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La case mémorable

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176La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Dim 30 Mai - 10:35

Raymond

Raymond
Admin
eleanore-clo a écrit:
Raymond a écrit:Le sommet de la série est représenté par les deux albums Les Croquillards et Zizanion le Terrible et cela correspond au tome 2 de l'Intégrale (je ne sais pas si on la trouve encore facilement). Sinon, tous les Chlorophylle dessinés par Macherot sont intéressants.

Je les ai lus ! Les croquillards préfigure Chaminou et le Khrompire. On y retrouve un mélange de BD animalière, d'absurde et de cruauté. La cruauté surtout avec la mort qui guette les protagonistes à chaque page. La société méditerranéenne où il fait bon vivre contraste horriblement avec les assassinats commis par les carnivores (cannibales?). Finalement, le monde civilisé de la petite île ressemble beaucoup à la nature sauvage. La police et l'armée sont ridiculisées, ce qui correspond bien à une vision individualiste de la société où il est important de se défendre soit même.

EE

Zizanion le terrible est aussi une belle histoire, avec cette silhouette mystérieuse et inquiétante qui opère dans la nuit, un remake de M Le Maudit ou de La Marque Jaune ? La satire de  la société humaine me semble ici portée à son comble. Car au final, la bêtise, la politique bouffonne et la violence mis en scène dans ce petit monde me semblent être des reflets déformés des mêmes travers dans notre monde. Faut-il y voir une BD sociologiquement engagée ?
EEEE

EEEE

Eléanore

Merci pour tes commentaires !    pouce

Tu me sembles tout-à-fait mûre pour lire les autres Chlorophylle dessinés par Macherot.   Very Happy


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177La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Dim 30 Mai - 11:35

Raymond

Raymond
Admin
Raymond a écrit:Il existe une intégrale des 4 tomes (et non 5 comme je l'ai écrit plus haut) et je te la recommande. Il y a aussi une suite (le Vent dans les Sables) qui me parait un peu moins réussie.

Restons sinon dans le domaine animalier, avec l'évocation d'un artiste dont j'ai longuement détaillé l'œuvre abondante dans un sujet dédié : Edmond François Calvo,

Son chef d'œuvre s'intitule La Bête est morte et je n'en parlerai jamais assez.   Very Happy

Les images mémorables y sont très nombreuses et j'en retiendrai d'abord une minuscule, qui est néanmoins très réussie ! Les loups (soit les allemands) y enlèvent un enfant (un petit lapin) des bras de sa mère (sensée être une résistante) et cette image exprime toute la détresse du monde. Calvo ne cherche pas à atténuer l'horreur de la guerre (et de la Shoah) et la moindre de ses cases prend l'aspect d'un petit tableau expressionniste ... que l'on pourrait certainement exposer sur une cimaise.


La case mémorable - Page 8 Bzote-17


Les images sanglantes et dramatiques se succèdent ensuite interminablement dans cette histoire, jusqu'à ce que survienne la Libération. Il survient alors une explosion de joie que Calvo dessine d'une façon grandiose, L'image occupe cette fois toute la page et on y voit une multitude de personnages. Ils lèvent les bras au ciel et leur enthousiasme est très communicatif. C'est à nouveau un tableau que l'on peut contempler sans fin !


La case mémorable - Page 8 Bzote-18


La bête est morte est un chef d'œuvre absolu !


Mais je me rends compte que j'ai oublié l'image qui est probablement la plus emblématique du livre, celle qui montre le Grand Loup (Adolf Hitler) dressé sur son immense tank et écrasant tout sur son passage ! Elle résume admirablement tout l'album ... et toute la Deuxième Guette Mondiale !   Very Happy


La case mémorable - Page 8 Bzote_10


Notons qu'une contestation a existé sur l'inspiration de cette BD, car Walt Disney avait accusé (après la guerre) Calvo de plagiat. Les studios Disney avaient en effet sorti un dessin animé intitulé Thrifty Pig, montrant un Grand Loup nazi détruisant (par son souffle) les demeures des trois petits cochons et accusaient Calvo d'avoir repris cette idée. Les tribunaux lui avaient reconnu un droit d'auteur sur le personnage du Grand Loup, mais pas sur le thème animalier animant la Deuxième Guerre Mondiale. Cette décision de justice handicapa bien sûr la diffusion de l'album "la Bête est Morte" pendant plusieurs décennies.


La case mémorable - Page 8 Bzote_11

Remarquons aussi que Tex Avery avait lui aussi  sorti un dessin animé (autre parodie de l'histoire des trois petits cochons) montrant un méchant loup chevauchant un tank dans la même posture. Ce petit film (intitulé Blitz Wolf) date cependant de 1942, une époque où les films américains n'étaient pas projetés en France et il semble clair que plusieurs dessinateurs ont en fait eu la même idée à peu près en même temps.   Wink


La case mémorable - Page 8 Bzote-19


Sinon, on retrouve dans cette immense case les qualités de conteur et de graphiste de Calvo ! Les multiples petits lapins, les souris et les écureuils qui fuient devant le char terrifiant, cette masse affreuse qui avance inexorablement, et la sauvagerie de certains détails (les animaux écrasés qui restent attachés aux chenilles du char) rendent cette image absolument monstrueuse. Calvo était capable de tout  !    Cool

