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Péplums et BD historiques

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1 Péplums et BD historiques le Sam 29 Jan - 18:12

Raymond

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Comme je l'ai proposé à Ajax, j'ouvre un sujet consacré aux péplums. Comme on reste dans le domaine de l'histoire, je place ce sujet dans la section "BD historiques".


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2 Re: Péplums et BD historiques le Sam 29 Jan - 18:17

Raymond

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Admin
Je continue ici la discussion déjà commencée dans le Spectre de Carthage.

On peut voir ICI cette fameuse scène de Carthage en flamme, dans laquelle l'actrice est effectivement presque nue. Cela donne envie de revoir le reste. Mes souvenirs de ce film sont sinon assez flous, et je me rappelle surtout de Daniel Gélin qui était excellent. Dame, j'avais 12 ou 13 ans et je l'ai vu sur un petit écran et en noir et blanc à la TV.

Pour Salammbo, j'ignorais qu'on avait tourné des films, mais ce n'est au fond pas étonnant qu'il y en ait eu. Ils n'ont en tout cas pas laissé un grand souvenir (sauf à Jacques Martin Wink ).


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3 Re: Péplums et BD historiques le Dim 30 Jan - 14:34

AJAX

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docteur honoris causa
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Mea culpa, Jacques Martin a non seulement vu le film de 1924, mais — contrairement à ce que j'affirmais plus haut — il a également lu le livre. Je vous renvoie à ALIX & ALII : «J'ai vu Ben Hur quand j'étais enfant [Jacques Martin naquit à Strasbourg le 21 septembre 1921], avec Ramon Novarro sur son char. C'était un très bel homme. Je ne connais pas le nom du metteur en scène. Je me souviens confusément de certaines scènes impressionnantes : la mère et la sœur lépreuses... et quelques fragments comme ça. Mais c'est tout.
Bien sûr, j'ai également lu le livre. Mais il ne m'a jamais fortement intéressé. J'avais davantage à l'esprit les images du film, lorsque j'ai commencé Alix.
(...) Cette page était un projet, un prototype qui ne devait pas avoir de suite. D'ailleurs le roman était complètement gommé dans ma mémoire» (propos recueillis par Michel Éloy à Bruxelles (novembre 1979)).










• (Affiche de Salammbô, 1925 de Marodon. Sur la photo : Rolla Norman (Mathô) et Jeanne de Balzac (Salammbô).)

Par ailleurs, Jacques Martin a également été fort impressionné par le Salammbô de Pierre Marodon, avec la grassouillette Jeanne de Balzac dans le rôle de Salammbô ! «On m'avait emmené voir le film Salammbô, dont les images rejaillirent lorsque je lus le roman de Flaubert pendant la guerre. Je sus, dès les premières lignes, que je voulais voir ces ciels, ces couleurs de l'Antiquité et qu'il me fallait placer des aventures dans ces décors» (Jean-Maurice de Montrémy, Lire, n° 184, janvier 1991). Mais à cette superproduction franco-autrichienne il manquait le morceau de bravoure, la scène-clé du sacrifice des enfants à Moloch, sur laquelle Martin est maintes et maintes fois revenu (L'île maudite, Le Tombeau étrusque, Le spectre de Carthage, Les proies du volcan). Comment d'ailleurs restituer ce dieu mystérieux, dont l'archéologie punique ne nous a conservé aucun témoignage ? Quelqu'édition illustrée du roman y pourvoira — à moins que ce ne fût des images du film Cabiria (1914), où Piero Pastrone reconstitua l'idole d'airain avec un grand luxe de détails...
Le dieu dévorant de Ile Maudite est là, superbe, tournant le dos au port, quoique pas tout à fait comme dans le roman où il était muni de bras articulés. Autour de lui la foule hystérique de ses adorateurs, et le cortège de prêtres et de danseurs maquillés de couleurs vives, les psylles tout droit sortis des pages de Flaubert. Les fanatiques font cortège au pauvre Enak, emmené, traîné, pantelant... sans défense entre les mains de la brute qui s'apprête à le précipiter dans la fournaise sacrificielle...

