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Les héros de BD doivent-ils vieillir ?

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Quels personnages devraient vieillir aux cours de leurs aventures ? (plusieurs réponses possibles)

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Raymond

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JYB a écrit:
Raymond a écrit:
C'est une des raisons pour laquelle j'apprécie peu les héros qui ne vieillissent pas, alors qu'ils évoluent dans un monde supposé être réaliste. Il n'y a rien de plus invraisemblable !
??? Donc tu n'apprécies pas Alix, Lefranc, etc...?
D'un autre côté, si tous les scénaristes appliquaient le principe du vieillissement du héros, on aurait des tas de séries relativement courtes (chaque héros vieillissant et finissant par mourir ; Ric Hochet n'aurait jamais eu 77 épisodes, Buck Danny 52, et il n'y aurait jamais eu je ne sais pas combien de Michel Vaillant, Lucky Luke, etc). Ca deviendrait vite convenu, monotone...
Je pense qu'il vaut mieux discuter cette question dans un sujet qui lui est propre. Je l'ouvre sur le champ. Wink



Dernière édition par Raymond le Sam 19 Juin - 10:14, édité 3 fois


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Raymond

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Il est tard et il est l'heure d'aller se coucher. Je vais donc essayer de résumer. On pourra toujours développer après. Smile

Il me semble tout d'abord que la nécessité de faire vieillir son héros dépend beaucoup de la manière avec laquelle l'auteur a construit son univers. Dans une BD comique (ou caricaturale) comme Spirou ou Tintin, il n'y a pas une grande volonté de réalisme chez l'auteur et le héros évolue dans un univers propre. Il n'y a pas de nécessité de faire vieillir un personnage qui vit dans un univers imaginaire.

Pour les séries de type réaliste, la nécessité de respecter la vraisemblance me semble plus grande. Pour un personnage célibataire (comme Lefranc ou Bob Morane) qui vit des aventures à travers le monde, sans qu'il y ait de véritable continuité des récits entre eux, on peut encore admettre une relative élasticité du temps. On peut ainsi concevoir que l'ensemble d'une telle série se déroule pendant une période de 30 à 40 ans (maximum), sans que cela entraîne de contradictions. Cela devient plus problématique pour une série comme Michel Vaillant qui s'inscrit dès le départ avec précision dans une époque et dans un milieu. Vaillant a une famille qui l'entoure, et il rencontre des personnages réels qui appartiennent à l'histoire. Cela a été des grandes forces de cette série au départ. La BD gagnait un grand réalisme du fait que le héros mûrissait, se mariait et qu'il évoluait avec le temps. Par la suite, lors des années 70, son évolution s'est bloquée et il devient de plus en plus irréel au sein d'un monde qui continue de changer. Ses aventures deviennent ainsi de moins en moins crédibles. Elles plaisent certainement encore aux amateurs de courses auto, mais pour ma part, j'y trouve de moins en moins d'intérêt.

Je pense donc qu'il faut faire vieillir le héros d'une BD lorsque la série entretient un rapport étroit avec la réalité de son temps.

Cela ne concerne bien sûr pas toutes les BD. Wink


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Invité


Invité
Ce post aurait pu faire l'objet d'un sondage, en fait.
Je ne me suis jamais posé cette question concernant des séries qui s'étendent sur plusieurs années, voire plusieurs décennies. Parce-qu'alors, si on prend le postulat de faire vieillir son héros, il faut qu'il vieillisse en phase avec son environnement : si on veut être crédible, il ne faut pas le faire à moitié, car c'est encore pire et les pinailleries auxquelles on assiste sur ce forum depuis des semaines seraient légions. Et qui aurait eu envie, ou même l'idée de voir vieillir Tintin, Gaston Lagaffe, Astérix, Blake et Mortimer ou Lefranc ?
C'est inconcevable. Lefranc aurait actuellement près de 80 ans, pour prendre un exemple.
Pour Alix, Jacques Martin avait en partie résolu le problème, bien qu'il ne fasse pas vieillir Alix sur une période d'une vingtaine d'années et ça aussi me paraît tout à fait normal.
Certains héros vieillissent, mais sur une période limitée dans le temps, comme Blueberry et dans un contexte historique et pas contemporain où ça paraît impossible, à moins de créer une série limitée dans le temps.

Raymond

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Je peux encore "éditer" le premier post et y ajouter un sondage. Je vais réfléchir à la meilleure question à poser. Wink


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Raymond

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Admin
Voilà, j'ai lancé le sondage pour divers personnages de BD appartenant au genre réaliste. Ils ont tous une cinquantaine d'années d'existence et ont été repris par de nouveaux dessinateurs.

C'est un questionnaire à choix multiples (vous pouvez cocher plusieurs réponses) !


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Jean-Luc

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grand maître
grand maître
Raymond a écrit:Ils ont tous une cinquantaine d'années d'existence et ont été repris par de nouveaux dessinateurs.

Pas encore pour Ric Hochet !

Pas de reprise en vue pour l'instant.

L'album inachevé par Tibet devrait paraitre tel quel avec un texte racontant la fin de l'histoire.
Y aura t'il des dessins, des croquis en plus ? On n'en sait rien pour l'instant.

