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Mission Antarctique

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151 Re: Mission Antarctique le Lun 9 Nov - 19:27

stephane

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vieux sage
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Moi aussi Very Happy
Et j'ai aimé retrouver Borg en esthète d'art...le même que dans le mystère Borg!

http://alixmag.canalblog.com/

152 Re: Mission Antarctique le Sam 14 Nov - 12:35

Bernard

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bédéphile pointu
bédéphile pointu

Là il y a une possibilité de "livret ou pochette avec CP" des projets de couvertures ! Ce serait sympathique à faire, mélange N/B - couleurs Twisted Evil
BVH

153 Re: Mission Antarctique le Sam 14 Nov - 13:00

Raymond

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Admin
J'ai enfin lu Mission Antarctique ! Il m'a fallu bien du temps, car cette semaine était un peu chargée.

Et puis, il me fallait aussi quelques jours pour digérer la dernière histoire d'Alix.  Wink

J'avais bien sûr en tête les commentaires sévères exprimés sur ce forum à propos du scénario, et je m'attendais donc à être un peu déçu. Etrangement, cela n'a pas du tout été le cas. C'est peut-être ma tendance innée à l'esprit de contradiction.    Cool

Bien sûr, cette histoire de repaire nazi construit dans l'Antarctique parait aujourd'hui un peu désuète. Il y a d'ailleurs bien longtemps que les nazis ne font plus peur à personne, et on pourrait accuser les auteurs de manque d'originalité. Toutefois, il ne faut pas oublier que "Mission Antarctique" est un "Lefranc années 50", donc une aventure en principe passéiste et nostalgique. Le scénariste essaie ainsi de retrouver l'esprit de cette époque et, selon mes propres souvenirs d'enfance, les années 50 (et 60) étaient encore dominées par la haine (et la terreur) que les nazis avaient créée en Europe. Je me souviens que mes parent racontaient volontiers leurs années de guerre, que les films, les livres et les BD relataient inlassablement la guerre de 39-45, et que les journaux évoquaient volontiers les criminels nazis en fuite, peut être en train de comploter quelque part contre la paix dans le monde. Je me souviens même de manchettes de journaux annonçant qu'Hitler était toujours vivant quelque part en Amérique du Sud, avec des photographies (probablement retouchées) essayant d'imaginer à quoi il pouvait ressembler. Bref ! Les années 50 étaient réellement imprégnées par une guerre encore toute proche, qui laissait de douloureux souvenirs et des terreurs presque irrationnelles.

Par ailleurs, l'idée qu'une base militaire nazie ait survécu 10 ans après la guerre dans l'Antarctique n'est pas totalement absurde. Corteggiani se donne d'ailleurs beaucoup de peine pour nous en convaincre, en soignant sa documentation et en multipliant les détails véridiques. Il reprend en fait certaines croyances des années 50 et, finalement, je me suis rendu compte qu'il n'a pas inventé tant de choses que cela, en écrivant son histoire.  Wink

Il y a tout d'abord cette implantation de bases nazies en Antarctique, dans une région appelée "Nouvelle Souabe". Cette idée repose sur des faits historiques.



Comme preuve de cette affirmation, je me contenterai de vous adresser à Wikipédia, site qui est certes plutôt dédié à la culture populaire, mais qui contient tout de même beaucoup d'informations bien documentées.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle-Souabe

Une base nazie en Antarctique n'aurait pas pu passer inaperçue, puisque les américains ont exploré le pôle sud après la guerre. Corteggiani tient compte de cette objection, et utilise malicieusement le récit authentique de l'opération Highjump, menée par l'amiral Richard Byrd, pour conforter sa thèse. Selon le scénariste, les multiples échecs ou accidents dont furent victimes les américains pendant cette opération ne seraient pas dus au hasard (ou à la météo) mais à plutôt aux actions défensives des soldats nazis.   Smile


Quelques infos à l'adresse ci-dessous sur l'opération High-Jump :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Highjump

Les armes secrètes conçues par les ingénieurs nazis ont longtemps fait fantasmer les écrivains et les journalistes, et beaucoup de choses ont été écrites sur ce sujet. Au sujet de ces armes, l'idée que les savants auraient construits une soucoupe volante était couramment répandue pendant les années 50. Bien sûr, cette thèse est totalement improbable, mais il est bien difficile de prouver son impossibilité. Cette théorie farfelue a donc pu proliférer sans peine, et François Corteggiani la reprend maintenant avec malice (puisqu'il n'en est pas l'inventeur).



Sur ce sujet, Wikipédia offre également un site consacré aux OVNI construits par les nazis.  Wink

https://fr.wikipedia.org/wiki/OVNI_du_IIIe_Reich

Peut être existe t-il encore d'autres données historiques que je n'ai pas repérées, mais ces exemples me paraissent déjà suffisants. On ne peut pas balayer ce scénario d'un revers de main, en concluant qu'il s'agit de simples billevesées. Corteggiani a bien construit son scénario et, même si les nazis sont moins à la mode qu'autrefois, leur présence me semble appropriée dans une aventure qui se déroule pendant les années 50. Le suspense n'est pas haletant, il est vrai, mais j'ai eu du plaisir à investiguer cette intrigue, et à essayer d'y démêler le réel et le fictif.

