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Fanzines et revues d'étude sur la BD

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101 Le Cri du Margouillat le Jeu 10 Juin - 23:40

Totoche Tannenen

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grand maître
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Puisqu' "on" insiste, je dis deux mots sur Le Cri du Margouillat et ses avatars...





En 1986, sur l'île de La Réunion, une bande d'étudiants passionnés de BD et en particulier amateurs de Moebius se regroupent autour de Boby Antoir et l'association Band'décidées et crée Le Cri du Margouillat (du nom d'un gecko local).

Le noyau originel de ce fanzine est constitué par Anpa, Appollo, Goho, Huo-Chao-Si, Li-An, Mad (le futur dessinateur de Louis-Ferdinand Quincampoix) ou encore Séné (Zistoir plafon en créole) qui y mettent au point leur premières bandes dessinées, encouragés par le dessinateur Michel Faure, Réunionnais de cœur.

Les rejoindront ensuite d'autres jeunes auteurs, venus des Mascareignes ou non, comme le Malgache Anselme, Stéphane Bertaud, Manu Brughera, Guy Delisle, Flo, Gregoire, Hobopok, Raoul Ketchup, Ronan Lancelot (qui deviendra rédac'chef de Fluide Glacial), Moniri, J.D. Morvan, Tehem (son Tiburce est un best-seller sur l'île), Fabrice Urbatro, etc, etc. (j'en oublie)
Le CDM devient une pépinière de talents. Le festival international de la BD de Saint-Denis est créé (Cyclone BD) ainsi qu'une maison d'édition : CDM (pour Centre du Monde, cette fois-ci !)

A partir du n° 15 est encarté un supplément : Le Marg, qui traite de la
vie culturelle sur l'île. Les critiques BD y sont parfois sévères, mais toujours justes, bien écrites, et avec humour : leurs auteurs (essentiellement Appolo, Li-An et Anpa) ne connaissent pas la langue de bois.
Le 28e et dernier numéro du Cri du Margouillat parait en mai 2000.



Il est remplacé en juin 2000, par Le Margouillat tout court, mené par Anpa.
Il s'agit cette fois d'un véritable mensuel satirique que l'on compare souvent au Canard Enchaîné ou à Charlie Hebdo.
Le Margouillat continue de publier des bandes dessinées d'excellente facture (tout le talent d'Huo Chao Si y éclate, on y publie les Sud africains Conrad Botes et Joe Dog, le Mauricien Laval Ng, Masson, Sfar, Trondheim...) et de traiter de l'actualité culturelle, mais il n'oublie n'oublie pas non plus de moucater les politiques. Appollo a la bonne idée d'y interviewer... des lecteurs de bandes dessinées.
Il y aura 13 numéros plus un hors-série consacré à l'élection présidentielle de 2002.



Aujourd'hui, l'équipe est dispersée. Beaucoup sont rentrés en Métropole, d'autre sont restés, pas mal sont devenus des professionnels de la BD, de l'illustration ou de l'animation, certains animent, toujours avec talent, le web.
Je suis toujours impressionné en re-feuilletant les anciens numéros que je possède par la qualité de ce fanzine.
Voilà, évidemment ç'aurait mieux été écrit par Raymond... Que les anciens du Margouillat me pardonnent.

quelques liens :
http://sites.reunionweb.org/margouillat/sommaire.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cri_du_Margouillat

http://www.li-an.fr/blog/tag/cri-du-margouillat/

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Raymond

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Superbe, Totoche ! pouce

Vous avez bien sûr compris que c'était moi qui avait "insisté". Wink

Le Cri du Margouillat est un fanzine important car il a lancé toute une génération de dessinateurs (qui sont pour la plupart encore très actifs).


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Raymond

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Passons maintenant à Café Noir, un fanzine plus classique créé par un groupe d'amateurs de la région de Brest. J'ai acheté dans le temps un exemplaire de ce fanzine, découvert par hasard chez un vendeur d'occase. Avouons-le, j'avais surtout été attiré par la belle couverture de François Bourgeon.



