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Le dieu sans nom

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76Le dieu sans nom  - Page 4 Empty Re: Le dieu sans nom Jeu 22 Oct - 21:38

Galva

Galva
alixophile
alixophile
6 eme pas si mal Very Happy Very Happy

77Le dieu sans nom  - Page 4 Empty Re: Le dieu sans nom Jeu 22 Oct - 22:10

Lion de Lisbonne

Lion de Lisbonne
grand maître
grand maître
On parle beaucoup, et bien de Marc Jailloux , et on a aussi Marco Venanzi qui atteint un excellent niveau aussi.

78Le dieu sans nom  - Page 4 Empty Re: Le dieu sans nom Ven 23 Oct - 11:28

Draculea

Draculea
vieux sage
vieux sage
Peut-être serait-il bien de revenir sur le détail de cet album, indépendamment des "top ten" qui à mon goût ne sont pas forcément très significatifs.

L'histoire en elle-même de cette ambassade est intéressante. Elle aurait pu être réussie de façon vraiment satisfaisante si d'une part comme le signalait Stéphane les personnages n'avaient pas souvent donné l'impression d'être en décalage complet avec eux-même (cette scène de folie d'Aix à la fin est quand même assez ridicule et inexplicable), si cette figure de la géante devenue personnage reparaissant ne donnait pas au récit une inflexion parfois grotesque et si le dessin était réellement à la hauteur.

A ce propos, reconnaissons que certains décors ne manquent pas de beauté, même si la finesse de détail qui leur donnerait une présence plus accomplie manque parfois.
Ainsi cette vue de Rome à l'ouverture de l'album n'est pas sans qualité, malgré une colorisation un peu rudimentaire :




Image hébergée par servimg.com




Les vues de la steppe sont parfois d'une belle ampleur et les attitudes des cavaliers donnent toute son étrangeté à ce monde mal connu :


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Une scène nocturne qui n'est pas non plus sans charme :



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J'ai aimé le portrait en buste de ce guerrier des peuples forestiers dans son décor de sous bois :




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Une belle réussite que cette image du cavalier à contre-jour dans le sous-bois traversé d'une mystérieuse luminosité - elle n'est pas sans évoquer d'autre cases forestière de même genre dans plusieurs albums de la série initiale et de sa continuation récente :



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Une belle demi planche de vastes horizons entre fin du jour et aurore, en passant par le bivouac nocturne :



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Dans cette scène de banquet bien construite graphiquement, le visage d'Alix est pour une fois conforme au personnage :



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Malgré ces quelques exemples, il faut reconnaître que beaucoup de cases présentent, outre une certaine rudesse du trait qui laisse davantage penser à de la maladresse qu'à un style (et puis nous sommes chez Jacques Martin où la virtuosité et l'élégance du dessin sont quand même fondamentaux) des approximations à la limite de la caricature involontaire, parfois même on trouve un manque de finition dans certains visages aux traits sommaires et déformés, sans parler de certains encrages épais et malheureux. En voici un petit florilège :



Cet Enak, quoique boudeur semble une caricature de lui-même, donnant l'impression qu'il a été battu et que son caractère est celui d'un brutal désabusé, ce qui ne convient guère au personnage :



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Faut-il un commentaire pour souligner la maladresse du portrait suivant ?



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Cet Alix penché de profil donne une impression d'essai bancale. On dirait qu'un amateur s'est essayé à représenter le héros sans y parvenir. Comment peut-on accepte cela d'un dessinateur qui prétend s'inscrire dans le cadre d'un hommage et d'un héritage ?



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Ce profil d'Enak encore une fois approximatif et exprimant une brutalité mal gracieuse sans lien avec le personnage :



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L'encrage des lèvres nous donne ici l'impression qu'Alix utilise du botox. Serait-ce dans l'espoir de séduire la jeune guerrière qui le trouve insuffisamment viril ou peut-être la géante ?



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Et pourquoi sur cette dernière case Alix est-il voûté, raide et emprunté ?



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Une faute momentanée aurait pu échapper à la vigilance des auteurs, mais une accumulation de maladresses aussi frappantes laisse rêveur. Une chose est errtaine, quand Marc Jailloux dessine, il n'y a jamais de faute - et je ne parle pas ici de sa fidélité graphique à l'univers de Jacques Martin mais à l'exactitude de son travail, à la précision des détails et des finitions. De sa couverture à sa dernière case, Le dieu sans nom donne une impression d'inachèvement graphique et parois chromatique qui heurte le lecteur habitué à un autre niveau, même si, comme j'ai tenté de le souligner au début, certaines cases relèvent l'ensemble. Cela ne suffit cependant pas à mon sens pour sauver cet album qu'on aurait rêvé de voir interpréter par d'autres artistes et sans ce personnage taillé à la serpe tant du point de vue narratif que graphique de la géante. Sa personne et son comportement sont tellement simplifiés et outrés qu'elle manque de la présence qui seule aurait pu lui donner une forme de crédibilité intéressante.




Lion de Lisbonne aime ce message

http://www.marchenriarfeux.net

79Le dieu sans nom  - Page 4 Empty Re: Le dieu sans nom Ven 23 Oct - 19:13

Raymond

Raymond
Admin
Merci Draculea pour cette analyse détaillée et très précise du travail de Giorgio Albertini. La démonstration est impeccable.  pouce

Le problème est un peu le même pour le scénario, qui est relativement correct pour la trame générale mais qui souffre de nombreuses petites erreurs ou grossièretés lorsque l'on lit l'album. Cela provient soit d'un manque de perfectionnisme du scénariste, soit d'une absence de sensibilité à tout ce qui peut définir Alix en tant que personnage. Cela donne une désagréable impression de décalage, et un sentiment que le héros n'est pas bien compris.

Je n'ai pas le sentiment que ce genre de défauts s'améliorera avec le temps. Question


_________________
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https://lectraymond.forumactif.com

80Le dieu sans nom  - Page 4 Empty Re: Le dieu sans nom Ven 23 Oct - 21:46

stephane

stephane
vieux sage
vieux sage
Dans le même esprit, le prochain Blake and Mortimer...
Le dieu sans nom  - Page 4 E72b0810

http://alixmag.canalblog.com/

81Le dieu sans nom  - Page 4 Empty Re: Le dieu sans nom Dim 25 Oct - 10:37

Khyron


alixophile
alixophile
stephane a écrit:Dans le même esprit, le prochain Blake and Mortimer...
Le dieu sans nom  - Page 4 E72b0810

Horreur !!! On croirait du Marniquet (des mauvais jours, par surcroît !) !!! Shocked

82Le dieu sans nom  - Page 4 Empty Re: Le dieu sans nom Lun 26 Oct - 18:45

Raymond

Raymond
Admin
J'ai découvert aujourd'hui dans Casemate ces dessins de Christian Cailleaux, nouveau dessinateur de Blake et Mortimer, et il est vrai que le choix de cet auteur est bien curieux. Il n'a pas du tout le style classique de Jacobs et c'est un peu dommage. Il est très bien dans ses propres histoires, mais avec "Blake", il dépasse largement son niveau d'incompétence.  Rolling Eyes


