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La pléthore d'albums

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1 Re: La pléthore d'albums le Jeu 19 Aoû - 16:27

JYB


vieux sage
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Je ne sais pas où mettre ce post ; j'ai cherché un peu du côté des séries de Jacques Martin, où il était question il y a quelque temps des reprises de Lefranc et d'Alix avec plusieurs équipes d'auteurs pour sortir des albums à un rythme rapide.
Voici donc ce que j'ai retrouvé sur le forum Aéroplanète, révélé en mars 2008 (mais en 2010, le laïus est - hélas - toujours valable...). C'est un texte de moi-même, avec quelques petites réflexions/questions. Je fais donc un copié/collé de mon propre texte :
"La revue spécialisée DBD a publié un numéro spécial durant le dernier Salon du livre qui vient d'avoir lieu à la porte de Versailles à Paris. Ce numéro d'ailleurs gratuit traite de divers problèmes du milieu de la BD, de l'autoédition et des petites structures et en particulier de la difficulté des éditeurs, diffuseurs, auteurs, libraires... à s'en sortir actuellement.
Il est dit à un endroit qu'à cause de l'impatience des lecteurs qui ne peuvent attendre un an ou plus la suite des aventures de leurs héros favoris et réclament des sorties moins espacées, les éditeurs multiplient les publications, mettent plusieurs auteurs différents à créer des histoires d'une même série, créent des "spin off" (séries parallèles avec les mêmes héros, comme des "Jeunesses de", etc.). Du coup, il y a surproduction d'albums... et c'est ce que tout le monde déplore dans le milieu. Il y a un emballement, les diffuseurs réclament plus d'albums pour faire tourner leur boutique, mais c'est uniquement une question de gros sous et de rentabilité, d'où une surenchère, à qui sortira le plus de titres... pour répondre à la demande des diffuseurs et pas forcément des lecteurs, etc.
Dans ce numéro, tous les éditeurs affirment qu'ils sont conscients du problème et chacun promet de se calmer... On va voir... Il est certain que les libraires sont surchargés, n'ont pas le temps de lire les albums pour pouvoir conseiller leurs clients, n'ont même tout simplement plus de place sur leurs rayons, la production est telle que les lecteurs ne peuvent proportionnellemnet acheter qu'un minimum de titres, d'où des ventes médiocres dans beaucoup de cas, etc. Le monde de la BD marche sur la tête, d'autant qu'un éditeur nous apprend qu'il a pilonné un nombre énorme d'albums (400 000 !!) qu'il n'arrivait pas à vendre..."

2 Re: La pléthore d'albums le Jeu 19 Aoû - 20:32

Raymond

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Admin
Ce sont de bonnes remarques, qui concernent le problème de la pléthore d'albums. Je te propose d'en faire un sujet à part, car il y a pas mal à dire là-dessus.


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3 Re: La pléthore d'albums le Jeu 19 Aoû - 21:33

JYB


vieux sage
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Je te laisse déplacer le sujet là où il faut.

4 Re: La pléthore d'albums le Jeu 19 Aoû - 23:53

Raymond

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Admin
JYB a écrit: (...)
Il est dit à un endroit qu'à cause de l'impatience des lecteurs qui ne peuvent attendre un an ou plus la suite des aventures de leurs héros favoris et réclament des sorties moins espacées, les éditeurs multiplient les publications, mettent plusieurs auteurs différents à créer des histoires d'une même série, créent des "spin off" (séries parallèles avec les mêmes héros, comme des "Jeunesses de", etc.). Du coup, il y a surproduction d'albums... et c'est ce que tout le monde déplore dans le milieu.
Cette impatience des lecteurs a toujours existé, il me semble. A l'époque des journaux hebdomadaires (Tintin, Spirou ...), les grandes BD à succès étaient rares et on n'avait donc pas le choix. Il fallait attendre la suite.

C'est plutôt l'abondance de séries concurrentes (qui souvent se ressemblent) qui permet aux lecteurs de se tourner vers les séries produites rapidement. Cette "pression" n'est pas une cause, mais plutôt une conséquence de la pléthore.

JYB a écrit:Il y a un emballement, les diffuseurs réclament plus d'albums pour faire tourner leur boutique, mais c'est uniquement une question de gros sous et de rentabilité, d'où une surenchère, à qui sortira le plus de titres... pour répondre à la demande des diffuseurs et pas forcément des lecteurs, etc.
Mais qui sont ces diffuseurs responsables de la surproduction ? Serait-ce la FNAC ou une structure de ce genre. Je comprends mal cet argument. Ne serait-ce pas plutôt la concurrence que se livrent les éditeurs qui provoque la surproduction.

