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Alix et Ben Hur

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1 Alix et Ben Hur le Mer 23 Nov - 15:27

Lion de Lisbonne

Lion de Lisbonne
grand maître
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AJAX a écrit:Ah, l'épisode des esclaves sur la route de Tarquinia, dans LE TOMBEAU ETRUSQUE... inspiré de BEN HUR (quand Jésus donne à boire à Judas Ben Hur, en route pour les galères...). Ici ce sera Alix, à un pauvre molochiste qui lui restera reconnaissant!

Me souviens que le Maître, qui n'appréciait que fort discrètement les péplums, m'avait assuré que sa course de chars, dans le même album, ne devait rien, absolument rien à celle de Ben Hur. N'empêche que toute la chorégraphie de sa course de char s'inspire du film de Wyler (les dauphins qu'on abaisse, le naufrage, l'image du quadrige vu de face...). Et, cerise sur le gâteau : la tunique noire, brodée de jaune, d'un des concurrents est identique à celle que porte Stephen Boyd/Messala; tandis que l'aigle sculpté à l'avant de la caisse d'icelui se retrouve sur les vignettes du char d'Alix. Je crois bien que l'exemple est unique dans l'oeuvre martinienne, dont nous savons par ailleurs que ses dossiers de documentation incluaient des nombreuses découpes filmiques tirées de magazines. Peut-être le fait d'un assistant, d'où l'embarras de Martin?

Je mettrai les images en ligne, si ça vous intéresse, mais pas aujourd'hui... j'ai des trucs à finir.
Bien sur que ça m'intéresse Exclamation pouce

2 Re: Alix et Ben Hur le Mer 23 Nov - 18:09

AJAX

AJAX
docteur honoris causa
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Puisque Lion le demande si gentiment, voici donc l’aurige en tunique noire du TOMBEAU ETRUSQUE :






Et Stephen Boyd :




… notez le motif des broderies, et l’aigle sculpté sur la caisse du char.
Et voici l’aigle quelques pages plus loin, sur le char d’Alix.





Dans l’album suivant, LES LEGIONS PERDUES, revoici la fameuse tunique, légèrement modifiée, sur les épaules d’Agérix. Et la protomé d’aigle sur le char :





… Mais je le répète, les cas est (t)unique, sauf sans doute une influence du BEN HUR 1925 pour les rameurs d’ALIX L’INTREPIDE. Very Happy

Le plus cocasse, c'est que cette photo de presse de BEN HUR, je l'ai achetée chez "Schlirf", à l'époque en bas de la chaussée de Vleurgat,c'est à dire à 200 m de la boutique "Marinor" que tenait Jacques Martin de l'autre côté de la place Flagey, à l'entrée de la chaussée de Boondael! Je me suis souvent demandé s'il ne s'était pas lui même débarassé d'une partie de sa doc chez Schlirf. Mais je fantasme, sans doute ! Smile

Mon pote FAL va mettre sur Boojum un de ces prochains jours une interview de Michel Lafon. Il m’envoie cet alinéa en primeur, sur la genèse de LA CONJURATION DE BAAL : «Je suis responsable des ambiances, évidemment, mais pas de la mise en couleurs. Dans un premier temps, j'avais imaginé une histoire en deux albums, le premier urbain et nocturne, le second rural et plutôt diurne : sur la durée du diptyque, l'obscur et le clair se seraient équilibrés, le clair aurait même fini par vaincre l'obscur, comme le jour vainc la nuit, bref : comme Alix vainc les Molochistes. Mais pour des raisons diverses, ce projet a été condensé en un seul album, celui-ci, qui pour cette raison à 50 pages, au lieu des 44 habituelles ; ce qui aurait été la deuxième partie commence grosso modo à la page 36, lorsque Pompée quitte Rome piteusement, d'où ce "déséquilibre" entre scènes de nuit et scènes de jour.»

3 Ben Hur le Mer 23 Nov - 21:20

stephane

stephane
vieux sage
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mais dans le grand format du dernier Spartiate sorti l'an passé, il est repris pas mal de photos de cinéma, et est répertorié les films qu'ils l'ont influencé.

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4 Re: Alix et Ben Hur le Mer 23 Nov - 22:40

AJAX

AJAX
docteur honoris causa
docteur honoris causa
Oui Stéphane, mais ce chapitre est à manier avec précaution : j'en ai du reste discuté avec Christophe Fumeux ! Il s'agit de documents passés à Christophe par Frédérique Martin. Je l'ai écrit plus haut : Jacques Martin avait dans ses archives des photos de films/des coupures de magazines traitant de péplums. Mais il ne les utilisait pas comme tels (sauf dans le cas précis de la course de chars du TOMBEAU ETRUSQUE).

Voici vingt ans, Michel Thiébaut, travaillant à sa thèse de doctorat sur l'Antiquité-BD, les a vus aussi. Je pense que Martin regardait ces documents, disons pour s'immerger dans l'ambiance de l'Antiquité, mais ne les copiait pas.
Du reste, pour avoir un peu travaillé avec lui dans les années '90, je puis t'affirmer qu'il recommandait à ses assistants de ne jamais recopier servilement. Même des catalogues de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts - reprenant les envois des Ecoles françaises de Rome et d'Athènes ("Pompéi" & "Paris-Rome-Athènes"), travaux de reconstitution d'architectes du XIXe s. -, il demandait d'en modifier des détails, de changer les angles de vue.

