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La chute d'Icare

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1 La chute d'Icare le Ven 16 Oct - 12:11

Raymond

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Admin
La chute d’Icare, c’est d’abord un beau titre pour une des meilleurs scénarios de Jacques Martin ! Il fait  bien sûr  référence au récit mythologique, et au héros dont certaines cités grecques revendiquent le prestige. Dans l’île d’Icarios se trouve un promontoire où serait survenue sa tentative et une statue célèbre cet événement. Elle domine le port de façon majestueuse.



Mais la chute d’Icare, c’est surtout la chute d’Icarios, cette magnifique cité grecque que les auteurs dessinent  avec un grand luxe de détails.



Fiers de leurs richesses et de leur passé, les notables se sont endormis sur leurs lauriers et se révèlent incapables de faire face à l’attaque d’une bande de pirates. Pour prendre  les murs de la ville, les assaillants utilisent un curieux stratagème qui, semble t-il, serait inspiré par des événements survenus pendant la guerre du Péloponnèse. Le pillage de la ville et les massacres sont toutefois montrés avec une certaine retenue.



La chute d’Icare, c’est également l’album qui permettait à coup sûr (après les Barbares) de savoir ce que l’on pouvait espérer de Rafael Morales. Il dessine de splendides décors mais ne maîtrise pas la représentation de ses personnages. Il est aidé par Marc Henniquiau pour le dessin des visages mais on découvre tout de même  à chaque page d’agaçantes petites fautes.  Il y a ainsi des erreurs de proportions dans les silhouettes (jambes trop longues, têtes trop petites …), des postures maladroites ou des physionomies inexpressives que l’on pourrait éventuellement tolérer dans une série quelconque, mais pas dans œuvre perfectionniste comme Alix. J’éviterai de montrer des exemples de cette maladresse, pour ne pas alourdir le propos.

L’intrigue est intéressante et en terminant ce livre, mon premier réflexe avait été de chercher où pouvait se trouver cette île et ce port dessinés de façon si précise. Ce n’est qu’en lisant plus tard les  interviews de l’auteur que j’ai compris ma naïveté. Icarios n’a jamais existé et Jacques Martin nous a refait le « coup du Dernier Spartiate », à savoir une construire une ville entièrement fictive et totalement crédible. Rafael Morales, aidé par Cedric Hervan, nous dessine les rues, les temples et les statues de cette cité grecque exemplaire, avec un grand luxe de détails.



Cette belle histoire nous permet de retrouver quelques personnages fameux, et en particulier le rusé Arbacès. Le lecteur n’est pas surpris qu’une ville entourée de remparts puisse succomber en face d’un tel  adversaire. D’autres connaissances d’Alix réapparaissent, par exemple l’étrange Numa Sadulus qui se retrouve du côté des pirates et qui disparait avec Arbacès, tel un bandit de grand chemin. Cette destinée m’a toujours semblé étrange pour un patricien romain. Parmi les nouveaux personnages, Julia ouvre des possibilités intéressantes (elle fait ouvertement des propositions à Alix)  mais elle est bien mal dessinée et les séquences qui la mettent en scène tombent paradoxalement dans l’insignifiance.



Sur le plan historique, quelques questions se posent. Il me semblait, par exemple, que les pirates de la Méditerranée avait déjà été vaincus par Pompée au moment où se déroule cette histoire (autour de -49 ou -48 avant JC). Nulle doute que Jacky-Charles, qui a préparé une analyse de cet album, saura répondre à toutes nos interrogations.



Dernière édition par Raymond le Dim 25 Mai - 14:42, édité 1 fois


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2 Re: La chute d'Icare le Ven 16 Oct - 12:48

Lion de Lisbonne

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grand maître
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Moi aussi, je trouve " La Chute d'Icare " un très bon scénario Exclamation
Pour le dessin, je suis d'accord qu'il y a des petites fautes, à mon avis en spécial au niveau des visages.
Et moi aussi, j'ai cherché où se trouvait cette île, dans la Méditerranée Embarassed

3 Re: La chute d'Icare le Ven 16 Oct - 17:20

Jacky-Charles


license ès BD
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Merci de ta présentation, Raymond, et voilà , c'est reparti après une trève estivale un peu prolongée !
Pour recommencer en douceur, voici une brève analyse portant sur "La chute d'Icare". Pourquoi avoir choisi cet album ? Tout simplement parce que je l'aime bien et qu'avant la pause, je m'étais arrêté sur "L'enfant Grec". Or, "La chute d'Icare" remet en scène deux des personnages du précédent, Numa et Archéloa, ce qui me permet de faire la liaison.
En route pour Icarios, sa statue d'Icare, son temple d'Asclépios... et ses pirates !
LA CHUTE D'ICARE


Vingt-deuxième aventure d'Alix




Le résumé

Alix et Enak rendent visite à Numa Sadulus et à Archéloa qui se sont installés sur l'île grecque d'Icarios, dans les Cyclades. Cette île doit sa prospérité à son commerce et aussi au sanctuaire d'Asclépios, le dieu guérisseur, très fréquenté. Mais Alix trouve étrange l'attitude de certains autres visiteurs qu'il soupçonne de mauvaises intentions. Il s'en ouvre auprès du gouverneur, Caro Curtius, et se fait éconduire. Le gouverneur a tort, car ces voyageurs sont bien des pirates en reconnaissance et leur attaque est proche...


Quand cela se passe-t-il ?

Toujours au cours de la même période, et du vivant de Pompée, dont il est souvent question ici, donc entre -52 et -49.


Où cela se passe-t-il ?

Dans les îles grecques des Cyclades, d'abord à Icarios, puis à Délos, et enfin retour à Icarios.

Icarios

La description de cette île semble imaginaire, tout comme son sanctuaire d'Asclépios.
En revanche, il existe bien une île d'Ikaria ou Icarie, située entre Délos et Samos, mais elle ne semble pas avoir fait parler d'elle dans l'Histoire, du moins à cette époque. D'après la tradition, c'est près de là qu'Icare serait tombé dans la mer après son évasion du labyrinthe de Crète, d'où le nom de l'île. La légende d'Icare est trop connue pour que j'ai besoin de la rappeler ici.
Rien à voir non plus avec la ville d'Icara dont il est question dans La griffe noire.
Il y eut aussi une île d'Ikaros ( ou Failaka ), mais elle se trouve dans le Golfe Persique, en face du Koweït ; les Séleucides y établirent une forteresse entre les -IV° et -II° siècles.
Par ailleurs, deux personnages de la mythologie grecque ont porté le nom d'Icarios :
Icarios de Sparte fut le père de Pénélope ;
Icarios d'Athènes enseigna aux hommes l'art de fabriquer le vin, qu'il avait reçu de Dionysos, mais ceux qui en burent les premiers se crurent empoisonnés et le tuèrent.