Pour ce qui concerne le dessin de Christophe Alves, il est très excellent, tout le monde s'accorde sur cette constatation, mais je ne trouve pas qu'il soit vraiment meilleur que celui de Regric. Il y a parfois des petites approximations lorsque les personnages sont vus en oblique, et c'est le genre de détail qui nécessite un long travail pour être perfectionné. Je suis content que soit apparu un nouveau dessinateur capable d'illustrer les aventures de Lefranc, mais je pense qu'il peut encore mieux faire.

Au total, j'ai eu du plaisir à lire cet album qui réveille une certaine nostalgie, même si notre époque est davantage terrifiée par un nouveau genre de terrorisme. L'actualité n'est pas rose, et il y aura toujours des menaces qui viseront notre société occidentale. Peut être pourrait-on "ressusciter" un "Lefranc années 2000" pour mieux tenir compte de ces peurs actuelles.  Rolling Eyes



Dernière édition par Raymond le Sam 14 Nov - 13:21, édité 3 fois


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154 Re: Mission Antarctique le Sam 14 Nov - 13:04

Raymond

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Admin
Bernard a écrit:

Là il y a une possibilité de "livret ou pochette avec CP" des projets de couvertures ! Ce serait sympathique à faire, mélange N/B - couleurs Twisted Evil
BVH

Cela fait plaisir de te lire, Bernard ! Very Happy

Sinon, je n'avais pas encore vu cet article, qui reprend des dessins de Corteggiani. Ce serait en effet sympa de faire un livret "collector" comme tu le décris, qui s'intéresse un peu au "making of".


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155 Re: Mission Antarctique le Sam 14 Nov - 13:07

Bernard

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bédéphile pointu
bédéphile pointu
Eh oui c'est là que sa blesse ... qui va s'en occuper ? Very Happy

156 Re: Mission Antarctique le Sam 14 Nov - 13:10

Bernard

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bédéphile pointu
bédéphile pointu
Oups oublier de préciser ....
Je suis rentrer en maison de repos pour des tests d'adaptations de médicaments donc j'ai rien d'autres à faire Smile
A la maison je prépare mon départ en triant mes affaires perso Twisted Evil Very Happy

157 Re: Mission Antarctique le Sam 14 Nov - 13:11

Raymond

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Admin
Merci de nous donner de tes nouvelles ! Very Happy

Sinon, pour le collector, on pourrait demander à César !  Wink


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158 Re: Mission Antarctique le Sam 14 Nov - 14:14

Draculea

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docteur honoris causa
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Merci Raymond de ta lecture très précise et documentée de ce nouveau Lefranc - comme toi je trouve que contrairement à ce qu'on dit parfois, Wikipedia peut être une source de documentation très sérieuse, cela dépend des sujets et surtout des auteurs.

J'avoue être totalement d'accord avec toi en ce qui concerne le dessin, ayant moi-même loué le crayon de Christophe Alvès tout en déplorant certains points qui sont à améliorer. Je ne pense pas non plus qu'il soit meilleur que Régric, il ne me semble pas avoir dit cela. En revanche, je suppose que si Christophe Alvès résout les petits détails qu'on peut lui reprocher, il pourra devenir aussi intéressant que l'est effectivement Régric.

Je suis moins en accord avec toi  pour ce qui concerne le scénario. J'entends bien tous tes arguments et notamment le fait que Corteggiani ait bien pensé son sujet en se documentant avec beaucoup de précision et en traitant cette documentation avec finesse. C'est vrai et indéniable. De même, tu as raison, le mythe des nazis continuant de prospérer secrètement pour reprendre vie historique a traversé les années cinquante et duré même au-delà. Mais ceci suffit-il vraiment à justifier l'intérêt de cette histoire ? Très sincèrement, j'ai en ce qui me concerne eu du mal à m'y intéresser dans la mesure où tout cela est justement rebattu depuis trop longtemps à mes yeux, tandis que tu y trouves toi justement du charme - mais peut-être nos différences de lecture sont-elles dues à un léger décalage d'âge, quoique à mon avis nous soyons à peu près des mêmes génération. Ou bien tout simplement est-ce affaire de sensibilité.

Pour moi, en tout cas, on s'attend à tout ou presque et même si en soi le scénario est bien conduit, je n'ai pas eu le sentiment que cet album apporte quoi que ce soit d'original. Si Corteggiani avait été le premier à traiter un tel sujet, il aurait certainement pu m'intéresser vivement. Mais il n'est pas le premier précisément, loin s'en faut. Et puis ces sempiternelles histoires de bases secrètes, à titre tout à fait personnel, cela ne me dit plus rien. J'aimerais qu'un scénario de Lefranc soit capable de nous surprendre, de se montrer plus inventif, inédit même, exactement de la façon dont l'a été Noël noir dans les albums des continuateurs ou comme l'étaient des albums comme Les Portes de l'enfer ou encore L'Apocalypse dont nous parlions l'autre jour, album qui m'a déconcerté mais qui est en tout cas d'un extrême originalité et totalement réussi dans son genre propre. Tu me diras cependant, non sans raison que dans L'Apocalypse, il y a bien une base secrète et j'aurais du mal à soutenir le contraire, mais le thème est là inséré dans un contexte narratif tellement singulier que l'on n'a pas le sentiment d'une redite, plutôt d'une très habile variation sur un thème classique qui du coup le renouvelle de façon très intéressante.