Raymond

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Admin
Tu as raison. On ne sait pas encore si Ric Hochet sera repris.

Petits commentaires sur mes réponses !

Alix : OUI. Il garde plus ou moins sa physionomie d'adolescent alors qu'il vit des aventures d'adulte. Il n'y aurait pas besoin de le faire vieillir beaucoup, puisque ses aventures se déroulent dans un intervalle de quelques années, mais il serait logique de le faire mûrir un peu, de même qu'Enak.

Lefranc : OUI. Lui aussi pourrait maintenant avoir des tempes grises, au minimum.

Buck Danny : OUI, d'autant plus que la série vieillit difficilement au point de vue des scénarios. Elle a gardé une belle apparence grâce au dessin de Bergèse, mais on sent dans les derniers albums qu'il devient bien diffficile de lui trouver des aventures crédibles. Cette image d'aviateur américain qui représente le bien et la justice était supportable il y a 50 ans (il y avait une certaine mythologie autour des USA), mais elle est complètement déphasée pour notre époque.

Blake et Mortimer : NON. La question ne se pose pas trop en fait, puisqu'ils continuent à vivre pendant les années 50. Ce choix éditorial donne à la série une certaine cohérence qui manque, par exemple, à Buck Danny.

Michel Vaillant : OUI, et j'en ai déjà parlé. Comment faire croire à ses aventures actuelles alors qu'il a commencé la compétition au temps de Stirling Moss, d'Enzo Ferrari, de Jim Clark puis de Jacky Ickx (ce dernier a maintenant plus de 60 ans). L'inclusion de personnages réels dans la série donnait au départ beaucoup de crédibilité aux histoires, mais cela devient plutôt un handicap aujourd'hui. Logiquement, Michel Vaillant devrait arrêter la compétition et les courses d'auto devraient être laissées à son fils.

Ric Hochet : NON. C'est un personnage qui évolue peu et qui vit surtout dans un monde de fantaisie. Comme il a des liens assez distants avec le réel, cela me gêne peu qu'il ne vieillisse pas.

Voilà pour ces quelques commentaires rapides ! A votre tour ! Very Happy



Dernière édition par Raymond le Dim 20 Juin - 11:46, édité 1 fois


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Invité


Invité
J'ai voté pour aucun d'entre eux pour les raisons que j'ai données plus haut

Treblig


Double prix Nobel
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On a souvent entendu dire que les "héros ne meurent jamais", donc, cela signifie bien qu'on présuppose que le temps n'a pas de prise sur eux.

Jacky-Charles


license ès BD
license ès BD
J'ai voté oui pour Alix, Michel Vaillant et Buck Danny, non pour les autres.

Alix : je crois avoir déjà dit ce que j'en pensais à d'autres occasions ( voire notamment la chronologie ) ; ses aventures courent sur 20 ans environ pour une période historique réelle de 2 ou 3 ans ; dans cette courte période, même si elle est riche en évènements, il ne me semble pas y avoir suffisamment de faits historiques avérés pour servir de support à ses aventures, d'où un fort risque d'anachronismes pour les justifier. Changer de période permettrait aussi une certaine variété dans les récits, avec de nouveaux personnages. Et puis, je le répète, un temps qui court différemment pour les personnages réels et les personnages inventés ne fait pas des récits crédibles au bout du compte.

Michel Vaillant et Buck Danny : mes raisons sont exactement les mêmes que celles de Raymond.

Lefranc : si on maintient ses aventures dans les années 50, comme cela semble se confirmer, il n'est peut-être pas nécessaire de le faire vieillir, et c'est ce qui a déjà été fait pour Blake et Mortimer, ce qui me convient.

Ric Hochet : non, comme dit Raymond, c'est un personnage de fantaisie.

Pierre

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vieux sage
vieux sage
Jacky-Charles a écrit:J'ai voté oui pour Alix, Michel Vaillant et Buck Danny, non pour les autres.

Alix : je crois avoir déjà dit ce que j'en pensais à d'autres occasions ( voire notamment la chronologie ) ; ses aventures courent sur 20 ans environ pour une période historique réelle de 2 ou 3 ans ; dans cette courte période, même si elle est riche en évènements, il ne me semble pas y avoir suffisamment de faits historiques avérés pour servir de support à ses aventures, d'où un fort risque d'anachronismes pour les justifier. Changer de période permettrait aussi une certaine variété dans les récits, avec de nouveaux personnages. Et puis, je le répète, un temps qui court différemment pour les personnages réels et les personnages inventés ne fait pas des récits crédibles au bout du compte.

Michel Vaillant et Buck Danny : mes raisons sont exactement les mêmes que celles de Raymond.

Lefranc : si on maintient ses aventures dans les années 50, comme cela semble se confirmer, il n'est peut-être pas nécessaire de le faire vieillir, et c'est ce qui a déjà été fait pour Blake et Mortimer, ce qui me convient.

Ric Hochet : non, comme dit Raymond, c'est un personnage de fantaisie.