Lancée en 1987, cette revue avait pour principal objectif d'offrir un support de publication aux jeunes dessinateurs. Un fanzine dont les 2/3 des pages sont occupées par des BD d'amateurs n'est pas toujours attrayant, mais Café Noir se distinguait par une belle impression et une mise en page de grande qualité. Il offrait aussi quelques interviews intéressantes et des dossiers consacrés à des auteurs connus. C'est ainsi que dans le N° 4, dont vous voyez ci-dessus la couverture, il y a un dossier de 10 pages consacré à Bourgeon (surtout une interview) ainsi que deux interviews plus courtes (2-3 pages) de Yann et Annie Goetzinger. Tout cela n'est pas exceptionnel, mais c'est réalisé avec conscience et application. Les BD présentent sinon une facture assez classique, et on y trouve même quelques planches de Jeanne Puchol et de Mazan, qui sont depuis devenus des professionnels reconnus.

Précisons encore que Café Noir n'a pas fait une longue carrière car il n'y a eu que 5 numéros de 1987 à 1989. Ses évidentes qualités ont toutefois réussi à séduire le jury d'Angoulême, qui lui a décerné le prix du meileur fanzine en 1989.

Mais qui donc réalisait ce fanzine ? Le comité de rédaction est décrit sous l'éditorial et il se composait de Duthill, un dessinateur qui semble oublié, de P. Grée qui a écrit quelques textes vindicatifs (sur Schuiten en particulier) et surtout d'Alain Robet, un nom qui me dit par contre quelque chose ...  mais oui, bon sang, suis-je bête ! Idea  Il s'agit tout simplement du dessinateur de Gabrielle B, une belle série historique dessinée dans un style très "ligne claire". Je ne vous ferai pas un long commentaire de cette série mais vous pourrez facilement trouver des infos sur ce sujet sur le Web, par exemple dans Auracan.  Wink

Fanzine très classique, Café Noir a lui aussi été avant tout un tremplin pour quelques passionnés de BD, et quelques uns ont depuis fait carrière.  Very Happy



Dernière édition par Raymond le Jeu 20 Nov - 19:07, édité 1 fois


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Totoche Tannenen

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Puisqu'on est en Bretagne, tu as du Frilouz ?

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Eh non, car ce fanzine n'a jamais distribué en Suisse. Je ne sais donc pas à quoi il ressemble. deso Si c'est une bonne revue, n'hésite pas à venir nous en dire un petit mot ici ! pouce


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JYB


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Etant Breton et ayant des copains Bretons membres fondateurs de Frilouz, je pourrais vous en parler. Mais... je suis débordé (entre autres par le débat sur l'album L'Oasis qui m'a pris du temps ces derniers jours...). Quand je serai plus libre...

Raymond

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JYB a écrit:Etant Breton et ayant des copains Bretons membres fondateurs de Frilouz, je pourrais vous en parler. Mais... je suis débordé (entre autres par le débat sur l'album L'Oasis qui m'a pris du temps ces derniers jours...). Quand je serai plus libre...
Efectivement, on ne peut pas être partout. Et puis tu nous donnes à lire ! pouce


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Voici une image trouvée sur le Web de Frilouz, ce fanzine beton.  Very Happy



Selon le BDM, il y a eu 9 numéros de 1982 à 1984 et on y trouvait surtout des BD. Quelques dessinateurs du journal sont assez connus comme Malo Louarn, Hiettre, Gégé ou Schwartz.

Voilà, il ne manque plus qu'une véritable note de lecture avec quelques petites impressions personnelles.  Smile



Dernière édition par Raymond le Jeu 20 Nov - 19:08, édité 1 fois


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Il reste beaucoup de fanzines des années 80 qui n'ont pas été évoqués ici. Il m'est toutefois impossible de commenter ce que je n'ai pas lu.

C'est ainsi qu'il n'y aura pas de billet sur Bonté Divine, un fanzine helvétique (et même genevois) dont les chroniques de Filippini disaient le plus grand bien. Je n'en ai jamais vu un exemplaire.  deso



Peu de chose à dire également sur Rare et Cher, qui publiait surtout des BD de jeunes dessinateurs. Je me rappelle d'en avoir feuilleté une fois un exemplaire et ça semblait pas mal. Impossible de tout acheter, bien sûr !



Il y a encore d'autres revues qui sont mentionnées dans le BDM et je ne vais pas vous faire une liste fastidieuse. Je vous laisse une journée pour réparer d'éventuels graves oublis. Wink  Après cela, je commencerai les années 90.



Dernière édition par Raymond le Jeu 20 Nov - 19:15, édité 1 fois


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Totoche Tannenen

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Vu le Champagne cet aprèm' : à 30 euros la bouteille, je vais me contenter d'un crémant !