Je n'ai en revanche pas été tenu en haleine par ce nouveau Lefranc parce que j'avais le sentiment de prévoir ou de pouvoir prévoir à eu près tout ce qui arrivait, mis à part le prologue praguois qui est plus prenant car on ne sait pas encore exactement de quoi il va être question et que l'atmosphère du récit y est vraiment très mystérieuse.

La seule chose que j'ai vraiment aimée est la suggestion qu'une partie de la collection de tableaux de maîtres d'Axel Borg vienne du pillage par celui-ci des pillages effectués par les nazis. Cela m'a vraiment plu car cette invention narrative convient bien au personnage d'Axel Borg capable de voler les voleurs et qu'elle contribue à expliquer la source des immenses trésors artistiques qu'il a accumulées dans son palais Vénitien sous l'identité de Conti, dans Le Mystère Borg. Je n'en avais pas parlé dans mon message précédent au sujet de cet album, mais c'est un point que je trouve très bien vu de la part de Corteggiani, (et du coup il a peut-être eu raison de faire reparaître les nazis pour pouvoir servir cette possibilité particulière !  Wink.

Pour être juste avec ce dernier, le reproche que je lui ferais n'est donc pas que son scénario est mauvais, mais comme je l'ai dit plus haut qu'ils contente de s'inscrire dans une tradition de récit d'après-guerre à laquelle il n'apporte rien de spécifique. Mais loin de moi de dire que par ailleurs François Corteggiano soit un mauvais scénariste, ce serait de ma part une déclaration arrogante et non conforme à la réalité. Tu as d'ailleurs tout à fait raison de souligner que dans le cadre qu'il a choisi pour son sujet, il travaille avec beaucoup d'habileté et de sérieux.

Je respecte donc tout à fait ta différence de lecture, ma réponse n'est absolument pas polémique.  Very Happy Après tout les raisons qui font que nous prenons ou non du plaisir à un album sont nombreuses variées et aucune ne constitue un critère absolu, heureusement d'ailleurs. Peut-être aurai-je une tout autre vision et un réel plaisir de reprendre par la suite la lecture de cet album polaire.

A cet égard,et pour finir ce message, une idée me trotte dans la tête : étant donné qu'on observe un certain nombre de clins d'oeil à Tintin - et j'ai vérifié que le personnage de Von Graf dessiné par C Alvès ressemble, certainement sur les indications de Corteggiani, beaucoup plus au colonel Sponz qu'il ne le faisait dans Le Maître de l'atome - je me demande s'il n'y en a pas, peut-être, à L'Etoile mystérieuse, autre album polaire situé de l'autre côté du globe terrestre. A voir. Je n'en ai pas remarqué à la première lecture, mais sait-on jamais.

159 Re: Mission Antarctique le Sam 14 Nov - 21:37

Raymond

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Admin
Précisons tout de même que je ne répondais pas qu'à toi, mais aussi à tous les avis négatifs qui s'étaient exprimés sur ce scénario. Comme il y avait eu quelques sentences extrêmes, je me suis permis de répliquer avec netteté dans l'autre sens, afin d'équilibrer les choses.    Wink

Et puis, c'est en confrontant des avis différents que l'on obtient de bonnes discussions.   Cool

Développons un peu plus nos positions respectives. Tout d'abord, il est clair que les histoires de bases secrètes cachées dans la jungle (ou dans les solitudes glacées) ne sont pas très originales, que ce soit dans les histoires de James Bond, de Bob Morane ou de Lefranc. C'est un scénario classique déjà utilisé maintes fois, et dont on connait par avance l'issue. Lorsqu'on lit ce genre d'aventure, l'intérêt n'est plus vraiment de savoir qui va triompher, mais plutôt de découvrir certains détails, ou certaines variantes, qui vont donner au récit une certaine saveur.

