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Les dessinateurs peu connus de Pilote, infos et interviews rares

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Ethan


grand maître
grand maître
JYB a écrit:
Ethan a écrit:Petite question au grand spécialiste de l'oeuvre de JMC que tu es.Wink
Pour les deux séries que tu cites, est-ce qu'il ne les aurait pas arrêtées pour des raisons financières ?
Dans le bouquin de Ratier, on a une fiche de paie de Dargaud de 1963 où on peut remarquer que pour Le Gall et Lebleu, JMC touche 100 fr la page, alors que pour T & L et Barbe Rouge, c'est 150 fr la page, à quoi est-du cette différence ?
(1)Oui, j'avais remarqué ça aussi, et ça pourrait expliquer que JMC ait fini par laisser tomber ces deux séries à cause du manque financier. Mais je dis bien : "pourrait", car je n'en suis pas sûr. D'une part parce que JMC faisait tout un tas de travaux qui, par la force des choses, n'étaient pas payés au même tarif selon l'organe publicateur, or ça ne l'empêchait pas de bosser pour d'autres supports que Pilote. Par ailleurs, comme je l'ai dit plus haut, il est possible aussi que l'abandon de ces séries par Charlier vienne du fait qu'elles n'étaient pas prévues en albums (donc, moins valorisantes et rapportant moins de fric), ou qu'elle vienne, pourquoi pas, de l'arrivée de Goscinny au poste de directeur du magazine Pilote, qui a voulu faire le ménage et laisser tomber des BD réalistes moins intéressantes que d'autres (d'où l'arrivée d'auteurs mis en valeur par Goscinny : les Fred, Reiser, etc ; il leur fallait bien de la place dans le magazine Pilote pour publier leurs planches de BD à eux).

Possible aussi que - dans le cas de Lebleu tout au moins - ce soit Poïvet le dessinateur qui ait stoppé la série ; je sais que Poïvet ne se passionnait pas trop pour les aventures de Guy Lebleu, avec, dans les deux dernières histoires, des histoires de disparition de camions sur les routes de France, ou de disparition de 15 milliards de diamants - même s'il disait apprécier de bosser avec le grand scénariste qu'était Charlier. En tout cas il semble que Poïvet préférait les Pionniers de l'Espérance dans Vaillant où, paraît-il, les auteurs étaient très bien payés (mieux qu'à Pilote ? Ca expliquerait encore mieux l'arrêt de Poïvet sur Lebleu).

Je vois aussi que la page des jeux (écrite par JMC encore) était payée le même prix que la page de scénario de Le Gall ou Lebleu (100 francs de l'époque) ; or, faire des jeux, c'était aussi des complications (imagination, temps passé) et ce n'était pas non plus édité en album, mais ça n'empêchait pas Charlier d'en écrire (Charlier a de tout temps rédigé des pages de jeux, que ce soit dans Spirou, Pistolin, etc dans les années 50, dans Pilote, Record, etc dans les années 60 ; remarque, je n'ai pas fait de comparaison, mais peut-être que d'un journal à l'autre, d'une période à l'autre, il recyclait les mêmes jeux, de sorte que cela ne lui prenait peut-être autant de temps que ça... A voir).

Quant au prix de 150 francs la page de Tanguy ou d Barbe-Rouge, peut-être incluait-elle aussi une avance sur les droits des albums à venir.

Je précise aussi que Charlier gagnait en plus un salaire fixe de co-rédacteur en chef. Et s'il faisait autant de choses en même temps, c'était peut-être pour gagner encore plus, mais aussi parce qu'il était un véritable créateur d'une part, très prolixe d'autre part.

Ethan a écrit:Et pourquoi son adresse est toujours celle de ses parents à Liège alors qu'il habite à Paris depuis 10 ans ?
(2)Mais jusqu'à sa mort, Charlier est resté de nationalité belge. Sa voiture était d'ailleurs immatriculée en Belgique (il disait que comme ça, quand il se garait mal dans Paris, les flics n'osaient pas le verbaliser à cause de la complication que cela induirait, administrativement ; ce qui ne veut pas dire que c'est la seule ou la principale raison qui le poussait à conserver la nationalité belge...). En revanche, quand ses parents sont morts, je ne sais pas où il se domiciliait en Belgique. Il avait aussi deux soeurs qui étaient en Belgique.