Pour ceux que les visionnages de Jacques Martin intéressent, L'Avant-Scène Opéra (HS, juillet 1991), a publié un dossier sur ce film de 1925, «Salammbô (Musique de Florent Schmitt)» à l'occasion de «L'été Florent Schmitt — Avignon — Opéra de Paris Garnier — Montpellier — La Roque d'Anthéron», avec de nombreux photogrammes. Les fouineurs essaieront de retrouver le film raconté «Salammbô», La Petite Illustration Cinématographique, n° 3, 19 septembre 1925.



• (Cabiria, BD d'Antonio Canale, d'après le film Cabiria.)

Je reviens sur les sacrifices d'enfants dans les films. Je crois bien que le seul film à les avoir montrés est Cabiria (1913). Encore voit de fort loin le grand-prêtre officiant, et aucun plan rapproché ne montre les enfants destinés à être sacrifiés. Sauf justement l'héroïne, Cabiria, que Maciste va arracher à ses bourreaux. En général, les cinéastes préfèrent montrer des adultes. Un homme, volontaire, se jette dans les flammes de Baal dans Le fils prodigue (Richard Thorpe, 1955), et plus tard Lana Turner, la grande prêtresse, l'y rejoindra volontairement - suicide. Anne Heywood réchappera aux flammes de Moloch dans Carthage en flammes. Dans le Salammbô de 1959, c'est traité par ellipse : on voit quelques jeunes filles pourchassées par les gardes, devant un rideau de flammes. La séquence est tout bonnement absente dans la version 1925, comme je l'ai dit. Un mention particulière pour L'Histoire de Ruth (Henry Koster, 1960 — disponible en DVD) : un collège de fillettes sont éduquées par les prêtresses de Qemosh, le dieu des moabites. C'est un honneur pour elles que d'être sacrifiées au dieu (et Ruth est bien désolée de ne pas avoir été choisie). Elles ne sont pas brûlées vives mais égorgées en haut d'un autel pyramidal, et la prise de vue en contreplongée permet d'éluder une représentation trop explicite. Il n'y a vraiment que la BD, dans le sillage de Jacques Martin, qui a fait ses choux gras des sacrifices d'enfants [et d'adultes]. Je pourrais vous en produire une liste assez impressionnante, de Velthur le Pacifique à «Corian le Crétois» de Debruyne ! Pour quelle raison ? Je l'ignore. Sans doute le support papier. Le cinéma épique est destiné à un public très large, enfants et adultes confondus. N'importe qui. Même destinée à un public ado, la BD est relativement plus «intellectuelle» (il faut la lire, savez-vous). Et puis, sauf la reproduction du classique de la littérature qu'est, en France, Flaubert, il faut bien reconnaître que les héros de BD échappent toujours à cette fin cruelle ! C'est un peu comme dans la peinture historique ou religieuse, qui regorge de scènes de supplices, mais jamais gore (en général, l'artiste saisit l'instant qui précède le moment fatidique, les tenailles qui s'approchent de la poitrine de Sainte Agathe de Catane, p.ex.) - c'est ce qui s'appelle une litote !





• (... et Anne Heywood, nue et pantelante, dans Carthage en flammes. Aaaaah ! En ces temps-là on savait se divertir ! Carthage en flammes est une adaptation d'un roman d'Emilio Salgari — le «Jules Verne» italien, auteur de «Sandokan» et d'une multitude de «Corsaire Noir», «Vert» ou «Rouge» —, qui a, ici, largement repompé Flaubert.)

4 Re: Péplums et BD historiques le Dim 30 Jan - 14:57

AJAX

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docteur honoris causa
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Mettant en ligne le post précédent, je me suis moi-même mis l'eau à la bouche...

J'ai donc voulu en savoir plus sur Antonio Canale, en vérité plus connu sous le pseudonyme de Tony Chan (25.02.1915-23.10.1991). La BD Cabiria date de 1943, trente ans après la sortie du film, ce qui explique certaine divergences (la statue de Moloch et la flamme sacrificielle).

