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Les incunables d'Albert Uderzo

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26 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Mer 2 Juin - 21:10

JYB


vieux sage
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L'extrait montré ci-dessus où l'on voit un cheval poussif est imaginé par Charlier à partir, je crois, d'un gag véritable dont il avait été témoin ou dont il avait eu connaissance, je ne sais plus (pareil pour ce qui suit dans la scène, où l'on voit - ceci dit de mémoire - le cheval se vautrer dans une mare avec son cavalier sur le dos...).
Quant à l'épisode L'homme qui avait peur de son ombre, il est délicat à décortiquer car Uderzo n'a semble-t-il pas dessiné tout l'album. Voir les explications tarabiscotées dans la page sur Belloy dans mon site jmcharlier.com ... (à moins que des infos qui m'ont échappé soient sorties récemment à ce sujet pour faire le point).
Juste pour l'anecdote, je possède les 4 albums de chez Deligne.

27 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Mer 2 Juin - 21:51

Raymond

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Admin
C'est vrai que des extraits de Belloy sont montrés sur ton site. On y voit en particulier des planches de "l'homme qui a peur de son ombre", album que je n'ai pas lu, hélas. J'ignorais que Pierre Dupuis en avait dessiné quelques pages. C'est une très belle page de l'ami JYB que je vous conseille d'aller voir, ICI !


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28 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Mer 2 Juin - 22:05

JYB


vieux sage
vieux sage
Merci, mais le lien se fixe sur la partie de la page concernant l'histoire L'homme qui avait peur de son ombre (ce qui est voulu ; à signaler que tu as écrit "qui a peur" alors que le titre véritable est : "qui avait peur"). Or, il ne faut pas hésiter à remonter un peu cette page pour voir des documents rarissimes : deux planches couleur d'une précédente histoire de Belloy, scannées directement d'un numéro de Pistolin, avec la maquette telle qu'elle était et montrant les couleurs d'origine de cette BD, quand elle paru pour la première fois dans ce bimensuel.

29 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Jeu 3 Juin - 19:37

Raymond

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Admin
Uderzo ne reste pas longtemps en Belgique, car Troifontaines et Chéron ont décidé d'ouvrir une succursale de leurs agences à Paris (logique, quand on s'appelle la "World Press" ! Cool ). C'est ainsi qu'il se retrouve en 1951 dans un studio assez vide où on lui demande d'installer sa planche à dessin (pour meubler un peu Smile ). Peu après, Troisfontaines envoie également René Goscinny à Paris, et les deux compères font connaissance. C'est ainsi que le duo magique va naître.

Les débuts de Goscinny (qui est encore dessinateur) sont bien difficiles et les éditeurs refusent la plupart de ses projets. Pout vivre, il se met à écrire des scénarios et c'est ainsi qu'apparait en 1952 la première oeuvre commune de Goscinny et Uderzo. Elle s'appelle Jehan Pistolet et elle est publiée dans la Libre Junior.



Jehan Pistolet est une excellente série (surtout les 2 premières histoires) et on y retrouve toute la malice ainsi que l'inventivité comique de Goscinny. C'est probablement pour cette raison qu'elle a été rééditée en entier (soit 4 albums) par les éditions Albert René au début des années 2000. Les deux premières histoires avaient déjà été rééditées auparavant chez Lefrancq pendant les années 80. On peut voir les couvertures de ces albums (qui ne sont pas des incunables) sur BDGest.

Comme beaucoup de séries d'Uderzo de cette époque, Jehan Pistolet a connu des reprises. Après sa publication dans la Libre Junior de 1952 à 1956, elle a été republiée dans Pilote sous un format remanié et sous un titre modifié qui était Jehan Soupolet. Etait-ce pour éviter des problèmes de droit vis-à-vis de la World Press ?

Goscinny aimait les "privates jokes" et Uderzo également. C'est ainsi que les deux compères ont glissé leurs caricatures dans l'équipage de Jehan Pistolet. Comme vous pouvez voir ci-dessous, Uderzo tient le rôle du quartier maître et Goscinny (qui est évidemment tout petit) y est l'unique matelot.



Pour revenir maintenant à notre image initiale, vous y reconnaitrez facilement trois personnages issus de cette série. Il y a Jehan Pistolet lui-même (avec une longue vue), le perroquet (dont j'ai déjà parlé) et le "matelot Goscinny" qui est vraiment tout petit (cette image va lui rester Wink ).