Merci pour ton explication. Wink
(1)En effet, j'avais oublié de signaler que pour les jeux, il percevait également un salaire de 100 fr par page, et je pense comme toi qu'il devait certainement recycler ceux notamment de la période Spirou.
Par contre, sur quoi se basait-on pour savoir qu'une série serait payée 150 fr et une autre 100 fr, peut-être comme tu le dis, une avance sur les droits des albums, bien qu'à l'époque, ces derniers ne représentaient aucune valeur pour un éditeur, il considérait ça plutôt comme un cadeau envers leurs auteurs.
Je n'ai jamais compris pourquoi Dargaud n'a jamais sorti les albums de Le Gall, car JMC, et ce n'est que mon avis,  a réalisé ses meilleurs scénarii pour cette dernière (notamment le secret des templiers).
Moi, j'avais lu le contraire au sujet des émoluments des auteurs de chez Vaillant. Neutral

(2) ça devait être pour une raison fiscale, le franc français connaissait jusqu'à  cette période des dévaluations constantes, et on peut supposer qu'il y gagnait au niveau du taux de change ?

JYB


vieux sage
vieux sage
Ethan a écrit:Moi, j'avais lu le contraire au sujet des émoluments des auteurs de chez Vaillant. Neutral
J'ai bien dit : "paraît-il". A vérifier. Pourtant, il me semble avoir lu quelque part que les auteurs (ou certains auteurs ?) étaient très bien payés chez Vaillant. Ne serait-ce pas dans une interview d'un de ces auteurs dans Hop ?

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
http://www.actuabd.com/Chasses-croises-entre-Pilote-et

Fildefer


grand maître
grand maître
JYB a écrit:
Ethan a écrit:Moi, j'avais lu le contraire au sujet des émoluments des auteurs de chez Vaillant. Neutral
J'ai bien dit : "paraît-il". A vérifier. Pourtant, il me semble avoir lu quelque part que les auteurs (ou certains auteurs ?) étaient très bien payés chez Vaillant. Ne serait-ce pas dans une interview d'un de ces auteurs dans Hop ?

Dans "L'histoire complète" (de Vaillant) de Richard Medioni, parue en 2012, l'auteur nous donne quelques chiffres. Une telle transparence est si rare, qu'elle mérite d'être soulignée.
Hélas, on se situe tout de même sept années plus tard, en 1970. Mais je crois que le nouveau franc "Pinay" en vigueur à l'époque n'avait pas dû trop être dévalué dans l'intervalle.

Je cite :
"En 1970, le prix d'une planche chez Pif Gadget se situe, selon la notoriété du dessinateur, entre 400 francs et 1000 francs. Le S.M.I.C. est alors de... 593 francs par mois et le rédacteur que je suis, payé au tarif syndical, touche 1098 francs."

Médioni rappelle qu'un franc de 1970 est à peu près l'équivalent de 1 euro en 2012 selon l'INSEE.
Il poursuit :
"Le prix d'une seule planche équivaut, au minimum, à la moitié d'un salaire mensuel correct."

Et nous en venons au cas qui pourrait concerner Poïvet (lequel faisait partie des anciens et des auteurs à la notoriété solidement établie, en 1970) :
"Un dessinateur réaliste trvaillant pour PG produit entre 14 et 20 planches par mois, ce qui représente alors entre 10 et 34 fois le S.M.I.C. de l'époque"
...
"Hugo Pratt* (qui n'a absolument pas la cote qu'on lui connaît aujourd'hui !) nous livre environ 15 planches par mois (ce qui est peu comparé à d'autres dessinateurs) et il perçoit 15.000 francs (15.000 euros d'aujourd'hui), Marcello atteignant 12.000 francs par mois pour son Docteur Justice, sans compter les revenus trimestriels et des albums".
Il précise que ces revenus importants tiennent compte de la loi du marché et d'une protection sociale non payée par l'employeur ! Les dessinateurs, chez PG en tout cas, avaient le statut de travailleurs indépendants avec les avantages (possibilité de fournir d'autres journaux et publications, d'obédiences diverses) et inconvénients y afférents (pas de protection sociale).
"

