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Les dessinateurs peu connus de Pilote, infos et interviews rares

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JYB


vieux sage
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Raymond a écrit:Passons à un dessinateur beaucoup plus obscur : Jean-Louis Goussé ! Cela va être plus dur.  siffle 
Il y a un extrait de BD de Goussé (sur scénario de Charlier...) sur mon site jmcharlier.com, à ce lien : http://jmcharlier.com/bd_divers.php

Raymond

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Merci JYB !

Sinon ... dans quoi me suis-je embarqué ? Rolling Eyes Il n'y a vraiment pas grand chose sur Jean-Louis Goussé, que ce soit sur le Web ou dans la littérature critique de BD. Aucun journal ne parle de lui, et il n'y a même pas un article à son sujet dans Lambiek.net.

Pourtant, quand on fait la liste de ses travaux pour le journal Pilote, on se rend compte qu'il n'était pas qu'un collaborateur occasionnel. Il a dessiné régulièrement pendant quatre ans des pages d'actualités, comme le montre cette page de Bandes Dessinées Oubliées.

http://www.bdoubliees.com/journalpilote/auteurs2/gousse.htm

Goussé s'est éclipsé du journal peu après que celui-ci soit devenu mensuel, et il devient ensuite difficile de savoir ce qu'il fait. On découvre toutefois en 1977 un album chez Dargaud sur un scénario de Christine Arnothy, qui s'appelle Clodomir Free. C'est presque un "graphic novel" mais il n'a eu aucun succès. Neutral 



Il est probable que dès 1975, Goussé s'est beaucoup consacré à des travaux alimentaires. On retrouve ainsi son nom sur des fascicules de "bandes dessinées adultes", de qualité douteuse (cette trouvaille vient de la bédéthèque).



On retrouve aussi le nom de Goussé en tant qu'illustrateur d'un grand nombre de livres didactiques. il y a par exemple cette série de manuels d'apprentissage des langues.



Je suppose qu'il est maintenant à la retraite ?  Rolling Eyes


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Raymond

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Voici tout de même une histoire en 2 pages de Goussé, parue dans le Pilote mensuel N° 2 !



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Raymond

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C'est bien dessiné mais le style n'est pas exceptionnel !  Il en est de même pour le scénario ! Rolling Eyes 



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Mossman


débutant
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Raymond a écrit:

Je n'ai jamais vu un seul portrait de lui, ni bien sûr une interview. C'est un personnage plein de mystères.  Rolling Eyes
Bonjour !
Non seulement Georges Grammat n'est pas mystérieux mais il est toujours dans le monde des vivants !
Et pour répondre à quelques questions que vous vous posez :
- Oui, un 3e album du Duc de Saint-Piastre a bien été réalisé et achevé mais le décès de Goscinny, grand camarade de Grammat, a remis en cause sa parution. Un album mort-né en quelque sorte.
- Oui, Grammat a papillonné dans le monde de la BD car son métier, à la base, est le dessin animé qu'il a appris au Canada et aux Etats-Unis dans les années 1950. C'est donc bien plus tard qu'il s'est "amusé" à la BD.
- Par la suite, entre autres choses, il a été réalisateur pour l'ORTF (télévision française), il a réalisé des illustrations pour de nombreux livres scolaires et parascolaires (dont "Les Aventures de Benoît" par exemple...), mais aussi des génériques de film de cinéma (dont "L'Etalon" de Jean-Pierre Mocky).
- Puis il est parti travailler, toujours dans le dessin animé, à Hollywood, au Japon, en Chine mais aussi en France ; Spiral Zone, Il était une fois l'homme, La Ballade des Dalton...)
Bref, une très longue carrière qui embrasse aussi bien l'animation, l'illustration, les storyboards que la BD. Et si vous voulez en savoir plus, n'hésitez pas à le contacter sur Facebook, il en sera ravi, j'en suis sûr ! ==> https://www.facebook.com/georges.grammat?fref=ts

Cordialement,
Daniel.

P.-S. Mais n'espérez pas retrouver un quelconque dessin original du bonhomme, il a toujours détruit son travail à mesure qu'il était édité. Pas vraiment le genre conservateur...