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83Le dieu sans nom  - Page 4 Empty Re: Le dieu sans nom Sam 21 Nov - 17:50

Tarmac

Tarmac
grand maître
grand maître
C'est un avis rétrospectif que je me permets de coucher sur ce post après plusieurs lectures qui me laissent un goût mitigé, toutefois pour rester constructif, je dirais que j'ai bien aimé cet Alix version David B - G Albertini, mais sans plus.
Il faut dire que d'emblée, le personnage sinon grotesque du moins ridicule de la Géante autour duquel est articulée cette histoire, déroute les aficionados que nous sommes. Autant dans l'essai "Veni Vidi Vici" ce personnage trouvait sa place légitime dans un Alix psychadélique, autant sa réintroduction dans une aventure classique, n'apporte aucune plus-value au scénario, mieux : Sa réintroduction gâche l'histoire et l'on se demande si Alix vit dans le réel ou est encore victime d'hallucinations, à moins qu'il n'ait abusé des bienfaits de la vigne et du cocktail des Dieux de retour à Panticapée (p46-47).
"Le Dieu sans nom" doit s'envisager et se lire comme une suite à "Veni Vidi Vici", on y retrouve les protagonistes Callisto et Personne qui après la bataille de Zéla ont demandé l'hospitalité au roi Euronès puis on poursuivi leurs pérégrinations vers le nord et son terrible peuple, les Androphages.
Le scénario est bien travaillé, les auteurs se sont du reste bien documentés sur les peuples orientaux de la steppe, leurs moeurs rudes et guerrières, leurs coutumes, leurs proto-habitats, leurs uniformologies sont bien restitués à cet égard. Comme les Celtes, ces peuples étaient des Equites, je pense que David B aurait dû laisser quelque peu de côté le personnage de la Géante et travailler davantage cette trame, cet aspect mythologique de la quête du cheval aux confins de la steppe septentrionale. De ce point de vue, j'ai également bien aimé cette odyssée qui comence p30, les paysages steppiques désolés (p37) sur les traces de cet animal mythologique...
Côté dessin, G Albertini nous restitue un Alix non moins séduisant digne de l'époque de "La griffe noire" :
Le dieu sans nom  - Page 4 Dsn10
Quand bien même, il n'a pas le trait linéaire comme peut l'avoir Marc Jailloux et qui donne à certaines occasions un Alix physiquement méconnaissable (p9).
En définitive, je dirais que cet album ne laissera pas un souvenir impérissable dans les annales martiniennes, j'ai bien aimé , sans plus. A l'avenir, il est capital que le binôme David B et G Albertini s'approprie la charte et surtout les codes de l'univers martiniens afin de restituer un Alix conforme à l'hortodoxie du Grand maître.

84Le dieu sans nom  - Page 4 Empty Re: Le dieu sans nom Jeu 10 Déc - 14:21

Alix-ze-Coup'

Alix-ze-Coup'
compagnon
compagnon
J'ai pu acheter hier ce nouvel épisode des aventures d'Alix que j'avais découvert pour ma part en 1966 avec Les Légions Perdues.
 
 Certes, je le reconnais : Giorgio Albertini semble avoir du mal avec les couvertures des albums mais plutôt que de s'appesantir sur quelques vignettes maladroites, je dois dire que son dessin est globalement plaisant ; les attitudes et les expressions de Rumo et de Callisto sont très bien rendues, ses chevaux ainsi que ses petits rennes ne sont pal mal non plus.

 Le scénario de David B. n'est pas dénué d'intérêt même si comme je le comprends, les aficionados de la série tiquent un peu, et cette quête d'un cheval géant à l'échelle de Personne a même des résonances poétiques.

 C'est un bon album que je relirai plusieurs fois sans problème... Very Happy

85Le dieu sans nom  - Page 4 Empty Re: Le dieu sans nom Jeu 10 Déc - 19:32

Tarmac

Tarmac
grand maître
grand maître
Alix-ze-Coup' a écrit:

 Le scénario de David B. n'est pas dénué d'intérêt même si comme je le comprends, les aficionados de la série tiquent un peu, et cette quête d'un cheval géant à l'échelle de Personne a même des résonances poétiques.

 C'est un bon album que je relirai plusieurs fois sans problème... Very Happy

Une chose à mettre à l'actif de David B et G Albertini, est le choc culturel entre deux mondes radicalement différents, d'un côté celui de la Polis et de l'Urbs, sédentaire et civilisé, de l'autre celui du nomadisme, en l'occurrence celui des cavaliers du vent et de la steppe. De ce point de vue, c'est un aspect que j'ai bien aimé et qui mérite d'être souligné pouce

86Le dieu sans nom  - Page 4 Empty Re: Le dieu sans nom Ven 1 Jan - 11:24

Jacky-Charles


docteur honoris causa
docteur honoris causa
LE DIEU SANS NOM

Trente-neuvième aventure d'Alix


LE RESUME

Alix et Enak sont envoyés par César en ambassade au pays des Sarmates qui vivent dans la steppe au nord du Pont-Euxin, pour négocier une alliance. En effet, en vue de faire la guerre aux Parthes, César veut faire passer une armée à travers leur territoire pour rejoindre ainsi le Caucase, puis la Mésopotamie. Les premières discussions ne sont pas faciles entre des représentants de deux civilisations que tout oppose. Mais au cours d'une partie de chasse organisée par le roi Eunonès en l'honneur de l'ambassadeur romain, Alix est capturé par la géante Personne. Il s'ensuit alors une équipée dangereuse dans un pays qu'il ne connaît pas parmi des peuples hostiles...


OU CELA SE PASSE-T-IL ?

Après une brève introduction à Rome, l'histoire commence réellement à Panticapée puis se poursuit par une errance dans la steppe sarmate avant de se conclure au point de départ.

Panticapée

Aujourd'hui : Kertch, en Crimée. Cette ville fut fondée en -575 par des colons grecs de Milet, entre le Pont-Euxin ( Mer Noire ) et le lac Méotide ( Mer d'Azov ). Elle fut la capitale du royaume du Bosphore à partir de -480 ; elle passa sous domination romaine au -I° siècle, puis sous domination byzantine au VI° siècle.


QUAND CELA SE PASSE-T-IL ?

Nous sommes entre avril et juin -46. Deux indices dans le texte permettent de situer cette histoire qui recouvre en partie d'autres récits précédemment parus, ce qui rend la chronologie de plus en plus difficile à établir.

D'après deux citoyens romains, ( page 4 ), César, que l'on entrevoit à Rome allant à la Curie, a ramené « Cléopâtre et leur rejeton » : nous serions donc après le 28 juillet -46, soit son retour à Rome après la guerre en Espagne et la préparation de ses triomphes ( voir : « L'ombre de Sarapis » ).

Plus loin ( page 46 ), le gouverneur romain de Panticapée dit : « Pour le moment, César est occupé en Afrique avec les Optimates ( les partisans de Pompée ) et leur allié, le roi Juba de Numidie », ce qui nous fait remonter avant la bataille de Thapsus, le 6 avril -46, où Alix était présent ( voir : « Par delà le Styx » )

On peut supposer que Thapsus a eu lieu, mais que le gouverneur n'en est pas encore informé officiellement ; Alix devrait le lui dire, même s'il pense que la guerre civile est loin d'être finie ( voir : « L'Ibère » ). César est revenu à Rome dont Alix est déjà reparti ( peut-être même directement d'Afrique ) avec ses ordres.