Délos

Cette île-ci est bien réelle, même si elle est minuscule: 3,5 km2 ( 5 km du nord au sud et 1,3 km d'est en ouest ), mais elle joua un rôle important dans l'Antiquité, d'abord par son sanctuaire d'Apollon, qui y était né, selon la légende, ensuite parce qu'elle fut, au -V ème siècle, le siège de la Ligue des cités grecques contre les Perses, sous l'égide d'Athènes qui administrait le sanctuaire, enfin par son rôle commercial. A partir de l'époque des rois macédoniens, au -IIIème siècle, le commerce prend le pas sur les pèlerinages et la population atteint 25 000 habitants. Les échanges portaient sur les céréales, l'huile, le bois, le vin et les esclaves, ces derniers surtout prisonniers de guerre ou victimes des razzias des pirates ; on y vendit jusqu'à 10 000 esclaves en un seul jour. Tous les peuples de la Méditerranée : Grecs, Italiens, Égyptiens, Phéniciens, Syriens, Arabes, y étaient représentés, et chacun y avait son temple pour ses propres dieux.
Les Romains déclarèrent Délos port franc en -166, mais en -88, Mithridate Eupator, roi du Pont, en guerre contre Rome, ravagea l'île, puis, en -69, les pirates d'Athénodoros la saccagèrent de nouveau, malgré les fortifications hâtivement élevées par le légat romain Triarius. Tandis que Pompée fait la chasse aux pirates à partir de -67, l'île se dépeuple progressivement et les pèlerinages y cessent, jusqu'à ce qu'elle soit abandonnée au début du christianisme.
Ce n'est qu'en 1873 que les archéologues de l'école française d'Athènes commencèrent des fouilles qui exhumeront les sanctuaires grecs et orientaux, ainsi qu'une des plus grandes villes grecques actuellement connues.
Il est probable qu'à l'époque où se passe cette histoire, et compte tenu des épisodes agités qu'elle venait de connaître, l'île présentait un aspect moins avenant que ce qui nous est présenté ici.


Le contexte

Ce récit se rattache à l'Histoire par l'évocation de la guerre civile romaine et la présence des pirates. On sait que Pompée avait éradiqué ceux-ci une vingtaine d'années auparavant, mais le marin qui transporte Alix paraît d'un avis contraire. Quelques uns lui avaient-ils échappés, ou bien en avait-il gardés libres afin de s'en servir pour ses ambitions ? D'après le dialogue, sa complicité est bien avérée. Dans ce cas, son but n'aurait rien de mystérieux : s'enrichir encore et enrichir les pirates sur le dos de la République romaine, et sans doute aussi entretenir dans la région une certaine insécurité qui justifierait une nouvelle intervention de sa part, fructueuse si possible. Cette hypothèse semble tout devoir à l'imagination de l'auteur, mais quoi qu'il en soit, les pirates seront encore bien là dix ans plus tard lorsque le fils de Pompée ( celui qui survit à la fin de l'Ibère ), maître de la flotte romaine, aura recours à eux de -40 à -36, pour pratiquer une guerre de course dans le cadre de la guerre civile.


Asclépios

Ce dieu guérisseur est l'équivalent d'Esculape pour les Romains et d'Imhotep pour les Égyptiens. Fils du dieu Apollon et de la mortelle Coronis, il est l'époux d'Epioné ( celle qui guérit ), et leurs enfants sont : Panacée ( la guérison universelle ), Hygie ( la santé ), Iaso ( la guérisseuse ), et Acéso ( le médicament ), ainsi que Machaon et Podalirios qui furent les médecins de l'armée achéenne pendant le siège de Troie. Asclépios fut élevé par le centaure Chiron qui lui apprit les incantations magiques, la science de la fabrication des médicaments, des potions et des onguents, les vertus thérapeutiques des plantes sauvages et la chirurgie. Son culte était pratiqué dans les temples et sanctuaires nommés Asclépiéions, dont le plus ancien se trouve à Trekka, en Thessalie, mais aussi à Cos, Athènes, Pergame et surtout Epidaure. Son animal symbolique principal était le serpent, qui est resté l'emblème universel des professions médicales.
Dans le sanctuaire d'Epidaure, les consultations se déroulaient de la manière suivante. Après un jeûne et un bain rituel purificateur, le consultant qui espérait d'Asclépios la guérison d'une maladie ou le soulagement d'une souffrance était admis dans l'abaton ( lieu interdit ou inaccessible ) ou enkoimétérion ( portique d'incubation ), c'est à dire un dortoir orné de la statue du dieu et où des serpents inoffensifs circulaient librement. L'incubation consistait pour le patient à s'étendre sur le sol, en contact avec la terre porteuse de songes, où il s'endormait. Le dieu le visitait pendant son sommeil et le soignait en rêve. Au matin, soit il était guéri, soit il se voyait prescrire un traitement médical. Il s'agissait donc d'une guérison miraculeuse ou d'une cure longue, assortie de conseils d'hygiène et ponctuée de nombreux rêves pendant plusieurs nuits. Ces guérisons donnaient lieu à des ex-voto, représentant généralement la partie du corps soignée.



Pirates

Les pirates antiques ne sont pas seulement des bandits vivant de leurs rapines, mais aussi parfois les alliés des forces armées régulières d'États souverains, cités ou royaumes, autrement dit, des corsaires. Mais le corsaire de l'un est souvent le pirate de l'autre, et les limites les séparant sont généralement bien ténues. Cette ambiguïté s'exprime dès les premières mentions de pirates, à l'époque homérique : les activités des héros d'Homère s'apparentent parfois à la piraterie et on ne sait jamais s'il faut les considérer comme d'audacieux navigateurs ou des sources de malheur.
Par la suite, avec l'expansion des colonies grecques, les actes de piraterie sont constants, qu'ils soient le fait de Grecs ou d'autres peuples, et toujours sans distinguer qu'il s'agisse ou non de flottes régulières. Des navigateurs, commerçants et voyageurs sont enlevés et libérés contre rançon, des populations côtières sont razziées pour être vendues sur les marchés d'esclaves, et cela est aussi bien le fait de groupes isolés que de cités ou de chefs de guerre, ceux-ci n'hésitant pas à rançonner leurs alliés pour rémunérer leurs équipages. L'insécurité est endémique à l'époque hellénistique, la piraterie locale s'exerçant aux dépends des voisins immédiats. Mais il existe une piraterie d'État dont les auteurs mènent aussi des opérations pour leur propre compte.
Le demi siècle qui précède immédiatement cette histoire marque un regain dans l'insécurité des mers en raison des guerres serviles, des guerres civiles entre Romains et des guerres mithridatiques. Grâce à leurs légers navires, les pirates servent de marine auxiliaire pour des opérations de blocus, des raids d'intimidation ou de représailles, ou des interceptions de convois. Autre avantage pour les rois qui les employaient : leurs services étaient gratuits, puisqu'ils se payaient sur le butin. La Crète, la Cilicie et d'autres régions méditerranéennes s'étaient constituées en « États pirates », et organisées en une sorte d' « internationale de la piraterie », à long rayon d'action, pour assurer leurs débouchés commerciaux.
Dès la première guerre punique, les Romains interviennent, notamment en Illyrie, pour empêcher les pirates et corsaires d'importuner leurs ambassadeurs et leurs marchands, et, en -101, une loi recommande aux alliés d'interdire leurs ports aux flottes pirates. A partir de -67, la flotte de Pompée, très bien organisée, détruit en quelques campagnes les pirates dans toute la Méditerranée, anéantit leurs repaires et libère leurs captifs.
Si la piraterie a pu durer si longtemps dans le monde hellénistique, c'est qu'elle n'était pas seulement utile à certains États, mais aussi qu'elle faisait l'objet d'accords entre États garantissant l'interdiction d'exercer des représailles : l'asylie. En revanche, de nombreux décrets furent rendus pour honorer des citoyens ayant contribué au sauvetage de prisonniers des pirates en versant eux-mêmes les rançons.
Aristote considérait la piraterie comme un mode naturel d'acquisition, comme la chasse et la pêche. C'est une question de mesure : si cela peut se concevoir dans des territoires proches, où la réciprocité reste possible, il en va tout autrement pour des expéditions lointaines qui impliquent l'organisation et les moyens d'un État : la piraterie est alors un moyen politique de mener une guerre.
Qui étaient les pirates ? On constate que les régions d'où ils provenaient étaient aussi celles qui fournissaient des mercenaires. Les conditions économiques et sociales de ces pays conduisaient leurs citoyens à l'exil et à l'enrôlement dans les flottes comme pirates ou dans les armées comme mercenaires. C'est ce qu'on peut appeler une piraterie « sociale », le fait pour des populations pauvres de n'avoir pas d'autre choix.



