Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Gringos Locos

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas  Message [Page 2 sur 7]

26 Re: Gringos Locos le Ven 4 Mai - 23:27

Lamar

avatar
lecteur émérite
lecteur émérite
NB : la vie et l'œuvre de Jijé avaient déjà été évoquées (avec, brièvement, l'épisode américain) sur un ton "décalé" dans les pages de "Métal_Hurlant", sous la plume de feu Yves CHALAND (dont s'inspire notamment SCHWARZ...) +S. CLERC & D. SIRE :

http://lebrunf9.free.fr/chaland/dessins/rc/jije/image1.html

Je n'ai pas encore lu la BD de YANN/SCHWARTZ mais je m'attends à une vision pour le moins iconoclaste Neutral ...



Dernière édition par Lamar le Sam 5 Mai - 20:54, édité 1 fois

http:// http://hangar7.canalblog.com/

27 Re: Gringos Locos le Sam 5 Mai - 20:40

JYB


vieux sage
vieux sage
J'ai vu un forum qui traite copieusement de l'affaire "Gringos Locos" (c'est sur BD Gest'). La plupart des intervenants, en arguant de la liberté du créateur de BD de faire selon son idée, et en vantant les qualités de la BD, s'en prennent aux héritiers/ayants-droit Gillain/Franquin/Morris qui ont osé protester.
OK.
Maintenant, posons le problème différemment : mettez-vous à la place des héritiers en question. Imaginez que vos parents ont vécu une aventure assez exceptionnelle dans leur jeunesse et que des auteurs de BD (un scénariste comme Yann et un dessinateur comme Schwartz) la racontent à leur façon. Précision pour rester dans le même exemple que l'album Gringos Locos : sans vous montrer le travail avant parution. Sincèrement, comment réagissez-vous ? Les yeux fermés, le résultat vous convient et vous dites d'office "Bravo !" ? Le résultat vous surprend mais vous êtes content de voir vos parents tels qu'ils devaient être et tels que vous ne les avez pas connus ? Le résultat ne vous convient pas mais vous pensez que liberté doit être laissée aux auteurs ? Le résultat ne vous convient pas et vous vous fâchez ? Ou alors vous vous offusquez du procédé et vous pensez que les auteurs auraient dû choisir d'autres noms, d'autres portraits ? Etc. Toutes les réactions sont possibles, et je les attends ici...

28 Re: Gringos Locos le Dim 6 Mai - 10:45

Raymond

avatar
Admin
Je viens de lire Gringos Locos, l'album bien sûr.

Encore une fois, ce n'est pas un récit réaliste, ni une biographie qui explique fidèlement les événements. C'est une BD humoristique qui veut rendre hommage (à sa manière) à trois grands auteurs de BD en reprenant leur style, qui est celui de la caricature. Certains faits sont exacts, d'autres sont inventés ou interprétés et, comme dans toute caricature, il y a des événements ou des traits de caractères qui sont accentués d'une manière excessive.

Comment réagirai-je si un livre de ce genre était oublié à propos de ma famille ? Difficile d'être sûr, mais je trouve que l'humour autorise certains excès. Je me contenterai probablement d'une déclaration de mise en point, qui souligne tout ce qui est inexact dans le livre. Je n'irais pas plus loin que ça.

Et puis, il ne faut pas oublier que Franquin, Jijé et Morris sont des personnages célèbres, et que les événements de leur jeunesse font quasiment partie de l'histoire de la BD. Leur voyage aux USA n'est pas seulement un événement privé, mais aussi une aventure incroyablement naïve qui révèle certains traits de caractère, et qui possède des aspects humoristiques. On ne peut pas considérer cela simplement sous l'angle de la vie privée. C'est aussi un sujet qui concerne tous les amateurs de BD franco-belge, puisqu'il explique la genèse de certaines oeuvres (et par exemple la brève reprise de Spirou par Jijé).

Tu demandes quelle serait notre réaction par rapport à un livre qui raconterait la jeunesse de nos parents, mais je ne crois pas que ce soit la bonne comparaison. La vraie question qui se pose, c'est plutôt celle de notre réaction par rapport à l'humour, qui peut parfois être féroce. Comment réagirais-je, par exemple, si certains événements de ma vie étaient caricaturés par les "Guignols de l'info" ? Il est difficile d'y répondre, mais là aussi, une certaine distance et une certaine prudence sont de mise. La caricature est souvent la rançon de la célébrité.

