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La Reprise de Michel Vaillant

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101 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Dim 15 Déc - 18:44

Damned


grand maître
grand maître
Raymond a écrit:J'ai maintenant lu ce nouvel album de Michel Vaillant et, pour reprendre la formule, énoncée ci-dessus par Damned, je pense qu'il s'agit bien d'une BD de "sport automobile, en prise directe avec la réalité".  Wink 

A ce titre, il est intéressant de consulter le "flyer" qui est joint à l'album "Voltage", et qui présente une équipe française nommé "Venturi". Elle est actuellement à Salt Lake City, en train de perfectionner un véhicule électrique qui devrait bientôt battre le nouveau record de vitesse, actuellement fixé à 495 km/heure.

"Voltage" nous présente donc ce monde méconnu des fanas de vitesse en véhicule électrique, d'une manière précise et bien documentée. On y retrouve bien sûr certains personnages réels, et cette manière de faire respecte assez bien celle de Jean Graton. Il n'y a pas grand chose à redire sur les automobiles et les décors, qui semblent strictement calqués sur la réalité. En fait, cet album est peut être encore mieux documenté que Mach 1 pour Steve Warson, et il supporte bien la comparaison avec son illustre prédécesseur.

De plus, Voltage continue à nous raconter l'histoire de la famille Vaillant, qui prend une place de plus en plus  importante autour du personnage principal. Suite à son escapade impulsive à la fin du précédent album, Michel s'est vu retirer sa licence de pilote de course, et il traverse une mauvaise passe, mais on lui trouve heureusement ce projet de battre un nouveau record de vitesse. Ceci lui permet de retourner aux USA, et de retrouver Steve Warson.  Very Happy 

L'intrigue de cet album est assez tendue, et elle se lit agréablement. Mis à part le suspense qui s'installe autour du record à battre, elle dévoile certains mystères qui planaient autour du fils de Michel. L'histoire semble bien se terminer, mais un nouveau drame familial assombrit la conclusion de cette aventure. L'album se termine donc sur quelques incertitudes.

Voilà le résumé de cet album qui se présente comme une excellente suite du tome 1. Il peut être lu de façon isolée, mais il se place bien sûr au milieu d'un triptyque que se révèle passionnant. Les fans de Michel Vaillant auraient tort de faire la fine bouche devant cette reprise, car leur personnage est toujours bien vivant, et ses aventures sont loin d'être terminées.  Cool

Ne confondons pas la qualité du travail des repreneurs avec ce que j'ai dit :
Je tiens à être clair, c'est moi qui ne trouve pas dans ces albums ce que, MOI,  j'attends d'une histoire de "Michel Vaillant" !
Je n'ai fait jusqu'à présent qu'exprimer cette position .....

Ce qui ne m'empêche pas de rappeler 2 anomalies dans ce que tu dis précisement :

- On n'a jamais vu retirer sa licence à un pilote de formule 1, quel qu'est pu être son comportement en course !
Jean Graton n'aurait pas utilisé ce type d'argument (il aurait trouvé quelque chose de plus réaliste et conforme avec ce monde spécifique).
- La documentation pour "Voltage" ne peut être plus précise que celle que Jean Graton avait pour "Mach1 pour Steve Warson" !
pourquoi ?
Tout simplement parce que c'est le contexte qui est différent, de par les techniques, pas seulement utilisées pour le véhicule, mais aussi d'environnement, d'outils de suivi, d'analyses, de mesures de performance, etc !
Rien que les outils informatiques dont on dispose aujourd'hui n'existaient pas à cette époque..
Jean Graton nous a décrit le monde des records de vitesse des années 60 et les auteurs actuels nous décrivent l'actuel, nettement différent, c'est tout.
Naturellement, aujourd'hui il y a plus à dire, à décrire, et ça donne l'impression d'être plus approfondi !  study 

J'ajouterai que le monde des records (que j'ai longtemps suivi également) n'a rien à voir avec le SPORT automobile même s'il est aussi passionnant et si Jean Graton lui même l'a utilisé pour un album ....
Personnellement c'est le record absolu (mur du son) qui sera retenu quel que soit le mode de propulsion, sachant qu'avec moins de complexité des voitures au Mans ont déja dépassé 400 km/h tout en roulant sur la route de monsieur tout le monde ..... Very Happy 

Je ne suis peut être pas qualifié pour vous suivre dans vos échanges sur la civilisation romaine à l'époque d'Alix, mais sur le monde automobile en général, et celui de la course automobile, en particulier, j'ai un niveau équivalent au votre pour Alix ! lol! 
Ne m'en veuillez pas trop ....

Raymond Damned

PS: Merci quand même de nous présenter ces quelques extraits

http://www.pbase.com/vv_eagle/legrand_raymond

102 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Lun 16 Déc - 10:25

Raymond


Admin
Mmmm ... Jean Graton ne semblait pas considérer que le monde des records de vitesse était totalement étranger au sport automobile, puisqu'il a été le premier à imaginer une aventure dans ce domaine.

Et puis, un retrait de la licence de pilote sportif n'est peut-être jamais survenu dans le monde de sport automobile, soit (quoique cela m'étonne) ! Mais rien ne dit qu'il en sera toujours ainsi. L'obtention de cette licence est sûrement assortie au respect de certaines obligations impératives, et il doit bien exister des cas d'infraction où la sanction reste le retrait pur et simple de la licence (provisoire ou définitif).


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103 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Lun 16 Déc - 10:51

Damned


grand maître
grand maître
Raymond a écrit:.... il doit bien exister des cas d'infraction où la sanction reste le retrait pur et simple de la licence (provisoire ou définitif).
Dans ce cas là, je ne vois pas quel genre de comportement puisse amener une telle sanction vu ce qui s'est passé dans le sport automobile depuis que je m'y interesse (prés de 50 ans)!
Rappelez vous les duels entre Prost et Senna (souvent très musclés, voire dangereux) ou les accusations de tricheries pendant le règne de Shumacher !
Tout ce qu'on peut dire en matière de sanctions se limite à des déclassements ou des pertes de victoires (parfois annulées) mais jamais de perte de licence.
Les seuls chassés dans le sport automobile sont soit les équipes, les marques ou les constructeurs .
Pour les pilotes, seuls les résultats négatifs, ou l'absence de résultats, peuvent les faire exclure du jeu, tout au moins dans la formule 1, seule discipline où c'est courant.
Dans le temps il existait une sanction bien plus grave mais qui n'avait rien de réglementaire, c'était la mort brutale sans que le pilote y soit pour quelque chose.
Quant aux records de vitesse, pour être homologués, ils doivent respecter un règlement spécifique et très contraignant mais qui ne dépend pas du pouvoir sportif automobile.

Enfin et je vais me répéter, Jean Graton ne daignait pas nous offrir des albums où le sport automobile n'était pas le vecteur (il était plutôt sous-jacent de par le contexte de la famille vaillant), mais il ne présentait pas ces albums comme tels, ce qui ne les rendait pas moins intéressants pour autant (parfois même plus) :
Je pense entre autres au "Retour de Steve Warson", "Route de nuit", "km 357", "Concerto pour pilotes" etc...

