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401Je viens de lire - Page 17 Empty Re: Je viens de lire le Sam 14 Nov - 10:46

Syngonic

Syngonic
lecteur émérite
lecteur émérite
Je viens de lire Le Baron de Jean-Luc Masbou et je vous le recommande très fortement !

Je viens de lire - Page 17 Album-13

Aujourd'hui, s'il y a deux auteurs dont je suis l'actualité plus que tous les autres, c'est Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, qui ont produit le plus grand chef-d'oeuvre de la BD contemporaine à mes yeux, avec De Cape et de crocs. Après Les Indes fourbes l'année dernière, c'est donc à Jean-Luc Masbou de nous proposer un vrai bijou !
Il s'agit d'une relecture du Baron de Münchausen, dans laquelle on voit le vrai baron se confronter aux histoires qu'on raconte partout sur lui et qui ont fait l'objet d'un livre : ce livre sera-t-il vraiment la seule chose qui lui survivra ? Doit-il laisser ce livre propager une image fantaisiste de lui ?

Je viens de lire - Page 17 Image-11

Visuellement, déjà, on renoue avec le style De Cape et de Crocs dans l'intrigue principale, qui met en scène le fameux baron de Münchhausen dans la réalité (puisqu'il s'agit d'un personnage réellement historique). Mais à chaque fois que le baron raconte une histoire, Jean-Luc Masbou s'envole dans un style graphique différent, ce qui donne une excellente dynamique au récit, car on se demande toujours, en plus de savoir ce que va raconter la prochaine histoire, quel style l'auteur aura choisi pour la mettre en scène.
Par exemple, ci-dessous, une planche d'un récit de chasse puis d'une anecdote en Russie, on peut voir le changement de style qui affecte chaque récit enchâssé :

Je viens de lire - Page 17 Image-12


Le récit, lui, est très habilement construit sur une excellente mise en abyme, montrant le fameux baron de Münchhausen, habitué à raconter ses histoires fantaisistes, qui voit ces histoires lui revenir comme il ne s'y attendait pas, sous forme de livre. Cela permet bien sûr à Masbou d'introduire une réflexion fine et subtile sur la différence entre une histoire orale et une histoire écrite, et surtout, de rendre un hommage puissant à tous les raconteurs d'histoire de par le monde.
L'auteur nous fait entrer dans un monde imaginaire qui, lui-même, nous ouvre la voie à un nombre illimité d'autres mondes. C'est drôle, léger et envoûtant, on veut toujours en savoir plus, au point qu'on ne soucie plus guère de voir avancer l'intrigue (le récit-cadre faisant du sur-place pendant la majorité de la bande dessinée).

Seul petit bémol à mes yeux, qui m'empêche d'atteindre la note maximale : alors que l'auteur nous dévoile tout le potentiel émotionnel de son récit, il ne s'en sert jamais tout-à-fait. J'aurais aimé que la fin m'émeuve davantage, tant il y avait quelque chose à faire autour de ce personnage recherchant une simplicité que son rang semble lui interdire et s'évadant pour cela dans des histoires fantasmées.

Mais bon, je ne veux pas terminer cet avis sur cette note (très) légèrement négative, car Le Baron n'a rien d'une déception. C'est une bande dessinée très généreuse, tant envers son lecteur qu'envers tous ceux qui inventent, qui créent, qui écrivent ou qui dessinent des histoires. L'hommage au pouvoir de l'imagination et à tous les hommes qui s'en servent pour faire rêver les autres et rendre le monde meilleur (ou essayer) est touchant, poétique et s'achève sur une dernière page assez laconique et pourtant pleine de sens.
Mais pour ne pas tout déflorer, c'est plutôt sur la première page du récit que je vais terminer, qui donne déjà un bel aperçu du type d'hommage que Masbou veut rendre et de son jeu stylistique :

Je viens de lire - Page 17 Page_010


En tous cas, Masbou relit de manière très intelligente l'univers fascinant du baron de Münchhausen (avec un joli pied-de-nez au récit sans doute le plus emblématique du baron), et rend un hommage vraiment poétique à tous les saltimbanques et les poètes qui se sont donnés la si belle tâche d'enchanter le monde et de lui faire retrouver le sens du rêve.