JYB a écrit:Dans ce numéro, tous les éditeurs affirment qu'ils sont conscients du problème et chacun promet de se calmer... On va voir... Il est certain que les libraires sont surchargés, n'ont pas le temps de lire les albums pour pouvoir conseiller leurs clients, n'ont même tout simplement plus de place sur leurs rayons, la production est telle que les lecteurs ne peuvent proportionnellemnet acheter qu'un minimum de titres, d'où des ventes médiocres dans beaucoup de cas, etc. Le monde de la BD marche sur la tête, d'autant qu'un éditeur nous apprend qu'il a pilonné un nombre énorme d'albums (400 000 !!) qu'il n'arrivait pas à vendre..."
Les libraires sont non seulement surchargés, mais ils ne peuvent en plus pas jouer un rôle. Il n'ont plus de place dans leurs rayons et un album peu connu (et peu vendu) ne reste parfois que deux ou trois semaines en exposition avant d'être renvoyé à l'éditeur ... et d'être pillonné.

Quant au lecteur, il est clair qu'il va acheter au mieux quelques dizaines d'albums par an (c'est déjà pas mal Very Happy ). Ce n'est pas lui qui souhaite la sortie de 4000 nouveautés par an.

Je pense que les vrais responsables de la surproduction sont les éditeurs.


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5 Re: La pléthore d'albums le Ven 20 Aoû - 0:51

JYB


vieux sage
vieux sage
Vaste sujet et vaste problème. Un membre du forum, Bruno je crois, est lui-même libraire et pourrait dire un mot à ce sujet, s'il nous lit.
Juste une chose : le diffuseur est la société, intermédiaire entre l'éditeur et les points de vente, qui est chargée de présenter les ouvrages à paraître aux différents réseaux de librairies, aux librairies spécialisées BD, aux librairies indépendantes, etc. La Fnac n'est qu'un libraire (via son rayon BD) parmi d'autres ; à ce titre, elle est démarchée, comme toutes les autres librairies, par les commerciaux du diffuseur ; ces commerciaux se baladent dans les régions (si "balader" était le terme approprié, car ils ont du boulot à battre la campagne dans tous les sens, et à dormir chaque soir dans un hôtel différent). A chaque commercial sa région ; en général, en France, il y a une douzaine ou une quinzaine de commerciaux par diffuseur, et un commercial par région. Ces commerciaux ont derrière eux la pression de leur patron (le diffuseur) qui lui-même est chargé par l'éditeur de mettre en valeur les produits qui viennent d'être mis sur le marché ; quand un nouveau titre d'une série très connue va sortir, l'éditeur (en général un gros éditeur) et son diffuseur (en général un gros diffuseur) écrasent tout comme un rouleau compresseur, car il faut vendre au maximum. Evidemment, le travail des commerciaux est facilité quand une série est ultra-connue et vend beaucoup à chaque nouveauté depuis des années. Exemple : quand un Titeuf sort, pas la peine de convaincre les responsables des rayons BD ; ils sont convaincus d'avance que ça va rapporter... D'où les piles énormes de certains titres, les "têtes de gondoles", les présentoirs à plusieurs étages, etc. (et, par parenthèses, quand le malheureux JYB arrive là-dessus avec ses malheureuses séries Missions Kimono ou Allan Mac Bride, le librairie répond au commercial du diffuseur de JYB : "Désolé, il n'y a plus de place en rayon..."). C'est déjà un aspect des choses, mais il y a d'autres aspects bien sûr. En tout cas, on n'est plus du tout dans le domaine artistique (ces éditeurs et ces diffuseurs vendraient tout aussi bien des boîtes de petits pois ou des lots de parapluies), on n'est plus du tout dans les discussions habituelles et bon enfant du forum Lefranc où l'un se demande si tel dessin de Jacques Martin a été fait en 1955 ou en 1956, où l'autre montre un inédit de Machin fait sur un coin de serviette ; ce dont je parle, c'est de guerre commerciale. Et quand il y a un filon, on l'exploite à fond, jusqu'à la corde. D'où le discours de la revue DBD citée plus haut. Et d'où l'absence de considération des lecteurs : les lecteurs veulent du Lefranc ? Eh bien on va en leur donner ! Quelque soit le contenu, peu importe, puisqu'on sait à l'avance que ça va se vendre très bien, les yeux fermés si j'ose dire, juste parce qu'il y a le nom "Lefranc" sur la couverture. Les lecteurs veulent du XIII ? Eh bien allons-y ! Pareil pour Blake et Mortimer, Alix, Lucky Luke, Blueberry, etc. je ne vais pas reproduire ici la liste. Je raconte des salades ? Eh bien reportez-vous au numéro de DBD cité plus haut et dont j'ai résumé le contenu dans le premier post...