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Totoche Tannenen

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grand maître
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J'interromps une seconde le programme pour un bref flash d'actualités :

Parmi les fanzines, certains sont consacrés uniquement à un auteur :
c'est le cas du Journal des Amis de Freddy, un charmant fanzine d'une vingtaine de pages au format à l'italienne, accouché en 2009 par Geert et l'équipe du Club des Amis de Freddy (Lombard), entièrement dévoués à l'œuvre d'Yves Chaland.

La parution est annuelle et le second numéro est tout chaud puisqu'il vient tout juste de sortir de presse : dépêchez vous de le réserver car il n'y en aura pas pour tout le monde !



J'espère que vous m'excuserez pour ce saut dans les années 2000 et je vous rends l'antenne, mon cher Raymond.

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Raymond

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Merci Totoche, il y a sûrement dans le forum des amis de Chaland. pouce

Revenons aux années 90, et commençons par un petit tour d'horizon de cette époque là.

Dans les années 90, la presse BD ne va pas bien, et les grands journaux disparaissent les uns après les autres. C'est ainsi que Metal Hurlant, Tintin, Pilote, Circus et Pif ont cessé ou cessent leur publication à cause de la désafection de leurs lecteurs. A Suivre, Spirou et Fluide Glacial se maintiennent tant bien que mal, avec toutefois une importante baisse de leur tirage. L'album devient alors la référence de base, et les jeunes dessinateurs n'ont plus beaucoup d'autres solutions pour se faire publier. Le nombre de nouveaux livres s'acroisse chaque année et il devient impossible pour l'amateur moyen de tout connaître.

Au début des années 90, le World Wide Web n'a pas encore fini de tisser sa toile et la feuille imprimée reste la meilleure manière de publier ses oeuvres (ou ses articles). C'est ainsi que malgré les difficultés de la presse, une nouvelle vague de publications indépendantes (c'est-à-dire sans lien avec les grands éditeurs traditionnels) va apparaître et prendre une place croissante sur le marché. Ces indépendants se distinguent des fanzines traditionnels en publiant des albums (parfois des revues) exlusivement tournés vers la création. Leurs oeuvres revendiquent une esthétique différente, qui privilégie le noir et blanc et qui met en valeur des styles "personnels", souvent (mais pas toujours) en rupture avec la BD traditionnelle. Leurs publications sont éditées avec soin, souvent sur un papier de grande qualité, et leurs petits tirages donnent très vite à certains livres épuisés une étiquette de "collector". S'agit-il encore de fanzines ? S'agit-il de "comic books" à la française (c'est ainsi que le BDM les recense) ? Il n'y avait pas encore de réponse à l'époque mais on se rendit compte progressivement qu'un nouveau public apparaissait, souvent également amateur de manga, et que ces achteurs dédaignaient les albums de l'ancienne génération. Peut être que, 10 ans auparavant, une revue comme Lapin aurait été considérée comme un fanzine, mais en 1990, c'était plutôt une révolution éditoriale. On sait aujourd'hui qu'il s'agissait d'un phénomène mondial, que l'on pourrait appeler le mouvement des indépendants, et que la vocation de cette BD est avant tout de faire une oeuvre d'auteur (plutôt qu'un feuilleton populaire), en visant un public adulte.

Le paysage de la BD change donc radicalement pendant les années 90 mais les fanzines traditionnels continuent à paraître. Les "Cahiers" ont disparu en 1989, mais un petit nombre de revues restent bien implantées dans le monde de la BD. C'est le cas en particulier de Sapristi, de Hop, du Collectionneur de Bandes Dessinées, de Scarce et de PLG qui gardent un lectorat peu nombreux mais assez fidèle. Le succès croissant de la BD, l'explosion du nombre des albums et l'apparition de nouveaux styles va inciter de nouveaux amateurs à se lancer dans l'aventure de la création d'un journal. Les années 90 vont ainsi être riches en publications critiques de toute sorte.


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Raymond

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Totoche Tannenen a écrit:Vu le Champagne cet aprèm' : à 30 euros la bouteille, je vais me contenter d'un crémant !
Il y en a un sur Hislaire que je n'ai jamais vu. Il m'intéresserait bien mais ... 30 euros, faut quand même pas rigoler ! grr2


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Raymond

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Swof est bien sûr un des premiers fanzines des années 90 dont j'ai envie de discuter. Il a été créé près de chez moi, dans la région de Lausanne, par une petite équipe de passionnés regroupés autour de Stéphane Germann.