402Je viens de lire - Page 17 Empty Re: Je viens de lire le Sam 14 Nov - 11:19

eleanore-clo

eleanore-clo
docteur honoris causa
docteur honoris causa
Bonjour Syngonic

Merci beaucoup Very Happy pour cet avis qui m'a fait découvrir des thématiques passées inaperçues durant ma lecture Embarassed
Et oui, je partage votre avis. De cape et de crocs est un monument de la BD, un classique intemporel, un jalon majeur dans l'histoire de la BD. Il est vrai que les 10 volumes du premier cycle (le meilleur) peuvent effrayer. Et un petit investissement dans une lecture désintéressée des 5 premiers tomes est nécessaire pour s'immerger dans l'univers et en découvrir l'incroyable beauté. On ne découvre pas un diamant sans faire un petit effort Smile

Eléanore

403Je viens de lire - Page 17 Empty Re: Je viens de lire le Sam 14 Nov - 11:33

Syngonic

Syngonic
lecteur émérite
lecteur émérite
De rien, tant mieux si mon avis t'aide à avoir une lecture plus poussée, j'en suis ravi !
Ah, De Cape et de crocs, la 1re fois, j'ai effectivement fait un tout petit effort pour bien tenir dans le 1er tome, qui ne m'attirait pas plus que ça. Puis le 2e tome m'a bien convaincu, et à partir de la poursuite sur l'île de Malte, j'ai été à fond dans l'histoire jusqu'à la fin !
Et maintenant, je crois que je connais chaque tome quasiment par coeur, et pourtant, ça ne gâche jamais rien à mon plaisir de lecture.

404Je viens de lire - Page 17 Empty Re: Je viens de lire le Dim 22 Nov - 9:54

Raymond

Raymond
Admin
Le Baron a été bien apprécié par le critique de BDZoom ! Cool

Je viens de lire - Page 17 Le-bar10

Pour ma part, je n'ai pas encore décidé si je l'achète. Il y a tellement de choses intéressantes.

L'article se trouve sur cette page :

http://bdzoom.com/161099/actualites/le-baron-de-munchhausen-existe-jean-luc-masbou-l%e2%80%99a-rencontre%e2%80%a6/


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405Je viens de lire - Page 17 Empty Re: Je viens de lire le Mer 23 Déc - 14:03

eleanore-clo

eleanore-clo
docteur honoris causa
docteur honoris causa
Bonjour

La femme papillon est une BD écrite par Michel Coulon et dessinée par Grégory Mardon.

Je viens de lire - Page 17 Couv_401764

Gred Mardon est un bédéiste qui se met en scène dans des œuvres intellectualistes. Malheureusement, les ventes de ses ouvrages s'effondrent, titre après titre. Aussi, son éditeur lui conseille de se réorienter et de dessiner des comics, avec un super-héros de préférence noir ou maghrébin ! A force de réfléchir, notre scénariste imagine le personnage de Butterflywoman, une femme de ménage ayant acquis ses pouvoirs dans un accélérateur de particules, où elle s'était réfugiée pour fuir le harcèlement sexuel de son employeur. L'idée séduit l'éditeur et  l'ouvrage est un succès. Une effigie de la femme papillon est fabriquée pour accompagner Greg durant sa tournée de dédicaces. Cependant, dans le cosmos, la rencontre de deux trous noirs crée un étrange rayonnement qui donne vie à l'effigie. Et que fait une super-héroïne dans notre monde de violence et de terrorisme ?  