Mais remarquons qu'on ne lui reprochait pas encore, au moment de la Libération, de choquer les bonnes consciences ou de faire peur aux enfants.   Wink


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178La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Lun 31 Mai - 9:32

Raymond

Raymond
Admin
Et de Calvo ... on passe tout naturellement à Uderzo !   Very Happy

Est-ce que vous vous intéressez aux éditions de luxe toilées en format géant d'Astérix ? Elles proposent deux fois la même histoire, une fois en noir et blanc et une fois en couleur, et c'est un pur régal. J'ai l'impression d'y retrouver mon enfance et il apparait parfois des détails auxquels je n'avais pas fait attention. Et puis, ces beaux livres donnent surtout l'occasion de relire de vieilles BD que je n'ouvre plus très souvent, et j'y ai retrouvé des éclats de rire et de jubilation dont je ne me croyais plus capable.

La relecture du Combat des Chefs, il y a un ou deux ans, a été un moment mémorable. Ce fût même une des meilleures lectures de l'année (eh oui) et elle m'a alors conforté dans une certitude banale : Goscinny était un génie du gag, et il reste toujours aussi drôle au XXème siècle.

Chaque page du "Combat des Chefs", voir même parfois chaque case, contient de l'humour sous des formes multiples. Il y a même parfois plusieurs gags en une seule case, car les deux auteurs pétillaient de bonne humeur.

En voici un exemple !

La case mémorable - Page 8 Astzor28

Tous les personnages sont drôles, que ce soit le légionnaire qui a la tête dans la marmite et qui fait une citation latine totalement vide de sens (il proclame qu'i est doux de mourir pour la patrie alors qu'il refuse justement d'accomplir une mission militaire), l'autre légionnaire souriant qui utilise son soufflet pour activer le feu ... comme s'il préparait un bœuf mironton, Wink  le centurion qui crie sans arrêt et qui annonce qu'il est "en train de bouillir" ou encore le traître de service qui se préoccupe soudain de détails culinaires ("il faut touiller"). D'incroyables gags s'accumulent dans cette unique case (j'en ai compté quatre) et le rire survient inévitablement à la longue, emporté par ce festival de bonne humeur.

Au fait, un nouvel Astérix géant va bientôt sortir ce printemps et il ne faudra pas le rater.   Cool

Sinon, pour conclure, Goscinny était vraiment le roi du gag, et Uderzo était son très efficace complice !    king


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179La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Mar 1 Juin - 18:33

Raymond

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Admin
Il y a parfois des souvenirs qui sont assez anecdotiques mais que l'on garde toujours en tête. Et c'est le cas d'une courte histoire d'Yves Chaland intitulée Un amour déçu, initialement publiée dans Métal Hurlant puis recueillie dans le fabuleux album nommé Captivant. Ce livre est une sorte de fac-similé des vieux journaux de BD des années 60 (auxquels les auteurs rendent hommage) et c'est un véritable chef d'œuvre

Dans cette histoire relativement insignifiante, mais bien plus drôle au second degré, un aventurier nommé Alex quitte sa fiancée pour accomplir une dernière et fatale mission. Plus tard, des policiers arrivent dans la maison et réveillent la fiancée. Il n'y a jusque-là rien de particulier à signaler sur cette histoire classique, mais on voit tout à coup dans la dernière case de la page un petit texte bizarre et écrit d'une façon hâtive. Chaland y a écrit "Merde, Tillieux est mort ! Tout fout le camp !"


La case mémorable - Page 8 Chalan16

J'ai longtemps cru que c'était un gag de plus, et une phrase dite par le policier qui entre dans la pièce, au milieu d'une histoire de science fiction qui est totalement décalée et absurde.

Mais j'ai appris bien plus tard que ce n'était pas un gag ! Cette BD a été dessinée en 1978, à l'époque de la mort de Tillieux, et en apprenant cette nouvelle, Yves Chaland n'a pas pu s'empêcher de griffonner sur la planche qu'il dessinait son impression du moment. C'était un geste totalement spontané.

Et cette case est depuis lors restée mémorable ! Elle reste en effet un peu mystérieuse (ai-je bien tout compris ?) et totalement inhabituelle. Mais on sait aujourd'hui qu'Yves Chaland était une sorte d'artiste de la BD.  Wink


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180La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Mer 2 Juin - 17:08

Raymond

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Admin
Guido Buzzelli est un dessinateur virtuose qui a fait une immense carrière pendant les années 70 et 80, grâce surtout aux journaux Charlie mensuel (en France) et Linus (en Italie).

Une de ses œuvres maîtresse est la Révolte des Ratés, une très belle fable politique qui raconte une révolution populaire survenant dans un royaume un peu décadent. Je ne vais pas vous raconter ici toute cette histoire car je l'ai déjà fait jadis dans mon ancien blog. Je vous donne plutôt le lien qui vous mènera à ce vieil article.  Cool

La révolte des ratés par Guido Buzzelli - Les lectures de Raymond (over-blog.com)

La première image de "la Révolte des Ratés" est superbe car elle présente de façon très explicite le problème principal de ce pays imaginaire : une société aristocratique qui exploite sans vergogne les classes populaires ! Cette BD a en effet un caractère très politique.


