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Le Dieu Sauvage

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1 Le Dieu Sauvage le Mar 14 Avr - 16:02

Jacky-Charles


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Je viens de relire l'analyse de cet album que j'avais publiée sur le site "Alix l'intrépide", voilà déjà un certain temps. Je ne vois pas ce que je pourrais ajouter aujourd'hui à la partie critique. En revanche, la partie historique pourrait être plus étoffée.
Je me souviens, en effet, qu'un autre correspondant du Forum m'avait fait remarquer à l'époque que j'aurais pu être plus complet sur la Cyrénaïque, où se déroule l'histoire, et qui est une région assez mal connue.
Comme je viens de retrouver mes notes d'alors, je vous propose un petit voyage dans ce pays, ainsi qu'une excursion chez les Garamantes, dont il est également question dans cet album.

LA CYRENAÏQUE
Elle est présentée dans l'album comme un pays semi-désertique et quasiment vierge, seulement habitée par des tribus assez primitives, et que l'on colonise encore à l'époque d'Alix. Vous allez voir qu'il n'en était rien.

C'est la partie est de l'actuelle Libye, entre l'Egypte et la Grande Syrte ; on l'appelle aussi le pays de Barka ; à l'ouest, dans une région très fertile, se trouvait, selon la légende, le jardin des Hespérides.
Si le rivage de la Grande Syrte était peu peuplé, la région plus occidentale, la Tripolitaine, fut longtemps sous influence carthaginoise, mais elle ne nous intéresse pas pour l'instant.
Le Cyrénaïque était peuplée par plusieurs tribus dont je reparlerai. Elle se trouve exactement au sud du Péloponnèse, à 500 km environ. C'était donc un lieu d'émigration rêvé pour des colons Grecs, pas trop éloigné de la mère patrie et dont ils pouvaient espérer tirer un bon rapport, d'autant plus que l'oracle de Delphes, consulté, conseilla de créer un établissement permanent, ce qui fut fait au -VII° siècle.

Le fondateur de la colonie grecque fut un certain Battus, qui créa la dynastie des Battiades. La réussite ne fut pas d'emblée au rendez-vous : le premier établissement se révéla impropre à l'élevage du bétail, et l'oracle de Delphes, à nouveau sollicité, en suggéra un autre. Finalement, la colonie prospéra, grâce à plusieurs immigrations grecques successives, surtout entre -574 et -554.
Les colons grecs produisaient du blé, du vin et de l'huile, ainsi que du silphium, un arbrisseau fournissant des médicaments et des condiments dont on faisait grand cas dans l'Antiquité.
Les Grecs fondèrent de nombreuses villes, soit, d'ouest en est :
-Hespéridès, qui devint Bérénice, aujourd'hui Benghazi,
-Teucheira, qui devint Arsinoé, aujourd'hui Tankra,
-Ptolémaïs, aujourd'hui Tolmeïta, qui est le port de Barca ou Barcé, fondé en -550 à 5 lieues de la mer et qui fut la capitale au temps des Ptolémées,
-Apollonia, aujourd'hui Marsa Sausa, qui est le port de Cyrène, contruite à 4 lieues de la mer et qui donna son nom au pays.
Ces villes constituaient la Pentapole ( = 5 cités ) et il y avait aussi, toujours en allant vers l'est :
- Nausthathmus, aujourd'hui Marsa-el-Hallal,
- Darnis, aujourd'hui Derna,
-Axylis.

Les populations locales, sédentaires, cultivaient la terre avec les colons grecs, d'abord en bonne intelligence. Les principales tribus étaient :
-Les Asbystes, près de Cyrène,
-Les Auschisae, près de Barca,
-Les Cabales, près de Teucheira,
-Les Nasamones, qui nomadisaient avec leurs chevaux et leur bétail, commerçant avec l'Afrique centrale.

Le commerce de la Cyrénaïque, très actif, est attesté par les nombreuses monnaies retrouvées sur place, et concernait la Grèce, la Crète, Rhodes et l'Asie mineure ( Milet, notamment ).
Entre -550 et -450, de nombreux conflits éclatèrent, d'abord entre les Grecs ( qui n'auraient pas été de vrais Grecs sans cela ! ) puis entre Grecs et Libyens. Je n'en donne pas le détail, mais les Libyens finirent par appeler les Egyptiens au secours. La victoire favorisa l'un ou l'autre camp, alternativement, jusqu'à ce que les Perses de Cambyse mettent tout le monde d'accord en occupant les deux pays.