Quant aux scénarios écrits par Philippe Graton, si faute de lecture je ne peux juger de ces deux derniers, j'avais particulièrement savouré les albums "paddock" (très imaginatif et potentiellement réalisable) et le dyptique "la fièvre de Bercy"-"Le sponsor", très imprégnés du monde contemporain de la formule 1, sans avoir eu besoin de dériver vers des questions d'états d'âme ou de problèmes familaiux des personnages ....
Un autre scénario, loin du sport auto, signé par Philippe Graton qui m'a bien plus également , c'était "la piste de jade" ...
Ceci pour vous montrer que je ne suis pas un "anti" ceci ou cela ...

Raymond Damned

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104 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Mar 31 Déc - 10:29

Raymond


Admin
On trouve une critique positive de Voltage chez Auracan !

1785-michel-vaillant-nouvelle-saison-t2-voltage-par-philippe-graton-et-denis-lapiere-marc-bourgne-et-benjamin-beneteau

Je suis entièrement d'accord avec eux !  Smile 


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105 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Sam 20 Sep - 12:03

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
Le 7 novembre.


106 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Lun 22 Sep - 16:01

Pierre


vieux sage
vieux sage
Ouah ! ça devient chaud Michel Vaillant ! Smile

107 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Lun 22 Sep - 16:13

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
Il reste pour moi que le dessin de cette reprise ne m'excite pas vraiment !!! Smile

108 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Lun 22 Sep - 16:16

Damned


grand maître
grand maître
Pierre a écrit:Ouah ! ça devient chaud Michel Vaillant ! Smile
On continue donc à s'éloigner toujours un peu plus de l'esprit de la série qui faisait d'abord, et surtout, la part belle au sport automobile où, il faut bien l'avouer, trouver des scénarios tenant bien la route (sans sortir de ce domaine) est effectivement difficile ....
Mais ce qui intéressait les lecteurs comme moi, c'était se retrouver dans la véritable ambiance du sport automobile et seulement cela ....
Là ça fait un peu ....racoleur pour attirer un plus large public.....
(Je précise que je n'en ai pas vu plus que cette couverture pour l'instant)

Raymond Damned

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109 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Lun 22 Sep - 16:17

Damned


grand maître
grand maître
Treblig a écrit:Il reste pour moi que le dessin de cette reprise ne m'excite pas vraiment !!! Smile
Je partage aussi ton avis !

raymond damned

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110 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Lun 22 Sep - 21:19

Ethan


grand maître
grand maître
Je viens de voir sur le site de Dupuis que ces derniers vont rééditer depuis le début l'intégrale de Michel Vaillant.

111 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Mar 23 Sep - 9:04

Pierre


vieux sage
vieux sage
Damned a écrit:
Treblig a écrit:Il reste pour moi que le dessin de cette reprise ne m'excite pas vraiment !!! Smile
Je partage aussi ton avis !

raymond damned

Même avis Wink

112 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Ven 14 Aoû - 18:20

Raymond


Admin
Un article sympa sur la nouvelle série, dont le dernier épisode est actuellement pré-publié dans L'Equipe.   Cool

http://bibliobs.nouvelobs.com/bd/20150806.OBS3820/kitsch-et-culte-le-retour-de-michel-vaillant.html?xtor=RSS-8


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113 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Lun 17 Aoû - 20:17

Draculea


license ès BD
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Damned a écrit:
JYB a écrit:
Pareil pour toutes les reprises des séries emblématiques, où, à l'arrivée d'un nouveau scénariste, ce scénariste se justifie en disant : je modernise, j'inclus des nouveaux éléments, je fais évoluer, etc. DE QUEL DROIT !!??? Ce scénariste a-t-il reçu d'ordre divin la mission de revoir les fondamentaux d'une série ? L'auteur décédé lui a-t-il transmis le flambeau et une autorisation depuis l'au-delà...?
A moins de faire parler les morts...

C'est effectivement une question, à laquelle je n'avais pas pensé moi même, que tout un chacun devrait se poser .....

Que dirions nous si un musicien très célèbre, réputé pour son sérieux et son grand art classique ee décidait à écrire la 10eme symphonie qu'aurait pu faire Beethoven, en la modernisant et en y introduisant sa vision personnelle ?......

Raymond Damned

Eh bien il se trouve précisément que le compositeur Pierre Henry a composé en 1986 une Dixième Symphonie de Beethoven en utilisant des éléments de neuf autres symphonies distribués de façon inattendue et subtile et en les recomposant avec des sons électroniques dans un travail qui tient à la fois du collage, tu tissage et de l'invention pure : cette pièce exceptionnelle est devenue aux yeux, ou plus exactement aux oreilles des amateurs du genre électroacoustique un des grands chef d'oeuvres de ce domaine. Il s'agit bien sûr d'un hommage au grand compositeur viennois et d'une oeuvre de Pierre Henry tout autant que de la fiction d'une création beethovenienne qui aurait rassemblé la substance de l'oeuvre connue. Bref c'est une sorte d'uchronie musicale si l'on peut dire ainsi les choses, mais qui nous plonge aussi dans l'aventure de la musique d'avant garde de la fin du XX° siècle, de façon tout à fait passionnante.

Ceci pour dire que je ne souscris pas du tout à ce que l'on pourrait appeler "la loi de Jyb", selon laquelle : "quand un scénariste, créateur d'un héros, meurt, le héros doit mourir avec lui ; la page est tournée, tant pour le créateur que pour le héros, point final (c'est le cas de le dire)."

D'une part, comme Raymond le fait remarquer, Jean Graton est tout à fait vivant et aurait exercé sans nul doute son droit de critique s'il avait désapprouvé le projet de son fils, mais il me semble au contraire salutaire que cette passation de responsabilité créatrice entre le père et le fils ne se fasse pas dans le cadre d'une contrainte où Philippe Graton serait condamné à imiter littéralement son père en tout point. Même si notre ami Jyb expose sa théorie avec humour, je la crois trop générale et trop abstraite pour être systématiquement vraie, et dans le cas d'espèce elle ne s'ajuste pas au cas très particulier, pour ne pas dire unique à ma connaissance dans l'histoire des reprises de séries, où le repreneur est le fils de l'auteur initial. Comme toute loi purement générale, la théorie de notre ami, (dont je respecte par ailleurs profondément les analyses toujours très fouillées et passionnantes, ainsi que le talentueux travail de scénariste que j'apprécie beaucoup), me semble inappropriée car elle n'envisage pas le fait pourtant simple que la réalité n'est jamais générale justement, mais toujours constituée de cas individuel inassimilables les uns aux autres.

Ce qui me permet d'en venir à cette reprise de Michel Vaillant dans le cadre d'une "nouvelle saison", selon l'intitulé éminemment symbolique de cette continuation qui n'en est pas tout à fait une, mais en un sens a une tout autre ambition que la plupart des reprises, dans la mesure où elle se propose non de maintenir un univers tel qu'en lui-même en lui apportant quelques modifications, mais de le faire évoluer dans des directions inédites. Je trouve un tel projet a priori intéressant et tout aussi légitime que celui qui consiste à maintenir la cohésion d'un univers de bande dessinée créé par un grand auteur puis repris fidèlement par des continuateurs.

