrait faire l'objet d'un livre, ce d'autant plus que l'auteur fait preuve d'originalité dans son surréalisme. Mais trop, c'est trop ! Et je vous épargne la transformation ultime de la BD en une quête digne d'un roman policier. Mais vous êtes libre d'essayer de deviner quels rebondissements Toussaint a bien pu inventer pour en arriver à un thriller  debil  !

Je viens de lire - Page 31 3762_P12 Je viens de lire - Page 31 3762_P5 Je viens de lire - Page 31 3762_P8 Je viens de lire - Page 31 3762_P11

Le dessin mérite le détour. Le visage lumineux de Charlie le rend particulièrement sympathique et son nez pointu digne d'Uderzo et de Cléopâtre passe très bien. Le dessin des autres personnages, que ce soient les collègues de bureau du héros ou les défunts, voire les vikings, sont d'une belle facture, avec un style qui regarde du côté de la BD franco-belge avec quelques minimes emprunts au manga. Les décors méritent le détour. J'ai notamment beaucoup apprécié les grands vignettes peintes au lavis, ou uniquement dessinées au crayon. Ce côté brouillon des décors focalise le regard sur les personnages et met l'accent sur la nécessaire relativité des sociétés et des villes pour des âmes immortelles destinées à traverser les siècles et les civilisations.

Raymond, dans le fil Vous n'avez pas acheté mais vous posez la question, a soulevé le sujet de la couleur de la BD. En fait, celle-ci apparait progressivement, et au fur et à mesure de l'initiation de Charlie, puis de celles de ses collègues de bureau. Page après page, des petites touches, de plus en plus nombreuses, donnent relief et vie à la BD. L'acmé de ce phénomène réside bien évidemment dans la couverture, où la chevelure d’Éléonore brille et déploie son charme à l’instar de la queue d'un paon.

La mort a fait l'objet d'innombrables ouvrages et cette BD véhicule une image apaisante presque orientale du grand passage. La prodigieuse empathie de Charlie et les décors caricaturaux du paradis et de l'enfer font sourire. Néanmoins, la promesse des premières pages n'est pas tenue car l'auteur se disperse beaucoup trop. Le scénario abracadabrantesque de Toussaint, digne d'un film des Marx Brothers (d'ailleurs présents dans la BD), vogue au hasard des vents sans ligne directrice claire.

EEE et c'est bien rémunéré

Eléanore

761Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Sam 19 Aoû - 9:18

Raymond

Raymond
Admin

C'est curieux ! Le scénario est invraisemblable et agaçant, mais tu mets quand même un EEE. L'album aurait quand même certaines qualités. Wink

A part cela, c'est vraiment le genre d'histoire que je n'aime pas. Merci d'en avoir fait un compte rendu aussi complet. Je sais maintenant à quoi m'en tenir. Peut-être que je l'emprunterai tout de même à la bibliothèque si jamais je le trouve.


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Et toujours ... Je viens de lire - Page 31 Charli10
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762Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Mer 23 Aoû - 23:17

eleanore-clo

eleanore-clo
vieux sage
vieux sage

Échecs est un roman graphique, écrit, dessiné et coloré par Victor L.Pinel.