Poursuivons. Cette fois-ci, les chiffres sont à mettre en perspective avec les rémunérations de Pilote concernant Charlier :
"Il en va de même, des grands scénaristes, dont le prix d'une page de scénario est de 100 francs. Un scénariste comme Jean Ollivier touche 5000 francs par mois, rien que pour l'hebdo (5 fois le salaire d'un rédacteur), Roger Lecureux un peu plus : 7000 francs."
"A ces revenus, s'ajoutent les reprises, les mensuels, les trimestriels, les albums et les séries publiées chez les éditeurs concurrents.
"

Médioni conclut :
"En général, les auteurs de BD gagnent donc bien leur vie... Telle est la situation qui prévaut entre 1945 et 1973, dans l'ensemble de la presse -j'insiste sur ce point - employant des dessinateurs de BD : Vaillant, Pif Gadget, Mickey, Pilote, Tintin, Spirou, Fripounet, Lisette, Record, les éditeurs de fascicules et toutes autres publications."

Je prend toujours beaucoup de plaisir à lire les mémoires de Medioni, lorsqu'il évoque ses années de collaboration pour Vaillant et Pif.

*Concernant Corto Maltese, je rappelle qu'une majorité de lecteurs (des enfants, bien sûr) réclamaient son retrait du journal alors qu'ils plébiscitaient "Les Pionniers de l'Espérance", "Teddy Ted" ou "Le grêlé 7/13". Qui se souvient aujourd'hui du Grêlé ?

Ethan


grand maître
grand maître
Merci pour tes infos !!! pouce
Maintenant, il faudrait trouver le prix d'une planche chez 'Pilote' pour les dessinateurs.

sylvain-


docteur honoris causa
docteur honoris causa
très très intéressant !! on n'imagine pas une situation aussi avantageuse pour des auteurs, fussent-ils "auteurs vedettes", à cette époque.

merci pour toutes ces infos Fildefer. pouce

PILOTEZERO


lecteur émérite
lecteur émérite
Raymond a écrit:Je rebondis sur les propos de JYB et Fildefer à propos de mai 68 :  Very Happy

- Effectivement, les liens entre Jean-Michel Charlier et René Goscinny se sont progressivement refroidis au fils des années 60, sans qu'il soit facile de mettre une dispute en exergue. Il est possible qu'un différent se soit progressivement installé, en raison des orientations divergentes qu'ils entendaient donner au journal. Cependant, Charlier avait aussi pris une certaine distance avec Pilote à cause de ses multiples activités (reportages, voyages, TV etc ...), et ce différent ne devait donc pas être très intense.

- Les événements de mai 68 ont effectivement été racontés de plusieurs manières différentes dans le livre de José-Louis Bocquet, et il est clair que les récits des témoins directs de la rencontre (Giraud, Mandryka, Mézières ...) sont plus intéressants que ceux des autres. Dans mon souvenir, il n'y avait pas de grande différence entre les récits des différents témoins, et la plupart d'entre eux se sentait assez coupable. Il faudrait que je relise certaines pages pour être capable d'en dire plus.

- Concernant Poïvet, je ne crois pas qu'il était présent à cette réunion de mai 68, et l'arrêt de Guy Lebleu dans Pilote date de bien avant (1966). Il n'y a donc aucun lien entre les deux choses.

- Il est évident que Charlier a été le "perdant" devant l'évolution du journal Pilote, car il y a progressivement perdu sa place. Pour Goscinny, c'est plus difficile à dire, car le journal avait pris une évolution conforme à ce qu'il souhaitait, mais l'apparition de l'Echo des Savannes (puis de Métal Hurlant) a complètement bouleversé l'équilibre des forces. C'est l'irruption de cette "presse libre" qui a réellement découragé Goscinny. Il se retrouvait avec une nouvelle concurrence et n'avait manifestement plus le courage d'y faire face. Il ne tenait cependant qu'à lui de "s'accrocher" à son journal et de le faire rebondir, et Guy Vidal a d'ailleurs montré que c'était possible. Je ne vois en tout cas pas Goscinny comme un "perdant".