Raymond

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Un grand merci pour cette intervention, Mossman ! Very Happy 


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PILOTEZERO

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Dernière édition par PILOTEZERO le Lun 22 Déc - 1:11, édité 1 fois

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Raymond

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Un grand merci pour cette interview !

Chakir n'a donc pas encore publié son projet autobiographique en BD ?


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sylvain-

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docteur honoris causa
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génial.

un grand merci pour ces interview.

Jean-Luc

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grand maître
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Raymond a écrit:Un grand merci pour cette interview !

Chakir n'a donc pas encore publié  son projet autobiographique en BD ?


Juste le tome 1 est paru au Coffre à BD.

J'en avais parlé avec Jean Chakir, il y a un an et il pensait déjà à remanier ce premier tome.
Il m'a montré les planches du tome 2 qui n'est donc, toujours pas paru à ce jour.

Treblig


Double prix Nobel
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PILOTEZERO

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Raymond

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J'aime assez la controverse qui suit les déclarations de Chakir sur mai 68 !  Very Happy



Dernière édition par Raymond le Dim 21 Déc - 13:59, édité 1 fois


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Fildefer

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grand maître
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La controverse entre qui et qui ?  Question  scratch
Je n'ai pour l'instant que visionné "la conférence" (qui est une conférence de rédaction, une réunion de travail filmée par l'ORTF) où l'ambiance semblait plutôt bonne et détendue, et "mai 1968" où Chakir exprime sa solidarité et son soutien sans faille envers Goscinny.

Raymond

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Il y a une controverse sur la page Facebook (à laquelle tu participes d'ailleurs, avec Christian Godard et Jean-Pierre Dionnet).  Wink


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Fildefer

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grand maître
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Et si l'on n'a pas de compte Facebook, y-a-t-on accès tout de même ?



Dernière édition par Fildefer le Sam 20 Déc - 12:39, édité 1 fois

Raymond

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Elle est accessible à tout le monde, de même que la vidéo, ici :



Dernière édition par Raymond le Lun 22 Déc - 8:24, édité 2 fois


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Fildefer

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grand maître
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Ah, OK merci. J'irai voir cela après déjeuner, je me fais un peu trop attendre...

Fildefer

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grand maître
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Tu veux parler de la discussion par messages électroniques, qui figure sur la même page que la très courte vidéo sur "mai 68 à Pilote" ?

J'ai du mal à tout bien appréhender. Je trouve Chakir et Godard très sympathiques (et talentueux) et ça ne date pas de leurs interventions sur ce sujet sensible. Mais dans l'échange entre Godard et Dionnet, je ne sais pas s'il faut se placer au 1er degré ou au second ? Dionnet aurait-il fait des promesses non tenues ? Godard se mordrait-il les doigts de ne pas avoir intégré l'équipe de Métal Hurlant pour y publier son Vagabond des Limbes (ce qui permit à Glénat d'avoir une série couleurs de SF moderne, dans le tout jeune magazine Circus ? Y-a-t-il de l'ironie dans les propos ? Du regret ?

J'aimerais bien retrouver le bouquin de Marie-France Guillaume ou de Bocquet dans lequel de nombreux dessinateurs donnaient leur version des choses (Druillet, Graton non en tant qu'auteur de Pilote mais en tant qu'ami de R.G. (entendez Goscinny)), et où Giraud se livrait à une sorte de mea culpa, etc... De toutes ces voix, et de propos contradictoires, objectifs ou non, on pouvait forger sa propre opinion sur un embryon de vérité, sur une impression d'ensemble.

Concernant Poïvet : après 68, Guy Lebleu sera curieusement absent de Pilote. Goscinny lui aurait-il tenu rigueur de quelque chose où est-ce une coïncidence ? Il s'est exprimé sur son éviction de Pif Gadget, sur l'atelier qu'il animait, mais je n'ai pas le souvenir d'avoir lu une évocation de la tourmente qui a agité Pilote en 1968.