Avec la conquête d' Alexandre, ils passèrent ensuite dans l'orbite macédonienne, puis la royauté des Ptolémées. En -117, la Cyrénaïque fut érigée en royaume indépendant au profit d'un bâtard de Ptolémée Physos, nommé Apion ; celui-ci mourut en -95 sans héritier et légua son royaume à Rome.
Comme partout, Rome garantit les libertés et les institutions contre un tribut. Après une période d'agitation et l'intervention du général romain Lucullus ( le gastronome bien connu ), la Cyrénaïque, associée à la Crète, devint province romaine en -67. Tel est son statut au moment du récit.
Par la suite, la province resta prospère, malgré une violente révolte des Juifs en 115-117, et cela jusqu'à l'invasion arabe en 642.

Il exista une école philosophique de Cyrène qui fut fondée par Aristippe, disciple de Socrate, mais l'influence de ce dernier fut restreinte. Cette école s'occupa surtout de la personne morale de l'homme, et proclama que toute sagesse consiste à rechercher le plaisir et à éviter la peine, recommandait la tempérance et la modération pour éluder les conséquences pénibles des excès. Elle accorda une large part aux plaisirs de l'esprit à côté des plaisirs du corps : "posséder et n'être pas possédé". Cette école fut éclipsée par l'épicurisme.

On voit donc qu'il s'agit d'un pays ayant déjà une longue histoire, propère et civilisé, ayant donné aussi bien des négociants et des guerriers que des penseurs, et en contact permanent avec ses voisins. On retrouve dans ce récit un rapprochement entre deux périodes historiques séparées par pas moins de 6 siècles !

LES GARAMANTES
Dans l'album, on les rencontre sous le nom de Garmantes et présentés comme un peuple africain. En fait, ils vivaient au sud de la Libye, près du massif du Fezzan, nommé Phazanie à l'époque.
Leur nom signifie "les gens des maisons", en berbère ancien. Les nomades de la région désignaient donc ainsi des sédentaires. Ils étaient prospères, grâce au commerce trans-saharien entre les pays méditerranéens et ceux de la savane africaine, vers le fleuve Niger et Gao. Carthage était leur principal débouché, pour l'ivoire, les métaux précieux et les esclaves. Ils constituaient également la cavalerie carthaginoise, étant éleveurs de chevaux et conducteurs de chars à 4 chevaux. Ils cultivaient des céréales, des légumes, des dattiers, des figuiers et la vigne. Il fallait 30 jours de caravane ( puis seulement 20 jours par une meilleure route ) pour aller de leur capitale, Garama, à Leptis Magna, sur la côte, près de Tripoli.

Je ne donne pas habituellement d'informations sur des évènements postérieurs à l'époque d'Alix, mais ceux-ci me paraissent intéressants. En -20, le proconsul romain Cornélius Balbus partit à la conquête du pays des Garamantes et s'empara de Garama, aujourd'hui : Germa. Il s'ensuivit une révolte, puis la paix, mais en 70, les Garamantes aidèrent les habitants d'Oea ( Tripoli ) à piller Leptis Magna. La Pax Romana ne s'étendra sur la région que sous le règne de Septime Sévère ( 193-211 ) qui était né à Leptis Magna en 146.
Les routes devenant enfin sûres, le commerce se développa et ce fut l'apogée des Garamantes, qui se convertirent au christianisme en 569.
Auparavant, sous Domitien, entre 83 et 92, un émule d'Alix, Julius Maternus, accompagna le roi des Garamantes au pays d'Agysiarba ( situé entre Aïr, Tchad et Tibesti ), "où abondent les rhinocéros". Son voyage dura 4 mois et 14 jours.