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30 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Ven 4 Juin - 19:16

Raymond

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Admin
En 1953, Goscinny repart pour quelques mois aux USA et Uderzo recherche un autre scénariste. C'est ainsi qu'il collabore avec Octave Joly pour créer Marco Polo.



Cette série complètement oubliée n'a pas droit à un portrait dans le "tableau de famille". Elle n'est même pas mentionnée dans les bibliographies, c'est tout dire. Je vous ai déjà expliqué pourquoi un peu plus haut Rolling Eyes

Marco Polo a été publié dans la Libre Junior de 1953 à 1954. Deux histoires de 44 pages ont été dessinées, la première par Uderzo et la seconde par Pierre Dupuis. La série ne s'est jamais terminée puisqu'à la fin du 2ème récit, Marco Polo n'était pas encore arrivé en Chine. Smile

Les deux histoires ont été reprises en album par Michel Deligne pendant les années 80. Ils sont bien sûr épuisés depuis longtemps, mais on les trouve parfois sur eBay pour un prix relativement modéré. Ce ne sont donc pas de véritables incunables. Wink



Sans être un chef d'oeuvre, Marco Polo reste une BD assez correcte. Octave Joly n'est pas un grand scénariste (à mon avis) mais c'est une des premières histoires réalistes que dessine Uderzo et il montre d'emblée sa maîtrise (il avait tout de même réalisé beaucoup d'illustrations dans la presse quotidienne). On peut se demander pourquoi l'éditeur a interrompu cette série "en route", car elle n'était pas moins bonne que les autres. O. Joly reprendra son personnage 10 ans plus tard dans le journal Spirou, avec à peine plus de succès, en confiant cette fois le dessin à Ramboux.



Dernière édition par Raymond le Sam 5 Juin - 16:21, édité 1 fois


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31 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Ven 4 Juin - 19:40

JYB


vieux sage
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Raymond a écrit:O. Joly reprendra son personnage 20 ans plus tard dans le journal Spirou, avec à peine plus de succès, en confiant cette fois le dessin à Pascal.
Je n'ai pas connaissance de ce récit "20 ans plus tard" (mais je ne suis pas un érudit complet ). D'après moi, Octave Joly reprendra l'histoire de Marco Polo dans un récit qui semble prendre la suite et terminer le long récit paru dans La Libre Junior, mais dix ans plus tard (1964) avec le dessinateur Pierre Ramboux (de son pseudo ultérieur Sydney). Le scénario est co-signé de JM Charlier (encore lui, oui, je sais, mais avec moi, c'est comme ça...). Il est quasiment certain que Charlier n'a rien écrit de ce scénario (le découpage, les dialogues, la mise en scène, ne sont sûrement pas de lui) et il avait dû fournir pas mal de doc à Joly. Encore une fois, voir à mon site jmcharlier.com, à cette page : http://www.jmcharlier.com/marco_polo.php

32 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Ven 4 Juin - 20:11

Raymond

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Admin
Mmm ... tu as certainement raison ! Je n'ai pas vérifié cette affirmation qui était faite "de mémoire" (il faut parfois se méfier) et qui concerne surtout Octave Joly. Rolling Eyes


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33 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Ven 4 Juin - 20:15

JYB


vieux sage
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Ah bon, je pensais que tu disais ça avec preuve à l'appui... Ca m'étonnait un peu... La vérité doit être ce que je t'ai indiqué plus haut.

34 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Ven 4 Juin - 20:22

Raymond

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Admin
Eh bien non ! J'avais bien en tête quelques vieilles images de cette suite de Marco Polo et je pensais qu'elles dataient des années 70. Je n'ai pas investigué en détail ... alors qu'il aurait suffit bien sûr d'aller voir sur le site "BD Oubliées", bien sûr ! deso


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35 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Sam 5 Juin - 15:02

Raymond

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Admin
La collaboration d'Octave Joly et Albert Uderzo s'est poursuivie pendant 2 ans mais d'une manière irrégulière. Il en a tout de même résulté une Histoire de l'Oncle Paul, qui a été publiée dans le Spirou N° 866 en 1954. En découvrant cette info, je suis bien sûr allé voir à la cave si je l'avais et .... BINGO ! cheers

Il s'agit d'une histoire de 4 pages intitulée le Fils du Tonnelier. Elle raconte la vie du maréchal Ney.




