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Bandes dessinées médiévales

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51 Re: Bandes dessinées médiévales le Mar 5 Oct - 0:39

Raymond

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Le premier exemple de phylactère médiéval qui me vienne à l'esprit se trouve dans l'Apocalypse du Trinity College, un manuscrit anglais qui date du XIIIème siècle (autour de 1250). Il est signalé dans le livre de Gérard Blanchart.



Evidemment, cette double page ne montre rien de spécial, si ce n'est la richesse d'images du livre, mais il faut d'abord préciser ce qu'il contient. Il s'agit simplement du texte de l'Apocalypse (le dernier livre de la Bible) qui est orné de nombreuses enluminures. Le manuscrit est composé de 32 folios et il contient 72 miniatures.



Au premier abord, cela ressemble simplement à une Bible richement illustrée. On y trouve cependant une page exceptionnelle, dont la moitié supérieure illustre la scène de l'adoration du Christ par les vieillards. Là voici dans son ensemble.



Avez-vous remarqué les textes inclus dans l'image du haut. Je vous montre cette partie un peu plus agrandie.



Eh oui ! Ces textes correspondent à des paroles qui sortent de la bouche des personnages et on voit qu'ils se parlent ! Les textes ne sont pas incorporés dans des ballons, mais ce sont bien des phylactères. Je ne suis malheureusement pas arrivé à les déchiffrer (c'est du latin) mais ils correspondent certainement à des répliques qui setrouvent dans l'Apocalypse de Jean.

En résumé, ce livre n'est absolument pas une bande dessinée (c'est un texte biblique illustré) mais la fantaisie du miniaturiste lui a fait inclure une conversation au sein d'une image. Regardée isolément, cette illustration pourrait être assimilée à de la figuration narrative.  Wink

Bon ! Il est tard et je vous montrerai d'autres images demain.  deso



Dernière édition par Raymond le Lun 16 Mai - 19:36, édité 1 fois


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52 Re: Bandes dessinées médiévales le Mar 5 Oct - 23:41

Raymond

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Continuons avec les phylactères !  Very Happy

Un exemple célèbre de phylactère inclu dans une image médiévale se trouve dans le Bois Protat. Ce nom désigne une planche en bois gravée sur ses deux faces, retrouvée aux XIXème siècle dans une abbaye dans la Saône.



Ce bois gravé était au départ une planche xylographique. mais ce n'est plus qu'un fragment. Sur une des faces, on trouve une grande image et lorsqu'on l'imprime, cela donne ceci :



C'est un fragment d'une scène de crucifixion. On y voit le centurion qui s'écrie (en latin) : "celui-ci était le fils de Dieu". La banderole de texte sort manifestement de la bouche du personnage, et désigne ainsi la personne qui parle. C'est une forme primitive de phylactère.

Autre fait intéressant, la grande dimension de cette pièce en bois conduit à penser qu'elle servait à imprimer une tenture ou un tissu de soie. Il ne s'agissait probablement pas d'un récit, mais plutôt d'une pièce d'ornement (dans une église).

Une image avec phylactère n'est pas nécessairement une bande dessinée.  Wink



Dernière édition par Raymond le Lun 16 Mai - 19:37, édité 1 fois


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53 Re: Bandes dessinées médiévales le Mer 6 Oct - 0:12

Raymond

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Comme dans le cas du Bois Protat, des phylactères peuvent être retrouvés dans diverses tapisseries au Moyen Age. En voici deux exemples.

Il y a d'abord la Tapisserie de l'Apocalypse qui se trouve dans le château d'Angers. Elle se compose de 6 pièces et la deuxième tenture se présente ainsi.



Dans ce phylactère (c'est le nom admis des bandes de textes insérées dans les tapisseries) est tenu par un aigle. On peut y lire "ve ve ve", c'est à dire "malheur, malheur, malheur" (ce que crie l'aigle) tandis que l'on voit en dessous une ville détruite. Bon, vous avez compris. Un ange a sonné de la trompette et il se produit à nouveau beaucoup de choses  désagréables.  Smile

Autre exemple, une tapisserie de L'annonciation qui se trouve à l'abbaye de la Chaise-Dieu.



Bon ! L'image est un peu compliquée et je ne vais pas chercher à expliquer en détail. Vous pouvez trouver les explications idoines ICI. Je voulais simplement montrer l'importance des phylactères dans une tapisserie qui n'est pas une séquence d'images.



Dernière édition par Raymond le Lun 16 Mai - 19:39, édité 1 fois


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54 Re: Bandes dessinées médiévales le Mer 6 Oct - 0:21

Raymond

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Autre exemple de phylactères n'appartenant pas à un récit en images. Il s'agit d'un dyptique de Martin Schöngauer, une peinture qui se trouve dans l'autel de l'Eglise des Dominicains à Colmar.