Pour ma part, je pense qu'indépendamment des événements de 1968, il y avait une dualité au sein de Pilote, entre deux tendances qui ont cohabité un certain temps mais que 1968 a du rendre antagonistes, par clivage : la conception de Charlier et celle de Goscinny sur le contenu du journal.
Je me demande si Charlier, qui n'était pas forcément hostile à une BD destinée aux adultes (il semblait apprécier l'humour de Reiser) mais qui ne l'envisageait que sur un support distinct de la presse jeunesse, n'a pas vu venir la tempête ?  
N'aurait-il pas pressenti que Goscinny, en donnant de plus en plus d'importance, dans les pages du journal, à de jeunes dessinateurs parfois contestataires et animés autant par leurs convictions politiques que par leur art, allait être, sans le vouloir, un acteur du déclin du journal Pilote, à travers ses avatars successifs ?
Charlier fut un des grands perdants immédiats, car Goscinny, même sans journal, ne produisait plus que des best sellers avec Astérix, Lucky Luke et, dans une moindre mesure, Iznogoud. Il avait quasiment déjà laissé tomber toutes ses autres séries.
Tandis que Charlier avait des tirages plus modestes et avait davantage besoin d'un support journal pour prépublier des bandes afin de fidéliser un public (même si beaucoup d'auteurs l'auraient envié).
Et l'expérience Super As prouvera que même si la télévision l'accapara fortement, il n'a jamais cessé d'imaginer des scénarios de BD et ses séries phares (Buck Danny, Tanguy, Blueberry et Barbe Rouge) ne semblaient pas suffire à faire vivre et écouler les nombreuses idées qui germaient dans sa tête.  En créant des dossiers pour la télé, son cerveau fécond concoctait des histoires pouvant s'adapter aux héros déjà existants ou nécessitant la création de nouvelles séries. Et comme ce n'était pas un homme au tempérament pessimiste, il ne s'est jamais trop étalé en propos amers sur les événements de 68 (et surtout d'après) mais on trouve ici et là, dans ses interviews quelques remarques qui semblent aller dans le sens de ce que je ne fais que pressentir.

En gros, et pour résumer :
- 1968 : Goscinny est KO et très affecté moralement ; Charlier assiste au début du naufrage ;
- après 1968 : le journal prend une orientation qui rejoint les aspirations secrètes de Goscinny, et ressemble à sa vision d'un "Mad à la française". Lucky Luke, transfuge de Spirou en profite pour rejoindre le navire Pilote (faisant suite à Iznogoud qui venait de Record-Bayard) ; pour l'instant, Goscinny semble avoir rebondi. La télé lui ouvre ses portes ;
- un certain nombre de séries de Charlier disparaissent de la scène définitivement (Le Gall, Lebleu) et de nouvelles qui auraient pu y être accueillies (Brazier, Los Gringos, Ron Clarke) un jour ne pourront compter sur l'ancien bébé de Goscinny et Charlier comme support de prépublication ;
Mais cette évolution du magazine, ne s'arrêtera pas à son fragile et instable point d'équilibre. Un mouvement inexorable lui fera prendre une telle ampleur qu'on pourra alors parler de véritable révolution à propos des transformations en profondeur opérées en son sein. Cette révolution aboutira à la formule du Pilote mensuel qui n'a plus grand chose à voir avec le Pilote d'origine. Un nouveau nom de journal aurait du être trouver pour ne pas tromper les lecteurs (mais comment se priver d'une frange fidèle, même si déroutée), comme par exemple "Machin-Truc, le journal BD de l'homme moderne (sous-entendu celui qui achète également le magazine Lui)".
Et au final, dans cette nouvelle formule mensuelle (et ses nouveaux avatars Pilote et Charlie etc...), très vite on ne trouvera plus trace ni de Goscinny, ni de Charlier.
Deux perdants ex-aequo : Goscinny et Charlier, et ceux qui croyaient dans les capacités de ces derniers à manoeuvrer le navire, grâce à leur grande expérience et à leurs best sellers, indispensables pour la rentabilité d'un journal et d'une maison d'édition. Et les plus grands perdans auront été des gens comme Chakir, Godard, Martial, entre autres.