Ceci dit, Gringos locos est paru avec l'adjonction d'un fascicule imprimé qui expose l'avis des enfants de Jijé. Il rétablit la vérité sur certains faits et donne un autre regard sur les trois dessinateurs. Je trouve que c'est un excellent compromis. Je dirais même que ce petit témoignage donne une valeur supplémentaire au livre, qui est certainement une des BD de l'année.

C'est ainsi que j'ai apprécié sans réserve Gringos Locos qui est une oeuvre originale et irrévérencieuse, à la fois pleine d'humour et de révélations. Derrière un ton plutôt caustique, les auteurs ne cachent pas leur admiration pour ces trois monstres sacrés que sont Franquin, Jijé et Morris. Au fond, ce livre qui montre leurs petits travers ne fait qu'amplifier leur légende et, contrarement à ce que craignent les enfants de Jijé, il nous rend ces trois dessinateurs encore plus sympathiques.

Pour terminer, je rappellerai que cet album ne devait être que la première partie d'un dyptique. Après toute ces controverses, j'espère que Yann et Schwartz ne vont pas se décourager et qu'ils vont dessiner la suite de l'aventure. Il serait dommage que le tome 2 d ecette histoire soit relégué aux oubliettes.


_________________
Et toujours ...
http://lectraymond.forumactif.com

29 Re: Gringos Locos le Dim 6 Mai - 11:21

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel

30 Re: Gringos Locos le Dim 6 Mai - 16:58

JYB


vieux sage
vieux sage
Bertrand Labévue, membre du forum, pourrait donner son avis ; il me semble qu'il a documenté Yann pour l'album.

31 Re: Gringos Locos le Lun 7 Mai - 9:29

bertrand labévue


bédéphile pointu
bédéphile pointu
Effectivement, j'avais fourni à Yann pas mal de documents et d'anecdotes et je suis un peu désolé de voir la tournure des évènements. Je crois qu'il y a un énorme malentendu dans cette histoire. Les familles l'ont reçue comme une biographie à la "Oncle Paul", alors qu'il s'agit bien entendu d'une bio rigolote, inspirée de faits réels. Le principe même de la bio est déjà une trahison en soi : on fait parler les protagonistes, on "scénarise" certains passages etc. Que diraient les familles de Mozart en visionnant Amadeus ? Imaginez encore ce qu'auraient pu dire les proches de Don Bosco en lisant la bio de Jijé...
Un des gros problèmes aussi, c'est le télescopage entre l'image publique et l'image privée. Yann et Schwartz racontent l'histoire de Franquin, Morris et Jijé en tant que mythes alors que la famille parle des personnes réelles.
De mon tout modeste point de vue, j'ai senti dans ce bouquin une énorme affection des auteurs pour leurs héros et, au final, ils ressortent très sympathiques de cette aventure. Après, de savoir que l'un ne jurait pas en flamand ou ne portait pas de tricot de corps, ou que l'autre n'était pas dépressif, ça me semble assez secondaire. C'est une BD, une histoire "pour rire".
Pour la vraie histoire du voyage, il reste encore un travail à réaliser, celui d'un biographe, dans un livre sérieux, avec plein de documents et de témoignages. Je suis certain qu'il se fera un jour...
Mais, en même temps, je comprends la réaction des familles, qui voient les leurs mis en scène et, forcément, trahis.