Je viens de récolter ce témoignage

Giraud aurait contacté un des responsables du syndicat Autonome des dessinateurs de journaux pour lui demander la possibilité de "faire en soirée" une " réunion de contestation contre Goscinny" chez Poïvet à l'Atelier 63 situé au 10 rue des Pyramides.
Refus catégorique de Poïvet et du responsable syndical qui ne voulaient pas mêler leur syndicat Autonome des dessinateurs de journaux dont le siège était également à l'atelier 63 à une histoire qui ne concernait que quelques dessinateurs.
Suite à ce revers, Giraud a improvisé et a contacté des collègues en leur donnant la brasserie à l'angle de la rue des Pyramides comme adresse pour le lendemain.
Tout le monde connaissant le lieux ou était l'atelier 63 ils n'auraient ainsi pas de mal à trouver la brasserie qui jouxtait cet atelier.
A rajouter qu'il n'y a jamais eu de réunions de ce genre au studio 63 à part celles du Syndicat, jamais.
L'éviction de Poïvet de certaines maisons d'édition n'a aucun rapport avec cette histoire, c'est tout autre.



Dernière édition par PILOTEZERO le Dim 26 Avr - 22:24, édité 1 fois

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Raymond


Admin
Mais en fait, pourquoi Poïvet aurait-il été victime d'une sorte "d'omerta" à la fin de sa carrière ?


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Fildefer


grand maître
grand maître
Oui, s'il a été victime d'une forme d'ostracisme, c'est étonnant.
En raison de son refus de mettre le local de l'Atelier 63 à la disposition des contestataires les plus virulents, Goscinny et Charlier n'auraient eu aucune raison valable d'en vouloir à Poïvet et de le discréditer par exemple aux yeux de Dargaud. On imagine mal qu'ils n'aient pas connu la position de Poïvet.
Et on comprend assez mal que la descente aux enfers de Poïvet se soit poursuivie, après une bonne décennie de quasi répit comme dessinateur des Pionniers de l'espérance, au sein même des éditions Vaillant.
Son éviction soudaine et inattendue de Pif a été douloureuse ; il en aurait conservé pas mal d'amertume, semble-t-il, ce qui est fort compréhensible. Mais tout comme Raymond, j'ai du mal à comprendre réellement ce qu'il s'est passé. Disgrâce auprès du PC ?
Lui aurait-on tenu rigueur de n'avoir pas mis son local à la disposition de Giraud ? Aurait-il été victime d'une forme d'intolérance particulièrement injuste ?  Pourtant, tous les jeunes dessinateurs ne devaient pas suivre Giraud comme des moutons, malgré l'admiration dont le dessinateur de Blueberry faisait l'objet de la part des générations montantes.
Avec le recul, Giraud n'était pas très fier de son rôle et reconnaissait s'être trompé de cible. Dans des déclarations postérieures, il a assumé sa position de leader, en regrettant toutefois le tort qu'il avait pu causer à Goscinny. Mais n'a-t-il pas été manipulé ?

Treblig


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Fildefer a écrit:
Son éviction soudaine et inattendue de Pif a été douloureuse ; il en aurait conservé pas mal d'amertume, semble-t-il, ce qui est fort compréhensible. Mais tout comme Raymond, j'ai du mal à comprendre réellement ce qu'il s'est passé. Disgrâce auprès du PC ?

La nouvelle équipe dirigeante de Pif Gadget ayant décidé de supprimer du jour au lendemain la publication des "Pionniers de l'Espérance", sans l"en avoir avisé préalablement , on comprend aisément le sentiment d'amertume de Poïvet. Twisted Evil

Tout cela parce que cette série ne rencontrait soi-disant plus le même succès qu'auparavant. Rolling Eyes

Fildefer


grand maître
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C'est cette suppression brutale décidée par la nouvelle équipe de dirigeants (Mais lesquels ? S'agissait-il de politicards ou de responsables totalement inféodés aux cadres du Parti ?) qui est difficile à comprendre. Il y a l'art et la manière de présenter les choses les plus désagréables : donc si on veut prendre des gants et mettre quelques formes, il y a toujours moyen.  
La série des "Pionniers" était emblématique. Et ses auteurs comptaient au nombre des piliers de la première heure de Vaillant.
Cette éviction n'était par ailleurs pas du tout conforme aux idées de progrès social prônées par "le Parti", et ne correspond pas aux valeurs humanistes d'un homme comme Richard Medioni, par exemple).
Par contre, elle est typique de certaines pratiques en usage dans des entreprises ultra-libérale (Coca, Monsanto, Apple, etc...) ou dans le monde de la politique ; ce qui renvoie aux purges Staliniennes opérées au sein des partis communistes soviétiques et chinois (quand le "nettoyage en profondeur" était mis en oeuvre, la seule éviction était finalement une "mesure de clémence" de nature exceptionnelle).