La case mémorable - Page 8 Buzzel10


Cette case mémorable se dédouble et elle résume ainsi toute l'intrigue du livre !

Je vous montre maintenant ce qui se passe après 60 pages d'aventures cruelles et parodiques ! C'est à nouveau la même case et elle conclut l'album, ce qui permet de faire le bilan de l'action des révolutionnaires. Peu de choses ont en fait changé ! Le petit peuple est toujours aussi pauvre et exploité mais ... il a maintenant le droit d'utiliser la drogue qui leur était auparavant interdite.  Wink  Rien n'a changé dans leurs conditions de vie mais ils sont par contre heureux !


La case mémorable - Page 8 Buzzel11


Guido Buzzelli était un auteur formidable, mais il était aussi un grand cynique !


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181La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Jeu 3 Juin - 12:07

Raymond

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Certains dessinateurs compensent l'apparente simplicité de leur trait par un énorme travail sur leurs planches, en y multipliant par exemple les petits détails humoristiques. C'est exactement ce que réalise Frank Margerin dans sa célèbre série construite autour de "Lucien", un personnage qui lui a permis de caricaturer impitoyablement les petits travers de la France depuis le début des années 80.

Margerin aimait ainsi insérer dans ses histoires de grandes vues panoramiques, dans lesquelles il multipliait les détournements perfides et les détails extravagants. Ce sont en fait des images que l'on peut longuement regarder en y trouvant à chaque fois de nouveaux gags. L'oeil s'y perd tandis que l'esprit jubile, et ce sont donc des cases mémorables.

Il y a par exemple cette magnifique page qui commence une histoire s'intitulant le Génie des Plages. On la trouve dans l'album "Bananes métalliques" et je vous la mets ci-dessous en très grand, afin que vous puissiez en savourer les détails.   Very Happy


La case mémorable - Page 8 Marger11


On pourrait s'amuser à en compter les gags. Pour ma part, j'en ai vu au moins une dizaine.


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182La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Ven 4 Juin - 10:42

Raymond

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Admin
Moebius a dessiné beaucoup de cases mémorables, et on n'a vraiment que l'embarras du choix avec cet auteur !

Dans mes souvenirs, il y a plusieurs images magnifiques dans le fameux Garage Hermétique, cet interminable et incompréhensible feuilleton qui, lors de sa prépublication, avait divisé pendant deux ans les lecteurs de Métal Hurlant. Un peu plus tard, après qu'ils aient été rassemblés dans un album, tous ces épisodes semblaient prendre un peu de sens ... mais lequel ? Et il faut bien l'avouer, comme l'avait autrefois formulé un critique (je ne sais plus lequel), cet album reste encore aujourd'hui un gigantesque test de Rorschach.    Wink

Deux images me restent principalement en tête. La première est l'un des multiples rebondissements narratifs que l'on trouve tout au long de album, tandis que la seconde symbolise la conclusion presque mythologique de l'aventure.

Le Garage Hermétique commence en présence de l'ingénieur Barnier qui essaie de réparer une machine, et son travail tourne à la catastrophe. Il s'en suit une interminable quête tandis que d'autres personnages entrent en scène, tels que le Major Grubert, et qu'ils se lancent dans d'autres entreprises. L'intrigue devient vite extrêmement complexe. Et au milieu de cette histoire, en tentant d'accoster un sous-marin, Barnier perd soudain son casque de motard. Et grosse surprise, on découvre que c'est une belle jeune femme !
La case mémorable - Page 8 Moebiu14
Aucune autre intrigue (et aucune signification particulière) ne découle ensuite de cette découverte frappante ! L'ingénieur Barnier disparait après cela de l'intrigue. Moebius a probablement introduit ce rebondissement dans l'unique plaisir de surprendre le lecteur (et aussi de créer une belle image). Et c'est le genre de surprise que l'on n'oublie pas.   Wink

La seconde image correspond au moment où Moebius décide de conclure cette histoire. L'auteur décide alors d'adopter un style graphique plus épuré et il transforme le Major Grubert en une sorte de super héros. Renonçant à donner du sens à son récit, il lui donne par contre une apparence constante (un monde fantastique) et un cadre bien défini (la science fiction). Et cette synthèse géniale de l'oeuvre s'accompagne d'images triomphantes et fortement symboliques. Comparable à Superman, le Major Grubert plane au dessus de son monde, avant d'affronter son éternel adversaire, et en tant que lecteur, j'ai alors ressenti une véritable jubilation.    Very Happy

La case mémorable - Page 8 Moebiu15

Comme l'écrivait à l'époque Jacques Goimard dans sa postface de l'album, "Major Fatal" est un poème !   sunny


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183La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Sam 5 Juin - 10:41

Raymond

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Dans l'univers de la bande dessinée, il existe des lieux mythiques qui ont inspiré eux aussi des cases mémorables.  