6 Re: La pléthore d'albums le Ven 20 Aoû - 9:53

Raymond

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Admin
Je n'ai pas ce numéro spécial du DBD, donc il m'est difficile de te répondre là-dessus.

Il me semble tout de même que ces mystérieux diffuseurs représentent une excuse bien hypocrite. Ce n'est pas eux qui ont intérêt à multiplier le nombre de nouveautés et à gagner des parts de marché. Je les vois plutôt comme des intermédiaires que les éditeurs doivent attirer dans leur propre camp.


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7 Re: La pléthore d'albums le Ven 20 Aoû - 10:47

JYB


vieux sage
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Raymond a écrit:Il me semble tout de même que ces mystérieux diffuseurs
Mystérieux pour toi...! Mais pas pour les gens de la profession. Je ne le ferai pas parce que je n'ai pas le temps et parce qu'un éditeur ne se fâche jamais avec un diffuseur (c'est le partenaire obligé), mais il y a de quoi écrire un livre, là aussi, sur le rôle d'un diffuseur et sur les liens entre édition et diffusion.

Raymond a écrit:représentent une excuse bien hypocrite. Ce n'est pas eux qui ont intérêt à multiplier le nombre de nouveautés et à gagner des parts de marché.
Ben justement si ! Plus le diffuseur place de titres auprès des libraires, plus il gagne de fric, puisqu'il touche un pourcentage... Donc, dans le seul domaine des reprises de personnages célèbres par exemple, plus il place d'Alix, de Lefranc, de Blake & Mortimer, d'Astérix, de Blueberry, etc. (la liste est longue), mieux c'est pour lui. Quelque soit le contenu de ces BD ; un diffuseur s'en fiche complètement si c'est bien ou mauvais, du moment que ça vende, et du moment que - surtout - les lecteurs n'y voient que du bleu et continuent d'acheter par habitude, par nostalgie, sans se rendre compte qu'on ne leur soumet que des ersatz des séries d'antan, et en particulier qu'on multiplie les équipes d'auteurs pour sortir de plus en plus de titres des séries qui rapportent. C'est entre autres ce que dit DBD cité plus haut (ne venez pas dire que ce n'est que moi qui le dis parce que je serais mal luné aujourd'hui ; je sais ça depuis très longtemps ; quand on observe ce qui se passe en prenant un peu de recul, c'est ce qu'on constate, et c'est ce que rapporte DBD...).

Raymond a écrit:Je les vois plutôt comme des intermédiaires que les éditeurs doivent attirer dans leur propre camp.
Selon mon expérience, je crois pouvoir dire que ce sont des décideurs, au même titre, et même souvent davantage que les éditeurs. Ce sont souvent les diffuseurs (ou leurs commerciaux) qui donnent leur avis sur un projet, sur un nouveau personnage, etc. Même si une BD est bonne (artistiquement parlant), mais si le diffuseur de ladite BD ne la sent pas, tu peux t'accrocher pour essayer de la vendre en librairie... Une fois qu'une série est lancée et rapporte du fric, là, oui, le diffuseur ne cherche pas à comprendre et met en place, sachant que ça va partir et rapporter automatiquement des royalties. C'est tout, c'est simple.
Quand une opération ponctuelle se prépare pour la sortie de tel titre d'une série fameuse, ça se fait nécessairement en concertation avec le diffuseur, qui donne son avis, un avis de commercial et de professionnel du marketing.
J'ai souvent dit ici que vous, en tant que lecteurs, vous avez une vision idéalisée du métier de la BD (et encore je ne parle que de la BD, mais dans le commerce en général, c'est à peu près partout pareil, d'ailleurs). Mais il faut aller au-delà du sympathique dessinateur qui fait ses petits dessins dans son coin, et aller voir dans les arrière-cuisines comment ça se passe. Je ne dis pas que ce qui s'y passe est moche ou peu ragoûtant, je dis juste que c'est tout autre chose qui n'a rien à voir avec l'aspect artistique du métier ; c'est du commerce et de la guerre commerciale, avec tout ce que ça implique de stratégies, de tensions, d'éventuels coups bas, de discussions "de marchands de tapis", de pressions parfois phénoménales dont vous n'avez pas idée, etc. Et cet aspect commercial est important car tout le monde se tient : les auteurs ont besoin des éditeurs, les éditeurs ont besoin des diffuseurs, les diffuseurs ont besoin des libraires... Si tu enlèves une pièce du puzzle, ou si tu n'en tiens pas compte, tout s'écroule.