C'est donc sans préjugé que je me suis ce matin aventuré à découvrir le troisième tome de cette nouvelle saison, à savoir Liaison dangereuse. Avec d'autant moins de préjugé que j'ignorais il y a peu que Michel Vaillant faisait encore partie du monde des héros en devenir et que le propre fils de Jean Graton avait repris ses aventures avec l'aval de son père ! Je dois dire que je n'ai pas lu Michel Vaillant depuis les années 1970, époque à laquelle je dévorais l'été les albums de cette série que j'empruntais chaque été dans une bibliothèque de village pendant les vacances d'été. J'ai dû à l'époque m'arrêter au Secret de Steve Warson, pour ne plus lire Michel Vaillant dans les quarante années qui ont suivi, ne possédant en fait que deux albums, Série noire et Cauchemar qui étaient restés bien longtemps chez mes parents, jusque à ce que je les ressorte il y a peu quand j'ai découvert la nouvelle saison, ici même, en tombant par hasard sur ce sujet !

Pourquoi avoir choisi de me lire en premier le tome 3, puisque cette nouvelle saison est tendue par un fil dramatique courant du premier album paru jusque à Collapsus qui paraîtra cet automne ? J'avais envie de voir ce que donnait cette série, sans me préoccuper de nécessairement en suivre le fil, même si je reprendrai par la suite ce cycle à son point de départ, et pour cette autre raison que je trouvais l'idée d'une liaison potentielle de Michel Vaillant avec une autre femme que sa légitime épouse, un élément de nouveauté possible dont la mise en oeuvre, non en soi le sujet de l'adultère étant infiniment banal, mais par rapport au cadre si traditionnel pour ne pas dire traditionaliste de la série créée par Jean Graton, pouvait présenter un intérêt s'il était traité non pour lui-même mais comme jeu de variation et de distanciation avec l'esprit initial de la série. En fait, j'ai découvert que les choses se passent de façon différente de ce que j'avais imaginé et je trouve que ce choix scénaristique beaucoup plus intéressant que ne l'aurait été une véritable aventure extra conjugale de Michel Vaillant dans la mesure où ce qui aurait pu avoir lieu ne se produisant pas on peut interpréter le moment clé qui unit momentanément des deux personnage de différentes façons.

On peut y voir une erreur d'aiguillage dans un contexte difficile où les deux protagonistes prennent rapidement conscience de l'impasse dans laquelle ils risqueraient de s'engager s'ils allaient plus loin, mais aussi considérer que leur retour à la raison, derrière ses apparences "rassurantes" dissimule un attachement bien plus profond que l'attraction d'une simple passade. dans la mesure où le scénario ne joue pas, comme il aurait pu le faire dans ce le cadre de ce moment, d'une dimension sentimentale visible, mais se contente de suggestions implicites, le traitement de ce sujet me semble plutôt réussi et vient faire écho de façon discrète aux déboires sentimentaux de Steve Warson à l'époque de Ruth.
L'autre raison pour laquelle j'ai choisi de commencer par cet album est sa couverture, somptueuse, indépendamment de la sensualité toute en fluidité de l'image montrant la belle Carole : la lumière indirecte de fin de journée hivernale, la vue du Cervin à l'arrière-plan, (en blason symbolique de la nouvelle Vaillante testée dans cet album, ainsi qu'on ne tardera pas à le comprendre), tout cela fait une très belle couverture et je suis persuadé que le même dessin, sans la lumière merveilleuse qui vient se répandre autour de la combinaison de la jeune femme, n'aurait pas eu la même beauté, que la jeune femme ait ou non été fort sensuelle. Bref, c'est une très belle couverture que bien sûr la sensualité du personnage sert aussi, il n'est pas question de le nier !

Je ne reviendrai pas en détail sur la question du dessin des personnages : comme un certain nombre de lecteurs, je suis évidemment étonné de découvrir que les traits des personnages, principalement de Michel, Jean-Pierre et Steve, s'écartent beaucoup de leurs modèles. Cela m'a quelque peu gêné, airs que je ne l'aurais pas été si l'écart stylistique avait conservé la structure des visages, tout en acceptant de les vieillir, comme dans le cas d'Alix Senator (autre exemple d'une reprise inventive totalement réussie qui, à mon avis donne tort à la théorie de notre ami Jyb, tout autant que les reprises d'Alix accompagnées du dessin de Marc Jailloux pour ce qui concerne la continuité "classique" du personnage), même à peine à la limite ou de façon nette par rapport à leur juvénilité initiale. Je conçois sur ce point que le dessinateur ait opté, sans doute avec l'accord de Philippe mais aussi de Jean Graton pour une solution intermédiaire de vieillissement afin de pouvoir maintenir la présence des parents Vaillant sans que cela semble impossible temporellement. Non, ce qui me dérange quelque peu est que les visages des héros majeurs s'écartent parfois beaucoup trop de leur modèle au point où la question posée n'est pas celle d'un vieillissement mais plutôt d'une transformation des traits qui n'a rien à agir avec le passage du temps.

Malgré cet aspect en soi assez embarrassant, j'ai curieusement été plutôt convaincu et même très convaincu par cette histoire, très différente de ce que je connaissais de Michel Vaillant dans la haute époque de sa gloire classique, lorsque Jean Graton présidait à la création de ses aventures, au point de finalement ne pas trop souffrir des modifications de visage que je viens d'évoquer. D'abord, en dépit des réserves que j'ai envers le traitement graphique de Michel, Jean-Pierre et Steve, je trouve le dessin de Bourgne souvent digne d'éloge, ne serait-ce que dans la première planche à mes yeux superbe, mais aussi dans bien d'autres passages de cet album. Certes, ce n'est pas le dessin de Jean Graton et cet écart stylistique me poserait problème si la reprise ne se présentait pas comme une nouvelle saison, mais dans le droit fil de l'oeuvre précédente.

C'est la raison pour laquelle par exemple, indépendamment de la qualité des dessinateurs, l'écart stylistique entre Alix Senator et l'Alix de Jacques Martin ne me pose absolument aucun problème alors que celui des albums dus par exemple à Moralès pour ne citer que lui, et Jacques Martin, me paraît un obstacle insurmontable, obstacle qui disparaît totalement avec me merveilleux Marc Jailloux. Puisque nous avons ici affaire à une nouvelle saison qui nous propose une lecture renouvelée du personnage et de son univers, cette différence de dessin ne me heurte pas. Lorsque il s'agit des décors et des automobiles, d'ailleurs, l'écart stylistique avec le modèle originel n'est finalement pas si grand que cela, bien moins grand que dans certains albums de tel ou tel continuateur d'Alix par exemple, eût égard au modèle martinien, et beaucoup de cases m'ont vraiment parues belles, comme celle dans laquelle on voit la Jonquière au coucher du soleil, après la discussion entres les hommes du clan Vaillant.

