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Les romans d'Alix

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1Les romans d'Alix Empty Les romans d'Alix le Jeu 10 Fév - 11:24

Raymond

Raymond
Admin
Quatre romans (au format de poche) ont été publiés il y a quelques années, accompagnés de dessins de Jean-François Charles. En voici la liste :

1 Alix l'Intrépide
2 Le sortilège de Khorsabad (inédit)
3 L'ombre de César (inédit)
4 Le Sphinx d'or

En fait, deux histoires sont inédites tandis que les deux autres ne font que reprendre la trame des premiers albums.

Les romans d'Alix Alix_r11



Jacky-Charles a lu ces livres et il est d'accord de nous  présenter ici un résumé des histoires inédites. Merci beaucoup à lui !   pouce



Dernière édition par Raymond le Jeu 20 Fév - 15:19, édité 1 fois


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2Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Jeu 10 Fév - 11:28

Raymond

Raymond
Admin
Je te propose de commencer avec le Sortilège de Khorsabad.  Very Happy

Les romans d'Alix Alix_r12



Dernière édition par Raymond le Jeu 20 Fév - 15:20, édité 1 fois


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3Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Jeu 10 Fév - 16:15

Jacky-Charles


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Merci, Raymond.

Puisque nous avons fait le tour de tous les albums d'Alix parus ( sauf les deux « Odyssées » qui seront pour plus tard ) nous pouvons aborder les romans, en nous limitant aux deux inédits ; les deux reprises ne donnent en effet rien de plus par rapport aux albums initiaux.

Néanmoins, ne vous attendez pas à trouver ci-après des commentaires détaillés comme il y en a eu pour les autres albums : venant après tous ceux-ci, je vous ai déjà proposé des études sur les sujets abordés qui figurent dans les précédentes analyses : l'esclavage, la gladiature, les pirates, Khorsabad... Si cela vous intéresse, ce sera donc une occasion d'y revenir en consultant ces analyses.

Je me bornerai donc à un résumé du roman, une étude des personnages et à donner mon opinion sur l'ouvrage pour ouvrir une discussion.

-oOo-

4Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Jeu 10 Fév - 16:17

Jacky-Charles


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LE SORTILEGE DE KHORSABAD

Premier roman inédit d'Alix


Des romans ?...

Tout le monde ne semblant pas les avoir lus ou même les connaître, j'en fait une brève présentation.
Dans la saga d'Alix, outre les albums d'aventures - et les deux tomes de « L'Odyssée d'Alix » qui occupent une place à part et dont je parlerai plus tard – il y a les quatre romans. Deux d'entre eux, « Alix l'intrépide » et « Le sphinx d'or » sont de simples démarquages des albums portant le même titre et racontent la même histoire, ou à peu près, sans les illustrations, ou si peu. Ce ne serait pas sans intérêt pour quelqu'un qui n'aurait jamais lu les albums en question, une bonne initiation aux aventures d'Alix, mais ils n'apportent vraiment pas grand chose à ceux qui connaissent déjà ces histoires, aussi ne les traiterai-je pas ici.
Plus intéressants en revanche sont les deux romans inédits : « Le sortilège de Khorsabad » et « L'ombre de César », que je vais présenter ci-après selon le même plan que les albums, avec cependant quelques petites différences.
J'en ferai un résumé un peu plus complet afin que chacun puisse se faire une idée de l'ouvrage, sans toutefois en déflorer les mystères. J'insisterai moins sur la partie documentaire pour deux raisons. La première est que chaque volume comporte un « dossier » qui donne des précisions utiles sur certains aspects du récit ; je ne les reproduirai donc pas, préférant laisser au lecteur la possibilité d'en prendre connaissance dans l'ouvrage original s'il le souhaite. La seconde est que j'ai déjà abordé certains de ces points dans les commentaires d'autres albums auxquels je renvoie le lecteur pour ne pas avoir à y revenir.
Pour le reste, vous trouverez donc ci-après les rubriques habituelles, y compris les caractères des personnages.


Le résumé

A Rome, Alix et Enak reçoivent deux amis : Martial et Acco. Comme Alix, ces derniers ont vu leur destin bouleversé par la guerre des Gaules. Martial, originaire d'une tribu celte des rives de la Moselle, a été l'esclave d'un officier romain, Sabinus, qui a fini par le prendre en affection et l'adopter ; aujourd'hui, c'est Martial qui gère la fortune de son père adoptif et qui, doué pour les affaires, accomplit des merveilles ! Acco a eu moins de chance : le sort a fait de lui un gladiateur, mais, après de nombreuses victoires qui l'ont rendu célèbre, il vient d'être libéré ; tout comme Alix, il recherche sa famille dispersée en Orient, et il vient enfin d'obtenir à la fois des nouvelles de son père, Wulfila, et de la mère d'Alix, Myrdinna.
Alix, Enak et Acco s'embarquent alors pour Tyr, avec pour destination finale Khorsabad, où seraient les disparus.
Mais quelqu'un a observé leur départ : leur vieil ennemi Arbacès, l'exécutant des basses œuvres de Pompée. Celui-ci est toujours à la recherche de fonds pour contrer César, son adversaire. Or, le nom de Khorsabad évoque pour eux deux le légendaire trésor du roi Sargon II, qui y serait dissimulé depuis six siècles. Si, comme ils le pensent, Alix a repéré la cache du trésor lors de son premier passage dans la ville, cette seconde visite, sous un autre prétexte, a peut-être pour but de le récupérer, ce qui accorderait un avantage incontestable aux Césariens. Dès lors, autant que le trésor aille, plutôt que dans les poches de César et d'Alix, dans celles de Pompée et d'Arbacès : ce dernier s'embarque à son tour pour Tyr, après avoir prévenu des pirates complices d'intercepter le bateau d'Alix.
Toutefois, le manège d'Arbacès a été remarqué par Martial qui loue un bateau rapide et bien armé et suit les deux autres.
Presque à la fin du voyage maritime, au cours duquel Enak montre ses talents de navigateur, les pirates attaquent le navire d'Alix, mais Martial arrive à la rescousse juste à temps pour couler le bateau des agresseurs. L'expédition arrive sans trop de dommages à Tyr où Arbacès l'a cependant précédée.
Pour savoir ce qu'est devenue sa famille, Alix s'adresse au marchand d'esclaves Damon qui le livre à Arbacès, ce dernier voulant lui faire dire comment trouver le trésor de Sargon. Mais Enak réussit à le faire évader.
Pendant ce temps, Acco et Martial, grâce à une relation de celui-ci, l'armateur Lycidas, prennent la route de Khorsabad. En chemin, ils retrouvent le père d'Acco, Wulfila, infirme, mais vivant, dans une tribu de Haïkanes, et le ramènent à Tyr.
Pour faire pression sur Alix, Arbacès et Damon ont capturé sa mère, Myrdinna, que de multiples épreuves ont rendu folle. Après l'évasion d'Alix, celui-ci poursuit Arbacès et finit par le capturer, mais le Grec négocie sa liberté contre celle de Myrdinna. Au cours de l'échange, Myrdinna tombe dans le port, Alix la ramène de justesse, mais épuisée, elle meurt dans ses bras. Arbacès en profite pour s'enfuir.
Tandis qu'Alix procède aux funérailles de sa mère, Acco et Wulfila décident de s'installer sur place pour cultiver la terre en Syrie, et Lycidas révèle à Martial ce qu'il est advenu du trésor de Sargon à Khorsabad...