32 Re: Gringos Locos le Lun 7 Mai - 11:02

JYB


vieux sage
vieux sage
Merci pour la réponse. Justement, d'après l'interview de Yann dans Casemate de janvier, on comprend que le scénariste avait recueilli beaucoup de souvenirs et de renseignements, et qu'il en a sélectionné relativement peu pour sa BD. Y a-t-il des anecdotes que tu regrettes qu'elles ne figurent pas dans l'album, qui auraient dû être racontées, et qui auraient pu satisfaire tout le monde (les familles concernées, les auteurs et les lecteurs) ? Qu'est-ce qui a présidé au choix de telle anecdote plutôt que telle autre ? Autre question : s'il était tenu à un format d'album type, et donc s'il devait sélectionner les anecdotes faute de place, pourquoi Yann a-t-il choisi d'inventer des scènes (donc d'ajouter), alors qu'il devait avoir largement assez de matière pour remplir son album ?
La question essentielle (pour moi) est : est-ce normal, admissible, que pour raconter une telle histoire, un scénariste sélectionne les anecdotes selon son idée à lui, et surtout qu'il les arrange à sa sauce à lui, jusqu'à inventer des scènes, des dialogues, etc., de son cru, et vus, interprétés à travers son "prisme déformant" personnel, sachant qu'il met en scène des personnages réels (et en outre aussi importants dans l'histoire de l'art du XXe siècle, que sont Jijé, Franquin et Morris) ?
Questions corollaires tout aussi essentielles : qu'aurait fait un autre scénariste pour écrire la même histoire à partir du même "matériel" ? Il aurait fait mieux, moins bien, différent, avec d'autres interprétations, avec d'autres "vérités" ? Autant de scénaristes, autant d'interprétations, autant de versions différentes des faits ? Faut-il être d'abord historien pour raconter cette aventure ?
Pour moi, ce n'est pas secondaire de montrer Jijé jurant en flamand ou portant un tricot de corps, alors que c'est apparemment faux, car cela peut dénoter un à peu près global dans la recherche documentaire pour ce scénario (certes, il y a eu une grosse recherche en amont, et il faut saluer ce travail de longue haleine et très important de la part de Yann, dont il faut saluer aussi l'à propos consistant à prendre des notes, pendant des années selon ce qu'il dit dans ses interviewes, à mesure que Franquin lui racontait ce voyage par bribes ; mais tout ceci n'est pas suffisant, apparemment...). Quand le lecteur apprend ces divergences avec la réalité, il se dit automatiquement : "Ben, le reste non plus ne doit pas être vrai". Personnellement, j'attendais le même album, mais avec des anecdotes vraies, justes et même "verrouillées", de sorte que les familles concernées puissent dire : "Oui, ça s'est bien passé comme ça, oui, on reconnaît bien nos parents, oui on reconnaît les décors" etc (voir ce que disent les enfants Gillain dans la brochure ajoutée dans l'album). Et là, le lecteur se retrouverait dans l'Histoire (avec un grand H), aux côtés de Jijé (et de sa famille), de Morris et de Franquin, et aurait eu le sentiment de vivre en prise directe les affres, les improvisations et les hasards de la Création (avec un grand C), puisqu'on comprend que ce voyage a (aussi) décidé de plusieurs aspects de la création de tel et tel album, de tel ou tel personnage. Ben oui, mais si tout ce qu'on lit dans Gringos Locos n'est pas vrai...? Déception et vague sentiment de tromperie.
A mon avis, entre l'album tel qu'il est, et le style "Oncle Paul" que tout le monde semble rejeter, il y avait moyen de trouver un juste milieu. Il n'est pas question de censure de la part des familles, ni qu'elles défendent la statue du commandeur, simplement qu'elles fassent ajuster le tir quand certains propos, attitudes, etc., ne reflètent manifestement pas la réalité. Plus il y a de petites touches vraies, y compris dans les aspects apparemment secondaires, plus le scénario exalte et s'impose.
Je rappelle aussi que mon avis sur un fait très secondaire (là, je reconnais que c'est secondaire, d'autant que l'anecdote ne figure pas dans l'album) avait été publié dans le courrier des lecteurs de la revue Casemate de février, suite à l'interview de Yann dans le numéro de janvier. Quand j'ai lu l'interview fin décembre 2011 et quand j'ai envoyé un mail à la rédaction de Casemate dans les quelques jours qui ont suivi, j'ignorais totalement la polémique qui se développait et qui a éclaté publiquement peu après. Mais ce qui est moins secondaire, et nous en apprenait déjà un peu plus sur la difficulté du travail effectué par Yann en vue de cet album, c'est la réponse de Yann lui-même, que la rédaction avait sollicité exprès :



Dernière édition par JYB le Lun 7 Mai - 14:55, édité 2 fois

33 Re: Gringos Locos le Lun 7 Mai - 14:50

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel

34 Re: Gringos Locos le Lun 7 Mai - 15:19

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
JYB, je trouve que la réponse de Yann reflète bien son humour habituel au deuxième degré (avec cette référence au fameux Alfred Barbariche bien connu de Jean-Michel Charlier pour sa série Buck Danny. Wink ). Smile

35 Re: Gringos Locos le Lun 7 Mai - 17:26

JYB


vieux sage
vieux sage
Tu appelles ça "son humour habituel au deuxième degré", moi j'appelle ça plutôt : "botter en touche pour détourner la conversation et noyer le poisson".