Certains d'entre vous ignorent peut être que c'était au départ un fanzine essentiellement tourné vers les comics books. Swof est d'ailleurs une abréviation de "Savage World Of Fantasy", ce qui est le véritable premier nom de la revue. Les 8 premiers numéros du fanzine contenaient essentiellement des dossiers consacrés à l'héroic fantasy, aux super-héros et aux dessinateurs vedettes des USA, un peu calqués sur le modèle de Scarce (avec quelques exceptions toutefois).  En fait, je connais mal cette première période qui s'étend de 1990 à 1992, lorsque le fanzine n'était encore qu'une revue photocopiée à la parution trimestrielle. Je n'en ai même jamais lu un numéro, mais je me souviens d'avoir feuilleté une fois le N° 8 en librairie. Cela ne m'avait pas intéressé à l'époque et je le regrette un peu ...  Embarassed  On peut toutefois trouver une liste de tous les numéros de Swof avec leur contenu sur cette page.




A partie du N° 9, la présentation du journal s'améliore, avec une impression de meilleure qualité et de belles couvertures couleurs. C'est alors que j'ai commencé à acheter le fanzine, qui était par ailleurs mieux distribué. Bien que n'étant pas spécialiste de super-héros, j'avais trouvé leur "dossier Daredevil" très bien fait. Mais le véritable tournant se situe en janvier 1995, avec la sortie du N° 14-15 consacré (en partie) à Hugo Pratt. C'est alors que les rédacteurs inaugurent leur fameuse formule "tête-bêche", soit 2 numéros regroupés en 1 et devant être lus en sens inverse l'un de l'autre. Cette maquette obtient un tel succès qu'elle se prolongera presque jusqu'à la fin.



Ce tournant corespondait aussi à la décision d'accorder une place plus grande (et constante) à la BD franco-belge. C'est ainsi qu'il y avait dos à dos un journal consacré aux dessinateurs américains et un autre dédié aux classiques francophones. L'intérêt de Swof provenait aussi du courage et du labeur de ses rédacteurs, qui n'hésitaient pas à se lancer dans des revues rétrospectives de certaines oeuvres classiques. Chaque numéro contenait un dossier dédié à un ou deux auteurs de BD considérés comme "classique", en leur consacrant une grand interview ainsi que des articles d'analyse. On y retrouvait un peu l'esprit (mais pas la présentation) des premiers Cahiers de la BD, ainsi que cette volonté d'établir une nouvelle hiérarchie. Il suffit de voir la liste des créateurs choisis (Pratt, Vance, Zep, Juillard, Schuiten, Andreas, Hermann, Gir + Moebius, Tardi, Van Hamme ...) pour y retrouver tous les "grands de la BD" des années 90.

Swof s'est appliqué à paraître d'une manière assez régulière pendant une décade, mais au début des années 2000, des éditoriaux commencent à avouer la fatigue des rédacteurs devant une tâche devenant de plus en plus lourde. Quelques beaux numéraux spéciaux paraissent au début des années 2000 (dont un qui est consacré à la Suisse Romande), puis une nouvelle formule complètement "monographique" est essayée en 2002. Il s'agit d'un superbe album cartonné consacré à Frank Le Gall, qui reste d'ailleurs le seul livre d'étude sur cet auteur jusqu'à ce jour.



Cet album représentait un magnifique effort de qualité mais il s'est assez mal vendu. On en trouve d'ailleurs parfois encore quelques exemplaires chez les vendeurs d'occase. Ce relatif échec commercial a semble t-il fini par décourager les derniers "moteurs" de l'équipe et l'album suivant, qui devait être consacré à Hugo Pratt, n'est finalement jamais sorti. Swof a ainsi fini par disparaître au cours de l'année 2002, assez discrètement, après l'épuisement de ses animateurs. Il en reste aujourd'hui une magnifique collection de journaux qui reflète de façon intelligente le monde de la BD des années 90.