C'est une scène de Paradis dans laquelle on retrouve une fontaine, des pommes d'or et une licorne. J'avoue ne pas voir cherché à comprendre ce que signifiaient les phylactères. Leur présence sur une peinture d'ornement montre qu'ils n'ont pas pour but de raconter une histoire.  Wink



Dernière édition par Raymond le Lun 16 Mai - 19:40, édité 1 fois


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55 Re: Bandes dessinées médiévales le Mer 6 Oct - 23:55

Raymond

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Encore quelques images sur les phylactères qui sont bien sûr assez fréquents dans les manuscrits. Vous avez pu en voir un petit dans le Psautier de Lisle, mais ils sont beaucoup plus abondants dans le livre des Grandes Heures de Rohan. On ne connait pas le nom du peintre qui a réalisé ces images, et on l'appelle simplement le "Maître de Rohan".



Disons-le sans ambage, ces "Grandes Heures" n'ont par elle même rien à voir avec la BD. C'est un livre d'heures, donc un recueil de prières, de psaumes et de textes destinés à la pratique liturgique. Ce manuscrit date d'environ 1430 et est composé de 239 folios. Il est richement enluminé et présente près de 300 miniatures.



Il m'est difficile de commenter en détail un livre dont je n'ai que quelques images, mais j'ajouterai que ce livre est fameux pour l'ambiance sombre et dramatique de ses illustrations. Attardons nous sur une miniature particulièrement connue, intitulée "le mort devant son juge", que Gérard Blanchart retient d'ailleurs comme exemple dans son livre d'histoire de la bande dessinée.



Un homme mort se tient devant Dieu et un démon essaie de voler son âme, mais Saint-Michel l'Archange intervient pour le défendre. Des textes surgissent de la bouche du mort et de son juge et j'avoue ne pas avoir réussi à les déchiffrer. Peu importe, ces phylactères apportent une tournure dramatique à la miniature mais cela reste une image unique, qui montre plus qu'elle ne raconte. Les Grandes Heures de Rohan semblent être un livre splendide, mais il semble n'avoir qu'un lien ténu avec la BD.

De même que pour de nombreux manuscrits médiévaux, un fac similé des Heures de Rohan a été réédité au XXème siècle. C'est le genre de folie que je m'offrirai peut être un jour.  Rolling Eyes



Dernière édition par Raymond le Lun 16 Mai - 19:42, édité 1 fois


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56 Re: Bandes dessinées médiévales le Jeu 7 Oct - 17:42

Raymond

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En début de sujet, JYB a évoqué les Très Riches Heures du Duc de Berry. Je vais brièvement en parler même si je pense que ce livre n'a rien de commun avec la BD.



Le livre d'heures est un genre de manuscrit qui est apparu au XIIIème siècle. C'est un recueil de prières ou de psaumes et il ne contient aucun récit, qu'il soit biblique ou non. Il y a eu beaucoup de livres d'heures à la fin du Moyen Age et ceux qui étaient destinés aux ducs ou aux princes sont presque toujours riches en miniatures ou enluminures, souvent réalisées par des peintres de grande réputation. On n'y trouve cependant pas d'images ayant un but narratif et ce ne sont que des livres illustrés. Certaines miniatures sont uniques sur une pleine page, tandis que d'autres sont accompagnées d'un peu de texte.



Le livre des "Très Riches Heures" comporte 206 folios et contient 131 miniatures réalisées par les frères de Limbourg. La finesse et la précision de ces miniatures sont exceptionnelles et elles donnent une quantité de renseignements sur la vie médiévale. C'est un chef d'oeuvre qui a été réédité plusieurs fois au XXème siècle, et je me souviens même d'une édition à bon marché il y a une trentaine d'années (qui ne reprenait que les images les plus connues). Tout ceci a rendu le livre assez populaire.



C'est mangifique, mais il faut avouer que nous sommes assez loin de la BD. Au fait, les bédéphiles sont-ils intéressés par un tel livre ?



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57 Re: Bandes dessinées médiévales le Jeu 7 Oct - 21:47

JYB


vieux sage
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Raymond a écrit:En début de sujet, JYB a évoqué les Très Riches Heures du Duc de Berry. Je vais brièvement en parler même si je pense que ce livre n'a rien de commun avec la BD.
Je citais ces très célèbres illustrations dans la foulée de tes posts sur les miniatures anciennes de ce genre ; il m'était revenu que dans certaines, on trouvait des "bandes de paroles" dont tu parlais précédemment, et qui préfigurent les phylactères d'aujourd'hui. Je me suis peut-être trompé (encore faudrait-il chercher un peu), mais de toute façon, je suis persuadé qu'il fallait parler de ces Très riches heures.