Quand cela se passe-t-il ?

D'après les allusions qui sont faites sur les relations entre Pompée et César, toujours au cours de la même période, soit entre -51 et -50, avant le passage du Rubicon et le début de la guerre civile.


Où cela se passe-t-il ?

L'histoire commence à Rome, d'abord chez Alix, puis chez Pompée, se poursuit à Brindes ( Brindisi ), où l'on prend la mer pour Tyr. Après le voyage maritime et un bref voyage en Syrie, mais qui ne mène pas une partie des protagonistes jusqu'à Khorsabad, le récit se termine à Tyr.


Le contexte historique

L'arrière-plan historique n'est pas très présent dans cette histoire. Au début, sont rapidement évoquées les relations alors difficiles entre César et Pompée, et la recherche de fonds par l'un et l'autre, ce qui permet de dater approximativement l'intrigue ( voir ci-dessus ). Par la suite, il est question des Parthes au cours de la chevauchée entre Tyr et Khorsabad, mais de telle manière qu'on comprend que Rome et le royaume Parthe ne sont pas encore tout à fait en paix après la victoire de ce dernier sur les légions de Crassus. On sait pourtant que des négociation aboutirent à fixer sur l'Euphrate la frontière entre les deux Empires, mais à la fin de sa vie, en -44, César songeait à lancer une nouvelle expédition pour venger Crassus et conquérir la Parthie.


Comment est racontée l'histoire

Il est difficile de comparer ce court roman de cent pages en gros caractères avec les albums, et pas seulement à cause de l'absence quasi totale d'illustrations. Cet ouvrage s'adresse visiblement à un public plutôt jeune, et certainement plus jeune que celui des albums actuels. On est davantage ici dans une littérature « ad usum delphini », ce qui ne signifie pas qu'elle est indigne d'être lue, mais simplement un peu plus édulcorée que certaines aventures d'Alix de la période récente dans leur version album. Il ne faut pas en vouloir à l'auteur qui a pris ici le relais de Jacques Martin, Alain Hammerstein-De Kuyssche, qui s'est manifestement adapté au public recherché. On peut seulement regretter que ce public n'ait pas été trouvé, sinon la collection ne se serait pas interrompue après quatre tomes. Il est vrai que l'alternance entre des histoires inédites et d'autres, reprises d'anciens albums, n'était pas facile à assumer ; sans doute aurait-il fallu se contenter des premières...
Cela dit, cette histoire de double recherche familiale qui se complète par une chasse au trésor aurait pu être passionnante si elle avait été mieux construite. Malheureusement, l'exposé de l'affaire et le voyage en mer, celui-ci seulement pimenté par une attaque de pirates qui n'apporte pas grand chose au déroulement du récit, occupent à eux seuls les deux premiers tiers du livre. La recherche des personnes disparues, Myrdinna et Wulfila, est donc concentrée, avec les révélations sur le trésor, dans le dernier tiers du livre, ce qui fait un peu court pour détailler des péripéties agitées : celles-ci sont bien là, fort honorablement imaginées, mais traitées si rapidement qu'on n'a pas le temps d'en profiter ! Un rêve : que l'auteur se soit moins étalé dans sa première partie et qu'il ait pu prendre son temps pour nous parler des aventures d'Alix à Tyr !
Accordons-lui quand même de s'être bien documenté : son univers est vivant et pittoresque, mais il lui manque les illustrations et la couleur. En effet, les illustrations de Jean-François Charles sont peu nombreuses, en noir et blanc ( sauf la couverture, assez réussie, mais sans grand rapport avec l'intrigue ), parfois réduites à de simples ébauches qui ne mettent en valeur ni le texte, ni les personnages. A noter que parmi ceux-ci, seuls Alix, Enak et Arbacès sont reconnaissables : nous ne saurons jamais à quoi ressemblent leurs comparses !
J'ignore si Jacques Martin a mis la main à cette histoire ou simplement donné son avis ; on m'autorisera d'avoir quelques doutes à ce sujet, d'autant plus que par la suite, certains albums n'auront pas plus de chance que ce premier essai.
En définitive, une bonne occasion manquée, malgré une bonne idée de départ, faute d'une construction du récit assez rigoureuse, et de personnages secondaires qui soient autre chose que des silhouettes à peine entrevues.


La partie documentaire

Ce livre comporte un dossier, avec des articles destinés à éclairer certains aspects du récit, comme c'est souvent le cas et pas seulement dans les ouvrages destinés à la jeunesse. Je ne vois pas l'intérêt de reproduire ici ces articles, ni de les doubler par mes propres observations qui en recoupent certains, et que le lecteur trouvera sur ce forum. A mon grand regret, je n'ai donc pas d'informations nouvelles à vous donner, ou si peu ! Voici de quoi il est question.

L'esclavage

Les esclaves : leur origine, leur coût, leur sort, les astuces des marchands.
Voir aussi mon commentaire dans « L'enfant grec ».

Les gladiateurs

D'où venaient-ils et qui étaient-ils ?
Voir aussi mon commentaire dans « Les légions perdues » sur le site « Alix l'intrépide ».