L'histoire, je dois aussi le reconnaître, m'a naïvement passionné. J'en ai été le premier surpris car, mes goûts ayant beaucoup évolué depuis l'époque où je lisais les aventures de notre héros sous la plume de Jean Graton, même en lui faisant connaître des changements de caractère et de comportement, je supposais a priori que je resterais assez à distance de l'histoire. Pire, je n'ai aucun goût pour le sport automobile et n'ai aimé les histoires de courses de voitures que dans Michel Vaillant ! Mon manque d'intérêt pour ce sport s'accusant encore avec le temps, aurait dû faire que l'histoire du rallye me laisse totalement froid, même si elle ne constitue qu'un aspect narratif de l'album. Eh bien tout au contraire, je m'y suis profondément intéressé ! Comprenne qui pourra et cela m'a fait penser à ce que dit Pascal qui, dans les Pensées, s'étonne que l'on admire les objets d'une nature morte alors qu'on ne les remarquerait sans doute pas dans la vie quotidienne.

En tout cas, l'histoire de cette course m'a captivé, d'autant plus qu'elle est très habilement tressée avec les deux autres sujets de l'histoire, l'éventualité de la liaison entre Michel et Carole, la question de la disparition soudaine de Jean-Pierre au moment où il doit s'engager dans une opération de montage financier audacieuse et inédite de la part de ce prudent et consciencieux gestionnaire. S'agissant de la possible liaison, l'habileté du récit est aussi de la rendre presque certaine et de la mettre en attente jusque au baiser soudain de la page 38. S'agissant de Jean-Pierre, je trouve là aussi le scénario très habile dans sa façon de faire peu à peu monter la tension dramatique par une série de surprises à partir de la situation initiale où nous apprenons qu'une importante négociation est en cours : il y a d'abord la disparition soudaine de Jean-Pierre, puis les informations données par Steve qui sont en elles-mêmes un nouveau rebondissement. Si on rapporte ces péripéties aux faits antérieurs concernant Jean-Pierre dans cet album, on est frappé par plusieurs faits. D'abord la scène dans laquelle Jean-Pierre offre un cadeau somptueux à sa femme pour se faire excuser ses absences depuis des mois et fait la promesse solennelle que cette période va prendre fin. Je ne sais pas pourquoi, mais cette scène, surtout si on la rapporte à ce qui suit, m'a fait songer à un très grand péril et une fêlure de la personnalité de Jean-Pierre, personnage à vrai dire bien plus mystérieux que ce que son dévouement pourrait laisser entendre, et cela nous le savons depuis Le Pilote sans visage.

Lu à rebours, cette scène du cadeau et de la promesse soulignent la zone périlleuse dans laquelle entre Jean-Pierre et crée un suspens psychologique et non pas seulement dramatique au sens de la pure péripétie, que j'ai trouvé plutôt réussi. Par ailleurs, on pourrait imaginer que la secrétaire de Jean-Pierre est plus qu'une secrétaire et donc trouver là la véritable liaison dangereuse de cet album - je n'ai pas lu les deux tomes précédents et ignore ce qu'ils nous apprennent éventuellement de ce duo professionnel et peut-être amoureux. Mais la liaison dangereuse, dont nous avions d'emblée compris qu'elle concernait aussi le rallye, ne serait-elle pas d'un autre ordre encore, en relation avec l'opération financière secrète à laquelle se livre Jean-Pierre ? Les informations données par Steve au sujet d'un possible rachat de Leader ne font que qu'augmenter cette impression. En tout cas, la scène du cadeau et de la promesse, lorsque on a découvert la suite de l'album prend une épaisseur dramatique fort mystérieuse et très réussie.

Elle m'a aussi fait songer - est-ce le fait que cet album se passe en grande partie en Suisse - et bien que Jean-Pierre n'ait rien à voir avec le personnage que je vais citer, à l'affaire Jean-Claude Romand, dans laquelle un homme apparemment honorable et médecin de haut rang à l'OMS, se révélait être un imposteur. Bien sûr, Jean-Pierre n'est ni un mythomane ni un assassin, mais son personnage prend dans cet album une épaisseur d'ombre qui me semble en soi très intéressante tant il est vrai que les hommes les plus obscurs, au moins à certains niveaux de leur être, et dans certaines proportions, sont parfois ceux qui semblent a priori l'être le moins.

Bref, cet album m'a pris de court : je m'attendais à une sorte de variation molle et plutôt fade, au mieux nostalgique autour des thèmes centraux de la série et je découvre une histoire complexe, riche et captivante, qui n'a pas systématiquement besoin de longues plages de dialogue ou de récitatif pour passionner et je sors de cette lecture en ayant le sentiment que Philippe Graton a tenu le pari de cette nouvelle saison dans son premier cycle. Il faudra donc que je lise les deux tomes précédents en attendant Collapsus. Je comprends que Raymond ait roulé passionnante la reprise des aventures de Michel Vaillant, lorsque il écrit du tome 2 mais aussi du 1 et du 3 : "Il peut être lu de façon isolée, mais il se place bien sûr au milieu d'un triptyque que se révèle passionnant. Les fans de Michel Vaillant auraient tort de faire la fine bouche devant cette reprise, car leur personnage est toujours bien vivant, et ses aventures sont loin d'être terminées."

Bien que n'ayant pour l'heure lu que le seul tome 3, je partage au moins pour cet épisode cette impression favorable, et je pèse mes mots car j'avoue que depuis longtemps cet univers étant sorti de mes intérêts, je pensais ne rien lui trouver de particulièrement séduisant !



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114 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Mar 18 Aoû - 0:14

Raymond


Admin
Waoh ... ça c'est une analyse !  pouce

Je suis d'accord avec la plupart de tes arguments, mais ... il faudra que je relise l'album, car je n'ai pas prêté une aussi grande attention que toi au comportement de Jean-Pierre. Y a t-il une part d'ombre chez lui ? Oui certainement, mais ce n'est pas la première fois. Il suffit de se rappeler de son comportement dans de précédentes aventures (comme L'inconnu des mille pistes, par exemple).

Sinon, il est clair que la série est en train de prendre un nouvel envol, mais il reste à voir comment ce nouveau style va marcher commercialement. L'argent reste tout de même le nerf de la guerre.  Rolling Eyes

Et puis, il va falloir que j'écoute cette 10ème symphonie.  Wink


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115 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Mar 18 Aoû - 8:10

Draculea


license ès BD
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L'Inconnu des mille pistes fait partie des albums que je n'ai pas lus. Il faudra que je rattrape mon retard qui est énorme ! Very Happy

116 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Mar 18 Aoû - 11:18

JYB


vieux sage
vieux sage
Voilà une analyse copieuse partant d'une très lointaine discussion que je ne m'attendais pas à voir ressurgir...

Il faut quand même différencier une BD d'une musique. Je ne vais pas décrypter le truc, mais enfin, reprendre une série BD n'a rien à voir avec la reprise d'un morceau musical.
Et que pense Beethoven de la reprise de ses symphonies par Pierre Henry ? On s'en fiche, vu que Beethoven est mort ? Justement, c'est bien ce que je dis depuis le début : quand l'auteur est mort, facile.... Draculea va me rétorquer : "Mais quand même, c'est Pierre Henry qui a fait la reprise ! Un type génial !". Certes, mais je connais des gens qui pensent que ce que fait Pierre Henry, à part deux ou trois musiques célèbres, ne vaut pas tripette... Bref, peu importe, je répète que reprendre une musique en l'adaptant n'a rien à voir avec la reprise des aventures d'un héros de BD, et dans ce cas précis, "comparaison n'est pas raison".