Exactement la même ligne et le même vote

JYB


vieux sage
vieux sage
A mon tour de donner mon point de vue (que j'ai d'ailleurs déjà donné ailleurs sur ce forum, mais allez retrouver ça rapidement, dans le flot des posts et des sujets...).
1) le héros d'une BD a un statut à part. Je dis bien : le héros, et je dis bien : d'une BD ; je veux dire par là que ce n'est pas un être humain ordinaire qu'on rencontre au coin de la rue, et une BD a toujours eu un caractère de fantaisie, comme dit plus haut, même si certaines séries sont très réalistes, ou se veulent très réalistes. Ce statut à part veut que, dans le cadre d'une série, on le retrouve à chaque nouvel épisode, et qu'à chaque fois, il s'en sort victorieux et haut la main. Et à la longue, un peu comme un demi-Dieu, il s'affranchit de certains aléas humains, comme les problèmes de santé (le nombre de coutures sur tout le corps, de fractures réparées partout, de brûlures, etc., que devrait avoir un héros qui en voit de toutes les couleurs au fil de ses aventures...). Dans le même ordre d'idée, s'il échappe à la mort accidentelle, il échappe aussi à la mort naturelle, donc au vieillissement. Comme je l'ai dit ailleurs sur ce forum, c'est un code convenu.
2) en outre, son physique reconnaissable en fait un point de repère pour le lecteur, un point d'ancrage, et parfois un peu comme la lueur d'un phare dans la nuit. Quand un problème arrive dans l'histoire, on sait automatiquement que le héros va intervenir et va sauver tout le monde... Et on peut difficilement ne pas tenir compte de cet automatisme : de façon inconsciente, le lecteur habitué à lire une BD avec un héros, apprécié, défini et physiquement connu, attend que ce soit CE héros qui intervienne, dans le 5e épisode, dans le 10e épisode, dans le 20e épisode, etc.
3) on sait aussi - enfin, je devine et je considère après mon expérience de scénariste - que plus les personnages principaux sont nombreux, plus le lecteur se perd et moins il accroche à l'histoire. Il faut un héros principal, deux maximum. Quand il y en a trois ou plus, c'est d'abord plus difficile pour le scénariste de les mettre tous en scène ; et s'il en met un en valeur, les lecteurs se disent : mais alors, l'autre ou les autres héros, ce sont des faire-valoir, ils ne servent à rien, dans certains épisodes, ils n'ont pas de rôle de premier plan, etc.
4) il y a un problème avec la BD, c'est que c'est visuel, donc que le lecteur voit dans chaque case, dans chaque album, le même héros. Que le héros ne vieillisse pas d'un album à l'autre, ça n'est pas gênant. Mais si de nombreux albums existent, quand on considère cette longue période, là ça peut choquer que le même personnage ne vieillisse pas. Comme je l'ai dit dans le premier post de ce sujet, plus haut, et comme l'a dit aussi Jean-Marc, s'il faut être réaliste, il faudrait faire des séries courtes, le héros vieillissant et finissant par ne plus être opérationnel (comme les pilotes de chasse tels Buck Danny, Dan Cooper, etc.) ou par prendre leur retraite (et on ne les voit pas être mis en scène dans des aventures trépidantes alors que l'arthrose menace). Dans un roman, avec un héros qui a vécu de très nombreuses aventures (SAS par exemple), je n'ai pas l'impression qu'on se pose ce genre de question sur le vieillissement ; car au moins, on ne voit pas son physique ; et 50 ans après sa création (ou environ), SAS est toujours aussi fringant avec les jolies femmes ; personne n'a fait la réflexion : ben non, vieux comme il doit être...
5) je l'ai dit cent fois sur ce forum (et ailleurs), et je le répète pour la 101e fois : à la disparition de son créateur, un personnage de BD doit aussi disparaître. Je profite de ce débat pour ajouter une autre raison : en maintenant en vie un héros contemporain, après la disparition de son créateur, on est encore plus irréaliste si ce héros a toujours le même âge ou à peu près le même âge qu'au moment du lancement de la série. Donc, rien que pour cette raison, à la mort du créateur, on arrête tout, point final (final, c'est le cas de le dire).
6) solution pour éviter ce problème du vieillissement naturel d'un héros récurrent : on fait des "one-shot" : une histoire, un héros, et on passe à autre chose dans l'album suivant, avec un autre héros (qui a un autre nom et un autre physique), qui vit une autre histoire, même si cette histoire est exactement dans le même contexte, le même domaine, que la précédente. Ca va faire drôle, à la longue, cette multiplication des albums, des héros, etc. Et, point très important, du côté des éditeurs, ça ne va pas être viable ; car, il faut tenir compte de ça aussi : un héros fort et qui vit de nombreuses aventures, c'est la "poule aux oeufs d'or". Quelqu'un l'a dit ici, et il faut le redire : oui, un héros récurrent qui vit de nombreuses aventures, c'est la poule aux oeufs d'or. Que l'on trouve cet aspect des choses anti-artistique, anti-créatif, peu ragoûtant ou vexant ou tout ce que vous voulez, tout éditeur normalement constitué est à la recherche de héros récurrents, car c'est le seul moyen de faire rentrer suffisamment d'argent dans les caisses pour que sa boîte tienne et ait pignon sur rue. Vu de l'autre côté de la barrière (le côté des commerciaux et des financiers), c'est aussi simple que ça...! Tout éditeur qui lance un nouvel album, se dit : "pourvu que ça marche, et qu'on puisse sortir l'année prochaine un autre album avec le même personnage - et les mêmes auteurs" . Citez-moi un seul éditeur qui ait tenu le coup financièrement en faisant uniquement des one-shot ? Ne me citez pas L'Association : comme son nom l'indique, ce n'est pas tout à fait un éditeur, mais une association.
7) je vais prendre l'exemple (que je connais bien) de Buck Danny, qui existe depuis 1947, et qui va vivre de nouvelles aventures l'année prochaine sans doute, vu qu'une nouvelle équipe a été engagée pour la continuer après les décès, il y a longtemps, de Victor Hubinon puis de Jean-Michel Charlier, et après l'abandon récent du dernier auteur en titre, Francis Bergèse. Le directeur de la maison d'édition Dupuis avait voulu, dans un premier temps, ai-je cru comprendre, stopper définitivement la série. Il se serait ravisé (à mon avis : voir le point 6, ci-dessus) mais pour lui, cet aspect dont on débat (l'âge du héros, 60 ans après sa création dans Spirou) est totalement inconcevable. Il a donc demandé à ce que le personnage se retrouve à vivre des aventures dans les années 50, et qui plus est avec des avions civils comme dans les épisodes des Gangsters du pétrole, Les Pirates du désert, etc. Refus catégorique des ayants-droit, qui argumentaient que la série est connue pour être en prise sur l'actualité (et même - ça, c'est moi qui l'ajoute - parfois en avance sur l'actualité grâce à l'intuition et au talent de prospective de JM Charlier). Donc, ça a coincé au niveau des discussions entre l'éditeur et les ayants-droit, qui ont finalement gagné puisque le prochain album mettra en scène des avions de chasse américains très récents (des F-22, si ça dit quelque chose à quelqu'un), dans le cadre d'aventures très contemporaines.
Résultats des courses : personnellement, et en mettant de côté cette histoire de fric évoquée dans le point 6), j'admets l'intemporalité et l'immortalité du héros, parce que c'est un héros. Et moi, ça ne me gêne pas du tout que le même héros soit toujours là, en activité, à vivre à chaque fois de nouvelles aventures.