Raymond


Admin
Dans "L'Histoire complète de Vaillant-Pif", Richard Medioni explique très bien l'origine de la mise à l'écart de Raymond Poïvet. Elle provient du fait que "les commerciaux" du journal Pifavaient pris le pouvoir, et qu'ils considéraient les Pionniers de l'Espérance comme une série peu lue et inintéressante pour les plus jeunes lecteurs (qu'ils voulaient favoriser). Lorsque Medioni a donné sa démission, Lecureux a purement et simplement cessé de transmettre des scénarios à Poïvet, sans qu'il y ait officiellement de mise à la porte.

Après cela, Raymond Poïvet s'est retrouvé dans l'impossibilité de publier dans Pif, mais cela n'explique pas pourquoi les autres journaux de BD (il y en avait encore pas mal pendant les années 70) ne voulaient pas lui donner de travail.  Question


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Fildefer


grand maître
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Mais même cette histoire des commerciaux de Pif qui prennent le pouvoir dans un journal pour enfants relativement ancien, journal qui est une émanation du Parti communiste français, ça reste un peu court, comme explication, dirons-nous.
D'autant plus que la série aurait pu se poursuivre à une fréquence moindre (déjà, il n'y avait pas un RC des Pionniers dans chaque numéro, que je sache...) ! Tous les problèmes de rentabilité ne venaient pas que de cette seule série, non ?

Je me demande si ce n'est pas l'ostracisme manifesté en 1er lieu par les décideurs de Pif gadget qui s'est ensuite répandu dans les autres rédactions.

Toutefois, il ne faudrait pas oublier qu'il y eut quelques mains tendues, avec :
- Tintin France qui, sous la houlette de Charlier, permettra une nouvelle publication de certains titres de Guy Lebleu ;
- Le journal de Lucky Luke, qui avait proposé la prépublication de Tiriel ;
- Circus, avec l'Echiquier cubique, que Glénat publiera en album, celui-ci s'ajoutant aux deux Guy Lebleu et à un Colonel X, mais hélas, ce sera à peu près tout ;
- L'Echo des Savanes, publiant un très beau récit complet ;
- Métal Hurlant où Dionnet reprend son Tiriel pour une suite qui sera éditée en album ;
- L'histoire de France en BD, chez Larousse, à la fin des années 70, qui tombait à pic ;

Pour moi, le problème majeur est bien celui de l'arrêt des Pionniers dans Pif, après l'abandon de Guy Lebleu dans Pilote. Deux séries qui avaient permis à Poïvet de vivre décemment durant à peu près trois décennies (années 50 à 70 incluses).
Après, ce sera l'âpre combat pour survivre, puisque faute d'albums en librairie, l'absence de prépublication dans une revue représentait un manque à gagner préoccupant.

Patapon


débutant
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Il y a eu un post sur Colman Cohen. Dessinateur de la BD Antonin. Je l ai bien connu quand j étais enfant et ai encore de ces nouvelles. Il a été longtemps peintre. Puis il s est intéressé à la retouche d image et travaillé dans l édition. A présent il est photographe. Il y a de l humour et de la poésie dans son travail aujourd'hui comme il y a 40 ans!

Raymond


Admin
Bienvenue dans notre forum, Patapon !  cheers

Et ron et ron , petit patapon ... aah ... cela me rappelle le bon vieux temps !  

Tes informations sont précieuses, car on ne sait pratiquement rien de cet auteur délicat et poétique. Il serait d'ailleurs probablement resté inconnu s'il n'avait pas été publié dans le journal Pilote.