LE CONTEXTE HISTORIQUE

Cette histoire se situe dans un cadre bien précis : après sa victoire sur les Pompéiens et son retour à Rome, César avait pour projet d'envoyer des légions en Orient pour combattre les Parthes et venger ainsi Crassus, vaincu à Carrhes en -58. Outre cette version officielle, il voulait aussi s'assurer plus de gloire militaire, la seule qui valût, à l'époque, et conquérir des territoires riches et prestigieux, encore hantés par l'épopée d'Alexandre le Grand, modèle insurpassable de tous les conquérants, auquel il est fait allusion page 19. Et accessoirement, contrôler les débouchés des Routes de la soie, alors verrouillés par les Parthes qui prélevaient des péages exorbitants et les meilleures pièces, et ne laissaient aux Romains, de plus en plus amateurs de produits exotiques à n'importe quel prix, que des rogatons de marchandises, bref, une bonne affaire commerciale.

J'ai déjà raconté le contexte romain dans de précédentes analyses, mais où en sommes-nous au moment de la seconde campagne d'Espagne que l'on entrevoit en toile de fond de cette histoire ? Qu'en est-il de la prétendue tentative de César pour rétablir la royauté, comme l'affirment ses adversaires et qui lui coûtera la vie plus tard ?

Le régime qui est appelé la « dictature de César » commence en fait dès -49, mais les principales mesures ne seront prises qu'en -45/-44, soit un an après ce récit. Toutefois, les prémices en étaient visibles ici. César ne s'appuie pas sur une idéologie, ce qui serait anachronique, cependant, un programme et quelques slogans définissent ce qu'on a appelé ultérieurement le césarisme. César cherche essentiellement l'appui de la plèbe, d'où les lois agraires et des mesures favorables aux citoyens, aux soldats et aux exilés. Il prétend se battre pour défendre ses droits ( son honneur, sa dignité ) tout en manifestant une grande générosité à l'égard des citoyens vaincus, sa clémence. Il veut défendre les valeurs traditionnelles comme la piété et utilise beaucoup la religion, son titre de « pontifex maximus » et son « ascendance vénusienne ». On n'a jamais su exactement la nature du régime qu'il aurait voulu instaurer s'il en avait eu le temps : un nouveau régime, révolutionnaire, ou une monarchie dans une tradition hellénistique plus ou moins inspirée d'Alexandre ? A noter qu'il ne faut pas confondre la monarchie ( gouvernement d'un seul ) avec la royauté qui implique d'autres valeurs, les deux se confondant parfois, mais pas nécessairement.

Dans le domaine concret, en politique, César a accumulé les dictatures et les consulats, charges annuellement renouvelées qui lui donnent un pouvoir de type monarchique. Dans le domaine social, il limite le luxe des riches par des lois somptuaires, pour réduire leur influence sur les pauvres. Il diminue les loyers et les dettes, mais aussi le nombre de bénéficiaires de distributions gratuites. Il préfère donner du travail aux plébéiens : grands travaux, lois agraires, créations de colonies. Il crée le calendrier julien et réorganise le plan de Rome. Il fait construire le forum de César dominé par un temple de Vénus.

Les Sénateurs les plus traditionalistes, ceux qui regrettent la République à défaut de Pompée, tenteront de le piéger en le couvrant d'honneurs qui font de lui plus qu'un roi et à peine moins qu'un dieu. Ils proposent d'en faire un censeur à vie, de lui donner un siège en or, de lui rendre un culte, etc.. Il a le tort de ne pas refuser. Un complot se forme autour de républicains convaincus, d'ingrats, de déçus, qui se conclura par son assassinat, le 15 mars -44.

Nous n'en sommes pas encore là, mais les événements à venir sont déjà dans l'air. En attendant, nous allons faire plus ample connaissance avec les Sarmates et les autres peuples de la steppe, légendaires ou réels, et, puisque Alix a encore eu la malchance de se faire capturer, c'est l'occasion d'examiner le sort des prisonniers lors des conflits à cette époque.



LES CAVALIERS DE LA STEPPE : LES SCYTHES, LES SARMATES ET LES AUTRES

Des gens aussi étranges que lointains

Gens curieux, les Romains, comme les Grecs avant eux, restaient souvent perplexes quand ils s'intéressaient aux peuples voisins. Qui étaient ces barbares ? Fallait-il les craindre ou s'en accommoder ? Les tenir à l'écart, par la force des armes au besoin, ou leur permettre de s'approcher des territoires romains ? Les considérer comme irréductiblement différents ou leur accorder des relations de bon voisinage ? Ces relations étaient parfois pacifiques, commerciales, des alliances pouvaient se créer ; d'autres fois, quand des territoires, des influences ou des richesses étaient en cause, les oppositions ou l'hostilité se manifestaient, et la guerre n'était jamais loin. Les Romains avaient combattu contre à peu près tous leurs voisins : les Carthaginois , les Grecs, les Ibères, les Celtes, les Parthes, sans oublier les concurrents directs comme Mithridate. Et pourtant, cela n'empêchait pas le commerce méditerranéen d'être prospère...

Tous ces gens avaient fait connaissance, de manière plus ou moins approfondie, depuis longtemps, dans le sillage d'Hérodote et d'autres voyageurs. Les commentateurs n'hésitaient pas, en l'absence de renseignements concrets, à inventer les caractères de certains peuples : il est si facile d'entrer dans la légende, et puis, des descriptions terribles de lieux ou de gens n'incitent pas les autres à y aller voir de plus près, ce qui est bien pratique pour protéger certains secrets commerciaux : on y revient toujours...

Pour les Romains, peuple de cultivateurs sédentaires, les éleveurs nomades de la steppe devaient paraître bien étranges et le moindre détail inhabituel pouvait être la source d'extraordinaires hypothèses : on verra ce qu'il en est des Hyperboréens, une invention des Grecs. Pour les autres, l'Histoire et l'archéologie offriront d'autres éléments. Très tôt, des relations s'étaient nouées avec les peuples habitant au nord du Pont-Euxin. Mais encore plus loin vers le nord que ces peuples déjà connus, qu'il y avait-il donc ? Y avait-il seulement des terres et des gens ?

Tout au nord, c'étaient les Hyperboréens

Les Hyperboréens étaient un peuple mythique de l'Antiquité grecque, ceux qui vivaient par delà les souffles de Borée, le vent du nord, autrement dit, tout à fait à l'extrémité de la terre connue et habitée par les Grecs. C'était là que se déroula la petite enfance d'Apollon, entre sa naissance à Délos et son arrivée à Delphes ; ensuite, il y passa chaque hiver. Hésiode est l'un des premiers à parler de ce peuple imaginaire, suivi par Hérodote.