J'ai donc lu l'analyse de Draculea (mais je n'ai pas lu l'album dont il parle). Et j'en tire la conclusion qu'on est loin, très loin, du Michel Vaillant que j'ai connu autrefois. Et que les seules caractéristiques qui permettent de dire qu'on est dans un Michel Vaillant, c'est qu'il y a dans cette histoire des voitures qui font vroum vroum, un type qui s'appelle Michel Vaillant et son frère qui s'appelle Jean-Pierre Vaillant. Mais la même histoire, qui se passerait dans le domaine aéronautique, avec un personnage qui s'appellerait Michel Tanguy et un autre personnage qui s'appellerait Ernest Laverdure, eh bien des lecteurs appelleraient ça une reprise de Tanguy & Laverdure...

J'ai l'impression aussi que "moderniser" une série, ça se traduit par : faire dans le psychologique. Moui... En fait, je m'aperçois qu'il s'agit juste, quand on fait une reprise, de marquer le nom du héros sur la couverture (Michel Vaillant, Blueberry, Blake & Mortimer, etc) et dans les bulles, de mettre le nom du héros et des personnages principaux en guise de protagonistes, emballez, c'est pesé.

Par ailleurs, bien distinguer - et Draculea ne me semble pas avoir fait cette distinction dans son laïus - le scénario du dessin. N'importe quel bon dessinateur peut s'en tirer en donnant l'illusion que le lecteur a sous ses yeux une sorte de clône de tel ou tel héros ; le style de chaque dessinateur, aussi bon soit-il, fait que les traits des personnages ressemblent plus ou moins. Mais ceci n'est pas une critique de ma part ; c'est normal, et ce n'est de toute façon que la partie émergée de l'iceberg. Plus délicat est le scénario qui doit réutiliser de façon naturelle les fondamentaux d'une série et conserver l'esprit et le souffle (dans le sens de "souffle vital") du créateur. Je l'ai déjà dit ici cent fois, et je le redis pour la cent et unième fois : Hergé, de son vivant, ne voulait pas qu'on reprenne son personnage de Tintin car, disait-il : "Après moi, Tintin ne sera plus Tintin". Même si Jean Graton est toujours parmi nous, maintenant qu'il a passé la main, Michel Vaillant n'est plus Michel Vaillant...

A ma connaissance, très peu de scénaristes ont su retrouver l'esprit du créateur originel, ses ressorts profonds, dans la reprise de n'importe quelle série, et d'une façon générale, les lecteurs sont plutôt déçus et se disent : "bon, ce sera mieux la prochaine fois". En outre, la fois suivante, ce n'est pas forcément mieux... La qualité des albums successifs est même en dents de scie : un coup "pas terrible", un coup "moyen", un coup "à peu près potable", etc., parfois à cause de la multiplicité de scénaristes interchangeables. Or - je l'ai déjà dit - le postulat n'est-il pas de faire forcément, obligatoirement, systématiquement, un très bon scénario à tout coup, étant donné la notoriété et la qualité de chaque série reprise, et étant donné aussi l'attente des fans ? Et quand les lecteurs sont satisfaits du scénario (je dis bien: du scénario) d'une reprise, souvent on s'aperçoit que le héros et le type de narration ont été modifiés en profondeur. Au point qu'il aurait fallu créer une nouvelle série !

Donc, j'en reviens à mon discours habituel, à la "loi de JYB" comme dit Draculea : quand un auteur-créateur disparaît, son personnage doit disparaître avec lui. J'ajoute : surtout parce qu'on ne trouve pas de scénariste repreneur qui soit dans le droit fil du créateur, qui marche dans ses traces exactes (et qui soit aussi d'abord un vrai raconteur de bonnes histoires - car c'est ce qui semble manquer aussi...). Le jour où on trouvera la perle rare, pourquoi pas...? Mais c'est utopique d'espérer trouver le parfait "double" d'Hergé par exemple...

Autre chose : Draculea dit que la reprise d'une personnage de BD par le propre fils du créateur (Philippe Graton) est unique. Non, il y a aussi le fils Lecureux, le fils Tabary, etc.

117 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Mar 18 Aoû - 13:55

Draculea


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J'ai lu avec beaucoup d'intérêt et d'attention l'analyse de Jyb en réponse aux réflexions que m'avait inspirée l'expression de sa position. Il est agréable de pouvoir ainsi dialoguer dans le détail et mettre en confrontation des visions différentes et parfois divergentes. Je comprends tes raisons qui sont très cohérentes, et suivent une logique parfaitement défendable et légitime, mais j'avoue ne pas en être convaincu.

A titre personnel, ce que j'ai appelé par humour amical "la loi de Jyb" et que tu reformules à juste titre puisque tel est le principe qui commande ta vision de la question en discussion, me semble à moi être trop abstraite et trop générale comme e l'ai indiqué auparavant, et constituer un faux problème. Il me semble que ta conception s'appuie sur une sensibilité, une réaction psychologique, légitime comme telle, plus que sur de vraies raisons, et qu'elle construit à partir de là une théorie de son sentiment subjectif, ce qui est aussi légitime, mais cela me gêne un peu dans ce cas, dans la mesure où il me semble que cela conduit à une forme de dogmatisme involontaire mais bien réel.

Tu écris : " Bref, peu importe, je répète que reprendre une musique en l'adaptant n'a rien à voir avec la reprise des aventures d'un héros de BD, et dans ce cas précis, "comparaison n'est pas raison". Mais je ne faisais là que répondre à une comparaison faîte par Raymond Damned, avec d'ailleurs humour, dans la mesure où il évoquait une Dixième Symphonie de Beethoven et qu'il se trouve qu'il en existe justement une ! Quant au fait qu'on aime ou non Pierre Henry, ce n'est pas la question. Le cas de la musique n'a-t-il rien à voir avec la bande dessinée ? Je n'en sais rien, et ce n'était pas mon propos.

Tu ajoutes : "Par ailleurs, bien distinguer - et Draculea ne me semble pas avoir fait cette distinction dans son laïus - le scénario du dessin." D'abord j'espère que mon analyse ne donne pas l'impression d'être un laïus, mais seulement l'expression des pensées que m'ont inspirées la lecture du troisième tome de la série, et ce qui avait pu sur certain point être dit dans ce sujet. Mais surtout, contrairement à ce que tu a retenu de mon analyse, j'ai bien distingué ces deux dimensions de façon nette, à moins que la manière dont je l'ai fait ait été maladroite, ce qui est possible et dans ce cas je m'en excuse.
En dernier lieu, tu précises : "Autre chose : Draculea dit que la reprise d'une personnage de BD par le propre fils du créateur (Philippe Graton) est unique. Non, il y a aussi le fils Lecureux, le fils Tabary, etc." Je ne le savais pas, mais regarde bien ce que j'avais écris : je disais "à ma connaissance", faute d'avoir de certitude à ce sujet.

Tu écris également : "J'ai l'impression aussi que "moderniser" une série, ça se traduit par : faire dans le psychologique. Moui... En fait, je m'aperçois qu'il s'agit juste, quand on fait une reprise, de marquer le nom du héros sur la couverture (Michel Vaillant, Blueberry, Blake & Mortimer, etc) et dans les bulles, de mettre le nom du héros et des personnages principaux en guise de protagonistes, emballez, c'est pesé." Je ne suis pas d'accord avec cette interprétation dont il me semble que la formulation en raccourci est trop générale, trop absolue et du coup caricature à son insu ce dont elle parle, d'autant plus que dans certaines des séries que tu cites, la dimension psychologique existait déjà chez les créateurs initiaux, particulièrement en ce qui concerne Michel Vaillant.