Je viens de lire - Page 31 3851_couv

Madame Dubois termine sa vie dans un EHPAD. Solitaire, elle peste contre les soignants qui l'empêche de fumer ou de boire de l'alcool. Samir, un jeune bénévole, visite les résidents de l'institution et essaie de redonner un peu de bonheur à cette vieille dame, décidément bien acariâtre. Et comme la pensionnaire adore le jeu d'échecs, il lui propose qu'elle lui apprenne à jouer…
Côté administration, Marion, la directrice de l'institution, confrontée au départ de Philippe, son époux volage, recherche une nouvelle âme sœur sur Internet. Et un des employés, Renaud, se languit de son amant, Daniel, parti faire de l'humanitaire au Costa Rica.
De l'autre côté de l'enceinte de l'EHPAD, dans un lycée voisin, Vincent, un jeune élève enchaine les conquêtes, mais il vient de faire la connaissance d'une nouvelle venue dans l'établissement, Véronique.
ET non loi de là, Lys, une chanteuse des rues, vole d'amant en amant, sans jamais trouver le bonheur…
Enfin, Mathieu, l'acteur vedette de la série télévisée KING, et qui joue le rôle d'un professeur machiste, veut désespérément être reconnu pour ce qu'il est et pas pour l'image véhiculée par son personnage…
Aucun couple ne fonctionne bien donc. Et les actes de chaque personnage font penser aux déplacements des pièces dans une partie d'échecs  Surprised . Dès lors, les leçons de Madame Dubois vont trouver leurs équivalents dans la vie sentimentale des autres personnages. Ainsi, Daniel ne serait-il pas la tour ? Comme cette pièce qui débute la partie emprisonnée derrière les pions, puis se déplace à toute vitesse, le héros finit par prendre l'avion pour retrouver son amant. D'un autre côté, Lys, au parcours amoureux si heurté, n'avancerait-elle pas dans la vie comme un cavalier ? Deux cases dans une direction et une case perpendiculairement. Quant à Vincent le séducteur invétéré, ses succès rapides rappellent étrangement les déplacements de la reine…

J'espère ne pas vous avoir trop "déboussolés" avec une intrigue a priori complexe, aux multiples fils, et qui met en scène beaucoup de protagonistes, presque autant que de pièces dans un jeu d'échec ! Ainsi, la lecture des premières pages de l'ouvrage exige du lecteur qu'il avance lentement et mémorise bien chaque acteur parce que Pinel va faire se croiser, se recroiser et s'entrecroiser tous les destins. Dans une logique facétieuse de ré-appariement, chaque protagoniste va rencontrer et aimer un autre personnage. Ainsi, Philippe va séduire Lys pendant que Mathieu va trouver Marion, etc. Peut-on alors parler d'une bande dessinée à l'eau de rose ? Peut être car chaque héros repartira de l'histoire avec un nouveau projet de vie. D'un autre côté, l'ouvrage affiche son ambition sociétale en abordant sans tabou et avec sensibilité des sujets sensibles comme l'homosexualité, les applications de rencontre, la vieillesse, etc.

Je viens de lire - Page 31 3851_P4 Je viens de lire - Page 31 3851_P21

Le graphisme semi caricatural, très fluide, se marie merveilleusement bien avec cette histoire un peu folle, un peu étrange, où chacun se lamente sur son infortune et se languit des autres. Les décors oscillent entre une certaine nudité et une foison de détails ; le quotidien en acquière une épaisseur et un réalisme très fort. J'ai aussi apprécié les couleurs, toujours appropriées à la tonalité des scènes. Du travail de belle facture.

Au final, je suis certaine que la BD va cliver. Certains y verront une guimauve bien trop suave, ou un exercice de narration un peu trop artificiel, d'autres y goûteront le parfum de la vie, sa richesse, la quête infinie du bonheur conjugal, etc . Quoiqu'il en soit, on ne peut que saluer une construction complexe, ambitieuse et pourtant cohérente. Oserais je aussi dire que l'ouvrage est "féminin" par son analyse au scalpel des relations sentimentales ? Enfin, par moment, le scénario m'a fait penser à la célèbre chanson de Fabienne Thibeault et Michel Berger, les uns contre les autres :



EEEE ou EEE ? Je penche plutôt pour EEEE

Eléanore

763Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Jeu 24 Aoû - 7:48

eleanore-clo

eleanore-clo
vieux sage
vieux sage

En repensant à la BD ce jour, je me demande si on ne peut pas lui reprocher une mise en scène quasi obsessionnelle de l'amour. En effet, ce sentiment monopolise la vie des personnages allant presque jusqu'à leur retirer une certaine épaisseur. Certes, l'exercice porte précisément sur la flamme et la bagatelle mais il peut parfois apparaître un chouia convenu.
Je suis très curieuse de lire l'avis des membres du forum qui se lanceront dans l'aventure et la partie d'échecs ! Mat ou Pat ?