Raymond a écrit:C'est mangifique, mais il faut avouer que nous sommes assez loin de la BD. Au fait, les bédéphiles sont-ils intéressés par un tel livre ?
Cela ne devrait pas laisser indifférents tous les amateurs d'Histoire, d'art (dessin, illustrations...), de BD, etc, et de tout ce qui est beau. Je ne vois pas beaucoup de dessinateurs aujourd'hui capables de faire ça (et encore à l'époque où ces Très riches heures ont été dessinées, il n'y avait pas d'appareils photos, de photocopieuses, de Photoshop, de Paint illustrator ou que sais-je).

58 Re: Bandes dessinées médiévales le Jeu 7 Oct - 23:12

Raymond

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Je ne possède pas ce livre, donc je ne suis pas certain, mais il me semble qu'il n'y a pas de phylactère dans les Très Riches Heures du Duc de Berry. Il y a en revanche des incrustations de texte à l'intérieur des miniatures, dans ce genre-là :



Ce sont des images somptueuses, sans aucun doute.  Cool



Dernière édition par Raymond le Lun 16 Mai - 19:47, édité 1 fois


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59 Re: Bandes dessinées médiévales le Ven 8 Oct - 0:11

Raymond

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A ce stade de la discussion, il me semble nécessaire de classifier tout ce que je vous ai montré. Il est évident qu'on ne peut pas assimiler toutes ces oeuvres à de la BD.

Il y a d'abord des livres illustrés qui contiennent une ou plusieurs images par page, sans que celles-ci se structurent en une suite qui raconte quelque chose. L'essentiel du livre est représenté par le texte et les dessins (ou les photos) ont plutôt un rôle décoratif. On trouve beaucoup de livres de ce genre aujourd'hui, et on les distingue assez facilement de l'album de BD. Les "Très Riches Heures" représentent un bon exemple de cette première catégorie.

Il y a ensuite des oeuvres qui contiennent des phylactères. On a vu que cela pouvait être des tapisseries, des tableaux ou des illustrations solitaires, et j'aurais pu montrer encore de nombreux exemples du même genre. Le phylactère est un outil souvent utilisé pour créer une BD mais, lorsqu'il est tout seul, il n'est pas suffisant pour que l'oeuvre devienne une forme de figuration narrative. Dans tous les exemples qui précèdent, les images incorporant une banderole de texte ne font pas partie d'une suite d'images. Ce ne sont donc pas des bandes dessinées, même si l'irruption de la parole au milieu du dessin leur donne un aspect familier. On pourrait éventuellement leur reconnaître un lointain cousinage.

Les livres qui contiennent des miniatures compartimentées, que ce soit en bandes ou en cases, représentent une catégorie difficile à définir. Beaucoup de ces images sont "historiées", dans le sens où elles font partie d'une séquence narrative (= une suite d'images) et elles incorporent de petites phrases. Lorsque le texte manuscrit occupe l'essentiel du recueil (donc le plus grand nombre de pages), on ne peut pas assimiler le livre en lui-même à de la BD. Toutefois, considérées isolément, les séquences d'images de ces manuscrits représentent bien des "fragments de BD". Elles appartiennent à l'histoire du 9ème art.

Les livres constitués uniquement d'images, comme par exemple la Bible de Maciejowski ou le Psautier de Saint-Louis, représentent quant à eux un problème particulier. On pourrait les considérer comme des "romans graphiques", en utilisant de terme non pas dans le sens actuel (le "graphic novel des anglo-saxons), mais dans leur signification plus ancienne, lorsque ce terme désignait les livres de Frans Masereel ou d'Edward Gorey. Ces recueils constitués essentiellement (ou uniquement) d'images n'utilisent pas les procédés de la séquence narrative et ils occupent aujourd'hui une place incertaine. Comme il existe des albums de BD sans texte, et que par ailleurs ces livres d'images contiennent souvent des miniatures compartimentées, on pourrait éventuellement les admettre comme d'illustres ancêtres de la figuration narrative.

Il reste la dernière catégorie, à savoir des oeuvres entièrement contituées de séquences d'images, et associées à un texte réduit qui se limite à indiquer des éléments pour situer l'action. C'est par exemple le cas de la Tapisserie de Bayeux et ces oeuvres sont de vraies bandes dessinées, même si leur aspect les distingue des bandes desinées actuelles. Ces prochains jours, je vais vous montrer quelques unes de ces "BD médiévales". Wink



Dernière édition par Raymond le Ven 8 Oct - 19:27, édité 2 fois


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60 Re: Bandes dessinées médiévales le Ven 8 Oct - 0:31