Raymond

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JYB a écrit: A mon tour de donner mon point de vue (que j'ai d'ailleurs déjà donné ailleurs sur ce forum, mais allez retrouver ça rapidement, dans le flot des posts et des sujets...).
C'est pour cette raison que je crée des sujets avec un titre explicite, que je déplace parfois des posts et que je réorganise de temps en temps le forum. Wink

JYB a écrit:1) le héros d'une BD a un statut à part. Je dis bien : le héros, et je dis bien : d'une BD ; je veux dire par là que ce n'est pas un être humain ordinaire qu'on rencontre au coin de la rue, et une BD a toujours eu un caractère de fantaisie, comme dit plus haut, même si certaines séries sont très réalistes, ou se veulent très réalistes. Ce statut à part veut que, dans le cadre d'une série, on le retrouve à chaque nouvel épisode, et qu'à chaque fois, il s'en sort victorieux et haut la main. Et à la longue, un peu comme un demi-Dieu, il s'affranchit de certains aléas humains, comme les problèmes de santé (le nombre de coutures sur tout le corps, de fractures réparées partout, de brûlures, etc., que devrait avoir un héros qui en voit de toutes les couleurs au fil de ses aventures...). Dans le même ordre d'idée, s'il échappe à la mort accidentelle, il échappe aussi à la mort naturelle, donc au vieillissement. Comme je l'ai dit ailleurs sur ce forum, c'est un code convenu.
Tout à fait d'acord, cela correspond au héros d'aventure classique mais il y a quand même d'autres modèles de personnage central. On en trouve non seulement dans la BD comique (Gaston, Lapinot ...) mais aussi dans la BD réaliste (je pense à Ian Mac Donald de Vidal et Parras, que les auteurs ont fait mourir après 3 ou 4 aventures).

JYB a écrit: 2) en outre, son physique reconnaissable en fait un point de repère pour le lecteur, un point d'ancrage, et parfois un peu comme la lueur d'un phare dans la nuit. Quand un problème arrive dans l'histoire, on sait automatiquement que le héros va intervenir et va sauver tout le monde... Et on peut difficilement ne pas tenir compte de cet automatisme : de façon inconsciente, le lecteur habitué à lire une BD avec un héros, apprécié, défini et physiquement connu, attend que ce soit CE héros qui intervienne, dans le 5e épisode, dans le 10e épisode, dans le 20e épisode, etc.
Il me semble que c'est de moins en moins vrai. Les grandes séries actuelles présentent volontiers des personnages ordinaires, faillibles, qui rencontrent des échecs et qui ne représentent pas toujours le bien. La liste serait trop longue pour être énumérée ici.