Que reste-t-il des Garamantes ? Outre Garama, l'ancienne capitale, avec son mausolée romain datant du règne de Domitien, les vestiges sont nombreux. Les nécropoles de l'oued El-Agial comptent 60 000 sépultures, dont des pyramides en argile ou revêtues de pierres, et on y a retrouvé des objets en verre venant de Gaule, d'Italie et de Syrie. Près de là, Ziuchecra est le plus ancien site d'habitat, avec 300 maisons. A Ganiat Gebril du I° au III ° siècle, on trouve des ateliers de céramiques, de forgerons, de vanniers et de tisserands.

Dans l'Antiquité, le pays des Garamantes était célèbre pour ses gemmes, escarboucles et amazonites, mais les "émeraudes des Garamantes", chères à Théodore Monod, restent du domaine de la légende.

Dans "Don Quichotte", Cervantès donne à un roi des Garamantes le nom de Pentapolin, manifestement inspiré de la Pentapole de Cyrénaïque ; il n'était pas le premier à prendre Le Pirée pour un homme !

Et voilà ! A vous de commenter !

2 Re: Le Dieu Sauvage le Jeu 16 Avr - 1:02

Raymond

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Il y aurait beaucoup de choses à dire, et il est un peu tard ... siffle Je vais être relativement court .

Tout d'abord, un immense merci pour ces précisions sur le contexte historique. Je ne connaissais rien sur les Garamantes mais Jacques Martin s'était manifestement bien documenté avant de s'attaquer à ce récit. J'avais toujours été perplexe sur ce Massina qui règne en Cyrrhénaique et qui est indépendant des romains, mais ce que tu décris concorde assez bien avec l'univers que nous montre le Dieu Sauvage.

Pour moi, il s'agit d'un album parfait, aussi bien dans la construction du récit que dans son dessin. La première page, montrant la construction d'Apollonia est majestueuse et la dernière image nous y ramène avec habileté. C'est un moment d'une très grande poésie sunny



Jacques Martin crée une sorte de symétrie entre le début et la fin de l'histoire, et il y a là une beauté qui m'a ému. Ce qui est aussi très fort, c'est que cette illustration nous ramène au présent, car ce que connaissons aujourd'hui du monde romain ressemble à cela, c'est à dire ces vieilles pierres, et ces ruines entourées de sable. La lecture de cette BD se termine ainsi impitoyablement, et on se retrouve un peu rêveur, avec l'album entre les mains.

C'était aussi une des premières fois dans la bande dessinée où l'on montrait un personnage important (la reine Adréa) finir ses jours d'une manière aussi prosaique. C'est à la fois un moment dramatique (qui est l'ultime conclusion du Dernier Spartiate) et très réaliste qui donne de la crédibilité à l'histoire. Tous les personnages sont par ailleurs intéressants et on pourrait souhaiter retrouver une fois l'élégant Tiburce Carone, ou la troublante Héra.

Je m'arrête là pour l'instant. J'ai beaucoup rêvé sur cet album Very Happy



Dernière édition par Raymond le Ven 29 Aoû - 22:07, édité 1 fois


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3 Re: Le Dieu Sauvage le Sam 18 Avr - 14:42

Jacky-Charles


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Tu as raison, il y a en effet de quoi rêver sur cet album, peut-être plus encore que sur les autres aventures d'Alix, car Jacques Martin se permet de laisser des questions sans réponses, aux bons soins du lecteur pour se les imaginer. Par exemple, le mystère de la statue n'est jamais éclairci : d'où vient-elle réellement, comment agit-elle, de quoi est-elle faite ? Et aussi : comment les soldats de Varius Munda que l'on quitte un peu déconfits mais bien vivants dans le désert sont-ils retrouvés morts, sauf leur chef, mais pas pour longtemps, à la fin ? Ont-ils succombé à un combat que l'on ne voit pas, ou encore aux effets de la statue ? Ces énigmes m'intriguent depuis que j'ai lu l'album, mais je n'ai pas de solutions.

4 Re: Le Dieu Sauvage le Dim 19 Avr - 12:39

Jacky-Charles


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Je m'aperçois que j'ai omis de citer mes sources ; comme d'habitude, la base est le "Dictionnaire de l'Antiquité" de Jean Leclant ( PUF ), complété par les sites internet : Imago mundi et Clio, en particulier les articles de M. Gabriel Camps ( décédé en 2002 ) sur les Garamantes ; cet auteur est un spécialiste de l'Afrique du nord préhistorique et proto-historique : ancien directeur du Musée du Bardo à Alger, chercheur au CNRS, professeur à l'université de Provence ( entre autres ), il est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages, dont un sur le roi berbère Massinissa, dont le nom a vraisemblablement inspiré celui de Massina.