Comment est racontée l'histoire

Bien que l'affaire dure dix jours et neuf nuits, le scénario paraît mené à une allure rapide, car on ne s'attarde jamais hors de l'action, à laquelle tout est subordonné : l'essentiel de l'histoire est consacré à la lutte spectaculaire contre les pirates, et il n'y a pas d'intrigue secondaire, l'aventure sentimentale faisant partie intégrante de l'action principale. On peut se demander seulement pourquoi près d'une page, la 37, est consacrée à résumer ce qui s'est passé auparavant et qu'on vient juste de lire.
C'est donc une histoire très dynamique, où l'on passe rapidement d'une scène à une autre sans s'attarder, et où l'on ne s'ennuie jamais. Les décors sont plantés et les personnages caractérisés avec la même vivacité.
L'enjeu – la prise de l'île et de la ville par les pirates – est important, même si le titre ne le fait pas tout à fait ressortir : on se demande un peu de quelle chute il s'agit si l'on n'a pas bien assimilé les lieux au personnage d'Icare, qui reste assez discret : la symbolique n'est pas évidente au pemier abord !
Le dessin de R. Moralès, assisté de M. Henniquiau et de C .Hervan, est réussi en ce qui concerne les décors. Toutefois, les personnages ne sont plus de Jacques Martin, cela se voit dans certaines attitudes, mais il faut s'en contenter, bien qu'ils aient une certaine vivacité que requièrent les scènes d'action. La mise en couleur doit être soulignée, et j'ai particulièrement apprécié le combat dans le soir qui tombe progressivement, pages 26 à 31.


Les personnages

Alix : venu en visite de courtoisie, il comprend vite que les apparences sont trompeuses et les perspectives, dangereuses. Des navigateurs qui se dissimulent, des visiteurs qui exhibent leur argent et qui disparaissent, cela ajouté aux propos apaisants, ou lénifiants, c'est selon, de Numa, voilà de quoi éveiller ses soupçons. Il a trop l'habitude des pièges pour ne pas voir celui qui se tend sous ses yeux et dont il doit être d'ailleurs, à son insu, l'une des proies. Et le voilà redevenu le combattant habile et courageux auquel nous sommes habitués, oubliant les états d'âme et les sentiments, ce que Julia ne comprend pas tout de suite. Plus soucieux de venir en aide aux habitants d'Icarios que de sa propre sécurité, il convainc d'abord le gouverneur, puis galvanise les combattants. Il est vrai que, pris dans la nasse comme les autres habitants, il n'a pas vraiment le choix, mais s'il l'avait eu, n'aurait-il pas fait pareil ?

Enak : pas de villégiature tranquille pour lui non plus. Il faut reconnaître qu'il se comporte courageusement tout au long des combats, et sans poser de questions. Il hésite même à abandonner Alix sur les remparts et lorsqu'il faut prendre la barre du navire pris dans la tempête, il sacrifie son repos pourtant mérité. De ce point de vue, il a mûri, mais qu'il est devenu prude vis à vis de Julia ! Il est vrai qu'il aurait du souci à se faire, vu l'attitude de la demoiselle envers Alix, si elle n'était finalement allée voir ailleurs. Ou bien est-il encore déçu de n'être pas l'élu de la belle ? A noter que page 36, son nom est orthographié « Senkharâ », au lieu de « Menkharâ », comme nous l'avons toujours vu jusqu'à présent, mais il doit s'agir d'une erreur de transcription.

Et, par ordre d'entrée en scène :

Numa Sadulus : nous ne l'avions pas revu depuis L'enfant grec, lorsqu'il quittait le tribunal déserté en emmenant Archéloa. Nous les retrouvons mariés, et installés à Icarios. Mais son but n'est pas d'y faire du commerce, ou pas seulement, plutôt de livrer l'île aux pillards. Nous le découvrons complice de leur chef, Arbacès, et tous deux au service de Pompée. Autant il avait pu nous faire relativement bonne impression à Athènes, autant ici, sa morale élastique et le piège qu'il contribue à tendre, à la fois contre Icarios et contre Alix, nous le rendent définitivement antipathique.

Archéloa : elle a bien changé, depuis L'enfant grec, ayant abandonné ses tenues masculines contre de très seyantes robes. Ce qui n'a pas changé chez elle, en revanche, c'est la passion qu'elle éprouve pour Alix et qu'elle dissimule à peine devant son époux... qui s'en moque éperdument : lui, ce n'est pas pour des manifestations d'affection qu'il tient à revoir Alix. Mais ce dernier ne paraît pas plus intéressé, et c'est désenchantée qu'elle regagne Rome à la fin de l'histoire.

Caro Curtius : ce que c'est qu'être gouverneur d'un pays où il ne se passe jamais rien : on prend de mauvaises habitudes, et quand viennent les ennuis, on n'y croit pas. Un gouverneur conscient de ses responsabilités aurait eu un service de renseignements qui lui aurait permis de soupçonner une attaque, à défaut de la prévoir avec précision. Alix et Enak n'ont pas de mots assez durs pour lui. Il faut néanmoins lui rendre cette justice : il finit par prendre les dispositions qui s'imposent, même si elles sont tardives et dramatiquement disproportionnées à l'attaque, et il meurt courageusement en défendant les siens. Sa fille le vengera.

Julia : la fille du précédent, et le personnage le plus marquant de cette histoire. Une croqueuse d'hommes, celle-ci. Malgré ses numéros de charme déshabillés qui scandalisent Enak, elle ne parvient pas à conquérir Alix, qui a d'autres soucis à ce moment-là, et se rabat sur le procurateur de Délos, Quintus Arenus, qui a l'âge d'être son père, et avec lui aussi, il y a des hauts et des bas. C'est une forte personnalité qui sait ce qu'elle veut et qui ne craint pas de se mettre en danger, signe d'un courage certain que bien des hommes lui envieraient : quand les combats s'annoncent, et bien que ce ne soit pas la place d'une femme, elle est au premier rang, et la dernière à fuir, juste avant Enak et Alix. Elle contribue aussi à prendre avec eux un navire à l'abordage, et, comme dit un pirate déconfit : « Cette garce est terrible, les deux garçons sont moins féroces ! » ( page 33 ) Et il n'avait pas tout vu ! Nous la retrouverons dans Roma, Roma... mariée et bientôt veuve.