Le pétrole

Ou le naphte, comme on disait alors, et dont on se servait pour calfater les navires, ou encore comme médicament.
Voir aussi mon commentaire dans « C'était à Khorsabad ».


Les bateaux

On nous renvoie judicieusement aux « Voyages d'Alix » consacrés à la marine antique et où le lecteur pourra retrouver les descriptions de la corbita et du ponto, les deux types de navires marchands dont il est question ici.

Khorsabad

Voir mes commentaires dans « Alix l'intrépide » et « C'était à Khorsabad ».

Les pirates

Voir mon commentaire dans « La chute d'Icare ».


Les personnages

Alix : son rôle est un peu fade, dans cette histoire, où son principal souci est de retrouver sa mère, ce qui est compréhensible, mais qui le détourne un peu de toute autre forme d'action qui n'est pas liée à cet objectif légitime. En dehors de cela, sa contribution à l'intrigue est assez limitée. Les circonstances dramatiques dans lesquelles elles ont lieu ne lui permettent pas de profiter des retrouvailles.

Enak : dans ce voyage, il est à son affaire, en se montrant aussi bon navigateur en Méditerranée, sur la corbita, qu'il l'était sur le Nil. Par la suite, il délivrera Alix, en fâcheuse posture, après s'être lui-même astucieusement libéré des griffes d'Arbacès.

Et, par ordre d'entrée en scène :

Martial : ce personnage est une création de l'auteur du livre. A certains moments, on pourrait le prendre pour le véritable héros de cette histoire, à tel point même qu'il vole parfois la vedette à Alix. Gaulois comme lui, mais bien plus doué pour les affaires, cet ancien esclave a su comment faire fructifier sa fortune. Astucieux, opportuniste et passablement magouilleur, il intervient plusieurs fois comme un « deus ex machina ». Point positif en ce qui le concerne : il est avant tout fidèle en amitié, ce qui lui vaut d'aider Alix et ses amis avec succès, car il connaît tout et tout le monde. Je le trouve néanmoins encombrant, et l'auteur aurait pu laisser Alix se débrouiller sans lui, pour l'intérêt de l'histoire.

Acco : un autre Gaulois, ami d'Alix et de Martial, mais lui s'est fait connaître comme gladiateur, et avec succès, puisqu'à 19 ans, il a déjà pu prendre sa retraite. Lui aussi, en bon fils, recherche sa famille, dispersée par les convulsions de la guerre, mais il aura plus de chance qu'Alix et pourra au moins retrouver son père.

Pompée : le seul personnage historique qui apparaisse dans cette histoire, et plus conforme à ce qui nous est montré habituellement dans les autres aventures d'Alix qu'à la réalité historique. Pompée, qui était déjà riche à en crever, aurait-il eu besoin de l'hypothétique trésor de Sargon ?

Arbacès : le revoilà tel qu'en lui-même, âpre au gain, méprisant et d'un froide cruauté. Sa chasse au trésor se double d'une chasse à l'homme ( Alix, en l'occurrence, qu'il croit enfin tenir à sa merci ), et il compte bien triompher dans les deux cas. Il n'échouera que de justesse et devra mettre en œuvre un ultime chantage pour sauver sa peau.

Thyrsis : le timonier de la corbita sert de moniteur à Enak qui apprend à conduire un navire de haute mer. Bon maître, bon apprenti, et leurs talents conjugués mettront à mal la stratégie sommaire des pirates. On se demande d'ailleurs si ce timonier n'est pas le véritable maître du navire, tant il sait prendre de judicieuses initiatives !

Le capitaine de la corbita : il reste anonyme, mais, au contraire de son subordonné, il semble vite dépassé par les évènements ! Il songe plus à sauver sa peau et son argent que son navire et ses passagers...

Ménalcas le pirate : le complice d'Arbacès est audacieux jusqu'à un certain point, mais prudent devant l'adversité, il se défilera dès que les choses tourneront mal pour lui et sa bande.

Damon de Tyr : marchand d'esclaves, usurier et complice d'Arbacès, trois bonnes raisons pour ne pas avoir confiance en lui, mais Alix va se jeter dans ses pattes pour obtenir sur sa mère des renseignements qui le conduiront tout droit chez son pire ennemi. Tout cela ne rapportera à Damon qu'un coup final et fatal.

Myrdinna : la mère d'Alix n'est plus qu'une malheureuse démente complètement coupée de la réalité. Elle périra par la faute d'Arbacès sans avoir pu reconnaître son fils.

Lycidas : l'armateur est l'équivalent oriental de Martial, sachant beaucoup de choses que les autres ne savent pas et agissant parfois au grand jour, parfois de manière plus dissimulée. Ainsi, c'est lui qui détient les véritables clés du trésor de Khorsabad.

Zabdas : on retrouve ici un représentant des Haïkanes, ce peuple d'Arménie qui avait fait une brève apparition dans le premier épisode des aventures d'Alix. Apparemment, celui-ci ne garde pas un mauvais souvenir d'Alix, puisqu'il cherche à le rencontrer.

Wulfila : le père d'Acco, devenu infirme, a passé de mauvais jours en esclavage, mais il a la joie de retrouver son fils et de repartir avec lui pour une nouvelle vie.


Conclusion

On peut se demander ce qu'un tel scénario aurait donné en album, traité à la manière de Jacques Martin. Tel quel, il est assez peu convaincant, sans être totalement décevant. Il réserve en effet quelques bons moments d'action dans la dernière partie, hélas très brefs, et surtout noyés dans beaucoup de verbiage et de sentimentalisme. Le titre est un peu menteur, car si on y parle beaucoup de Khorsabad, on n'y va jamais. Par ailleurs, l'argument final, consistant à déclarer qu'on peut se passer de l'esclavage, est complètement irréaliste dans la société de l'époque.


Sources : voir les précédentes études.


La prochaine fois : le second roman, « L'ombre de César ».


-oOo-



5Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Jeu 10 Fév - 17:40

Raymond

Raymond
Admin
Sans l'avoir lue, bien sûr, il me semble que cette intrigue est plutôt intéressante. Elle l'est en tout cas bien plus que celle de C'était à Khorsabad. Sa force provient peut être de l'utilisation de personnages secondaires bien campés. Cela me donne en tout cas une envie de la découvrir.