Parfois, ce sont des endroits tout simples, qui sont devenus magiques simplement parce qu'un grand auteur y a situé une histoire géniale. C'est le cas en particulier du Musée Egyptien du Caire, un lieu touristique bien connu dans lequel E. P. Jacobs a raconté le début de son fameux "Mystère de la Grande Pyramide". Et pour moi, cette grande image montrant Mortimer qui s'extasie devant les statues égyptiennes ... reste inoubliable !   Very Happy


La case mémorable - Page 8 Blake-10

J'ai finalement visité ce musée, plus d'une quarantaine d'années après avoir découvert cet album. C'était une visite très intéressante, il faut l'avouer, mais je ne pouvais bizarrement m'empêcher d'éprouver une petite déception. Eh oui ... l'apparence actuelle du musée n'était pas aussi fascinante que les images que l'on trouvait dans le livre de Jacobs.   Wink


La case mémorable - Page 8 Blake-11


J'en ai  simplement déduit qu'Edgar P. Jacobs était un génie !   Wink

En fait, en visitant ce musée du Caire, je n'ai pas retrouvé l'émotion qui m'avait saisi en visitant Pompéi, par exemple. Edgar P. Jacobs avait trop bien réussi à embellir la réalité.


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184La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Dim 6 Juin - 21:08

Raymond

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Dans ce petit sujet léger et sans prétention, on peut aussi parfois rendre hommage à certains dessinateurs injustement méconnus, parce qu'ils ont dessiné pour la jeunesse ou parce qu'ils ont toujours publié leurs dessins dans des journaux peu cotés !

Parmi eux, il y a certainement l'incroyable Benito Jacovitti, ce dessinateur fou qui osait tout et dont l'imagination était sans limite. Sa drôlerie provenant souvent de ses excès, en particulier de l'accumulation de détails malicieux, de décalages surréalistes ou de situations ridicules.

Une de ses spécialistés était la confection de grandes cases dans lesquelles de multiples personnages se lançaient dans des actions presques irréelles. J'ai un souvenir particulièrement vif de certaines histoires de Pipo (comme son "Don Quichotte" qui est un chef d'oeuvre), mais les images y sont tellement grandes qu'il est difficile de les scanner ici. Je vous ai donc choisi une grande case de Cocobill, un magnifique western peu connu qui multiplie les bagarres parodiques et les inventions graphiques de toute sorte.

La première image de l'album Sur les Rails, à la fois grande, grotesque et touffuevous suffira peut-être à comprendre ce que je vous explique.   Very Happy


La case mémorable - Page 8 Jacovi13.


Cette multitude de personnages et de gags, ainsi que cette générosité dans le dessin. me rappelle un peu certaines images de Dubout, de Kurtzman, de Willie Elder ou de Wallace Wood.

Jacovitti est un dessinateur qui mériterait d'être réédité.


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185La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Mer 9 Juin - 17:50

Raymond

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Venons-en à une case mémorable d'un tout autre genre : celle qui annonce (ou qui confirme) une mauvaise nouvelle !

Je me souviens en particulier de mon dépit en découvrant cette case de la Quête de l'Oiseau du Temps, à la fin du tome 4 (l'Oeuf des Ténèbres), alors que cette saga devait en principe bien se terminer.   Crying or Very sad

La case mémorable - Page 8 Loisel10


Même si Bragon était en apparence le héros de cette quête, le personnage principal de la sage était tout de même la belle et mystérieuse Pélisse. Et voilà que les auteurs nous apprennent que cette jeune demoiselle (supposée être la fille de Bragon) n'est qu'une sorte d'ectoplasme vide, destiné à disparaître aussitôt que le fourreux (un mignon petit animal toujours placé sur son épaule) s'en désintéresserait.

J'aurais pu éventuellement admettre une fin dramatique (la mort héroïque de Pélisse), mais ce nihilisme narquois (Pélisse n'est en fait rien du tout) m'a paru absolument insupportable, surtout après avoir suivi pendant des années les aventures de cette jeune fille pas comme les autres. Elle était ainsi était devenue pour moi (de même que pour Bragon) très vivante.

Je n'ai quasiment jamais relu les 4 premiers albums, après en avoir découvert cette détestable fin, tellement j'avais l'impression que les auteurs s'étaient moqués de moi.  Wink


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186La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Jeu 10 Juin - 10:13

Raymond

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Mais revenons aux classiques, et aux souvenirs d'enfance !  

Quand il le voulait, Morris était capable de dessiner des images très impressionnantes. C'est ainsi qu'en découvrant l'album Phil Defer j'avais été presque effrayé par l'arrivée du bandit dans le village où se trouvait Lucky Luke, afin de l'affronter. Cette image en gros plan m'avait tout particulièrement interpellé !

La case mémorable - Page 8 Morris16


Le portrait illustre à merveille la férocité de ce tueur, dont le rictus et le regard perçant semblent abominablement cruels ... et même un peu fous. La séquence toute entière est par ailleurs effrayante, car Morris incorpore cette image dans un long et lancinant travelling qui accumule les détails révélateurs.

La case mémorable - Page 8 Morris17


J'ignorais dans mon enfance que Phil Defer avait un modèle (l'acteur Jack Palance) et que Morris s'était à l'époque inspiré d'un remarquable western des années 50, tourné par  Georges Stevens et intitulé "Shane" (avec Alan Ladd pour principal interprète). Aujourd'hui, je connais mieux cet emprunt mais cela ne m'empêche pas de continuer à admirer le talent de cet étonnant dessinateur, qui était capable de tout et qui avait osé dessiner dans un journal pour enfants un visage susceptible d'exprimer toute la noirceur du monde.