Mais voyez donc ici :
http://kayaozkaracalar.blogspot.com/2008/12/maciste-in-vintage-comics-adaptation-of.html

La cinémathèque de Turin, qui détient le fond "Giovanni Pastrone" (le réalisateur, originaire de Turin) a publié dans les années '80 un superbe album avec tous les photogrammes du film... I love you

5 Re: Péplums et BD historiques le Dim 30 Jan - 19:22

Treblig


Double prix Nobel
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Il est étonnant qu'à propos de Salammbô personne n'ait encore fait allusion à la version de Roger Lécureux et Raymond Poïvet parue dans le journal Vaillant en 1950. Wink



Dernière édition par Treblig le Dim 30 Jan - 23:24, édité 1 fois

6 salambo le Dim 30 Jan - 22:36

Raymond

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Il faudrait la retrouver ! Je vais voir si j'ai des images ? Rolling Eyes


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7 Re: Péplums et BD historiques le Dim 30 Jan - 23:32

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
Cette histoire débutait ainsi...


http://i74.servimg.com/u/f74/13/64/65/00/sal10.jpg


A cette époque, Poïvet avait encore un dessin très académique à l'opposé du style épuré qu'il adoptât par la suite.

8 Re: Péplums et BD historiques le Lun 31 Jan - 10:11

Raymond

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Admin
J'ai vérifié dans BD oubliées. Cette histoire de Salammbô est parue dans des numéros de Vaillant que je ne possède pas.



Dernière édition par Raymond le Lun 31 Jan - 11:21, édité 1 fois


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9 Re: Péplums et BD historiques le Lun 31 Jan - 10:47

AJAX

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docteur honoris causa
docteur honoris causa
Moloch, c'est un de mes "dadas" en matière d'Antiquité. Parmi d'autres. Sans doute à cause de la fameuse planche de Jacques Martin dans LE TOMBEAU ETRUSQUE. Je lui ai consacré une grosse étude, «Moloch-le-Brûlant. Un poncif de la barbarie orientale — De Gustave Flaubert à Jacques Martin», publiée dans les Actes du 2e colloque international des paralittératures (Chaudfontaine, 11-13 novembre 1988), Liège, éd. C.L.P.C.F., 1993. Voici ce que j'y notais à propos de la version de Raymond POÏVET:

Raymond Poïvet, «Salammbô», Vaillant, 6e an., n°s 247 à 265 (6/12 février 11 juin 1950)

La carrière de Raymond Poïvet avait débuté en 1941 dans L'Aventureux; en 1944, il termine en 4 planches la série fétiche du Téméraire, «Vers les Mondes inconnus», dessinée par A. Liquois.
Récupéré ensuite par la presse communiste, Poïvet signe en 1950, dans Vaillant, une «Salammbô» en 19 planches. Quoique simplifiée et même édulcorée (on ne fait pas même allusion au lynchage de Mathô) sa version était assez adhérente au roman. Notamment la mort de Salammbô : «Salammbô se tenait toute droite. Bouleversée elle ne voulait pas qu'il périt... (sic) Salammbô s'écroula sur son trône, la tête en arrière... Ainsi mourut la fille d'Amilcar».
(On peut s'étonner de cette «Salammbô» ainsi récupérée par la presse communiste, ordinairement peu tendre pour les mercenaires, ces hommes qui se battent pour de l'argent. mais en l'occurrence, il s'agissait de misérables, trompés par les capitalistes carthaginois ! On peut donc épouser la cause de ces perdants, héros d'un Cuirassé Potemkine à l'antique.)
(Accompagnant une BD de 3 planches non signées, «Spartacus» (Vaillant, n° 751, 04.10.1959), un article rédactionnel, assimilant la révolte des mercenaires de Carthage à celle des gladiateurs et des esclaves de –73 2, viendra ultérieurement confirmer cette interprétation.)


J'avais également beaucoup apprécié la version de NOVI :

•NOVI, «Salammbô», Mondial Aventures, n° 2, s.d. (1953), Société parisienne d'édition — Une exclusivité Hachette

Presque dans le sillage de Vaillant, la Société parisienne d'édition, publie dans le, n° 2 de Mondial Aventures (s.d., 1951 1953 ?), une version qui est, sans doute, du roman la translation BD la plus longue (48 pages), si l'on excepte celle de Druillet, bien entendu.
Cette version est pleine de sensualité (Salammbô enlacée avec son serpent) et de violence (supplices des prisonniers carthaginois ou barbares). Or le dessinateur n'a qu'une idée très approximative du monde carthaginois : ses galères ont des voilures de jonque chinoise. Mais ses éléphants de guerre sont plus effrayants que les vrais et l'idole de Moloch, incandescente, témoigne de son solide coup de crayon.