Le pays des Hyperboréens était un paradis lointain à la localisation mal définie, on disait que c'était au nord de tout, mais personne n'y était allé voir. Même les plus hardis explorateurs, comme Pythéas, ne s'en approchèrent pas, et pour cause. Toutefois, en 1505, le géographe Gérard Mercator situa sur une carte un continent ainsi nommé autour du pôle nord. Aux confins septentrionaux du monde habité, c'est une terre parfaite où le soleil brille constamment, où le sol est fertile et le climat tempéré ( Diodore de Sicile ). On y trouve de grandes quantité d'or gardées par des griffons ( Hérodote ). Pythagore aurait été en réalité un Hyperboréen. Mais les Hyperboréens étaient loin d'être aussi parfaits que leur territoire, même si certains d'entre eux étaient végétariens. Il faisaient constamment la guerre à leurs voisins, dont les Cimmériens et les Scythes ( bien réels, ceux-là ) qui durent se replier vers les mers du sud, où ils rencontrèrent les Grecs, puis les Romains.

A mesure que les terres du nord furent un peu mieux connues de ces derniers, les Hyperboréens et leur terre entrèrent progressivement dans la légende ; peut-être ont-ils contribué à forger un autre mythe, celui de l'Atlantide, avec lequel ils présentent bien des similitudes. Par la suite, les Hyperboréens firent une belle carrière dans la philosophie, la magie et l'occultisme. On les retrouvera dans de nombreuses œuvres de fiction, dont les aventures de Conan et celles de Bob Morane. Venons-en maintenant à des personnages plus réels.

Les Scythes

C'était un peuple de langue iranienne qui vivait entre l'Ister ( Danube ) et le Tanaïs ( Don ) depuis le -12° siècle ; à cette époque, le Tanaïs était considéré comme la limite géographique entre l'Europe et l'Asie. Les Grecs nommaient Scythie la Russie méridionale et l'Ukraine, mais le territoire des Scythes s'étendait jusqu'au Turkestan et à la Caucasie. Ce peuple était les Skuthoï pour les Grecs, les Ashkusai pour les Assyriens et les Saka pour les Perses et les Indiens.

Ils ne construisaient pas de villes, mais vivaient dans des convois de chariots. Archers à cheval, c'était des guerriers redoutables, par leur supériorité sur les cavaleries des peuples sédentaires ; on leur attribue l'invention de l'étrier. On trouve dans la steppe des tombeaux princiers, parfois richement pourvus d'armes et de bijoux en or d'une grande finesse d'exécution.

On ne connaît leur histoire que par leurs rapports avec les autres peuples qu'ils affrontèrent ou auxquels ils s'allièrent. En -678, ils envahirent la Syrie et menacèrent l'Egypte, se heurtant aux Assyriens qui les repoussèrent. En -628, cette fois, leur roi Cyaxam s'allia aux Assyriens pour soumettre les Mèdes, mais ce fut un échec et les Scythes se replièrent dans le sud de la Russie. Au -VII° siècle eurent lieu leurs premiers contacts avec les Grecs installés en Crimée. En -529, Cyrus marcha contre eux pour protéger la Perse. Entre -514 et -512, Darius échoua à les repousser, mais les Scythes se retirèrent. L'apogée de l'empire scythe eut lieu vers – 300, mais ce fut bref : ils furent refoulés par les Sarmates et disparurent par assimilation et dispersion.

La police d'Athènes était assurée par des gardes scythes qui avaient le statut d'esclaves publics, mais ne nous leurrons pas sur cette appellation : son but était avant tout de ne pas permettre à des citoyens athéniens, qui auraient pu exercer cette fonction coercitive, d'avoir une emprise légale sur leurs concitoyens. Avec des esclaves étrangers, on ne risquait rien.

Les Sarmates

Ce peuple vivait dans la steppe pontique, au nord du Pont-Euxin ( mer Noire ), entre la Vistule et l'Oural. On ne connaît pas exactement son origine : il a pu évoluer sur place depuis le Néolithique, mais aussi migrer depuis l'Asie centrale par les steppes eurasiennes.
D'après Strabon et Pline l'ancien, il était composé de quatre tribus principales :
les IAZYGES, vivant entre le Danube et le Dniepr,
les ROXOLANS, vivant à l'est du Dniepr,
les SIRACES et les ALAINS ( ou AORSES ), vivant à l'est du Don.
Chacun de ces peuples aura droit à un article.

Ils sont à l'origine du mythe des Amazones, cette légende étant formée d'après la place des femmes de rang princier que l'on retrouvait dans la fouille des tombes datant du -VI° au -V° siècle, richement décorées et dotées d'armes, ce qui montre l'importance égale des femmes et des hommes dans l'aristocratie guerrière. Au -II° siècle, une reine sarmate se nommait Amagé, nom donné à un personnage de l'album.

Les Sarmates connurent de nombreuses confrontations avec l'Empire Romain jusqu'au II° siècle, où ils obtinrent le statut de peuples fédérés, c'est à dire qu'ils pouvaient résider sur le territoire de l'Empire en échange de services militaires. Des lanciers sarmates furent recrutés à cet effet, notamment pour protéger les camps sur la via Agrippa, l'axe Rome-Boulogne-sur-mer, comme par exemple le camp de Cora dans l'Yonne. L'armée romaine adopta de nombreuses techniques militaires steppiques et certains armements. Des cataphractaires sarmates figurent sur la colonne Trajane, combattant les Daces. Après l'invasion de leur steppe par les Goths, puis par les Huns au IV° siècle, certains Sarmates s'installèrent sur des territoires romains dont la Gaule, en Poitou ; trois communes françaises nommées Sermaise leur doivent leur nom. Toutefois, en 576, ils s'allièrent aux Huns pour détruire le royaume des Goths de la Mer Noire.

Les Sarmates ne sont pas absents de la bande dessinée avant cet album ; on rencontre les cataphractaires sarmates dès « Alix l'intrépide », à Trébizonde ( page 19 ) ; dans « Les Aigles de Rome », le serviteur de Marcus, Cabar, est un Sarmate ; enfin, des Sarmates ont participé à la Transitalique, la 37° aventure d'Astérix ( page 20 ), en récoltant quelques baffes au passage.

Les Iazyges

Cette tribu sarmate était installée sur le Danube et son statut varia au cours des siècles et des opportunités. Ce sont les proches voisins des Daces ( actuelle Roumanie ) dont ils sont d'abord les adversaires en tant qu'alliés de Rome au I° siècle. Puis, les Iazyges s'allient aux Daces, mais ils finissent par les envahir. Les Daces appellent alors Rome à leur secours ; les légions romaines battent les Iazyges et les soumettent pour un temps.

Comme en témoigne la stèle funéraire de Chester, 5 500 cavaliers iazyges sont envoyée en (Grande )-Bretagne pour surveiller le mur d'Hadrien. Après une nouvelle invasion de la Dacie, Constantin 1er finira par les installer comme fermiers dans les Balkans.

Les Roxolans

Cette autre tribu sarmate est apparentée aux Alains. Au premier siècle, ils envahissent le bas-Danube, d'où une réaction de l'empereur Trajan qui les vainc et les contient. Ils se mettent alors à commercer activement avec Rome et ils rejoignent l'armée romaine. L'invasion des Huns les feront disparaître.