JYB


vieux sage
vieux sage
Il est évident (pour moi...) que la BD n'est pas née un jour, comme ça, du néant. Elle est issue d'une longue évolution, de longs tâtonnements, d'une longue maturation, les expériences des uns et des autres, au fil des siècles (je dis bien des siècles), aboutissant petit à petit à la BD telle qu'on la connaît. Un peu comme la vie est apparue sur Terre après le chaos et au fil d'un lente évolution. Mais on ne peut pas dire : "la BD a été créée à telle date (j'invente : le 18 juin 1896), et avant, il n'y avait rien". Alors qu'"avant", et Raymond le démontre, il y a eu des ébauches, des approches, des tentatives (involontaires bien sûr), des ressemblances, des embryons, etc. Une évolution normale, naturelle, avec certains auteurs qui, autrefois, faisaient déjà de la BD (ou presque), ou l'apprentissage de la BD, sans le savoir, un peu comme M Jourdain faisait de la prose sans le savoir.

61 Re: Bandes dessinées médiévales le Ven 8 Oct - 20:00

Totoche Tannenen

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grand maître
grand maître
Tout cela est passionnant, Raymond.

Mais les vitraux des églises, dont la lecture devait être "orale" et qui ne comprennent pratiquement pas de textes contrairement à la plupart des manuscrits que tu montres, ne sont-ils pas encore plus évocateurs de "proto-bande dessinée" ?

http://planbd.blogspot.com

62 Re: Bandes dessinées médiévales le Ven 8 Oct - 23:24

Raymond

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J'ai prévu d'en parler aussi, mais je souhaitais d'abord présenter l'extraordinaire créativité des récits et des miniatures pendant le Moyen Age, ainsi que les images qui flirtent avec la BD sans en faire totalement partie. Ensuite, je vais poursuivre avec quelques livres qui appartiennent indiscutablement au genre du 9e Art (c'est d'ailleurs pour tout de suite Wink ). Après cela, il restera quelques "oeuvres frontières", ainsi que la question des vitraux et des peintures murales (certains ne manqueront pas de contester ce genre de rapprochement, je pense). Tout cela est prévu au programme. Smile


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63 Re: Bandes dessinées médiévales le Sam 9 Oct - 17:08

Raymond

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Admin
Intitulé manuscrit de Karlsruhe dans le livre de Gérard Blanchart, le Breviculum seu Electorium parvus est un codex tiré d'un manuscrit de Thomas le Myésier. Par souci de simplicité, je l'appellerai ici simplement "Breviculum".



Ce codex de 12 pages est assez compliqué à expliquer. Au départ, il y a un livre intitulé "La Vita Coetana" que le philosophe et écrivain Raymond Lulle a dicté en 1311 à un moine français. Ce livre est une autobiographie destinée à justifier ses idées et ses actions, où il raconte sa conversion chrétienne, ses pèlerinages, l'origine de ses théories et ses voyages en Orient pendant lesquels il a essayé de convertir les Sarrasins. Le point culminant du livre est un discours (prononcé à Tunis) prétendant démontrer la vérité du christianisme.

Quelques temps plus tard, un disciple de Lulle nommé Thomas le Myésier fait illustrer la Vita Coetana par 12 miniatures assez luxueuses, qui résument plus brièvement la vie du philosophe.  C'est en quelque sorte un résumé du livre sous la forme d'un récit en image. Ces miniatures sont maintenant rassemblées dans un codex intitulé Breviculum, qui est conservé à la bibliothèque de Karlsruhe.



Ci dessus, vous découvrez la première miniature du codex qui est subdivisée en 3 cases. Elle raconte tout simplement la conversion de Raymond Lulle. Pour des raisons de place, j'ai un peu coupé les bords de cette image mais vous pourrez la voir en grand sur un site dédié à Lulle à cette adresse.

http://www.lullianarts.net/miniatures/index.HTM

Notez que ce site met en ligne le Breviculum en entier et qu'il est facile d'avoir la traduction du texte latin en cochant sur l'option "français" (puis en dirigeant le pointeur sur le texte inclus dans l'image). Il y a en tout 12 pages et chacune d'entre elles raconte un épisode (ou une théorie) de Raymond Lulle. Voici par exemple la page 3, montrant Lulle en pleine discussion avec le musulman qui lui a appris la langue arabe. La première case montre les deux personnages en pleine discussion, tandis que le sarrasin se fâche et cherche à tuer son contradicteur dans la deuxième case. Dans la dernière image, le musulman préfère se pendre plutôt que de devenir un infidèle tandis que le chrétien remercie Dieu de ne pas être responsable de sa mort (si si si, vérifiez à l'adresse que je vous ai indiqué  Smile  ).