On n'imaginerait pas celà dans un journal aussi catho que Tintin ou Spirou. Une femme héroïne de BD ? Et qui enlace nue un serpent ? Jésus-Marie-Joseph ayez pitié de nous !

Je dois avoir les numéros de Vaillant contenant SALAMMBO plus ou moins complet, je ne sais plus. A l'occasion, je placerai ici quelques images. J'en ai sur ma clé-USB qui ne me quitte jamais (sauf sous la douche)! C'est assez incroyable ce que le thème de l'idole crématoire a pu faire fantasmer les dessinateurs, dans le contexte de Carthage/Antiquité, ou totalement en dehors ! Et je suis sûr que beaucoup de choses ont dû m'échapper... Very Happy

10 Re: Péplums et BD historiques le Lun 31 Jan - 11:23

Raymond

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Si je ne me trompe, l'histoire de Salammbo est parue aussi dans Tintin pendant les années 60, sur un scénario d'Yves Duval. C'est un souvenir de lecture d'enfance qui est toutefois assez flou et il faudrait vérifier.


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11 Re: Péplums et BD historiques le Lun 31 Jan - 11:40

AJAX

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docteur honoris causa
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Exact. Ca s'appelait LA REVOLTE DES MERCENAIRES. Et Salammbô, cette sombre femme, y brillait par son absence !
Tout comme Théodora dans TEMPETE SUR BYZANCE (Funcken) et Hélène de Sparte dans SI L'ILIADE M'ETAIT CONTEE (Cuvelier), dont j'ai parlé précédemment. Smile

Jacques Martin a vraiment été couillu d'oser représenter l'innommable : la reine du DERNIER SPARTIATE, Malua des PROIES DU VOLCAN, Ariella (c'était son nom, je crois ?) dans IORIX LE GRAND, etc. etc. ! What a Face

12 Re: Péplums et BD historiques le Lun 31 Jan - 11:53

Raymond

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Mes souvenirs sont assez flous et j'avais oublié que Salammbo avait été supprimée du récit. On ne plaisantait pas avec la morale catholique en ce temps-là (c'était surtout Raymond Leblanc, je crois, qui défendait cette ligne) mais Jacques Martin avait lui aussi un sacré caractère. Very Happy


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13 Re: Péplums et BD historiques le Lun 31 Jan - 13:04

AJAX

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docteur honoris causa
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Voici quelques images de SALAMMBO :





<> Une vieillerie : SALAMMBO, dessin de R GAHOU - Cendrillon, 1ère année, n° 26, 15 07 1943






<> La statue de Moloch par Poïvet : il ne s’est pas foulé ! SALAMMBO, R POIVET, - Vaillant, n° 252, 13-19 03 1950






<> La mort de Salammbô. Respect du texte de Flaubert. SALAMMBO (R POIVET) - Vaillant, n° 265, 11 06 1950





<> SALAMMBO - par Novi (Mondial Aventures)






<> Un classique : VELTHUR LE PACIFIQUE






<> Chaland (mais oui !), LA COMETE DE CARTHAGE, Les Aventures de Freddy Lombard






<> Et le plus récent : De Luca, CARTHAGE 1 : Le Souffle de Baal - Soleil, 2010



Et maintenant, ma préférée :




<> Salammbô et son serpent : illustration du roman par Lobel Riche (1935). Ma préférée. Ne pas la laisser traîner entre les pages du missel ! pig



J’en ai d’autres encore, mais ça sera tout pour l’instant !
Il existe aussi un excellent site consacré à Salammbô et ses illustrateurs : http://www.personal.kent.edu/~rberrong/turn/salammbo/index.htm

14 Re: Péplums et BD historiques le Lun 31 Jan - 15:41

Raymond

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Salammbo et son serpent ... hem ... un érotisme qui s'écarte pas mal du récit initial de Flaubert. Wink


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15 Re: Péplums et BD historiques le Lun 31 Jan - 19:34

AJAX

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docteur honoris causa
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Je ne rappelle plus de la scène exactement, dans Flaubert. Mais je crois bien, en effet, que le serpent sacré dont question était de dimensions plus modestes.

Mais ici nous touchons à un épisode éminemment fantasmatique de notre imaginaire occidental et judéo-chrétien : Eve et le serpent Satan.
La femme et cet incroyable phallus géant qu'est l'ophidien ! pig
Olympias aimée de Zeus sous l'aspect d'un serpent, d'où naîtra Alexandre le Grand.