Quintus Arenus : encore un revenant de la première aventure d'Alix, et qui fait décidément une belle carrière en Orient. On apprend ici qu'il est passé du parti de Pompée, ce qui lui avait valu de fréquenter Arbacés et d'en conserver un souvenir mitigé, à celui de César. Il tombe sans difficulté aucune sous le charme de Julia et cherche le moyen de se débarrasser de son concurrent auprès d'elle, Alix, et de « son petit prince égyptien » ( voilà qui devrait faire plaisir à Enak, car on compte sur les doigts d'une main ceux qui semblent y croire ! ) . Soyons honnêtes avec lui : c'est un homme efficace et qui connaît son métier, il n'hésite pas à mobiliser la flotte et la troupe pour reprendre Icarios aux pirates, et avec succès, même si c'est moins pour Rome que pour les beaux yeux de Julia.
Deux observations à son sujet
Sa fonction de procurateur signifie qu'il gouverne un territoire de faible importance ( voir l'article sur Délos ) ; et aussi qu'il ne se fasse pas de souci quant à son divorce pour épouser Julia : à Rome, le divorce était un acte privé, dénué de forme juridique, il suffisait que l'un des conjoints manifeste sa volonté de contracter une nouvelle union pour rompre le mariage antérieur ; la liberté existait de la même façon pour conclure le mariage que pour le maintenir ou le rompre, et rien ne pouvait entraver cette liberté de divorcer, qui avait le même effet qu'une répudiation unilatérale.

Avec la participation de...

Arbacès : tel qu'en lui-même. On le croyait noyé ou écrabouillé au fond du barrage de Zur-Bakal, le voilà revenu toujours aussi fringant, combinard, âpre au gain, dénué de tout scrupule et de toute pitié, et plein de haine à l'encontre d'Alix qu'il croit enfin tenir à sa merci. Il a cru mettre toutes les chances de son côté : un patron ambitieux, une troupe nombreuse et aguerrie, des armes impressionnantes, des navires bien équipés, un allié dans la place, sans oublier son talent de comédien, métier qu'il exerça jadis à Carthage. Et pourtant, rien de tout cela ne suffira : s'il emporte et pille Icarios, il ne triomphe qu'un instant et se cassera une fois de plus les dents sur la volonté et le courage d'Alix, qui veille et réagit. Son numéro d'Icare est prémonitoire : plus dure sera sa chute. C'est l'inconvénient d'être increvable : on se fait d'autant plus mal que les échecs sont renouvelés. Il ne devra son salut qu'à un stratagème audacieux, mais dangereux à mettre en œuvre. Nous le retrouverons un peu plus tard, du côté de Khorsabad.


Conclusion

Si ce n'est pas un récit majeur dans la saga d'Alix, cette histoire est originale et bien menée, elle met nos héros en valeur, à la fois par leur perspicacité et par leur courage physique.


Sources

Aux sources déjà citées pour les précédentes analyses, j'ajoute pour celle-ci, et plus particulièrement pour l'article sur les pirates, l'ouvrage de Jean-Marie André et de Marie-Françoise Baslez : « Voyager dans l'Antiquité » ( Fayard ).


La prochaine fois : Le cheval de Troie.


-oOo-

4 Re: La chute d'Icare le Ven 16 Oct - 19:36

jfty

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grand maître
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merci pour cette analyse,Jacky-Charles,très interressante Very Happy
je peux juste, en complément,vous conseiller de vous procurer le petit livre sorti aux éditions"point-images" en 2002 dans la série carnets de croquis où
vous retrouverez les commentaires de J.Martin et de R.Morales sur la conception de cet album pouce

5 Re: La chute d'Icare le Ven 16 Oct - 19:50

rbo

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lecteur émérite
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Pompée décime les pirates en Méditerranée en 66 Av JC.
Le grand pompée meurt en 48 Av JC .

On voie les pirates dans la chute d'Icare,alors ça se passe avant 66 Av JC,mais en 66 Jule César est questeur en espagne,il est pas empereur.

6 Re: La chute d'Icare le Ven 16 Oct - 20:54

Raymond

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Jacky-Charles a répondu à cette question, RBO.

Je reprend ce qu'il écrit au sujet des pirates :
On sait que Pompée avait éradiqué ceux-ci une vingtaine d'années auparavant, mais le marin qui transporte Alix paraît d'un avis contraire. Quelques uns lui avaient-ils échappés, ou bien en avait-il gardés libres afin de s'en servir pour ses ambitions ? D'après le dialogue, sa complicité est bien avérée. Dans ce cas, son but n'aurait rien de mystérieux : s'enrichir encore et enrichir les pirates sur le dos de la République romaine, et sans doute aussi entretenir dans la région une certaine insécurité qui justifierait une nouvelle intervention de sa part, fructueuse si possible. Cette hypothèse semble tout devoir à l'imagination de l'auteur, mais quoi qu'il en soit, les pirates seront encore bien là dix ans plus tard lorsque le fils de Pompée ( celui qui survit à la fin de l'Ibère ), maître de la flotte romaine, aura recours à eux de -40 à -36, pour pratiquer une guerre de course dans le cadre de la guerre civile.


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7 Re: La chute d'Icare le Ven 16 Oct - 21:06

rbo

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oui merci Raymond
Mais je n'avais pas lu l' analyse à Jacky-Charles j'étais en train d'écrire mon message

8 Re: La chute d'Icare le Dim 18 Oct - 13:43

Raymond

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Admin
Encore merci à Jacky-Charles pour ces belles analyses qui ouvrent des perspectives nouvelles sur les albums.

Il y a un détail qui m'a surpris, ce sont tes commentaires sur l'île de Delos qui, si j'ai bien compris, était quasiment à l'abandon à l'époque d'Alix. C'est surprenant car elle nous est présentée dans l'album comme une petite cité prospère, avec un grand luxe de détails. Regardez par exemple son temple.



Ces images n'ont pas été inventées. Il doit y avoir des ruines assez magnifiques, je suppose.  Rolling Eyes



Dernière édition par Raymond le Jeu 28 Aoû - 19:03, édité 2 fois


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9 Re: La chute d'Icare le Dim 18 Oct - 16:19

Jacky-Charles


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Je comprends ta perplexité, et pourtant mon livre d'Histoire, en l'occurence le "Dictionnaire de l'Antiquité", que je cite souvent dans mes sources, est formel : après -69, soit une vingtaine d'années avant cette aventure, Délos avait été ruinée par les deux invasions successives que j'ai racontées, et sa prospérité envolée, l'essentiel de sa population l'ayant quittée. Elle était restée possession athénienne, et l'on disait que Délos était devenue "adélos", c'est à dire "invisible". Il n'en resta qu'une modeste bourgade qui vivota jusqu'au VI° siècle, puis disparut.
Cette situation eut néanmoins un grand avantage, celui de laisser les nombreux monuments de l'Antiquité tels qu'ils avaient été abandonnés, ce qui a pu permettre les fouilles et les reconstitutions que nous voyons dans l'album, mais dans un état qui correspond à une période antérieure au récit. Et comme les archéologues ne se sont intéressés qu'à l'Antiquité, les quelques monuments des époques impériales et chrétiennes ont été presque entièrement détruits.
Comme Délos n'était pas le sujet de l'album, je n'ai pas trop insisté, mais si j'ai le temps, je pourrai reprendre ma documentation et faire une description de ces monuments, sans illustrations, hélas.