Le nom « Roxolan » vient du sarmate « Roukelan », qui signifie : brillant, éclatant, glorieux. Ce nom est à l'origine des prénoms Roxane et Roxelane.



Les Siraces ou Siraques

Ce fut le premier peuple sarmate à entretenir des relations avec le monde hellénique à partir de leurs territoires entre le Caucase et le Don. Ce sont les plus hellénisés des Sarmates.

A l'ouest, ils vivent d'abord pacifiquement avec les Scythes, puis ils leur font la guerre, ce qui oblige les Scythes à se réfugier en Crimée et en Dacie au -III° siècle. Ce sont des commerçants prospères qui trafiquent avec Babylone et l'Inde par l'intermédiaire des Arméniens et des Mèdes. Ils avaient de bonnes relations avec les autres peuples de la région et ils furent les premiers de celle-ci à utiliser des chameaux. Sur leur iconographie, on constate la richesse de leurs vêtements.

Ils s'allièrent à Pharnace du Pont contre les Romains, mais ils furent vaincus avec lui et très affaiblis. Après un dernier conflit dans le Bosphore en 193, ils disparaissent de l'Histoire.

Les Androphages

Cet ancien peuple sarmate nomade d'Europe de l'est qui vivait entre le Dniepr et le Don au nord du pays des Scythes appartenait à la branche des Alains orientaux. Selon Hérodote, ils auraient été cannibales. Les Scythes recherchèrent leur alliance contre les Perses, mais les Androphages objectèrent que les Perses ne les avaient jamais agressés, aussi refusèrent-ils d'entrer dans ce conflit.

Les Alains ou Aorsis

Ce peuple sarmate nomade dominait la région autour de la mer Caspienne et s'étendait jusqu'en Chine où il était connu sous le nom de royaume d'Alanliao.

Au I° siècle, Flavius Josèphe signale leurs raids en Transcaucasie et en Arménie, où ils contribuent à la chute des Parthes dont les successeurs Sassanides les refouleront au nord du Pont-Euxin. En 375, fuyant devant les Huns, ils envahirent la Germanie, puis la Gaule, qu'ils pilleront de 407 à 409. De nombreux toponymes témoignent de leur présence en Gaule. Ils s'allieront ensuite aux Romains et participeront en 451 à la bataille des Champs Catalauniques contre Attila et ses Huns, où ils firent combattre leur cavalerie lourde, les fameux cataphractaires sarmates. A partir du VI° siècle, ils continueront leur périple en Espagne, puis passeront en Afrique du nord avec les Vandales et les Suèves.

Dans l'album, de nombreux traits de civilisation attribués aux Sarmates proviennent de ce qu'on sait des Alains selon l'historien romain Ammien-Marcellin.
Ils ignorent l'esclavage, méprisent les faibles et les vieillards, car c'est un déshonneur de mourir de vieillesse : un homme est un guerrier qui doit mourir au combat.
Ils ne travaillent pas la terre et vivent dans des chariots qui sont leurs maisons.
Ils scalpent leurs ennemis vaincus et attachent les cheveux à leur monture. Ils ont un culte particulier pour leur dieu de la guerre qui est l'équivalent de Mars et qui est symbolisé par une épée fichée en terre et servant d'autel.
Ils pratiquent un art animalier très perfectionné, avec des décors polychromes. Les Ossètes actuels seraient leurs descendants culturels et linguistiques les plus proches, selon Georges Dumézil.

Plus tard, ils seront en contacts plus ou moins conflictuels avec les Byzantins, les Perses, les Arabes, les Turcs, les Russes, les Mongols... Ils seront présents dans l'Empire Byzantin, en Hongrie, en Moldavie, en Chine, en Mongolie où, devenus chrétiens, Marco Polo les rencontrera.


ALIX CAPTIF. LE SORT DES PRISONNIERS

Au cours de cette histoire, Alix est capturé par Personne et ses complices, les Androphages. Ce n'est pas la première fois que cela lui arrive, et c'est même ainsi que ses aventures ont commencé, entre Carrhes et Khorsabad. Qu'il soit victime d'un combat perdu, de manœuvres politiques ou de l'appétit de marchands d'esclaves, il a plusieurs fois connu la captivité et ce n'est pas toujours sans mal que les choses ont fini par s'arranger pour lui, par son initiative ou par des interventions extérieures, sans que ces inconvénients, liés généralement à sa condition d'aventurier, aient pu lui porter préjudice pour la suite de son existence. Pourtant, ces privations de liberté auraient pu avoir pour lui de graves conséquences, nous allons voir pourquoi.

Dans treize de ses aventures, soit le tiers des albums, Alix se retrouve captif dans une prison ou tout autre lieu du même genre :
Alix l'intrépide : à Khorsabad, à Rome et à Vulsini ;
Le sphinx d'or : dans le temple d'Efaoud ;
Le dernier spartiate : dans la forteresse d'Adréa ;
Le prince du Nil : à Sakharâ ;
L'enfant grec : esclave à Athènes ;
L'empereur de Chine : il est même mis en cage !
Ô Alexandrie : en Egypte ;
Le fleuve de jade : encore capturé par des marchands d'esclaves;
Roma, Roma : en prison à Rome ;
C'était à Khorsabad : capturé par Arbacès ;
L'Ibère : capturé par Tarago ;
La cité engloutie : capturé par les Celtes ;
Le testament de César : encore en prison à Rome.

Je ne m'intéresserai pas ici aux accusations que l'on pourrait porter contre lui dans le cadre de ce qu'on appellerait aujourd'hui le « droit commun » ( par exemple : « Roma, Roma », « Le testament de César » ). On imagine mal en effet Alix suspecté d'un délit ou d'un crime, sauf dans un cas de complot. Ses captivités sont plutôt en rapport avec des missions, certaines très dangereuses, ou des faits de guerre ou de conflits auxquels pouvait être mêlé le citoyen romain qu'il était devenu.

Commençons par ce qui était alors le plus courant, la situation des prisonniers de guerre, les guerres étant quasiment permanentes à cette époque. Le sort des prisonniers de guerre était voué à l'esclavage, à la grâce des vainqueurs. Cela concerne tous les vaincus, qu'ils se soient rendus par la contrainte ou de leur plein gré. Dans certains conflits, on distinguait le sort de la piétaille de celui des officiers, généralement nobles : si ces derniers n'étaient pas immédiatement exécutés à titre de vengeance ou d'exemple, ils pouvaient être conservés vivants pour en obtenir une rançon, de leur Etat ou de leur famille, et il en sera encore ainsi pendant de nombreux siècles. On verra plus loin à ce sujet le cas de César.

Pour les hommes du rang, on ne gaspillait pas la marchandise ; s'ils n'étaient pas trop blessés donc inutilisables, ils avaient une valeur. Les marchands d'esclaves, à l'affût en suivant les conflits, n'étaient jamais loin pour récupérer les prisonniers. Encore fallait-il que ceux-ci ne soient pas trop nombreux, ce qui faisait baisser les cours, comme cela se serait passé à Délos, le marché central d'esclaves de la Méditerranée, où 10 000 prisonniers auraient été mis en vente en une seule journée, de telle sorte qu'ils ne valaient plus grand chose. A la fin de la guerre des Gaules, César aurait remis à chaque légionnaire un esclave Gaulois capturé ; la plupart des soldats ont sans doute revendu immédiatement celui-ci aux marchands d'esclaves.