Dernière édition par JYB le Ven 20 Aoû - 11:09, édité 1 fois

8 Re: La pléthore d'albums le Ven 20 Aoû - 11:08

Michel Jacquemart

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bédéphile pointu
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Un livre est un produit, tout comme un film ou tout autre type d'oeuvre : album de musique, jeu...
Cette logique commerciale n'est pas nouvelle, elle est de tout temps, elle est inscrite dans la structure de nos sociétés depuis le Révolution Néolithique !

Je ne trouve pas cette logique dérangeante (sinon, je n'aurais pas travaillé dans la publicité)...

Je préférerais nettement avoir à faire à un éditeur qui suive cette logique commerciale et donne à ses lecteurs les histoires qu'ils réclament, plutôt que d'avoir à faire à des gens qui procèdent pas copinage, au risque de couler des séries classiques, contre toute logique commerciale...



Dernière édition par Michel Jacquemart le Ven 20 Aoû - 11:20, édité 1 fois

9 Re: La pléthore d'albums le Ven 20 Aoû - 11:17

JYB


vieux sage
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Michel Jacquemart a écrit:Un livre est un produit, (...) Cette logique commerciale n'est pas nouvelle, (...)
Je ne trouve pas cette logique dérangeante (sinon, je n'aurais pas travaillé dans la publicité)...
Comme je l'ai dit plus haut, tout le monde se tient ; il n'y a pas lieu de critiquer la situation et à chacun son métier : les artistes créent, les éditeurs éditent, les commerciaux commercialisent, les libraires vendent... (et les imprimeurs impriment, etc.).

10 Re: La pléthore d'albums le Dim 22 Aoû - 12:20

Totoche Tannenen

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grand maître
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... et les lecteurs lisent.

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11 Re: La pléthore d'albums le Dim 22 Aoû - 12:33

JYB


vieux sage
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Oui, aussi, mais c'est pas un métier... Cool

12 Re: La pléthore d'albums le Dim 22 Aoû - 15:13

Totoche Tannenen

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grand maître
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Le nombre de nouveautés augmente, mais le nombre d'auteurs qui essaient de gagner leur croûte (ou au moins une partie) en faisant ce métier aussi. Finalement, n'est-ce pas eux les premiers "responsables" ?
Je suppose que tous ces auteurs préfèrent être publiés par un éditeur "cupide" ;-) , quitte à alimenter eux aussi cette avalanche de nouveautés, que de se voir refuser leurs projets, non ?

L'élevage en batterie nuit-il aux petits producteurs ? Je ne sais pas.
Mais tout le monde a le droit de bouffer ce qu'il veut et ce qu'il peut, non ?

Peut-on vraiment en vouloir à un supermarché comme la Fnac de privilégier les "produits" qui se vendent le plus facilement ? Ce ne sont pas des libraires spécialisés.

C'est vrai qu'il y a un problème de visibilité chez les libraires, mais même si les livres étaient mieux exposés et plus longtemps, je ne pourrais pas suivre toutes ces sorties.
J'ai bien essayé à un moment de suivre plus ou moins le rythme mais j'ai fini par renoncer, non pas pour finir ruiné mais parce que je n'avais même plus le temps de lire ce que j'achetais ! Je ne parle même pas du problème de place...
Je me fais désormais violence pour ne pas acheter tout ce dont j'ai envie... C'est parfois difficile... Heureusement, la médiathèque vient d'ouvrir en bas de chez moi : même moi qui essaie de suivre l'actualité des sorties, je découvre même des livres dont j'ignorais l'existence, c'est dire si je suis dépassé !

Maintenant, tant mieux s'il existe un public plus vaste pour tout ce que je n'achète pas et qui permet à tous ces auteurs de vivre. Parmi ces amateurs de BD "industrielles" (il y en a de fort bien faites), il y a bien quelques lecteurs qui finiront par être intéressés tôt ou tard par le Neuvième Art.