Mais si un jour tu arrives à raccorder à des vignettes précises les quelques images reproduites par Christophe pour illustrer son article (ou d'autres photos de films), je serais le premier intéressé!
Je crois bien connaître la question [des péplums], mais les exemples cités plus haut sont les seuls que j'aie trouvé. Frederic March dans le rôle de Marcus Superbus (LE SIGNE DE LA CROIX, 1932)...? Et la soi-disant photo de Delmer Daves dans Les Gladiateurs (en réalité Jack Hawkins, Quintus Arrius dans Ben Hur)... Nib de nib!

Quant à la photo des chrétiens aux lions... il ne s'agit pas d'une photo de film, mais d'une CP reproduisant une toile de Jean-Léon Gérôme. Du reste, ce genre de scène, la damnatio ad bestias, n'apparaît nulle part dans Alix.
Seul le quatrième exemple est probant : il s'agit de pages découpées dans Tintin, si ma mémoire ne me trahit pas (je les ai quelque part) qui sont en phase avec LE TOMBEAU ETRUSQUE. Et ce sont les seules.

5 Re: Alix et Ben Hur le Mer 23 Nov - 23:30

Raymond

Raymond
Admin
Très intéressant ! La tunique des conducteurs de char est quasiment la même mais ... si j'ai bien compris, Jacques Martin n'avait pas cette photo de Stephen Boyd dans sa documentation. Comment pouvait-il alors recopier la photo ? L'a t-il fait de mémoire ?


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6 Re: Alix et Ben Hur le Mer 23 Nov - 23:34

Raymond

Raymond
Admin
Sinon, la discussion s'écarte complètement du sujet. Il serait peut être indiqué de créer un sujet sur "Alix et Ben Hur".


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7 Alix et ben Hur le Jeu 24 Nov - 8:10

AJAX

AJAX
docteur honoris causa
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Pas seulement la tunique, mais aussi l'aigle du char, ainsi que l'allure générale du quadrige, vu de face.

Je n'ai pas dit qu'il n'avait plus la photo, puisque récemment (dans LE DERNIER SPARTIATE géant), des découpes de ses archives ont ressorti et ont été publiées, dont l'article BEN HUR. Et il en avait probablement d'autres : on ne pouvait tout mettre dans cette double page de l'album. Martin brassait une documentation colossale.

Que la photo que j'ai rachetée, avec l'autres, chez Schlirf lui ait appartenu n'est qu'une simple hypothèse générée par la proximité des deux commerces et de toute manière sans incidence : à l'époque où je l'ai achetée, il dessinait LA TOUR DE BABEL (j'avais été lui dire bonjour dans l'arrière-boutique de Marinor, où il travaillait à ses albums dans les moments de creux, et je me rappelle même qu'en voyant une catapulte pointée par les soldats d'Oribal, je lui ai photocopié un article de POUR LA SCIENCE détaillant l'artillerie nervo-balistique... Or, justement, LE TOMBEAU ETRUSQUE est de beaucoup plus ancien ! C'est à cette époque du reste qu'il m'avait assuré - à propos des péplums en général - qu'on lui reprocherait d'avoir fait du BEN HUR. Ce qui m'a mis la puce à l'oreille. CQFD.

Les sources, c'est le grand drame de tout romancier. "Depuis l'ODYSSEE, comme aimait le dire Henri Vernes, on n'a plus rien inventé" : il y a donc les sources prestigieuses que l'on aime revendiquer, et d'autres plus triviales qu'on préfère oublier. Pour Martin le cinéma devait être de celles-ci.
Et je le répète : ceci est l'unique exemple flagrant dans toute son oeuvre (du moins à ma connaissance). Mais il a vu des films comme tout le monde, et parfois lu le roman. Les analogies scénaristiques entre le BEN HUR 1925 de Fred Niblo et ALIX L'INTREPIDE sont des évidences que Martin n'aimait pas reconnaître. Idem sans doute pour la SALAMMBO (1925) de Marodon, encore que le sacrifice des enfants à Moloch y brille par son absence (c'est plutôt vers CABIRIA de Pastrone (1913) qu'il faut se tourner, même si l'attitude du dieu n'est pas vraiment la même); mais Martin avait aussi - et surtout - lu le roman de Flaubert, qui transpire dans de nombreux albums, de L'ILE MAUDITE au SPECTRE DE CARTHAGE.

(Alors, Raymond, tu vas sans doute m'objecter que Martin né en 1921, ne pouvait avoir vu CABIRIA en 1913. Pourtant, moi qui sui né en 1948 - comme Alix - je l'ai bien vu, et à plusieurs reprises ! CABIRIA, tout comme le BEN HUR muet, a été réédité dans les années '30 : je possède une affiche belge de la réédition '30, dont j'ai du reste revendu un exemplaire au Museo Nazionale de Turin, qui centralise la doc Pastrone, natif de cette ville). Et si jamais tu vas traîner tes guêtres à Lyon en octobre 2012, tu l'y verras, prêtée par Turin. Octobre 2012 c'est dans un an. Non, je ne voyage pas dans le Temps, mais je suis impliqué dans cette exposition dédiée au Péplum Very Happy ).