36 Re: Gringos Locos le Lun 7 Mai - 18:00

Ethan

avatar
grand maître
grand maître

37 Re: Gringos Locos le Lun 7 Mai - 18:30

Raymond

avatar
Admin
Je surenchéris sur la remarque de Treblig : la réponse de Yann dans Casemate traduit avant tout sa volonté de faire de l'humour. Elle montre aussi qu'il considère avec légèreté toutes ces anecdotes qui, de toute façon, n'ont pas été relatées de la même manière par les différents témoins de l'époque.

Par ailleurs, pour ce qui concerne l'anecdote que tu rapportes dans Casemate, il est bien sûr impossible de savoir si c'était Weinberg ou Charlier qui creusaient le trou. Les deux témoins principaux sont morts et personne ne pourra donner la réponse (et s'ils étaient encore vivants, il faudrait encore qu'ils s'en souviennent de façon précise).

Alors, pourquoi faudrait-il à tout prix que Yann te réponde sérieusement ? Wink


_________________
Et toujours ...
http://lectraymond.forumactif.com

38 Re: Gringos Locos le Lun 7 Mai - 19:31

JYB


vieux sage
vieux sage
Raymond a écrit: pour ce qui concerne l'anecdote que tu rapportes dans Casemate, il est bien sûr impossible de savoir si c'était Weinberg ou Charlier qui creusaient le trou. Les deux témoins principaux sont morts et personne ne pourra donner la réponse (et s'ils étaient encore vivants, il faudrait encore qu'ils s'en souviennent de façon précise).
Charlier a raconté l'anecdote - je dis bien : Charlier lui-même a raconté - d'après ce qu'il a vu, et moi, je n'ai fait que reprendre, dans mon courrier à Casemate, la phrase dite par Charlier qui figure dans son interview des Cahiers de la BD. Et évidemment, on comprend clairement que ce n'est pas lui, Charlier, qui creusait dans le jardin, c'est Weinberg. A l'époque où Charlier l'a raconté (fin 1978), Hubinon et Weinberg étaient vivants et pouvaient répliquer. J'ajoute que je sais que, pour ce qui concerne l'interview de Charlier dans Les Cahiers en 1978, Charlier en avait relu et corrigé la restranscription sur épreuves, avant l'impression. Donc, s'il y avait eu une erreur sur cette anecdote, il aurait corrigé. Donc, ça a été dit oralement, puis validé, par Charlier en personne. Entre ce qu'a dit Charlier, témoin et personne directement impliquée dans l'anecdote, et ce que rapporte Yann en 2012, y'a pas photo : je donne raison à 100% à Charlier .
Ceci est du coupage de cheveu en quatre, mais ce tout petit point de détail est quand même significatif du procédé de rédaction du scénario Gringos locos, et j'en reviens à ce que je dis à peu près depuis le départ : comme j'ai des doutes sur la réalité et/ou l'exactitude des anecdotes rapportées (d'autant que Yann, de son propre aveu, en rajoute en inventant, interprétant, etc.), je suis déçu. Les lecteurs s'en moquent, et apprécient cet album tel qu'il est, malgré ses défauts ? Tant mieux pour les auteurs et l'éditeur ! Mais conclusion évidente : il reste à écrire fidèlement le vrai voyage de Jijé, Franquin et Morris en Amérique.

Raymond a écrit:Alors, pourquoi faudrait-il à tout prix que Yann te réponde sérieusement ? Wink
Le début de sa réponse est sérieux. Il aurait eu la preuve que j'avais tort, il l'aurait donnée. Sérieusement ou pas.

39 Re: Gringos Locos le Lun 7 Mai - 21:49

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
JYB a écrit:Tu appelles ça "son humour habituel au deuxième degré", moi j'appelle ça plutôt : "botter en touche pour détourner la conversation et noyer le poisson".