Eléanore

764Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Jeu 24 Aoû - 14:38

Raymond

Raymond
Admin

Je n'ai as vu cet album (Echecs) samedi passé mais une chose est sûre. C'est maintenant un album qui m'intéresse beaucoup.  Wink


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765Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Ven 25 Aoû - 22:10

eleanore-clo

eleanore-clo
vieux sage
vieux sage

Ceux qui me touchent est un roman graphique écrit par Damien Marie, dessiné et colorié par Laurent Bonneau.

Je viens de lire - Page 31 Couv_473792

Après un long combat, Aude et Damien ont eu la joie de donner la vie à Élisa. Le bébé tant désiré est devenue une petite fille, malicieuse et au centre de la vie de ses parents. Mais ces derniers ont des emplois exigeants et peu rémunérés ce qui leur empêche de consacrer le temps nécessaire à leur enfant. Aude travaille à l'hôpital où elle enchaine les gardes cependant que Fabien tue des cochons dans un abattoir....
Élisa adore que son papa imagine et raconte des histoires dont elle fournit l’introduction et le décor. Or, voilà qu'un des contes et la réalité vont se rejoindre. Le cerf et le cochon tatoué évoqués un soir croisent la route de Fabien. Un des animaux de l'abattoir est tatoué ! Notre héros remonte la piste et aboutit dans une ferme perdue, où la fille du propriétaire, une jeune femme autiste, possède un don inné et remarquable pour le tatouage. Les talents de l'artiste subjugue Fabien et il décide de se faire son agent artistique...

L'intrigue oscille entre plusieurs pôles : la critique sociale d'une société décrite comme étant à la dérive, la place de l'enfant dans la famille lorsqu'il est tellement désiré, les relations père-fille, les mauvais traitements infligés aux animaux, la détresse des petits fermiers, la superficialité du milieu artistique, l'insondabilité du succès, etc. Rapidement, le lecteur ne sait plus où donner de la tête ! De son côté, le scénariste a bien du mal à tout assembler ! Il en résulte une intrigue quelque peu abracadabrantesque et partant dans toutes les directions. Et je ne parle pas de la profonde artificialité de la fin. Le recours au fantastique sonne tout aussi faux.
Seuls les personnages émergent de ce naufrage. Que ce soit Aude, Élisa, Fabien ou encore la tatoueuse. Avec une grande tendresse et une belle sensibilité, Marie dépeint des femmes et des hommes luttant dignement pour survivre dans une société âpre.

Je viens de lire - Page 31 PlancheS_84347 Je viens de lire - Page 31 3793_P18

Ceux qui ont lu L'étreinte de Jim et Bonneau ne seront pas surpris par le graphisme. Le trait épais du dessinateur donne beaucoup de relief tant aux décors qu'aux silhouettes. Et l'artiste déploie ici des talents de coloriste que je ne lui connaissais pas  Very Happy . Les grandes vignettes nocturnes font plaisir à voir, avec des couleurs directes presque psychédéliques qui sautent aux yeux et prennent à la gorge.

Au final, je confie ne pas comprendre que Gilles Ratier ait autant apprécié cette BD. L'intrigue brasse un peu trop pour m'avoir séduite.

Entre EE et EEE

Eléanore

766Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Sam 26 Aoû - 9:52

Raymond

Raymond
Admin

eleanore-clo a écrit:Ceux qui me touchent est un roman graphique écrit par Damien Marie, dessiné et colorié par Laurent Bonneau.