Enfin, tu regrettes de toute évidence que la mort d'un auteur ou sa retraite définitive dans le cas de Jean Graton, n'entraîne pas la fin de la série, afin d'éviter des modifications et des évolutions parfois volontaires de la part des continuateurs, quels qu'ils soient, mais c'est justement ce que de mon côté je trouve intéressant. J'avoue que contrairement à toi, ce fait, loin de me poser problème m'enchante a priori, et me séduit si les choses sont bien faîtes, comme par exemple dans le cas d'Alix Senator, entre autres exemples possibles. Je trouve ta position en la matière trop absolutiste. Peut-être cela vient-il du fait que je suis toujours un peu réticent par sensibilité personnelle devant les lois générales, préférant épouser la complicité des choses.

Après tout, en littérature la reprise et le traitement en variation d'un même personnage et de mêmes sujets, voire de récits complets traités autrement est monnaie courante, qu'il s'agisse des fables d'Esope reprises par Lafontaine, d'Ovide repris et adapté tout autrement dans certaines pièces de Shakespeare, des tragédies antiques reconfigurées par Racine, ou de la manière dont se sont constituées de grandes oeuvres comme les Mille et une nuits, à travers mille (c'est le cas de le dire), inventions par différents auteurs, la plupart anonymes, d'autres connus. Et je pourrais multiplier les exemples.

Certes, me répondras-tu non sans raison, il s'agit d'une autre forme de littérature que celle qui nous occupe ici, à savoir la bande dessinée. Mais j'avoue que même dans le cas de la bande dessinée, cela ne me gêne absolument pas lorsque la création d'une continuation est convaincante et à mon avis, elle peut avoir mille façons de l'être, dans la fidélité absolue ou l'invention pure, en passant par toutes les modulations intermédiaires entre ces deux pôles.

Mais je ne cherche pas à te convaincre - quel intérêt d'ailleurs que de vouloir convertir ses interlocuteurs qui dès lors n'en sont plus - seulement à tenter de préciser ma vision de la question à partir des précisions que tu apportes au sujet de la tienne. Il est clair que nous exprimons des sensibilités qui ont chacune leur cohérence, leur valeur et leur nécessité propre. Et ma foi, cela est bien légitime, dans les deux cas.  Very Happy

Entretemps je me suis procuré ce matin les deux premiers tomes de cette nouvelle saison et vais les lire attentivement. Peut-être cela fera-t-il évoluer ma vision de cette reprise en m'en donnant une vision plus complète et plus complexe.  Very Happy



Dernière édition par Draculea le Mer 19 Aoû - 8:09, édité 1 fois

118 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Mar 18 Aoû - 17:17

JYB


vieux sage
vieux sage
Draculea a écrit:Après tout, en littérature la reprise et le traitement en variation d'un même personnage et de mêmes sujets, voire de récits complets traités autrement est monnaie courante,
Certes, mais ce n'est pas parce que ça a été déjà fait que c'est bien ou qu'il faut le faire...

Draculea a écrit:qu'il s'agisse des fables d'Esope reprises par Lafontaine, d'Ovide repris et adapté tout autrement dans certaines pièces de Shakespeare, des tragédies antiques reconfigurées par Racine, ou de la manière dont se sont constituées de grandes oeuvres comme les Mille et une nuits, à travers mille (c'est le cas de le dire), inventions par différents auteurs, la plupart anonymes, d'autres connus. Et je pourrais multiplier les exemples.
Avec ces exemples, on n'est toujours pas dans le même ordre d'idées (ainsi, avec Lafontaine reprenant les fables d'Esope, on a même parlé de plagiat), et comme je disais plus haut, "comparaison n'est pas raison".

Draculea a écrit:Mais je ne cherche pas à te convaincre -
Je ne demande pas mieux qu'être convaincu, avec les arguments qui feront mouche chez moi...
Je précise que je ne suis pas le seul à développer la même théorie ou la même "loi". Le premier à m'en parler est un journaliste qui m'a fait un jour un discours extraordinaire qui m'a convaincu. Et des auteurs fameux comme Hergé, Franquin, Marc Sleene, Roger Leloup et d'autres disent pareil.

119 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Mar 18 Aoû - 20:01

Draculea


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[quote="JYB"]
Draculea a écrit:Après tout, en littérature la reprise et le traitement en variation d'un même personnage et de mêmes sujets, voire de récits complets traités autrement est monnaie courante,
Certes, mais ce n'est pas parce que ça a été déjà fait que c'est bien ou qu'il faut le faire...[quote="JYB"]

Je suis un peu surpris de cette remarque : un nombre important des grands chef d'oeuvres de la littérature mondiale sont nés de cette pratique fort répandue depuis le début de l'histoire de la littérature écrite ! Je ne prendrai que l'exemple du Don Juan de Molière pour la littérature classique, ou de l'Ulysse de Joyce pour la littérature moderne. Quant au fait qu'on ait parfois parlé de plagiat à propos des Fables de Lafontaine, il ne me semble guère significatif, sinon du fait que ceux qui adhèrent à cette thèse ne connaissent visiblement pas ce qui fait la spécificité irréductible de Lafontaine, tant par l'écriture que par le ton, le sens donné aux sujets traités et l'inscription nouvelle d'une tradition dans un monde historique et culturel tout à fait différent de celui de son modèle, lequel a de toute façon puisé lui-même son inspiration dans des traditions antérieures !

Contrairement à toi cher Jyb, je ne vois absolument pas pourquoi ces principes ne pourraient valoir pour la bande dessinée qui elle aussi est une forme de la littérature, à moins de considérer, ce qui évidemment n'est pas ton cas, ne saurait être ton cas ! qu'elle n'est qu'un divertissement ou un genre mineur. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard si s'est développé en son sein ce qu'on appelle le roman graphique. Mais peu importe. Je l'ai dit, chercher à convaincre ne m'intéresse guère, plutôt que l'expression précise des idées des uns et des autres. Cela me semble beaucoup plus important que le désir de convertir qui est une des tentations permanentes de notre culture.

J'ai donc lu aujourd'hui les deux premiers tomes de la nouvelle saison des aventures de Michel Vaillant et je dois dire que j'ai continué d'être vraiment convaincu par cette reprise, même si comme je l'ai dit précédemment, je suis un peu gêné par les écarts morphologiques dans le traitement des visages, ce qui constitue peut-être le point sur lequel il y aurait de mon point de vue à effectuer des progrès dont j'imagine qu'il faudrait qu'ils soient maintenant que trois albums sont déjà parus, non pas subits et brutaux, mais graduels, vers une plus grande relation intérieure avec les visages des personnages tels que les avait conçus Jean Graton. Cela dit, je reconnais que reprendre un visage et le faire mûrir, dans un style graphique personnel qui n'est pas pure reprise de celui du créateur initial n'est sans doute pas chose aisée. Dans Au nom du fils, le visage de Michel est parfois de ce point de vue assez intéressant et il ne faudrait à mon avis pas grand chose pour que Bourgne arrive à rendre vraiment crédible la physionomie de Michel arrivant à la maturité.