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187La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Ven 11 Juin - 9:54

Raymond

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Comme autre grand souvenir des années 60, il y a aussi certaines images de Victor Hubinon que je pouvais contempler interminablement ! A l'époque, je n'avais que deux albums de Buck Danny et je les reprenais donc très souvent. J'étais alors particulièrement fasciné par la grande case inaugurale qui se trouve à la première page d'Alerte en Malaisie, montrant une vue générale sur le port de Manille. 

La voici !

La case mémorable - Page 8 Hubino15

Une des particularités qui permet de reconnaître un grand dessinateur, c'est certainement sa capacité à passer plus de temps que vraiment nécessaire sur un dessin, afin qu'il soit plus joli ou plus efficace. Et c'est bien le cas de cette grande image qui multiplie les détails évocateurs.

C'est une belle vue générale sur un port asiatique dans laquelle se mélangent des navires civils et militaires et ... je me demande maintenant si ce mélange serait vraiment imaginable dans la réalité. Mais peu importe ! Hubinon nous montre donc en préambule un port foisonnant de vie dans lequel le sujet principal de l'image (le porte avion Valley-Forge) apparait un peu perdu au milieu de tous ces navires. Les héros de la série n'y sont pas visibles et l'on découvre surtout au premier plan un autre vaisseau militaire dans lequel de multipes petits personnages en uniforme se déplacent, courent, discutent, travaillent ou s'appuient sur le bastingage. On ne sait rien d'eux mais on devine bien ce qui se passe et tout cela foisonne de vie. A l'arrière plan, on découvre des belles jonques et divers navires qui entourent le porte avion américain tandis que des oiseaux planent dans le ciel et que l'horizon rougeoyant nous fait comprendre que le jour est en train de se lever. L'aventure n'a pas encore commencé mais l'image nous a déjà emporté dans le monde de l'aéronavale américaine et de Buck Danny. Tout est en place !

Aujourd'hui, cette image m'apparait globalement plutôt simple, mais elle est astucieusement composée. Victor Hubinon n'a pas ménagé sa peine et on peut la regarder longtemps sans lui trouver le moindre défaut. En fait, j'ai vraiment passé des heures à la contempler durant ma petite enfance et elle est ainsi devenue mémorable. J'oserai même affirmer aujourd'hui qu'elle est parfaite.  Cool


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188La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Sam 12 Juin - 10:48

Raymond

Raymond
Admin
Qui se souvient aujourd'hui du Bar du Vieux Français, cette très belle BD publiée par Stassen et Lapière au début des années 90 dans la fameuse collection "Aire Libre". Les lecteurs de bandes dessinées ont souvent la mémoire courte, mais peut-être que certains d'entre vous n'ont pas oublié ce magnifique diptyque.

"Le Bar du Vieux Français" est une histoire très triste qui raconte le périple d'un jeune africain dans la région saharienne et ce dernier doit subir tous les malheurs du monde. Mais le récit contient tout de même un moment de bonheur, lorsque cet adolescent rencontre une petite marocaine née en France et qu'ils vivent ensemble une histoire d'amour. C'est un épisode lumineux au milieu d'un long cauchemar et les couleurs de l'album sont alors plus vives. Les paysages deviennent plus beaux et je pense en particulier à cette case qui, vue toute seule, donne envie de rêver.

La case mémorable - Page 8 Bar-vi10

La scène se passe au Maroc, au bord de l'océan, et les héros de l'histoire (Laïla et Célestin) ont l'impression que le temps s'est arrêté. 

Mais pour mieux comprendre la logique de cette case, peut-être faut-il que je vous montre quand même la bande toute entière.

La case mémorable - Page 8 Bar-vi11


Les amoureux sont ainsi seuls au monde. Ils sont pauvres mais ils s'aiment et cela leur suffit. Leur idylle ne va pas durer longtemps, bien sûr, mais elle va donner un sens à leur existence.

Même une vie profondément misérable peut connaître des moments lumineux.   sunny


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189La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Sam 12 Juin - 10:56

Draculea

Draculea
vieux sage
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Voici quelques temps que je n'ai pas eu le temps de contribuer à ce beau sujet que je suis cependant attentivement et dont j'aime beaucoup les propositions très diverses.

Puisque tu évoques Buck Danny cher Raymond, je voudrais proposer ici à mon tour deux cases mémorables à mes yeux car ce sont elles qui m'ont décidé à acquérir le volume 7 de l'Intégrale Dupuis publié en 2012. Auparavant je n'avais, fait qui sans doute étonnera beaucoup de lecteurs assidus de ce sujet et d'autres ici, mais qui est absolument vrai, jamais lu la moindre aventure de Buck Danny. c'st la découverte de Mission vers la vallée perdue en feuilletant cette intégrale dans une librairie où j'ai mes habitudes qui m'a convaincu de me mettre à cette série pour laquelle je n'avais jamais éprouvé la moindre attirance, pensant que les histoires de pilotes me laisseraient de marbre.