Je viens de lire - Page 31 Ceux_q10

Après un long combat, Aude et Damien ont eu la joie de donner la vie à Élisa. Le bébé tant désiré est devenue une petite fille, malicieuse et au centre de la vie de ses parents. Mais ces derniers ont des emplois exigeants et peu rémunérés ce qui leur empêche de consacrer le temps nécessaire à leur enfant. Aude travaille à l'hôpital où elle enchaine les gardes cependant que Fabien tue des cochons dans un abattoir....
Élisa adore que son papa imagine et raconte des histoires dont elle fournit l’introduction et le décor. Or, voilà qu'un des contes et la réalité vont se rejoindre. Le cerf et le cochon tatoué évoqués un soir croisent la route de Fabien. Un des animaux de l'abattoir est tatoué ! Notre héros remonte la piste et aboutit dans une ferme perdue, où la fille du propriétaire, une jeune femme autiste, possède un don inné et remarquable pour le tatouage. Les talents de l'artiste subjugue Fabien et il décide de se faire son agent artistique...

L'intrigue oscille entre plusieurs pôles : la critique sociale d'une société décrite comme étant à la dérive, la place de l'enfant dans la famille lorsqu'il est tellement désiré, les relations père-fille, les mauvais traitements infligés aux animaux, la détresse des petits fermiers, la superficialité du milieu artistique, l'insondabilité du succès, etc. Rapidement, le lecteur ne sait plus où donner de la tête ! De son côté, le scénariste a bien du mal à tout assembler ! Il en résulte une intrigue quelque peu abracadabrantesque et partant dans toutes les directions. Et je ne parle pas de la profonde artificialité de la fin. Le recours au fantastique sonne tout aussi faux.
Seuls les personnages émergent de ce naufrage. Que ce soit Aude, Élisa, Fabien ou encore la tatoueuse. Avec une grande tendresse et une belle sensibilité, Marie dépeint des femmes et des hommes luttant dignement pour survivre dans une société âpre.

Ceux qui ont lu L'étreinte de Jim et Bonneau ne seront pas surpris par le graphisme. Le trait épais du dessinateur donne beaucoup de relief tant aux décors qu'aux silhouettes. Et l'artiste déploie ici des talents de coloriste que je ne lui connaissais pas  Very Happy . Les grandes vignettes nocturnes font plaisir à voir, avec des couleurs directes presque psychédéliques qui sautent aux yeux et prennent à la gorge.

Au final, je confie ne pas comprendre que Gilles Ratier ait autant apprécié cette BD. L'intrigue brasse un peu trop pour m'avoir séduite.

Entre EE et EEE

Eléanore

Merci de t'être dévouée pour lire ce livre ! Very Happy  Je ne l'aurais jamais fait. J'imagine que c'est le bon souvenir laissé "l'Etreinte" qui t'a poussée à l'acquérir.

En lisant ta critique, j'ai envie de comparer cette BD à un film dramatique télévisuel. C'est de la production courante, pas désagréable à lire mais pas très originale non plus. Je considère un peu cet album comme un produit industriel. C'est un jugement un peu sévère, mais j'écris cela parce que considère la bonne bande dessinée comme un Art. Cela me rend exigeant.  Wink


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767Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Sam 26 Aoû - 18:07

Totoche Tannenen

Totoche Tannenen
vieux sage
vieux sage

[quote="Raymond"]J'ai lu hier après-midi le Grizzli, sous-titré Un drôle de chabanais, de Matz et Simon. Il trainait depuis une semaine sur ma pile et j'ai bien aimé.   Wink