On trouve une planche en noir et blanc de cette histoire dans la monographie de Duchêne. Il est intéressant de la comparer avec celle qui est publiée dans Spirou. Voici d'abord le travail d'Uderzo sous sa forme naturelle, sans les couleurs (mais avec un texte néerlandais Cool ).



Et voici la même séquence dans Spirou en 1954. Les couleurs "écrasent" malheureusement toutes les qualités du dessin d'Uderzo.



C'est le seul Oncle Paul dessiné par Uderzo (qui ne l'a d'ailleurs même pas signé). Il n'aimait pas le dessin réaliste, mais à une certaine époque, et selon sa propre expression, il aurait "dessiné le bottin" si on le lui avait demandé. Smile


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36 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Sam 5 Juin - 16:05

hectorvadair

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lecteur émérite
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Merci Raymond pour ce nouveau topic.
J'ai de côté depuis quelques semaines une note sur le noir et blanc dans la BD que je souhaite publier sur un de mes blogs, et qui ferait suite à l'article d'un étudiant déjà très intéressant sur le sujet.
Ceci dit, il n'y a pas photo sur le comparatif que tu nous présentes.
La planche en noir et blanc d'Uderzo me ferait presque penser à du Jijé, donc la référence est élogieuse, évidemment.
Que les couleurs de l'époque, imprimées sur du papier de pas très bonne (voire mauvaise) qualité "écrasent" le dessin, cela ne m'étonne pas, et c'est cet élément, entre autres, qui fait je pense, qu'au delà de l'intérêt de tel ou tel talent, récit... on apprécie aujourd'hui certaines rééditions, qui remettent en valeur (en perspective ?) le travail de certains dessinateurs injustement traités (mais néanmoins comme la plupart à l'époque "classique".)
So... Noir et blanc ou couleur ? je ne sais pas si le débat se situe là mais peut-être plutôt au niveau de la qualité d'impression du travail de l'auteur, et de son édition. Car on parle là d'une revue papier et pas d'un album, sensé être tout de même d'une qualité un peu meilleure...
D'où la notion de respect du travail original... mais là encore on part sur un autre débat (quoi que), puisque, que demandait-on à l'époque à ces messieurs, sinon de donner de l'aventure (et de la morale éventuellement) à nos chères têtes blondes ?
Aujourd'hui, l'artistique prime... et l'offre éditoriale (ainsi que nos propres jugements et attentes) ont donc quelque peu changé.

On pourrait je pense redécouvrir un paquet d'oeuvres aujourd'hui dans cette perspective...
Humm... débat lancé ?

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37 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Sam 5 Juin - 16:30

Raymond

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Admin
Il est clair qu'au delà de la question du noir et blanc, il y a celle de la qualité de l'impression. Le journal de Spirou de 1954 était fabriqué à l'économie et les couleurs étaient laissée au bon vouloir de l'imprimeur. Celles de cette histoire sont particulièrement hideuses.

Pour mieux vous en rendre compte, voici les deux premières planches du journal en entier (je met un lien pour ne pas trop charger cette page) :

http://img576.imageshack.us/img576/3696/filstonnelier1.jpg

http://img241.imageshack.us/img241/1487/filstonnelier2.jpg

Sur la planche en noir et blanc, on remarque la finesse du travail d'Uderzo sur les ombres et les volumes. Il pouvait être un excellent dessinateur réaliste.



Dernière édition par Raymond le Mar 8 Juin - 14:05, édité 1 fois


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38 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Sam 5 Juin - 17:06