Est-ce que Colman Cohen t'a parlé de ses BD d'une manière générale ? Accorde t-il de l'importance à ce qu'il a dessiné dans Pilote ?


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Patapon


débutant
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Je crois qui il a tourné la page de cette période. Il faisait parti d un groupe d artiste avec lesquels ils vivaient plus ou moins a plein temps. J étais très jeune je ne sais pas grand chose de cette époque. Mon père avait un projet de dessin animé avec lui. Mais ça n a pas aboutit. J ai un livre de poésie illustré par Colman de cette période. Je ne l ai pratiquement connu que en temps que peintre. Je crois qui il a abandonné le groupe de pilot après un décès ou une dispute. Il a abandonné complètement ce milieu a cause de raison personnel douloureuse si j ai bien compris. Il a chercher des reponses dans la recherche de l absurdité drole , tragique et mystérieux de la vie par la peinture et l écriture. Il a fait quelques expositions, des commandes. Mais il a complètement abandonné peinture et crayon il y a au moins 10 ans. Il s interoge et se moque de notre société avec des photos au il travail sur photoshop. Je crois au il n aime pas revenir sur son travail passé. Il a beaucoup a faire avec le présent!

Treblig


Double prix Nobel
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Patapon a écrit:Il y a eu un post sur Colman Cohen. Dessinateur de la BD Antonin. Je l ai bien connu quand j étais enfant et ai encore de ces nouvelles. Il a été longtemps peintre. Puis il s est intéressé à la retouche d image et travaillé   dans l édition. A présent il est photographe. Il y a de l humour et de la poésie dans son travail aujourd'hui comme il y a 40 ans!




sylvain-


docteur honoris causa
docteur honoris causa
une publication des BD de TOUIS (Sergent Laterreur etc..) parues dans Pilote devrait sortir en Mai 2016

voilà une belle et grande nouvelle car ce dessinateur était d'une originalité et d'une mordernité sidérante !

http://lechantdesmuses.fr/touisvivian-miessen/47-touis-comix-1-9791091730075.html







519 Patrice Leconte, Gibo, François Solo le Jeu 24 Mar - 14:17

MS.BlueBerry


alixophile
alixophile
Bonjour, je viens de m'inscrire sur ce forum sympa et sérieux, et me suis présenté dans la rubrique ad-hoc. J'ai lu attentivement tout ce sujet, et je n'ai pas vu les noms de quelques auteurs qui sont passés plus ou moins fugitivement à Pilote.

Le plus connu est Patrice Leconte, dont tout le monde a oublié qu'avant de devenir le réalisateur de cinéma réputé que l'on sait, il a commencé par la BD dans Pilote vers 1971, avec un graphisme très étonnant et très personnel (que perso je n'aimais pas trop, je suis trop académique. Mais bon...). Ce qui montre la grande ouverture d'esprit de René Goscinny qui accueillait tout ce qui lui semblait intéressant, même s'il ne comprenait pas tout, ou si ça sortait de ses critères esthétiques et narratifs personnels (comme Druillet par exemple).

Autre auteur oublié : Gibo, qui faisait des caricatures, entre autres. Je me souviens d'une double page qui parodiait les Grandes Gueules de Mulatier-Morchoisne-Ricor, les "Grandes Bajoues" : il y avait Gabin, Paul Meurisse, entre autres...

Et enfin je cite François Solo, autre caricaturiste qui poussait le genre très loin dans la déformation-exagération. Dans le trio des Grandes Gueules, seul Ricor est allé presque aussi loin dans l'exagération avec les portraits de Lee Marvin et de Jacques Brel. J'ai un bouquin de Solo que j'ai rencontré à quelques reprises. Le bonhomme était sympa. Je ne sais pas ce qu'il est devenu.

Raymond


Admin
Effectivement, il y a eu un certain nombre d'oubliés !  deso

C'est bien de relancer le sujet. Je vais voir ce que je trouve sur Patrice Leconte, qui a été maintes fois interviewé.