A chacun son appréciation et c'est très bien ainsi. Wink

40 Re: Gringos Locos le Lun 7 Mai - 22:04

bertrand labévue


bédéphile pointu
bédéphile pointu
Hello JYB,
Je ne peux malheureusement pas répondre à tes interrogations... Je ne suis pas scénariste et encore moins Yann ! J'imagine (je dis bien "J'imagine") qu'il a construit son récit sur la base d'anecdotes incontournables et qu'il a rajouté des liaisons (inventées) pour avoir un certain rythme à son scénario. Il existe quantité d'autres anecdotes, bien entendu, que celles qu'il a sélectionnées, mais Gringos Locos est son oeuvre. Je ne crois pas que ce récit ait vocation à devenir l'histoire officielle, ni une "Belle histoire de l'Oncle Paul". C'est d'ailleurs écrit en page-titre, me semble-t-il : "librement inspiré de faits réels", ou quelque chose dans le genre.
Nul doute qu'un jour, un livre racontera toute cette épopée par le menu. Nous vous en proposerons la partie qui concerne Franquin (retour en 49, avant les autres) dans un long chapitre de notre "Véritable histoire de Spirou", à paraître chez Dupuis en janvier... sur la base du témoignage de Jijé, de Morris, de Franquin, des enfants Gillain, de Francine de Bevere, de Paape et de quelques autres... Rien de scénarisé, donc. Pour autant, les témoignages de première main sont-ils systématiquement le reflet de la réalité ? On peut en douter. Je sais pour ma part qu'après avoir rencontré une centaines de témoins à propos de l'histoire de Spirou et Fantasio, beaucoup de souvenirs d'un même évènement par des protagonistes multiples ont tendance à différer... quand ils ne ne se contredisent pas ! Mais c'est la vie, non ?

41 Re: Gringos Locos le Mar 8 Mai - 0:49

JYB


vieux sage
vieux sage
bertrand labévue a écrit:Je ne crois pas que ce récit ait vocation à devenir l'histoire officielle, ni une "Belle histoire de l'Oncle Paul". C'est d'ailleurs écrit en page-titre, me semble-t-il : "librement inspiré de faits réels", ou quelque chose dans le genre.
"Librement inspiré" au point, d'ailleurs (ça a été dit par d'autres sur d'autres forums) qu'on se demande s'il ne fallait pas débaptiser les héros de cette aventure, et donc les nommer autrement que Gillain, Franquin et Morris/Maurice. A partir de là, les familles ne pouvaient plus rien dire, et le récit n'était plus contestable.

bertrand labévue a écrit:Je sais pour ma part qu'après avoir rencontré une centaines de témoins à propos de l'histoire de Spirou et Fantasio, beaucoup de souvenirs d'un même évènement par des protagonistes multiples ont tendance à différer... quand ils ne ne se contredisent pas ! Mais c'est la vie, non ?
Et je le sais aussi personnellement, pour réaliser depuis près de 35 ans des articles de presse, des enquêtes, des livres documentaires, assez souvent à base de témoignages justement. Il y a une règle (tacite, mais elle tombe sous le sens) en journalisme : quand on n'est pas sûr d'une information, on ne la publie pas. Ou on la met au conditionnel avec les précautions d'usage.

42 Re: Gringos Locos le Mar 8 Mai - 11:56

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel

43 Re: Gringos Locos le Mar 8 Mai - 19:07

JYB


vieux sage
vieux sage
Il sera intéressant de prendre connaissance du compte-rendu détaillé de cette conférence de presse. Et de voir comment Yann va résoudre les contradictions du dossier.

44 Re: Gringos Locos le Mar 8 Mai - 22:05

Raymond

avatar
Admin
En fait, ce n'est pas vraiment une "conférence de presse" qui va se tenir à la librairie Brüssel, mais plutôt une exposition de planches qui sera accompagnée (pour l'occasion) d'une conférence-débat. On peut au fond s'attendre à ce que Yann et Schwartz répètent tout simplement ce qu'ils ont déjà déclarés dans Casemate, dans l'Immanquable ou dans l'album lui-même. Rolling Eyes

Par ailleurs, je ne discerne pas de "contradictions dans le dossier" de cette BD. Gringos Locos est un oeuvre à but humoristique inspirée de faits réels, et qui ne prétend pas établir toute la vérité sur ce fameux voyage de Jijé, Franquin et Morris aux USA, même si Yann s'est solidement documenté. Vues ainsi, les choses sont très claires.


_________________
Et toujours ...
http://lectraymond.forumactif.com

45 Re: Gringos Locos le Mar 8 Mai - 23:07

JYB


vieux sage
vieux sage
Raymond a écrit:En fait, ce n'est pas vraiment une "conférence de presse" qui va se tenir à la librairie Brüssel, mais plutôt une exposition de planches qui sera accompagnée (pour l'occasion) d'une conférence-débat. On peut au fond s'attendre à ce que Yann et Schwartz répètent tout simplement ce qu'ils ont déjà déclarés dans Casemate, dans l'Immanquable ou dans l'album lui-même. Rolling Eyes
J'espère que des intervenants poseront des questions aptes à démêler l'écheveau (plutôt que laisser les auteurs répéter ce qu'ils ont déjà dit, ce qui ne nous avancerait à rien).