Et puisqu'il est question de César, rappelons-nous que, dans sa jeunesse, au cours d'une mission, il fut capturé par des pirates en Méditerranée orientale. Il fixa lui-même le montant de sa rançon, trouvant celle exigée par les pirates ridiculement faible par rapport à sa valeur, telle qu'il l'estimait. Il la paya, fut libéré, en promettant aux pirates qu'il reviendrait les exécuter, ce qui les fit bien rire. Mais César était homme de parole : il leva une troupe, captura les pirates et les fit exécuter. On suppose qu'au passage, il récupéra sa rançon, et sans doute un peu plus, car ces forbans étaient riches. Puis César reprit sa carrière comme si de rien n'était.

On voit tout de suite la différence de situation entre l'aristocrate, qui peut trouver le moyen de s'en tirer en vidant plus ou moins sa bourse, et l'homme de base qui n'a pas ces moyens. Et là, nous n'étions pas dans une guerre proprement dite.

Pour un citoyen romain dans ce dernier cas, être prisonnier de guerre, ce qui voulait dire esclave, était une catastrophe, car la citoyenneté, avec les droits, les avantages et les responsabilités que cela comporte, ne s'entend que dans la liberté. S'il n'est plus un homme libre pour quelque raison que ce soit, il n'est plus citoyen. Et même s'il retrouve sa liberté plus tard, par une évasion ou tout autre événement, il n'en restera pas moins un ancien esclave, indigne de redevenir un citoyen. Nous verrons plus loin qu'il y avait tout de même une échappatoire légale.

Telle était la dure loi romaine. Pour bien faire comprendre cet aspect qui peut paraître excessif, mais qui correspondait parfaitement aux mœurs de l'époque, je vais vous raconter la triste histoire de Marcus Attilius Régulus, telle que la présente Yann Le Bohec dans son « Histoire des guerres romaines ».

Cela se passait au temps de la première guerre punique, entre -255 et -251, quand Rome affrontait les Carthaginois. Régulus fut d'abord un général victorieux qui remporta notamment la bataille navale d'Ecnome, en Sicile. Soutenu par le Sénat, il porta la guerre en Afrique avec 15 000 hommes, mais après un premier succès, il se heurta près de Tunis aux Carthaginois commandés par un Spartiate, Xanthippe ; ceux-ci disposaient d'éléphants de combat qui emportèrent la décision. Régulus fut capturé et 2 000 Romains seulement s'échappèrent. Ne voulant pas rester sur cet échec, Rome reprit l'offensive sur mer et sur terre avec des fortunes diverses. Et en -254, devant Palerme, le consul Metellus régla le problème des éléphants en faisant tuer leurs cornacs par ses archers. Victoire et triomphe pour lui, mais revenons à Regulus en citant l'historien.

« Malgré la victoire remportée par Xanthippe, les Carthaginois sentaient le poids de la guerre, et ils voulurent négocier pour avoir la paix. Ils eurent l'idée d'utiliser leur prisonnier, Régulus. Ils l'envoyèrent à Rome avec pour mission de dire qu'ils possédaient tous les atouts pour gagner, et ils lui firent prêter serment de revenir, tout en le menaçant des pires supplices s'il ne réussissait pas à convaincre ses interlocuteurs. Il put parler devant les Sénateurs ; il leur décrivit l'état réel d'une cité épuisée. Puis il rentra à Carthage où il subit d'affreuses tortures qui ne s'achevèrent qu'à sa mort. Beaucoup d'historiens ont refusé d'accorder le moindre crédit à cet épisode : les uns, disent-ils, sont trop cruels, et l'autre trop héroïque. Hélas, la cruauté est très répandue à travers le monde. Quant à Régulus, il était issu d'une famille aristocratique, et il avait acquis le courage, le mépris de la mort et le respect de la parole donnée. Un argument juridique aussi a joué : prisonnier, il était devenu esclave, et il restait la propriété de ses maîtres ; c'est pourquoi les Sénateurs romains leur ont rendu celui qui ne leur appartenait pas. »

Le prisonnier de guerre qui a perdu sa liberté et donc sa citoyenneté n'a t-il aucun espoir de la recouvrer ? C'est que tous les rapports de droit, tels que la puissance paternelle, le mariage ou la propriété sont rompus par le fait de cet événement. Mais les Romains étaient d'astucieux juristes : grâce à la fiction du « postliminium », ils admettaient le rétablissement rétroactif de ces droits dès le retour du prisonnier de guerre. A condition, bien entendu, que le prisonnier ait ces possessions et revienne, ce qui, dans certains cas, était inenvisageable, voire impossible.

Et Alix ? Dans les albums citées plus haut, il n'est que rarement capturé au cours d'une guerre à proprement parler. Le seul cas avéré est celui du début de ses aventures, à Khorsabad, mais alors, il est encore Gaulois, il n'obtiendra la citoyenneté romaine que quelques mois plus tard, et n'est donc pas concerné à ce moment par les lois romaines. Par la suite, ses captures successives ne sont pas provoquées par des faits de guerre ( quoiqu'on pourrait discuter pour certaines d'entre elles : « Le dernier spartiate », « L'Ibère », « La cité engloutie » ), ce sont plutôt les aléas de ses aventures qui en sont la cause. Après ceux-ci, il retrouve rapidement sa liberté et il n'y a rien là, en apparence, qui l'obligerait à perdre sa citoyenneté. Personne, d'ailleurs, ne se permet d'y faire allusion, le problème n'est jamais posé.


BES, DIEU EGYPTIEN

Enak a plusieurs fois recours à ce dieu de son pays, divinité protectrice et porte-bonheur.

Le nom de cette divinité d'origine égyptienne apparaît seulement dans les textes à la XXI° dynastie ( -1069/-945 ), mais sa représentation est attestée dès le Moyen-Empire ( -2065/-1580 ). Il désignait alors un enfant en bas-âge dont la gestation est inachevée, un avorton encore dans son enveloppe, autrement dit un prématuré. Les fœtus et les morts-nés étaient enterrés dans des sarcophages représentant cette divinité.

Bès est représenté par un nain aux jambes torses et aux mamelles pendantes, portant un masque grotesque de forme ronde avec des oreilles animales, un nez camus et une barbe touffue, et tirant la langue. Emplumé, vêtu d'une peau de lion, armé d'un couteau, il éloignait les influences néfastes, les reptiles et les êtres malfaisants. Il protégeait tout particulièrement les femmes en couches.

Associé à la naissance, on le met en relation avec Horus enfant, ou Harpocrate. Ainsi, son masque fut souvent représenté sur les stèles d'Horus. Le jeune Horus devait s'en revêtir pour mieux écarter toutes les influences néfastes. On représentait Bès sur des chaises, des objets de toilette, des vases, des coffres, mais surtout sur les lits ou les appuis-tête, car il évitait les cauchemars.