Ce qui est fascinant dans ces bandes d'images, c'est bien sûr l'organisation du texte. Le début des phrases commence près de la bouche des personnages, puis elles se continuent sur une large surface en esquissant la forme d'un phylactère, sans qu'il n'y ait toutefois de cadre autour du texte. Il s'agit cependant bien de paroles et de dialogues entre les personnages. Ces séquences parlées et imagées correspondent parfaitement à une BD.  Cool



Ci-dessus, un autre épisode fameux de la vie de Lulle, qui se rend chez les musulmans pour convertir la population au christianisme. Cette bande comporte 4 images qui n'ont pas de séparation nette. Tout à gauche, Lulle arrive en bateau, puis il se met à prêcher devant le peuple juste à droite de la colonne verte. En troisième lieu, on le découvre  en face du seigneur local qu'il essaie vainement de convaincre, tandis que la population cherche à le battre. En dernier, enfin, on le voit tout à droite monter dans une tour où il va être enfermé. Ce passage relate un événement réel, qui s'est à peu près déroulé de cette manière (si l'on croit ce que Lulle raconte, bien sûr  Smile  ).

Aujourd'hui, on a complètement oublié Raymond Lulle, en particulier depuis que Descartes s'est livré à une critique impitoyable de ses écrits  ("l'Art de Lulle sert plus à parler sans jugement [de choses] qu'on ignore qu'à les apprendre"). Il reste cependant un personnage pittoresque et assez représentatif de ce Moyen Age qui se permettait parfois d'étranges audaces. De son vivant, il a été respecté et avait même un certain poids politique. Il n'hésitait pas à donner des conseils au roi de France et dans la 12ème page qui clôt le Breviculum, on découvre Thomas le Myésier lui-même offrant son livre à la reine de France.



Avouons-le, les cases du Breviculum sont remplies par un texte difficilement compréhensible (le scénariste était un peu logorrhéique  Very Happy  ) et ce codex est parfois ennuyeux à lire, mais j'ai ressenti tout de même une certaine jubilation en découvrant cette bande dessinée à la fois naïve et rusée (Lulle était d'ailleurs au départ un troubadour et un comédien). S'il fallait comparer cette BD à une oeuvre moderne, je choisirais sans hésitation les histoires de l'Oncle Paul, puisque cette série partage avec le Breviculum la même volonté d'éduquer les jeunes et d'affirmer une vision catholique du monde. Au fond, il faut admettre que les deux oeuvres produisent aussi une certaine impression de futilité, liée à un prosélytisme un peu ridicule et à un moralisme qui a plutôt mal vieilli. Cela n'empêche pas toutefois de faire l'effort de les connaître. Et puis, de temps en temps, j'aime bien relire les histoires de l'Oncle Paul.  Wink



Dernière édition par Raymond le Lun 16 Mai - 19:53, édité 1 fois


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64 Re: Bandes dessinées médiévales le Dim 10 Oct - 19:03

Raymond

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La Genèse d'Egerton (Egerton genesis) est un manuscrit inachevé qui date d'environ 1359. C'est tout simplement une Genèse (premier livre de la Bible) racontée par des images, mais l'oeuvre est malheureusement inachevée. Elle est bien connue dans le monde anglophone car elle a fait l'objet d'une belle étude en 2001, avec réédition commentée de toutes les miniatures. On la trouve encore semble t-il à Londres, au musée de la British Library.



Le manuscrit est composé de 20 folios, chaque page contenant 3 ou 4 images. La page est partagée en plusieurs cases et l'intérieur du livre se présente ainsi.



Pas très impressionnant me direz-vous, mais vous pouvez vérifier qu'il s'agit bien d'un récit en image. Les deux pages du dessus vous montrent des scènes du Déluge. En haut à gauche, vous voyez Noé qui a embarqué avec toute sa famille sur son bateau, en emmenant aussi toutes les espèces animaux. L'océan s'étend jusqu'à l'horizon et il envoie un corbeau, puis une colombe pour savoir si une terre est proche.



Sur la page de doite, Noé et sa famille ont enfin trouvé une terre émergée. Ils sont sur le Mont Ararat et sortent du bateau pour repeupler la terre.



Vous remarquez qu'il n'y a pas de phylactère, mais il y a en revanche un texte d'accompagnement à l'intérieur de chaque case qu'il serait intéressant de pouvoir déchiffrer. Les images ont clairement une fonction narrative car chaque scène est contée en plusieurs vignettes. Je vous montrerai un peu plus tard d'autres exemples.



Dernière édition par Raymond le Lun 16 Mai - 19:56, édité 1 fois


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65 Re: Bandes dessinées médiévales le Lun 11 Oct - 22:26

Raymond

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En fait, plutôt que de refaire un long laïus, il est plus simple de vous donner un lien avec une page qui présente la Genèse d'Egerton. Elle est ICI et elle contient plusieurs planches de cette BD médiévale. Il faut cliquer sur sur les images pour les agrandir.