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13 Re: La pléthore d'albums le Dim 22 Aoû - 15:28

Raymond

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Admin
Totoche Tannenen a écrit:J'ai bien essayé à un moment de suivre plus ou moins le rythme mais j'ai fini par renoncer, non pas pour finir ruiné mais parce que je n'avais même plus le temps de lire ce que j'achetais ! Je ne parle même pas du problème de place...
Je me fais désormais violence pour ne pas acheter tout ce dont j'ai envie... C'est parfois difficile... Heureusement, la médiathèque vient d'ouvrir en bas de chez moi : même moi qui essaie de suivre l'actualité des sorties, je découvre même des livres dont j'ignorais l'existence, c'est dire si je suis dépassé !
J'en suis au même stade. Financièrement, je pourrais peut être suivre (quoique je devrais durement négocier cela avec mon épouse Smile ) mais le vrai problème serait d'arriver à lire ce que j'achète. Lire ne serait-ce qu'un album par jour, c'est déjà énorme (on prend très vite du retard) et au bout du compte, cela ne représenterait que le dixième des nouveautés qui sortent chaque année. Rolling Eyes

Conclusion, aucun critique ne peut suivre de façon large la production actuelle. La plupart des nouveautés sont condamnées à passer inaperçues. Elles le seront bien sûr d'autant plus qu'elles ne restent pas longtemps dans les rayons.


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14 Re: La pléthore d'albums le Dim 22 Aoû - 15:56

JYB


vieux sage
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Totoche Tannenen a écrit:Le nombre de nouveautés augmente, mais le nombre d'auteurs qui essaient de gagner leur croûte (ou au moins une partie) en faisant ce métier aussi. Finalement, n'est-ce pas eux les premiers "responsables" ? Je suppose que tous ces auteurs préfèrent être publiés par un éditeur "cupide" ;-) , quitte à alimenter eux aussi cette avalanche de nouveautés, que de se voir refuser leurs projets, non ?
Eh oui, bonne et grave question, Totoche...
A laquelle j'ai une réponse (évidemment). Et au cas où l'on me tombe dessus en disant que je me trompe ou que je divague, je vais faire parler Greg (vous voyez qui c'est ? Il connaissait "un peu" le monde de la BD, "un peu" le métier d'auteur, "un peu" le métier de responsable de journaux, et il a fréquenté "un peu" le monde de l'édition...). Ce qu'il a dit, je le pense aussi ; il l'a dit dans une interview il y a une dizaine d'années, quelques années avant de décéder, mais c'est toujours valable : "80% des BD qui sont publiées n'auraient pas dû l'être". Tout simplement...
Si on supprime 80% de ce qui sort, ça va faire du ménage ! Y compris chez vous...
Et pourquoi 80% de la production BD n'auraient pas dû être édités ? Quels auteurs publier et sur quels critères en laisser d'autres sur le carreau ? Autres vastes questions, auxquelles je ne répondrai pas ici - bien que j'aie des réponses, évidemment (bis), mais je préfère les garder pour moi...

Totoche Tannenen a écrit:Peut-on vraiment en vouloir à un supermarché comme la Fnac de privilégier les "produits" qui se vendent le plus facilement ? Ce ne sont pas des libraires spécialisés.
Oui, n'importe quel libraire est confronté à un problème de place et de longueur de rayonnages... Ce ne sont pas des étagères télescopiques et on ne peut pas repousser les murs. Je crois qu'en Belgique, il y a une super-librairie qui s'appelle BD World, sur plusieurs étages, non ? Mais on ne va pas construire la même chose un peu partout en France.

15 Re: La pléthore d'albums le Lun 23 Aoû - 12:35

Totoche Tannenen

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grand maître
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"80 %" ?
Il parlait de ses bouquins à lui ou quoi ??? Arf Arf ! (les smileys ne fonctionnent plus chez moi, ni les autres fonctions html)

Facile de dire "c'est pas moi c'est l'autre" ! surtout pour le prolifique Greg (que j'admire soit dit en passant)!
Tous les "Achille Talon" méritaient-il d'être édités en album ? Bonne question... à laquelle je me garderai bien de répondre !

Cela me rappelle que Christian Godard -autre admirateur de Greg- m'expliquait récemment (eh oui, pendant une séance de dédicace !) qu'il ne tenait pas -et n'avait jamais tenu- à ce que les nombreux épisodes de Norbert et Kari dessinés pour Pilote et restés inédits soient édités en album, les jugeant trop "faibles"...