8 Re: Alix et Ben Hur le Jeu 24 Nov - 15:35

Raymond

Raymond
Admin
Il faut bien l'admettre, à chaque fois qu'un dessinateur (ou un cinéaste) raconte une course de chars, on la compare à celle de Ben Hur. C'est devenu une référence obligée.

Si je me souviens bien, je n'avais pas trop pensé à Ben Hur en découvrant cette course de chars lors de la sortie de l'album. Par contre, la scène où l'on voit Alix donner à boire au prisonnier molochiste est nettement inspirée par le film.


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9 Re: Alix et Ben Hur le Jeu 24 Nov - 17:22

Lion de Lisbonne

Lion de Lisbonne
grand maître
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Raymond a écrit:Il faut bien l'admettre, à chaque fois qu'un dessinateur (ou un cinéaste) raconte une course de chars, on la compare à celle de Ben Hur. C'est devenu une référence obligée.

Si je me souviens bien, je n'avais pas trop pensé à Ben Hur en découvrant cette course de chars lors de la sortie de l'album. Par contre, la scène où l'on voit Alix donner à boire au prisonnier molochiste est nettement inspirée par le film.
Moi non plus.

10 Re: Alix et Ben Hur le Jeu 24 Nov - 20:31

stephane

stephane
vieux sage
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Moi, j'ai connu Alix avant Ben Hur, alors...

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11 Re: Alix et Ben Hur le Jeu 24 Nov - 23:22

Raymond

Raymond
Admin
Quand j'y pense, cette course de char du Tombeau Etrusque apparait d'une manière curieuse. Rappelez vous le contexte ! Brutus mène la révolte des molochistes qui incendient les fermes autour de la ville, tandis qu'Alix cherche à organiser la riposte. Et puis ... que font-ils à ce moment-là ? Ils disputent une course de chars ... Rolling Eyes

Ceci dit, en revoyant les images de la course dans le Tombeau Etrusque, j'y retrouve ce qui était fort réussi dans le film : les gros plans sur les roues des chars, et cette vue latérale sur les deux adversaires qui s'affrontent.


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12 Re: Alix et Ben Hur le Ven 25 Nov - 17:48

Jacky-Charles


license ès BD
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stephane a écrit:Moi, j'ai connu Alix avant Ben Hur, alors...

Moi, c'est le contraire : j'ai d'abord vu Ben-Hur au moment de sa sortie en salles, vers 1959 ou 1960, et je n'ai commencé à lire Alix qu'une quinzaine d'années après. Je n'ai revu le film qu'une ou deux fois à la TV et j'arrêtais après la course de chars pour m'épargner les bondieuseries qui viennent ensuite. Autant dire que je n'avais jamais fait le rapprochement entre les deux, et c'est en lisant le Forum que j'ai vu d'où venait l'inspiration de ces scènes, qui ne représentent que bien peu de chose par rapport à l'ensemble des aventures d'Alix, il ne faut pas généraliser.

On voit une autre course de chars dans "Le zane noir" ( dans le tome 1 de "l'odyssée d'Alix" ), mais moins dramatique. En cherchant bien dans les autres albums, on doit trouver plusieurs séquences où Alix conduit un char, et pas obligatoirement dans une course ; j'en ai au moins deux ou trois en tête, il faudra que je vérifie.

13 Re: Alix et Ben Hur le Ven 25 Nov - 20:26

AJAX

AJAX
docteur honoris causa
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Stéphane, Lion & Raymond, je ne saurais vous contredire sur ce point : moi non plus je n'avais pas fait la liaison entre la course de chars du TOMBEAU ETRUSQUE et celle de BEN HUR. C'est uniquement parce que, alors qu'on parlait de tout autre chose, Jacques Martin m'a assuré du contraire que j'ai voulu examiner la chose d'un peu plus près... (Il faut savoir que, par la suite, j'ai eu à écrire un article sur les courses de chars à l'écran, d'abord pour un dossier pédagogique sur BEN HUR, puis repris dans un colloque.)

Je prépare un post plus détaillé, avec images.
LE ZANE NOIR est une oeuvre personnelle de Christophe Simon et n'entre donc pas en ligne de compte. Mais en compulsant ma doc, la première course de chars martinienne - cher Jacky-Charles - est dans ALIX L'INTREPIDE, cet album qui doit tout à BEN HUR, mais seulement au niveau du scénario. En compulsant ma doc cet après-midi, je me suis fait la réflexion qu'entre les chars romains M.G.M. première version (le BEN HUR muet, donc) et ceux de Martin (1948), il y avait une nette différence de ligne : ceux de la M.G.M. sont du genre massif; ceux de Martin sont plus fins, et proviennent sans doute d'un mix Daremenberg & Saglio - que Martin avait emprunté à demeure à la bibliothèque de Verviers (il était le seul à consulter ce colossal ouvrage) - et, probablement, le Racinet.