Pour le reste, le récit m'intéresse et je trouve que le reproche qu'on pourrait faire et qui a d'ailleurs été formulé, devant des albums moins fournis en dialogue et en récitatif que les oeuvres de Jean Graton, doit être relativisé par le fait que nous suivons entre ces trois albums l'évolution d'un même drame devenu cycle, de sorte que l'apparente paresse narrative devient au contraire à mon sens une épaisseur de récit où la lenteur joue aussi un rôle. Du coup, bien que cette nouvelle saison ne constitue pas ce qu'on appelle un roman graphique, elle en prend cependant la consistance en créant un cycle qui prend le temps de développer longuement ses noeuds avec beaucoup d'habileté.

Personnellement, je ne suis pas gêné que le scénario général offre de nouvelles perspectives et fasse vivre des dimensions inédites des personnages, bien au contraire ! A mon avis tout est possible dans ce domaine à partir du moment où le projet développé est cohérent et conduit avec sérieux selon sa singularité propre, ce qui à mon avis est le cas ici. Par exemple, introduire les difficultés familiales, notamment à travers le personnage du fils me semble très intéressant et pas si étranger à l'univers initial des aventures de Michel Vaillant qui ont souvent fait apparaître dans le cadre des péripéties sportives la dimension des dilemmes propres aux consciences de chacun des personnages, que ce soit dans le domaine sentimental ou d'autres.

Je trouve extrêmement intéressante la vision intérieure de la vie du clan Vaillant aux prises avec les nécessités nouvelles d'une époque de mutation, ce qui entraîne des débats entre tradition, modernité et même audace, qui offrent un portrait vivant et passionnant de la firme automobile qui se situe au coeur de ces aventures, alors même qu'un tel sujet aurait fort bien pu être ennuyeux au possible ! La lecture psychologique et sociologique des mentalités et des personnalités des dirigeants de générations différentes que sont Henri et Jean-Pierre, sans parler des fils de Michel et Jean-Pierre selon leur logique propre, rebelle ou non, mais férue d'innovation, dresse un portrait unique et original dans la bande dessinée de ce que peut être la vie quotidienne de dirigeants d'entreprises familiales et de leurs difficultés, sur un mode qui n'est pas polémique mais simplement descriptif au meilleur sens du terme.

Du coup, dans la mesure où il n'est ni à charge, ni fondé sur l'éloge idéologique, le portrait ainsi dressé de tels dirigeants d'entreprise à travers le clan Vaillant me semble d'une grande justesse et d'une grande vérité. La bande dessinée a souvent traité le thème des dirigeants brigands, cyniques, exploiteurs, et il existe maints exemples brillants de ce traitement. La manière dont la nouvelle saison nous montre la vie du clan Vaillant est de ce point de vue totalement différente, et se signale par son originalité, il est vraie préparée de longue date par la peinture de ce même clan Vaillant sous la plume de Jean Graton, mais on sent bien ici que la passation de création à une nouvelle génération de créateurs, permet de renouveler l'angle de vue sur le dit clan et sa vie à la fois familiale et industrielle.

Un mot enfin des couvertures et des albums comme objets : je trouve les premières et les seconds très réussis et d'une grande élégance qui, dans un style propre au nouveau dessinateur, permet d'être à la hauteur du travail de Jean Graton dont les couvertures ont très souvent constitué à elles seuls de parfaits chefs d'oeuvres. Je trouve notamment la couverture de Voltage particulièrement élégante ! De même me semble très élégante la maquette de ces albums à dos argenté qui leur donne quelque chose de légèrement métallique qui convient admirablement à l'esprit Vaillant ! Sans parler du logo Vaillant placé entre le prénom et le patronyme du héros. C'est là un très beau travail. Je me réjouis donc d'avoir suivi l'incitation des impressions de Raymond et mon propre désir de découvrir cette nouvelle saison qui m'enchante sur bien des points et c'est avec impatience que j'attends Collapsus.



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120 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Mar 18 Aoû - 20:43

JYB


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Draculea a écrit:Je suis un peu surpris de cette remarque : un nombre important des grands chef d'oeuvres de la littérature mondiale sont nés de cette pratique fort répandue depuis le début de l'histoire de la littérature écrite ! Je ne prendrai que l'exemple du Don Juan de Molière pour la littérature classique, ou de l'Ulysse de Joyce pour la littérature moderne.
(...)
Contrairement à toi cher Jyb, je ne vois absolument pas pourquoi ces principes ne pourraient valoir pour la bande dessinée qui elle aussi est une forme de la littérature, à moins de considérer, ce qui évidemment n'est pas ton cas, ne saurait être ton cas ! qu'elle n'est qu'un divertissement ou un genre mineur.
Eh bien non, cher Draculea, malheureusement je considère que la BD est et restera un simple divertissement et un genre mineur. Il ne faut pas regarder ce genre à travers un prisme idéalisant. En BD, je ne vois guère qu'Hugo Pratt auteur de ce qui pourrait (je dis bien : pourrait) s'approcher (je dis bien : s'approcher seulement) d'un chef d'oeuvre littéraire. Hélas, sa production ne représente (en quantité) qu'un grain de sable dans le Sahara.
Quant aux "grands chefs d'oeuvre de la littérature mondiale", revenons à notre discussion (car tu t'en écartes adroitement pour me faire croire à l'impossible) : combien proviennent d'une reprise d'une série BD après le décès de son créateur...?

121 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Mar 18 Aoû - 22:48

Draculea


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JYB a écrit:
Quant aux "grands chefs d'oeuvre de la littérature mondiale", revenons à notre discussion (car tu t'en écartes adroitement pour me faire croire à l'impossible) : combien proviennent d'une reprise d'une série BD après le décès de son créateur...?

Tu poses là une question extrêmement intéressante cher Jyb. Voici quelques éléments en forme d'esquisse de réponse.

Un poète catalan contemporain, et pas des moindres, Felip Costaglioli, a écrit un merveilleux recueil intitulé : T en Catalogne. "T" n'est autre que Tintin, objet et thème central de tout ce recueil ! Comme la bande dessinée est un art relativement récent dans l'histoire, il est logique qu'elle n'est pas encore exercé d'influence massive sur la littérature au même titre que la peinture ou la musique, mais je suis bien certain que si l'on cherchait un peu on trouverait bien plus de références littéraires de premier plan qu'on ne pourrait l'imaginer au monde de la bande dessinée et à ses formes narratives, par exemple chez Alain Robbe-Grillet, je songe notamment à Projet pour une révolution à New York.

Cela dit, le fait qu'un romancier n'ait pas à ce jour écrit une suite des aventures de Tintin par exemple n'a rien de très surprenant : quand on sait combien il est difficile de réussir la transfusion d'un univers de bande dessinée au cinéma on devine sans difficulté qu'il est encore plus difficile d'y parvenir en littérature romanesque ! Cette résistance de la bande dessinée à l'incarnation romanesque est la preuve même qu'elle est un art à part entière au même titre que la peinture et la musique avec lesquelles la poésie et le roman rivalisent depuis des siècles sans pouvoir s'en approprier pleinement les vertus. La bande dessinée de ce point de vue est un art qui as su vaincre une de ces deux difficultés, en intégrant l'image et le texte, peut-être même parfois la seconde, en intégrant au moins des équivalents des bruits avec les onomatopées.