Pour cette aventure de Lefranc, j'ai écrit dans mon billet que "le suspense n'est pas haletant", et nos positions ne sont en fait pas si éloignées. J'indique aussi que je me suis surtout amusé à démêler le vrai du faux, et c'est avant tout cette facette du scénario qui m'a intéressé. Un des principaux enjeux du scénariste, c'est en effet de faire croire à son histoire, fût-elle hautement improbable, et je trouve qu'au fond, Corteggiani ne se débrouille pas si mal que ça avec son histoire de nazis au Pôle Sud. Enoncé en une phrase, le thème parait assez "grandguignolesque", mais lorsque l'on s'intéresse à la manière avec laquelle l'auteur le développe, le récit devient plus subtil, et malicieusement agencé de faits réels. Bien sûr, je n'y crois pas vraiment, mais je trouve que c'est bien écrit, et pas ennuyeux à lire. Les personnages sont tous bien composés, et ceci lance des intrigues secondaires. Lefranc retrouve par ailleurs Axel Borg, qui tire habilement son épingle du jeu, et comme tu le remarques toi-même, ce dernier se constitue pour l'occasion une belle collection de tableaux. Ce chapitre de leurs relations n'est donc pas dénué d'intérêt.

Je ne sais pas si tu vas encore voir des films de James Bond, mais c'est un bon exemple de ces histoires de bases secrètes, qui finissent invariablement par exploser à la fin de l'aventure. Les spectateurs (et il y en a beaucoup) ne vont pas voir ces films pour découvrir un scénario original. Ils sont plutôt attiré par un récit bien rythmé, qui est en principe riche en détails amusants, en gadgets improbables, et en rebondissements imprévus qui deviennent parfois humoristiques. Il y a aussi quelques scènes récurrentes qui sont propres au cinéma d'action, comme les interminables poursuites ou les combats violents, mais globalement, ces James Bond ne sont pas si éloignés que cela de notre aventure de Lefranc. Ce n'est pas le scénario principal qui compte, mais plutôt les trouvailles qui l'accompagnent.

Je pourrais résumer mon point de vue de cette manière : ce n'est pas le meilleur des Lefranc, mais c'est tout de même un bon album, dont j'ai apprécié les trouvailles, et qui ne mérite pas ces critiques tellement lapidaires qu'elles en deviennent injustes.

Pour ce qui concerne les hommages graphiques dessinés par Christophe Alves, je n'ai pas vu d'autre exemple que ceux que tu as découvert. A ce sujet, tu mérites toutes nos félicitations !   pouce


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160 Re: Mission Antarctique le Dim 15 Nov - 12:27

Tarmac

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docteur honoris causa
docteur honoris causa
Comme Raymond, je veux défendre ce "Lefranc" version Corteggiani-Alvès, j'ai envie de croire en ce nouvel opus dont le contexte des années 50 sous-tend ce scénario de base de repli secrète en terres australes.Nous avions eu "L'éternel Shogun" avec déjà cette thématique esquissée, de bases arrières et d'armes secrètes www.lepoint.fr/histoire/les-armes-secretes-des-nazis-08-05-2014-1820594_1615.php .
Je pense que l'on a pas suffisamment souligné par ailleurs l'évolution intéressante du personnage d'Axel BORG glabre mais toujours aussi opportuniste.
D'aucuns peuvent toujours critiquer cet aspect exagéré d'armes de type "UFO" mais là encore, cette période des années 50 avec "La guerre des mondes" en background était propice à toutes les conjectures. De ce point de vue, l'aspect scénaristique est défendable.
Au demeurant, et je l'avais déjà dit, un bon petit "Lefranc" concocté par le binôme séduisant Corteggiani-Alvès pouce

161 Re: Mission Antarctique le Dim 15 Nov - 14:10

Draculea

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docteur honoris causa
docteur honoris causa
Je précise tout de même que si je fais partie de ceux des lecteurs qui ont ici discuté de ce nouveau Lefranc, je n'ai prononcé aucune condamnation, ce n'est pas mon genre - je ne fais qu'exprimer des impressions subjectives dont je ne prétends pas faire une loi, d'autant plus qu'au fil de la discussion ma position a sans doute évolué par rapport à l'impression première de l'album - et je trouverais de plus injuste et simpliste de le déclarer purement et simplement "nul". Il est évident que cet épisode est bien meilleur que d'autres comme par exemple La Momie bleue qui m'a laissé le souvenir d'un album incohérent en dépit de beaux moments visuels dans la représentation des monuments égyptiens. Il est également évident qu'il est plus que meilleur. Dans son genre propre c'est certainement comme le dit Tarmac "un bon petit Lefranc".

En tant que variation sur un thème des années 1950, ce Lefranc est bien fait. Le problème est simplement pour moi et je dis bien pour moi que ce thème ne m'exalte pas. C'est un très bon exercice de style et de ce point de vue la comparaison de Raymond avec le plaisir de voir des James Bond qui se terminent invariablement par la destruction de la base secrète pour le plus grand plaisir du spectateur qui attend ce moment obligé du divertissement bien mené, cette comparaison est parfaitement pertinente.