Raymond a écrit:Par ailleurs, je ne discerne pas de "contradictions dans le dossier" de cette BD.
Ah bon... Sur la couverture de l'album que j'ai acheté, il y a un auto-collant rond annonçant en grosses lettres : "L'épopée américaine des auteurs de Spirou, Lucky Luke, Gaston" (le texte de présentation en "4e de couverture" dit à peu près la même chose). Les auteurs en question, qui ont donc créé les célébrissimes personnages cités sur l'auto-collant, s'appellent, sauf erreur de ma part, Joseph Gillain, Morris et André Franquin. Or, Yann a raconté, sur le site du Soir (voir le lien plus haut) qu'il a fait exprès de ne pas donner les noms de ces auteurs dans le cours de la BD pour ne pas les désigner et pour pouvoir raconter les choses à sa façon en prenant une certaine liberté. Et en effet, on ne lit jamais les noms de Gillain, Franquin et Morris dans les bulles ; ce qui est d'ailleurs un peu normal, les trois vedettes étant copains, se tutoyant et s'appelant par leurs prénoms : Joseph, Maurice et André. Ceci est une première contradiction, entre les propos de l'éditeur (qui colle un sticker explicite sur la couv) et ceux de l'auteur qui nie ce que son éditeur a indiqué.
D'ailleurs, à ce sujet, il doit y avoir un gag (involontaire), et c'est le genre de questions qu'il faudrait poser à Yann ou à l'éditeur : comme on sait, l'album était prêt courant janvier, et très certainement avec ce sticker collé sur la couv. Mais la polémique est venue, et a repoussé à plus tard la diffusion. Entre-temps, il a dû y avoir des discussions serrées entre les auteurs et l'éditeur, et il a sans doute été question de supprimer le sticker qui est en contradiction avec l'intention de Yann. Or, ce sticker est si bien collé qu'il aurait été impossible de le décoller pour la diffusion repoussée en mai ; et de toute façon, cette opération de décollage aurait certainement endommagé la couverture. Donc, on a laissé... Mais comme je disais : à confirmer, car ce n'est qu'une supposition de ma part. De toute façon, le texte imprimé en "4e de couverture" dit la même chose que l'auto-collant, donc lui ne pouvait pas être modifié ni supprimé, à moins de tout pilonner et de réimprimer !
Autre contradiction, cette fois dans la démarche de Yann seul : les personnages de fiction que sont Spirou, Lucky Luke et Gaston Lagaffe sont clairement cités, eux, dans les planches de la BD, et même à plusieurs reprises. Il est question aussi d'un album titré Don Bosco (dans une image de la page 31, on voit même la couverture de cet album). Connaissez-vous beaucoup d'auteurs qui se prénomment Joseph et qui ont dessiné Spirou et l'histoire de Don Bosco, beaucoup d'auteurs qui s'appellent Maurice et qui ont dessiné Lucky Luke, et beaucoup d'auteurs qui se prénomment André et qui ont dessiné Spirou et imaginé Gaston Lagaffe (cf l'album Gringos Locos) ? Connaissez-vous beaucoup d'auteurs se prénommant Joseph, Maurice et André, qui sont allés en voyage en Amérique et au Mexique en 1948 (lequel Joseph était d'ailleurs allé avec sa femme prénommée Annie et ses quatre enfants en bas âge), qui travaillaient pour un journal belge s'appelant Spirou et un éditeur belge s'appelant Dupuis (nommément cités dans la BD eux aussi) ? L'identité de ces auteurs est donc très facile à déterminer, même si (contradiction, je répète) Yann n'a pas voulu, sciemment, donner leurs noms de famille dans la BD elle-même.
En page 2 de l'album, en vis-à-vis de la planche 1 de la BD, les auteurs (je pense que ce sont les auteurs qui ont mis ça là) ont précisé : "Ce récit étant une oeuvre de pure fiction, toute ressemblance avec des événements ou des personnages ayant existé ne saurait être que pure coïncidence". Il y a au moins un gros mensonge, et au moins une, si ce n'est pas deux contradictions dans cet avertissement. A moins que vous souteniez qu'on a là une nouvelle preuve de l'humour "second degré" de Yann...
Je pourrais te citer une autre contradiction dans le dossier.
Tout ce micmac a pour moi une seule explication, toute bête, et j'attends tranquillement que quelqu'un d'autre lâche le morceau. Mais pour ça, il faudrait que les lecteurs cessent de rester dans la béatitude aveugle face à cet album (au demeurant bien raconté et bien dessiné, là n'est pas le problème) et creusent un peu pour aller au fond de l'affaire.