Il ressort de tout ceci que dans la version 1948, Martin dessinait à moitié correctement la manière d'atteler les chevaux : sans palonnier. Malheureusement aussi, sans joug - c'est pourquoi le timon est au niveau des flancs, au lieu de se placer au niveau de l'encolure des chevaux.

Dans la version 1968, les chars martiniens sont attelés comme dans BEN HUR 1925 et 1959 : un palonnier et pas de joug mais un licou.

Il faut savoir que dans l'Antiquité les traits se rattachaient directement à la caisse du char, et le timon à un joug.
C'est vers le Xe s. de n.E., je crois, qu'on a introduit en Europe la manière moderne d'atteler les chevaux : les traits viennent alors se capeller sur un palonnier, lui-même rattaché à la caisse. A l'autre extrémité, les traits s'attachent à un licou, plus confortable pour le cheval car la pression se porte désormais sur le poitrail (au lieu d'un collier qui l'étrangle).

Ce détail archéologique n'enlève rien à l'intérêt de la BD, bien entendu. Et au cinéma la différence se justifiait sans doute par des raisons de sécurité. L'attelage à l'ancienne est moins fiable.
La plupart des dessinateurs de BD ignorent ce détail (notamment Delaby, dans MURENA). Mais archéologiquement parlant, c'est une faute, et sans doute pas la seule rassurez-vous... Comme l'écrivait Jean-Jacques Grizeaud - un des archéologues qui supervisent LE CASQUE D'AGRIS - on vérifie tous les détails, mais certains arrivent encore à nous échapper. A plus forte raison un artiste qui raconte une histoire, mais ne manie pas les objets...

Le lecteur lambda n'imagine pas le nombre de choses qu'il faudrait vérifier pour dessiner une BD historique, ou même faire un film (où les détails sont fugaces), voire simplement écrire un roman où l'on ne montre pas d'images!

14 Re: Alix et Ben Hur le Ven 25 Nov - 22:04

stephane

stephane
vieux sage
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Le zane noir n'est pas une création personnelle de Christophe Simon: le scénario, les dialogues et la mise en scène sont de Jacques Martin, tout comme l'Hydre bleu.

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15 Re: Alix et Ben Hur le Ven 25 Nov - 22:44

AJAX

AJAX
docteur honoris causa
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LE ZANE NOIR et L'HYDRE BLEUE sont donc des sujets de Martin ? J'en prends bonne note. Effectivement, la page titre crédite Simon uniquement comme dessinateur.Je n'avais pas aimé le coloriage de ce court épisode.

Dans LE ZANE, les chars grecs n'ont pas de palonnier, ce qui est une bonne chose. Mais le timon est horizontal, au lieu de remonter vers l'échine des chevaux. Et bien sûr, pas de joug, mais un collier. Bref un mélange d'antique et de moderne.
Je crois l'avoir déja dit sur ce site, dans les pages péplum : seul Cecil B. DeMille montrait à peu près correctement les chars égyptiens avec le joug. King Vidor aussi, dans SALOMON ET LA REINE DE SABA; mais les chars de leurs ennemis israélites étaient modernes. En fait tous les chars de l'antiquité étaient attelés selon le principe du joug, qu'ils fussent égyptiens, assyriens, grecs ou romains...

[Sorry, plus haut il y a une faute de frappe à Daremberg (& Saglio).]

16 Re: Alix et Ben Hur le Sam 26 Nov - 10:20

AJAX

AJAX
docteur honoris causa
docteur honoris causa
Je confirme que la découpure non référencée, mais provenant des archives de Jacques Martin, illustrant l’article de Ch. Fumeux est bien tirée de Tintin/BE, n° 52, 29.12.1960, pp.18-21. Et qu’on y voit parfaitement la tunique de Messala et son motif décoratif. De toute manière, ce personnage, dans cette scène précise, a maintes fois été représenté dans la presse.





Je zoome…





Et encore un petit coup de zoom.






Celle-ci aussi a été reproduite un peu partout (ici Ciné Revue, mais elle est aussi en couverture de SPECTACULAR etc.) :











Avez-vous remarqué, comme moi, que par le plus grand des hasard, Alix conduit un attelage blanc comme Ben Hur, et Brutus un noir comme Messala ?











J. Martin était un prodigieux raconteur d’histoires, comme il aimait à le rappeler dans ses interviews ; mais je crois que son premier public – avant ses copains d’école – était lui-même. Un certain don pour confondre la réalité avec ses affabulations, au point de déclarer, parfois, qu’il « démontrerait », qu’ils « prouverait » certaines choses ou faits historiques dans un prochain album. Comme si un album de BD pouvait constituer une preuve scientifique de quoi que ce soit ! Je dois avouer que ses explications me laissaient souvent sur ma faim. Les hommes pétrifiés par le volcan de LA GRIFFE NOIRE, l’ignorance de l’arc par les Gaulois du SPHINX D’OR, etc. (il aurait mieux fait de relire la description de l’armée de secours gauloise devant Alésia, dans la Guerre des Gaules de César) autant de dogmes qu’il imposait péremptoirement. D’où que sa déclaration sur BEN HUR et la course de chars du TOMBEAU ETRUSQUE ait provoqué ma suspicion : je ne lui avais rien demandé à ce sujet, mais il tenait absolument à s’en justifier. La « Pravda », quoi.





