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La Camarilla

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1 La Camarilla le Sam 12 Juin - 16:53

Raymond

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Admin
La Camarilla est un album qui n'a pas une très bonne réputation, il faut l'admettre. Parue en 1997 (après de nombreuses années sans nouvel album de Lefranc), cette histoire a même ouvert une période de crise. Aussitôt terminé l'album suivant (le Vol du Spirit), Jacques Martin s'est séparé de Gilles Chaillet et ceci a entraîné une longue recherche du dessinateur idéal.

J'ai relu récemment la Camarilla et cela n'a pas modifié mon impression initiale. C'est un excellent scénario mais la BD présente un aspect plutôt inachevé dans sa réalisation. Il lui manque les petites idées (on appelle ça l'inspiration) et les petits détails vrais (on appelle ça le perfectionisme) qui donnent envie de croire à l'histoire. Le récit commence dans le milieu de la course automobile de Formule 1 et on a d'emblée l'impression que "ce n'est pas ça", même si Gilles Chaillet dessine ces bolides de manière précise. Est-ce parce que Jacques Martin n'a pas voulu introduire de personnage réel dans son récit (comme aime le faire Graton) ?



Axel Borg est bien là, et il se comporte comme une canaille en pleine forme. Il est cependant grimé et méconnaissable sous les traits d'Elie Burgi (tiens, un nom qui sonne bien suisse). Son visage change à un tel point que j'ai finalement bien de la peine à croire que ce soit lui. L'histoire y perd une partie de sa force. Si Jacques Martin avait gardé une bonne vue avant la parution de l'album, aurait-il admis qu'une telle déformation de son personnage ?



Le récit est un véritable thriller et plusieurs coups de théâtre rythment la progression de l'action. Mais pourquoi ai-je alors l'impression que l'intrigue avance lentement. Derrière les rencontres dans des hôtels de luxe, il y a un affrontement sans pitié entre les puissants. D'ailleurs, quand j'y pense, il y a même une conclusion très violente lorsqu'Axel Borg se venge avec férocité de la rupture de son contrat.



Axel Borg dirige en fait toute cette histoire et il me semble même qu'il mène Lefranc par le bout du nez (en lui confiant un dossier explosif sur le monde de la F1 pour mieux servir ses intérêts). Il traverse de bons moments sur la fin du récit, lorsqu'il redevient l'élégant aventurier, capable de séduire une comtesse italienne.



Quand j'y pense, il y a en tout cas une chose qui manque à cette BD, ce sont les images marquantes, et en particulier celles qui savent créer une ambiance. L'histoire se déroule pourtant dans une région somptueuse, celle du lac de Garde où j'ai d'excellents souvenirs de vacances. En lisant la Camarilla, je n'ai pas eu l'impression d'y retrouver des paysages, sauf lors de la conclusion, lorsque Lefranc s'éloigne à bord du ferry qui traverse le lac.



Au fond, il ne manque que de toutes petites choses pour que ce soit un bon album. La Camarilla gagne d'ailleurs à être relue, car l'intrigue est assez riche et on découvre des détails qui ne sont pas compréhensibles d'emblée, mais le livre laisse sur un léger sentiment d'insatisfaction. "Cela aurait pu être mieux", pourrait-on conclure.

Mais qu'en pensez-vous donc, vous tous qui êtes de fidèles martinophiles ?



Dernière édition par Raymond le Dim 10 Aoû - 23:26, édité 2 fois


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2 Re: La Camarilla le Sam 12 Juin - 17:58

stephane

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vieux sage
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Il y a longtemps que je ne l'ai pas lu, mais je me souviens de ce moment très triste, quand l'enfant part seul sur la barque, et meurt lors d'une tempête. L'emotion était bien ressentie, comme la panique de l'autre enfant.
Mais je me souviens lors de la première lecture, j'avais ressenti comme une sensation étrange, je ne retrouvais pas vraiment les personnages, graphiquement . En plus, il y avait ce lettrage si laid, qu'il me derangeait. Mais l'histoire a pris le dessus et surtout, j'étais content de retrouver Lefranc que l'on n'avait pas vu depuis La cible!