Jacques Martin y fut tellement sensible qu'il a dessiné - dans LE DERNIER SPARTIATE - Alix enlacé d'un semblable python géant quelque part en Grèce où l'on ne risquait pas de rencontrer un serpent de cette taille. La scène ressemble beaucoup à celle avec Salammbô ci-dessus, sauf qu'Alix a gardé sa petite culotte!

Bien sûr, on sait qu'Apollon a tué le serpent Python à Delphes, le monstré né des vases du Déluge. Et il y a le fameux groupe de Laocoon et ses fils étouffés par des serpents géants sortis de la mer (Mus. Vatican). Mais ça, c'est la mythologie. La réalité est autre. Il en découle qu'Alix vit bien dans un univers non pas historique mais mythologique. Un autre aspect de la bulle spatio-temporelle dont j'ai parlé ailleurs - certains diraient "une Antiquité rêvée, idéalisée". Laughing

16 Re: Péplums et BD historiques le Lun 31 Jan - 20:36

Raymond

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La lutte d'Alix contre le serpent dans le Dernier Spartiate n'a rien d'équivoque. C'est clairement un combat et pas un jeu érotique. Je n'y vois rien de comparable avec cette image de Salammbo qui fait un bisou à son serpent. Wink


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17 Re: Péplums et BD historiques le Lun 31 Jan - 21:04

AJAX

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docteur honoris causa
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Le bisou mis à part, c'est la même image. Eros et Thanatos.

En fait, je voulais simplement gloser sur le fait que des serpents de cette taille n'existaient ni en Grèce ni à Carthage. C'est ce que je croyais comprendre de ta remarque sur l'incompatibilité de l'image avec le roman.

Mais il y a quelques années, j'ai vu à la Foire de la Gare du Midi une fille nue - dans une cage de verre - mais qui, comme Alix avait gardé sa petite culotte Very Happy , enlacée avec un python digne de la BD à Martin. Elle le caressait doucement, lui baisait la tête (pas vraiment dans l'attitude suggestivement fellatrice qu'a campé l'illustrateur de 1935) dans le but, manifestement, d'apaiser l'ophidien, de le calmer vis-à-vis de tous ces couillons qui venaient les mater (moi-compris).

Elle ne défendait pas sa vie, elle ne faisait pas l'amour avec, mais pour le visiteur du show, elle suggérait les deux. Eros et Thanatos, je l'ai dit. Aaaah, Debra Paget dans le Tombeau Hindou (ou était-ce le Tigre d'Eschnapour ?), dansant nue avec son serpent... en carton... pig pig pig

18 Re: Péplums et BD historiques le Mar 1 Fév - 10:48

Raymond

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Je reviens à des considérations plus générales, pour relever que les péplums m'ayant vraiment marqué sont presque tous américains. Il y a les 10 Commandements (Cecil B de Mille, version années 50) et Ben Hur bien sûr (de William Wyler), ainsi que L'égyptien (de Michael Curtiz, l'adaptation hollywoodienne de Sinouhé), Spartacus de Kubrick et deux ou trois autres dont les titres ne me viennent pas immédiatement à l'esprit.

Du côté de l'Italie, j'ai vu pas mal de films mais il y en a peu dont je me souvienne vraiment. Je citerai d'emblée les Derniers jours de Pompéi et le Colosse de Rhodes, mais leur intérêt est tout de même moindre. Je les place un niveau en dessous des films américains. Rolling Eyes


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19 Re: Péplums et BD historiques le Mar 1 Fév - 16:53

