Lefranc, Alix, Jhen ... et les autres
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Veni, vidi, vici

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401Veni, vidi, vici  - Page 17 Empty Re: Veni, vidi, vici Lun 7 Juin - 21:35

Inky

Inky
compagnon
compagnon
L'album est peu aimé mais j'ai une tendresse particulière pour lui en raison de multiples éléments qui le font sortir du lot.

Il a une réelle personnalité et une ambiance extrêmement réussie, sombre, inquiétante, oppressante. Ça démarre de façon percutante avant même le récitatif d'introduction, avec une scène de sacrifice sanglante qui installe tout de suite le malaise. Tout l'album est d'ailleurs placé sous le signe de la sourde menace, de la violence larvée, des complots, de la peur... Il y a beaucoup de scènes nocturnes, de dialogues tendus, il n'y a pas vraiment de respiration dans l'album.
Il y a aussi beaucoup de scènes "bizarres" qui renforcent l'angoisse et l'onirisme de l'histoire : le sacrifice sauvage, son issue surnaturelle et le présage funeste qui en découle, les vues muettes du sanctuaire de Pavor qui font penser très fort à des plans de film d'horreur, la crise de somnambulisme et le dédale sous-terrain inquiétant plein de statues énigmatiques et un peu effrayantes, la procession, la prostituée, la géante...

Tout du long on ressent cette tension si particulière qui précède les orages lorsque que vent se lève et vous glace l'échine et que l'air se charge d'électricité. C'est en tout cas ce que je ressens à la lecture. Énak se comporte d'ailleurs d'une façon très aggressive qui ne lui est guère coutumière, comme s'il ressentait avant Alix les vibrations mauvaises qui baignent la cité et ne tenait plus en place.

Il y a également une tension sexuelle non dénouée mais extrêmement présente. Déjà avec le personnage de Livie, dont on a l'impression qu'à tout instant la toge peut glisser sur son épaule pour révéler ses seins énormes. On a constamment l'impression de la voir presque nue face à Alix, et certaines de ses expressions ou postures sont clairement lascives. Même si les deux scènes ne sont pas directement reliées dans le récit, hasard ou non (vous en déciderez), on remarquera que c'est après la scène à la villa où elle est apparue très peu vêtue devant lui et lui a sussuré "Je serai tellement heureuse de t'avoir à mes côtés pendant ces temps difficiles." qu'on voit Alix se dévêtir en bas de page, comme en réponse à l'invitation peu dissimulée, puis s'endormir pour se plonger dans un rêve érotique où la déesse Vénus l'appelle et l'invite à "pénétrer dans le bois sacré" (hum hum !!!), franchir le trou obscur et s'enfoncer dans le tunnel (HUM HUM !!!) pour aller enlacer une réplique statuaire de la jolie veuve.
On ne peut que remarquer l'omniprésence de sexes masculins dans les souterrains, sans parler de la troublante prostituée croisée dans une ruelle. Le personnage éphémère de Callisto est également lié au sexe, d'abord par les circonstances de sa rencontre (elle est vendue à des soudards) puis par la relation équivoque qu'elle entretient avec la géante.
Géante qui, à son tour, exerce une troublante séduction à laquelle Alix n'est visiblement pas insensible. Ce personnage est lui aussi finalement assez peu vétu la plupart du temps et met aussi beaucoup son corps en avant, à priori plutôt pour en démontrer la force, mais aussi pour caresser les joues d'Alix ou révéler le pli d'une fesse dans l'obscurité complice, pour rejoindre le camp des guerriers ennemis la nuit tombée, mais aussi complimenter Arbacès en suçant son doigt qu'elle vient de tremper dans le jus suspect de celui-ci. Une ambiguïté masculine/féminine qui fait écho à l'ambiguïté de ses allégeances... C'est assurément un personnage à nul autre pareil dont on se souviendra, une rareté (pour ne pas dire un exploit !) dans la production post-Martin peuplée de comparses sans saveur sitôt connus sitôt oubliés. Elle est l'un des atouts principaux de l'album.