A ma connaissance, la plus ancienne description d’une course de chars dans une œuvre de fiction est celle d’Alexandre Dumas au Chapitre IV d’Acté (1837). Le jeune Lucius Domitius Ahenobarbus, le futur Néron, en dispute une à Corinthe. Elle prend quatre ou cinq pages serrées mais contient peu de détails techniques du genre des dauphins (qui y brillent par leur absence); la principale péripétie est que Lucius, ayant laissé tombé son fouet, se paie le luxe d’arrêter sa course pour le ramasser. Il y en a une seconde : l’Athénien serre le Thessalien, qui finit par s’accrocher et naufrager. On ne s’y défie pas ni ne s’insulte ; encore moins on ne s’agresse à coups de fouet. BEN HUR restait à écrire (1880), et à filmer ! Il est clair que Martin n’avait pas Dumas en tête lorsqu’il dessina la sienne. Comme Judas et Messala, Alix et Brutus échangent des coups, et le concurrent qui porte la même tunique que Stephen Boyd pulvérisera son char exactement comme dans le film de Wyler. Mais Martin a la sagesse de ne pas armer de lames acérées le moyeu du char du « méchant » : détail qui n’existe que dans la version 1959, non dans le roman ni la version cinématographique de 1925. Je pense du reste que ce genre de fantaisie n’aurait pas été admise par les Romains.

Il est clair que la version/les versions cinématographique(s) sont plus palpitantes que le récit de Dumas. Je me suis même demandé si, à l’écran, certains chars ne se crashaient pas deux fois !

Rappelons que la plus ancienne description d’une course de chars nous vient de la mythologie grecque : c’est celle qui oppose le roi de Pise Oenomaos au jeune Pélops, lequel désire en épouser la fille. Le roi vainqueur a l’habitude de tuer son rival à coups de lance ; mais Pélops circonvient le cocher de son adversaire, Myrtilos, qui en sabote la clavette tenant en place une des roues. Il est également question de la borne à contourner en bout de piste, nommée taraxippos (« épouvantail à chevaux »). Par essence, le mythe doit aboutir à une issue dramatique, tout comme nos fictions. Mais dans la réalité romaine, ces courses - quoique non exemptes de risques, mais sans doute pas plus que dans notre Formule 1 - ont connu des champions comme Flavius Scorpus qui à 26 ans totalisait 2.048 victoires avant de trouver la mort en course, tandis qu’un certain Dioclès, en 24 ans de carrière, prit part à 4.257 courses dont il en remporta 1.462.


Enfin, voici deux illustrations tirées du Daremberg et Saglio, Dict des Antiquités grecques et romaines, où l’on voit bien que les chars antiques, ici grecs, n’avaient pas de palonniers, mais qu’un joug s’appuyait sur la nuque des chevaux. Les céramiques peuvent se permettre ce genre de détails (les traits du harnachement), difficiles à reproduire en sculpture. Sur la fig. 2219 on voit très bien que les traits, partant du joug/collier sont attachés directement à la caisse du char.











Enfin, ces deux vignettes extraites d’ALIX L’INTREPIDE montrent qu’en 1948, Martin dessinait ses chars en s’inspirant de la littérature scientifique (pas de palonnier). En fait, Martin a négligé de dessiner les traits : hors le collier, ses chevaux sont totalement libres (gare aux écarts !), mais comme je l’ai dit c’est un détail que la sculpture antique négligeait aussi.










Ici, on voit très bien, dans LE TOMBEAU ETRUSQUE, que le dessinateur avait des photos de film devant ses yeux. Sous le timon du char gris passe le palonnier, terminé par un anneau où l’on viendra capeller les traits.





Pour les lecteurs perspicaces qui immanquablement poseront la question : « Si les traits des chevaux des biges sont directement attachés à la caisse du char, quid quand il y a quatre chevaux, la largeur de la caisse n’étant pas extensible ? »
Eh bien, les chevaux externes, qu’on appelait funales, n’étaient pas reliés à la caisse, mais directement aux chevaux centraux.

17 Re: Alix et Ben Hur le Sam 26 Nov - 14:14

Lion de Lisbonne

Lion de Lisbonne
grand maître
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AJAX a écrit:Je confirme que la découpure non référencée, mais provenant des archives de Jacques Martin, illustrant l’article de Ch. Fumeux est bien tirée de Tintin/BE, n° 52, 29.12.1960, pp.18-21. Et qu’on y voit parfaitement la tunique de Messala et son motif décoratif. De toute manière, ce personnage, dans cette scène précise, a maintes fois été représenté dans la presse.





Je zoome…





Et encore un petit coup de zoom.






Celle-ci aussi a été reproduite un peu partout (ici Ciné Revue, mais elle est aussi en couverture de SPECTACULAR etc.) :











Avez-vous remarqué, comme moi, que par le plus grand des hasard, Alix conduit un attelage blanc comme Ben Hur, et Brutus un noir comme Messala ?