Il se trouve que, en ce qui me concerne je n'y suis pas sensible - de même que j'avoue ne pas être très passionné par les opus bondiens préférant d'autres types de grands films d'espionnage vraiment palpitants et et inattendus, mais je ne méprise pas Bond pour autant, absolument pas - et que je trouverais dommage que les aventures de Lefranc deviennent une simple mise en forme des thématiques classiques des années où les albums sont situés, ou alors je l'admettrais mieux si cela se faisait de façon plus mystérieuse, nous prenant davantage par surprise. Par exemple, la couverture, par ailleurs très belle, de l'album ruine toutefois le suspens qui aurait pu être présent, dans la mesure où elle nous laisse d'emblée apercevoir le centre du récit, cette soucoupe nazie qui au contraire devrait être la révélation spectaculaire de l'histoire, dont il faudrait donc retarder le plus longtemps possible le moment de révéler l'existence. Mais il est sûr que l'action est serrée, les péripéties nombreuses, les rebondissements très bien conduits, cela ne peut se contester.

Il y a un passage de l'histoire que j'ai réellement beaucoup aimé, en dehors du prologue que je trouve très réussi, (quoique, en core une fois, la révélation de l'existence de la soucoupe nazie soit à mon avis prématurée), c'est le voyage en dirigeable. Cette séquence de l'album est particulièrement bien conduite et les images de l'aéronef sont très belles, notamment la grande case qui nous le révèle pour la première fois.

Comme vous le voyez, mon jugement n'a donc rien d'un rejet de cet album, mais il avoue une déception partielle par rapport à ce que j'aurais aimé. Dans notre discussion il est clair que se confrontent deux sensibilités : celle qui éprouve un plaisir total à ce jeu de variation sur des thèmes classiques, celle qui aimerait une inventivité plus manifeste et davantage de surprise : près tout cela est parfaitement possible, même en abordant des thèmes de l'histoire des années cinquante et en leur donnant une forme inédite et palpitante, comme cela avait à mon point de vue été le cas dans dans l'aventure cubaine. De même pour revenir sur une lecture que j'avais faîte précédemment, j'avais beaucoup aimé L'Eternel Shogun, sauf le fait que les nazis y soient présents ça rue trouvais cela, pardonnez-moi l'expression, " téléphoné" et tarabiscoté, même si on connait l'alliance germano-nippone de l'Axe.

Cet album en ne développant que la seule question du désir de revanche de nationalistes japonais attachés aux valeurs militaires de la période antérieure à la défaite, aurait été aussi passionnant et plus peut-être. Je suis certain qu'on peut traiter beaucoup de sujets en inscrivant Lefranc dans les années cinquante, en tenant compte de leur histoire et de leur culture, sans pour autant risquer verser dans le cliché. Cela dit je concède qu'on puisse au contraire jouer des clichés.

Mais pour finir ce message dont je vous prie d'excuser la longueur relative, je vais relire prochainement Mission Antarctique et à partir de cette seconde lecture, en toute franchise évaluer ce que sera alors mon sentiment. Il est tout à fait possible que je le perçoive très différemment, chose qui m'est déjà arrivée avec des albums de différentes séries par le passé.

Pour bien marquer le fait que je ne rejette nullement cet album auquel, parallèlement à mes critiques relatives, je trouve en fait de nombreuses qualités, je termine avec quelques unes des cases qui m'on parues très réussies, dont plusieurs montrant cette fameuse soucoupe, laquelle est un fort bel engin en tant que telle ! Et j'en profite pour saluer à nouveau le coup de crayon de Christophe Alvès et la très belle mis en couleur de l'album avec les fameuses couleurs "Feldgrau" dont parle justement Tarmac.


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162 Re: Mission Antarctique le Ven 20 Nov - 22:07

Jacky-Charles


license ès BD
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Je n'ai pas trouvé d'autres clins d'oeil "tintinesques", mais j'ai trouvé ceux-là que je vous propose :

Page 4, 2° dessin : l'album que tient Lefranc ( je ne savais pas qu'il avait été traduit en tchèque ).

Page 7, 4° dessin : l'enseigne de la station-service, se terminant par "giani" est certainement une allusion au scénariste.

En dehors de ça, un album tout à fait intéressant, même si l'idée n'en est pas neuve, mais bien raconté et bien dessiné, qui m'a fait passer un bon moment. L'un des meilleurs "Lefranc" de la nouvelle série.

Et pourtant...

Il y aurait quand même selon moi un sérieux bémol qui nuit à la vraisemblance de cette histoire. Non, pas le "Haunebu"... Mais si Alvès et Corteggiani sont un bon dessinateur et un bon scénariste, ils ne feraient pas de bons maçons. Parce que leur base antarctique m'a tout l'air d'être en béton, que pour faire du béton il faut de l'eau, et que vu la température ambiante ( inférieure à -10° en été ), l'eau, ça gèle, donc pas de béton... Je ne demande qu'à être contredit, sinon, je connais des tas de constructeurs qui voudraient bien savoir leur recette pour travailler l'hiver prochain !

Sans parler de la quantité de combustible nécessaire pour chauffer et faire tourner cette immense base...

Mais peut-être y'a-t-il une astuce que je n'ai pas décelée ?