5 Re: Le Dieu Sauvage le Mar 8 Sep - 19:04

Raymond

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Admin
Il est vrai que le rôle d'Heraklion n'est pas négligeable dans le Cheval de Troie. Toutefois, cette histoire raconte surtout la terrible fin d'Hortalus, cet honnête soldat qui avait fait son apparition dans les Légions Perdues. C'est surtout de lui que je me souviens en refermant cet album.

Sinon, le Cheval de Troie se déroule bien sûr en Grèce mais le "dernier spartiate" (j'entends par là Heraklion) n'y joue qu'un rôle assez modeste. Il me semble plutôt subir les événements ... mais il faudrait que je relise cette histoire! Ca fait longtemps que je ne l'ai pas relu. Embarassed


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6 Re: Le Dieu Sauvage le Sam 7 Jan - 12:02

Raymond

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Admin
Le Dieu sauvage est à l'honneur sur le blog de Jean-Marc. Very Happy

Il vient d'ouvrir une section consacrée à Alix. Il y a deux articles : un premier sur la chronologie d'Alix par Jacky-Charles, et un deuxième consacré à une analyse de planche, effectuée par votre serviteur. jap

Cette analyse de planche se trouve ici :

http://www.universalix.fr/?page_id=378


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7 Re: Le Dieu Sauvage le Sam 7 Jan - 14:39

stephane

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vieux sage
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Très interessantes analyses!!

http://alixmag.canalblog.com/

8 Re: Le Dieu Sauvage le Mar 10 Jan - 21:27

Pierre

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vieux sage
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J'adore ces billets de Raymond cheers

9 Re: Le Dieu Sauvage le Mer 7 Mar - 23:01

hectorvadair

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lecteur émérite
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Annonce de la série à venir in Tintin 1059 (1968)

http://www.1caseenmoins.canalblog.com

10 Re: Le Dieu Sauvage le Jeu 8 Mar - 17:38

Raymond

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Admin
Il y a beaucoup de petits "trésors" inconnus dans ces vieux journaux de Tintin. Very Happy


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11 Re: Le Dieu Sauvage le Jeu 8 Mar - 17:55

jfty

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grand maître
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4ème de couverture de 1969 et non de 1968! Smile

12 Re: Le Dieu Sauvage le Mar 16 Avr - 10:12

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
Trois couvertures différentes.


D'abord, celle publiée en 1969 dans le Journal Tintin.




Puis, celle de l'album en 1970.




Enfin, celle de la réédition du 24 avril 2013 à paraître.

13 Re: Le Dieu Sauvage le Mar 16 Avr - 12:17

Raymond

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Admin
Les trois couvertures sont réussies ! Cool


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14 Re: Le Dieu Sauvage le Mer 17 Avr - 0:38

Lion de Lisbonne

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grand maître
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Raymond a écrit:Les trois couvertures sont réussies ! Cool

Je suis d'accord avec toi!
Celui que je préfère est celle qui était choisie comme définitive.
Le Dieu Sauvage est un de mes albums préférés Exclamation

15 Re: Le Dieu Sauvage le Mer 17 Avr - 10:07

Monocle

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docteur honoris causa
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Aussi un de mes album préférés, avec un personnage présent tout au long du récit: Le désert qui exacerbe les passions des hommes qui les protège et leur fait obstacle. Je pense que le scénario n'aurait pas aussi fort s'il se déroulait dans un autre endroit.
...Et que gloire soit rendue à ceux qui ont eu la bonne idée de conserver leurs vieux numéros du journal de Tintin pour nous en faire profiter maintenant et réveiller de vieux souvenirs.

16 Re: Le Dieu Sauvage le Sam 20 Fév - 8:40

Treblig


Double prix Nobel
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17 Re: Le Dieu Sauvage le Sam 20 Fév - 12:31

Tarmac

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Superbe planche pouce , cela pour dire que l'exotique et onirique "dieu sauvage" occupe définitivement une place à part dans l'oeuvre martinienne ..

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