JYB


vieux sage
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Raymond a écrit:C'est le seul Oncle Paul dessiné par Uderzo (qui ne l'a d'ailleurs même pas signé). Il n'aimait pas le dessin réaliste, mais à une certaine époque, et selon sa propre expression, il aurait "dessiné le bottin" si on le lui avait demandé. Smile
Ton document est d'autant plus intéressant que je peux avancer que le scénario est, à mon humble avis, de JM Charlier. Donc, bonne pioche pour moi, car je l'ignorais, et l'ami Louis Cance ne l'avait pas indiqué non plus dans Hop n° 44 ("LA" Bible en la matière). En effet, je reconnais d'abord la façon enlevée et sèche avec laquelle Charlier racontait ses Oncle Paul (Octave Joly, c'était autre chose). Ensuite, Charlier a écrit l'histoire de Ney dans Pistolin (Ney, Le Lion rouge, numéro 11, première quinzaine de juillet 1955, dessins de Gal). Or, si on retrouve la même trame (forcément, puisque c'est la vie de Ney ; difficile de raconter autre chose...), on retrouve aussi du mot à mot (dans l'extrait que tu nous montres, un texte surligné en jaune dit : "Electrisés par l'audace inouïe de leur chef, les Français foncent (...). La mêlée est brève, féroce, et..." ; dans la même scène du récit de Pistolin, je lis "Electrisés par l'audace de Ney, ses hommes font face. La mêlée est brève, féroce, et..." Tout n'est pas du "copié/collé" comme ça bien sûr, d'autant que je ne peux comparer qu'avec tes extraits qui ne constituent que deux demi-planches, mais enfin, il y a un indice fort à mon avis. Enfin, le fait que ce soit Uderzo qui ait dessiné cet Oncle Paul, lui qui n'aimait pas trop ça comme tu dis, incite à penser qu'il avait pu se laisser convaincre par son complice Charlier, avec lequel il bossait à l'époque, et bossera encore (un peu plus tard, dans Pistolin, Uderzo illustrera 3 récits authentiques de Charlier, pour ne parler que de ces petits travaux équivalant à cet Oncle Paul).
Toutefois, pour vérifier ma supposition, il faudrait retrouver un album (je dis bien : album) du genre de ceux qu'a publiés Dupuis dans les années 50 et réunissant chacun 6 ou 7 récits Oncle Paul ; dans la première page, le nom des scénaristes concernés était indiqué ; or, si je possède la plupart des albums dans lesquels les récits de Charlier ont été republiés, il m'en manque au moins un ; il faudrait donc savoir si un tel album a republié l'Oncle Paul d'Uderzo, lequel est-ce, et voir si le nom de Charlier figure bien comme scénariste. Quelqu'un aurait-il ça ?

39 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Sam 5 Juin - 17:09

JYB


vieux sage
vieux sage
Ah ben tiens, entre-temps tu as mis en ligne deux planches complètes... (la rédaction du précédent post m'a pris du temps....). Je vais peut-être devoir modifier ce que j'ai dit un post plus haut...?
Non, vérification faite, je vois que pas mal de phrases sont similaires, voire très similaires, et y compris le découpage de la BD est (approximativement) le même aussi... Pour moi, c'est bien du Charlier !

40 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Sam 5 Juin - 17:56

Raymond

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Admin
Apparemment, tu ne connais pas ChM BD, le site de Christian Mariavelle qui a créé une très bonne page qui détaille tous les albums de l'Oncle Paul. Elle se trouve ICI, et il faut bien sûr cliquer le "bouton Oncle Paul". Wink

Tu pourras y voir que l'histoire d'Uderzo n'a pas été repris dans les albums. Il est de toue manière probable que tu as raison. Le style des deux scénaristes n'est pas du tout le même (à moins qu'Octave Joly n'ait "complété" le travail de Charlier).

Sinon, je peux scanner les deux dernières pages de l'histoire.


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41 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Sam 5 Juin - 19:26

JYB


vieux sage
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Vu ! Non, je ne connaissais pas (mais je ne connais pas tout... Christian Marivelle non plus apparemment, puisqu'à la page de l'auteur Charlier et aux liens parlant de celui-ci, il n'a pas noté mon site jmcharlier.com qui me paraît plus qu'indiqué si on veut en savoir plus sur ce scénariste...).
J'ai eu peur quand tu as parlé de la page de ce site traitant des Oncle Paul : j'ai cru pendant un court instant qu'il parlait de TOUS les Oncle Paul. Or, comme il y en a 1200, ça aurait fait un très gros boulot de répertorier tout ça... Or, le site parle bien des 7 ou 8 albums qui ont été édités dans les années 50. Je possède 4 de ces albums ; vu les prix actuels, je me félicite d'avoir acheté ça il y a fort longtemps, quand ça n'atteignait pas ces sommets et que c'était (proportionnellement) abordable...
Oui, si tu peux me scanner les deux dernières planches de l'Oncle Paul sur Ney, je suis preneur, merci d'avance... Ca me permettra de peaufiner mon analyse du scénario et de voir si c'est bien Charlier ou non qui l'a écrit (à ce sujet, attention : Joly et Charlier n'ont pas été les seuls scénaristes à "faire de l'Oncle Paul" : dans les années 50, on trouve aussi les noms de Goscinny (pour quelques-uns), d'Attanasio, etc. Cela dit, en fonction des éléments que j'ai donnés plus haut, ça doit être Charlier quand même).