JYB a écrit:3) on sait aussi - enfin, je devine et je considère après mon expérience de scénariste - que plus les personnages principaux sont nombreux, plus le lecteur se perd et moins il accroche à l'histoire. Il faut un héros principal, deux maximum. Quand il y en a trois ou plus, c'est d'abord plus difficile pour le scénariste de les mettre tous en scène ; et s'il en met un en valeur, les lecteurs se disent : mais alors, l'autre ou les autres héros, ce sont des faire-valoir, ils ne servent à rien, dans certains épisodes, ils n'ont pas de rôle de premier plan, etc.
Pas vraiment d'accord. C'est probablement un bon principe pour le scénariste de concentrer l'action sur deux ou trois héros pour ne pas se perdre, mais il y a aussi d'excellentes séries qui font intervenir de multiples personnages (on pourrait citer des BD américaines récentes comme les Watchmen, pour prendre un exemple réussi). La prolongation d'une série amène par ailleurs souvent une multiplication des intervenants, qui se présentent d'abord comme des personnages secondaires avant de devenir des personnages principaux. On constate bien ce phénomène dans les séries de Milton Caniff ou Hal Foster, par exemple. Il y a enfin de grandes séries classiques, comme Gasoline Alley, dont les héros sont très nombreux.

JYB a écrit:4) il y a un problème avec la BD, c'est que c'est visuel, donc que le lecteur voit dans chaque case, dans chaque album, le même héros. Que le héros ne vieillisse pas d'un album à l'autre, ça n'est pas gênant. Mais si de nombreux albums existent, quand on considère cette longue période, là ça peut choquer que le même personnage ne vieillisse pas. Comme je l'ai dit dans le premier post de ce sujet, plus haut, et comme l'a dit aussi Jean-Marc, s'il faut être réaliste, il faudrait faire des séries courtes, le héros vieillissant et finissant par ne plus être opérationnel (comme les pilotes de chasse tels Buck Danny, Dan Cooper, etc.) ou par prendre leur retraite (et on ne les voit pas être mis en scène dans des aventures trépidantes alors que l'arthrose menace). Dans un roman, avec un héros qui a vécu de très nombreuses aventures (SAS par exemple), je n'ai pas l'impression qu'on se pose ce genre de question sur le vieillissement ; car au moins, on ne voit pas son physique ; et 50 ans après sa création (ou environ), SAS est toujours aussi fringant avec les jolies femmes ; personne n'a fait la réflexion : ben non, vieux comme il doit être...
N'étant pas un amateur de SAS, je ne ferai pas de jugement sur la crédibilité de ces livres, mais il me semble que le problème du vieillissement du personnage est en effet plus fort dans la BD, car le lecteur voit le personnage. Dans un roman, il se contente de l'imaginer, en lui donnant le visage qui lui convient (plus jeune ou plus vieux, à sa guise).

JYB a écrit:5) je l'ai dit cent fois sur ce forum (et ailleurs), et je le répète pour la 101e fois : à la disparition de son créateur, un personnage de BD doit aussi disparaître. Je profite de ce débat pour ajouter une autre raison : en maintenant en vie un héros contemporain, après la disparition de son créateur, on est encore plus irréaliste si ce héros a toujours le même âge ou à peu près le même âge qu'au moment du lancement de la série. Donc, rien que pour cette raison, à la mort du créateur, on arrête tout, point final (final, c'est le cas de le dire)..
On en a déjà débattu. Lorsqu'un auteur souhaite que la série lui survive, il est normal de la poursuivre, en admettant que cela entraîne des changements. Ajoutons que les USA nous fournissent de nombreux exemples de séries qui se sont poursuivies plusieurs dizaines d'années après la disparition de leurs créateurs. Il y a souvent un déclin en qualité ou en originalité, il faut bien l'admettre, mais il y a aussi d'étonnantes réussites. Je pense ainsi à la reprise de Batman par Frank Miller ("Dark Knight") qui est un véritable chef d'oeuvre. Cette BD est même supérieure à la série originale et dans ce cas, on peut se féliciter que l'éditeur ait voulu de continuer la série. Very Happy

JYB a écrit:6) solution pour éviter ce problème du vieillissement naturel d'un héros récurrent : on fait des "one-shot" : une histoire, un héros, et on passe à autre chose dans l'album suivant, avec un autre héros (qui a un autre nom et un autre physique), qui vit une autre histoire, même si cette histoire est exactement dans le même contexte, le même domaine, que la précédente. Ca va faire drôle, à la longue, cette multiplication des albums, des héros, etc. Et, point très important, du côté des éditeurs, ça ne va pas être viable ; car, il faut tenir compte de ça aussi : un héros fort et qui vit de nombreuses aventures, c'est la "poule aux oeufs d'or". Quelqu'un l'a dit ici, et il faut le redire : oui, un héros récurrent qui vit de nombreuses aventures, c'est la poule aux oeufs d'or. Que l'on trouve cet aspect des choses anti-artistique, anti-créatif, peu ragoûtant ou vexant ou tout ce que vous voulez, tout éditeur normalement constitué est à la recherche de héros récurrents, car c'est le seul moyen de faire rentrer suffisamment d'argent dans les caisses pour que sa boîte tienne et ait pignon sur rue. Vu de l'autre côté de la barrière (le côté des commerciaux et des financiers), c'est aussi simple que ça...! Tout éditeur qui lance un nouvel album, se dit : "pourvu que ça marche, et qu'on puisse sortir l'année prochaine un autre album avec le même personnage - et les mêmes auteurs" . Citez-moi un seul éditeur qui ait tenu le coup financièrement en faisant uniquement des one-shot ? Ne me citez pas L'Association : comme son nom l'indique, ce n'est pas tout à fait un éditeur, mais une association.
Je pense tout de même que l'on peut créer une excellente série en faisant vieillir son héros. Prenons pour exemple Louis la Guigne, une série historique publiée chez Glénat qui s'est malheureusement arrêtée à la mort de son dessinateur (Dethorey). C'est une BD d'aventure assez classique, dont le personnage principal voyage à travers le monde. Elle est construite avec une sensibilité moderne, car le personnage est bien ancré dans son époque et il mûrit au cours de ses aventures (au passage, j'ai envie de tirer un coup de chapeau à Giroud, un excellent scénariste de BD qui me semble un peu sous-évalué).