Dernière édition par Raymond le Jeu 20 Nov - 19:20, édité 1 fois


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JYB


vieux sage
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Au sujet de Swof, un grand tournant (entraînant, me semble-t-il, la fin de sa parution) est surtout un numéro spécial Blueberry où, en particulier, un des auteurs, sous pseudonyme, s'est en pris très durement à François Corteggiani, scénariste de La Jeunesse de Blueberry après le décès de Charlier. C'était un pamphlet très dur, assez incompréhensible dans sa raison d'être, qui, par comparaison, fait apparaître les critiques que j'ai lues ici contre l'album récent de Lefranc, Le Châtiment, comme un doux babillage à l'eau de rose.
On a compris (enfin, quand je dis "on", ce n'est pas moi, mais d'autres...) que ce pseudo cachait un scénariste qui avait proposé aux ayants-droit Charlier d'écrire des scénarios pour la Jeunesse, mais qui avait été éconduit. Son brûlot anti-Corté aurait été dicté par la vengeance et l'aigreur. Un ensemble de courriers des lecteurs a rempli des colonnes du numéro suivant - et même des numéros suivants, je crois. J'avais échangé quelques mails privés avec cet auteur anonyme, et il s'est défendu en disant qu'il n'était pour rien dans ces critiques... J'avais envoyé un long mail au responsable du canard, pour lui demander des explications, et il a publié des extraits de ce mail dans le courrier des lecteurs d'un numéro suivant, mais en sélectionnant quelques extraits pas trop significatifs, et en répondant exprès à côté des questions pour "noyer le poisson"... Toujours est-il - je l'ai dit plus haut - qu'il me semble - sans que j'en sois sûr - que ce dossier "Blueberry" a été diversement apprécié et qu'il a dû entraîner une déconsidération du fanzine, aux yeux des lecteurs.

Raymond

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Oui, je me rappelle bien de cette polémique sur François Corteggiani. Il y avait eu 3 ou 4 pages consacrées à cela dans le courrier des lecteurs du numéro suivant, et la polémique avait même rebondi dans certains forums comme BD Paradisio. Pour ma part, je n'avais pas accordé beaucoup d'attention à cet article très critique sur la Jeunesse de Blueberry parce que ... je ne suis moi-même pas un grand admirateur de cette série dérivée (j'en veux d'ailleurs toujours à Blanc-Dumont d'avoir abandonné "sa série" qui était Jonathan Cartland). Au fond, je ne connaissais pas assez la BD (j'ai arrêté de la suivre dès la reprise de Wilson) pour m'intéresser à cette critique. L'auteur de cet article se nommait Jean Cygne et j'ignore toujours qui se cachait derrière le pseudo. Franchement, je ne sais que penser de l'histoire du rédacteur qui aurait écrit sa critique uniquement par vengeance. Ce n'est pas impossible mais Swof a tout de même publié de nombreuses critiques d'albums (ou d'oeuvres) qui étaient tout aussi méchantes que ce texte sur Corteggiani, et on ne peut pas soupçonner l'existence d'une vengeance derrière chacune de leurs condamnations. Cette agressivité pouvait concerner aussi bien les BD des USA que les oeuvres franco-belge et ce ton sarcastique, voir même féroce, était en fait une composante du style du fanzine. Il contrebalançait les nombreux commentaires enthousiastes qui témoignaient de leur amour de la BD.

Soulignons que malgré cette polémique assez longue, Swof a tout de même continué à paraitre pendant environ 2 ans après cela (ce numéro spécial "western Charlier" datait du printemps 2000). Je ne crois pas que le fanzine a été déconsidéré (*) ni que la polémique ait découragé les rédacteurs. Cela aurait même pu les stimuler à continuer, car certains membres de l'équipe ne manquaient pas de tempérament ! Je crois qu'ils avaient surtout pris de l'âge (ils étaient tous assez jeunes au départ) et qu'ils avaient envie de passer à autre chose. Le N° 30 consacré à Druillet (entre autres) se ressentait un peu de cet épuisement. L'échec de la monographie consacrée à Frank Le Gall a probablement joué un plus grand rôle que tout le reste.