Eh bien quand j'ai vu la case du petit avion de Buck Danny, volant à travers les hauts sommets d'un Tibet sauvage et passablement inquiétant, digne de celui qu'Alexandra David Neel a exploré et raconté dans ses récits de voyage et de pèlerinage, j'ai aussitôt éprouvé une vive émotion. Comme cette case de petite taille était fascinante, avec ce ciel neigeux couleur d'anthracite et ce pan de montagne blanche, ses hachures soulignant encore l'idée de tempête de neige et le sentiment de solitude au milieu de montagnes effrayantes ! Je ne connaissais rien de cette histoire, mais le sujet tibétain m'attirait déjà, jusqu'à ce que je parvienne donc en tournant les pages au hasard à cette case.


Image hébergée par servimg.com




J'achetai donc ce volume aussitôt et fut enthousiasmé de découvrir que cette aventure était le second volet d'un diptyque. L'histoire était de plus improbables et évoquait un monde de lamas terrifiants qui semblait tout droit sorti d'un délire relevant des fantasmes qui ont occupé toute époque de l'imaginaire occidental à propos des inquiétantes civilisations d'Asie - on est loin du Tibet spirituel de Tintin dont l'album est pourtant paru en 1958 avant Mission vers la vallée perdue, publié en 1960.

Si la vision de moines tibétains cruels et barbares me sembla assez naïve et emblématique d'un imaginaire qui n'est pas du tout le mien - quoique le récit soit très intéressant en soi -  j'adorai le trait, et le chromatisme très étrange de cet album de régions perdues hostiles où l'hiver semble le grand maître, avec ces marrons fuligineux, ces jaunes crémeux inquiétants, ces gris sales ces blancs douteux, qui donnaient aux paysages une ambiance de lent cauchemar flottant. Je fus ébloui par d'autres cases dont ce grand paysage où Buck Danny découvre du repli d'un col, une longue vallée haut perchée au flanc de laquelle il aperçoit la lamaserie où se jouera l'essentiel du récit. Pour moi elle est aussi mémorable que celle du petit avion perdu dans la tourmente qui la précède de quelques pages.

J'ai ensuite lu d'autres Buck Danny que j'ai appréciés, découvert la nouvelle série des classiques dont l'épisode japonais et l'épisode du rideau de fer m'ont beaucoup plu, mais Buck Danny reste pour moi inséparable de cet étrange album tibétain qui semble venu d'un monde parallèle - Tibet s'y écrit d'ailleurs "Thibet" - et dont bien des cases demeurent à mes yeux des événements aux frontières de l'émerveillement et du malaise tant elles donnent de ces régions désolées une vision puissamment angoissante. Pour moi, cette album est de bout en bout une admirable allégorie de l'angoisse et des divers hantises qui l'accompagnent : être perdu dans une région hostile et inaccessible, poursuivi par des ennemis effrayants, enfermé dans des souterrains, promis à la mort sans pouvoir espérer le moindre secours venue de l'extérieur, disparaître sans laisser de trace, etc...


Image hébergée par servimg.com

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190La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Dim 13 Juin - 17:43

Raymond

Raymond
Admin
Oui, la simplicité des images de Victor Hubinon ne les empêche pas d'être parfois très fortement évocatrices.   Very Happy

Ceci dit, on peut remarquer que certains chefs d'oeuvre sont curieusement assez pauvres en images mémorables.

C'est par exemple le cas de Maus, cette énorme autobiographie familiale écrite et dessinée par Art Spiegelman. On en parle bien moins aujourd'hui qu'il y a 30 ans mais ce livre reste quand même un chef d'oeuvre absolu. Et quand j'y pense, il me revient surtout en tête des images relativement banales, souvent en plan moyen, montrant le narrateur qui est en train de discuter avec son père. Il existe une tension très forte dans cet album, et elle provient beaucoup de la force du récit tandis que les images restent très simples.

Il y a tout de même une image pleine de noirceur et fortement impressionnante qui m'est revenue en tête, et j'ai presque eu de la peine à la retrouver dans l'album. C'est une grande case qui montre l'arrivée des parents de Spiegelman à Auschwitz et elle contient une ambiance de férocité qui est très bien dessinée.


La case mémorable - Page 8 Spiege10


C'était comme cela, la Shoah, et on a un peu tendance à l'oublier.


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191La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Lun 14 Juin - 18:40

Raymond

Raymond
Admin
Tibet et Duchâteau avaient le don de lancer Ric Hochet dans des situations épouvantablement dangereuses. Le lecteur se demandait alors comment le scénariste allait pouvoir sortir d'affaire le héros terriblement menacé mais...  après la lecture de la séquence suivante, cela redevenait simple comme bonjour.   Wink

Parfois, les auteurs n'hésitaient pas à utiliser les grands moyens ! Et je me souviens du sentiment d'horreur qui m'avait envahi en lisant l'Ombre du Caméléon, lorsque l'ex-inpecteur Manière avait lancé Ric Hochet (dont les bras étaient attachés) hors d'un hélicoptère en plein vol. L'image était terrifiante !

La case mémorable - Page 8 Ric-ho15

L'hélicoptère volait à plus de 1000 mètres au dessus de la mer et la chute devait être en principe mortelle, mais Duchâteau arriva tout de même à sauver Ric en donnant l'impression que c'était assez facile. En fait, c'était totalement irréaliste, mais j'avais quand même envie de dire bravo.   Wink

Et l'image ci-dessus est devenu depuis lors inoubliable !