10 Re: La chute d'Icare le Dim 18 Oct - 17:29

Michel Jacquemart

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bédéphile pointu
bédéphile pointu
jfty a écrit:merci pour cette analyse,Jacky-Charles,très interressante
je peux juste, en complément,vous conseiller de vous procurer le petit livre sorti aux éditions"point-images" en 2002 dans la série carnets de croquis où
vous retrouverez les commentaires de J.Martin et de R.Morales sur la conception de cet album
Très bonne lecture!

11 Re: La chute d'Icare le Dim 18 Oct - 17:31

Raymond

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Admin
En tout cas, Délos n'était pas une cité négligeable lors de la grande période grecque. Son temple était important et il en reste des ruines impressionnantes. En voici un exemple :



Est-ce que l'un d'entre vous a visité cette île ?



Dernière édition par Raymond le Jeu 28 Aoû - 19:04, édité 1 fois


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12 Re: La chute d'Icare le Dim 18 Oct - 20:47

Lion de Lisbonne

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grand maître
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Michel Jacquemart a écrit:
jfty a écrit:merci pour cette analyse,Jacky-Charles,très interressante
je peux juste, en complément,vous conseiller de vous procurer le petit livre sorti aux éditions"point-images" en 2002 dans la série carnets de croquis où
vous retrouverez les commentaires de J.Martin et de R.Morales sur la conception de cet album
Très bonne lecture!

C'est vraiment un livre très intéressant
Dommage qu’il n’y a pas d’autres pour les autres aventures d’Alix

13 Re: La chute d'Icare le Dim 18 Oct - 20:49

Lion de Lisbonne

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grand maître
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Raymond a écrit:En tout cas, Délos n'était pas une cité négligeable lors de la grande période grecque. Son temple était important et il en reste des ruines impressionnantes. En voici un exemple :



Est-ce que l'un d'entre vous a visité cette île ?
Malheureusement … non !

14 Re: La chute d'Icare le Jeu 22 Oct - 16:50

Jacky-Charles


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Moi non plus je n'ai pas visité Délos, qui est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1990.
Belle photo que tu as trouvé là, Raymond. Que représente-t-elle ?
Comme j'avais bien conscience d'avoir été un peu bref sur Délos voici un petit complément.
Tout cela ne ferait-il pas un beau "Voyage d'Alix" ?
Délos




Les sanctuaires

Le sanctuaire d'Apollon est constitué de trois temples construits parallèlement : le temple de Poros, datant de l'époque archaïque, le temple des Athéniens ( fin du -V° siècle ) et le Grand Temple, construit du -V° au -III° siècle, où se trouvait la statue d'Apollon Délien due à Tektaios et Angélion. Le dieu portait les « Charités » ( d'autres divinités ) sur sa main droite et tenait son arc dans la gauche, ce qui faisait dire qu'il était plus enclin à faire grâce qu'à châtier.
Le principal lieu de culte était l' « Autel des Cornes », qui a parfois passé pour l'une des merveilles du monde : c'était un extraordinaire assemblage de cornes de chèvres qu'on disait avoir été dressé par Apollon lui-même et qui était sans doute un vestige mycénien.
Dans le sanctuaire d'Apollon, on trouvait aussi des offrandes extraordinaires, comme le Colosse, une statue quatre fois plus grande que nature, offerte par les Naxiens ( habitants de Naxos ) au début du -VII° siècle.
A la différence de Delphes ou d'Olympie, la plupart des dieux grecs étaient vénérés à Délos. Le sanctuaire d'Artémis jouxtait celui de son frère Apollon. Leur mère, Léto, avait aussi son temple. On honorait aussi Héra, dans un temple du -VI° siècle, avec une chapelle du -VII°, Zeus, Athéna, Dionysos, Poséidon et Asclépios, doté d'un sanctuaire où deux péristyles servaient au rite guérisseur de l'incubation ( voir l'article qui lui est consacré ci-dessus ).
L'originalité de Délos tient dans le nombre de cultes non grecs qui y sont établis. On y trouve trois sanctuaires du dieu égyptien Sarapis, le premier ayant été installé dès le -III° siècle par un prêtre de Memphis, mais au prix d'un procès qu'il n'aurait gagné que grâce à l'intervention miraculeuse du dieu ! Un des autres « sarapieion » comporte, à la manière égyptienne, une allée bordée de sphinx, mais le temple et sa statue d'Isis sont de style grec. Il y a aussi un temple syrien avec un théâtre, un temple phénicien, un temple arabe et une synagogue du -I° siècle, dédiée au « Dieu Très Haut », mais la dédicace est rédigée en grec : « Théos Hùpsistos ».


Les maisons

Une centaine de maisons ont été fouillées, toutes sont de même type.
Leur plan est celui habituel aux demeures grecques de l'époque, c'est à dire exactement l'inverse de nos maisons actuelles : le centre de la demeure est une cour autour de laquelle sont distribuées les pièces. Sur la rue, leurs murs sont donc aveugles, à l'exception de la porte d'entrée et des locaux artisanaux dans les rues commerçantes. La cour comporte un péristyle qui protège du soleil ou de la pluie. Certaines maisons ont jusqu'à trois étages.
Les pièces de réception, les plus richement décorées, occupent le côté nord pour s'ouvrir sur le sud. L'alimentation en eau est assurée par des puits privés et des citernes aménagées sous la cour centrale pour recueillir l'eau de pluie, tandis que les eaux usées, y compris celles des latrines collectives, s'évacuent par les égouts publics ménagés dans l'axe des rues.
Les maisons sont décorées de statues, statuettes et figurines, et sur le sol des pavements sont complétés par des mosaïques imitant des tapis. On a retrouvé de la vaisselle, des ustensiles de cuisine, dont des réchauds décorés, des appliques de bronze, des dizaines de lampes par maison, dont certaines ayant de deux à trente becs, mais rien pour le chauffage.
L'une des maisons recélait 15 000 pastilles d'argile, cuites par l'incendie du bâtiment, qui servaient à cacheter les rouleaux de papyrus d'un dépôt d'archives appartenant à un banquier ou à un négociant.
La taille des maisons ne permet pas de savoir combien de personnes y vivaient, ni comment elles se répartissaient dans les pièces, entre hommes, femmes, enfants et esclaves.