(*) Il ne s'est en tout cas pas retrouvé comme déconsidéré en Suisse. En France ... je ne sais pas ! Cela m'intéresserait de savoir ce qu'en pense les autres ? Wink


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JYB


vieux sage
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Je maintiens ce que j'ai dit - jusqu'à preuve du contraire et en rappelant toutefois que je n'affirme rien à 100% - sur le malaise qui a suivi la polémique "Jeunesse Blueberry" au sein de la rédaction de Swof, et sur la déconsidération du fanzine (dans certains milieux de la BD ; si on demande à de simples lecteurs, suisses ou français, sans doute qu'ils n'ont rien remarqué) ; j'ai eu des avis des principaux protagonistes (Corteggiani, le patron de Swof, l'un des rédacteurs, et Dargaud éditeur de Blueberry) ; en lisant entre les lignes leurs propos, j'ai bien senti que ça a chauffé et que certains étaient dans leurs petits souliers...
Tu parles toi-même de l'épuisement des animateurs ; je ne sais pas si tu as des tuyaux sur cet "épuisement", mais il n'est pas impossible que cet "épuisement" se soit traduit par un manque d'envie de continuer la publication (à cause de ce qui s'est passé). Le numéro Blueberry/Western date du printemps 2000, tu dis que Swof a cessé de paraître en 2002 : vu que le fanzine n'était, je crois, que trimestriel, et vu que la polémique a duré quelques numéros, tout ça peut concorder.
Je crois connaître le vrai nom de la personne qui avait signé "Jean Cygne" ; je ne le dirai pas ici, ce n'est plus le propos, et tout ça est loin. Tout ce que je sais, c'est que ce monsieur a une grosse documentation sur la guerre de Sécession et, ce qu'on m'a dit de source sûre, c'est qu'il rêvait d'être le scénariste de La Jeunesse de Blueb.

Totoche Tannenen

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Raymond a écrit:
Totoche Tannenen a écrit:Vu le Champagne cet aprèm' : à 30 euros la bouteille, je vais me contenter d'un crémant !
Il y en a un sur Hislaire que je n'ai jamais vu. Il m'intéresserait bien mais ... 30 euros, faut quand même pas rigoler ! grr2

Aucun rapport entre ce titre et la commune de Champagne en Suisse, donc ?

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On peut donc dire que ce superbe Hors-Série consacré Le Gall fut leur chant du Cygne.

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Raymond

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Je n'ai pas d'informations privilégiées, en dehors d'un petit échange épistolaire (et banal) avec Stéphane Germannn à une époque ou Swof avait déjà cessé de paraitre. Je lui avais acheté 2-3 choses en lui demandant au passage ce qu'il en était du fanzine. Je ne me souviens plus de ses termes, qui étaient plutôt évasifs, et qui traduisaient justement cette lassitude de l'équipe.

Une source plus fiable, ce sont les éditoriaux de Swof que j'ai rapidement parcouru ce matin. Ils évoquent dès 1998 certaines difficultés financières, le fanzine ne survivant que grâce à des encarts publicitaires et à la vente d'objets paraBD. Ces éditoriaux se plaignent d'un certain manque de soutien et je note que le prix du fanzine avait augmenté lors du numéro consacré à Bilal et Carl Barks. Cette augmentation du coût (20,- Fr suisses tout de même) a pu entraîner la démission de quelques acheteurs, car lorsqu'un fanzine devient plus cher qu'un album, il y a inévitablement un mouvement de recul des amateurs. Rolling Eyes L'éditorial du numéro 28, consacré à Dupuy-Berberian et Alan Moore (et toujours avant "l'affaire Corteggiani") contient aussi des remarques du même ordre. Bref, je pense que cette question financière a dû jouer un rôle non négligeable.



Dernière édition par Raymond le Jeu 24 Juin - 11:12, édité 2 fois


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Totoche Tannenen

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Un second Carnet Passion était prévu et devait être consacré à Hugo Pratt.
http://swof.scdi.org/swofin.html

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Raymond

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Totoche Tannenen a écrit:On peut donc dire que ce superbe Hors-Série consacré Le Gall fut leur chant du Cygne.
Effectivement ! Wink pouce Il faut dire que c'était une véritable monographie, avec biographie, interview, articles d'analyse et bibliographie complète. Il était imprimé de façon professionnelle, avec pages en couleur et couverture cartonnée. Ce numéro montrait ainsi une nette progression en qualité par rapport aux précédents, et je regrette d'autant plus que ceci n'ait pas été poursuivi. Sad