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3 Re: La Camarilla le Dim 13 Juin - 12:40

Raymond

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Admin
C'est vrai que l'on ne précise jamais qui est l'auteur des lettrages. Dans cet album, ce n'est sûrement pas Gilles Chaillet. Dans le cas contraire, je ne vois pas pourquoi il aurait changé sa manière de faire. Question


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4 Re: La Camarilla le Dim 13 Juin - 17:21

stavrog

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alixophile
alixophile
"La Camarilla" m'avait, à l'époque, beaucoup attiré, par sa couverture. Et l'histoire m'a formidablement déçu. Le pire, avant "Le vol du Spirit", qui est un naufrage terrible. Je crois que Chaillet avait déjà fort à faire avec sa propre série et que mener de front deux séries aussi importantes devenait impossible. Et Martin commençait de perdre la vue, non, à cette époque ?

Il faut dire que l'évolution du style graphique de Chaillet, dans les Lefranc, semble aller en se dégradant. Peut-être certains seront choqués à la lecture de cette assertion, mais c'est ce que j'ai toujours ressenti en lisant ses Lefranc. Peut-être que Martin était davantage présent, graphiquement, sur les premiers albums, et reprenait les planches ou les travaillait de concert avec Chaillet, comme le font aujourd'hui Taymans, Schierer et Drèze.

Un libraire m'avait même expliqué que Martin livrait à Chaillet, dans les premiers albums, carrément les planches dessinées avec les personnages réalisés à un moment donné. Ce qui veut dire que les personnages de Lefranc auraient longtemps été dessinés par Martin et seulement encrés par Chaillet, jusqu'à une époque indéfinie... mais est-ce vrai ?

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5 Re: La Camarilla le Dim 13 Juin - 18:55

Raymond

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Admin
Selon Jacques Martin, le déclin graphique de Chaillet s'expliquait par le fait qu'il dessinait beaucoup plus (il faisait 2 séries en parallèle) et surtout beaucoup plus vite.

De son côté, Gilles Chaillet a déclaré plusieurs fois lors d'interviews qu'il a souffert d'une tendinite du poignet (ou de la crampe du dessinateur, je ne suis pas très sûr) et que ceci altérait la qualité de son travail.

Sinon, il est probable que la maladie oculaire de Jacques Martin jouait également un rôle, car il ne pouvait plus contrôler aussi bien la qualité graphique de ce qui était publié.


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6 Re: La Camarilla le Dim 13 Juin - 18:58

stavrog

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alixophile
alixophile
D'où la participation de Marc Jailloux, désormais, à l'encrage des prochains albums de Chaillet !

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7 Re: La Camarilla le Dim 13 Juin - 20:05

Michel Jacquemart

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bédéphile pointu
bédéphile pointu
Je me souviens de ma stupéfaction quand j'ai vu cet album en librairie ! Comment était-il possible qu'un album de Lefranc sorte en librairie avec une aussi moche couverture !! Quand j'ai ouvert l'album, immédiatement j'ai eu cette pensée: "Ce n'est pas Chaillet qui l'a dessiné !"

Il est en effet de plus en plus courant que des auteurs de BD sous-traitent leur travail, comme on l'a vu avec le dernier Lefranc, Le Châtiment... J'avais toujours énormément apprécié le travail de Chaillet, depuis Les Portes de l'Enfer, jusqu'à La Cible... Tout son travail sur Lefranc avait jusque là été excellent! Mais, en voyant "La Camarilla", j'ai eu - et j'ai toujours ! - l'impression que ce n'est pas lui qui a dessiné cet album ! Attention: j'insiste bien: je n'affirme aucunement que ce n'est pas lui qui a dessiné cet album, je dis seulement, qu'au vu de ses travaux précédents, je ne retrouve pas l'art et la maîtrise de Chaillet dans cet album...

En particulier, je ne reconnais pas le personnage de Lefranc ! Par contre, je trouve que les décors sont bien rendus. Le dessin me paraît plus maladroit, un peu comme le dessin d'un débutant... d'un assistant ? Je suis vraiment un grand admirateur de Chaillet et, pour moi, cet album demeure d'autant plus une énigme... Et j'ai une fois abordé la question lors d'une discussion avec Jacques Martin et sa fille Frédérique...

Il faut savoir que Jacques Martin a continué a dessiner, au format des planches, les mises en place pour les albums d'Alix et de Lefranc, même après sa maladie oculaire. De plus, il a continué à dessiner et à encrer lui-même les couvertures et les cul-de-lampe de la page titre (jusque y compris "La Cible").