A te lire, il apparait aussi qu'Arbacès y est en pleine forme. Quand le méchant est bien réussi, l'histoire l'est souvent également.

Tu es par contre bien réservé au sujet des illustrations intérieures de Jean-François Charles (un dessinateur que j'aime beaucoup). Combien y a t-il environ de dessins à l'intérieur de ces romans ? S'agit-il seulement de crayonnés ? As-tu l'impression qu'il a bâclé son ouvrage ? Rolling Eyes



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6Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Jeu 10 Fév - 18:18

Jacky-Charles


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Il y a très exactement douze dessins dans ce livre. Certains sont assez précis, d'autres ne semblent être que des ébauches. Je ne dirai pas bâclés, c'est probablement ce qu'on lui avait demandé de faire, puisque les quatre volumes sont illustrés pareillement. Je ne me prononcerait pas par rapport à la production habituelle de Jean -François Charles ( homonyme d'un de mes ex-collègues, ce qui m'a toujours beaucoup amusé, quand on connaît l'autre ! ), que je ne connais pas, mais ça n'a rien à voir avec ce que faisait Jacques Martin ( ne pas se fier à la couverture, qui n'a rien à voir avec les dessins du livre ).

Oui, Arbacès est en super-forme ! L'histoire vaut surtout grâce à lui, et si on l'avait vu un peu plus...

Je confirme que ce n'est pas une mauvaise histoire, malgré quelques longueurs, et je ne regrette pas de l'avoir lue, mais elle n'est quand même pas au niveau de certains albums de la grande période martinienne. Peut-on la comparer à "C'était à Khorsabad" ? Dans ce dernier, on va à Khorsabad, dans le "Sortilège", on en parle beaucoup, mais on n'y va jamais. Dans "C'était à K...", Alix commence à chercher sa soeur, puis renonce. Dans le "Sortilège", il cherche sa mère, la trouve, mais elle meurt aussitôt. Ce sont bien les seuls points communs entre ces deux histoires. Mais ce n'est qu'en lisant qu'on peut se faire une idée, et je ne veux surtout pas imposer mon point de vue.

7Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Ven 11 Fév - 9:06

Raymond

Raymond
Admin
J'ai retrouvé dans ActuaBD une déclaration faite par Jean-François Charles lors de la sortie de ces livres :

« Plus j’en effectuais, plus j’arrivais à mieux cerner le personnage. Je le dessinais de plus en plus facilement. Je n’étais pas obligé d’être fidèle au style de Jacques Martin, vu que ces illustrations étaient destinées à un support différent de la bande dessinée. Je pouvais participer à un projet intéressant en conservant mon style, sans que cela ne me prenne trop de temps ».

Il ne semble pas y avoir eu de longue méditation de Jean-François Charles sur les scènes qu'il allait dessiner. A t-il lu entièrement les romans, d'ailleurs ? Normalement, l'illustrateur choisit les scènes du livre les plus dramatiques (attaque des pirates, retrouvailles avec la mère). Est-ce bien le cas ?

Sinon, je relève qu'Enak a pour une fois un rôle actif dans cette histoire. Wink


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8Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Ven 11 Fév - 16:42

Jacky-Charles


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Je peux te décrire sommairemment les dessins faute de pouvoir les reproduire sur le forum, mais hors de leur contexte, certains sont assez difficiles à situer, car très peu détaillés.

1 et 2 : Alix et Martial se battent pour rire ( scène d'ouverture, à Rome ),
3 : Arbacès, tel qu'en lui-même...
4 : reprise de la couverture, mais sans Alix,
5 : Alix combat ( sur le bateau ? mais on ne voit pas le bateau, ni l'adversaire...)
6 : deux adversaires non identifiables se battent ( sur le bateau, qu'on ne voit toujours pas ),
7 : reprise de la couverture, avec Alix seul,
8 : scène du marché aux esclaves, avec une jolie fille nue ( de 3/4 dos ),
9 : scène de marché avec Myrdinna ( ? ) et 2 autres personnages non identifiables,
10 : Enak prisonnier avant son évasion,
11 : un cavalier non identifié avec une lance ( seul dessin pleine page ),
12 : Alix procède aux funérailles de Myrdinna.

Tout ça pour dire que ce n'est pas pour les dessins qu'il faut lire ces livres. Je me suis même demandé si le dessinateur ne se fichait pas un peu du monde. Comme je ne le connaissais pas, je n'ai pas poussé l'expertise plus loin. De ce point de vue, l'ouvrage m'a déçu.

10Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Ven 11 Fév - 17:24

Raymond

Raymond
Admin
Bernard m'a rappelé qu'il existe une page sur son blog consacrée aux romans d'Alix. Elle se trouve ici :

http://axelborg.canalblog.com/archives/2008/12/15/11760739.html#comments

Cela nous permet de voir ces fameuses illustrations de Jean-François Charles. Voilà à quoi elles ressemblent.

Les romans d'Alix Roman_12


C'est une sorte d'étude, ou plutôt un crayonné très poussé mais rien de plus. Même s'il s'agit d'un livre pour enfants, on pouvait espérer mieux.  Rolling Eyes



Dernière édition par Raymond le Jeu 20 Fév - 15:24, édité 4 fois


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11Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Ven 11 Fév - 17:34

Raymond

Raymond
Admin
Nos posts se sont croisés. Je remercie au passage jfty de nous montrer toutes les illustrations de C'était à Khorsabad. pouce


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12Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Ven 11 Fév - 17:45

jfty

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grand maître
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Désolé Embarassed Embarassed Embarassed

13Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Ven 11 Fév - 18:01

Jacky-Charles


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Merci de ces précisions, comme ça, tout le monde peut se faire une idée.
La dernière illustration est extraite du "Sphinx d'or".

14Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Sam 12 Fév - 16:37

Raymond

Raymond
Admin
Je reviens tout de même sur ces illustrations que jfty vient de nous montrer. Jean-François Charles ne fait rien de plus que des crayonnés très rapides, et l'image en reste au stade de l'étude. Cet exemple de cavalier à cheval me semble assez flagrant.