PILOTEZERO

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Fildefer a écrit:Tu veux parler de la discussion par messages électroniques, qui figure sur la même page que la très courte vidéo sur "mai 68 à Pilote" ?

J'ai du mal à tout bien appréhender. Je trouve Chakir et Godard très sympathiques (et talentueux) et ça ne date pas de leurs interventions sur ce sujet sensible. Mais dans l'échange entre Godard et Dionnet, je ne sais pas s'il faut se placer au 1er degré ou au second ? Dionnet aurait-il fait des promesses non tenues ? Godard se mordrait-il les doigts de ne pas avoir intégré l'équipe de Métal Hurlant pour y publier son Vagabond des Limbes (ce qui permit à Glénat d'avoir une série couleurs de SF moderne, dans le tout jeune magazine Circus ? Y-a-t-il de l'ironie dans les propos ? Du regret ?

J'aimerais bien retrouver le bouquin de Marie-France Guillaume ou de Bocquet dans lequel de nombreux dessinateurs donnaient leur version des choses (Druillet, Graton non en tant qu'auteur de Pilote mais en tant qu'ami de R.G. (entendez Goscinny)), et où Giraud se livrait à une sorte de mea culpa, etc... De toutes ces voix, et de propos contradictoires, objectifs ou non, on pouvait forger sa propre opinion sur un embryon de vérité, sur une impression d'ensemble.

Concernant Poïvet : après 68, Guy Lebleu sera curieusement absent de Pilote. Goscinny lui aurait-il tenu rigueur de quelque chose où est-ce une coïncidence ? Il s'est exprimé sur son éviction de Pif Gadget, sur l'atelier qu'il animait, mais je n'ai pas le souvenir d'avoir lu une évocation de la tourmente qui a agité Pilote en 1968.

Pour ma part, je pense qu'indépendamment des événements de 1968, il y avait une dualité au sein de Pilote, entre deux tendances qui ont cohabité un certain temps mais que 1968 a du rendre antagonistes, par clivage : la conception de Charlier et celle de Goscinny sur le contenu du journal.
Je me demande si Charlier, qui n'était pas forcément hostile à une BD destinée aux adultes (il semblait apprécier l'humour de Reiser) mais qui ne l'envisageait que sur un support distinct de la presse jeunesse, n'a pas vu venir la tempête ?  
N'aurait-il pas pressenti que Goscinny, en donnant de plus en plus d'importance, dans les pages du journal, à de jeunes dessinateurs parfois contestataires et animés autant par leurs convictions politiques que par leur art, allait être, sans le vouloir, un acteur du déclin du journal Pilote, à travers ses avatars successifs ?
Charlier fut un des grands perdants immédiats, car Goscinny, même sans journal, ne produisait plus que des best sellers avec Astérix, Lucky Luke et, dans une moindre mesure, Iznogoud. Il avait quasiment déjà laissé tomber toutes ses autres séries.
Tandis que Charlier avait des tirages plus modestes et avait davantage besoin d'un support journal pour prépublier des bandes afin de fidéliser un public (même si beaucoup d'auteurs l'auraient envié).
Et l'expérience Super As prouvera que même si la télévision l'accapara fortement, il n'a jamais cessé d'imaginer des scénarios de BD et ses séries phares (Buck Danny, Tanguy, Blueberry et Barbe Rouge) ne semblaient pas suffire à faire vivre et écouler les nombreuses idées qui germaient dans sa tête.  En créant des dossiers pour la télé, son cerveau fécond concoctait des histoires pouvant s'adapter aux héros déjà existants ou nécessitant la création de nouvelles séries. Et comme ce n'était pas un homme au tempérament pessimiste, il ne s'est jamais trop étalé en propos amers sur les événements de 68 (et surtout d'après) mais on trouve ici et là, dans ses interviews quelques remarques qui semblent aller dans le sens de ce que je ne fais que pressentir.