Je suis resté un peu sur ma faim sur cette BD dont j'attendais pourtant beaucoup et qui m'a rappelé la tentative avortée de René Goscinny et Morris de faire une BD en argot avec "Du raisiné sur les bafouilles"... Déjà à l'époque ça n'avait pas pris. Le lectorat visé est clairement celui des nostalgiques de Simonin et d'Audiard.. (les plus jeunes risqueront d'être largués au bout de deux pages et je ne pense pas qu'ils auront le courage de se taper le lexique à chaque case.... Déjà pour comprendre le titre !). Cela suffira à péréniser cette série ? Matz en fait je trouve un peu trop sur les dialogues en argot qui auraient gagné à être allégés (un peu comme les trop nombreux clins d'oeils de Yann dans ses Spirou avec Schwartz). Cela devient lourdingue à force. Idem pour le duel Panard-Citroën, ça va 5 minutes, on a compris...
J'ai trouvé le dessin de Simon (pourtant fan de Didier Conrad) trop "propre" pour décrire ce milieu interlope et surtout les scènes de guerre au Viet-Nam.
Quelques erreurs dans le dessin des voitures aussi. Simon n'est pas Thierry Dubois...
Des maladresses dans la narration : deux fois le cartouche "un peu plus tard" dans 2 cases successives (pp 36 et 37)... Personne n'a relu chez Dargaud ?
Un "au même moment" p 40 qui arrive bizarrement, je trouve.
L'intrigue est très faible, la fin expédiée... Un peu comme les films d'Audiard finalement.
Non, ce que j'ai trouvé le plus sympa c'est le clin d'œil improbable à Jean-Pierre Gourmelen, le scénariste de Mac Coy et de Taar le rebelle (et ancien policier ??? et de l'Indochine) qui apparait en inspecteur de police.

http://planbd.blogspot.com

768Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Dim 27 Aoû - 10:06

Raymond

Raymond
Admin

C'est gentil de venir nous voir !  Very Happy

Tes reproches sont pointus, mais probablement justifiés. Le Grizzli n'est peut-être pas un chef-d'œuvre absolu ... mais il m'a fait passer un bon moment, tout comme certains films de Michel Audiard, d'ailleurs.  Wink

Le clin d'œil à Jean-Pierre Gourmelin m'a par contre laissé froid.  deso  Mais je ne connais pas bien ce personnage.


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769Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Lun 28 Aoû - 9:30

eleanore-clo

eleanore-clo
vieux sage
vieux sage

Ivo a mis les voiles est un roman graphique de l'auteur brésilien Nicolaï Pinheiro.

Je viens de lire - Page 31 Balto10

Au Brésil, dans les années 80, Ivo, un mécanicien automobile de génie, gare sa vielle coccinelle dans un petit village du Nordeste. Là, dans un bar pouilleux, notre mécano retrouve un vieil ami pour lui confier souffrir d'un cancer incurable. Puis, Ivo reprend la route, vers le nord, et part rejoindre un autre ami, un peu plus loin…
A Rio de Janeiro, Floriana, la sœur du héros, vient de recevoir son certificat de décès, signé par un médecin légiste de Bélem. Elle le donne à un jeune carioca, Pedro, qui de son côté a reçu une carte postale du vieil homme. Pedro décide alors de refaire le chemin emprunté par Ivo. Au volant d'une voiture bien fatiguée, il va longer la côte Atlantique et suivre la piste d'Ivo. Et à chaque étape, il fait connaissance avec les amis du mécanicien mais aussi avec toutes sortes de personnes, un surfeur à la recherche de son fils, des chercheurs et surtout de belles jeunes femmes dont on ne sait ce qu'elles recherchent elles-aussi.
Quelques pages plus loin, un Ivo, beaucoup plus jeune, quitte son domicile et son épouse pour rejoindre le chantier d'un barrage. Reviendra-t-il ?
Trois lignées temporelles et trois voyages dans le Brésil, un pour affronter la mort, un pour comprendre le sens d'une vie et un pour tout simplement bouger….