La ville, le port et la campagne

Près du sanctuaire d'Apollon se trouvent les établissements civiques : agora ( grande place bordé de bâtiments publics, dont la terrasse des lions ), prytanée ( bâtiment destiné aux magistrats ), bouleutérion ( siège de l'Assemblée des citoyens ), les installations gymniques ( deux palestres, un gymnase, un stade, un hippodrome ), et le théâtre de 5000 places ( -III° siècle ).
Le principal cours d'eau de l'île, l'Inopos, était barré pour recueillir ses eaux dans un réservoir construit au -III° siècle.
La vieille ville antérieure à -167 était bâtie irrégulièrement autour de deux rues principales où s'ouvraient des boutiques. Après -167, sous la poussée démographique due à l'afflux des négociants étrangers, des quartiers neufs furent construits selon un plan orthogonal autour de rues plus larges.
Dans cette ville cosmopolite, les diverses communautés possédaient leurs locaux propres, tels que les « Poséidonistes » de Bérytos ( Beyrouth ), ou une association de Samaritains : « Les Israélites de Délos qui versent une contribution », ou encore les Italiens, reconnaissables à leurs autels peints élevé contre la façade des maisons où figurent des hommes aux vêtements caractéristiques.
Le port principal comportait des quais sur lesquels s'ouvraient des magasins. On vendait de tout, à Délos, et le commerce de transit y était considérable, quoiqu'on n'y fabriquait plus grand chose : seulement des statuettes, de la pourpre et des parfums. La plupart des équipements, vaisselle, lampes amphores, étaient importés d'Asie mineure. Le célèbre « bronze délien » n'était plus qu'un souvenir.
La ville n'occupait que la moitié de l'île, le reste étant divisé en fermes, dont la plupart appartenaient au sanctuaire d'Apollon. On y cultivait céréales, vigne et arbres fruitiers depuis le -VI° siècle. On a retrouvé des comptes de gestion où figurent le nombre de pieds de vigne et d'arbres.


La nécropole de Rhénée

Depuis -426, à la suite d'une épidémie qui nécessita la purification de l'île, « il fut interdit de mourir à Délos, et d'y accoucher, il fallait pour cela se faire transporter sur l'île voisine de Rhénée » ( Thucydide ).
La nécropole délienne fut donc établie sur Rhénée, juste en face de Délos. On y a retrouvé 500 stèles funéraires.


Le résultat des fouilles

On a retrouvé 2800 inscriptions ou fragments de textes administratifs, datés du -V° siècle à -140 : inventaires des offrandes et des objets emmagasinés dans les bâtiments du sanctuaire d'Apollon, et, durant la période d'indépendance, de -314 à -167, les relevés exhaustifs des revenus du sanctuaire : impôts, loyers des fermes et des maisons, intérêts de prêts, et des dépenses : entretien des bâtiments, fournitures, etc.
Délos ayant été habitée dès la seconde moitié du -III° millénaire, on a aussi retrouvé de beaux ivoires de l'époque mycénienne dont un relief représentant un guerrier.


-oOo-



15 Re: La chute d'Icare le Jeu 22 Oct - 18:41

Raymond

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Merci pour toutes ces précisions.

La photographie de Délos correspond à une vue générale, avec au premier plan un temple, je suppose. Elle provient de ce site


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16 Re: La chute d'Icare le Jeu 22 Oct - 18:50

Raymond

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Admin
Lion de Lisbonne a écrit:
Michel Jacquemart a écrit:
jfty a écrit:merci pour cette analyse,Jacky-Charles,très interressante
je peux juste, en complément,vous conseiller de vous procurer le petit livre sorti aux éditions"point-images" en 2002 dans la série carnets de croquis où
vous retrouverez les commentaires de J.Martin et de R.Morales sur la conception de cet album
Très bonne lecture!  

C'est vraiment un livre très intéressant
Dommage qu’il n’y a pas d’autres pour les autres aventures d’Alix

Vous évoquez certainement ce petit fascicule, avec l'interview réalisé par Michel Jacquemart lui-même.  Wink



Dernière édition par Raymond le Jeu 28 Aoû - 19:05, édité 1 fois


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17 Re: La chute d'Icare le Dim 1 Déc - 12:46

Tarmac

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En relisant la chute d'Icare, je n'ai pu m'empêcher cette réflexion sur les forteresses, les remparts, décors sinon prégnants du moins omniprésents dans les albums d'Alix tels que Altus rhenus dans "Les Barbares" , les remparts de la cité dans "Iorix le Grand", de Priène dans "Le cheval de Troie" et je me demandais s'il n'y avait pas inconsciemment une facheuse tendance à répéter et reproduire des anachronismes sur l'architecture militaire. Certes, les romains étaient maîtres dans l'art des fortifications et de la poliorcétique, pour autant quand on y regarde de plus près, on sait que l'architecture du mur d'Aurélien ou d'Hadrien est largement postérieure à la période républicaine d'Alix. Mon propos, du reste, a probablement déjà été abordé dans d'autres topics. Mais relisant et scrutant les détails des remparts d'Icarios P3, P10, P13, P8 notamment, je me dis que nous sommes plus en présence d'une architecture médiévale digne des forteresses féodales de Jehn. No 

18 Re: La chute d'Icare le Dim 1 Déc - 13:44

Raymond

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Admin
Pour la Chute d'Icare, les remparts devraient plutôt être de type grec. Wink 

Sinon, je ne suis pas un spécialiste de l'architecture, mais je ne partage pas tes réserves. D'une part, les grecs construisaient bien des cités entourées de murs de pierre, tout comme les romains ou d'autres nations de l'Antiquité. D'autre part, à l'époque où cet album a été dessiné, Jacques Martin surveillait de près la véracité des décors qui étaient dessinés dans ses albums. J'ai peine à imaginer que cette cité soit mal conçue.

Il faut relever que la conception et la "construction" de cette cité imaginaire a bien été expliquée par Rafael Morales dans l'interview du petit album Icarios. Cette ville s'inspire en fait du modèle de certaines villles grecques comme Millet ou Priène. study 



Morales reconnait cependant que le plan général d'Icarios a bien été imaginé par Jacques Martin lui-même, en fonction de ce qui se faisait à l'époque. C'est une sorte de ville idéale, où il fait bon vivre, mais elle respecte en principe les critères de l'architecture grecque (tout comme la fameuse cité-forteresse du Dernier Spartiate, d'ailleurs).


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19 Re: La chute d'Icare le Dim 1 Déc - 14:46

Tarmac

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Pour les remparts dans "La chute d'Icare" ceux-ci sont grecs, effectivement Raymond.
C'est simplement une réflexion d'ordre global.
Par exemple, pour le cas de "Iorix le Grand" je ne pense pas que la cité gauloise ait pu avoir des fortifications en pierre. Quand on imagine un oppidum gaulois au moment de la guerre des Gaules, ça ne correspond pas. Je peux me tromper, et là on entre dans une question de spécialiste, que je ne suis pas.grr2 
Pour la question de Sparte, quand on lit "la guerre du Péloponèse" de Thucydide, on s'aperçoit que Lacédémone n'avait pas de murailles. Celles-ci étaient étrangères à la mentalité des spartiates, puisque leur poitrine constituait déjà la muraille de Sparte.
Idem pour "Les barbares", je crains qu'il n'y ait des anachronismes sur la forteresse d'Althus rhenus.scratch scratch 
Un spécialiste tel que Ajax Very Happy devrait pouvoir nous en dire davantage et nous éclairer.

20 Re: La chute d'Icare le Jeu 28 Aoû - 19:10

Raymond

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Admin
Une petite analyse de l'album sur le blog "argoul", avec beaucoup d'illustrations.