JYB a écrit:7) je vais prendre l'exemple (que je connais bien) de Buck Danny, qui existe depuis 1947, et qui va vivre de nouvelles aventures l'année prochaine sans doute, vu qu'une nouvelle équipe a été engagée pour la continuer aprèsles décès anciens de Victor Hubinon puis de Jean-Michel Charlier, et après l'abandon récent du dernier auteur en titre, Francis Bergèse. Le directeur de la maison d'édition Dupuis avait voulu, dans un premier temps, ai-je cru comprendre, stopper définitivement la série. Il s'est ravisé mais pour lui, cet aspect dont on débat (l'âge du héros, 60 ans après sa création dans Spirou) est totalement inconcevable. Il a donc demandé à ce que le personnage se retrouve à vivre des aventures dans les années 50, et qui plus est avec des avions civils comme dans les épisodes des Gangsters du pétrole, Les Pirates du désert, etc. Refus catégorique des ayants-droit, qui argumentaient que la série est connue pour être en prise sur l'actualité (et même - ça, c'est moi qui l'ajoute - parfois en avance sur l'actualité grâce à l'intuition et au talent de prospective de JM Charlier). Donc, ça a coincé au niveau des discussions entre l'éditeur et les ayants-droit, qui ont finalement gagné puisque le prochain album mettra en scène des avions de chasse américains très récents (des F-22, si ça dit quelque chose à quelqu'un).
Résultats des courses : personnellement, et en mettant de côté cette histoire de fric évoquée dans le point 6), j'admets l'intemporalité et l'immortalité du héros, parce que c'est un héros. Et moi, ça ne me gêne pas du tout que le même héros soit toujours là, en activité, à vivre à chaque fois de nouvelles aventures.
Etant un lecteur de Buck Danny depuis mon enfance, je vais suivre cela avec intérêt. Il m'aurait cependant semblé plus judicieux de créer de nouvelles aventures situées pendant les années 50. Cela permettrait de jouer sur l'effet "nostalgie", ce qui n'est pas désagréable, mais aussi et surtout de remettre Buck Danny dans son véritable monde, celui des années 50 et de la guerre froide.


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JYB


vieux sage
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Pour répondre en une phrase et globalement : quand je donne mes commentaires, c'est par référence à la BD traditionnelle franco-belge, telle qu'on la connaît depuis des lustres, selon aussi la liste des héros que tu donnes pour le sondage (Alix, Lefranc, Michel Vaillant, Buck Danny...) et selon tous les personnages non cités dans ce sondage mais qui pourraient l'être car correspondant à ce débat. Mais c'est sûr que si on cherche bien, en France ou aux Etats-Unis ou ailleurs, on trouvera toujours des cas particuliers et réussis qui me contredisent ; moi, je m'en tiens aux cas de la BD traditionnelle avec des héros récurrents dont chaque série a de nombreux titres. Et je m'en tiens aussi aux séries réalistes, car comme on l'a souligné, les séries humoristiques n'entrent pas vraiment dans ce débat du vieillissement des personnages.

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Invité
Raymond a écrit:
N'étant pas un amateur de SAS

J'étais persuadé du contraire, moi

Raymond

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Jean-Marc a écrit:
Raymond a écrit:
N'étant pas un amateur de SAS

J'étais persuadé du contraire, moi
Dans le genre, je préfère largement les "San Antonio". Smile


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Moi aussi, bien que ce ne soit pas le même genre
Mais un bon SAS en vacances, c'est quand même pas mal