163 Re: Mission Antarctique le Ven 20 Nov - 23:22

stephane

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vieux sage
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164 Re: Mission Antarctique le Sam 21 Nov - 0:02

Draculea

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docteur honoris causa
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Je n'avais pas songé à cette affaire de béton polaire. Voilà un argument réaliste indéniable, Jacky-Charles. Je vais cependant me faire "l'avocat du diable" : un critère réaliste - indiscutable - comme celui-ci est-il pertinent dans une fiction qui sous ses apparences vériste est d'abord et avant tout une oeuvre d'imagination ? Car si un tel critère a vraiment sa place, que dire alors de toute l'histoire elle-même dont bien des éléments sont probablement peu plausibles ?

Je me souviens que lorsque le bâton de Plutarque est paru, sur un forum spécialisé dans les aventures de Blake et Mortimer, des lecteurs avisés s'ingéniaient à repérer des invraisemblances, comme par exemple le nuage dissimulant la base secrète de Scawfell, à juste titre du point de vue du réalisme, sans jamais prendre conscience que l'oeuvre de Jacobs dans son ensemble, tout comme celle de ses continuateurs bien sûr, était tout sauf réaliste.

Il est vrai que les aventures de Lefranc pourraient au premier abord sembler très éloignées du fantastique jacobsien. Mais il y n'y a pas moins un fantastique martinien tout aussi invraisemblable dans certains albums.

Du coup, je me demande, sans remettre en question le moins du monde l'irréfutable valeur de ta remarque, Jacky Charles : cette "erreur" au sujet du béton en milieu polaire est-elle aussi, juste soit-elle, constitue-t-elle un argument critique vraiment décisif ?

Pour ma part si j'avais à mettre en avant un bémol à cette aventure, ce ne serait pas ce détail.
Mais il est aussi vrai que la question que pose la notion d'invraisemblable dépend de ce qu'on définit au départ comme critère de réalisme : le contenu du récit lui-même et ses possibles, les détails techniques comme par exemple la faisabilité d'une base comme celle que nous voyons ici.

En un mot : peut-on reprocher aux auteurs de cette aventure d'avoir négligé l'impossibilité de construire en béton dans l'Antarctique ? Personnellement, cela ne me pose pas problème, même en sachant maintenant qu'effectivement cela n'est guère envisageable, et à vrai dire je n'y accorde pas d'importance particulière. Je parle évidemment en mon seul nom propre.

Entretemps, j'ai relu en partie cet album et mon jugement actuel est beaucoup plus nuancé que celui que j'exprimais au départ. Je suis finalement d'accord pour reconnaître avec Raymond que, sans être le meilleur Lefranc, cette aventure est plutôt bien conduite et agréable à lire. Je n'irais pas jusque à dire comme toi, Jacky-Charles, que c'est un des meilleurs Lefranc de la nouvelle série, mais je suis d'accord avec le fait que le récit est bien raconté et bien dessiné et même très bien dessiné. Plus je rouvre l'album, plus je suis à nouveau frappé par la beauté de la mise en couleur dont la très grande qualité m'avait frappée dès la présentation de la première planche plusieurs moins avant la sortie de cet album. Je la trouve vraiment remarquable. Du coup, qu'il s'agisse du prélude pluvieux et crépusculaire ou du trouble jour polaire, cet album flotte dans une substance nébuleuse et menaçante qui constitue la manifestaient sensible d'un véritable atmosphère  dramatique et je trouve cela vraiment très beau.

Une chose enfin m'a frappé, qui est pourtant évidente, mais que je n'avais pas remarqué à ma première lecture car j'étais trop occupé à suivre la trame de l'aventure. Axel Borg est ici glabre alors que Lefranc laisse apparaître une barbe naissante, soulignant ainsi la gémellité secrète des deux personnages qui, depuis les années où Jacques Martin pilotait sa série, a souvent été exprimée de manière plus ou moins explicite. Or, même le visage lisse, Borg demeure un prince de l'ambiguité tandis que même rayé des signes graphiques de sa pilosité d'emprunt, Lefranc demeure imperturbablement fidèle à ses principes.
Dernière chose enfin que j'avais éprouvée dès la première lecture mais n'avais pas noté dans mes messages précédents : la présence du dirigeable. Au-delà de la référence aux célèbres zeppelins elle ajoute une dimension onirique à l'histoire et sert en quelque sorte d'aéronef intermédiaire qui nous conduit vers la vision de la soucoupe Haunebu.

En un sens, tout ce récit, depuis l'instant où Lefranc pénètre dans la librairie, jusque au terme du drame polaire,  nous fait glisser dans un monde parallèle à peine irréel et cependant impossible. C'est peut-être la force secrète de ce récit, que je n'avais pas su voir lorsque j'ai lu l'album pour la première fois et sur la voie de laquelle m'a mise la remarque de Raymond au sujet du plaisir que nous avons à voir les nouveaux James Bond en dépit du fait que ce qui s'y passe reproduit en forme de variation des situations antérieures. Nous glissons insensiblement dans un monde qui est celui des années 1950 sans l'être tout à fait en ce sens qu'il se situe à côté du "vrai'' monde. Il me semble que c'est ce que nous dit la spectaculaire apparition du dirigeable et je comprends maintenant pourquoi dès que j'ai vu cette case magnifique et lu la séquence du voyage qui s'y déroule, je n'ai pu m'empêcher de songer, toutes choses égales par ailleurs, aux Routes d'Armilia.