Lors de la sortie de l'Ultimatum, les crayonnés de Jacques Martin pour cet album ont été exposés en parallèle avec les planches de Francis Carin, à l'hôtel de ville de Saint Gilles, où il y a chaque année en octobre un festival BD (et où j'habite...)

Mais, avant sa maladie oculaire, les crayonnés de Jacques Martin pour Lefranc étaient d'une telle précision que le dessinateur pouvait parfois encrer directement les crayonnés de Jacques Martin... On peut notamment voir un crayonné de la main de Jacques Martin pour première planche de La Cible, reproduit dans "A Propos de Lefranc". A cause de la macula, ce ne fut plus le cas après "La Cible": les dessins de Jacques Martin montraient toujours sa maîtrise de la mise en scène, mais ce n'étaient plus des crayonnés aussi précis. Cela suffit-il à expliquer le changement graphique de La Camarilla ??

Je trouve dommage ce déclin du dessin dans La Camarilla... Mais, depuis, il y a eu, hélas, de bien pires catastrophes dans les reprises de l'univers de Jacques Martin !

Ce déclin du dessin a fait que beaucoup sont passés un peu à côté du scénario, que je trouve pourtant excellent!



Dernière édition par Michel Jacquemart le Dim 13 Juin - 20:51, édité 3 fois

8 Re: La Camarilla le Dim 13 Juin - 20:12

stephane

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vieux sage
vieux sage
On voit très bien la façon dont travaillait Jacques Martin dans cet article:
http://www.alixintrepide.org/Coulisses/Site/Photos.html

Il y a des exemples notamment pour Lefranc et Jhen et ce , bien avant sa maladie occulaire.

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9 Re: La Camarilla le Dim 13 Juin - 20:17

Michel Jacquemart

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bédéphile pointu
bédéphile pointu
Superbe!! Très très beaux documents qui montrent vraiment bien comment Jacques Martin travaillait et mettent bien en évidence son sens incomparable de la mise en scène !!

10 Re: La Camarilla le Dim 13 Juin - 22:45

bruno

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grand maître
grand maître
A l'époque de la Camarilla, Gilles Chaillet a eu en effet de très importantes difficultés avec sa main (une première intervention chirurgicale a eu alors lieu si je me rappelle bien). Son dessin s'en est évidemment ressenti, mais il devait cet album à Casterman... Depuis, sa main ne s'est jamais totalement remise, d'où l'intervention de Marc Jailloux, puis la reprise de Vasco (avec bientôt un second dessinateur...on parle de Carin) . Et aujourd'hui, même sa série "La dernière Prophétie" sera reprise pour un ultime tome. Gilles va donc se consacrer au scénario. Y aurait-il une malédiction liée à la reprise des séries de JM ? Question
Pour ce qui est des planches que fournissait le Maître, j'ai pu voir chez Gilles (vers la mi 80) les planches de la Crypte. JM avait tracé les cases, positionné les personnages (de façon détaillée) et rapidement évoqué les décors. Sur cette planche Gilles reprenait l'ensemble, peaufinait les personnages et finalisait les décors, avant encrage (JM validé d'abord le crayonné envoyé par fax de mémoire, bien que les planches étaient de grands formats). Evidemment, avec le temps, le travail que fournissait JM était moins "pointu", mais la gestuel martinienne si typique se retrouvait encore. Wink

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11 Re: La Camarilla le Dim 13 Juin - 22:52

stavrog

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alixophile
alixophile
Passionnantes, ces informations sur le mode de création des albums de Lefranc. Les couvertures étaient tellement belles qu'elles émanaient évidemment du Maître lui-même. Quant aux crayonnés précis, il n'est que de voir ce que Stéphane a jadis publié sur Evan pour imaginer que de simples esquisses pouvaient déjà suggérer toute une atmosphère. Alors, des planches crayonnées !

Je me réjouis d'un retour de Carin aux commandes d'une série, fût-ce Vasco (que je connais moins bien). Il me semble que Chaillet, au fil du temps, a travaillé avec de nombreux assistants - y compris sur les Lefranc ? A la fin des albums de Vasco, on peut voir défiler les noms de Joblin, Grycan...