Jacky-Charles


license ès BD
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Les peplums américains avaient surtout l'avantage d'être somptueux parce que les producteurs y mettaient les moyens, même quand ça finissait par les ruiner, comme avec "Cléopâtre", dont je garde quand même un bon souvenir. Il y avait aussi "La chute de l'empire romain", d'Anthony Mann, dont "Gladiator" n'est, à mon avis, qu'une décalque assez pâle. Dans un style un peu plus mineur, "Le signe du païen", avec Jack Palance en Attila, n'était pas mal non plus, tout comme "Barrabas", avec Anthony Quinn.
Le premier peplum que je me souviens d'avoir vu était italien : "Les travaux d'Hercule", et ça m'avait impressionné : je devais avoir dix ans... Par la suite, j'ai dû voir la plupart de ceux qui passaient à La Rochelle, dont "Salammbô" dont on a parlé plus haut ; j'avais d'ailleurs été très déçu par... le roman, lu juste après, et qui finissait mal, à la différence du film !!! Mais je garderai néanmoins toujours une affection certaine pour ce genre de films, qui ont fini par disparaître, tués par les producteurs, à force de "faire suer le péplum" ( ils se sont reconvertis dans le western-spaghetti, qu'ils ont tué aussi, ce qui est une moins grande perte ).
Vus plus récemment, mais plaisants aussi, la version feuilleton TV des "Derniers jours de Pompéi", qui doit dater d'une vingtaine d'années, et, de la même
période : "Massada".

20 Re: Péplums et BD historiques le Mar 1 Fév - 18:44

Raymond

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Les feuilletons TV récents sont parfois excellents, en particulier la série "Rome" lancée par John Millius. On y trouve une volonté louable de dépasser l'imagerie traditionnelle et la recherche documentaire (sur le contexte historique) y est sérieuse.

Je me souviens que Rossellini (série TV sur les Actes des Apôtres) ou Pasolini (dans l'évangile selon St-Mathieu) avaient déjà réalisés dans les années 60 des films très sobres, très proches de la réalité de l'époque romaine. Cette tendance ne s'est toutefois pas maintenue et la plupart des films historiques d'aujourd'hui sont davantage des "westerns en costumes" que de véritables reconstitutions du monde antique.


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21 Re: Péplums et BD historiques le Mer 2 Fév - 14:35

AJAX

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docteur honoris causa
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Tout-à-fait d’accord avec toi, Jacky-Charles ; mon premier péplum a également été LES TRAVAUX D’HERCULE ( http://www.peplums.info/pep31a.htm ). D’où vient que mon premier intérêt pour l’Antiquité fut la mythologie grecque, avant l’histoire romaine. Ayant généralement des budgets plus confortables, les films américains ont évidemment plus de tenue que les Italiens qui faisaient des superprodes bon marché ! Mais les films américains sont aussi, plus souvent, sulpiciens (les martyrs chrétiens etc.) et soumis à de curieuses contingences (les Romains sont interprétés par des acteurs britanniques ; les esclaves/les chrétiens par des Américains - vous voyez l’arrière-pensée ?). Les Italiens ont plus de sensualité méditerranéenne, c’est une évidence. Plus de liberté de ton aussi. Les films sur l’Egypte, par exemple sont plus pharaoniques en Italie, alors que les Américains n’étaient pas fichus de faire un film sur l’Egypte en dehors du contexte biblique. Même l’EGYPTIEN de Michael Curtiz est crypto-chrétien à travers la répression du monothéisme atonien. Quand à LA TERRE DES PHARAONS, quoique tourné en Egypte, Nasser qui n’était pas idiot, avait vu la fable biblique dissimulée derrière l’architecte étranger, qui donnait des leçons aux Egyptiens ! (Une légende médiévale attribuait la construction des pyramides à Jacob, ses « greniers à blé »). Le film y fut donc interdit de projection. Very Happy

En Italie, mis à part le clivage des moyens financiers, la sensibilité est vraiment très différente: ainsi les gladiateurs y sont plus proches des bretteurs de film de cape et d’épée, genre les Trois mousquetaires, que des pauvres bougres condamnés genre Spartacus.

Mais dans la même période, les Américains ont aussi produit des petits péplums à budget modeste : Sam Katzman (LES ESCLAVES DE BABYLONE, LE SERPENT DU NIL) et Roger Corman (ATLAS, avec des couvercles de poubelle plaqués de papier Reynolds comme boucliers… mais tourné in situ en Grèce, notamment dans les ruines du cap Sounion. Excusez du peu).
En Grèce justement, Michael Cacoyannis nous a donné trois superbes adaptations filmiques du théâtre ELECTRE, LES TROYENNES, IPHIGENIE EN AULIDE - mais il y en a d’autres, Saville à Dodone a filmé ŒDIPE ROI (avec Christopher Plummer), et Pasolini itou, et aussi MEDEE…