Dernière édition par Raymond le Jeu 24 Juin - 11:11, édité 1 fois


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vieux sage
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Raymond a écrit: les éditoriaux de Swof que j'ai rapidement parcouru ce matin. Ils évoquent dès 1998 certaines difficultés financières (...) Bref, je pense que cette question financière a dû jopuer un rôle non négligeable.
Tu as raison, la question financière a dû peser dans la balance, j'ai d'ailleurs failli le dire plus haut, et puis c'est passé à l'as dans l'évocation de la polémique "Jean Cygne"/Corteggiani... ; je me souvenais aussi qu'il y avait des difficultés, et je dois dire que je m'étonnais à l'époque de la qualité d'impression, avec de la couleur et du beau papier, des numéros de Swof (comme celui sur Blueberry) ; c'est très rare du côté des fanzines, qui n'ont en général pas de moyens... Mais à mon humble avis, selon ce que je retiens de cette époque, la polémique n'a pas arrangé les affaires.

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
Bien entendu, je n'allais pas rester muet sur ce billet consacré à Swof.

N'ayant pas connu cette revue sous sa première forme, je m'en tiendrai à ce fameux "tournant" évoqué par Raymond.

Rarement, dans le cercle relativement étroit du fanzinat, j'ai rencontré un titre possédant autant d'atouts : une présentation luxueuse et aérée, un papier bouffant, des articles bien rédigés, un nombre de pages conséquent (100 ou plus), une abondante iconographie.

En ce qui concerne la série "normale", je regrette juste le déséquilibre rédactionnel constaté dans le numéro 27 du Printemps 1999.



Moins de 20 pages consacrées à Carl Barks, comparées à la cinquantaine centrées sur Enki Bilal, m'a paru faire peu de cas de la carrière d'un des plus prestigieux auteurs de l'univers disneyien.

A contrario, deux numéros hors-série ont totalement répondu à mon attente : tout d'abord, le 1 axé sur la "BD SUISSE".

J'avais trouvé cette démarche intéressante et inhabituelle (un "chauvinisme" somme toute bon enfant ) de passer en revue l'ensemble des artistes helvètes où les "pointures" côtoyaient les artistes moins emblématiques.

Ainsi, j'ai eu plaisir à connaître un peu mieux un auteur comme Exem, ce qui m'a incité par la suite à me procurer l'excellent livre qui a retraçé tout son parcours.



Et puis, comment ne pas apprécier ce fameux numéro 2 (mais oui, JYB ) qui nous faisait revisiter la célèbre série Blueberry en revenant sur l'apport de ses différents auteurs.

Alors, effectivement, on peut se ranger dans la catégorie (ce n'est pas mon cas !!) de ceux qui déplorent la "charge" un peu trop poussée à l'égard du scénariste actuel de la "Jeunesse de Blueberry", comme on peut reprocher à Jean-Michel Charlier par le passé d'avoir un peu trop "tiré sur la ficelle" en réutilisant dans plusieurs de ses séries des procédés narratifs répétitifs.

Le lecteur est suffisamment capable de se faire sa propre opinion sur le bien fondé ou non de telle ou telle critique énoncée à l'encontre d'un auteur.

Et, par rapport à François Corteggiani, je n'oublie pas non plus, outre le fait qu'il diffuse sur le web actuellement un excellent blog que j'ai d'ailleurs cité plus d'une fois ces derniers temps, qu'il a publié à compte d'auteur un album d'Eva du regretté Marin, montrant au public à cette occasion que l'oeuvre de ce grand auteur comique ne se réduisait pas seulement à avoir dessiné des "Bébés Disney".

Rien que pour cela, il mérite toute notre considération.

J'ajouterai pour terminer que leur dernier numéro cartonné sur Le Gall a démontré amplement le savoir-faire indéniable de leurs rédacteurs.

Raymond

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Merci Treblig ! Very Happy

Ce que l'on peut encore souligner, c'est l'éclectisme de Swof qui consacrait de nombreuses pages aux chroniques des nouveaux albums, en s'intéressant aussi bien au franco-belge classique qu'aux comic books (version française et VO), au manga et aux "indépendants. Les critiques montraient souvent des goûts plutôt élitaires (et ceci explique un peu l'attitude envers Corteggiani, je pense) mais j'appréciais leur volonté de s'intéresser à tout. Je trouvais que cette revue était très utile pour avoir un regard d'ensemble sur les nouvelles parutions. Elle m'a d'ailleurs incité à m'intéresser à de nouveaux auteurs encore peu connus à l'époque, comme Moynot ou Rabaté, et c'est encore un compliment qu'il faut mettre au crédit de Swof.


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