Pour ce qui concerne Gibo et François Solo ... je n'ai aucun souvenir d'eux.  Embarassed   Je verrai si on peut trouver quelque chose


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MS.BlueBerry


alixophile
alixophile
Gibo, je n'ai rien de lui chez moi, je n'ai plus de vieux Pilote. Ce sont juste des souvenirs de plus de 40 ans...
Quant à Solo, je peux scanner quelques dessins du bouquin que j'ai de lui. Mais son style s'était alors considérablement affermi depuis l'époque de Pilote, où il avait un trait assez tremblotant.

JYB


vieux sage
vieux sage
MS.BlueBerry a écrit:Gibo, je n'ai rien de lui chez moi, je n'ai plus de vieux Pilote. Ce sont juste des souvenirs de plus de 40 ans...
Gibo a fait un certain nombre de planches dans Pilote aux alentours de 1970/71, mais parfois ce n'était pas de la BD vraiment.
Dans le même numéro de Pilote, le 608, en 1971, il y avait deux planches de lui, pour deux récits distincts. L'un en Noir & blanc :


L'autre en couleur :



Pilote ayant l'habitude à l'époque de montrer la trombine de chaque auteur de ce genre de récits, dans le bandeau de titre, voici celui de Gibo, qui figure en haut de la page Noir & blanc montrée plus haut, et que j'agrandis ici :



Je n'ai rien sur sa biographie.
Sur mon site jmcharlier.com (en rade en ce moment, comme par hasard...), je présente la seule BD que Charlier et Gibo aient faite ensemble, intitulée Catch 22 (dans Pilote bien sûr). C'est sans doute le dessinateur le plus inhabituel et non-conforme qu'ait eu Charlier dans toute sa carrière....

MS.BlueBerry


alixophile
alixophile
Bravo pour avoir retrouvé ces pépites ! C'est bien ce dont je me souvenais de Gibo. Son portrait ne semble pas avoir été brossé par Alexis comme c'était l'habitude. On dirait plutôt un autoportrait.

Raymond


Admin
Bravo JYB !  pouce

On peut sinon retrouver d'autres infos sur le WEB, au sujet de Gibo. Il y a en particulier un petit article de Wikipédia, où on apprend qu'il a dessiné par la suite des BD dans Télé Z et Télé Journal.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gibo

Bandes Dessinées oubliées nous fait par ailleurs la liste de ses publications dans Pilote. Voulez-vous que je vous ressorte une ou deux BD ?

http://bdoubliees.com/journalpilote/auteurs2/gibo.htm

Un article sur "Gibo caricaturiste" mis en ligne à l'occasion d'un salon du livre. On y trouve également un portrait avec cheveux longs, probablement ancien.

http://www.lirenval.com/Asitesalon2011/Salon%202011/Auteurs/Auteurs%202011/Gibo.htm

Sur le site du festival de Castelnaudary se trouve également un résumé de sa carrière, dont je vous mets ici la copie :

GIBO

Entre deux dessins apprendre à lire et à écrire.
Des études aux Arts Graphiques, et... première B.D. publiée dans « Le Miroir du Fantastique ». Puis B.D. et caricatures pour : Pilote », « Rolk & Folk », « Noir & Blanc », les journaux des «Editions Fleurus » « Casimir », de « l'île aux enfants », en B.D....

Participation au « Tac au tac » de Jean FRAPAT (à la télé)...

Réalisation d'une dizaine d'albums illustrés pour les petits...

Illustrations des chansons d'Alain SOUCHON et des œuvres de PAGNOL pour les grands... Illustrations B.D. et Caricatures dans « Télé Z »...

Collaboration régulière à « intérêts Privés » et « Action-Affaires »...

Participations à « Caricature et Caricaturistes » qui édite 2 livrets Dessins « GIBO : Caricatures de stars » et « Têtes de stars ».

Illustration des « Institutions »...

(Prix d'Humour Tendre au salon du dessin de presse à Saint Just le Martel)...

(Prix de la Presse Ariégeoise à Mirepoix)...

Vient de paraître : Caricature et Caricaturistes : « GIBO rencontre avec...»



La même page propose également une caricature de Gibo faite pendant les années 2000 !




Opale BD affiche aussi une petite photo du dessinateur.  



That's all, folks !  Wink


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Raymond


Admin
Quelques caricatures de vedettes de la TV par Gibo. Tout d'abord, André Manoukian.





Puis Eric Naulleau.



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