Le roman graphique mélange avec beaucoup de bonheur l'escapade routière (un road-trip en américain) et le voyage initiatique. Et tant le cheminement d'Ivo que celui de Pedro s'inscrivent dans ces genres. Le scénariste, en dévoilant les explications au compte-gouttes, invite le lecteur à participer lui aussi à un apprentissage, transformant de fait la BD en une mystagogie. De même, comme indiqué dans le résumé de l'ouvrage, tous les personnages de l'intrigue portent en leur sein une histoire, plus ou moins douloureuse, souvent douce-amère. Chaque protagoniste chemine dans la vie et dans le Brésil à la recherche de lui-même. Et l'auteur nous présente quelques portraits et quelques fatums qu'il positionne entre deux chapitres, pour mieux les lier et encore plus nous immerger dans la société brésilienne.
Le scénario, très subtil et très sensible, rempli d'empathie, nous fait rapidement comprendre que le trajet revêt beaucoup plus d'importance que la destination. En effet, il permet de nouer des contacts déstabilisants ou guérissants et surtout porteurs d'avenir. La quête en devient l'alpha et l'oméga de la vie. Après, rassurez-vous, la BD a bien un début et une fin ! Et l'auteur finit par nous lâcher, du bout des lèvres Smile , la nature du lien entre Ivo et Pedro.

Vous l'avez compris, l'ouvrage s'ancre très fortement dans le Brésil. Il véhicule ainsi une certaine musicalité, rythmée par les rencontres des deux héros. Et surtout, on y retrouve cette langueur, cette sensualité, cette douce tristesse omniprésente dans le pays. Il ne faut pas rechercher de l'action dans cet ouvrage mais plutôt une ambiance. Après, là encore, il convient de ne pas se méprendre sur mes propos. L'évolution des deux personnages principaux suscite la curiosité et le lecteur tourne les pages de plus en plus vite car il ne peut manquer de s'interroger sur le bout de la route  Very Happy




Je viens de lire - Page 31 Balto12 Je viens de lire - Page 31 Balto11

Le dessin très classique déploie une belle luxuriance, luxuriance des personnages et luxuriance des décors. Rien n'est laissé au hasard et chaque détail fait l'objet d'un travail et d'une recherche. Des visages merveilleusement expressifs nous éclairent sur les personnalités et les pensées des personnages. La végétation tropicale, les plages ou encore les pluies d'orage nous plongent dans un Brésil à la fois imaginaire et réaliste. Et les magnifiques couleurs chaudes respirent l'Amérique latine.

Finalement, voilà une splendide BD. Et elle bénéficie d'un gros plan totalement mérité dans le Canal BD Magazine n°150, daté d'août et septembre 2023 .

Entre EEE et EEEE

Eléanore

770Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Lun 28 Aoû - 9:42

Raymond

Raymond
Admin

Le Brésil est un gros producteur de BD d'auteur et cet album mérite certainement notre intérêt. Very Happy

Il faudra d'ailleurs que je rapatrie une fois ce message dans le sujet idoine, qui est consacré au Brésil. Wink


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771Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Lun 28 Aoû - 18:53

Raymond

Raymond
Admin

eleanore-clo a écrit:Échecs est un roman graphique, écrit, dessiné et coloré par Victor L.Pinel.

Je viens de lire - Page 31 Echecs12

Madame Dubois termine sa vie dans un EHPAD. Solitaire, elle peste contre les soignants qui l'empêche de fumer ou de boire de l'alcool. Samir, un jeune bénévole, visite les résidents de l'institution et essaie de redonner un peu de bonheur à cette vieille dame, décidément bien acariâtre. Et comme la pensionnaire adore le jeu d'échecs, il lui propose qu'elle lui apprenne à jouer…
Côté administration, Marion, la directrice de l'institution, confrontée au départ de Philippe, son époux volage, recherche une nouvelle âme sœur sur Internet. Et un des employés, Renaud, se languit de son amant, Daniel, parti faire de l'humanitaire au Costa Rica.
De l'autre côté de l'enceinte de l'EHPAD, dans un lycée voisin, Vincent, un jeune élève enchaine les conquêtes, mais il vient de faire la connaissance d'une nouvelle venue dans l'établissement, Véronique.
ET non loi de là, Lys, une chanteuse des rues, vole d'amant en amant, sans jamais trouver le bonheur…
Enfin, Mathieu, l'acteur vedette de la série télévisée KING, et qui joue le rôle d'un professeur machiste, veut désespérément être reconnu pour ce qu'il est et pas pour l'image véhiculée par son personnage…
Aucun couple ne fonctionne bien donc. Et les actes de chaque personnage font penser aux déplacements des pièces dans une partie d'échecs  Surprised . Dès lors, les leçons de Madame Dubois vont trouver leurs équivalents dans la vie sentimentale des autres personnages. Ainsi, Daniel ne serait-il pas la tour ? Comme cette pièce qui débute la partie emprisonnée derrière les pions, puis se déplace à toute vitesse, le héros finit par prendre l'avion pour retrouver son amant. D'un autre côté, Lys, au parcours amoureux si heurté, n'avancerait-elle pas dans la vie comme un cavalier ? Deux cases dans une direction et une case perpendiculairement. Quant à Vincent le séducteur invétéré, ses succès rapides rappellent étrangement les déplacements de la reine…