Les romans d'Alix Alixro12


S'il publiait ces crayonnés dans un "Art-book" destiné à ses fans (Jean-François Charles en a fait plusieurs), ce dessin pourrait tout à fait passer. Mais il s'agit d'un livre illustré d'Alix destiné aux enfants et dans ce cas, je pense qu'on peut qualifier cette image de travail bâclé.  Evil or Very Mad



Dernière édition par Raymond le Jeu 20 Fév - 15:24, édité 1 fois


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15Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Dim 13 Fév - 10:44

Raymond

Raymond
Admin
Bon ! Assez parlé des illustrations et revenons aux textes. Jacky-Charles nous a préparé un résumé du second roman original. Il s'intitule l'Ombre de César et je me réjouis de découvrir cette histoire.

Les romans d'Alix Alix_r13



Dernière édition par Raymond le Jeu 20 Fév - 15:23, édité 2 fois


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16Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Dim 13 Fév - 16:59

Jacky-Charles


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J'espère que Raymond ne sera pas déçu, parce que mon résumé de ce roman sera moins détaillé que le précédent ; je ne veux tout simplement pas dévoiler le ressort de l'intrigue et la clé du mystère, il faut laisser le plaisir de les découvrir à ceux qui n'ont pas encore lu le livre, et ce compte-rendu les y encouragera peut-être.

En compensation, j'ai trouvé de la documentation sur la musique à Rome, et aussi sur le culte de Mithra, deux sujets dont il beaucoup question ici. J'ai déjà parlé de la médecine et des bains dans d'autres analyses.

Un thriller, nous dit la couverture ? Oui, et pas mal venu.

Quant aux illustrations, je compte sur l'ami jfty pour avoir l'obligeance de nous les montrer, s'il les a, comme pour le précédent roman, je lui en suis reconnaissant d'avance.

Allez, tout le monde dans le bain, et attention aux assassins qui rôdent !

L'OMBRE DE CESAR

Second roman inédit d'Alix


Le résumé

Rome. Aux bains du Vélabre, un ancien marchand d'esclaves, Habinnas, meurt subitement sous les yeux d'Alix, d'Enak et de leur ami Martial, qui leur conseille de ne pas s'en mêler : en effet, les gardes de Pompée viennent récupérer le cadavre. Il s'agit en fait d'un assassinat, Pompée s'en inquiète et il y a de quoi : c'est le cinquième qui vient d'avoir lieu à Rome dans un lieu public sans qu'on voit qui a fait le coup ni comment les choses se sont passées !
Alix est plus intéressé par les quatre musiciens qu'il héberge en prévision d'une réception, et surtout par la jolie Dina, chanteuse et danseuse, mais il y a également Lysias le flûtiste, Stephanios le joueur de tambourin, et Jonathan le joueur de syrinx, tous sympathiques au premier abord, mais chacun a sa part de mystère.
C'est aussi que la réception qui se prépare n'est pas banale : une rencontre secrète entre Pompée et César, destinée peut-être à jeter enfin les bases d'un accord entre eux pour éviter la guerre civile qui s'annonce.
Toutefois, l'attitude de Jonathan est celle qui intrigue le plus Alix ; son enquête sur lui le mène jusque dans le quartier mal famé de Subure et il manque bien de ne pas en revenir.
Serait-ce lui l'assassin mystérieux ? Et à qui en voudrait-il ? A Pompée, à César, ou aux deux ?


Quand cela se passe-t-il ?

Compte tenu de la description des relations tendues entre Pompée et César, toujours au cours de la même période, entre -51 et -50, soit avant le passage du Rubicon et le début de la guerre civile.


Où cela se passe-t-il ?

Entièrement dans la ville de Rome : chez Alix, aux bains, dans le quartier de Subure et dans une villa du Palatin.
Rares sont les aventures d'Alix qui se déroulent exclusivement ou presque en milieu urbain : une autre est « Roma, Roma... », ainsi que « Le démon du Pharos » qui se passe à Alexandrie.


Le contexte historique

L'arrière-plan historique se limite à l'opposition entre César et Pompée, qui a été maintes fois commenté à l'occasion d'autres analyses, ce qui permet de dater approximativement l'action. Il est également fait allusion aux guerres que Pompée mena en Orient, une quinzaine d'années avant cette histoire, contre les pirates et divers peuples de cette région.
Bien sûr, l'entrevue qui est racontée ici est fictive, mais pourquoi ne pas imaginer que l'idée en ait germé dans l'esprit de l'un ou l'autre protagoniste ? On sait qu'ils se sont longtemps ménagés avant d'en venir aux armes, et cette rencontre pouvait être la dernière chance de maintenir la paix. Tous deux savaient ce qu'ils avaient à perdre d'une guerre mal préparée et mal menée, et c'est en fin de compte ce qui arriva à Pompée.



Comment est racontée l'histoire ?

« Un thriller dans la Rome de César » annonce le résumé de la couverture. Petite correction : Rome n'est pas encore à César, il s'en faut d'une guerre, et c'est justement le sujet du livre : sera-t-elle à lui, ou pas ? A part cela, et sans atteindre des sommets, ce second roman est nettement meilleur que le premier, moins bavard, tandis que l'action et la réflexion y alternent judicieusement. Il est intelligemment construit et les personnages, même épisodiques, sont intéressants, en particulier le quatuor de musiciens. Pour ne pas tuer le mystère, je n'irai pas plus loin dans les précisions sur l'intrigue qui mérite d'être lue.
Les dessins sont peu nombreux et ne m'ont pas vraiment séduit, à part le portrait de la charmante Dina. La couverture en couleurs n'a aucun rapport avec l'histoire.


La partie documentaire

Comme dans le précédent roman, cet ouvrage comporte un dossier avec plusieurs articles explicatifs. J'ai déjà traité certains de ces thèmes dans d'autres commentaires d'albums et je me contente d'y renvoyer le lecteur.
Deux d'entre eux, en revanche, sont des thèmes sur lesquels je n'avais pas eu l'occasion de rédiger des commentaires, aussi, vous trouverez ci-après quelques précisions qui viennent compléter le dossier du livre.

Les bains et les thermes

Voir aussi mon commentaire dans « Roma, Roma... »

La médecine à Rome

Voir aussi mon commentaire dans « La griffe noire ».

La musique à Rome

Je préfère prévenir le lecteur : pour traiter correctement de la musique romaine, il faudrait d'abord parler de la musique grecque dont la précédente s'inspire semble-t-il beaucoup. Toutefois, les articles que j'ai trouvé dans mes sources habituelles sont si longs et si techniques que j'ai renoncé ; n'étant pas moi-même musicien, j'aurais risqué de commettre des erreurs et de rendre le texte incompréhensible. Aussi, je me contenterai d'une simple description venant s'ajouter aux renseignements donnés dans le livre.