42 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Sam 5 Juin - 21:36

Raymond

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Admin
J'ai repris le Spirou où se trouve cette histoire, et j'ai pu vérifier qu'elle n'est en effet attribuée à personne (que ce soit pour le scénario ou pour le dessin). "L'hypothèse Charlier" est donc très vraisemblable.

Voici les liens pour les deux dernières planches :

http://img88.imageshack.us/img88/2489/filstonnelier3.jpg

http://img3.imageshack.us/img3/5549/filstonnelier4.jpg


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43 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Sam 5 Juin - 22:57

JYB


vieux sage
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Vu encore. Je confirme que la suite du récit des Grands noms de l'histoire de France sur Ney reprend le fil et parfois le mot à mot du scénario de l'Oncle Paul...
Par ailleurs, je comprends, en lisant la fin du récit, que la carrière de Ney (dans cet Oncle Paul) n'est pas terminée. D'une part, Oncle Paul dit dans la dernière case "Mais c'est là une histoire que je vous conterai plus tard". D'autre part, le récit des Grands noms est plus long et poursuit la vie de Ney ; donc, question : n'y a-t-il pas un autre Oncle Paul, dessiné par Uderzo et scénarisé par Charlier (anonymement), publié dans Spirou et racontant la fin de la carrière de Ney ?
Par ailleurs, autre indice qui me fait dire que c'est Charlier qui a écrit ce scénario : il était passionné par la saga napoléonnienne ; Ney ayant été un général de Bonaparte (et ayant poussé Napoléon à abdiquer en 1814, puis ayant été chargé de l'arrêter à son retour de l'île d'Elbe), je ne serais pas surpris du tout que ce soit Charlier qui se soit occupé de cet Oncle Paul.

44 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Dim 6 Juin - 7:45

hectorvadair

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Très chers, je suis admiratif devant un tel travail d'analyse. Ce forum
devient vraiment un incontournable pour tous les amateurs passionnés
d'histoire et de bande dessinée franco-belge. Je suis vraiment content
et fier de pouvoir vous lire régulièrement. Merci. Vivement la suite !
(Mercredi prochain ?)

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45 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Dim 6 Juin - 8:11

JYB


vieux sage
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Merci hectorvadair. En lisant la vie de Ney dans l'Oncle Paul, on voit qu'il manque pas mal de choses de la fin de sa vie, sa mort étant dramatique puisqu'il a été fusillé, accusé de traîtrise je crois. Là aussi c'était le genre de Charlier de raconter des événements historiques tout au long de, parfois, deux "Oncle Paul" (comme la vie de Raoul Wallenberg, etc.), ce qui me renforce encore, s'il en était besoin, dans l'idée que c'est bien lui qui a rédigé celui-là.
Je ne sais pas qui a une collection des Spirou de l'époque, mais il faudrait vérifier l'existence de ce second volet ; il est fort probable que le récit de la suite et la fin de la carrière de Ney suit le Spirou n°866 qui a publié la première partie (donc dans le numéro 867 ?). Si Raymond peut retourner voir dans sa cave... (et bien sûr je suis preneur des scans de cet autre Oncle Paul...).

46 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Dim 6 Juin - 8:38

Raymond

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Admin
J'ai une dizaine de reliures du journal Spirou des années 50, et il m'en manque donc beaucoup. Je ne peux pas entamer une recherche complète, mais c'est un tel plaisir de feuilleter ces vieux journaux que je ne manquerai pas de le faire ... dès que j'aurai le temps (je pars à Genève pour la journée et ce ne sera pas aujourd'hui). Wink


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47 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Dim 6 Juin - 13:14

hectorvadair

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D'après BD oubliées rubrique "Oncle Paul",
(http://www.bdoubliees.com/journalspirou/series4/onclepaul.htm),
le n° 867 indique "La fondation de Rome" par Paape et Joly. Ce ne sera donc pas dans ce n° (...)
Les autres n° n'indiquent pas de vie de Ney, ni d'autre récits illustrés par Uderzo... mais :
1) "Le fils du tonnelier" n'indiquait rien non plus dans son titre de relatif à Ney pour le profane, et 2) ce récit du n°866 indique "Joly" comme scénariste, donc les petites erreurs étant manifestement permises sur cette base... la recherche "en vrai" reste valable.