On trouve même une influence de la bande dessinée dans la musique contemporaine - (déjà il faudrait citer L'Histoire de Babar, le petit éléphant, de Francis Poulenc œuvre pour piano écrite de 1940 à 1945, bien que Babar ne relève pas vraiment du genre de la bande dessinée, mais plutôt du conte illustré). Toutefois, une oeuvre de la cantatrice Cathy Berberian témoigne directement de cette influence par son titre même en forme de mot valise : Stripsody. Il s'agit d'une oeuvre vocale a capella qui consiste en une sorte de collage récit d'onomatopées de bande dessinée qui nous racontent une sorte d'histoire dont l'auditeur peut imaginer assez librement les péripéties et le dénouement. C'est délicieux, amusant, virtuose, et musicalement époustouflant.

Il n'est pas besoin de dire à quel point la peinture de la seconde moitié du XX° siècle a été marquée elle aussi par la bande dessinée ! Songeons simplement à Andy Wahrol et ses peintures de Mickey, ou bien à certaines peintures de Pierre Alechinsky, ou encore à l'oeuvre de Jean-Michel Basquiat. Sans parler de Roy Lichtenstein dans les années soixante. Même chose pour le cinéma - en dehors du cinéma d'animation ou d'adaptation de bandes dessinées pré existantes. Je songe par exemple à Smoking et No Smoking et surtout à La vie est un roman d'Alain Renais qui, fin lecteur de la littérature la plus exigeante avait aussi une très haute opinion de la valeur de la bande dessinée

Voilà pourquoi, je crains que ton affirmation selon laquelle la bande dessinée n'est qu'un art mineur me laisse rêveur, comme elle surprendrait je crois beaucoup Benoît Peeters. Mais bon tout ceci nous écarte du sujet de ce fil de discussion et je demande à chacun de bien vouloir m'en excuser.

Rendons plutôt la parole à Michel Vaillant, ou plus exactement à la voiture qu'il pilote dans Au nom du fils :

Vroooaaar !   Very Happy


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122 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Mer 19 Aoû - 1:09

JYB


vieux sage
vieux sage
Je crois qu'encore une fois, tu déplaces le sujet pour amener à considérer que la BD joue un rôle important dans le monde, par les diverses inspirations qu'elle suscite chez d'autres artistes (et accessoirement par tous les commentaires qui peuvent être faits sur tous les forums...). Oui, c'est vrai, la BD a un impact indéniable. Mais je ramène le propos à l'"art" qui consiste à raconter une histoire en alignant des petites cases les unes après les autres pour former une planche de BD : un art mineur et de divertissement, à mon humble avis. Qu'après, ces petites cases puissent avoir un large impact populaire, c'est autre chose, mais ce n'est pas pour ça que l'art lui-même, la création artistique, deviennent soudain majeurs.

Le journaliste français, ex-otage au Liban, Jean-Paul Kauffmann, s'est rendu, longtemps après sa libération, aux îles Kerguelen, sur lesquelles il a écrit un livre (un beau livre, paraît-il ; je ne l'ai pas lu). Tout ça parce que Kauffmann avait lu dans sa jeunesse un Oncle Paul sur Rallier du Baty et sur Yves de Kerguelen, et ça l'avait frappé, au point d'y penser toujours une fois devenu adulte et de vouloir se rendre sur place, 40 ans après cette lecture de l'Oncle Paul. Comme quoi, une simple BD de 4 pages, n'est-ce pas... Oui, mais il n'empêche : pour moi, des BD comme un Oncle Paul restent un art mineur ; tu auras du mal à me faire croire qu'aligner des cases pour former une BD est un art majeur. Un art de la narration, sans doute. Ou plutôt un don pour savoir découper une planche case par case.

Tu me diras qu'avec des gens comme Giraud, Franquin, etc, on a affaire à de grands artistes, des génies. Donc : la BD est un art majeur ? Oui, au niveau du dessin. Moi, je parle du scénario, des histoires, des textes.

Le fait que personne n'ait encore écrit un roman de Tintin (cf ton précédent post) vient aussi (surtout ?) du fait de l'interdiction d'Hergé de son vivant, et, maintenant, de la surveillance de ses ayants droit pour éviter que le personnage soit réutilisé après son décès. Mais même si Hergé avait autorisé de son vivant qu'on réutilise son personnage dans un roman, j'attends de voir ce chef d'oeuvre annoncé. Ce n'est pas parce que Tintin serait un chef d'oeuvre qu'un roman extrapolé de Tintin serait automatiquement un chef d'oeuvre ; ça dépend essentiellement du talent de celui qui s'y collerait...

Des musiques qui s'inspirent de BD ? Possible ! Mais je ne parle pas de ça non plus... (je parle de BD qui sont des reprises de séries de BD célèbres). Des peintres comme Warhol, Basquiat, etc, se sont inspirés aussi de BD ? Certes. Alain Resnais avait une très haute opinion de la BD, art majeur ? Oui, c'est bien. Mais ces artistes dans des domaines différents, ont-ils écrit un scénario de BD ? Ont-ils écrit (je dis bien : écrit, car je reviens encore et toujours au texte) le scénario d'une reprise de Michel Vaillant ou de Blake & Mortimer ? Le jour où ils le feront, j'aimerais voir ça... (mais comme ils sont morts....). Et j'aimerais voir si leurs scénarios pourraient être considérés comme un art majeur...

Le mot de la fin (?) revient à Jean-Michel Charlier lui-même. On parlait plus haut de peinture, et JMC a dit un jour qu'une planche de BD ne sera jamais le plafond de la chapelle Sixtine...

123 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Mer 19 Aoû - 8:41

Draculea


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Une question me court dans l'esprit depuis que j'ai découvert l'existence de cette nouvelle saison. Jean Graton s'est-il exprimé à son sujet et a-t-il commenté les oeuvres de l'équipe formée autour de son fils ? Le sais-tu Raymond ?



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124 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Mer 19 Aoû - 13:40

Raymond


Admin
Les derniers entretiens que je connaisse de Jean Graton datent de l'époque où il créait encore des histoires de Michel Vaillant. Depuis une dizaine d'années, c'est plutôt son fils qui est systématiquement interviewé.

A ce sujet, on peut trouver quelques interviews sur cette page :

http://vaillantfanclub.free.fr/intrview.htm

Il y a en encore quelques entretiens de plus dans la presse BD (Auracan. DBD, Bananas) mais ils sont tous assez anciens.

Je ne pense donc pas que Jean Graton se soit officiellement exprimé sur cette "nouvelle saison".


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125 Re: La Reprise de Michel Vaillant le Mer 19 Aoû - 13:44

Raymond


Admin
Rectification ! Il existe une interview de Jean Graton publiée dans le Soir en 2014.

On le trouve sur cette page, mais l'accès au texte est payant. Rolling Eyes

http://www.lesoir.be/730722/article/soirmag/actu-soirmag/2014-12-10/exclu-l-interview-jean-graton


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