Je conclus par cette impression générale : Mission Antarctique est un album qui distille un fantastique secret qui a l'élégance de s'imposer de façon relativement discrète, en jouant dans la longue conversation initiale de Lefranc avec Mister Cunnigham d'un jeu subtil d'affirmations de cette veine fantastique, selon les ponctuations des contre arguments réalistes de Lefranc, suivis des réponses de son interlocuteur qui permettent pas à pas d'installer le pacte d'impossible vraisemblance et de lui donner aux yeux du lecteur la qualité du possible - et entre parenthèse dans un monde parallèle qui admet l'existence du Haunebu, rien n'interdit non plus qu'on bâtisse au pôle sud une base secrète en béton !

Ainsi mis en place de degré en degré, l'irréalisme de Mission Antarctique devient non seulement acceptable mais comme chez Jules Verne se nourrit d'une rationalisation poétique qui lui donne toute sa saveur. Cela aussi, je ne m'en étais pas vraiment rendu compte dès le départ et c'est l'analyse très précise de Raymond sur les différents aspects des fantasmes et hantises autour des nazis dans les années cinquante, dont l'imaginaire au sujet de la soucoupe, qui m'en a petit à petit fait prendre conscience.


Image hébergée par servimg.com



Cette planche capitale où, comme le souligne justement Jacky-Charles, apparaît le clin d'oeil d'un exemplaire de La grande menace entre les doigts de Lefranc, me semble raconter en filigrane le moment du passage dans la réalité seconde qui constitue la base de cet album et fait pour le lecteur le plaisir de la fiction. Plus je réfléchis à cette histoire, plus je me rends compte à quel point elle a été finement pensée et est loin de ce que je m'imaginais au départ.

Cette planche pourrait s'intituler : "Dès qu'il franchit la porte de la librairie, les fantômes vinrent à sa rencontre" !

165 Re: Mission Antarctique le Sam 21 Nov - 12:57

Tarmac

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docteur honoris causa
docteur honoris causa
Draculea a écrit:[

[justify]Cette planche capitale où, comme le souligne justement Jacky-Charles, apparaît le clin d'oeil d'un exemplaire de La grande menace entre les doigts de Lefranc, me semble raconter en filigrane le moment du passage dans la réalité seconde qui constitue la base de cet album et fait pour le lecteur le plaisir de la fiction. Plus je réfléchis à cette histoire, plus je me rends compte à quel point elle a été finement pensée et est loin de ce que je m'imaginais au départ.


J'avais remarqué ce clin d'oeil à l'oeuvre du maître, et ce n'est pas la première fois que l'on retrouve ce type de procédé. "Le maître de l'atome" avec la thématique cauchemardesque de Moloch Baal,"La momie bleue" avec son eau d'Alix, mettaient également en lumière des références de l'oeuvre de J MARTIN. Quand ce n'est pas trop suggestif, ce n'est pas déplaisant. Wink

166 Re: Mission Antarctique le Sam 21 Nov - 18:43

Tarmac

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Critique éclairée et très objective de Joseph Altairac qui remet "Mission Antarctique" au niveau qui est le-sien, c'est à dire un excellent Lefranc Very Happy

167 Re: Mission Antarctique le Sam 21 Nov - 20:52

Draculea

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Très bonne et très éclairante critique en effet, qui, coïncidant avec ma relecture complète de l'album, achève de me convaincre que je m'étais profondément trompé en jugeant au départ cette aventure fade et ennuyeuse : elle est tout sauf cela et je suis bien d'accord pour dire que c'est en effet un excellent Lefranc : la seconde lecture a en effet été pour moi riche et passionnante.
Merci cher Tarmac de ce lien. Very Happy Merci également à François Corteggiani et Christophe Alvès pour ce bel album ! Very Happy

168 Re: Mission Antarctique le Sam 21 Nov - 22:37

Tarmac

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Draculea, c'est Stephane qu'il faut remercier pour ce lien Wink

169 Re: Mission Antarctique le Sam 21 Nov - 22:49

Draculea

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Effectivement, j'avais mal lu le message, courant directement au lien, mais bon tu l'as transmis également !  Very Happy
J'aime particulièrement un passage de cet article : " François Corteggiani se régale en jouant avec les codes du récit d’aventure et d’espionnage, et avec la notion de vraisemblance, fort malléable, de ces genres, tirant joyeusement sur l’élastique, mais jamais jusqu’à la rupture."
Le fonds de cet album est en effet là : une subtile broderie autour des codes de plusieurs genres.

170 Re: Mission Antarctique le Sam 21 Nov - 23:14

Jacky-Charles


license ès BD
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J'ai lu attentivement l'article de Draculea et je voudrais apporter encore une ou deux précisions.

Je ne mets pas sur le même plan du réalisme l'aspect "technique" de cette histoire et le point que j'ai soulevé au sujet de la construction de la base.