C'est donc pour la géante et pour cette atmosphère crépusculaire si unique que j'apprécie cet album, malgré son caractère probablement peu martinien. Ces qualités le rachètent amplement à mes yeux, en dépit des innombrables défauts dont il faut bien reconnaître qu'il est bourré...
L'histoire est une succession de scènes intéressantes, mais cousues entre elles de façon bancale par un scénario branquignolle qui ne tient pas debout : en témoignent particulièrement les déplacements des personnages qui ne cessent d'aller et venir d'un bout à l'autre de la ville, un coup dans la villa de Livie, un coup dans Samosate intra muros, un coup en rase campagne... le tout sans aucune logique comme des rats qui seraient perdus dans un labyrinthe et tourneraient en rond (à la limite l'intérêt symbolique de cette comparaison serait encore la meilleure justification possible pour ces allées et venues incessantes... mais ça ne dédouane pas le scénario pour autant ! Un peu de cohérence intradiégétique svp !!!)
Le dessinateur ne pratique visiblement pas son style naturel et le dessin est un étrange méli-mélo de ligne claire naïve et plutôt maladroite (notamment Arbacès et les conjurés) et de style réaliste (le visage de Livie ou les statues). Les visages sont souvent ratés, les anatomies ne sont pas maîtrisées, et les personnages ont des proportions et des façons de se tenir qui font saigner les yeux (sans parler des postures impossibles, genre Alix tenant un bras de statue dans chaque main comme si elles pesaient chacune l'équivalent d'une baguette de pain !). On a aussi droit à une bonne dose d'attitudes théâtrales ridicules que même Sarah Bernhardt trouverait outrées :

Veni, vidi, vici  - Page 17 AerP2RZ       Veni, vidi, vici  - Page 17 VjXFesT

La deuxième illustration ci-dessus est d'ailleurs symptômatique d'une autre tendance fâcheuse de l'album : celle de mettre dans la bouche des personnages des dialogues qui ne collent pas avec l'image et rappellent l'étrange décalage qu'on trouve dans les romans-photos bon marché :

Veni, vidi, vici  - Page 17 ZgBaTOw
Les vrais dialogues, pas franchement raccord avec l'image

Veni, vidi, vici  - Page 17 CsUrHCY
Une alternative plus plausible !!!

La mise en scène des actions est hasardeuse : en bas de la page 10 Alix et Énak repèrent une troupe de cavaliers devant eux à distance, et à l'instant suivant en page 11 les cavaliers déboulent sur eux... dans leur dos !!!  Shocked

Enfin, les caractères d'Alix et Énak ne sont pas respectés du tout. Ils ne cessent de s'envoyer des vacheries entre eux, Énak est un roquet sarcastique et constamment aggressif qui fait preuve d'une appétence manifeste pour la violence, Alix est soit en train de jouer les petits chefs et de faire la leçon aux autres, soit s'abandonne à toutes les passions sans retenue (rêve érotique, folie furieuse au combat)... On est loin du héros de Jacques Martin, un jeune homme à la fois vaillant et courageux mais aussi mature et posé, et de son fidèle compagnon doux et effacé.

Veni vedi vici est donc tout à la fois très bon sur certains points et très mauvais sur d'autres. Dès lors il a tout pour diviser son lectorat.... mais dire qu'il est entièrement à jeter ? Non, sûrement pas ! Wink

402Veni, vidi, vici  - Page 17 Empty Re: Veni, vidi, vici Mar 8 Juin - 20:28

Raymond

Raymond
Admin
Cet album est un "objet étrange" que je n'ai pas beaucoup aimé. Je ne l'ai pour cette raison jamais relu. Je me suis surtout dépêché de l'oublier et il m'est aujourd'hui difficile de disserter savamment sur cette histoire.   