En gros, et pour résumer :
- 1968 : Goscinny est KO et très affecté moralement ; Charlier assiste au début du naufrage ;
- après 1968 : le journal prend une orientation qui rejoint les aspirations secrètes de Goscinny, et ressemble à sa vision d'un "Mad à la française". Lucky Luke, transfuge de Spirou en profite pour rejoindre le navire Pilote (faisant suite à Iznogoud qui venait de Record-Bayard) ; pour l'instant, Goscinny semble avoir rebondi. La télé lui ouvre ses portes ;
- un certain nombre de séries de Charlier disparaissent de la scène définitivement (Le Gall, Lebleu) et de nouvelles qui auraient pu y être accueillies (Brazier, Los Gringos, Ron Clarke) un jour ne pourront compter sur l'ancien bébé de Goscinny et Charlier comme support de prépublication ;
Mais cette évolution du magazine, ne s'arrêtera pas à son fragile et instable point d'équilibre. Un mouvement inexorable lui fera prendre une telle ampleur qu'on pourra alors parler de véritable révolution à propos des transformations en profondeur opérées en son sein. Cette révolution aboutira à la formule du Pilote mensuel qui n'a plus grand chose à voir avec le Pilote d'origine. Un nouveau nom de journal aurait du être trouver pour ne pas tromper les lecteurs (mais comment se priver d'une frange fidèle, même si déroutée), comme par exemple "Machin-Truc, le journal BD de l'homme moderne (sous-entendu celui qui achète également le magazine Lui)".
Et au final, dans cette nouvelle formule mensuelle (et ses nouveaux avatars Pilote et Charlie etc...), très vite on ne trouvera plus trace ni de Goscinny, ni de Charlier.
Deux perdants ex-aequo : Goscinny et Charlier, et ceux qui croyaient dans les capacités de ces derniers à manoeuvrer le navire, grâce à leur grande expérience et à leurs best sellers, indispensables pour la rentabilité d'un journal et d'une maison d'édition. Et les plus grands perdans auront été des gens comme Chakir, Godard, Martial, entre autres.



Voilà ..disons que ce qui c'est passé plutôt vers courant 1972 ressemble de très près à ce qui s'est déroulé au printemps 1959 Avec Clauteaux .

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JYB


vieux sage
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Concernant ce qui s'est passé à cette époque (vers 1968), je ne peux personnellement que faire des suppositions. On voit aussi que l'affaire est complexe, que chaque témoin raconte sa version à lui, etc., aussi il est difficile d'affirmer ceci ou cela.
Pour moi, le tournant pour Charlier est un peu avant 1968, et cinq faits se sont combinés pour orienter sa carrière.
1) des séries comme Jacques Le Gall et Guy Lebleu se sont arrêtées en 1967 (donc, un an avant la fameuse année 1968), et elles se sont même arrêtées presque en même temps début avril 1967, coup sur coup (dans un numéro de Pilote pour l'une, et dans le numéro suivant de Pilote pour l'autre). Il est possible que cet arrêt soit dû à une moindre réussite et à une absence de publication en albums.
2) Charlier a souvent critiqué l'éditeur Georges Dargaud, qui avait une politique éditoriale particulière et défavorable à ce qu'espérait Charlier (mais Dargaud étant le patron, n'est-ce pas...). Charlier finira par quitter la maison en 1972, à cause, principalement, de Georges Dargaud.
3) c'est vers 1965/66 que Charlier a commencé à écrire pour la télévision (tournage de la série TV Les Chevaliers du ciel en été 1966, diffusion du feuilleton à la télé à partir de 1967. Gros changement pour Charlier, tant au niveau du support (la télé) qu'au niveau du centre d'intérêt (Charlier se passionne pour l'image, la télé).
4) de toute façon, Goscinny avait déjà pris la main sur le journal Pilote puisqu'il est devenu directeur de la rédaction dès mi-1967 (dans l'"ours" du journal, il devient directeur, à la place de Georges Dargaud lui-même, dans le numéro 402 du 6 juillet 1967). Peut-on imaginer que la non-reconduction des séries Le Gall et Lebleu soit venue de Goscinny lui-même ?
5) il faut admettre que Goscinny et Charlier ne s'entendaient pas aussi bien qu'on le croit.... Il semble qu'il y ait eu des raisons de friction entre les deux, et pas que sur des points de détail, et ce bien avant mai 1968.
Pour moi, la révolution de mai 1968 (dans la société comme au sein de la rédaction de Pilote) a été pour Charlier une péripétie de plus mais de grands changements s'étaient opérés déjà en lui.