JYB


vieux sage
vieux sage
En tout cas, SAS ou San Antonio, c'est kif kif pour ma démonstration expliquant qu'on ne voit pas le portrait des personnages, et donc qu'on ne les voit pas vieillir, bien que les romans soient extrêmement nombreux et étalés sur près d'un demi-siècle. J'avais pensé, un peu plus haut, citer San Antonio en plus de SAS, mais c'est un genre un peu particulier, et j'ai préféré SAS dont les aventures sont, comme les héros de BD contemporains, ancrées dans l'actualité la plus chaude, chaque nouveau roman plaçant le Prince au milieu de conflits et de contextes récents. Gérard de Villiers mène une enquête approfondie avant chaque roman, pour se documenter et raconter des trucs réputés très pointus (paraîtrait qu'il est très proche des Services secrets...) ; or l'auteur a maintenant dans les 80 ans, il se déplace dans les pays qui vont servir de décor à ses prochains romans, pourtant, son héros, qui fait un peu la même chose mais dans la fiction, a - on le suppose puisqu'on ne le voit pas - le même aspect physique qu'il y a 50 ans. Si on tournait aujourd'hui un nouveau film de SAS (il y en a eu dans le passé), il faudrait prendre un nouvel acteur, jeune, comme on change régulièrement d'acteur principal dans les films de James Bond.
Pour en revenir au vieillissement des héros de BD (dans des BD dites réalistes, et contemporaines), je ne pense pas que le lecteur (terme générique) demande ou souhaite que ces héros vieillissent. Si une première aventure plaît et marche bien commercialement, tout le monde (éditeur, auteurs, lecteurs) convient qu'il serait bon de faire une deuxième aventure, parce qu'on sent bien qu'il y a de la demande et qu'il serait idiot de ne pas suivre, et a priori, on prend la même recette, donc le même héros, avec son même physique. Je dirais même que, si on change les données du départ et si on change en particulier l'âge du héros pour le faire vieillir juste parce que, pour être réaliste, un être humain vieillit aussi, il y aura, j'en suis persuadé, une frustration et une déception du côté du lecteur (cela dit, tout auteur peut imaginer une série particulière où le héros vieillit tout au long des épisodes ; pourquoi pas, tout est envisageable ; Buddy Longway a été cité plus haut ; très bien, série formidable ! Oui, mais frustration - j'y reviens - : on ne peut plus lire de nouveaux épisodes : le héros est mort de vieillesse !). Parlons donc des séries traditionnelles telles qu'elles existent depuis des lustres, avec des héros récurrents et jeunes ou au moins dans la force de l'âge.
Ou alors, il faudrait, quand une série commence à avoir du succès et de plus en plus d'albums, changer de héros (au sein de la même série) ; tous les dix ans par exemple, le héros, pilote de chasse par exemple, est d'abord Buck Danny, puis il change d'aspect physique et s'appelle Tony Black, puis dix ans après, il change encore d'aspect et s'appelle John Smith, etc. Mais je vois mal comment une série pourrait fonctionner, étant traditionnellement basée sur son personnage principal alors que le lecteur a été habitué au départ à le voir vivre et évoluer, lui et pas un autre, et alors que la série porte en général le nom de ce héros...
Ou alors, on convient qu'une série ne doit durer que quelques épisodes, une dizaine par exemple (donc à peu près sur une dizaine d'années), et après on la "tue" et auteurs et éditeurs passent à tout autre chose, à un nouveau personnage, une autre série. Je peux vous dire que, du côté de l'éditeur, si une série marche bien, ça passera mal. Et je peux vous garantir aussi que des lecteurs suffisamment nombreux, et pas du tout gênés par cet aspect de la chose, réclameront des suites, avec le même personnage. Et allez expliquer ça à des auteurs comme Hermann qui relance Bernard Prince (et qui continue Jérémiah - bien que ce ne soit pas une série réaliste contemporaine, on pourrait imaginer que le héros vieillisse... Ben non...). Mais je vous parle d'Hermann parce qu'il me vient à l'esprit, mais je pourrais citer plein d'autres auteurs qui n'ont sans doute pas envie du tout de "tuer" leurs personnages, juste parce que ça paraît irréaliste que ces personnages ne vieillissent pas.
C'est d'ailleurs comme ça que des personnages disparus dans une série reviennent plus tard, même s'ils sont censés être morts. Avec un peu d'imagination, l'auteur trouve une astuce pour expliquer que, non, tel personnage secondaire n'a pas vraiment été tué... Lady X dans Buck Danny, par exemple : toujours là - avec un physique changé, on sait pourquoi et comment quand on a bien lu la série - et pourtant ce serait impossible dans la réalité. Le modèle authentique de Lady X est, on le sait, une femme pilote allemande, Hanna Reitsch ; elle est morte de sa belle mort en 1979, âgée. Après cela, ni JM Charlier, ni son successeur Francis Bergèse, n'auraient dû la remettre en scène dans la série... Et pourtant elle y est revenue, et sur le forum Aéroplanète par exemple, vous verrez que personne ne s'en plaint.
Il faut donc savoir faire abstraction de ce problème du vieillissement quand on lit une série BD ; c'est une convention qu'un héros reste éternellement jeune. En revanche, au sein de chaque histoire, là on doit être rigoureux dans le réalisme (c'est mon avis, et apparemment très peu d'entre vous le partagent sur ce forum quand je vois par exemple que pas grand monde n'est vraiment choqué qu'un Airbus atterrisse dans une oasis, si vous voyez ce que je veux dire...).

Lion de Lisbonne

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grand maître
grand maître
Jean-Marc a écrit:J'ai voté pour aucun d'entre eux pour les raisons que j'ai données plus haut
Moi aussi, j'ai voté pour aucun d'entre eux.