Il n'a rien survécu des compositions musicales romaines. On suppose qu'elles furent détruites, si elles furent notées quelque part, lorsque le christianisme, devenu religion officielle de l'Empire, fit disparaître ce qui rappelait le paganisme, mais on n'a aucune certitude à ce sujet. Nous n'avons peut-être pas perdu grand chose, car il ne semble pas que les Romains, contrairement aux Grecs, aient été créatifs ou originaux ; ils ont d'ailleurs eu d'autres influences que grecques : étrusques, orientales, numides, etc., mais on n'en connaît pas la nature exacte. Si l'archéologue est déçu de cette absence de documents, est-ce le cas du musicien ?
Si les Romains écrivaient leur musique, ce qui est possible, mais pas certain, ils utilisaient certainement la notation grecque employant quatre lettres et correspondant à nos notes : la, sol, fa, mi, pour désigner la succession des tons des tétracordes. Le rythme était rendu par des signes diacritiques au dessus des notes, marquant la durée de chaque son. Dans les représentations artistiques, par exemple à Pompéi, on ne voit jamais aucun musicien lire de la musique.

Les instruments à vent

Tuba : instrument hérité des Étrusques ; c'est une longue trompe de bronze ( jusqu'à 1,30 m ), munie à son extrémité d'un pavillon conique amovible ; utilisé dans l'armée pour sonner l'appel, mais aussi pour les funérailles, et à l'occasion des spectacles ou des combats de gladiateurs ; celui qui en joue est le tubicen.

Buccin ou cornu : encore un instrument venant des Étrusques ; cette trompe en forme de G est d'usage militaire ; celui qui en joue est le cornicen.

Flûte ou tibia : simple ou double tuyau muni d'une hanche en roseau, dont le son rappelle celui de la clarinette ; lorsqu'il y a deux tuyaux, ils restent séparés mais sont fermement tenus sur la largeur des lèvres.

Il y avait aussi : l'ascaules, sorte de cornemuse, la flûte à bec et la flûte de Pan ou syrinx.

Les instruments à cordes pincées

Lyre : sorte de harpe, avec un nombre variable de cordes sur un châssis en bois ; elle est tenue ou calée entre le bras et la main gauches, les cordes étant pincées avec la main droite.

Cithare : instrument de prestige accompagnant la poésie, et dont le timbre est grave et doux.

Luth : instrument à trois cordes.

Les orgues

Orgues portatifs : intermédiaires entre la cornemuse et l'orgue moderne, on ne sait pas si les tuyaux,
conçus pour jouer dans plusieurs tonalités, étaient mis en vibration par le souffle du musicien ou par une vessie à air.

Hydraule : cet orgue est mis en vibration par une circulation d'eau ; on en a retrouvé un exemplaire en terre cuite à Carthage et un autre en bronze à Aventicum ( Avenches, en Suisse ).

Les percussions

Scabellum : pour scander la musique.

Sistre : instrument originaire d'Égypte, utilisé dans les cérémonies religieuses.

Et aussi : crécelles, grelots, tambourins, timbales, cymbales en cuivre.

Musique et société : la musique était un art libéral ; les concours de musique étaient fréquents et attiraient de nombreux participants : des centaines de musiciens se retrouvaient lors de grands spectacles ou de festivals importants, par exemple les Jeux, comme les Jeux Olympiques, comportaient presque toujours un concours de musique.






Mithra : ainsi parlait Zarathoustra

Ce dieu, dont il est beaucoup question dans ce livre, est assez peu connu de nos jours.
Mithra était l'un des plus importants dieux de la mythologie perse, le mazdéisme, religion qui dura jusqu'à la conquête musulmane. Son livre sacré, l'Avesta, aurait été écrit par Zarathoustra vers -1000. Il pourrait s'agir d'une religion historiquement instituée par une réforme ( comme celle d'Akhenaton en Égypte ), plutôt que d'une religion traditionnelle comme l'étaient les religions grecque ou romaine.
Le mazdéisme fut la religion officielle des empereurs perses achéménides ( -556/-330 ) et sassanides ( 224/651 ). Il s'articule autour de l'opposition entre Ahoura Mazda ( « le seigneur sage » ) et les démons, dont Angra Manyou ( « l'inspirateur maléfique » ) est le chef. Les valeurs fondamentales de Mithra, qui vient juste après Ahoura Mazda dans la hiérarchie divine, sont la lumière, la vérité et la sagesse, mais il a aussi subi l'influence de cultes guerriers qui ont fait de lui un « dieu invincible » et rapproché de la manifestation divine du soleil.
Mithra aborde le monde romain avec les pirates combattus par Pompée et qui célébraient en l'honneur du dieu, sur la côte de Cilicie, « des sacrifices étranges et secrets », selon Plutarque. Mais sa véritable diffusion ne commence qu'à la fin du Ier siècle, et son succès du III° siècle. Ses vecteurs furent les marchands asiatiques qui ont transporté son image et celle de son culte dans les ports et les villes commerçantes, mais aussi les soldats, de telle sorte que les traces de ce culte sont nombreuses sur le limes, là où il y avait des garnisons : sur le Danube, sur le Rhin, en bordure du Sahara ou dans les Asturies.
Sa théologie n'est fondée sur aucun texte connu ; on la sait marquée par le dualisme de la lumière et des ténèbres, ou le vitalisme dont témoigne le sacrifice mythique du taureau. Le sanctuaire, mitraea ou mithréum, a la forme d'une grotte artificielle, lieu de passage des ténèbres à la lumière, et point originel où s'enracine la puissance germinatrice de la nature. Au fond de la grotte, une grande plaque en relief figure Mithra, vêtu à l'orientale et coiffé d'un bonnet phrygien, égorgeant le taureau symbolisant la force vitale. Autour, sont illustrés les autres exploits héroïques de Mithra : sa naissance d'un rocher ( pétrogénèse ), la manière dont il en fait jaillir l'eau, son alliance avec le Soleil qui l'emporte sur son char, et d'autres personnages, humains symbolisant le soleil et la lune, animaux ( chien, scorpion, etc. ) s'abreuvant du sang du taureau.
Dans le sanctuaire, la cérémonie consiste en un repas rituel pris en commun par 15 à 20 personnes. Il n'y avait pas d'organisation centrale, la seule hiérarchie religieuse connue étant un « père » à la tête de chaque petite communauté, dont les membres, qui recevaient une initiation progressive, étaient presque exclusivement des Occidentaux pour lesquels la référence exotique ( et le langage sacré perse allant avec ) accroissait l'impression de s'adresser à une divinité vénérable et proche des origines.
Le culte de Mithra s'adressait à des hommes de tous âges et de toutes conditions, mais pas aux femmes, semble-t-il. Il était particulièrement influent dans le milieu des gradés militaires, séduits par son exaltation de l'héroïsme, de la victoire et de la hiérarchie, mais bien qu'il ait intéressé de hauts dignitaires et même des empereurs, il n'a jamais exercé un ascendant décisif sur l'Empire, contrairement à ce qu'a pu laisser penser la formule d'Ernest Renan : « Si le monde antique ne s'était fait chrétien, il fût devenu mithriaste. »
Il ne faut pas non plus le confondre avec le culte impérial de Sol Invictus, qui connut son apogée sous le règne d'Aurélien, en 275, et qui englobait de façon syncrétique tous les cultes solaires orientaux connus à l'époque : Apollon, Hélios, Elagabal, etc. pour renforcer l'unité de l'Empire, qui en avait alors bien besoin...