PILOTEZERO

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[quote="Raymond"]Elle est accessible à tout le monde, de même que la vidéo, ici :
Effacé comme les autres car j'avais sorti le lien directement d emon compte et un proche est rentré par jeu dans le compte qui n'était pas protégé car ouvert depuis mes liens postés ...je suis désolé je les remettrai

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Raymond

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Je rebondis sur les propos de JYB et Fildefer à propos de mai 68 :  Very Happy

- Effectivement, les liens entre Jean-Michel Charlier et René Goscinny se sont progressivement refroidis au fils des années 60, sans qu'il soit facile de mettre une dispute en exergue. Il est possible qu'un différent se soit progressivement installé, en raison des orientations divergentes qu'ils entendaient donner au journal. Cependant, Charlier avait aussi pris une certaine distance avec Pilote à cause de ses multiples activités (reportages, voyages, TV etc ...), et ce différent ne devait donc pas être très intense.

- Les événements de mai 68 ont effectivement été racontés de plusieurs manières différentes dans le livre de José-Louis Bocquet, et il est clair que les récits des témoins directs de la rencontre (Giraud, Mandryka, Mézières ...) sont plus intéressants que ceux des autres. Dans mon souvenir, il n'y avait pas de grande différence entre les récits des différents témoins, et la plupart d'entre eux se sentait assez coupable. Il faudrait que je relise certaines pages pour être capable d'en dire plus.

- Concernant Poïvet, je ne crois pas qu'il était présent à cette réunion de mai 68, et l'arrêt de Guy Lebleu dans Pilote date de bien avant (1966). Il n'y a donc aucun lien entre les deux choses.

- Il est évident que Charlier a été le "perdant" devant l'évolution du journal Pilote, car il y a progressivement perdu sa place. Pour Goscinny, c'est plus difficile à dire, car le journal avait pris une évolution conforme à ce qu'il souhaitait, mais l'apparition de l'Echo des Savannes (puis de Métal Hurlant) a complètement bouleversé l'équilibre des forces. C'est l'irruption de cette "presse libre" qui a réellement découragé Goscinny. Il se retrouvait avec une nouvelle concurrence et n'avait manifestement plus le courage d'y faire face. Il ne tenait cependant qu'à lui de "s'accrocher" à son journal et de le faire rebondir, et Guy Vidal a d'ailleurs montré que c'était possible. Je ne vois en tout cas pas Goscinny comme un "perdant".


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Ethan

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JYB a écrit:Concernant ce qui s'est passé à cette époque (vers 1968), je ne peux personnellement que faire des suppositions. On voit aussi que l'affaire est complexe, que chaque témoin raconte sa version à lui, etc., aussi il est difficile d'affirmer ceci ou cela.
Pour moi, le tournant pour Charlier est un peu avant 1968, et cinq faits se sont combinés pour orienter sa carrière.
1) des séries comme Jacques Le Gall et Guy Lebleu se sont arrêtées en 1967 (donc, un an avant la fameuse année 1968), et elles se sont même arrêtées presque en même temps début avril 1967, coup sur coup (dans un numéro de Pilote pour l'une, et dans le numéro suivant de Pilote pour l'autre). Il est possible que cet arrêt soit dû à une moindre réussite et à une absence de publication en albums.
.

Petite question au grand spécialiste de l'oeuvre de JMC que tu es.Wink
Pour les deux séries que tu cites, est-ce qu'il ne les aurait pas arrêtées pour des raisons financières ?
Dans le bouquin de Ratier, on a une fiche de paie de Dargaud de 1963 où on peut remarquer que pour Le Gall et Lebleu, JMC touche 100 fr la page, alors que pour T & L et Barbe Rouge, c'est 150 fr la page, à quoi est-du cette différence ?
Et pourquoi son adresse est toujours celle de ses parents à Liège alors qu'il habite à Paris depuis 10 ans ?