Dernière édition par Raymond le Mar 15 Juin - 11:08, édité 2 fois


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192La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Mar 15 Juin - 10:54

Raymond

Raymond
Admin
Avec son décès subit qui m'a beaucoup frappé, je ne peux pas m'empêcher de penser à Nikita Mandryka, en recherchant dans mes souvenirs une nouvelle case mémorable. Et c'est ainsi que l'image d'aujourd'hui va être d'une grande importance. On peut même dire qu'elle a profondément bouleversé l'histoire de la BD franco belge, au moment de sa publication.

C'est la case finale d'une petite histoire du Concombre Masqué qui fait 10 pages. Elle contient une réplique que l'on pourrait éventuellement considérer comme un gag mais ... l'humour y est plutôt hermétique et il faut plutôt plutôt comprendre cela comme un message de type "zen". Et sans plus attendre, Je vous montre cette fameuse image ci-dessous ! 


La case mémorable - Page 8 Mandry16

René Goscinny ne comprit pas du tout cette curieuse bande dessinée que Mandryka lui proposait à l'époque (cela se passait en 1972). Pendant 10 pages, le Concombre Masqué n'y faisait quasiment rien, avant de répondre à Chourave d'une manière sibylline pour conclure l'histoire. Mais pour que vous saisissiez mieux l'ensemble je vous montre aussi la dernière planche.

La case mémorable - Page 8 Mandry17

Après avoir lu cette BD, Goscinny dit à Mandryka : "Ecoutez, je ne sais pas ce que vous racontez là dedans, mais je vais vous dire ... est-ce que vous croyez que le lecteur de Trifouillis-les-Gonesses va en comprendre un mot ?" Et c'est ainsi que Goscinny refusa cette histoire !

Aussitôt après le refus de cette BD, Mandryka se mit en colère et décida assez vite de créer son propre journal (qui allait s'intituler l'Echo des Savanes) afin de la publier quand même. Et ce fût vraiment un moment fatidique dans l'histoire de la bande dessinée ! Il correspondait en effet à la fin de l'Àge d'Or du journal Pilote, et au début d'une nouvelle ère marquée par une incroyable prolifération de journaux mensuels destinés aux adultes, qui allaient publier des oeuvres différentes.

Il y eut ainsi une véritable révolution !

Et tout cela survint à cause de cette étrange case, qui contenait un message zen au lieu d'un simple gag.   Wink


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193La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Mar 15 Juin - 16:01

Draculea

Draculea
vieux sage
vieux sage
Merveilleux !!!!!! De quel album est extraite cette case ô combien mémorable et qui me parle tellement ! Very Happy

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194La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Mar 15 Juin - 16:21

Raymond

Raymond
Admin
En fait, j'ai scanné cette histoire initialement publiée en noir et blanc dans le N°1 de l'Echo des Savanes. Elle a été reprise (cette fois-ci en couleurs) dans le quatrième album Dargaud intitulé la Vie quotidienne du Concombre Masqué, avec comme titre Histoire sans titre.

Cet album est bien sûr depuis longemps épuisé mais on le trouve encore assez facilement sur le Web et dans le marché de l'occasion. En librairie, il existe une Intégrale des années Pilote qui reprend les 6 albums Dargaud et "l'Histoire sans titre" y figure très certainement.


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195La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Mer 16 Juin - 17:47

Raymond

Raymond
Admin
A mon avis, Roger Leloup est un très grand dessinateur de décors réalistes, et ses meilleurs albums ne sont pas les aventures spatiales de Yoko Tsuno. Je prèfère les aventures terrestres de cette héroïne, particulièrement celles qui se passent en Europe où l'auteur réussit souvent à composer une belle ambiance.

Travaillant généralement d'après des photos, Leloup s'est toujours appliqué à reproduire avec soin les paysages ou les bâtiments qui devaient entourer les aventures de Yoko, en y ajoutant souvent un ou deux détails susceptibles de créer une ambiance étouffante. Et dans ce genre-là, une de ses meilleures réussites est certainement l'Orgue du Diable, où les décors deviennent une composante primordiale du récit.

Les images mémorables sont assez nombreuses dans l'Orgue du Diable, mais je retiendrai volontiers cette grande case qui montre un orage en train de se lever sur l'imposant bâtiment. Les nuages s'approchent, la lumière devient jaunâtre et sinistre et les arbres se plient tandis que les événements dramatiques se précipitent. Le vent semble précipiter les personnages dans les souterrains du château et le dénouement s'approche.   pale

La case mémorable - Page 8 Leloup13

Cette image est pleine de vie et c'est d'ailleurs une aventure totalement crédible, même si l'hypothèse scientifique qui soutient l'histoire est totalement farfelue. Et je relis toujours cet album avec un grand plaisir !   Cool


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196La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Jeu 17 Juin - 8:47

Draculea

Draculea
vieux sage
vieux sage
Je partage ton sentiment. L'Orgue du Diable est un très bel album et d'une façon générale, les décors de la vieille Europe sou toujours d'une grande beauté chez Leloup.