J. Martin était un prodigieux raconteur d’histoires, comme il aimait à le rappeler dans ses interviews ; mais je crois que son premier public – avant ses copains d’école – était lui-même. Un certain don pour confondre la réalité avec ses affabulations, au point de déclarer, parfois, qu’il « démontrerait », qu’ils « prouverait » certaines choses ou faits historiques dans un prochain album. Comme si un album de BD pouvait constituer une preuve scientifique de quoi que ce soit ! Je dois avouer que ses explications me laissaient souvent sur ma faim. Les hommes pétrifiés par le volcan de LA GRIFFE NOIRE, l’ignorance de l’arc par les Gaulois du SPHINX D’OR, etc. (il aurait mieux fait de relire la description de l’armée de secours gauloise devant Alésia, dans la Guerre des Gaules de César) autant de dogmes qu’il imposait péremptoirement. D’où que sa déclaration sur BEN HUR et la course de chars du TOMBEAU ETRUSQUE ait provoqué ma suspicion : je ne lui avais rien demandé à ce sujet, mais il tenait absolument à s’en justifier. La « Pravda », quoi.





A ma connaissance, la plus ancienne description d’une course de chars dans une œuvre de fiction est celle d’Alexandre Dumas au Chapitre IV d’Acté (1837). Le jeune Lucius Domitius Ahenobarbus, le futur Néron, en dispute une à Corinthe. Elle prend quatre ou cinq pages serrées mais contient peu de détails techniques du genre des dauphins (qui y brillent par leur absence); la principale péripétie est que Lucius, ayant laissé tombé son fouet, se paie le luxe d’arrêter sa course pour le ramasser. Il y en a une seconde : l’Athénien serre le Thessalien, qui finit par s’accrocher et naufrager. On ne s’y défie pas ni ne s’insulte ; encore moins on ne s’agresse à coups de fouet. BEN HUR restait à écrire (1880), et à filmer ! Il est clair que Martin n’avait pas Dumas en tête lorsqu’il dessina la sienne. Comme Judas et Messala, Alix et Brutus échangent des coups, et le concurrent qui porte la même tunique que Stephen Boyd pulvérisera son char exactement comme dans le film de Wyler. Mais Martin a la sagesse de ne pas armer de lames acérées le moyeu du char du « méchant » : détail qui n’existe que dans la version 1959, non dans le roman ni la version cinématographique de 1925. Je pense du reste que ce genre de fantaisie n’aurait pas été admise par les Romains.

Il est clair que la version/les versions cinématographique(s) sont plus palpitantes que le récit de Dumas. Je me suis même demandé si, à l’écran, certains chars ne se crashaient pas deux fois !

Rappelons que la plus ancienne description d’une course de chars nous vient de la mythologie grecque : c’est celle qui oppose le roi de Pise Oenomaos au jeune Pélops, lequel désire en épouser la fille. Le roi vainqueur a l’habitude de tuer son rival à coups de lance ; mais Pélops circonvient le cocher de son adversaire, Myrtilos, qui en sabote la clavette tenant en place une des roues. Il est également question de la borne à contourner en bout de piste, nommée taraxippos (« épouvantail à chevaux »). Par essence, le mythe doit aboutir à une issue dramatique, tout comme nos fictions. Mais dans la réalité romaine, ces courses - quoique non exemptes de risques, mais sans doute pas plus que dans notre Formule 1 - ont connu des champions comme Flavius Scorpus qui à 26 ans totalisait 2.048 victoires avant de trouver la mort en course, tandis qu’un certain Dioclès, en 24 ans de carrière, prit part à 4.257 courses dont il en remporta 1.462.


Enfin, voici deux illustrations tirées du Daremberg et Saglio, Dict des Antiquités grecques et romaines, où l’on voit bien que les chars antiques, ici grecs, n’avaient pas de palonniers, mais qu’un joug s’appuyait sur la nuque des chevaux. Les céramiques peuvent se permettre ce genre de détails (les traits du harnachement), difficiles à reproduire en sculpture. Sur la fig. 2219 on voit très bien que les traits, partant du joug/collier sont attachés directement à la caisse du char.











Enfin, ces deux vignettes extraites d’ALIX L’INTREPIDE montrent qu’en 1948, Martin dessinait ses chars en s’inspirant de la littérature scientifique (pas de palonnier). En fait, Martin a négligé de dessiner les traits : hors le collier, ses chevaux sont totalement libres (gare aux écarts !), mais comme je l’ai dit c’est un détail que la sculpture antique négligeait aussi.










Ici, on voit très bien, dans LE TOMBEAU ETRUSQUE, que le dessinateur avait des photos de film devant ses yeux. Sous le timon du char gris passe le palonnier, terminé par un anneau où l’on viendra capeller les traits.





Pour les lecteurs perspicaces qui immanquablement poseront la question : « Si les traits des chevaux des biges sont directement attachés à la caisse du char, quid quand il y a quatre chevaux, la largeur de la caisse n’étant pas extensible ? »
Eh bien, les chevaux externes, qu’on appelait funales, n’étaient pas reliés à la caisse, mais directement aux chevaux centraux.