Résumer l'intrigue réduit clairement le projet des deux auteurs, et je confie être quelque peu embarrassée par l'image véhiculée par mon introduction  Embarassed .
En effet, La femme papillon est un objet à n dimensions où l'auteur entremêle avec fantaisie et bonheur les comics, le conte mythologique, le féminisme et le monde de l'édition. Côté comics, la référence est immédiate que ce soit par les super-pouvoirs et l'anonymat de la super-héroïne, ou encore par l'existence d'un talon d'Achille (elle doit régulièrement respirer du pollen de fleurs faute de quoi sa force disparaît  Laughing ). Mais Coulon n'a pas voulu faire une pâle copie de Spiderman. Il nous emmène donc du côté des légendes et plus particulièrement celle de Pygmalion et de Galatée (https://fr.wikipedia.org/wiki/Pygmalion_et_Galat%C3%A9e). Partant de là, Greg va donc s’énamourer de sa créature... Le féminisme est aussi à l'honneur et Butterflywoman est la digne héritière de Wonderwoman avec l'humour en plus. La vignette représentant la super-héroïne portant Greg blessé dans ses bras, sur fond d'une affiche cinématographique où l'acteur principal fait de même avec une actrice, est un clin d'œil à la condition féminine. Enfin, on rit beaucoup dans cette mise en abyme. Le héros de la BD est l'homonyme du dessinateur et il travaille comme lui pour Futuropolis ! Coulon, à l'instar de Ferri, met en scène un auteur de BD sauf que Paris a remplacé Les Ravenelles (https://www.bedetheque.com/serie-4491-BD-Retour-a-la-terre.html). L'auto-dérision tendre est ici reine. Une autre mise en abyme est à remarquer : la femme papillon est l'héroïne de la BD et aussi de la BD dans la BD  Smile !

Dans un tout autre registre, l'ouvrage se veut aussi engagé et il aborde, avec un volontarisme paisible, différents problèmes sociétaux de la France du XXIème siècle. L'ex-femme de Greg sert des repas aux Restos du Cœur, la super-héroïne dort dans un village de tentes montées par des sans-papiers, le meilleur ami de Greg est issu de l'immigration et l'enfant du bédéiste est gardé en alternance par ses deux parents. Le misérabilisme n'est pas de mise et le regard porté sur toutes ces situations est profondément optimiste. 
En fait, toute la BD se veut légère et positive. Il n'est pas anodin que Coulon ait créé de toutes pièces un anti-Bataclan où la tentative d'attentat se termine sans victime grâce à l'intervention de la femme papillon. Et bien évidemment, la fin est heureuse  Very Happy. Nous avons ainsi droit à un conte de Noël moderne !

Je suis restée sur ma faim concernant les dessins. Le style est semi réaliste, à l'instar d'un Alfred. Les paysages urbains parisiens fleurent bon la réalité (Montmartre, Notre-Dame, etc.) et de superbes vignettes de la taille d'une page nous invitent à la contemplation (Butterflywoman posée sur une des gargouilles de Notre Dame de Paris). Il me semble néanmoins que le dessin pourrait être davantage travaillé car la ligne est souvent sacrifiée au profit de l'expressivité.

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Voilà donc une bande dessinée de qualité. Elle ne bénéficiera pas des feux de la rampe a contrario du dernier Blake et Mortimer. Néanmoins, elle mérite d'être lue. Je crois aussi qu'il faut retenir le nom du scénariste, Michel Coulon, car son premier texte laisse entrevoir d'immenses qualités.

Bonnes fêtes de fin d'année à tous

Eléanore

406Je viens de lire - Page 17 Empty Re: Je viens de lire le Jeu 24 Déc - 10:54

Raymond

Raymond
Admin
Je ne suis pas un fan de Grégory Mardon, qui a déjà une longue carrière derrière lui. Il a dessiné dernièrement d'assez bons albums, comme "le Travail m'a tué" ou les Bijoux de la Kardashian", mais il a aussi publié quelques BD du genre "art et essai" (comme Corps à Corps ou le Fils de l'Ogre) qui m'ont laissé plus perplexe.

Ce que tu décris me fait plutôt penser à une BD "art et essai".   Wink

En plus il y a du super-héros (ou plutôt une super-héroïne), ce qui n'est pas vraiment ma tasse de thé.  deso

Je ne vais donc pas me précipiter là-dessus. Mais on verra si je trouve cet album dans une bilbliothèque ...   Question Idea


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407Je viens de lire - Page 17 Empty Re: Je viens de lire le Jeu 24 Déc - 11:50

Raymond

Raymond
Admin
Mais je ne vais pas en rester sur ces propos négatifs. J'ai lu dernièrement Anaïs Nin, sur le mer des mensonges de Léonie Bischoff et c'est une belle BD dont j'ai envie de parler.