J'apprécie toutefois plus que toi sans doute les aventures spatiales et dans l'une des récentes, Le secret de Khâny, je retiens cette émouvante image de Mars dont l'approche m'a semblé de toute e beauté quand j'ai découvert cet album. Je la présente dans son contexte, la structure de la planche mettant en valeur l'exceptionnelle beauté de la planète rouge (une case mémorable l'est aussi par sa situation dans l'oeuvre où elle éclot) et par elle même.



Image hébergée par servimg.com




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197La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Jeu 17 Juin - 9:14

eleanore-clo

eleanore-clo
grand maître
grand maître
Bonjour

Je confie beaucoup apprécier les aventures allemandes de Yoko Tsuno. Au point que j'ai convaincu ma famille de visiter la charmante cité médiévale de Rothenburg qui sert de décor à La frontière de la vie.

Nous avons donc ainsi suivi le chemin de l'héroïne et mis nos pas dans les siens. Voici la maison jaune, dans l'album et prise en photographie durant mon voyage. Leloup fait preuve d'une grande fidélité et a surtout su retranscrire tout le charme de la bourgade.

La case mémorable - Page 8 9782800106724_5-475x500-1 La case mémorable - Page 8 9_roth10

Et je ne suis pas la seule à avoir eu l'idée de suivre Yoko Tsuno : http://pirate-photo.fr/forum/viewtopic.php?f=2&t=1435 Laughing

En tout cas, n'hésitez pas à en faire un lieu de vacances, Rothenburg est subjuguante.

Eléanore

198La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Ven 18 Juin - 10:11

Raymond

Raymond
Admin
Il faut l'avouer, j'ai moi aussi visité la petite ville de Rothenburg avec l'album de Yoko Tsuno dans les mains, il y a une trentaine d'années, avec ma petite famille.   Wink

J'appelais cela des "vacances iconophiles" et j'ai fait plusieurs voyages de cette manière. Ce fût le cas en Alsace, par exemple, avec l'album de "la Grande Menace" dans les mains.   Cool


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199La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Ven 18 Juin - 10:23

Raymond

Raymond
Admin
Mais passons à un tout autre style graphique, qui est celui de l'underground ! J'ai découvert pendant les années 70 quelques émotions très fortes dans ce monde graphique, en lisant des comic books de Crumb, de Rick Griffin ou de Gilbert Shelton.

Et c'est curieusement le rigolo (et léger) Gilbert Shelton qui m'a le plus touché, avec une case dans laquelle je me suis longtemps reconnu. C'était au milieu des années 70 et je venais d'arriver à Lausanne. Les vaudois n'étaient au départ par très liants et je me sentais assez seul, exactement comme le pauvre diable que l'on voit ci-dessous en train d'errer dans la rue.

La case mémorable - Page 8 Shelto10

Il existe une esthétique singulière dans cette image au dessin très caricatural. Gilbert Shelton réussit en effet à y introduire de l'émotion plutôt que de l'humour et je suppose qu'il a lui même vécu cette situation. Vous serez certainement intéressé de découvrir la suite de cette première image, qui est tout aussi émouvante et précise.

La case mémorable - Page 8 Shelto11

La solitude est le mal des grandes villes.


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200La case mémorable - Page 8 Empty Re: La case mémorable Sam 19 Juin - 10:47

Raymond

Raymond
Admin
Jacques Ferrandez est un dessinateur au style très fin, qui m'avait réellement bluffé pendant la publication de ses Carnets d'Orient il y a une trentaine d'années. Le premier cycle de cette immense saga était d'ailleurs le plus abouti, grâce à la diversité de sa palette graphique et à l'ampleur de son thème.

L'image la plus mémorable de ces cinq premiers albums n'est étrangement pas la plus belle, ni la plus grande, ni la plus complexe. En fait, c'est la case qui termine le premier cycle des Carnets d'Orient et elle est très riche de sens. Et c'est aujourd'hui cette image qui me vient tout de suite en tête lorsque j'évoque cette oeuvre.

 La case mémorable - Page 8 Ferran10

Les cinq premiers albums tournent (entre autre) autour du souvenir de Joseph Constant, un peintre orientaliste qui avait mis en images au XIXème siècle sa découverte fascinante de l'Algérie. Les protagonistes de cette saga familiale retrouvent ensuite ses tableaux de génération en génération, fascinés par la beauté de cette oeuvre, mais les tableaux et ses dessins disparaissent peu à peu, victimes du temps, des dégats naturels ou de la négligence des hommes. Et à la fin du 5ème tome, intitulé le Cimetière des Princesses, lorsqu'un tremblement de terre détruit la dernière toile de Joseph Constant, Marianne (l'héroine du livre) dépose sur les débris de la maison un médaillon qui contient son portrait. Et c'est avec cette image que disparait l'oeuvre entière du peintre, car tout est périssable.

Cette très belle scène est totalement muette mais elle est pleine de sens, comme vous pouvez le voir ci-dessous !

La case mémorable - Page 8 Ferran11


C'était le premier adieu nostalgique qui était adressé à l'ancienne Algérie. Les deux cycles suivants allaient donner à cet adieu une réalité plus concrète, plus dramatique et plus politique.


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