Après avoir vu cela, y en a t-il encore parmi vous qui pensent que la BD médiévale n'existe pas ? Very Happy


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66 Re: Bandes dessinées médiévales le Jeu 14 Oct - 1:10

Raymond

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Mentionné par Gérard Blanchart comme un livre précurseur de la BD, le Hortus Deliciarum est un manuscrit légendaire composé par Hérade de Lansberg en 1185. Cette dame était une abbesse du monastère de Sainte-Odile et elle a créé une sorte d'encyclopédie abrégée (en fait un "digest" de l'encyclopédie d'Honorius) à l'usage de ses religieuses. Utilisant essentiellement des images pour ce travail d'enseignement, le Hortus Deliciarum se présentait à la fois comme une oeuvre d'art (grâce à la beauté de ses icônes) et comme un manuel pédagogique.



Ce livre est entouré d'une véritable légende et elle a commencé en 1870, lorsqu'un incendie a détruit la bibliothèque de Strasbourg où il était entreposé. Il ne restait aux admirateurs nostalgiques que des recueils (incomplets) de calques et de copies réalisées par des admirateurs passionnés, et le rêve des chercheurs devint alors de reconstituer le manuscrit disparu. Parmi les recueils qui subsistaient, il y avait un cahier édité par Engelhardt en 1818, dont certaines pages sont aujourd'hui visibles en ligne. Cela se trouve à cette adresse :

http://www.bacm.creditmutuel.fr/hortus_deliciarumbas.html

Il existe cependant d'autres sites très riches en extraits de cette oeuvre disparue. Je vous recommande par exemple cette page :

http://murpaien.pagesperso-orange.fr/Mt%20Od%20Hortus%20deliciarum.htm

Après avoir vu tout cela, je garde quelques incertitudes au sujet de cette oeuvre dont Danièle Alexandre-Bidon conteste l'appartenance au genre de la bande dessinée. Ce doute est entrenu par le fait qu'il subsiste peu de planches entières de ce manuscrit. Pourtant, lorsque je regarde cette petite séquence qui illustre la fondation du monastère de Sainte Odile, j'y vois plusieurs bandes d'images accompagnées d'un texte et elles semblent proches d'une séquence narrative.



J'ai parcouru le Web à la recherche d'autres exemples du même genre mais il existe bien plus d'images isolées que de planches en entier. Quelques pages paraissent toutefois organisées sous la forme d'une suite de cases, comme celle qui se trouve ci-dessous. Nous ne somme pas très loin de la BD, en tout cas.



La planche la plus connue (d'ailleurs discutée par Gérart Blanchart) nous présente une échelle qu'essaient de monter différents personnages : un soldat, un clerc, un moine, une nonne. Certains s'élèvent tandis que d'autres tombent ou succombent aux tentations qui se présentent sur leur chemin. Le caractère allégorique des images parait évident et plusieurs zones de texte (non encadrées) commentent le destin des personnages.



Faut-il voir cette planche comme une suite de dessins ou comme un grand tableau qui expose les différents chemins de la vie ? Peut-on assimiler cette grande illustration à un récit ? Il s'agit en tout cas d'une démonstration et le projet de cette suite d'images correspond assez bien à celui de certaines BD modernes, qui cherchent à démontrer plutôt qu'à raconter. Par ailleurs, la poésie (voir la malice) avec laquelle Herade de Lansberg associe le texte et les images me parait bien digne de la bande dessinée.  Wink  Les spécialistes ne sont cependant pas tous d'accord sur la nature de cette oeuvre disparue, et cela m'intéresserait de connaître vos avis.

Ajoutons encore que le Hortus Deliciarum continue à faire rêver les historiens. Cette belle page (par ailleurs riche en dessins) traduit très bien la fascination qu'exerce aujourd'hui ce manuscrit.

http://www.deliciarum.info/02/11/2008/le-hortus-deliciarum-le-manuscrit-maudit-le-jardin-des-delices/



Dernière édition par Raymond le Sam 21 Mai - 18:03, édité 3 fois


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67 Re: Bandes dessinées médiévales le Jeu 14 Oct - 8:39

Invité


Invité
Tès intéressant, Raymond!
Dans cette même rubrique, nous parleras-tu de ce mystérieux manuscrit Voynich, indéchiffrable, et qu'on estime remonter au Moyen-Âge? Tes explications seraient bienvenues et plus éclairantes que celles du dernier album de Jhen.

68 Re: Bandes dessinées médiévales le Jeu 14 Oct - 12:00

Raymond

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Admin
Tu me prends de court ! Je n'avais pas prévu d'évoquer ce manuscrit que je n'ai jamais vu et j'ignore s'il a un rapport avec la BD (en dehors de son apparition dans Jhen bien sûr). Il faudra que j'enquête là dessus.