Mais de tout temps on a fait des films sur l’Antiquité, avec deux grands Ages d’or : : 1913-1925 et 1956-1965. Plus récemment les années ’80 on vu différentes modes se développer : le porno-péplum dans le sillage de CALIGULA (http://www.peplums.info/pep02.htm ), mais aussi les mini-séries TV : MOI CLAUDE EMPEREUR (1976) ( http://www.peplums.info/pep50a.htm ), L’AIGLE DE LA NEUVIEME LEGION (1976) ( http://www.peplums.info/pep54a.htm ), MASADA (1981) ( http://www.peplums.info/pep09a.htm ), QUO VADIS, ANNO DOMINI ( http://www.peplums.info/pep27.htm ), LES DERNIERS JOURS DE POMPEI (tous trois entre 1983 et 1985), et plusieurs autres qui ne sont jamais arrivés chez nous, notamment une série britannique sur les reines des Ptolémées, et une sur les impératrices byzantines.

Dans les années ’90, il y a eu surtout les séries HERCULES THE LEGENDARY DAYS et XENA THE WARRIOR PRINCESS, ainsi que la série Lube, LA BIBLE : 12 ou 15 épisodes, la plupart disponibles en DVD) mais aussi le revival permis par la VHS puis du DVD. Sans oublier le dessin animé de Disney HERCULES.

Dans les années 2000, il y a eu l’effet GLADIATOR (http://www.peplums.info/pep53a.htm ) : QUO VADIS (http://www.peplums.info/pep14.htm ) de Kawalerowicz, VERCINGETORIX (http://www.peplums.info/pep40.01.htm ) de Dorfman, TROIE ( http://www.peplums.info/pep18a.htm ) de Petersen, 300 (http://www.peplums.info/pep41a.htm ) de Zack Snyder, LA PASSION ( http://www.peplums.info/pep16a.htm) de Mel Gibson, LE ROI ARTHUR (http://www.peplums.info/pep26a.htm ) de Fuqua, ALEXANDRE ( http://www.peplums.info/pep23.01.htm ) d’O. Stone, ASTERIX AUX J.O. (http://www.peplums.info/pepcour40a.htm ), LA DERNIERE LEGION (http://www.peplums.info/pep43.htm ) de Doug Lefler, LE CHOC DES TITANS/2 de Leterrier, AGORA ( http://www.peplums.info/pep54h.htm ) d’Amenabar, mais aussi quantité de téléfilms comme ROME, prod. HBO (http://www.peplums.info/pep39a.htm ) et de docufictions dont le très récent DESTIN DE ROME de Fabrice Hourlier ( http://www.imdb.com/title/tt1722310/ ) avec pour la figuration une vingtaine de légionnaires-reconstituants lyonnais de la Leg. V Alaudae démultipliés par l’infographie. Superbe évocation de la succession de Jules César et la rivalité de Marc Antoine et Octavien. Naturellement, il faut être à l’affût. Que de petits films mal diffusés (CENTURION) où seulement pour la TV (HELLHOUNDS, THE CYCLOPS, ESTHER REINE DE PERSE).
Et n’oublions l’excellente - quoique hémoglobineuse et sexuelle - série SPARTACUS : BLOOD AND SAND (http://www.peplums.info/pep54m.htm ), que j’ai beaucoup apprécié, peut-être justement à cause de son côté malsain, mais qui est responsable de quelques suicides dans les sacristies. Je viens de visionner il y a quelques jours le premier épisode de sa préquelle, SPARTACUS : GODS OF THE ARENA. Et on annonce d’autres projets, dont je n’ai pas la liste sous la main…

Sur mon site péplum, j’essaie de privilégier les nouveautés ou les rééditions DVD, car si j’ai le malheur de parler d’un introuvable, je me fais aussitôt harceler par ceux qui en recherchent des copies … Smile
Pour les amateurs des vieilles bandes de Maciste et Hercule, c’est ici : http://www.peplums.info/pep05.htm (Les Héros du samedi soir).