Les personnages

Alix : il m'a paru un peu moins évanescent que dans le précédent roman, et semble même très intéressé par les charmes de la jolie Dina ( que va en penser Lidia Octavia ? ) qui n'a d'yeux que pour un autre, hélas. Mais il enquête courageusement dans un quartier de Subure pas très accueillant, affronte des tueurs décidés et même un cobra. Et tout ça par fidélité à César qui va encore se retrouver son débiteur.

Enak : il paraît ici surtout soucieux de se perfectionner en musique et d'accompagner le petit groupe d'artistes, même si les résultats ne semblent pas toujours à la hauteur de ses espérances. Mais il reste vigilant quand les choses se gâtent et il saura venir encore une fois au secours d'Alix, car lui, il sait s'y prendre avec les cobras.

Et, par ordre d'entrée en scène :

Habinnas : le principal souci de cet ancien marchand d'esclaves est de se lancer en politique en caressant l'électeur dans le sens du poil ; cela ne suffit pas quand on a affaire à un tueur qui veut se venger et il ne se doute pas du sort fatal qui l'attend.

Martial : toujours aussi doué pour s'enrichir et pour être là au bon moment ( quand trouve-t-il donc le temps de faire des affaires ? ) l'ami et compatriote d'Alix occupe souvent le devant de la scène pour comprendre les énigmes avant tout le monde. Je persiste à croire que ce personnage était superflu et ne permet pas à Alix d'être mis en valeur dans certaines scènes.

Lysias : le flûtiste, garçon charmant et dévoué, est toujours prêt à accompagner Enak dans ses explorations musicales. Il reste discret sur le drame qu'il a vécu quelques années plus tôt au cours d'une guerre.

Stephanios : c'est le joueur de tambourin, également chanteur. Lui aussi ne demande qu'à exercer son art et à rendre service à ses hôtes. Il reste calme et apparemment sans mystère malgré une santé fragile.

Dina : la danseuse et chanteuse du petit groupe. Une bien belle fille, et qui ne laisse pas Alix indifférent. Mais elle-même ne s'intéresse qu'à Jonathan, ce qui est bien son droit et souffre de le voir la négliger. Heureusement, son hôte ne se formalise pas de son choix. Des quatre musiciens, c'est la moins mystérieuse, ce qui ne l'empêche pas d'ouvrir les yeux et les oreilles pour comprendre certains secrets chez ses compagnons artistes.

Jonathan : le joueur de syrinx. Le plus secret et le plus susceptible du groupe de musiciens. Est-ce parce qu'il est juif ? S'il se contentait de rencontrer plus ou moins secrètement d'autres juifs à Rome, les choses seraient simples, mais est-ce bien le cas ? Où s'absente-t-il ainsi, obligeant Enak à le remplacer ? Pourquoi traîne-t-il dans le quartier mal famé de Subure ? Pourquoi rend-il visite à un inquiétant apothicaire ? Et éprouve-t-il bien pour Dina la même passion qu'elle semble éprouver pour lui ?

Sapor : l'apothicaire de Subure porte le nom d'un roi perse. C'est bien tout ce qu'il a de majestueux, car sa boutique est plutôt un amoncellement d'objets, poudres et mixtures inquiétantes. Pourtant, quand Alix essaie de le piéger, il se défend de passer pour un empoisonneur potentiel, mais est-il bien sincère ?

Marcellus : ce n'est qu'un petit truand de Subure, prêt à trucider n'importe qui , même haut placé, pour quelques pièces. Il n'est pas dénué d'un certain courage, surtout quand il se trouve en position de force.

César : le proconsul des Gaules se risque à Rome où il ne devrait pas se trouver, puisqu'il y serait aussitôt traduit en justice, sans parler des tueurs qui rôdent... Il fait confiance à ses gardes et à la loyauté d'Alix pour contrer Pompée qui lui réserve un cadeau empoisonné. Mais rechercher un accord avec son adversaire pour s'épargner des efforts guerriers, dont on ne sait jamais comment ça va se terminer, vaut peut-être la peine de prendre des risques : tout en se méfiant, il y va sincèrement.

Pompée : le « Grand Homme » croit avoir bien préparé le terrain pour triompher de son adversaire, César. Il en est arrivé à un point où il n'est même plus nécessaire de s'interroger sur le bien fondé des moyens à employer. Hélas pour lui, son stratagème échouera encore une fois, et on sait comment l'histoire s'est terminée pour lui, un peu plus tard.

Gellius : le dévoué secrétaire de Pompée a mis tout son talent en œuvre pour que son patron puisse l'emporter dans la confrontation qui se prépare. C'est pourtant lui qui sera l'une des victimes de l'échec de leur machination.