Ce qu'on appris pour la BD Exclamation pouce

18 Re: Alix et Ben Hur le Sam 26 Nov - 22:31

Raymond

Raymond
Admin
En tout cas, bravo pour le travail d'investigations.

Par rapport à Alix l'Intrépide (l'album qui doit le plus au modèle de Ben Hur), j'imagine que Jacques Martin n'avait pas encore beaucoup de documentation et que seule sa mémoire lui permettait de reproduire certains détails du premier film de 1925.


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19 Re: Alix et Ben Hur le Lun 12 Déc - 17:57

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docteur honoris causa
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Non Raymond, il n’était pas nécessaire de travailler de mémoire. On pouvait trouver dans la presse de l’époque quantité de photos du film BEN HUR (1924), y compris dans les années ’30 (réédition). Voici par exemple la couverture du Ciné-Or (près de 70 p. rien que des photos du film).






Il y a eu aussi des cartes postales de Ben Hur, je dois bien en avoir 20 ou 30, dont celle-ci par exemple, représentant Francis X. Bushman, qui incarnait Messala…






J'ignore, bien entendu, ce que possédait exactement Martin, mais qu'il ait disposé de coupures d'avant-guerre n'avait rien d'impossible.

J'ai lu quelque part (je crois que c'est dans l'Intégrale Alix chez Rombaldi) une déclaration de Martin expliquant que, lorsqu'il dessinait LA TIARE D'ORIBAL, il était plus à l'aise financièrement, et pouvait maintenant se payer de la documentation. Alors, deux mots sur les sources de LA TIARE D'ORIBAL :

Toute sa représentation des "Jardins suspendus" est extrapolée d'une planche "LES SEPT MERVEILLES DU MONDE" qu'on trouvait notamment dans les éditions de l'époque du Petit Larousse (quand il n'était pas encore en couleur, sauf quelques planches).

Pour le reste, il a surtout travaillé à partir de planches de H.M. Herget sur l'ancienne Mésopotamie, parues dans THE NATIONAL GEOGRAPHIC MAGAZINE (janvier 1951). Bien sûr, il a remplacé par des chevaux, les ânes qui servaient d'attelage aux chars... car Herget s'était surtout basé sur des reliefs sumériens (soit 3000 av. n.E., comme il l'indique lui-même). Les chevaux n'avient pas encore été introduits au Proche-Orient par les Indo-Européens. C'est entre autres à cause de cet album que j'ai qualifié Alix d'"archéologue spatio-temporel".

20 Re: Alix et Ben Hur le Lun 12 Déc - 23:54

Raymond

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Admin
Je ne connaissais pas ces livres illustrés tirés du film muet. Il faut d'ailleurs bien reconnaître que j'appartiens à une génération qui ignore tout du Ben Hur de Fred Niblo. L'explication est au fond très simple. Je n'ai jamais eu l'occasion de voir ce film, excepté quelques petits extraits, que ce soit dans un cinéma ou à la télévision. Et pourtant ... je suis un cinéphile. Rolling Eyes

Le film de William Wyler a donc fait complètement oublier celui de Niblo. Faut-il le regretter ?


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21 Re: Alix et Ben Hur le Mar 13 Déc - 8:03

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En tout cas, l'Allemagne vient de produire une nouvelle version de BEN HUR (un téléfilm réalisé par Steve Shill, avec Joseph Morgan, acteur que l'on peut retrouver dans LES IMMORTELS qui sort actuellement) qui ne risque pas de nous faire oublier la version de Wyler, avec Charlton Heston!
Mais chaque génération, son style.

Dans les années 20-30' Ramon Novarro était, tout comme Rudolph Valentino, le "latin lover" d'Hollywood. J'entends encore la voix de Jacques Martin : "Je me souviens de Ramon Novarro sur son char..."
Il n'y a pas grand écart de génération entre toi et moi : six ans... J'ai vu le BEN HUR muet à la Cinémathèque, puis il est repassé à la TV (j'en ai tiré une VHS, que j'ai ensuite dupliqué pour Martin à l'époque où je travaillais sur la MARINE. Malgré son ophtalmie, il pouvait regarder - modérément - la TV, avec des sortes de jumelles de théâtre). Si tu veux voir la version muette, elle a été rééditée il y a quelques années en "Bonus" d'une édition collector du film de Wyler.

Bien sûr, je suis plus spécialisé que toi en matière d'Antiquité filmique, et même d'Antiquité tout court (il ne m'a pas échappé que l'intitulé de ton site place Lefranc avant Alix, ce qui ne correspond ni à la chronologie, ni à l'ordre alphabétique, seulement à tes préférences de lecteur). Mais bon... un cinéphile doit aussi regarder les films d'avant 1940... pour juger des progrès accomplis depuis.
Quand Henri Vernes me dit préférer les versions '20 des CHASSES DU COMTE ZAROFF, du MONDE PERDU, de KING KONG... je suis moi-aussi sidéré, mais ce sont ces versions-là qui ont charmé son enfance, son adolescence (il est né en 1918, mais n'empêche).