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48 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Dim 6 Juin - 14:10

JYB


vieux sage
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Suis quasiment sûr que c'est Charlier et pas Joly le scénariste de cet Oncle Paul sur Ney... jusqu'à preuve du contraire...
Existe-t-il après le numéro 866 de Spirou un Oncle Paul qui s'appellerait Le Lion rouge ? Car le récit dans Les Grands noms de l'histoire de France consacré à Ney est intitulé "Le Lion rouge", surnom de Ney. Le même titre, qui est chouette, avait pu être utilisé une première fois, surtout si c'était, comme je le pense, le même scénariste.
On peut craindre que dans le foisonnement de leurs travaux à l'époque, Charlier n'ait pas eu le temps de rédiger le scénario de la suite de la biographie de Ney pour Uderzo (dans le cadre de ces Oncle Paul), ou alors c'est Uderzo qui n'a pas pu dessiner ce second épisode (mais dans ce cas-là, à mon avis, on aurait refilé le travail à un autre dessinateur).
Quant à un Oncle Paul attribué à Joly alors que c'est Charlier le scénariste, une telle erreur est compréhensible. J'ai bien une édition originale (rarissime) d'un album de Charlier, Fanfan et Polo, où le dessinateur, Attanasio, s'appelle... Victor Hubinon (c'est imprimé dans l'album ! On sait que c'est Attanasio le dessinateur, et va savoir pourquoi, l'éditeur a sorti cet album vers 1954 en se trompant dans le nom du dessinateur ; voir mon site jmcharlier.com à cette page : http://www.jmcharlier.com/fanfan_polo.php ....).

49 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Mar 8 Juin - 13:45

Raymond

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Admin
Je n'ai pas encore entamé ma recherche sur les Oncle Paul, mais j'en parlerai dès que possible dans le sujet "Charlier". Revenons maintenant à Uderzo.

La Libre Junior était le supplément du jeudi du quotidien la Libre Belgique. Cet hebdomadaire présentait un mélange de BD et d'articles rédactionnels, dont la plus grand partie était fourni par la World Press. En 1957, le journal a changé de nom pour devenir simplement Junior.

En 1954, on y pouvait y lire les aventures de Tiger Joe, de Bouldaldar (de Sirius), de Marco Polo et de Jehan Pistolet, entre autres. C'est alors que Goscinny et Uderzo lancent un nouveau personnage dont le nom devait, je pense, s'identifier à celui du journal : Luc Junior.



Sept histoires de Luc Junior (de 22 ou 23 pages) sont parues entre 1954 et 1957. Les 4 premières ont été reprises en album par les éditions Lefrancq pendant les années 90 (voir ICI), tandis que les 3 dernières aventures restent inédites. Elles s'intitulent Luc Junior chez les Paspartos, Luc Junior chez les martiens et Naufragés volontaires, et sont de véritables incunables. Signalons par ailleurs qu'un premier album (Luc Junior en Amérique) avait été publié en 1956. Il s'agit bien sûr d'un collector, même s'il ne contient que les deux premières histoires du héros, rééditées par la suite.



Cette BD d'aventures est pleine de gaité, de mouvement et d'innocence. Elle correspond tout à fait à l'esprit des années 50 et met en scène Luc Junior, un jeune stagiaire de la rédaction du journal "Le Cri", accompagné du monsieur Laplaque, un journaliste bedonnant et un peu gaffeur, et du chien Alphonse. Ce sont les trois personnages qui se trouvent juste en dessous de Jehan Pistolet dans le "dessin de famille". Trois de plus, donc ! Wink

En 1957, Goscinny, Charlier et Uderzo sont mis à la porte par la World Press après qu'ils aient réunis des dessinateurs pour former une forme de syndicat (ceux-ci n'avaient aucun droit à l'époque). Uderzo et Goscinny abandonnent alors Luc Junior, et dans un ultime clin d'oeil, le dessinateur introduit leurs silhouettes qui sont en train de quitter la rédaction du journal dans l'ultime case de "Naufragés volontaires" (cette image provient de l'article de Schoenmackers).