Je viens de lire - Page 17 Anais-10

Il n'est pas besoin de rappeler que ce livre a été plusieurs fois sélectionné par différents jury parmi les meilleures œuvres de l'année 2020. Cette mise en lumière a suffi pour réveiller ma curiosité.  Wink

Anaïs Nin est une femme écrivain assez connue du XXème siècle, dont je n'ai jamais rien lu. Elle a écrit plusieurs romans et surtout un journal intime en double version, un journal "officiel" qui a été expurgé et un journal secret dans lequel elle raconte ses amours infidèles et sa découverte des plaisirs charnels. C'est ce dernier livre qui semble être à l'origine du scénario de cette BD. Certains critiques présentent cet album comme un biopic, car les faits sont réels, mais je le considère plutôt pour ma part comme un de ces classiques "romans d'apprentissage" (apprentissage du plaisir évidemment) qui offrent toujours au lecteur le bonheur de découvrir une conclusion optimiste. Et de fait, malgré l'aspect scabreux et immoral du récit, il n'y a "presque" rien de scandaleux dans cette BD qui se distingue par sa délicatesse, son impertinence et sa bonne humeur.

Puisqu'il s'agit d'un récit littéraire, il y a bien sûr l'envie de le comparer cette BD à d'autres œuvres classiques et je n'ai pas pu m'empêcher de penser à certains romans d'Henri Miller, qui est d'ailleurs un des protagonistes de cet album. Anaïs Nin adopte en tout cas dans sa vie de tous les jours les ambitions hédonistes et le comportement débauché du grand écrivain américain, qui a raconté tout cela dans des livres très connus comme "Sexus" ou "Tropique du Cancer". La BD se passe d'ailleurs au début des années 20, au moment ou Miller écrivait "Tropique du Cancer" et les liens avec le journal intime d'Anaïs Nin sont ainsi très directs.

Je viens de lire - Page 17 Anais-11

L'album utilise beaucoup les récitatifs et cela donne bien sûr l'impression de lire les mémoires d'Anaïs Nin. Je suppose que Léonie Bischoff a repris certains textes du fameux journal mais je n'ai pas cherché à le vérifier, car la finesse et la distinction de ces récitatifs possèdent une envergure littéraire évidente. Ces textes s'accordent très bien avec le style graphique de Léonie Bischoff, qui est à la fois précis et aérien, plein de grâce mais aussi capable d'exprimer toute la palette des sentiments.

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Je parlais d'un "roman d'apprentissage" et cette BD en possède la volonté inaltérable de progresser. Et c'est ainsi qu'après une série d'adultères et d'expériences pourtant très immorales, je ne suis pas arrivé à me fâcher avec la légèreté d'Anaïs Nin. Le livre se termine avec un bilan joyeux et rêveur, au moment ou Anaïs se sent devenue une femme à part entière, et le sentiment de libération qu'elle exprime est d'un optimisme presque contagieux.

Je viens de lire - Page 17 Anais-13

C'est donc une très belle adaptation littéraire, et ceci contredit d'une façon brillante mon opinion habituelle que les transpositions en bande dessinées d'œuvres artistiques classiques sont inexorablement vouées à l'échec, Bien sûr, je n'ai lu aucun livre d'Anaïs Nin et je ne peux donc pas me prononcer d'une façon définitive sur cette adaptation, mais c'est une bande dessinée totalement réussie et pleine de messages troublants. J'aurais dû la sélectionner dans les 10 meilleures BD de l'années 2020 et c'est hélas trop tard pour faire ça. Mais je peux vous recommander sans réserve cette BD si vous voulez faire une belle lecture d'hiver.  Very Happy


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408Je viens de lire - Page 17 Empty Re: Je viens de lire le Jeu 31 Déc - 12:50

Raymond

Raymond
Admin
Parfois, je ressens le besoin de lire quelque chose de différent, comme par exemple un livre qui vient d'ailleurs, ou une œuvre relevant d'une autre tradition. Et c'est ainsi qu'après avoir lu quelque critiques élogieuses dans la presse sur L'arbre nu, un manhwa de la dessinatrice coréenne Keum Suk Gendry-Kim, j'ai tout de suite compris que c'était le livre qu'il me fallait pour les fêtes de fin d'année.  Very Happy