Les éditeurs ont dû prendre conscience du problème de sous et de place puisquils se lancent, un peu tard pour moi, dans ces intégrales de petit format.

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16 Re: La pléthore d'albums le Lun 23 Aoû - 13:12

JYB


vieux sage
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Totoche Tannenen a écrit:"80 %" ? (...)
Facile de dire "c'est pas moi c'est l'autre" !
Eh oui, c'est là le problème (ou du moins, l'un des problèmes principaux). Chacun (auteur, éditeur...) est sûr que ce qu'il fait est bien, et que la plupart des BD que font les autres auteurs et les autres éditeurs est moyen ou carrément mauvais. C'est classique, et c'est comme ça depuis toujours, depuis que l'homme est l'homme...
Donc : quelle est la solution ? On ne touche à rien et on laisse faire...? Tout auteur a le droit d'avoir son album, de même que, selon Andy Warhol, chacun aura droit un jour à son quart d'heure de célébrité ?

17 Re: La pléthore d'albums le Lun 23 Aoû - 14:03

Totoche Tannenen

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grand maître
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Je pense que ça va se réguler tout seul. Si le lectorat s'agrandit et suit, pourquoi pas ? : regarde les "parts de marché" gagnées grâce aux mangas. Sinon, il y aura des morts, c'est sûr.
Les lecteurs de Bamboo ne sont certainement pas les mêmes que ceux de Cornélius, si ? D'ailleurs on ne trouve pas Cornélius à Auchan, ni Bamboo chez mon libraire préféré (ou bien planqué).

Je répète que je pense que ce n'est plus un problème d'art mais d'économie, et qu'il y aura toujours des artistes qui auront quelque chose à dire et à raconter et des éditeurs qui créeront des BD par passion, même si c'est sur leurs heures de repos et "à perte".
Il y aura toujours des livres intéressants qui se vendront "mal"...
Je ne suis pas sûr qu'en diminuant le nombre de "BD alimentaires", l'on vendra mieux les "livres d'auteur" ou "de qualité" !
D'ailleurs, même en me limitant à mes "auteurs-phares" comme Schuiten, Juillard, Moebius, Dupuy-Berberian, etc..., c'est impossible de suivre !

Et puis il faut bien aussi des locomotives comme Titeuf ou Largo Winch pour tirer le train...

Maintenant est-ce que tout le monde pourra en vivre ? Certainement pas (ça a d'ailleurs toujours été le cas, non ?).
Mais je pense que le problème est le même pour tous les artistes, qu'ils soient peintres, écrivains, photographes, acteurs ou réalisateurs ...
Si c'est pour gagner du pognon que les jeunes font des "écoles de BD", il faudrait mieux qu'ils s'orientent vers une autre carrière : banquier, trader, dealer, radiologue... je ne sais pas, ça ne manque pas !

Je sais bien que je ne vais pas faire plaisir à tout le monde.

Pour moi, le problème est dû au fait que de plus en plus de gens veulent gagner de plus en plus d'argent avec la bande dessinée. J'ai l'impression d'enfoncer une porte ouverte...

Enfin, ce n'est que mon point de vue de lecteur (dont je ne suis par ailleurs certainement même pas représentatif de la majorité) !

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18 Re: La pléthore d'albums le Lun 23 Aoû - 14:15

Raymond

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Admin
Effectivement, c'est la course au profit qui entraîne la pléthore de livres, de même que l'importance disproportionnée que prennent certains intermédiaires (comme les diffuseurs).

A remarquer qu'il existe des stratégies éditoriales différentes de celles de Glénat ou Soleil, qui cherchent délibérément à remplir les rayons d'un magasin avec leurs titres. Plutôt que d'envoyer de grosses piles de nouveautés avec l'espoir qu'une ou deux de ses séries feront de grosses ventes, il y a la manière de faire de l'Association. Ceux-ci n'envoient que 1 ou 2 exemplaires de chaque nouveauté, et ils attendent de nouvelles commandes (synonymes de livres vendus) avant de faire un tirage plus grand de leurs albums. C'est une attitude moins mercantile qui cherche avant tout à satisfaire un public ciblé, et l'abondance de titres n'entraîne pas un excès de livres qui finissent au pilon.