Sinon, tout ce que tu écris sur le scénario me parait plutôt bien pensé mais ... pour évaluer les détails de cette BD, il faut tout de même éprouver un certain plaisir à la lire et ce n'est pas mon cas.   deso

Par ailleurs, comme tu le relèves très bien, les personnages n'ont souvent pas grand chose à voir avec ce qu'ils étaient dans les 36 albums précédents. C'est quelque chose qui m'a beaucoup énervé. Cela m'a donné l'impression que cette histoire était une sorte de caricature des autres aventures d'Alix. La machine y tourne à vide, si j'ose dire, et je ne suis finalement pas arrivé à m'intéresser aux méandres du récit.

Voilà ... c'est un jugement un peu sévère, mais il faut bien être honnête.    Neutral


_________________
Et toujours ... Veni, vidi, vici  - Page 17 Charli10

Lion de Lisbonne aime ce message

https://lectraymond.forumactif.com

403Veni, vidi, vici  - Page 17 Empty Re: Veni, vidi, vici Mar 8 Juin - 21:10

Inky

Inky
compagnon
compagnon
Je pense que c'est justement l'étrangeté de cet album qui me plaît. Ce couple d'auteurs propose indéniablement "autre chose" et ça pourrait carrément marcher si
- le scénario était moins décousu et troué comme une passoire
- le dessinateur n'était pas aussi maladroit pour les personnages (anatomies bancales, postures ridicules, visages souvent ratés...)
- on n'essayait pas de prétendre que les deux protagonistes sont Alix et Énak (ou mieux : si on leur rendait leur caractère d'origine !)

Si au moins le scénariste avait respecté les personnalités de nos héros, je suis sûr que ça serait passé beaucoup mieux. Il n'est d'ailleurs pas le seul à s'entêter à vouloir absolument faire d'Alix un bagarreur soupe-au-lait. Je parle de mémoire et je peux me tromper, mais je crois que dans L'Ombre de Sarapis on avait déjà un Alix qui se mettait à invectiver Cléopâtre, limite comme un jeune de banlieue. C'est tellement contraire à notre héros réfléchi, habitué à côtoyer les cercles du pouvoir et profondément conscient de la politique et des enjeux ! Cela m'avait choqué et je n'aime pas du tout cette brutalisation/stupidisation de notre héros... qui n'apporte absolument rien à l'histoire, d'ailleurs. Je ne sais plus si c'est dans Le Sphinx d'Or ou dans La Tiare d'Oribal (peut-être les deux) où Alix se révèle un meneur d'hommes et un combattant redoutable sans pour autant avoir besoin d'entrer en un espèce de "mode berserk" ridicule.

Alix n'est pas un colérique, c'est un indigné. Que des auteurs prétendent poursuivre l'œuvre du maître sans capter l'essence même du personnage est consternant à mon sens. En comparaison, chercher à innover en lui faisant vivre des histoires "différentes" est un péché véniel.

Donc oui j'aime quand même l'album parce qu'il y a du très bon là-dedans selon moi... mais du très mauvais aussi, et je comprends que les points négatifs surpassent les positifs pour toi et d'autres...

404Veni, vidi, vici  - Page 17 Empty Re: Veni, vidi, vici Jeu 10 Juin - 17:57

jfty

jfty
grand maître
grand maître
Il faut de tout pour faire un monde, je respecte ton avis mais, pour moi, cet album est raté, il ne poursuit pas l'idée de J. Martin ! Ce n'est plus le Alix de ma jeunesse, il fallait créer une autre série avec un autre héros . Je ne critique pas les auteurs mais ils se sont trompés de série Smile

Lion de Lisbonne aime ce message

405Veni, vidi, vici  - Page 17 Empty Re: Veni, vidi, vici Jeu 10 Juin - 19:01

Lion de Lisbonne

Lion de Lisbonne
grand maître
grand maître
jfty a écrit:Il faut de tout pour faire un monde, je respecte ton avis mais, pour moi, cet album est raté, il ne poursuit pas l'idée de J. Martin ! Ce n'est plus le Alix de ma jeunesse, il fallait créer une autre série avec un autre héros . Je ne critique pas les auteurs mais ils se sont trompés de série Smile

Moi aussi, je respecte touts les avis, mais moi aussi je sus d'accord avec toi Exclamation

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