J'espère ne pas vous avoir trop "déboussolés" avec une intrigue a priori complexe, aux multiples fils, et qui met en scène beaucoup de protagonistes, presque autant que de pièces dans un jeu d'échec ! Ainsi, la lecture des premières pages de l'ouvrage exige du lecteur qu'il avance lentement et mémorise bien chaque acteur parce que Pinel va faire se croiser, se recroiser et s'entrecroiser tous les destins. Dans une logique facétieuse de ré-appariement, chaque protagoniste va rencontrer et aimer un autre personnage. Ainsi, Philippe va séduire Lys pendant que Mathieu va trouver Marion, etc. Peut-on alors parler d'une bande dessinée à l'eau de rose ? Peut être car chaque héros repartira de l'histoire avec un nouveau projet de vie. D'un autre côté, l'ouvrage affiche son ambition sociétale en abordant sans tabou et avec sensibilité des sujets sensibles comme l'homosexualité, les applications de rencontre, la vieillesse, etc.


Le graphisme semi caricatural, très fluide, se marie merveilleusement bien avec cette histoire un peu folle, un peu étrange, où chacun se lamente sur son infortune et se languit des autres. Les décors oscillent entre une certaine nudité et une foison de détails ; le quotidien en acquière une épaisseur et un réalisme très fort. J'ai aussi apprécié les couleurs, toujours appropriées à la tonalité des scènes. Du travail de belle facture.

Au final, je suis certaine que la BD va cliver. Certains y verront une guimauve bien trop suave, ou un exercice de narration un peu trop artificiel, d'autres y goûteront le parfum de la vie, sa richesse, la quête infinie du bonheur conjugal, etc . Quoiqu'il en soit, on ne peut que saluer une construction complexe, ambitieuse et pourtant cohérente. Oserais je aussi dire que l'ouvrage est "féminin" par son analyse au scalpel des relations sentimentales ? Enfin, par moment, le scénario m'a fait penser à la célèbre chanson de Fabienne Thibeault et Michel Berger, les uns contre les autres :

EEEE ou EEE ? Je penche plutôt pour EEEE

Eléanore

Et voilà !

J'ai donc lu ce week-end ce long roman graphique.

Et j'ai été un peu surpris ! Je m'attendais bien sûr à une histoire où le jeu d'échec jouait un rôle central, voir même explicatif du récit lui-même. Et j'ai découvert au contraire un roman choral où de multiples personnages s'entrecroisent, se parlent en essayant de se séduire, et souvent se quittent. Les parties d'échecs répétées qui se jouent dans un EHPAD entre un jeune éducateur et une grand-mère caractérielle ne sont que l'une de ses multiples relations incertaines racontées par la BD.