22 Re: Péplums et BD historiques le Jeu 3 Fév - 0:02

Raymond

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Merci pour le rapide survol du genre. pouce

Il est clair que les péplums américains des années 50 étaient très "chrétiens", et que certains étaient même franchement prosélites. Cela parait évident quand on revoit des oeuvres comme Ben Hur ou de la Tunique, mais on retrouve les mêmes caractéristiques dans des films qui ne racontaient pas la légende chrétienne. Il y avait en fait des moments de "prêchi-prêcha" dans presque tous ces films américains qui racontaient une histoire biblique ou romaine. Ce fond religieux leur donnait d'ailleurs un ton très sérieux (il y avait une volonté d'éduquer) et ce prosélitisme risque peut être d'agacer les spectateurs d'aujourd'hui.

Pourtant, quand j'y repense, c'est bien cette religiosité qui faisait le charme de ces péplums et qui donnait à leurs récits une certaine solidité. Elle correspondait au fond à la mentalité et à la morale de l'époque. Ce côté sérieux contrastait bien sûr avec une vocation commerciale évidente, et cette tendance des producteurs à introduire de belles actrices à moitié déshabillées, ou à multiplier de les scènes d'action et de combat. Il y avait là de belles contradictions par rapport à la morale que ces films défendaient ... mais j'aime bien les contradictions. Wink


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Et toujours ...
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23 Re: Péplums et BD historiques le Jeu 3 Fév - 0:26

AJAX

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docteur honoris causa
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C'est de propre de n'importe quel genre, qu'il s'agisse de sujets historiques, d'horreur, de western, de polar, de montrer la perversité (qui nous fait saliver), punie à la fin. Bien sûr. Ainsi la morale est sauve.

Cecil B. DeMille en avait fait son fond de commerce.

24 Re: Péplums et BD historiques le Ven 11 Fév - 10:40

AJAX

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docteur honoris causa
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Raymond a écrit:Je me souviens que Rossellini (série TV sur les Actes des Apôtres) ou Pasolini (dans l'évangile selon St-Mathieu) avaient déjà réalisés dans les années 60 des films très sobres, très proches de la réalité de l'époque romaine. Cette tendance ne s'est toutefois pas maintenue et la plupart des films historiques d'aujourd'hui sont davantage des "westerns en costumes" que de véritables reconstitutions du monde antique.

Au fait, Raymond, puisque que tu te souviens des ACTES DES APOTRES de Roberto Rossellini… Je viens de découvrir à la FNAC un coffret de 5 téléfilms historiques d’icelui « pape du néo-réalisme » qui n’est plus tout-à-fait une nouveauté puisque c’est Carlotta/Arte qui l’a sorti en octobre 2009, mais qui m’avait échappé jusqu’ici : UNE ENCYCLOPEDIE HISTORIQUE : BLAISE PASCAL - AUGUSTIN D’HIPPONE - DESCARTES – L’AGE DE COSME DE MEDICIS (2 parties) :
http://www.kinok.com/index.php?option=com_content&view=article&id=121&Itemid=83

J’ai craqué pour la Bio de SAINT AUGUSTIN que je n’avais jamais eu l’occasion de voir jusqu’ici ! J’avais conservé un relativement bon souvenir de son MESSIE, que j’avais trouvé assez pédagogique dans ses premières scènes qui précisent ce qu’a d’inconcevable une royauté humaine – celle de Saül, en l’occurrence – à la tête d’Israël, qui aspire à la théocratie. Ce qui nous renvoie à I Samuel. J’avais moins apprécié les légionnaires romains aux épaisses tignasses qui débordent de leur casque : Jacques Martin les aurait réformés ! Very Happy

J’avais aussi eu l’occasion il y a moins d’une dizaine d’années de voir dans un centre culturel italien le SOCRATE de Rossellini. Ca m’avait l’air d’être un DVD, car les sous-titres français n’étaient pas sur le bas de l’image, mais en dessous. Mais je n’ai jamais réussi à en trouver une copie ! Dommage, car les films sur l’histoire grecque sont assez rares. Rappelons que Socrate apparaît régulièrement dans les aventures d’Orion, que notre ami Marc Jailloux vient de ressusciter (tiens, je le rencontrerai tantôt, au versnissage d’une expo « Orion », ici au Skull, à Bruxelles).

25 Re: Péplums et BD historiques le Ven 11 Fév - 10:46

Pierre

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vieux sage
vieux sage
Avez vous cité celui-ci ?



Centré sur la construction de la pyramide de Khéops

Film formidable de Raoul Walsh. John Wayne ayant refusé le rôle, c'est Jack Hawkins qui joua Khéops.

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