De très nombreuses amulettes de Bès ont été diffusées sur le pourtour méditerranéen où il restait lié à l'enfance. Ce caractère enfantin favorisa son assimilation au Christ enfant. Né comme lui au solstice d'hiver, il fut parfois représenté sous la forme d'un petit nain accroupi. Symbolisant le solstice, on le découvre sur le tympan zodiacal de certaines églises ou cathédrales.

Avec Aha, autre dieu nain, Bès était un génie protecteur. Il ne faut donc pas s'étonner que les nains soient nombreux et appréciés à la cour des Pharaons. En outre, depuis l'époque ramesside, on représentait le soleil naissant sous la forme d'un nain, exprimant ainsi l'un des différents états du soleil. On le trouvera plus tard, à partir de la XXVI° dynastie ( -715/-525 ) sous l'aspect de la divinité Patèque, toujours symbolisant le soleil dans sa course, et représenté comme un nain nu et difforme, aux membres tors et au ventre proéminent, imberbe et au crâne rasé.


COMMENT EST RACONTEE L'HISTOIRE

Cet album paraît être comme la continuité du premier ouvrage des mêmes auteurs, « Veni, Vidi, Vici », bien qu'il y ait eu une autre aventure publiée entre temps, « Les Helvètes ». Le dessin reste dans le même style, vif et nerveux, peut-être moins élégant au premier abord que celui d'autres dessinateurs, mais très efficace dans les scènes d'action, en particulier les chevauchées, ce qui est la moindre des choses pour un tel sujet. L'attitude des personnages rend l'histoire extrêmement vivante, ce qui anime le décor de steppe, sobre par nécessité, mais bien rendu.

Le scénario est des plus classiques. Une fois de plus, Alix est envoyé en mission en pays étranger, sur ordre de César. La fois précédente, les auteurs lui avaient conféré le titre de préfet, cette fois-ci, il est ambassadeur ; on ne sait pas s'il considère cela comme une promotion. La guerre projetée par César contre les Parthes n'ayant jamais eu lieu ( Marc Antoine reprendra le flambeau une dizaine d'années plus tard, avec un résultat mitigé ), on ne peut pas savoir non plus si cette mission, considérée comme un échec, aurait été nécessaire. C'est d'ailleurs le point le plus étonnant de ce scénario : que l'ambassade se termine en queue de poisson, sans que rien ne vienne relancer l'intrigue auprès des Sarmates. Est-ce à dire que ce n'est pas le sujet principal du récit ?

En effet, rien ne nous dit que les relations entre l'ambassadeur de Rome et les Sarmates, qui s'achèvent par la bataille contre les Androphages, soit un échec. Ils se quittent sans accord ni traité, et Alix en conclut qu'il ne peut y avoir d'alliance. C'est un peu court, et il ne semble pas avoir beaucoup insisté. C'est que la véritable histoire est ailleurs : dans l'équipée d'Alix capturé par Personne, qui occupe 24 pages, soit la moitié de l'album, ce qui n'explique toujours pas l'étonnante fascination que la géante exerce sur Alix. C'est ainsi que l'album se conclut sur la dernière conversation entre Personne et Alix, alors que celui-ci vient de déclarer son ambassade infructueuse : on connaît des ambassadeurs plus ambitieux et plus consciencieux, cela ne lui ressemble pas.

Personne tire l'histoire du côté du fantastique du haut de ses 2,40 m ( à vue de nez ), mais on voit aussi qu'elle n'est qu'un être humain, comme l'ont bien compris les Androphages dans la séquence où ils la menacent de leurs flèches empoisonnées pour l'expédier ensuite, avec Alix et leur guide, à la poursuite de son grand cheval qu'aucun habitant de la steppe ne semble avoir déjà vu, même de loin, sauf ses traces. Mais la steppe est immense et même les plus hardis chasseurs ne peuvent aller partout...

Un tel bestiau ( à l'état sauvage, évidemment ) est-il plus vraisemblable que la géante, sachant qu'on n'a jamais trouvé de vestiges correspondants ? A l'époque, les chevaux étaient plus petits que ceux d'aujourd'hui et ressemblaient plutôt à de gros poneys : 1,40 m au garrot environ ; d'ailleurs, les dessins de l'album représentant des cavaliers respectent cette proportion entre la monture et l'homme. Par suite de sélections dans les élevages, au fil des siècles les chevaux ont grandi : un percheron peut atteindre 1,75 m au garrot et j'ai lu récemment un article où Bartabas dit en posséder un de 1,95 m au garrot ( L'Obs du 10/12/2020 ). Ce dernier est un cheval d'aujourd'hui, mais aurait-il pu en exister un à cette époque ? Tout reste possible si Dame Nature veut bien y mettre du sien.

Alix, né Gaulois, a-t-il déjà oublié qu'il avait porté des braies ? Dans le dialogue de la page 19, il réplique à Enak que Amagé porte des pantalons. Or ce mot, venu du nom d'un personnage vénitien de la commedia dell'arte ne date que du XVI° siècle ! A cette époque, on pouvait distinguer les peuples cavaliers du nord et de l'est de l'Europe, Gaulois, Germains, Sarmates, portant des braies pour des raisons pratiques de chevauchées, des peuples méditerranéens se souciant beaucoup moins de cavalerie, et portant des pagnes ou des tuniques, la température jouant aussi son rôle.


LES PERSONNAGES

Alix : comme à son habitude, il prend sa mission très au sérieux, malgré la disproportion des intérêts et les différences de civilisation ; il se présente comme le Romain qu'il est devenu et comme sa personnalité, autant que les ordres reçus, lui commande d'agir. Il se heurte à des interlocuteurs qui sont compréhensifs... jusqu'à un certain point, mais si on n'a pas abouti, au moins, on n'est pas fâché, nous lui en savons gré. Sa situation est d'autant plus compliquée qu'il semble avoir séduit Amagé sans l'avoir cherché : il reste sagement sur la réserve ; le contraire, céder à ses avances, l'aurait mis dans une situation impossible vis-à-vis de ses hôtes comme de sa mission : comment privilégier une personne d'un clan plutôt qu'une autre devant une coalition de clans jaloux les uns des autres pour une mission incertaine ? A la fin, lorsque les Sarmates ( et surtout Amagé ! ) viennent le récupérer, il est enfin reconnu, preuves fournies, comme un vrai combattant, ce qui est bien le seul point positif de cette histoire.

Enak : cette fois, sa personnalité est plus affirmée et plus dynamique que ses rôles d'éternel figurant, très décevants pour le lecteur comme pour l'intrigue. Outre quelques remarques désabusées sur l'ambassade, il se permet une critique ouverte de l'attitude d'Alix auprès d'Amagé ( ou ce qu'il croit l'être ), ce qui nous vaut une prise de bec inhabituelle. Il est plus loin, à nouveau, un combattant efficace, qui a troqué l'arc pour la fronde, dont il se sert avec la même dextérité. Mais heureusement quand même que Bès était là !

Et, par ordre d'entrée en scène :

Titus Quintius : ce personnage épisodique nous permet de comprendre ce qu'était l'attitude de certains de ses concitoyens vis-à-vis de César et de ses prétentions ; il n'est visiblement pas du nombre de ses partisans et ne se gêne pas pour le dire, même s'il apprécie les pièces d'or à l'effigie de César pour son usage personnel.