Le "Haunebu" est un thème de science-fiction pour l'époque à laquelle se déroule l'histoire et il l'est resté. Il est traité de manière très concrète et c'est justement ce qui fait la force et le charme de cet album. Je n'ai que des éloges à faire aux auteurs sur leur "enfant".

Le procédé de construction est connu, maîtrisé et utilisé depuis plus d'un siècle ; c'est du "dur" : il n'y a qu'à voir les vestiges du mur de l'Atlantique auxquels la base fait irrésistiblement penser. Il n'y a rien de fantastique ni de "science-fictionnesque" là-dedans.
J'avais d'ailleurs imaginé un instant que la base ait pu être pré-construite en Europe ( ou ailleurs ) et transportée par bateau puis assemblée, mais outre les volumes et le poids de l'ensemble, l'ajustement des éléments aurait été problématique ; celui-ci est quasiment parfait puisqu'il permet au personnel de vivre à un niveau de température intérieure acceptable et accessoirement à Axel Borg de se balader en marcel dans les couloirs, y compris la piste d'envol ouverte sur l'extérieur ( ! ) Là, on est beaucoup moins sérieux.

Cela n'enlève rien aux qualités de cet album qui, je persiste et signe, est l'un des mieux conçus et des plus intéressants de la série et de la période actuelle, mais MM. Alvès et Corteggiani devront faire des progrès dans le domaine de l'architecture !

171 Re: Mission Antarctique le Dim 22 Nov - 10:31

Draculea

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docteur honoris causa
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Je m'excuse cher Jacky-Charles de vous donner la contradiction, non pour le plaisir de le faire mais parce qu'il me semble que ces considérations techniques, aussi justes soient-elles sont de peu d'intérêt. Vous le dîtes vous même, cet album : "est l'un des mieux conçus et des plus intéressants de la série et de la période actuelle". N'est-ce pas là tout ce qui importe ? Si vous avez pris plaisir aux événements et péripéties qui se déroulent dans cette base secrète construite selon une méthode et dans un matériau réputés incompatibles avec le pôle sud, c'est bien le signe que cette question technique n'a finalement pas une très grande importance et n'est pas si problématique que cela.

Les auteurs seraient d'ailleurs en droit de répondre au conseil - un peu arrogant à mon goût - que vous leur donnez à la fin de votre message, à savoir de faire des progrès d'architecture  :

"Nous avons imaginé une base au béton au pôle sud parce que nous avions envie de situer notre récit dans un tel cadre pour des raisons purement esthétiques, poétiques et narratives et nous n'avons que faire de savoir si l'on peut ou non bâtir une telle base secrète dans la réalité puisque tel est notre bon plaisir d'auteurs. Nous n'avons pas à justifier ce choix devant un jury d'ingénieurs du bâtiment."

Je pense pour ma part qu'une telle réponse serait totalement légitime car il s'agit ici d'une oeuvre artistique et non d'un livre documentaire qui se devrait d'être absolument irréprochable comme par exemple un hypothétique Voyage de Lefranc dans l'Antarctique.


Le réalisme, n'en déplaise à sa définition littérale n'est jamais la réalité, mais un certain "effet de réalité", ce qui n'est pas du tout la même chose, dans le cadre d'une fiction, qui varie entre des limites indécises, avant tout poétiques et esthétiques, et dont l'exactitude documentaire n'est qu'un critère parmi beaucoup d'autres. Les grandes oeuvres de la littérature sont truffées d'"erreurs" de toute sorte, cela n'a jamais diminué en quoi que ce soit leur valeur et leur beauté et n'intéresse à vrai dire que les notes de fin de volume dans les éditions savantes destinées aux universitaires.



Dernière édition par Draculea le Dim 22 Nov - 11:59, édité 1 fois

172 Re: Mission Antarctique le Dim 22 Nov - 11:52

Raymond

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Admin
Merci à Draculea pour cette synthèse !  Very Happy

Pour ma part, je passe un week-end dans le Jura et je n'ai pas beaucoup d'occasion d'accéder à un ordi, mais je vais rentrer assez vite cet après-midi. J'ai lu le nouveau Jhen, et il y aura bien sûr quelques commentaires. Wink


_________________
Et toujours ...
http://lectraymond.forumactif.com

173 Re: Mission Antarctique le Mer 9 Déc - 19:13

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
François Corteggiani nous parle de cet album.


http://sequencebd.fr/lefranc-mission-antarctique/

174 Re: Mission Antarctique le Sam 12 Déc - 18:30

Tarmac

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docteur honoris causa
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Là où on apprend que Corteggiani aime bien les salauds comme Borg. C'est vrai que Borg a des côtés qu'on finit par aimer, contrairement à Arbacès qui lui est définitivement classé parmi les forces obscures

175 Re: Mission Antarctique le Lun 21 Déc - 19:13

Draculea

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docteur honoris causa
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Christophe Alvès a réalisé cette belle carte de voeux 2016 trouvée sur sa page FB et que j'ai plaisir à partager ici :




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