Malheureusement, les images agrandies qui accompagnent le texte ne sont pas flatteuses pour le dessinateur. Crying or Very sad

http://argoul.com/2011/10/15/alix-la-chute-d%e2%80%99icare/


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21 Re: La chute d'Icare le Jeu 1 Déc - 13:19

AJAX

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docteur honoris causa
docteur honoris causa
Tarmac a écrit:Pour les remparts dans "La chute d'Icare" ceux-ci sont grecs, effectivement Raymond.
C'est simplement une réflexion d'ordre global.
Par exemple, pour le cas de "Iorix le Grand" je ne pense pas que la cité gauloise ait pu avoir des fortifications en pierre. Quand on imagine un oppidum gaulois au moment de la guerre des Gaules, ça ne correspond pas. Je peux me tromper, et là on entre dans une question de spécialiste, que je ne suis pas.grr2
Pour la question de Sparte, quand on lit "la guerre du Péloponèse" de Thucydide, on s'aperçoit que Lacédémone n'avait pas de murailles. Celles-ci étaient étrangères à la mentalité des spartiates, puisque leur poitrine constituait déjà la muraille de Sparte.
Idem pour "Les barbares", je crains qu'il n'y ait des anachronismes sur la forteresse d'Althus rhenus.scratch scratch  
Un spécialiste tel que Ajax Very Happy devrait pouvoir nous en dire davantage et nous éclairer.

C’est seulement aujourd’hui que j’ouvre ce topic que j’avais zappé. Merci pour ton appréciation flatteuse, Tarmac (tu bois quelque chose ? Ouzo ou retsina ? ou une petite métaxa ?). Parmi tous les échanges dans ce topic je retiens le tien car il est un des plus récents et qu’en outre il résume bien toute la problématique ici traitée, du moins pour l’architecture.

Les fortifications d’IORIX LE GRAND sont tout-à-fait fantaisistes en Gaule au Ier s. av. n.E. (et le resteront pendant les siècles suivants). En fait Martin y a transposé des croquis fournis par Jean-Pierre Adam, occupé à écrire L’ARCHITECTURE MILITAIRE GRECQUE, qui sortira en librairie quelques années plus tard chez Alcide Picard (1982). Adam, qui fouillait le site de Pydna en Lycie, était entré en contact avec Martin à propos de sa forteresse imaginaire du DERNIER SPARTIATE. C’est aussi lui qui, ayant étudié quelque 300 stèles funéraires de légionnaires romains, modifiera la vision martinienne des équipements militaires à l’époque de César. Jusqu’alors Martin dessinait des cuirasses segmentées popularisées par l’imagerie du XIXe s. A partir de VERCINGETORIX, donc, Martin changera d’épaule son pilum !

Je n’insisterai pas sur sa divergence de vue avec Adam à propos de l’Acropole d’Athènes dans L’ENFANT GREC !!!

Donc, pour les fortifications de la fictionnelle Icarios, ce sont encore les dessins d’Adam qui ont inspiré Moralès. Comparez avec IORIX LE GRAND et vous verrez… Je viens de relire la petite plaquette-interviewes de Martin et Moralès, « Icarios » publiée par J.V.D.H., qui n’aborde pas cette question des sources.

Pour LES BARBARES, Moralès s’est inspiré de celles de Xanten (sur le Rhin), qui sont du IIIe s. de n.E., et qui ont été reconstituées par l’Archäologischer Park de Xanten. Moralès me l’a confirmé. Je n’insisterai pas… De toute manière aucun castrum en dur n’a été construit par les troupes césariennes en Gaule ni en Germanie, mais uniquement en bois et levées de terre. Nous sommes ici en pleine uchronie, comme en témoigne du reste la suggestion que les Romains auraient pu recourir à des chars à faux porteurs d’archers. Bien sûr, ce n’est qu’une BD, une fiction.


Pour la forteresse spartiate, il s’agit d’un lieu imaginaire et, en fait, fort peu spartiate. Plutôt une résurgence globale de la Grèce classique, qui emprunte aussi à Athènes. Dans la bouche du général Alcidas, un même phylactère applique à Enak deux concepts très différents : l’un est athénien (métèque), l’autre spartiate (hilote). Dans l’antiquité, c’étaient deux choses tout à fait différentes; mais le discours populiste des années ’30 en a altéré le sens.

J’ajouterais encore que la forteresse encadre un grand temple d’Athéna et que – bien qu’il y ait eu sur l’acropole de Sparte un temple d’Athéna Chalcioecos –  on aurait pu espérer plutôt un temple d’Artémis Orthia, plus emblématique avec ses rites de flagellation des jeunes garçons spartiates…



rbo a écrit:Pompée décime les pirates en  Méditerranée en 66 Av JC.
Le grand pompée meurt en 48 Av JC .

On voie les pirates dans la chute d'Icare,alors ça se passe avant 66 Av JC,mais en 66 Jule César est questeur en espagne,il est pas empereur.

Raymond a écrit:Jacky-Charles a répondu à cette question, RBO.

Je reprend ce qu'il écrit au sujet des pirates :
On sait que Pompée avait éradiqué ceux-ci une vingtaine d'années auparavant, mais le marin qui transporte Alix paraît d'un avis contraire. Quelques uns lui avaient-ils échappés, ou bien en avait-il gardés libres afin de s'en servir pour ses ambitions ? D'après le dialogue, sa complicité est bien avérée. Dans ce cas, son but n'aurait rien de mystérieux : s'enrichir encore et enrichir les pirates sur le dos de la République romaine, et sans doute aussi entretenir dans la région une certaine insécurité qui justifierait une nouvelle intervention de sa part, fructueuse si possible. Cette hypothèse semble tout devoir à l'imagination de l'auteur, mais quoi qu'il en soit, les pirates seront encore bien là dix ans plus tard lorsque le fils de Pompée ( celui qui survit à la fin de l'Ibère ), maître de la flotte romaine, aura recours à eux de -40 à -36, pour pratiquer une guerre de course dans le cadre de la guerre civile.

La piraterie était un fléau endémique en Méditerranée. Vers 76-75, César lui-même, voyageant vers Rhodes, en fut la victime. Il s’en vengea en recrutant quelques mercenaires et les faisant ensuite illégalement crucifier (cette prérogative appartenant au magistrat en charge de cette zone).

En 67 et en trois mois, Pompée a effectivement éradiqué la piraterie en Méditerranée, en vertu de l’imperium à lui conféré par la Lex Gabinia (imperium obtenu grâce à l’action conjuguée de Jules César et du tribun du peuple T. Labienus). Mais Pompée n’extermina pas systématiquement les pirates, qui étaient souvent des gens par la misère acculés à cette extrémité. Ainsi Pompée refusa de massacrer ou réduire en esclavage 20.000 d’entre eux qu’il assigna à repeupler certaines villes de Cilicie ainsi que Dyme dans le Péloponnèse (Eric TEYSSIER,  Pompée, l’anti-César, Perrin, pp.164-165).

Au cours de cette campagne il y eut aussi une situation ridicule où, pour une question de préséance (Pompée remplaçant Q. Caecilius Metellus Creticus [ancien consul] par un de ses légats, L. Octavius), Octavius donc fut amené à prendre juridiquement la défense de pirates crétois que la fureur de Metellus voulait crucifier (TEYSSIER, op.cit., pp.166-167).