Treblig a écrit:On a souvent entendu dire que les "héros ne meurent jamais", donc, cela signifie bien qu'on présuppose que le temps n'a pas de prise sur eux.
Bien sur

Raymond

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Admin
Je n'ai pas beaucoup de temps pour répondre aujourd'hui (trop de travail ... et puis le foot ! Embarassed ). J'y reviendrai dès que possible, d'autant plus que ma position est nettement minoritaire Wink


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JYB


vieux sage
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Raymond a écrit:d'autant plus que ma position est nettement minoritaire Wink
On peut très bien raconter les aventures d'un héros (ou d'une héroïne) qui vieillit au fil des épisodes. Mais on peut craindre que la série sera courte et que le personnage ne vivra pas beaucoup d'aventures, pour une question de réalisme et de plausibilité (des héros qui vivent autant d'aventures extraordinaires pendant des années et même des décennies, sans vieillir, sans problèmes de santé, etc., c'est en effet bizarre... mais je crois m'en être largement expliqué précédemment).
Mais je devance Raymond dont je subodore qu'il va donner un argument en faveur du vieillisement d'un héros de BD, d'autant que cet argument a, je crois, été évoqué du bout des lèvres précédemment (je ne sais plus par qui ni à quel endroit exact) : une fois le héros devenu vieux et la série finie, pourquoi ne pas revenir en arrière et raconter des aventures intermédiaires en faisant des "flash-back" se déroulant à des périodes où le héros a la force de l'âge et la jeunesse nécessaires ?
Justement, c'est ce qui se passe depuis toujours (ou plutôt depuis que le medium existe) : les BD racontent des aventures multiples lorsque les héros ont un âge leur permettant de vivre autant d'aventures trépidantes que l'imagination des scénaristes et l'engouement des lecteurs les permettent. Donc, inutile de faire vieillir le héros ! Pourquoi passer obligatoirement par la case "vieillissement", pour revenir ensuite à des aventures où le héros a des âges antérieurs ? S'il fallait faire vieillir le héros, ce serait finalement juste pour indiquer au lecteur que le héros est normal, biologiquement parlant. Oui, ben je crois qu'on peut faire l'impasse sur cette étape qui va devenir une épreuve obligée, systématique, en particulier dans toute série réaliste contemporaine... Il suffit de faire comme on a toujours fait (dans 99% des cas) : raconter des aventures où le héros est toujours dans la force de l'âge et ne semble jamais vieillir.

Michel Jacquemart

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bédéphile pointu
bédéphile pointu
Je viens de lire, avec soulagement, sur le site aéroplanète, que les ayant-droits de Buck Danny avaient tenu bon face à l'éditeur, qui voulait sacrifier l'esprit de la série à cette calamiteuse mode du "vintage", qui, en renvoyant systématiquement les héros dans les années 50, fossilise la BD classique !

Cela montre aussi à quel point nombre de décideurs dans le domaine de l'édition mènent une politique de "suiveurs" ! Heureusement, pour cette fois, un héros a échappé à la relégation dans l'"Ile aux fossiles vivants" !

JYB


vieux sage
vieux sage
C'est ce que j'ai raconté récemment sur le forum Lefranc, Michel (je ne sais plus où...). Il y a aussi une chose à savoir qui n'a pas été dite sur Aéroplanète, c'est que le directeur de chez Dupuis depuis 3 ou 4 ans est un antimilitariste primaire ; c'est pour ça qu'il voulait "démilitariser" Buck Danny en lui faisant vivre des aventures civiles (en outre dans les années 50, comme déjà dit également et comme tu le rappelles). Il va donc falloir que ce directeur mange son chapeau quand il éditera le prochain album (qui sera bel et bien militaire, lui).

Raymond

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Admin
Ayant un peu plus de temps aujourd'hui, je reviens sur ce débat. Contrairement à vous, je trouve que cela aurait été une meilleure idée de poursuivre les aventure de Buck Danny dans les années 50. Cette période de l'après-guerre, marquée par la guerre froide, constitue en quelque sorte son "époque naturelle". Elle correspond en effet au moment où Charlier imaginait les aventures de son personnage, et elle explique bien son état d'esprit, ses idées ou ses actions. Je pense que c'est en replaçant l'aviateur dans son milieu naturel que l'on a la meilleure chance de rester fidèle à l'esprit originel de la série.


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vieux sage
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Personnellement, je ne crois pas avoir critiqué le fait que Dupuis ait voulu faire revenir Buck Danny dans les années 50. Je n'ai fait que rapporter ce qui a été dit et les arguments des uns et des autres.
Comme je considère (au cas où certains l'ignorent encore...) qu'il faut arrêter une série à la mort de son scénariste, je ne m'inquiète pas du sort des celles de Charlier après juillet 1989 (date de sa disparition). Aussi je préfère ne pas me lancer dans ce débat précis... Je me contente de constater que la plupart des séries de Charlier ont disparu ou ne donnent plus signe de vie, ce qui fait qu'on en vient à ce que je préconise : l'arrêt des séries quand le créateur est décédé.... CQFD.

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