Je viens de lire - Page 17 Arbre-10

L'arbre nu est l'adaptation en BD d'un roman d'inspiration autobiographique écrit par la romancière sud-coréenne Park Wan-seo, qui a été publié en 1970. Cette dernière racontait sa rencontre avec un peintre nord-coréen survenue en 1951, pendant la Guerre de Corée. Elle tomba amoureuse de cet homme marié et leur relation resta plutôt chaste, mais cet amour aida la future écrivaine à supporter les drames familiaux (mort de ses frères, désordre psychique de sa mère) secondaires à la guerre civile.

Je viens de lire - Page 17 Arbre-11

Le récit est marqué par une très grande retenue dans l'expression des sentiments, mais ce choix reflète probablement d'une façon exacte ce que pouvait être le début d'une relation amoureuse en Corée à cette époque. C'est en fait une histoire sentimentale plutôt qu'un roman d'amour et la dessinatrice adopte donc un style volontairement sobre. Les visages restent expressifs mais les personnages évoquent très peu leurs sentiments.

Je viens de lire - Page 17 Arbre-12

La guerre de Corée n'est présente qu'en arrière fond de ce roman, par exemple en évoquant le bruit des canons, ou en montrant la destruction d'une maison, ou alors en relatant la nécessité pour les hommes de se cacher lorsque la ville de Séoul est occupée par les communistes. Il y a peu de scènes d'action et le récit reste plutôt intimiste, en s'intéressant aux sentiments des personnages face aux GI américains qui se comportent comme s'ils étaient en pays conquis, ou au vécu des artisans (et du peintre) qui survivent en réalisant des images à caractère commercial. Le récit se distingue parfois par une certaine lenteur, mais il n'est jamais ennuyeux.

Je viens de lire - Page 17 Arbre-13

Keum Suk Gendry-Kim varie en effet intelligemment les plans et le rythme de son roman graphique. Elle insère parfois entre deux conversations quelques grands dessins qui prennent toute la page, ou aussi d'occasionnelles séquences muettes ou alors des "arrêts" qui montrent d'étranges gros plans focalisés sur certains détails du décor. Cette variété d'effets révèle bien sûr une véritable maîtrise de la narration en bandes dessinées.

Je viens de lire - Page 17 Arbre-14

il n'y a pas de véritable séduction esthétique dans ce livre, car la dessinatrice s'applique plutôt à recréer l'ambiance qui imprégnait la vie coréenne en ces temps de guerre. Son graphisme sobre et un peu triste correspond probablement assez bien à l'atmosphère qui régnait dans le roman original, mais ce n'est bien sûr qu'une supposition. Signalons que la fille de l'écrivaine a écrit une intéressante préface, dans laquelle elle reconnait une réticence initiale à apprécier cette BD, toutefois suivie d'une émotion plus grande à la relecture de l'ouvrage, se terminant avec la conclusion que la dessinatrice avait bien compris l'écrivaine. C'est ainsi une adaptation littéraire qui semble réussie.

Je viens de lire - Page 17 Arbre-15

Je ne suis pas sûr que L'arbre nu (le roman graphique) soit un chef d'œuvre, car mon premier sentiment (en refermant le livre) était un peu mitigé, mais c'est sans aucun doute une BD d'une très haute tenue et digne d'éloges. Peut-être que mon ignorance de la vie coréenne m'a empêché d'apprécier certains détails du livre ?

C'est en tout cas une BD qui rencontre un véritable succès critique, et d'une façon méritée. Peut-être gagne t-elle au fond à être relue ?

C'est en tout cas un roman graphique que l'on peut recommander. Very Happy


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409Je viens de lire - Page 17 Empty Re: Je viens de lire le Mar 5 Jan - 10:25

Raymond

Raymond
Admin
J'ai dit plus haut tout le bien que je pense d'Anaïs Nin de Leonis Bischoff.

Je viens de lire - Page 17 Anais-14

Leonie Bischoff est interviewée d'une Façon intelligent et détaillée sur le site PlanèteBD :

https://www.planetebd.com/interview/leonie-bischoff/1362.html#image


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