Disons le tout net ! Au début, la lecture n'est pas vraiment séduisante, avec ces multiples personnages qui n'ont souvent pas de nom, qui se ressemblent parfois un peu trop, et ces multiples intrigues qui débouchent sur pas grand chose. Ce n'est qu'au tiers, voir même à la moitié de l'album que l'on commence à se repérer, et progressivement à s'intéresser aux personnages. Heureusement, je ne me suis pas découragé.  Wink

Bien sûr, le titre "Echecs" fait allusion aux multiples parties qui se jouent dans l'EHPAD, mais il symbolise surtout le parcours périlleux qu'affrontent tous les autres protagonistes de ce roman graphique. Trouver l'âme sœur, c'est une partie qui n'est pas facile à jouer et il faut accepter les aléas des relations humaines.

A la fin du récit, la gerbe finit par se nouer. On découvre que certains personnages se connaissent déjà, où qu'ils sont voisins, et toute cette histoire m'a rappelé quelques films hollywoodiens présentant de multiples acteurs célèbres, qui développent eux aussi un récit choral et une conclusion un peu "feel good" ! Je me dois de confesser que j'ai préféré ces films à "Echecs", même si la BD ne manque pas de mérites, probablement parce que les scénaristes américains sont meilleurs et que les acteurs célèbres sont bien plus faciles à reconnaître que les personnages de BD, dans ce genre de récits à personnages multiples.

Et puis ce n'est pas vraiment une BD d'auteur. C'est un récit complexe, qui n'est finalement qu'une BD assez classique, destinée au simple divertissement, et qui ne m'a pas tout le temps diverti. Le dessin est correct et honnêtement figuratif, mais sans grande personnalité. Par ailleurs, les liens que l'auteur essaie de nouer entre la vie de tous les jours et le jeu d'échecs sont au fond assez superficiels.

Mon opinion finale, c'est qu'Echecs est quand même une bonne BD, mais que ce n'est pas un chef d'œuvre.

Entre EEE et EEE


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772Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Lun 28 Aoû - 21:06

eleanore-clo

eleanore-clo
vieux sage
vieux sage

Bonsoir Raymond

Je vous remercie pour votre mot qui donne un autre regard que le mien bise, et surtout pour le qualificatif "choral" dont je découvre ici un nouvel emploi. Oui. La BD peut être vue comme un chœur de voix, parfois accordées parfois dissonantes, avec des mesures en solo et des mesures en groupe. Par contre, concernant le graphisme, je reste sur ma première idée. Le dessin réaliste, ou plutôt semi-réaliste dans le cas présent, n'est pas si fréquent dans les romans graphiques. Dès lors, le projet de Pinel mérite que l'œil s'y attarde Very Happy .

Votre note finale, placée entre EEE et EEE, se veut-elle humoristique ou un E a t'il fondu avec les récentes chaleurs Laughing ?

Belle soirée

Eléanore

773Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Mar 29 Aoû - 9:52

Raymond

Raymond
Admin

Je me rends compte que c'est une erreur ! Je voulais dire entre entre EE et EEE   Embarassed

Mais finalement, ce sera plutôt un EEE, pour récompenser l'effort de l'auteur qui a quand même essayé de créer quelque chose d'original.  Wink



Dernière édition par Raymond le Mar 29 Aoû - 11:46, édité 1 fois


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774Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Mar 29 Aoû - 10:12

eleanore-clo

eleanore-clo
vieux sage
vieux sage

Merci pour la précision.

Me concernant, après une deuxième lecture, je trouve que le rapport des personnages à l'amour est un peu obsessionnel et finit par être un peu pesant.
Je vais donc m'arrêter à "entre EEE et EEEE".
Nos appréciations convergent finalement  Very Happy !

Eléanore

775Je viens de lire - Page 31 Empty Re: Je viens de lire Ven 1 Sep - 9:25

Raymond

Raymond
Admin

Planète BD dit également du bien de Ceux qui me touchent puisque l'album reçoit le Bédien d'Or !

Je viens de lire - Page 31 Ceux_q11

Les critiques se sentent-ils parfois obligés d'être bienveillants ? Wink


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