Bien qu'étant entièrement créée par Goscinny et Uderzo, la série appartenait à l'éditeur. C'est pourquoi lorsque le duo a quitté la World Press (et la Libre Junior par la même occasion), Luc Junior a continué à paraitre avec d'autres dessinateurs, d'abord Sirius (pour 1 épisode) puis Greg (5 épisodes) jusqu'en 1961.


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50 Re: Les incunables d'Albert Uderzo le Mer 9 Juin - 20:56

Raymond

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Admin
Bill Blanchart, le personnage suivant, apparait également en 1954. C'est une série qui semble particulièrement intéresser JYB et ... je devine qu'il m'attend au tournant. gourdin Il va donc falloir assurer ! pale

Bill Blanchart est l'unique série réaliste créée par le tandem Goscinny et Uderzo. Elle est parue dans la Libre Junior du N° 47 (1954) au n° 26 (1955), ce qui fait un total de 26 planches. Elle a ensuite été rééditée en 1957 dans Jeannot, un journal publicitaire entièrement dirigé par la bande à Goscinny. 24 planches étant parues dans Jeannot, cette différence de 2 pages a soulevé quelques interrogations chez les critiques. Cependant, il n'y a eu que 12 numéros de Jeannot et chacun d'entre eux ne contenait que 2 planches. L'explication est probablement toute simple (les 2 dernières pages n'ont pas été publiées dans la réédition, je pense).

En cherchant un peu, j'ai retrouvé des images et des planches de Bill Blanchart dans toutes les monographies consacrées à Uderzo ou Goscinny. Malheureusement, ce sont toujours les mêmes ! grr2 En recoupant tous ces documents, j'obtiens un total de 3 planches complètes auxquelles s'ajoutent quelques images éparses. Je vais essayer de commenter la série en présentant tout cela.

Le début semble typique d'une BD d'aventure de cette époque. La première planche de l'histoire nous présente Bill Blanchart qui est un chasseur de fauve, Il attend les clients dans son bureau en compagnie de Slim Jack, son assistant qui rêve d'avoir une vie tranquille (et qui redoute de partir à l'aventure). Survient un riche client, monsieur Smittson, qui les invite chez lui pour discuter d'un engagement.



Dans la planche N° 3, Bill Blanchart et Slim Jack sont arrivés chez M. Smittson. Ce dernier souhaite les engager pour chasser le requin et Bill accepte, bien que ce ne soit pas son vrai métier. Il s'en suit une petite discussion avec Slim Jack qui renacle, mais finit par accepter. Les deux chasseurs se retrouvent à l'aérodrome pour prendre l'avion.



La dernière planche retrouvée porte le N° 6. Les chasseurs sont dans le bateau de M. Smittson et Slim Jack vient de tomber à la mer. Il se retrouve coincé par une corde tandis que les requins s'approchent. Bill Blanchart plonge pour le détacher puis une discussion s'engage sur les dangers d'une exploration sous-marine. Bill Blanchart met tout de même son scaphandre avant de plonger au milieu des requins.



Je n'en sais pas comment se poursuit cette histoire dont le début me parait bien raconté. Goscinny connait son métier et comme d'habitude, son scénario est structuré. Chaque planche correspond à une scène ou à une séquence bien définie (l'introduction, la signature du contrat, la première plongée) et en découvrant ces pages, j'ai vraiment envie de connaître la suite. Tout ce que j'ai retrouvé, cependant, c'est la dernière case de la planche 13 qui se présente ainsi.



Bil Blanchart et Slim Jack ont découvert quelque chose qu'ils ne devaient pas voir, manifestement, mais on se demande qui tient le pistolet ? Serait-ce le fourbe M. Smittson, ou alors des trafiquants rencontrés par hasard ? J'en suis réduit aux hypothèses, et cela me rappelle la découverte de certaines BD des années 60, publiées dans des hebdomadaires dont je n'avais que quelques exemplaires. Il fallait parfois attendre des années avant découvrir la suite ... Combien de temps faudra t-il attendre pour Bill Blanchart ?

Voilà, il est difficile d'aller plus loin ! Goscinny et Uderzo ont avoué leur faible intérêt pour ce genre de BD mais leur travail reste très professionnel et Goscinny sait bien raconter une histoire. Il serait intelligent de rééditer une fois ce récit de 26 pages dans un album de collection, en y associant quelques histoires complètes d'Uderzo, comme on l'a fait par exemple avec Clairette. Je suis sûr qu'il y aurait parmi vous quelques intéressés. Wink


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