JYB


vieux sage
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Ethan a écrit:Petite question au grand spécialiste de l'oeuvre de JMC que tu es.Wink
Pour les deux séries que tu cites, est-ce qu'il ne les aurait pas arrêtées pour des raisons financières ?
Dans le bouquin de Ratier, on a une fiche de paie de Dargaud de 1963 où on peut remarquer que pour Le Gall et Lebleu, JMC touche 100 fr la page, alors que pour T & L et Barbe Rouge, c'est 150 fr la page, à quoi est-du cette différence ?
Oui, j'avais remarqué ça aussi, et ça pourrait expliquer que JMC ait fini par laisser tomber ces deux séries à cause du manque financier. Mais je dis bien : "pourrait", car je n'en suis pas sûr. D'une part parce que JMC faisait tout un tas de travaux qui, par la force des choses, n'étaient pas payés au même tarif selon l'organe publicateur, or ça ne l'empêchait pas de bosser pour d'autres supports que Pilote. Par ailleurs, comme je l'ai dit plus haut, il est possible aussi que l'abandon de ces séries par Charlier vienne du fait qu'elles n'étaient pas prévues en albums (donc, moins valorisantes et rapportant moins de fric), ou qu'elle vienne, pourquoi pas, de l'arrivée de Goscinny au poste de directeur du magazine Pilote, qui a voulu faire le ménage et laisser tomber des BD réalistes moins intéressantes que d'autres (d'où l'arrivée d'auteurs mis en valeur par Goscinny : les Fred, Reiser, etc ; il leur fallait bien de la place dans le magazine Pilote pour publier leurs planches de BD à eux).

Possible aussi que - dans le cas de Lebleu tout au moins - ce soit Poïvet le dessinateur qui ait stoppé la série ; je sais que Poïvet ne se passionnait pas trop pour les aventures de Guy Lebleu, avec, dans les deux dernières histoires, des histoires de disparition de camions sur les routes de France, ou de disparition de 15 milliards de diamants - même s'il disait apprécier de bosser avec le grand scénariste qu'était Charlier. En tout cas il semble que Poïvet préférait les Pionniers de l'Espérance dans Vaillant où, paraît-il, les auteurs étaient très bien payés (mieux qu'à Pilote ? Ca expliquerait encore mieux l'arrêt de Poïvet sur Lebleu).

Je vois aussi que la page des jeux (écrite par JMC encore) était payée le même prix que la page de scénario de Le Gall ou Lebleu (100 francs de l'époque) ; or, faire des jeux, c'était aussi des complications (imagination, temps passé) et ce n'était pas non plus édité en album, mais ça n'empêchait pas Charlier d'en écrire (Charlier a de tout temps rédigé des pages de jeux, que ce soit dans Spirou, Pistolin, etc dans les années 50, dans Pilote, Record, etc dans les années 60 ; remarque, je n'ai pas fait de comparaison, mais peut-être que d'un journal à l'autre, d'une période à l'autre, il recyclait les mêmes jeux, de sorte que cela ne lui prenait peut-être autant de temps que ça... A voir).

Quant au prix de 150 francs la page de Tanguy ou d Barbe-Rouge, peut-être incluait-elle aussi une avance sur les droits des albums à venir.

Je précise aussi que Charlier gagnait en plus un salaire fixe de co-rédacteur en chef. Et s'il faisait autant de choses en même temps, c'était peut-être pour gagner encore plus, mais aussi parce qu'il était un véritable créateur d'une part, très prolixe d'autre part.

Ethan a écrit:Et pourquoi son adresse est toujours celle de ses parents à Liège alors qu'il habite à Paris depuis 10 ans ?
Mais jusqu'à sa mort, Charlier est resté de nationalité belge. Sa voiture était d'ailleurs immatriculée en Belgique (il disait que comme ça, quand il se garait mal dans Paris, les flics n'osaient pas le verbaliser à cause de la complication que cela induirait, administrativement ; ce qui ne veut pas dire que c'est la seule ou la principale raison qui le poussait à conserver la nationalité belge...). En revanche, quand ses parents sont morts, je ne sais pas où il se domiciliait en Belgique. Il avait aussi deux soeurs qui étaient en Belgique.

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