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12 Re: La Camarilla le Lun 14 Juin - 15:06

Damned

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grand maître
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Un amateur comme moi, de Lefranc, et de sport automobile, ne pouvait que se ruer sur un tel album .....
Hélas, je fut déçu !
Je connais trop bien (de par ma passion pour le sport auto) le monde particulier de la formule 1, et ce que je regrette, c'est que cet environnement ne soit que caricaturé dans cet album (images d'Epinal du sport auto, et de la finance) au point qu'on y voit une course d'époque moderne dans un environnement plus proche du sport automobile d'avant guerre.
Si l'argent est toujours omniprésent, la gestion des carrières des pilotes depuis la fin des années 60, ne ressemblent en rien à celle décrite dans cet album, au point qu'on peut se demander si Jacques Martin s'était bien documenté sur ce sujet.
De l'argent qui coule à flots, oui, mais ce monde bourgeois n'est plus de mise (on est plus à l'époque des gentlemen drivers) de meme que ce monde pseudo mafieux, dépassé par rapport aux grands pontes de la finance automobile contemporains, fait dépassé et décalé.

Pourtant, le scénario aurait pu se dérouler à peu prés de la meme façon en respectant les normes actuelles.
Jean Graton nous en a donné un excellent exemple dans le dyptique "La fièvre de Bercy/Le sponsor", qui aurait pu, à mon avis, etre encore mieux exploité par Jacques Martin avec les memes données de base. Là, le "mechant" ressemble bien aux requins qui gravitent autour du monde actuel de la formule 1, bien intégré dans la modernité technique d'aujourd'hui (électronique, internet, services secrets etc) et aurait bien pu, vu son role, s'appeler Axel Borg (à comparer si vous avez ces albums), sauf qu'il est moins sympathique et plus .....crapule que Borg (un exploit).

Ce manque de crédibilité m'a plutot déçu, et de ce fait je ne suis jamais revenu vers cet album, contrairement au "vol du spirit" dont l'ambiance me semblait plus sympathique et en phase avec du "Lefranc". Le spécialiste aéronautique que je suis a moins tiqué que sur la "Camarilla", meme si répéter l'exploit de Lindbergh, dans l'autre sens, est à mes yeux aussi difficile, sinon plus qu'à l'époque ......

Raymond Damned

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13 Re: La Camarilla le Mar 15 Juin - 10:07

Raymond

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Admin
Il y a effectivement une relative naïveté du scénario, car le monde actuel de la course automobile est différent de celui qui est décrit dans la Camarilla. J'ai toutefois l'impression que Jacques Martin est volontairement resté en retrait d'une certaine réalité de la F1. Il préférait éviter des allusions trop précises et c'était prudent de sa part, car ce qu'il dénonce (la corruption d'un monde sportif par les intérêts de groupes industriels ou financiers) est un phénomène bien réel. Il n'y a qu'à reprendre l'histoire des championnats de F1 pour se rendre compte que certains championnats ont été gagnés "sur le tapis vert" plutôt que sur les circuits.


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14 Re: La Camarilla le Mar 15 Juin - 10:22

Damned

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grand maître
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Raymond a écrit:Il y a effectivement une relative naïveté du scénario, car le monde actuel de la course automobile est différent de celui qui est décrit dans la Camarilla. J'ai toutefois l'impression que Jacques Martin est volontairement resté en retrait d'une certaine réalité de la F1. Il préférait éviter des allusions trop précises et c'était prudent de sa part, car ce qu'il dénonce (la corruption d'un monde sportif par les intérêts de groupes industriels ou financiers) est un phénomène bien réel. Il n'y a qu'à reprendre l'histoire des championnats de F1 pour se rendre compte que certains championnats ont été gagnés "sur le tapis vert" plutôt que sur les circuits.
Ce qui peut etre reproché à Jacques Martin en tenant compte de ta juste réflexion, c'est qu'il s'est trompé de cible (ou d'époque) dans ce cas là.
Je rappelle sur ce point, mes références à Jean Graton, que je vous invite à lire pour comparaison, et qui montre, de manière trés convaincante, qu'on peut s'attaquer, de front, à ce problème sans gèner qui que ce soit (la morale restant tout aussi sauve dans son dyptique, alors que les actions décrites, bien que parfois violentes, rejoignent trés bien ce qu'on peut voir sur les médias actuels).
Et dans ce scénario, Borg aurait eu toute sa place .....
Si on se place dans le sens de ta reflexion, il suffisait de déplacer l'action aux USA, où ce genre de situation aurait été plus crédible sans risque, tout autant techniquement, qu'au niveau du monde des sponsors, des chefs d'équipe, et des actions parfois musclées dans ce domaine (encore que là, le cinéma et la BD sont allés plus loin que la réalité, pour le coté spectaculaire, qui, lui aussi, date plus des années 50/60, que d'aujourd'hui, tout étant beaucoup plus controlé).