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69 Re: Bandes dessinées médiévales le Jeu 14 Oct - 12:14

Invité


Invité
Rien ne presse, Raymond Very Happy

70 Re: Bandes dessinées médiévales le Jeu 14 Oct - 23:00

Raymond

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Admin
La prochaine BD médiévale va me permettre de vous offrir une petite surprise, sous la forme d'un extrait vidéo.



Vous pouvez écouter la musique en regardant ce petit film, ou l'entendre en lisant le billet qui va suivre, ou l'ignorer tout simplement si vous n'aimez pas ce genre de musique. C'est comme vous préférez.  Very Happy



Dernière édition par Raymond le Sam 21 Mai - 18:06, édité 1 fois


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71 Re: Bandes dessinées médiévales le Jeu 14 Oct - 23:20

JYB


vieux sage
vieux sage
Un dessin animé, en quelque sorte... Wink

72 Re: Bandes dessinées médiévales le Jeu 14 Oct - 23:59

Raymond

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Admin
Eh non, c'est bien une bande dessinée. Mais commençons plutôt par le début, pour ne rien oublier.  Wink

En grande partie composés par Alphonse X le Sage, roi de Castille au XIIIe siècle, les Cantigas de Santa Maria sont un recueil de chants populaires, inspirés par des légendes et des hymnes dédiés à la Vierge Marie. Il existe trois exemplaires connus de ce manuscrit, dénommés Codex E (pour Escorial), Codex T et Codex Florence, qui contiennent 427 chants ou Cantigas. Cet ensemble constitue l'oeuvre lyrique la plus importante de l'Espagne médiévale et il a bien sûr motivé plusieurs enregistrements sur disque.



Les bédéphiles s'intéresseront davantage au manuscrit "E" de la bibliothèque de l'Escorial, près de Madrid. Il présente un double contenu : on découvre d'une part un texte accompagné d'annotations musicales (le Cantiga lui-même) et d'autre part une page de six à huit miniatures qui illustrent ce chant. Une fois ouvert, le livre ressemble à ceci :



Chaque Cantiga est donc accompagné d'une petite bande dessinée (n'ayons pas peur des mots  Smile  ) et même une critique aussi sévère que Danièle Alexandre-Bidon (voir son article du CBD N° 79) n'hésite pas à considérer ces pages comme un bel exemple de figuration narrative. Regardons de plus près une de ces planches :



Pour mieux vous aider, voici un lien vers l'image en plus grand :

http://img89.imageshack.us/img89/8199/cantiaga7.jpg

Regardez maintenant sous les cases ! Oui, il y a bien un texte qui donne quelques indications succinctes sur la signification des images. Cette "miniature compartimentée" propose bien un récit, et vous pourrez vérifier cette assertion en visitant quelques sites Web consacrés à cette oeuvre. Sur cette  page, par exemple, vous pourrez découvrir six Cantigas en entier (les 10, 58, 103, 166, 189 et 384) et ils sont accompagnés d'un texte explicatif qui vous permettra de tout comprendre. Ne manquez d'ouvrir les bonnes pages (il faut cliquer sur les N° situés au dessous du titre "Cantigas installés  Wink ).

Pour la beauté de la chose, voici encore une planche en entier. Je ne vais pas l'expliquer en détail, mais admirez simplement l'équilibre de l'ensemble, l'élégance des couleurs, la richesse des détails. Les Cantigas sont d'ailleurs très appréciés aujourd'hui pour les renseignement visuels qu'ils apportent sur la musique médiévale.



Je n'ai pas encore réussi à savoir si un fac similé de ce livre a été publié. Si ce n'était pas le cas, ce serait un véritable scandale, car il s'agit d'un des plus beaux manuscrits du Moyen Age mais ... on peut toujours espérer.  clown



Dernière édition par Raymond le Sam 21 Mai - 18:09, édité 1 fois


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73 Re: Bandes dessinées médiévales le Ven 15 Oct - 0:12

Raymond

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Encore une petite remarque sur les Cantigas de Santa Maria, pour souligner leur appartenance au 9ème Art.

Lorsqu'il raconte un récit en image, le dessinateur utilise souvent quelques trucs pour souligner la continuité du récit, tandis que le lecteur passe d'une case à l'autre. L'un de ces trucs est la permanence du décor autour des personnages qui se déplacent. Un autre moyen est de décomposer minutieusement le mouvement d'ensemble en dessinant plusieurs moments clés de l'action. C'est exactement ce que fait ce miniaturiste du XIIIe siècle qui nous montre ici la chute d'un échaffaudage à l'intérieur d'une église (précisons que je ne fais que reprendre un exemple déjà mentionné dans le CBD N° 79).