Ajoutons qu’après la mort de son père, ainsi que l’a noté Jacky-Charles, son fils Sextus Pompée – n’ayant d’autre choix – devint lui-même un « pirate » opposé au triumvirat Octave-Lépide-Antoine. J’en ai parlé ici : http://lectraymond.forumactif.com/t1205p75-l-or-de-saturne#78986
Martin aura voulu broder là-dessus, mixer tout ça pour imaginer LA CHUTE D’ICARE, histoire sans doute de pouvoir y inclure les agents pompéiens qu’étaient Arbacès, l’éternel « méchant » de la saga alixienne, et son complice Numa Sadulus (p.27, 3e v.).


Détail amusant, l’opportuniste gouverneur de Délos, Q. Arenus (ancien partisan de Pompée passé à César) mentionne que Pompée s’apprête à mener une expédition contre les pirates : nous serions donc en 67. Or à l’époque, César était plutôt l’allié de Pompée, qu’il tentait de rapprocher de son ami Crassus en vue de fonder un triumvirat (en 60). Et Alix, qui entre dans l’Histoire-BD en 53, devait n’être qu’un nourrisson. On voit bien que le scénario mixe différents éléments épars pour créer sa propre logique, mais ce qui me gêne c’est que le lecteur non averti en retiendra que Pompée menait un double jeu avec les pirates – moi j’aurais préféré qu’on évoque sa magnanimité.


(Ici, je préfère ignorer la mention d’un « proconsul Brutus » en route pour Rome (p.39, 1ère v.). S’il s’agit bien du Brutus auquel tout le monde pense, ce fut après le meurtre de César qu’à Athènes il prit de contrôle d’une flotte romaine retour d’Asie. [À ce moment Brutus est préteur de la Cyrénaïque par la grâce d’Antoine (A. BERNET, Brutus, p.253).] Pas davantage je ne retiendrai l’image d’une Julia en cuirasse qui me fait songer à Fulvia, l’épouse de Marc Antoine, lors de la guerre de Préneste. À l’évidence, le scénario est un patchwork. Ce qui justifie qu’aucun incipit ne mentionne de date, et c’est mieux comme ça. Alix reste dans sa bulle temporelle.)


Raymond a écrit:



Ces images n'ont pas été inventées. Il doit y avoir des ruines assez magnifiques, je suppose.  Rolling Eyes

Cette reconstitution du Temple d’Apollon à Délos m’a toujours bien fait rire. Elle est à peu près aussi grecque que Macchu Pichu ! Le malheur est qu’elle revient à plusieurs reprises dans Alix, notamment L’ODYSSEE D’ALIX, LA GRÈCE/1 et LE CHEVAL DE TROIE.
En fait, elle se base sur une reconstitution de l’architecte Henri-Paul Nénot (1882) publiée dans le catalogue Paris-Rome-Athènes (a). Page 258 de cet ouvrage, on peut lire : « Restauration (…) inexacte en de nombreux points. (…) ; L’Académie lui adressera d’assez durs reproches : « il ne fournit aucun élément justifiant la plus grande partie de la restauration » et « ne donne pas d’indications assez précises » (Rapport). »
On peut lire encore : « Nénot imagine ici un sanctuaire hors du temps où se côtoient des monuments de toutes les époques » (b).


Ces colonnes historiées font davantage référence à l’Egypte pharaonique qu’à l’art hellénique. Dans tous les cas de figures, les colonnes grecques ont toujours été cannelées, qu’elles soient doriques, ionique ou corinthiennes. J’imagine que dans leur particularité elles ont dû séduire Martin – artiste davantage qu’archéologue – dans sa vision idéalisée d’une Antiquité imaginaire.
Pour ma part je n’ai pas eu l’occasion de visiter Délos, mais je lis dans ma documentation qu’il y avait eu trois temples d’Apollon, alignés les uns à côté des autres, soit du nord au sud :

1) Le Pôrinos Naos (VIe s.), de style ionique. Il n’en reste plus que la base.

2) Le « Temple des Athéniens », construit en -420, de style dorique, hexastyle(*), amphiprostyle(**).

3) Le « Grand Temple » - celui nous intéresse ici – mesurant 25,50 m x 13,55 m, dorique, hexastyle(*), périptère(***). À noter que dans LA CHUTE D’ICARE, il est amphiprostyle mais pas périptère – cependant il est périptère dans LA GRÈCE/ 1 où le lecteur alixophile trouvera d’ailleurs aussi un plan du site de Délos.

4) Vient ensuite l’oikos  des Naxiens (on le voit dans le coin inférieur droit, p.38, 1ère v., de LA CHUTE D’ICARE), dont la stoa (portique) vient devant les trois temples et les cache partiellement aux yeux du visiteur en front de mer (Guide Bleu (1967) p.834 et Guide Nagel (1970) p.374).
___

a) Paris-Rome-Athènes. Le voyage en Grèce des architectes français aux XIXe et XXe siècles, Paris, Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, 1982, p261. Il existe aussi, sans doute, une version « poster ».
Ce catalogue a beaucoup inspiré Martin et son collaborateur Pierre de Broche, ainsi également dans LA GRECE/1 : Delphes  (Albert Tournaire, 1894), Épidaure (Alphonse Defrasse, 1891-1893) et Éleusis (L. Blavette, 1884-1885).

b) Délos, île sacrée et ville cosmopolite, Ecole française d’Athènes, CNRS Editions, coll. « Patrimoine de la Méditerranée », 1996, p.8.

*) Hexastyle : six colonnes en façade.

**) Amphiprostyle : colonnes seulement sur les façades avant et arrière.

***) Périptère : colonnades sur les quatre côtés.[/b]

22 Re: La chute d'Icare le Jeu 1 Déc - 18:05

Raymond

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Bref, cette reconstitution du temple d'Apollon à Délos est comparable à une légende. Elle se place un peu trop hors du temps. Rolling Eyes

Mais, parfois, on préfère la légende à la vérité. Wink


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23 Re: La chute d'Icare le Jeu 1 Déc - 18:19

AJAX

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docteur honoris causa
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Oui, Raymond. "Ca en jette", comme on dit. Smile
Je n'ai pas énormément de doc sur Délos, et j'ignore ce qui reste exactement du Grand Temple d'Apollon. Sans doute au ras des paquerettes pour que Nénot se soit autorisé pareille élucubration.

Perso, à la limite je me fiche qu'il ait été représenté périptère ou amphiprostyle. Mais ces colonnes historiées "égyptiennes" jurent avec les styles grecs connus. Elémentaire !

Ca ravale Alix au rang d'attraction foraine...

24 Re: La chute d'Icare le Ven 2 Déc - 11:55

AJAX

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docteur honoris causa
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Tu trouveras ici, Raymond, une vue des trois Temples d'Apollon à Délos :
http://www.efa.gr/index.php/fr/recherche/sites-de-fouilles/cyclades/delos/delos-les-sanctuaires-et-les-cultes

Et ici deux photos plus rapprochées des fondations du Grand Temple :
https://fi.wikipedia.org/wiki/Deloslainen_Apollonin_temppeli

C'est au ras des paquerettes comme je le pensais. Bonne raison pour ne pas inventer d'improbables fantaisies ainsi que l'a fait Nénot ! bedo

25 Re: La chute d'Icare le Ven 2 Déc - 21:03

Raymond

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Admin
Effectivement, il faut une solide dose d'imagination pour reconstituer les murs et les colonnes de ces temples.  Rolling Eyes


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