Raymond Damned

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15 Re: La Camarilla le Lun 7 Fév - 19:20

Damned

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Damned a écrit:
Ce qui peut etre reproché à Jacques Martin en tenant compte de ta juste réflexion, c'est qu'il s'est trompé de cible (ou d'époque) dans ce cas là.
Je rappelle sur ce point, mes références à Jean Graton, que je vous invite à lire pour comparaison, et qui montre, de manière trés convaincante, qu'on peut s'attaquer, de front, à ce problème sans gèner qui que ce soit (la morale restant tout aussi sauve dans son dyptique, alors que les actions décrites, bien que parfois violentes, rejoignent trés bien ce qu'on peut voir sur les médias actuels).
Raymond Damned

Ce sujet ayant été brièvement évoqué dans le chapitre sur "La cible", je suis revenu ici pour relire ma dernière intervention, et je me suis rendu compte que j'y évoquai un dyptique de Jean Graton dont j'avais oublié d'en citer les titres :
"La fièvre de Bercy" et "Le sponsor"
A travers ces 2 albums, que je vous invite à lire pour comparer, Graton nous trace un portrait réaliste des coulisses impitoyables du monde de la F1 actuelle et de ses liens avec le sponsoring, pas toujours recommandable !
La seule différence avec l'album de "la Camarilla", c'est que, dans ce dyptique, aucun pilote ne voit sa carrière compromise.

Pour en revenir à "La Camarilla":

Dans la réalité, l'avis médiatique d'un pilote, ou sa carrière, aussi brillante et glorieuse soit elle, ne pèsent strictement rien dans les choix des financiers qui président aux destinées de la F1, et, dans cette situation, le héros, Yon Clare, aurait eu beau se démener comme un beau diable, faire toutes les annonces qu'il aurait voulues, personne ne serait intervenu pour l'aider et prendre sa défense, les journalistes spécialisés (dont Lefranc ne fait pas partie, et donc pas autorité) se contentant, au mieux, de quelques mots compréhensifs à son égard.
Dans la réalité il se serait fait "virer" (jeter ?) comme un malpropre, ou comme le petit ouvrier que les patrons licencient sans même le connaître.

En fait, rien qui puisse génèrer une histoire comme celle contée par Jacques Martin, pourtant d'habitude mieux, et plus, documenté que pour cet album .
Le seul point réaliste dans ce scénario, c'est l'intervention à distance via la télémètrie pour perturber le fonctionnement du moteur de la voiture.
Tout le reste est autant fantaisiste qu'invraisemblable .

Mon défaut, face à cet album, c'est de trop bien connaître ce milieu, presque aussi bien que celui de l'aviation, et, alors que généralement j'apprécie les "Lefranc", là, c'est un rejet total !
A vous de me dire ce que, vous, vous en pensez au vu de ces quelques éléments que je viens de vous exposer ....

Raymond Damned

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16 Re: La Camarilla le Lun 7 Fév - 22:22

Raymond

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C'est vrai que le récit de la Fièvre de Bercy est beaucoup plus crédible que celui de la Camarilla. Jean Graton construit cependant ses histoires à partir de la réalité quotidienne de la F1, tandis que Jacques Martin évoque un monde sportif qui semble complètement imaginaire.


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17 Re: La Camarilla le Mar 8 Fév - 9:44

Damned

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grand maître
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Raymond a écrit:C'est vrai que le récit de la Fièvre de Bercy est beaucoup plus crédible que celui de la Camarilla. Jean Graton construit cependant ses histoires à partir de la réalité quotidienne de la F1, tandis que Jacques Martin évoque un monde sportif qui semble complètement imaginaire.

Justement : ce monde imaginaire est éloigné des réalités habituelles de Lefranc, alors que, par nature, les scénarios de Jacques Martin sont à chaque fois des fictions.
Sauf que, jusque là, il évitait les milieux trop spécifiques et en choisissait des plus favorables aux fictions, ce qui évitait ce genre de récit raté .