Conclusion

Il n'est pas facile d'analyser ce genre d'histoire, car il n'est pas question de dévoiler les ressorts de l'intrigue. Celle-ci est assez bien conçue et plaisante à suivre, malgré un enjeu totalement imaginaire. Alix a un rôle un peu plus actif que dans le précédent roman et les personnages épisodiques sont bien campés.
La collection de romans s'est arrêtée là, sans qu'on sache trop pourquoi ; manque de public intéressé, peut-être ?


Sources : la documentation habituelle, dont « Le Dictionnaire de l'Antiquité », de Jean Leclant ( PUF ), et des sites historiques sur Internet, particulièrement pour Mithra et la musique romaine.


La prochaine fois : mes analyses s'arrêtent là, provisoirement ; je les reprendrai plus tard avec « L'Odyssée d'Alix, volume 1 », quand j'aurai trouvé comment ces lettres et ces illustrations peuvent être commentées clairement et simplement.


-oOo-




17Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Dim 13 Fév - 17:56

Raymond

Raymond
Admin
Je ne suis pas du tout déçu ! En fait, cela donne plutôt envie d'acheter ces petits romans pour les lire. Apparemment, tu as plutôt bien apprécié l'Ombre de César ? Very Happy

Par rapport à Martial, il n'est pas surpenant que ce personnage prenne la vedette face à Alix, car il a entièrement été créé par l'auteur du roman. De Kuysche se sent certainement plus à l'aise avec ses propres personnages qu'avec ceux de Jacques Martin.

Cela m'intéresserair aussi de voir les dessins de Jean-François Charles, même si je devine un peu à l'avance comment se présentera le portrait de Dina. Wink

Pour ce qui concerne l'arrêt de la série après 4 livres, ne serait-ce pas tout simplement le manque de succès qui l'explique?


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19Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Dim 13 Fév - 20:14

Raymond

Raymond
Admin
Cela parait un tout petit mieux que l'album précédent, mais il ne faut pas être difficile.

Le portrait de Dina est sans surprise.

Les romans d'Alix Roman_11


Ce genre de silhouette, c'est la spécialité de Jean-François Charles. Je possède plusieurs "art-books" ou les crayonnés de ce genre sont nombreux. Les dames y sont souvent très déhabillées.  Smile

Voici une de ces belles dames orientales provenant de son livre "Esquisses et toiles". Je vous l'ai choisie la plus habillée possible.   Wink

Les romans d'Alix Orientjfcharles


Cette esquisse me semble d'ailleurs encore plus détaillée que l'illustration faite pour Alix.  Rolling Eyes



Dernière édition par Raymond le Jeu 20 Fév - 15:23, édité 2 fois


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20Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Lun 6 Oct - 10:23

Loup79


grand maître
grand maître
Bonjour,

J'ai découvert depuis peu (la semaine dernière) que 4 romans ont été écrits sur la série Alix. Je me suis précipité sur le net pour les acheter. J'ai pris le tome 2 et 3.

J'ai lu le tome 3 (L'Ombre de César) en premier (le pitch me semblait plus intéressant) et je l'ai trouvé assez réussi. Je vois que vos critiques rejoignent la mienne dans l'ensemble. Le style est très différent des BD, peut-être plus enfantin sur les bord mais l'histoire se lit assez bien. Le thème est fictif mais intéressant.

Jacques Martin calquait ses histoires sur des faits et personnages historiques. Alix, Martial, Enak sont des inventions de toutes pièces. Caton, César sont des personnages ayant existé.
J'aimerai revenir (puisque je rouvre le sujet) sur le personnage de Habinnas. Dans une première lecture du roman, il me semblait inventé de toute pièce par l'auteur (Alain Hammerstein) mais je me tâte de savoir s'il a existé finalement. Je ne connais rien en histoire de Rome, j'ai donc fait une recherche rapide sur le net ce weekend. Il en résulte une seule réponse sur notre vieil ami Google : Habinnas est cité dans une récit intitulée "Pétrone, Apulée, Aulu-Gelle" par Petronius Arbiter,Apuleius,Aulus Gellius.

Ma question est : ce personnage a-t-il existé ? Si oui, sous quel nom exactement ? Qui était-il ?
Par ce que toutes mes recherches sur le net m'a renvoyé sur ce récit.

Je ne sais pas si vous allez pouvoir me répondre.

Loup79.

21Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Mar 7 Oct - 0:03

Raymond

Raymond
Admin
Je n'ai pas lu l'Ombre de César, et il te faudra attendre que Jacky-Charles nous fasse une petite visite pour obtenir une réponse. Wink


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22Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Mar 7 Oct - 23:22

Jacky-Charles


license ès BD
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Je n'ai pas trouvé un personnage nommé Habinnas ayant existé, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y en a jamais eu.
Le seul connu est un personnage fictif dans le "Satiricon" de Pétrone, où il est un invité de Trimalcion et, comme ce dernier, un affranchi qui s'est enrichi et devenu "sévir augustal", c'est à dire desservant du culte de l'empereur, ce qui leur donnait le droit de se faire précéder par des licteurs dans l'exercice de leurs fonctions.
A part le nom, il n'a apparemment rien de commun avec le personnage de "L'ombre de César".

23Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Mer 8 Oct - 23:09

Loup79


grand maître
grand maître
Bonjour,

Okay. Je pensais aussi la même chose.

J'ai une autre question : l'auteur parle également des "bains de Caton", au tout début de ce roman mais je ne trouve encore une fois rien dessus sur Google.
Est-ce encore une invention de l'auteur ? Si oui, de quels bain (thermes) devait-il parler ? Et pourquoi avoir changer le nom ?

Voilà, c’est les deux points qui me titillait.

Cordialement.

24Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Mer 8 Oct - 23:47

Jacky-Charles


license ès BD
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Je ne connais aucun bain ou thermes, à Rome, portant le nom de Caton. Il est dit dans le roman que sont surnommés ainsi par dérision les bains du Vélabre, sur lesquels je n'ai pas d'autre indication que leur localisation, parce que Caton ( l'ancien ), connu pour son austérité, n'était pas un grand amateur de bains, à ce que disaient ses contemporains. Ce ne serait donc qu'une astuce de l'auteur.

25Les romans d'Alix Empty Re: Les romans d'Alix le Mer 8 Oct - 23:53

Jacky-Charles


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Je précise que le Vélabre était le nom d'une vallée sur l'emplacement de laquelle fut construit le premier forum de Rome.

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