De même resterais-je attaché à la version de Wyler, même si la version 2009 développe des points intéressants du roman de Lew Wallace. En fait la version 1957 est très condensée; la version muette était plus complète, montrant notamment Ben Hur recrutant une armée de zélotes pour combattre les Romains, ce qui est bien dans le roman. Rien de tel dans la version 1957, qui au contraire en remet une couche en rajoutant les lames d'acier aux moyeux du char de Ben Hur ! Mais quelle course, mes amis ! Celle du film muet était déjà impressionnante, mais celle du film de Wyler, tournée par Yakima Canutt (avec Mario Soldati et Sergio Leone parmi ses assistants !)... Laughing

22 Re: Alix et Ben Hur le Mar 13 Déc - 23:30

Raymond

Raymond
Admin
Je me demande tout de même si ce film muet a bien vieilli. Rolling Eyes

Par contre, on peut sans hésitation conseiller la lecture du roman de Lewis Wallace. Le récit y est riche en détails qui sont absents du film. C'est un des chefs d'oeuvre du roman historique et j'en ai un grand souvenir.


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23 Re: Alix et Ben Hur le Mer 14 Déc - 9:06

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Voilà bien longtemps que je l'ai lu, "le roman à Wallace". N'oublions pas qu'il s'agit d'un "Tales of the Christ", donc partial et engagé... écrit par un général qui a participé à la Guerre Civile dans le camp nordiste.

Le passage relatif à la marine romaine est à manier avec les plus extrêmes précautions. C'est un télescopage de la trière athénienne et des galères de Louis XIV! Pas plus que les Grecs, les Romains ne faisaient ramer des esclaves, mais des professionnels (ce qui n'empêcha pas Marc Antoine de réquisitionner des paysans avant d'engager la bataille d'Actium, ses équipages ayant été décimés par la malaria ou je ne sais quelle autre fièvre), mais dans les marines du de notre XIXe s. on n'était pas plus délicat.
Depuis, le cliché à la vie dure... tout comme celui des esclaves qui bâtirent les pyramides en Egypte.

Ce sont les chrétiens - et plus précisément les Chevaliers de Rhodes -, au Moyen Age, qui les premiers mirent des esclaves aux bancs de rame, de préférence des prisonniers turcs.
Et j'ajouterais que depuis la Deuxième guerre punique, la trirème était passée de mode comme unité de ligne, étant remplacée par les quadrirèmes et quinquérèmes (voire des "sept", des "dix", des "vingt" etc.).
Ca mis à part, c'est un roman sympa autant qu'il m'en souvienne. Curieux tout de même qu'un patricien comme Ben Hur-Arrius soit devenu gladiateur et aurige, à Rome (mais Alix fait la même chose, au détriment de la mentalité de l'époque). Le côté gladiateur est juste évoqué par le roman, mais bien développé dans le téléfilm de 2009...

24 Re: Alix et Ben Hur le Mer 14 Déc - 12:27

Raymond

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Admin
J'ai aussi lu le roman il y a bien longtemps (j'étais adolescent) mais le livre m'a laissé un grand souvenir. J'avais déjà les images du film en tête et l'ensemble me semblait très cohérent.

A propos des criminels condamnés aux galères par les romains, je n'ai appris que tout récemment que c'était une erreur historique. On la retrouve dans beaucoup d'ouvrages, comme Astérix par exemple, et elle va probablement se perpétuer assez longtemps (surtout si le film continue à être diffusé par la TV).

A la décharge de Lewis Wallace, qui écrivait à la fin du XIXème siècle, on lui reconnaîtra qu'à son époque, les connaissances de l'Histoire Romaine n'étaient pas aussi perfectionnées à qu'aujourd'hui.


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25 Re: Alix et Ben Hur le Jeu 15 Déc - 14:08

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Tout à fait par hasard, je tombe sur cette interview de Martin : https://www.dailymotion.com/video/x6mv88_creation-d-un-album-d-alix-partie-1_creation#rel-page-12 où il fait allusion à Schlirf... "un Grec de Bruxelles qui m'a trouvé beaucoup de documentation (e.a. sur Olympie)."

Ce qui me conforte dans mon hypothèse plus haut.

Certes et forcément, Raymond, on connaît mieux l'Antiquité maintenant qu'il y a 130 ans, à l'époque où Lew Wallace écrivait BEN HUR. Mais il existait tout de même une colossale littérature, basée sur les textes et, tout de même, confortée pr les documents archéologiques... Martin a très tôt découvert en bibliothèque, à Verviers où il habitait alors, le Daremberg et Saglio en 10 volumes, publiés par Hachette de 1877 à 1903. Mais il y en avait d'autres.

C'était un ouvrage très pointu, que je consultais souvent en salle de lecture à la Royale, et que l’on peut maintenant consulter sur le site de l’Université de Toulouse : http://dagr.univ-tlse2.fr/sdx/dagr/index.xsp

Mais je me rappelle qu’en 1997 Martin a eu la chance de pouvoir en racheter un exemplaire à un prêtre qui vendait sa bibliothèque.

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