46 Re: Gringos Locos le Jeu 10 Mai - 0:27

Raymond

avatar
Admin
Il n'y a pas d'intérêt à s'interroger sur le modèle des aventures de Gringos Locos, puisque les auteurs ont longuement expliqué ici et là que cet album racontait l'escapade de Jijé, Franquin et Morris aux USA, à la fin des années 40. Il n'y a pas d'ambiguité sur ce sujet, et peu importe que l'éditeur ait ajouté ou non une étiquette sur la couverture pour préciser les choses. Par ailleurs, l'interview de Yann dans l'album, de même que le fascicule correctif avec l'interview des enfants Gillain (qui a été ajouté in extremis), ne fait que confirmer la chose. Il est d'ailleurs piquant de constater que les explications données par les enfant Gillain (des petites différences qui existent entre la BD et les modèles) deviennent une confirmation supplémentaire des sources très réalistes de cette histoire.

Quant à l'annonce dans l'album que "le récit est une oeuvre de pure fiction" ou que "toute ressemblance avec des événements ou des personnages ayant existé ne saurait être que pure coïncidence" ... ce n'est rien d'autre que la formule habituelle utilisée par les éditeurs lorsque de bêtes censeurs font planer une menace d'interdiction sur une oeuvre qui leur déplait. Cela ne correspond ni à la vérité ni au bon sens, mais c'est une contrainte qu'il faut accepter dans notre société soi-disant libérale. On ne peut pas en tenir rigueur à l'éditeur, ni aux auteurs.


_________________
Et toujours ...
http://lectraymond.forumactif.com

47 Re: Gringos Locos le Jeu 10 Mai - 2:29

JYB


vieux sage
vieux sage
J'aime bien ta vision naïve, optimiste et extérieure des choses...
Je répète ma question d'il y a quelques jours : imagine qu'un auteur comme Yann publie une BD sur une aventure de jeunesse de tes parents, avec le même type de divergences que les enfants Gillain ont vues dans Gringos Locos, est-ce que tu laisses courir, ou non ?
Tiens, je vais faire un truc : je vais écrire - de façon libre et distanciée par rapport à ce qui s'est réellement passé - puis publier un épisode de la jeunesse des parents de Yann, et je vais attendre de voir la réaction de Yann quand il découvrira la BD (sans qu'il l'ait lue préalablement, restons dans les mêmes conditions de la publication de Gringos Locos)... Comment va-t-il réagir, lui ?

Et puisque j'écris ce post, j'ajoute une note sur une autre contradiction (il y a encore d'autres) dans le travail de Yann. Il a raconté dans Casemate de janvier dernier qu'il est allé loin pour la recherche des détails des scènes (très bien, applaudissons). En particulier, racontait-il, il a demandé à un fils Gillain (Benoît je crois) quelle était la couleur de la fameuse voiture Hudson qui a servi à la famille Gillain et aux deux auteurs Franquin/Morris pour se déplacer aux Etats-Unis. C'est ainsi que Yann a appris que la voiture est verte, et c'est ainsi qu'elle est coloriée en vert dans la BD. Très bien, applaudissons, voilà qui est faire preuve d'une grande conscience professionnelle et d'un grand souci du détail. Or, dans le fascicule ajouté dans l'album et dû aux enfants Gillain, on voit des photos de la fameuse Hudson. Et on voit sa plaque d'immatriculation. Or, la plaque ne correspond pas à celle de la BD. Tu vas me dire : "Qu'est-ce qu'on s'en fiche, de la plaque d'immatriculation !". Dans ce cas-là, qu'est-ce qu'on s'en fiche aussi de la couleur de la carrosserie, non ? Mais ceci veut dire - je vois ça de ma fenêtre, peut-être que je me trompe - que Yann n'a pas dû demander les photos de l'épopée à la famille Gillain, ou au minimum n'a pas dû les utiliser. Sinon, parions que Schwartz se serait empressé de représenter la même plaque d'immatriculation. Or, sur le lot de photos, on voit comment étaient habillés les participants au périple américano-mexicain. Et on voit qu'en effet, comme ont dit les enfants Gillain, Joseph n'était pas du tout habillé en tricot de corps et avec un mouchoir noué aux quatre coins, posé sur la tête, pour se protéger du soleil. Selon les photos il avait un chapeau ou un béret. Si ma déduction est juste, je pose la question : pourquoi Yann dit-il urbi et orbi qu'il s'est beaucoup documenté, que tout est vrai ou presque dans sa BD, mais pourquoi n'a-t-il pas utilisé les photos du périple ? S'il y avait une chose à faire en priorité, c'était utiliser le maximum de photos pour la véracité des choses, pour l'ambiance, pour des tas de détails dans les décors (maisons, tenues vestimentaires, etc). Car rien n'est plus flou et fluctuant que la mémoire, surtout à des décennies de distance - ceci est l'un des thèmes principaux de la discussion autour de cet album controversé -, mais en revanche, rien ne vaudra les bonnes vieilles photos prises sur le vif, qui restituent, un million de fois mieux que la mémoire, des images de ce périple. Ce qui n'aurait rien changé au ton de la narration, enlevé et amusant, ni à la volonté des auteurs de rendre sympathiques les héros de cette histoire. Voilà un autre question à poser à Yann lors de la conférence-débat annoncée pour aujourd'hui à Bruxelles.