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19 Re: La pléthore d'albums le Lun 23 Aoû - 14:36

JYB


vieux sage
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Totoche Tannenen a écrit:Je pense que ça va se réguler tout seul.
Ca fait 30 ans que j'entends ce discours (30 ans parce qu'avant, je ne m'intéressais pas vraiment à la BD, sinon comme simple lecteur, mais ça remonte peut-être à plus loin dans le temps) ; je me souviens que JM Charlier a dit dans une interview (il y a une trentaine d'années, donc) : "Il va y avoir de toute façon un grand balayage" (sous-entendu : dans le milieu de la BD). Mais ça ne se régule toujours pas et il n'y a toujours pas eu de balayage : chaque année, mon ami Gilles Ratier publie ses statistiques quasi officielles sur les sorties des albums, et il en sort de plus en plus. Je crois me souvenir qu'il a écrit dans son dernier bilan (fin 2009 ou début 2010) qu'il y a même davantage de petites structures (comme la mienne, d'ailleurs, au détail près que je l'ai créée il y a 10 ans maintenant). Il faudra attendre le prochain bilan statistique de Gilles pour savoir précisément comment se sera déroulée cette année 2010 et pour démêler l'écheveau.

20 Re: La pléthore d'albums le Lun 23 Aoû - 15:37

Totoche Tannenen

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Cela me fait sourire aussi, quand en relisant d'anciens articles de Spirou ou de Schtroumpf d'il y a 30 ans, on parlait déjà de surproduction alors que les grandes maisons ne sortaient que 3 ou 4 titres (c'est un exemple, je n'ai pas les chiffres sous les yeux) par mois !

Mais finalement, TRENTE ANS !!! PLUS TARD, quand on voit le nombre d'albums produits depuis, quand on voit le nombre de sorties mensuelles, quand on voit que ces maisons d'éditions existent pour la plupart toujours, même s'il y a eu des regroupements et que d'autres sont même apparues (Soleil, Bamboo, Tonkam, L'Association, Cornelius, JYB-aventures, etc...), force est de constater que ces oiseaux de mauvais augure avait tort !!!

Par définition, il y a surproduction s'il y a plus d'offre que de demande, or si tous ces gens subsistent c'est que pour le moment, ça tient financièrement, non ?
Après, personne n'est à l'abri d'une crise financière ou pétrolière, comme dans toutes les autres industries. Mais même dans ce cas, est_ce que les "gros" ne morfleront pas plus que les "petits" ?

Une autre chose, qui pourrait se retourner contre les libraires-en-vrai : c'est Amazon et consort.
Chez eux : pas de manque de place, on pourrait y trouver tout ce qu'on y cherche, de Titeuf à Missions Kimono...
à moins que les éditeurs ne réservent leurs livres aux libraires qui les défendent (mais j'ai vérifié, les livres de L'Association par exemple, certains au moins, y figurent).

J'ai essayé d'encourager mon libraire préféré, qui me faisait part d'une désertification inquiétante de sa librairie ces derniers temps, à se lancer dans la vente en ligne (pourquoi pas avec leurs fameux ex libris ? -pour la collectionnite Smile - ), sans succès pour l'instant... J'ai peur pour eux... Tiendront-ils encore trente ans ?


Plutôt que le chiffre des tirages officiels fournis par les éditeurs (qui les vérifie, d'ailleurs ?) ne faudrait-il pas mieux avoir celui des ventes nettes par les libraires ?



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21 Re: La pléthore d'albums le Lun 23 Aoû - 16:05

JYB


vieux sage
vieux sage
Totoche Tannenen a écrit:d'autres sont même apparues (Soleil, Bamboo, Tonkam, L'Association, Cornelius, JYB-aventures, etc...)
Ne mets pas dans le même sac Soleil et JYB-Aventures... Deux poids (un gros et un tout petit), deux mesures...
Quant au reste, tu as raison dans l'ensemble, mais laissons parler d'autres intervenants, je n'ai plus le temps ; faut que je bosse, quand même...

22 Re: La pléthore d'albums le Lun 23 Aoû - 16:07

Damned

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grand maître
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Il est une chose qui peut faire penser à une pléthore d'album, c'est qu'à part les collectionneurs de BDs, nous avons tous un genre ou un thème préféré (pour moi l'aviation) où l'on ne trouve pas assez de BDs dans le style qu'on aimerait alors qu'il y a de nombreuses séries sur le thème.
Quand on ne trouve pas son bonheur, on considère que tout le reste prend la place de ce qu'on aimerait voir, et on regarde cette pléthore de productions d'un oeil des plus négatifs .
C'est mon cas, et je reconnais que ce raisonnement a quelque chose de simpliste (ou raccourci), mais je ne dois pas être le seul à avoir cet état d'esprit, ou alors je suis le seul à ..... oser l'avouer .....