Sulplicius Minnio : ce comparse du précédent est du même avis que lui au sujet d'une royauté honnie de tous les bons Romains et sur l'envahissement de la Ville par ces étrangers ; quand les citoyens sont ainsi excités, les complots ne sont pas loin.

César : il ne fait que passer, mais il parvient au faîte de sa puissance, et entend la déployer dans toutes les directions, d'où cette ambassade chez les Sarmates, prélude à une guerre contre les Parthes qui n'aura jamais lieu.

Quintus Valerius : Le gouverneur de Panticapée n'est pas le plus heureux des officiers, obligé de vivre au milieu de ces barbares qu'il comprend mal et qu'il juge trop différents pour chercher à mieux les connaître. Il est à l'image de ces deux mondes qui se côtoient, mais qui ne se fréquentent qu'à la marge. Sans doute une occasion manquée, mais qu'en attendre de plus ?

Rumo : le guide et interprète d'Alix est l'un des personnages les plus intéressants de cette histoire. C'est un guerrier véritable qui n'hésitera pas à faire le sacrifice de sa vie ( en fait, on ne connaît pas exactement son sort ) pour accomplir sa mission, mais il est certain qu'on en fera un héros. Curieux néanmoins qu'on lui fasse parler le latin : dans cette région, j'aurais plutôt pensé au grec.

Eunonès : le « roi » n'est en fait qu'un chef de clan, peut-être un peu plus important que les autres, mais comme il doit y en avoir des dizaines chez les Sarmates et les peuples voisins. Il a bien fallu que les Romains trouvent un interlocuteur, même s'il ne contrôle pas tous les guerriers de la région. Il dispose de bonnes troupes, d'un certain décorum, de conseillers ( et de conseillères ) et d'une assurance qui lui permet d'affronter les Androphages avec quelque chance de succès. Mais la limite du personnage se trouve dans ses pouvoirs restreints qui ne lui permettent apparemment pas de conclure un traité sérieux avec Rome.

Usafar : le conseiller du roi est un de ces personnages épisodiques qui, avec ses compères anonymes, donne de la vraisemblance et de la couleur à la scène de réception de l'ambassade.

Amagé : elle porte le nom d'une reine sarmate. La belle guerrière est aussi une conseillère que l'on écoute et qui n'hésite pour prendre à partie en public l'ambassadeur de Rome. Elle trouve Alix à son goût, ne le dissimule pas, et elle le prouve à plusieurs reprises, même si celui-ci la considère avec prudence : voilà qui coupe les élans ; elle est déçue, mais pas vaincue. Elle est le personnage le plus sympathique de cette histoire, par sa volonté, son langage direct et son courage pour venir au secours d'Alix, qu'elle quitte à regret, mais en espérant bien le revoir. Pourquoi en effet ne la reverrait-on pas ?

Personne : après sa disparition inexpliquée du champ de bataille de Zéla, elle s'était donc réfugiée chez les Sarmates. Ses nouveaux alliés, les Androphages, ne sont pas les plus sympathiques éléments de ce peuple : son choix par défaut n'est pas des plus heureux et on comprend qu'elle ne soit pas vraiment satisfaite de la situation. Heureusement pour elle qu'elle s'est trouvé un nouveau but : capturer un cheval à sa taille ! Pour cela, elle entraînera Alix dans une quête sans issue, puisqu'ils reviendront bredouilles à leur point de départ. Elle réussira finalement, à ce qu'elle prétend, mais comment a-t-elle fait ? Elle continue à fasciner Alix, à l'esprit pourtant pondéré. Au delà de l'invraisemblance du personnage, aux caractères physiques peu crédibles, je vois en elle un symbole de l'imagination débridée prenant le pas sur l'ordinaire de l'existence.

Callisto : la gentille compagne de Personne est heureuse de retrouver Alix et surtout Enak pour tenter d'échapper à l'emprise de la géante qu'elle finira par quitter pour rester avec eux : pas aventureuse, mais bonne ménagère.

Manilius : cet officier romain, à la différence de son gouverneur, semble bien s'entendre avec les Sarmates. Une chance de confiance et de compréhension entre eux ?

Les Androphages et les Mélanchiens : même s'ils sont très présents et agissants, les membres de ces tribus restent anonymes et peu individualisés. On remarque plutôt leurs caractéristiques physiques de rudes guerriers et leurs actes et paroles faisant ressortir leur violence naturelle. Une présentation sommaire et sans nuances.


CONCLUSION

L'histoire de cette ambassade qui tourne en rond et n'aboutit pas cache en fait un nouvel épisode des étranges relations entre Alix et Personne. Mais les deux thèmes ne s'opposent pas suffisamment, ils se déroulent indépendamment l'un de l'autre et successivement, sans autre enjeu concret apparent. Les péripéties de palabres, de chasse et de combats servies par un dessin efficace ne parviennent pas à susciter plus qu'un intérêt moyen.


SOURCES

Comme d'habitude, le « Dictionnaire de l'Antiquité », de Jean Leclant ( PUF ), l'encyclopédie Quillet, la revue « L'Histoire », Wikipédia et aussi l'« Histoire des guerres romaines », de Yann Le Bohec ( Tallandier, 2017 ).


-oOo-





87Le dieu sans nom  - Page 4 Empty Re: Le dieu sans nom Ven 1 Jan - 11:30

Jacky-Charles


docteur honoris causa
docteur honoris causa
Comme j'en ai pris l'habitude les années précédentes, je vous envoie, en guise d'étrennes, les analyses que je viens de terminer pour les albums d'Alix.

Bonne lecture et bonne année !

88Le dieu sans nom  - Page 4 Empty Re: Le dieu sans nom Ven 1 Jan - 12:58

Raymond

Raymond
Admin
Merci pour l'analyse. Tu arrives même à rendre l'album intéressant.  pouce

Est-ce que je vis prendre le temps de le relire ?  Rolling Eyes



Dernière édition par Raymond le Ven 12 Fév - 18:00, édité 1 fois


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89Le dieu sans nom  - Page 4 Empty Re: Le dieu sans nom Ven 1 Jan - 19:51

Galva

Galva
alixophile
alixophile
merci beaucoup actuellement je suis en train de relire tout les Alix et oui voila une bonne occupation pendant le covid J'attaque ce soir ..La tour de Babel Very Happy Very Happy

90Le dieu sans nom  - Page 4 Empty Re: Le dieu sans nom Mar 2 Fév - 8:15

Tarmac

Tarmac
grand maître
grand maître
Une critique sur BDzoom que je n'avais pas encore lue :
Arrow http://bdzoom.com/160107/actualites/%c2%ab-le-dieu-sans-nom-%c2%bb-alix-dans-les-steppes-de-l%e2%80%99oural/

91Le dieu sans nom  - Page 4 Empty Re: Le dieu sans nom Mar 2 Fév - 9:14

Raymond

Raymond
Admin
C'est une critique très "descriptive", dans laquelle Filippini n'émet en fait pas beaucoup d'opinion. Je trouve qu'il évite soigneusement de se prononcer.


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