Tant qu'à faire dans l'imaginaire, autant s'éloigner franchement des contextes trop réalistes et trop "caractérisés"....

Raymond Damned

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18 Re: La Camarilla le Mer 9 Fév - 8:59

Raymond

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Daniel S m'a envoyé quelques photos du bord du lac de Côme. Il s'est ingénié à retrouver les sites qui avaient été dessiné dans l'album et cela donne des confrontations intéressantes.

Voici une première image :





Merci Daniel ! Very Happy


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19 Re: La Camarilla le Mer 9 Fév - 9:02

Raymond

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Admin
Voici une deuxième image !





Encore merci ! pouce


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20 Re: La Camarilla le Jeu 27 Mar - 10:59

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
Mise en couleur de la couverture (la signature de Jacques Martin est visible en bas, à droite).


21 Re: La Camarilla le Jeu 27 Mar - 17:47

Bernard

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bédéphile pointu
bédéphile pointu
Magnifique, merci Treblig pour cette merveille que tu partages avec nous  pouce 

22 Re: La Camarilla le Jeu 27 Mar - 18:36

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
C'est un plaisir, Bernard.  Very Happy

23 Re: La Camarilla le Ven 28 Mar - 10:32

Tarmac

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docteur honoris causa
docteur honoris causa
Superbe mise en couleur  pouce 

24 Re: La Camarilla le Ven 28 Mar - 10:34

Tarmac

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docteur honoris causa
docteur honoris causa
Ce soir, je vais me relire La Camarilla  cheers 

25 Re: La Camarilla le Dim 31 Aoû - 10:58

adrianstork

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alixophile
alixophile
[quote="Raymond"]Quand j'y pense, il y a en tout cas une chose qui manque à cette BD, ce sont les images marquantes, et en particulier celles qui savent créer une ambiance. L'histoire se déroule pourtant dans une région somptueuse, celle du lac de Garde où j'ai d'excellents souvenirs de vacances. En lisant [b]la Camarilla, je n'ai pas eu l'impression d'y retrouver des paysages, sauf lors de la conclusion, lorsque Lefranc s'éloigne à bord du ferry qui traverse le lac.



Normal que tu n'aies pas retrouvé des paysages que tu as vu car ce n'est pas le lac de Garde mais celui de Côme.
J'y étais très récemment et j'ai retrouvé les paysages dessinés. Certes le lettrage est étrange mais il se laisse vite oublier par l'intrigue assez trépidante. Je ne comprends d'ailleurs pas les avis pusillanimes au sujet de la F1. Certes, ce milieu n'est pas aussi pourri que le foot et le vélo (vous n'imagineriez pas Lefranc sur un vélo pour cet album), mais comme tout sport rapportant de l'argent, ça ne doit pas manquer de pots de vin et autres affaires de corruption, bien gardés par des lobbys puissants.
Si on critique la vraisemblance dans une BD on finit par critiquer d'autres œuvres comme From Hell d'Alan Moore dans SPOILER lequel la théorie de l'identité de Jack l'éventreur ne pouvait être imputé à un proche de la reine, une prostituée n'ayant aucun pouvoir social pour renverser une reine, malgré la peur de la révolution française, un siècle plus tot FIN DU SPOILER voire les James Bond dans un autre genre.
La Camarilla n'est donc pas le mauvais album dont on m'avait parlé (au fil de ma lecture chronologique, il s'agirait plutot de La crypte), certes Lefranc est plus spectateur qu'acteur et le scenario assez convenu prenant beaucoup de raccourcis (je travaille pour toi, je vais du zèle involontairement, tu ne veux pas me payer, alors je te tue), et les dessins manquant de gros plans (Axel Borg sans barbe est sexy et ressemble à XIII) mais l'histoire se suit assez bien avec ses éléments choquants (la réunion dans la mort de Yon et de Stefano) et ses éléments psychologiques assez complexes (l'humiliation violente du playboy par Yon, la séduction de la comtesse par Axel Borg, qui n'apparait pas comme forcée). Pas le meilleur mais pas le plus mauvais (meme celui d'avant s'essoufle au milieu au contraire de celui-ci). Allez je suis en forme, je me lance dans Le vol du Spirit.

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