Il me faut avouer aussi, qu'à part mes séries de prédilection, je marque (à tort peut être) un certain dédain pour tout le reste, qui à mes yeux "encombre" les rayons des libraires....

Raymond Damned

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23 Re: La pléthore d'albums le Lun 23 Aoû - 16:53

Totoche Tannenen

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grand maître
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Oui, il y a plusieurs "manière" d'apprécier la BD.
Je crois que cete hyperproduction (le terme me semble plus juste que surproduction) a surtout produit des "niches" de lecteurs, à moins que ce ne soit l'inverse.
Auparavant, ces niches se résumaient en gros aux lectorats de Tintin, Spirou, Mickey, Pif et des PF, me semble-t-il. On lisait de tout dans ces magazines, aussi bien Michel Tanguy que La Famille Fenouillard...

Même si je suis "Spirou", j'essaie pour ma part de varier mes lectures et de ne pas me cantonner à un genre quitte à me forcer. J'avoue que je reste de marbre devant certaines séries de genre (toute cette mode ésotérique, notamment est "incompréhensible" pour moi).
Spirou était une très bonne école pour cela.

Je ne dirai jamais assez quel bonheur j'ai d'être surpris par une BD "sortie de nulle part" !

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24 Re: La pléthore d'albums le Mar 24 Aoû - 11:36

JYB


vieux sage
vieux sage
Autre sujet de réflexion sur le présent thème.
"Autrefois", il y avait pléthore de revues et de magazines publiant des BD. Enormément d'auteurs pouvaient être présents dans les pages de ces supports. Une édition en album n'était pas systématique et proportionnellement rare (par rapport au nombre de BD publiées dans ces journaux). La qualité, avouons-le, était variable, mais il semble que pas mal de scénaristes et de dessinateurs pouvaient trouver chaussures à leurs pied (j'entends : un publicateur), que ce soit dans les PF, dans Coq Hardi ou Formule 1 (je cite deux noms au hasard, je ne vais pas dresser toute la liste en dehors des célèbres Tintin, Spirou, Pilote, Vaillant/Pif...).
Aujourd'hui, il n'y a presque plus de journaux (proportionnellement à "autrefois"). Aussi, tout le monde (auteurs, éditeurs...) vise l'album. Parce que c'est valorisant aux yeux des auteurs, et parce que, aux yeux de l'éditeur, c'est une possibilité de faire entrer de l'argent dans les caisses - si ça se vend bien sûr, et c'est là l'un des problèmes du moment.
Si beaucoup de BD pouvaient être publiées autrefois dans les revues, peut-on pareillement éditer aujourd'hui beaucoup d'albums ? Mais une telle question n'est pas simple, et la réponse mériterait un long développement en abordant de multiples aspects...
Tout ça pour en revenir à la réflexion de Greg citée plus haut : si, aujourd'hui, 80% des albums de BD n'auraient pas dû être édités, ça veut dire que seuls 20% le méritaient ; or, "autrefois", n'est-ce pas une proportion encore plus petite des BD qui était éditée en albums ?

25 Re: La pléthore d'albums le Mar 24 Aoû - 14:35

Totoche Tannenen

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grand maître
grand maître
Mais justement JYB, le raisonnement de Greg ne tient que s'il y a ENCORE des magazines : je pense qu'il voulait dire que 80% de ces histoires auraient dû rester à l'état de publication en magazine.
Effectivement, si tu ne publies aujourd'hui que 20 % de ce qu'il y a dans ces rares magazines, il ne va plus rester grand chose et Raymond pourra ouvrir un sujet sue la SOUS-PRODUCTION d'albums ! Very Happy

Si tu supprimes les histoires en albums tu supprimes aussi les auteurs puisque ceux-ci n'ont plus de support (à part internet cela dit).

Une question : qui va décider que tel ou telle histoire ne mérite pas d'album à part le service marketing ?
Un exemple : à l'époque, Dupuis n'a pas jugé "utile" (sauf erreur de ma part) d'éditer les -pourtant très bonnes à mon goût- aventures de Quentin Foloiseau en albums. Peut-on dire que l'éditeur (je ne me souviens plus de son nom siffle ) qui l'a fait plus tard a eu tort de le faire en participant à la surproduction d'histoires probablement
jugées alors par certains "médiocres" ?



Dernière édition par Totoche Tannenen le Mar 24 Aoû - 14:54, édité 1 fois

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