Les BD médiévales existent, c'est incontestable.  Wink



Dernière édition par Raymond le Sam 21 Mai - 18:10, édité 1 fois


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74 Re: Bandes dessinées médiévales le Lun 18 Oct - 12:49

Raymond

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Il y a peu de remarques et ... je pense que certains d'entre vous finissent par admettre l'existence de BD au Moyen-Age.  Wink

Oui certes mais ... s'il y a peu de remarques, c'est peut être que certains d'entre vous font de la résistance.   Smile  Après tout, cette avalanche de manuscrit pourrait être une manière de vous embobiner ?  Les frontières entre le livre illustré et les recueils d'images restent assez floues au Moyen Âge, et la BD reste un concept moderne. Et puis, me direz-vous, quel rapport peut-il y avoir entre le Hortus deliciarum et les exploits Zig et Puce ? Est-il bien honnête de faire figurer la très pieuse Genèse d'Egerton à côté des combats de Buck Danny ? Quel rapport peut-il y avoir entre les Cantigas dédiés à la Sainte Vierge et les aventures de Blueberry ?  Bref, est-ce que le gars Raymond n'est pas en train de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ? Et puis, ajouterez-vous, quand nous montrera t-il une vraie BD divertissante tirée d'une histoire populaire, plutôt que tous ces recueils d'images pieuses?  

En réponse à ces remarques toutes simples, vous vous attendez bien sûr à des généralisations hâtives, voir à des explications pesantes. Vous craignez peut être que je me lance dans un discours très universitaire sur l'art séquentiel et la définition de la BD. Eh bien non ! Plutôt que d'intellectualiser, je vais répliquer comme les joueurs de poker. Je montre mes dents blanches et je joue ma quinte flush. Bref, c'est à moment-là que je commence à vous parler du Dit de Fauvin.   Wink  



Le Dit de Fauvain est l'adaptation en BD (osons le mot !  Smile  ) d'un roman populaire du XIVème siècle qui s'intitule le Roman de Fauvel. Ecrit par Gervais du Bus en 1314, cette histoire satyrique raconte l'histoire d'une créature fourbe, le terme "Fauvel" pouvant correspondre à la signification "fausseté voilée". C'est également un récit animalier puisque Fauvel est un âne qui évolue dans un monde d'humains. Grâce à une suite de tromperies et de mauvaises actions, Fauvel s'approprie la maison de son maître et ce personnage a un caractère symbolique. Il représente en effet une manière indirecte de critiquer les mauvaises actions de puissants personnages comme le pape d'Avignon ou le roi Philippe IV le Bel.



Le Roman de Fauvel est un long récit (3280 vers) qui a rencontré un énorme succès en son temps. Il en reste au moins 12 manuscrits et, de même que pour les oeuvres à succès d'aujourd'hui, des admirateurs en ont fait des adaptations. Il y a eu d'abord une transcription musicale par Philippe de Vitry (c'est une des grandes création de l'Ars Nova) puis un récit plus bref en images réalisé par Raoul le Petit. C'est ainsi qu'apparait le Dit de Fauvain.



Mais que raconte en détail ce récit moraliste ? C'est assez compliqué à résumer car nous connaissons mal le contexte culturel du Moyen Age. Heureusement, il  existe des forums sympathiques qui n'hésitent pas à vulgariser ces oeuvres pour les rendre accessibles. Je vous recommande donc de visiter cette page dans laquelle "Duguesclin" nous présente les 40 images du roman accompagnées d'un bref commentaires explicatif. Un grand merci à lui.  jap

http://saint-romans.forumactif.biz/societe-f4/livre-le-roman-de-fauvain-t8.htm

Le Dit de Fauvain se présente comme un cahier de 10 pages et 40 dessins qui sont disposés de manière régulière. Il y a quatre images par page et chaque vignette est accompagnée du texte de Raoul le Petit, qui fonctionne comme un récitatif. Il n'y a aucun phylactère mais on trouve tout de même quelques incrustations de textes dans les images.



"Nota Bene", un autre forum sympathique, a également dédié une page au Dit de Fauvin. On y trouve quelques explications de Lydia (qui m'ont été fort utiles) ainsi que le texte entier traduit en français moderne. Cela se trouve ici :

http://notabene.forumactif.com/litterature-medievale-f60/le-roman-de-fauvel-gervais-du-bus-t7534.htm

Voilà, vous avez toutes les pièces en main ! A vous de juger !  Very Happy



Dernière édition par Raymond le Sam 21 Mai - 18:17, édité 3 fois


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75 Re: Bandes dessinées médiévales le Lun 18 Oct - 13:25

Treblig


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Raymond a écrit:
Oui certes mais ... s'il y a peu de remarques, c'est peut être que certains d'entre vous font de la résistance. Smile

Absolument, Raymond. Smile

Mais ce n'est pas parce que je ne partage pas ton avis sur ce point que cela m'empêche de respecter et de souligner la qualité de tes messages. pouce

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