Raymond a écrit:Quant à l'annonce dans l'album que "le récit est une oeuvre de pure fiction" ou que "toute ressemblance avec des événements ou des personnages ayant existé ne saurait être que pure coïncidence" ... ce n'est rien d'autre que la formule habituelle utilisée par les éditeurs lorsque de bêtes censeurs font planer une menace d'interdiction sur une oeuvre qui leur déplait. Cela ne correspond ni à la vérité ni au bon sens, mais c'est une contrainte qu'il faut accepter dans notre société soi-disant libérale. On ne peut pas en tenir rigueur à l'éditeur, ni aux auteurs.
On voit ces formules par exemple dans les génériques des films et téléfilms basés sur des faits réels. Je relève qu'en général, sauf erreur, les noms et prénoms ont été changés dans ces oeuvres de fiction (ou alors donnez-moi des contre-exemples). Donc, pourquoi ne pas avoir changé les noms ? La question a été posée à Yann par le journaliste de Casemate - comme quoi la question est excellente -, et sur le forum BD Gest, j'ai lu le post de quelqu'un le demander aussi. Eh oui : pourquoi ?

48 Re: Gringos Locos le Jeu 10 Mai - 10:17

Raymond

avatar
Admin
Naïf ? Non, certainement pas. J'essaie de voir les choses avec bon sens, et je n'essaie pas de dire à tout prix du mal de Gringos Locos. Rolling Eyes


_________________
Et toujours ...
http://lectraymond.forumactif.com

49 Re: Gringos Locos le Jeu 10 Mai - 17:24

JYB


vieux sage
vieux sage
Raymond a écrit:Naïf ? Non, certainement pas. J'essaie de voir les choses avec bon sens, et je n'essaie pas de dire à tout prix du mal de Gringos Locos. Rolling Eyes
Tu n'as pas dû lire les passages où j'en dis du bien :
JYB a écrit:il faut saluer ce travail de longue haleine et très important de la part de Yann, dont il faut saluer aussi l'à propos consistant à prendre des notes, pendant des années selon ce qu'il dit dans ses interviewes, à mesure que Franquin lui racontait ce voyage par bribes
JYB a écrit: cet album (au demeurant bien raconté et bien dessiné.
JYB a écrit:Très bien, applaudissons, voilà qui est faire preuve d'une grande conscience professionnelle et d'un grand souci du détail.
En dehors de ça, je dénonce les contradictions et les bizarreries du dossier (relire ce que j'ai dit plus haut), qui sont quand même gênantes.

50 Re: Gringos Locos le Jeu 10 Mai - 20:59

Ethan

avatar
grand maître
grand maître
JYB a écrit: mais pourquoi n'a-t-il pas utilisé les photos du périple ? S'il y avait une chose à faire en priorité, c'était utiliser le maximum de photos pour la véracité des choses, pour l'ambiance, pour des tas de détails dans les décors (maisons, tenues vestimentaires, etc).

Dans ce podcast Yann s'explique (pour moi) clairement au sujet de cet album, il évoque aussi les photos. Wink
http://www.rtbf.be/radio/podcast/player?id=1728166

Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut  Message [Page 2 sur 7]

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivant

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum