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Le démon du Pharos

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1 Le démon du Pharos le Jeu 12 Mar - 9:42

Raymond

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Admin
Je n'ai pas retrouvé la petite chronique que j'avais faite dans l'ancien forum, mais j'en ai découvert une autre encore meilleure sur le blog d'Hectorvadair qui vous intéressera. Elle est ICI

Hectovadair souhaiterait un peu plus d'aventures et un peu moins de politique, mais pour ma part, j'apprécie cet album tel qu'il est ! Wink


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2 Re: Le démon du Pharos le Jeu 12 Mar - 17:07

Lion de Lisbonne

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grand maître
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Je suis d’accord avec toi !
Le scénario de l’album est bon, et le dessin de Simon est très bon aussi !
Au début j’ai pensé que l’album serait plus intéressant s’il avait la présence d’Arbacés, mais maintenant je ne suis pas si sure … scratch
En résumée c’est un album d’un très bon niveau ! cheers

3 Re: Le démon du Pharos le Jeu 12 Mar - 23:00

Jacky-Charles


license ès BD
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Arbacès est quand même un peu présent dans "Le démon du Pharos". Je m'explique, et dites-moi si vous constatez la même chose.
Tout d'abord, dans "Avec Alix", édition 2002, page 250 : "Le maître de Pharos" nous ramènera à Alexandrie où l'on apprendra comment Arbacès entretient le feu du fameux phare qui ne s'éteint jamais."
En effet, Arbacès n'apparaît pas dans cette histoire, son rôle étant tenu par Polynice. Ce dernier, au bas de la page 9, croise Alix et Enak dans le marché d'Alexandrie et il remarque : "Tiens, tiens, qui voilà, mes informateurs ne m'avaient donc pas menti !"
On s'attend à une confrontation, et puis, page 16, les trois personnages se croisent dans le phare... et ne se reconnaissent plus ! Par la suite, Polynice ne désigne pas autrement les intrus que par : "Un Gaulois et un Egyptien" et cherche qui ils sont, ce qui ne serait sûrement pas le cas d'Arbacès !
Ma conclusion : la case de la page 9 est un vestige du rôle d'Arbacès, que les auteurs auraient oublié, cela soit dit sans les critiquer, car l'histoire est par ailleurs excellente.
Cela m'intrigue, ou alors je n'ai rien compris ! Avez-vous une autre interprétation ?

4 Re: Le démon du Pharos le Jeu 12 Mar - 23:42

Lion de Lisbonne

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grand maître
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C'est possible que tu aies raison, mais je pense qu'il y a aussi une autre interprétation possible. À la cage de la page 16 c'est visible que Alix reconnais Polynice, mais je pense que Polynice ne voit pas Alix et Enak, parce qu'ils sont à sa gauche, et à ce moment il regarde à sa droite.

5 Re: Le démon du Pharos le Ven 13 Mar - 0:06

Treblig


Double prix Nobel
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Jacky-Charles, je trouve ta remarque tout à fait excellente et tu as bien fait de mettre en évidence ces quelques singularités scénaristiques.

Ce qui est drôle d'ailleurs c'est que, bien que je ne me souvenais plus que le nom d'Arbacès avait été annoncé comme acteur de cette histoire dans "Avec Alix", pour moi il ne faisait aucun doute que le mot "démon" ne pouvait désigner que l'ennemi juré d'Alix et d'Enak.

Et d'ailleurs, quand j'ai acheté et lu cet album, j'avoue franchement avoir été déçu de sa non-apparition. :x

6 Re: Le démon du Pharos le Ven 13 Mar - 19:17

Raymond

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Admin
Pour ma part, je pense que Jacky-Charles a tout simplement relevé une petite faille dans l'illustration (ou le scénario) du livre. Si je relis tous ces passages et que j'essaie d'en déduire un ensemble cohérent, je conclus que Polynice n'est pas le personnage qui regarde l'arrivée d'Alix et d'Enak en page 9 de l'album. Qui serait alors ce personnage, cela reste un mystère ? Il n'y a probablement pas besoin de lui donner un nom. Je le vois simplement comme un informateur qui travaille pour un des clans qui s'affrontent à Alexandrie.

Evidemment, ce personnage a les mêmes habits et la même apparence que Polynice ... c'est gênant alien


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7 Re: Le démon du Pharos le Ven 13 Mar - 21:23

sergius

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alixophile
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C'est le meilleur alix en tout point depuis que J.Martin ne les dessine plus ! Enfin un scénario digne d'un Alix( merci P.Weber)et que dire de la maîtrise graphique de C.Simon !
Un Alix sans Arbacès c'est bien, ce personnage aurait du mourir dans la tiare d'Oribal pour ne plus y revenir... Ce méchant n'as pas la complexité d'un Axel Borg ou "l'étrangeté" d'un Gilles de Rais.

8 Re: Le démon du Pharos le Mar 17 Mar - 17:44

Jacky-Charles


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Merci de vos observations. Comme quoi, on peut avoir des interprétations très différentes avec un même point de départ.

9 Re: Le démon du Pharos le Dim 8 Aoû - 12:58

Raymond

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Admin
A l'époque de l'Antiquité, Alexandrie était une des villes où se situait l'une des Sept Merveilles du Monde. Construit pour protéger et guider les marins vers le port, le célèbre phare était aussi un monument qui témoignait de la puissance des Ptolémée, cette dynastie de grecs qui furent les derniers pharaons d'Egypte.



Plutôt que cet orgueilleux phare, il me semble que la vraie merveille d'Alexandrie était sa célèbre bibliothèque, la plus grande du monde antique. Les Ptolémée étaient de grands collectionneurs et ils avaient eu l'ambition de rassembler non seulement les ouvrages de la littérature grecque, mais également des oeuvres écrites dans d'autres langues. Ptolémée demanda donc aux autres nations de l'Antiquité de lui envoyer leurs manuscrits historiques, philosophiques, scientifiques ou littéraires et il les fit traduire en langue grecque par une cohorte d'intellectuels et de savants. C'est d'ailleurs à cette époque que fut écrite la Bible des Septante, qui fut pendant 2000 ans le texte de référence pour les chrétiens. Après quelques décennies, la bibliothèque avait rassemblé plus de 500'000 ouvrages, tous patiemment recopiés sur des rouleaux de papyrus par une armée de scribes (qui étaient bien souvent de simples esclaves). Tout le savoir de l'humanité avait ainsi été rassemblé en un seul lieu, et c'était devenu une sorte de temple du savoir.

Cette bibliothèque a disparu en même temps que la dynastie des Ptolémée. Il semble bien que ce soit le grand incendie allumé par Jules César lors de sa guerre contre les égyptiens qui en ait précipité la destruction. Il m'arrive parfois de penser à tout de que nous pourrions connaître sur les origines de notre civilisation si ce lieu n'avait pas été détruit. Combien de "bibles", de traditions écrites, de papyrus de Manéthon (  Wink  ) ont alors définitivement disparu dans les flammes ? Cela me donne parfois à rêver.

Lorsque Jules César envoie Alix à Alexandrie pour une nouvelle mission, nous sommes probablement en -48 avant JC. La bibliothèque est toujours intacte, mais il ne reste plus que quelques mois avant sa destruction. Au début de l'histoire, Alix et Enak ont été accueillis par le bibliothécaire Clisthène et celui-ci les fait travailler sur d'anciens manuscrits, afin de leur permettre de passer inaperçus. Ce galopin d'Alix passe toutefois son temps à s'échapper de la bibliothèque (pour chercher l'aventure) plutôt que de profiter de cette chance unique de découvrir des documents rares.



Le bibliothécaire était un personnage important et de nombreux lettrés rêvaient d'obtenir cette place. Il avait également un certain pouvoir politique et, devant choisir entre le jeune Ptolémée et Cléopâtre qui luttent pour s'approprier le pouvoir, Clisthène a décidé de soutenir la reine. Alexandrie est alors une ville dangereuse dominée  par les rivalités, les complots et les morts violentes.



Le Démon du Pharos nous raconte en fait une aventure policière, dominée par les intrigues et les complots de Ptolémée et de Cléopâtre. Au cours de son enquête, Alix découvre progressivement la fourberie de Polynice, le maître du phare qui est devenu le chef d’une bande de pirates afin de s’enrichir. L'intrigue est relativement complexe mais j'ai eu du plaisir à la redécouvrir. Les péripéties sont assez nombreuses mais, curieusement, les images les plus marquantes correspondent à des portraits. il y a ainsi ce gros plan sur le visage de Philippos, cet élève énigmatique qui se place en rival d'Alix, et qui l'aide tout en souhaitant le faire partir.




Il y a bien des combats et des poursuites dans le Démon du Pharos, mais l'histoire avance plutôt sur un rythme tranquille. L'intérêt des auteurs pour les personnages semble prédominer sur le plaisir de l'aventure. Une séquence tout à fait exemplaire me semble être ainsi l'apparition de Cléopâtre. Le visage d'une femme voilée apparait soudain au grand jour, dans toute sa beauté. Cristophe Simon aime en fait dessiner les visages et corps humains.



Les scènes de combat ne semblent pas être la spécialité du dessinateur. Relevons tout de même une belle séquence de combat naval, avec une attaque de pirates racontée avec précision, mais elle semble se dérouler en pleine nuit. Est-ce bien réaliste, car les manoeuvres de bateaux ne pouvaient se faire que pendant la journée à l'époque antique ?



La gigantesque métropole qu'était Alexandrie ne nous est montrée qu'avec parcimonie. On voit souvent le phare, mais il n'y a sinon que quelques vues sur le port ainsi que des  images de rues qui nous montrent une foule en pleine activité. J'aurais souhaité un peu plus de plans généraux sur la ville, pour mieux préciser le contexte.



Ces petites réserves étant exprimée, il faut dire que le Démon du Pharos est un bel album que j'ai relu avec intérêt. C'est un album qui est digne de la tradition de qualité que souhaitait préserver Jacques Martin. Jacky-Charles nous a maintenant préparé un texte d'analyse (ce sera malheureusement un des derniers  Sad  ) et il ne fait pas de doute qu'il trouvera beaucoup de faits historiques à commenter dans cette histoire.



Dernière édition par Raymond le Jeu 29 Mai - 14:12, édité 1 fois


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10 Re: Le démon du Pharos le Dim 8 Aoû - 23:02

Jacky-Charles


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Eh oui, c'est la dernière des analyses d'albums pour les aventures d'Alix... ( en attendant la prochaine parution ).

Je rappelle quand même que ces analyses avaient été lancées par Diego sur le site "Alix l'intrépide" où vous pouvez lire les huit premières rédigées par lui :
Iorix le grand
Le fils de Spartacus
Le spectre de Carthage
La tour de Babel
L'empereur de Chine
Vercingétorix
Ô Alexandrie
Le fleuve de jade.

J'avais enchaîné sur ce même site avec :
Les légions perdues
Le dieu sauvage ( et, pour celui-ci, avec un complément sur le présent forum ).

Il me restera donc à vous présenter prochainement les analyses des deux romans inédits, bien que je pense que tout le monde ne les a pas lus :
Le sortilège de Khorsabad
L'ombre de César.

Revenons donc au "Démon du Pharos". Cette fois-ci, Alix et Enak sont en mission officielle, quoique secrète, à Alexandrie, et ce ne sont pas précisément des vacances. J'aime bien l'ambiance de cette histoire, traitée sous la forme d'un polar urbain, sans chevauchées ni grands espaces, et avec un enjeu intéressant, même si le récit se sent un peu à l'étroit dans ses 46 pages, bien mis en valeur cependant par le dessin de Christophe Simon.
Je vous propose ci-après une brève histoire de la dynastie des Ptolémée et quelques informations sur Alexandrie, sa Bibliothèque, son phare, son dieu Sérapis... En route pour l'Egypte !

LE DEMON DU PHAROS


Vingt-septième aventure d'Alix




Le résumé

Alix et Enak sont de retour à Alexandrie où ils sont chargés d'une mission confidentielle : la reine Cléopâtre, qui n'a pas encore rencontré César, veut le prévenir d'un complot que le roi Ptolémée XIII et ses conseillers ourdissent contre lui, peut-être à l'instigation de Pompée. Pour se dissimuler, ils se font passer pour des étudiants travaillant à la Bibliothèque, sous l'autorité du philosophe Cristène, ce qui intrigue l'un de ses élèves, Philippos. C'est ainsi que, des fenêtres de la Bibliothèque, ils assistent, une nuit, à l'extinction du Phare guidant les navires pour entrer au port, ce qui se traduit par le naufrage de l'un d'eux. Ils ne peuvent s'empêcher d'enquêter dans le phare et rencontrent son gouverneur, le Crétois Polynice. Ils comprennent alors, non seulement que celui-ci a de sombres projets, mais qu'il travaille pour plus puissant que lui...


Quand cela se passe-t-il ?

Nous sommes entre l'avènement des souverains actuels, Ptolémée XIII et Cléopâtre VII, qui a eu lieu en -51 après la mort de Ptolémée XII Aulète, et avant l'arrivée de César en Égypte, en octobre -48, et plus probablement avant le milieu de l'année -49. En effet, à partir de cette dernière date et jusqu'au milieu de l'année -48, Cléopâtre n'était pas à Alexandrie, qu'elle avait dû fuir pour se protéger des manigances de son frère-époux ; elle se trouvait alors en Syrie, où elle essayait d'engager des mercenaires pour contrer Ptolémée, qu'elle retrouvera à Péluse, peu avant les arrivées mouvementées de Pompée, puis de César. Disons, pour simplifier, que nous sommes au second semestre -50.


Où cela se passe-t-il ?

Pour la première et unique fois dans les aventures d'Alix, cette histoire se déroule exclusivement dans un cadre urbain : celui de la ville d'Alexandrie, dont nous ne sortons pas.


Le contexte historique

Le contexte égyptien

Depuis qu'ils ont succédé à leur père Ptolémée XII Aulète en -51, Ptolémée XIII et Cléopâtre VII sont en constante opposition. En fait, le roi laisse gouverner ses trois principaux conseillers : le vizir Pothinus ( un eunuque ), le général Achillas, chef des armées, et un certain Théodotus dont je n'ai pu définir le rôle exact. Ces trois-là s'opposent parfois entre eux, leur seul point commun étant de circonvenir le souverain et d'écarter la reine des affaires. Cléopâtre ne se laisse pas faire, mais elle doit céder, à son corps défendant : comme on l'a vu, du milieu de l'année -49 au milieu de l'année -48, elle quitte l'Égypte et se réfugie en Syrie où elle cherche à lever une armée de mercenaires. Elle y réussira et regagnera l'Égypte, mais ce sera pour tomber à Péluse sur les troupes de Ptolémée. Il n'y aura pas de confrontation cette fois-ci, ce sera pour plus tard, quand les Romains, après plusieurs mois de siège dans Alexandrie, auront reçu des renforts.
En attendant, les évènements se sont précipités : Pompée, vaincu à Pharsale le 9 août -48, débarque pour se mettre à l'abri en Égypte où il croit que les nouveaux souverains sont dans le même état d'esprit à son égard que feu Ptolémée XII et le protégeront. Mais Ptolémée XIII et Pothinus ont entendu parler de la victoire de César, et, pour se faire bien voir du nouvel homme fort de Rome, font exécuter Pompée. César en est fort mécontent quand il débarque à son tour en octobre -48 ( aurait-il voulu se rabibocher avec son ancien complice devenu ennemi ? ) et prend les choses de haut avec Ptolémée et ses conseillers. C'est alors que Cléopâtre, qui a été tenue à l'écart jusqu'à présent, rencontre enfin César, avec ou sans tapis. Une émeute de la population d'Alexandrie ( ce n'est pas la première, ces gens-là sont coutumiers du fait, voir ci-après l'histoire des Ptolémée ) oblige César et ses hommes, en trop petit nombre pour faire face, à se retrancher dans le Palais royal. Une armée formée au Proche-Orient vient enfin à leur secours et bat les troupes d'Achillas au début de -47. Ptolémée et Pothinus sont liquidés, Cléopâtre a le trône, l'Égypte et César pour elle toute seule. Elle va régner pendant 17 ans.

Le contexte romain

A Rome, les choses ne sont pas plus simples. Si nous sommes en -50, comme c'est probable, César a terminé la pacification de la Gaule, et il gère sa conquête en proconsul consciencieux. Il assure qu'il lui reste du temps de commandement à faire dans sa province et demande la permission de se présenter aux élections du consulat sans être présent à Rome. Un succès le préserverait des poursuites judiciaires dont ses ennemis politiques le menacent : ils l'accusent d'abus de pouvoir en Gaule. Mais ses adversaires affirment aussi qu'il a épuisé la durée du pouvoir pour lequel il était désigné en Gaule, qu'il se trouve réduit au rang de simple particulier et qu'il peut être traîné devant les tribunaux.
Les uns et les autres ont raison, mais il est évident qu'ils ne calculent pas de la même façon. César compte deux fois cinq ans : sa province lui a été accordée par le Sénat pour 5 ans, de -58 à -54, et cette durée a été renouvelée de -53 à -49. Ses adversaires font partir la seconde étape du jour où la loi la concernant a été votée, soit un an avant la fin de la première étape, ce qui fait 5 + 4 = 9 ans, se terminant donc à la fin de -50, et non pas à la fin de -49 comme le soutient César.
A cette argumentation juridique, il faut ajouter le conflit d'ambition entre César et Pompée. Depuis son camp de Ravenne, César envoie des messagers à Rome où il a l'appui des tribuns de la plèbe. Il n'est pas certain qu'il eût été très heureux si ses exigences avaient été acceptées. Par chance pour lui, les Sénateurs les plus durs, sans doute appuyés par Pompée, refusent toutes ses requêtes.
Le 12 janvier -49, César franchit le Rubicon. Non seulement il ne veut pas être traduit en justice, mais encore il n'entend pas laisser le champ libre à Pompée. En s'engageant dans cette nouvelle phase de la guerre civile, il risque davantage qu'en combattant les Gaulois : il aurait contre lui des légionnaires menés par un chef qui a fait ses preuves. Cette guerre, il pourrait ne pas la gagner...


Comment est racontée l'histoire ?

C'est la deuxième aventure d'Alix entièrement due à Christophe Simon au dessin ; il est signalé une participation aux décors de Manuela Jumet. L'ensemble est très cohérent du point de vue de l'ambiance : on vit vraiment dans une ville vivante et colorée où l'on croise des représentants de toutes les populations existant autour de la Méditerranée et même plus loin. On va à peu près partout avec le même bonheur : au port, dans le Phare, dans la Bibliothèque, au palais royal, dans l'atelier du sculpteur Démosthène, et, bien entendu, dans les rues. Un seul regret : il n'y a aucune vue d'ensemble, alors que la disposition des bâtiments dans la ville est assez bien connue, et on ne comprend pas toujours très bien comment les personnages vont de tel endroit à tel autre.
Du point de vue du scénario, nous avons plus affaire à une enquête à suspense – cette fois-ci, la clé du mystère ne nous est révélée qu'à la fin – qu'à une aventure épique comme nous en avions l'habitude. On nous avait promis Arbacès, on a Polynice à sa place, mais ce dernier n'a rien à voir avec le fils d'Oedipe, d'ailleurs il est Crétois et non pas Thébain ; il fait cependant très bien l'affaire, avec son physique impressionnant, et on est sûr qu'il ne reviendra pas dans une prochaine histoire. Il est vrai qu'il aurait peut-être été difficile de caser encore une fois Arbacès après ses exploits en Assyrie. Il est quand même un peu là, car l'avant-dernière image de la page 9 contient une réplique de Polynice, reconnaissant Alix et Enak dans le marché, qui aurait mieux convenu à Arbacès : en effet, page 16, Polynice les croise dans le Phare et ne les reconnaît plus ! Mais c'est un détail. Pour le reste, l'histoire est plaisante et bien charpentée, et tous les personnages épisodiques ont beaucoup de caractère.
Une dernière réplique pour sourire ; page 48, Cléopâtre dit à Alix : « Tu es encore bien jeune et naïf ». Or, ils ont le même âge, étant nés tous les deux en -69. Mais Cléopâtre est une reine et peut s'autoriser ce genre de remarque. Pour moi, Alix a autant d'expérience qu'elle, mais d'un autre genre.


Les Ptolémée, quelle famille !

Les successeurs d'Alexandre sont désignés soit par ce nom, soit par celui de Lagides, car ils descendaient du général Lagos, dont le nom tout à fait de circonstance signifie : « conducteur du peuple ». Ces noms désignent les souverains qui régnèrent sur l'Égypte de -323, date de la mort d'Alexandre, à -30, date de la prise d'Alexandrie par Octave et de la mort de Cléopâtre VII.
Les nouveaux maîtres de l'Égypte vont organiser à leur convenance, moderniser, rationaliser et restaurer l'administration héritée des Pharaons et des Perses. Pour les Égyptiens, le roi étant leur médiateur devant les dieux, peu importait au fond qu'il soit Égyptien, Perse ou Grec : il suffisait qu'il soit reconnu comme tel par les dieux, ce qu'Alexandre s'était empressé de faire dire aux dieux en question, et ses successeurs après lui.

L'ancêtre : Ptolémée 1er Sôter ( sauveur )

Après un conflit avec son voisin et collègue Séleucos, qui a hérité du Proche-Orient, pour fixer leurs frontières respectives, il prend en -305 le titre de basileus ( roi ). A partir de son règne, l'Égypte dominera une partie de l'Asie mineure : Ionie, Lycie, Pamphylie et Cilicie, c'est à dire la façade occidentale de l'actuelle Turquie, et sera installée à Chypre, en Phénicie, en Syrie-Palestine et en Cyrénaïque. La puissance et la cohésion de l'État Lagide, enrichi par l'exportation de blé, seront assurées par une marine longtemps invincible qui imposera une véritable « thalassocratie » dans le bassin oriental de la Méditerranée. Ptolémée 1er fait d'Alexandrie la capitale du royaume à la place de Memphis. Il innove en matière religieuse en instaurant le culte de Sérapis ( voir l'article ) et commande la construction du Phare à Sostrate de Cnide ; autre de ses grands chantiers : le Musée et la Bibliothèque. Il meurt de sa belle mort dans son lit à plus de 80 ans, en -282 ( il était né en -360 ).

Ptolémée II Philadelphe ( qui aime sa sœur ) : le roi victorieux

Il monte sur le trône à 25 ans en -282 et épouse sa sœur aînée Arsinoé II ( d'où son surnom ? ) : c'est la première d'une longue série d'unions incestueuses censées garantir l'essence divine de la dynastie. Il accroît un empire déjà très vaste, modernise l'agriculture et fait édifier de nombreux temples. Sous son règne, on traduit la Bible en grec : la Septante. Alexandrie attire de nombreux savants auxquels on fournit d'excellentes conditions de travail pourvu qu'ils exaltent la gloire des Lagides. Il meurt à 63 ans en -247.

Ptolémée III Évergète 1er ( bienfaiteur ) : l'empire à son apogée

Roi à 30 ans en -247, il convole avec sa cousine Bérénice II de Cyrène. Pour venger l'assassinat de sa sœur Bérénice de Syra, épouse du roi Antiochos II de Syrie, et de son neveu, il saccage Antioche et guerroie en Asie pendant 5 ans. Grâce à ses victoires, l'empire Lagide s'étend jusqu'à l'Euphrate. Le savant Ératosthène lui suggère de réformer le calendrier égyptien, mais il n'y réussit pas. Il meurt de mort naturelle en octobre -221. Après lui, les choses vont commencer à se gâter pour la dynastie.

Ptolémée IV Philopator ( qui aime son père ) : premiers signes d'essoufflement

Sitôt roi en -221, et marié à sa sœur Arsinoé III, il liquide sa mère, son frère et son oncle pour éliminer toute concurrence au sein de la famille. Antiochos III de Syrie veut récupérer la Phénicie et la Palestine, mais l'armée Lagide résiste. Après cette guerre, des troubles importants éclatent dans le delta et en Haute-Égypte, liés à de mauvaises récoltes ayant engendré une famine. Il meurt en -205.

Ptolémée V Épiphane ( illustre ) : nouveaux troubles dans le delta

Il est roi à 5 ans en -205 et marié à Cléopâtre 1ère, fille du roi de Syrie Antiochos III qui a chassé les Lagides de Palestine en -200. Son conseiller Agathoclès s'empare du pouvoir après avoir fait assassiner sa mère Arsinoé III, ce qui provoque des troubles à Alexandrie, au cours desquels Agathoclès est exécuté, tandis que d'autres troubles s'intensifient dans le delta. Ces derniers dureront jusqu'en -196, date à laquelle un décret royal prenant acte de leur fin sera gravé sur une stèle en trois caractères : hiéroglyphiques ( caractères sacrés ), démotique ( égyptien courant ) et grec ; c'est celle que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de « pierre de Rosette », pour la future gloire de Champollion.
Mais désormais, les Romains sont maîtres du jeu politique dans l'Orient méditerranéen. A partir de là, les Lagides vont perdre progressivement toutes leurs possessions extérieures à l'Égypte, sauf Chypre, et tout contrôle sur ce qui reste de leur royaume.

Ptolémée VI Philométôr ( qui aime sa mère )

Il était marié à sa sœur Cléopâtre II. Sa mère Cléopâtre 1ère assure la régence à partir de son avènement en -181 jusqu'à sa propre mort en -176. Deux régents lui succèdent en tant que conseillers du jeune souverain et décident de récupérer la Syrie. Son roi, Antiochos IV Épiphane, réagit, écrase l'armée Lagide, s'empare de Péluse, un port à l'est d'Alexandrie, et remonte la vallée du Nil jusqu'à Memphis. Le roi est fait prisonnier, la révolte naît une fois encore à Alexandrie et les rebelles proclament roi le frère cadet de Ptolémée VI. Les Romains interviennent alors, obligent Antiochos à se retirer d'Égypte et de Chypre, et répartissent les rôles entre les deux frères : à l'aîné l'Égypte et Chypre, au cadet la Cyrénaïque. Mais Ptolémée VI meurt au combat en Syrie en -146.

Ptolémée VII, Ptolémée VIII Évergète II Physon ( le bouffi )

Le frère cadet revendique alors la royauté sur l'ensemble du pays au détriment de son neveu Ptolémée VII, l'emporte et devient Ptolémée VIII. Il épouse Cléopâtre II, veuve de Ptolémée VI, mais aussi sa nièce Cléopâtre III, fille de Cléopâtre II. Alors qu'il liquide ses opposants à Alexandrie, la population tente d'incendier le Palais royal en -132. Ptolémée VIII trouve refuge à Chypre avec Cléopâtre III et ses enfants. Cléopâtre II reste seule souveraine, mais certaines régions d'Égypte ne la reconnaissant pas, elle doit s'enfuir à son tour en -128.

Ptolémée IX Sôter II, Ptolémée X Alexandre, Ptolémée XI, Ptolémée XII Aulète, Bérénice IV

La mort de Ptolémée VIII, en -116, déclenche d'interminables querelles dynastiques entre Cléopâtre II, Cléopâtre III, Ptolémée IX et Ptolémée X qui est assassiné en -80 après seulement 20 jours de règne, sans héritier légitime. Deux bâtards accèdent alors aux trônes : Ptolémée XI à Chypre, Ptolémée XII Aulète ( joueur de flûte ) en Égypte. En -58, le Sénat romain vote la transformation de Chypre en province romaine, dont le roi se suicide quand Caton lui réclame son royaume. Sous la pression populaire, qui l'accuse de n'avoir pas aidé son frère, Ptolémée XII quitte précipitamment Alexandrie et cède le pouvoir à sa fille Bérénice IV. En -55, les armées romaines pénètrent pour la première fois en Égypte, réinstallent sur son trône Ptolémée XII, qui s'empresse de faire exécuter Bérénice, celle-ci ayant apprécié le pouvoir et s'y accrochant.

Ptolémée XIII Dionysos, Ptolémée XIV l'enfant, Cléopâtre VII Philopator, Ptolémée XV Césarion

Le testament de Ptolémée XII, mort en -51, laissait le pouvoir en co-régence à Ptolémée XIII et à sa sœur-épouse Cléopâtre VII. Celle-ci, alliée à César, évince le roi qui se noie dans le Nil en -47 à l'issue d'une bataille. Elle règne ensuite avec un autre frère, Ptolémée XIV, qu'elle empoisonne, ainsi que sa sœur Arsinoé. Elle règne alors avec son fils, qui est aussi celui de César : Ptolémée XV Césarion. Elle s'allie ensuite avec Marc Antoine, qu'elle épouse et à qui elle donne trois autres enfants, pour exploiter les querelles romaines de la dernière guerre civile, rétablir la puissance lagide et créer autour de l'Égypte un contrepoids politique à Rome. La bataille navale d'Actium, en -31, mettra un terme à son rêve. Après Antoine, Cléopâtre VII se suicide le 12 août -30 et Octave fait exécuter Ptolémée XV Césarion : « Il n'y a pas de place dans le monde pour deux César », dit-il alors.
La dynastie Lagide disparaît, chassée par un autre pouvoir étranger, et Auguste transforme l'Égypte en province romaine, domaine personnel de l'empereur, gouvernée par un préfet de rang équestre et où les Sénateurs n'ont pas le droit de mettre les pieds, pour éviter toute concurrence possible.


Le Musée et la Bibliothèque

Le sanctuaire des Muses ( mousaiôn ), c'est le Musée d'Alexandrie, là, où entre autres activités, on joue de la musique. En effet, c'est aux Muses qu'on attribue l'inspiration philosophique ou artistique. Le Musée ressemblait à une Académie des Sciences et des Arts. Les savants y demeuraient à résidence, bénéficiant de divers privilèges : nourriture et exemption d'impôts. Mais le plus grand de ces privilèges était l'accès aux trésors incomparables de la Bibliothèque.
« Bibliothéke » signifie « rayonnage », ceux sur lesquels on dépose les livres, ou plutôt les rouleaux, puis par extension l'ensemble des rouleaux, enfin les salles où étaient placées les « bibliothékés ».
Il n'y avait pas de salle de lecture, ni de pièce dédiée, les ouvrages étaient dispersés sur l'ensemble du Musée.
Le Musée et la Bibliothèque se trouvaient, ainsi que la Soma, le tombeau d'Alexandre, à l'intérieur du quartier du Palais Royal, qui représentait un bon quart ( nord-est ) de la ville d'Alexandrie.
Le Musée était constitué de salles où l'on se livrait à toutes sortes de recherches, de la dissection à l'astronomie. Il y avait aussi un réfectoire et un zoo, car le Musée abritait une collection d'animaux exotiques vivants.
Les rouleaux constituant les ouvrages se présentaient sous la forme de papyrus enroulés autour d'un bâton, que le lecteur tenait de la main droite tandis qu'il saisissait la feuille de la main gauche. Chaque rouleau était étiqueté avec mention du titre, du nombre de lignes, parfois de la première ligne de l'œuvre pour distinguer les textes homonymes. Le classement était l'objet du plus grand soin : le catalogue, œuvre d'un directeur de la Bibliothèque, Callimaque, occupait à lui seul 120 rouleaux.
Ptolémée 1er fonda la Bibliothèque sur l'inspiration d'Aristote, qui avait été le précepteur d'Alexandre : c'était un bon moyen de se référer à deux modèles illustres dans leur aspiration à l'universel et leur volonté de rassemblement du savoir.
Ptolémée II la développa et dirigea personnellement les opérations : « Il écrivit des lettres dans lesquelles il demandait aux rois et aux grands de ce monde de lui envoyer des œuvres de quelque nature qu'elles fussent : poésie, prose, rhétorique, sophistique, magie, histoire ou tout autre. » ( Épiphane, IV° siècle ).
Ptolémée III poursuivit l'œuvre : « Il était si ambitieux et si fastueux en ce qui concernait les livres, qu'il ordonna que tous les livres de ceux qui débarquaient à Alexandrie lui soient apportés, afin qu'on en fasse immédiatement des copies et que l'on rende aux visiteurs non pas les originaux, mais les copies. » ( Zeuxis, -II° siècle ). On appela ces ouvrages : « les livres de navires ».
Il ne nous reste aucun vestige de la Bibliothèque : aucun papyrus, aucun rayonnage, aucun portique. Sa localisation elle-même est incertaine et sa destruction l'objet de nombreuses polémiques. On ne sait même pas combien il y avait de rouleaux, probablement entre 500 000 et 700 000. Et on ne se contentait pas de lire et de commenter, on traduisait et on éditait aussi des copies pour le public : 28 drachmes pour mille lignes, nous apprend un papyrus du II° siècle.
Parmi ces traduction, il y a la Septante, traduction de la Bible en grec ( voir mon commentaire dans « Le sphinx d'or » ) et aussi celle des textes religieux fondamentaux de l'Égypte, que Ptolémée II commanda à Manéthon de Sebennytos.

Comment la Bibliothèque fut-elle détruite ?

La destruction attribuée à César, pendant qu'il était assiégé dans la ville en -48 ( voir ci-dessus ), repose sur un malentendu colporté par Dion Cassius : pour se défaire de la pression de ses assaillants, César aurait incendié ses vaisseaux à l'ancre dans le port oriental et le feu se serait propagé jusqu'à la Bibliothèque ; mais les « bibliothékés » qui brûlèrent étaient en fait les dépôts de livres destinés à l'exportation.
Plus tard, dans la seconde moitié du II° siècle, la ville subit de nombreux et irrémédiables dommages. Zénobie de Palmyre l'envahit en 269, puis l'empereur Aurélien la reconquit. Un usurpateur, Domitius Domitianus, l'envahit à son tour 25 ans plus tard, puis, en 297, l'empereur Dioclétien la reprit après un siège d'un an. Un siècle plus tard, le chroniqueur Ammien Marcellin décrit le quartier royal du Bruccheion, où se trouvait la Bibliothèque, comme désert.
En 391, l'évêque Théophile applique l'édit de Théodose interdisant le culte païen, ce qui entraîne la destruction du temple de Sérapis et probablement de ce qui restait de la Bibliothèque et de son contenu.
Elle avait donc disparu lorsqu'en 641, Amrou ben al-As s'empare de l'Égypte. On connaît son ordre fameux à propos des ouvrages trouvés dans la Bibliothèque : « Si ces livres contiennent ce qui est dans le Coran, brûle-les, car ils sont inutiles ; s'ils ne contiennent pas ce qui est dans le Coran, brûle-les aussi, car ils sont mauvais. » Mais c'est une légende : il n'y avait plus ni Bibliothèque, ni livres à détruire, et les conquérants faisaient au contraire un grand cas du savoir antique.
Alors, où sont passés les rouleaux ? Pour Jean-Yves Empereur : « Les philosophes qui ont continué leur enseignement de la tradition grecque jusque dans le milieu du VI° siècle devaient bien disposer des œuvres de Platon et d'Aristote, ils devaient bien avoir sous la main les papyrus de leurs prédécesseurs. » Luciano Canfora rappelle que la destruction de la Bibliothèque d'Alexandrie fut suivie par celles d'Antioche, de Pergame et d'Athènes, mais que la transmission des livres a pu emprunter d'autres chemins : « Ce qui est resté ne vient pas des grands centres, mais des lieux marginaux, comme les couvents, ou des copies privées. »


Le Phare d'Alexandrie

La côte sur laquelle était bâtie Alexandrie était particulièrement dangereuse, et les naufrages tels qu'on en voit dans cet album, même sans le concours de pillards, n'étaient pas rares. « La côte était remplie d'écueils, les uns affleurant au-dessus de l'eau, les autres invisibles. » écrit Strabon au -I° siècle.
Les épaves grecques et surtout romaines, retrouvées par les archéologues au large du Pharos, en témoignent. Or, Alexandrie était, dès l'origine, vouée à devenir un grand port commercial. L'idée fut donc naturelle de guider les marins avec une tour alimentée d'un feu durant la nuit, comme les Grecs en avaient déjà l'habitude à l'époque.
Son emplacement exact est décrit dans plusieurs textes anciens : sur la pointe orientale de l'île de Pharos ( Pharus en latin ), d'où le nom de phare. Sa construction est attribuée à Sostratos de Cnide, un ami des deux premiers Ptolémée. Le phare n'avait pas pour seule fonction de guider les marins, mais aussi de témoigner jour et nuit de la puissance des nouveaux maîtres de l'Égypte.
Le monument comprenait trois étages.
Le premier était de forme carrée et légèrement pyramidal ; il était bâti sur une plateforme d'une dizaine de mètres de hauteur ; une large rampe reposant sur seize arcades voûtées permettait d'y accéder ; ce premier étage mesurait 72 m de haut sur 30,60 m à la base ; il se terminait par une rambarde de 2,30 m de haut ; il contenait une rampe en colimaçon sur laquelle des bêtes de somme montaient le combustible jusqu'au sommet du premier étage, ainsi qu'une cinquantaine de pièces intérieures dotées de fenêtres qui servaient à loger le personnel et stocker le combustible ; des escaliers menaient ensuite aux étages supérieurs, mais à partir de là, le transport se faisait à dos d'hommes.
Le deuxième étage était de forme octogonale et mesurait 35 m de haut, chaque côté de l'octogone mesurant 6,80 m. Il était suivi d'un troisième étage, de forme cylindrique, haut de 9 m pour 8,60 m de diamètre. L'ensemble atteignait 130 m de haut, statue comprise.
La décoration sculpturale se composait des statues colossales du couple royal ( 13 m pour 20 tonnes chacune ) placées de chaque côté de l'entrée principale ( qui mesurait aussi 13 m de haut ), le roi à gauche, la reine à droite ; des tritons munis de cornes de brume étaient placés aux angles du premier étage et une statue était dressée au sommet de l'édifice. On n'a jamais su exactement ce que représentait cette statue ( pas Nikanor, en tout cas ) : il pouvait s'agir de Zeus, comme l'affirme un poème de Posidippos ( -III° siècle ), de Poséidon, dieu de la mer, comme l'atteste une représentation retrouvée sur un gobelet de verre du -II° siècle, ou encore d'Hélios, dieu du soleil, représenté sur une mosaïque datée du VI° siècle. Et pourquoi pas les unes et les autres successivement ? Le phare figure sur des monnaies frappées à partir du II° siècle ; il comporte selon les cas deux ou trois étages, et la statue et les tritons du premier étage sont toujours représentés. Sur la dernière image de l'album, le texte parle de Zeus Ptolémée tandis que la statue porte le trident de Poséidon.
On ne sait pas non plus comment fonctionnait précisément le phare, quel en était le combustible utilisé, ni comment le feu s'agençait avec la statue, au risque de la faire fondre si elle était en métal. L'archéologue Jean-Yves Empereur : « Comment protégeait-on ce feu du vent qui est souvent violent, de la pluie, des embruns ? On sait seulement qu'il y avait un feu de nuit et un filet de fumée qui guidait les voyageurs pendant la journée. » Voilà qui ressemble aux colonnes de feu ou de fumée qui guidaient Moïse et les Hébreux pendant l'Exode vers la Terre Promise ; le phare aurait-il inspiré les rédacteurs de la Septante ?
Construit en calcaire local blanc et en granit d'Assouan, le phare fonctionna pendant près de 17 siècles. Mais le sol d'Alexandrie s'affaissant peu à peu, il se retrouva les pieds dans l'eau, et les nombreux séismes de la région le fragilisèrent. Durant l'été 365, un tsunami avec des vagues de plus de 20 m de haut envoya des bateaux jusque sur les toits des maisons et dans le désert, et fit souffrir le phare. Entre 320 et 1303, il y eut 22 séismes. En 796, le troisième étage s'écroula et fut remplacé par une mosquée. En 956, des pans se lézardèrent et l'édifice perd alors 22 m. En 1261, un nouveau séisme en fait s'effondrer une nouvelle partie. Le coup de grâce lui fut donné lors du séisme de 1303. Vers 1450, le sultan Qaitbay utilisa les décombres pour construire la citadelle qui porte son nom.
Depuis 1961, mais surtout depuis 1994, les archéologues explorent la rade et remontent des statues et des morceaux du phare.


Le dieu Sérapis

Il est question du dieu Sérapis ( ou Sarapis ) dans cet album, et j'ai déjà plusieurs fois parlé de lui dans d'autres articles consacrés à l'Égypte. Aussi, voici quelques précisions sur cette divinité peu connue.
Il correspond à une forme syncrétiste de l'assemblage des deux divinités Osiris et Apis. Il serait une création de Ptolémée 1er, désireux d'unir les deux communautés, hellénique et autochtone, dans le culte d'un même dieu dynastique. On ne sait pas où est né son culte : peut-être à Memphis où se trouvait le lieu d'inhumation des taureaux Apis et où le clergé en a parlé. Pour Alexandrie, on a pensé que le premier Sérapéum édifié par Ptolémée III dans le quartier de Rakhotis avait été précédé par un petit sanctuaire dédié à Isis et Sérapis, mais le grand Sérapéum d'Alexandrie qu'on voit ici date de Ptolémée IV.
L'image du dieu fut conçue à la grecque : il est figuré assis, le visage barbu et sévère, souvent accompagné du chien Cerbère ; il est possible que ses effigies dérivent d'une représentation du Pluton grec.
Comme pour Osiris, sa théologie est celle d'un dieu sauveur, dieu de l'au-delà et de la fertilité. Il donne des ordres et des oracles par des songes. Rapidement, il s'enrichit de symboles nouveaux : maîtrise sur le monde agraire, protecteur de la richesse, pouvoir guérisseur. Plus tard, il adoptera les symboles de Zeus, l'aigle et la foudre.
En association avec Isis, il sera identifié à Alexandrie avec le couple royal. Leur culte sera présent à l'époque impériale jusqu'aux lointaines frontières du Danube et du Rhin. La fin du culte de Sérapis correspond à la destruction de ses temples d'Alexandrie et de Canope en 391.


Les personnages

Alix : le voici de nouveau en service commandé. A priori, servir d'agent de liaison entre César et Cléopâtre ( malgré l'agrément de fréquenter cette dernière ) n'a rien d'une sinécure, puisqu'il lui faut se dissimuler dans la Bibliothèque en se faisant passer pour un étudiant. On comprend que l'acquisition de la culture n'est pas son souci immédiat, au grand désespoir de Cristène et pour la non moins grande inquiétude de Philippos. Mais voilà qu'un mystère qui n'était pas prévu au programme se présente et qu'il ne peut pas s'empêcher d'y aller voir de plus près, au risque de compromettre sa mission, ce qui sera bien près d'arriver. Il se comporte comme toujours avec beaucoup de courage et une bonne dose d'inconscience. Ce qu'il fait, dans le contexte de l'époque, est aussi, à sa manière, de la politique, et je crois que le conseil de Cléopâtre de ne pas s'en mêler sera à jamais inopérant.

Enak : il participe à l'aventure sans trop se démarquer d'Alix, toujours présent quand il s'agit d'explorer le marché ou le phare, d'enquêter chez le sculpteur, de délivrer Philippos ou de s'opposer aux conspirateurs dans l'affrontement final. Il se montre efficace et vigilant : ce n'est plus, depuis un certain temps, le gamin malchanceux des premières aventures.

Et, par ordre d'entrée en scène :

Cristène : c'est le personnage le plus intéressant de cet épisode. Ce grand savant et honnête homme a accepté sans trop se faire prier apparemment de participer à la mission d'Alix et d'Enak en les acceptant parmi ses étudiants, à la demande de Cléopâtre qui le protège et donc commande. Mais comme c'est le couple royal qui est le tuteur du Musée, il est bien difficile de se cacher du roi. Et pourtant, c'est en toute connaissance de cause que Cristène agit à l'encontre de son maître dont il a sans doute vite compris l'insuffisance et l'assujettissement à ses conseillers. Cela n'ira pas sans mal quand les évènements se précipiteront et qu'il lui faudra faire alliance avec le diable, en l'occurrence Polynice, pour protéger son élève Philippos. Obligé de participer à la mystification organisée par Nikanor et Polynice, il trouve alors Alix et sa mission bien encombrants, mais ils se réconcilieront une fois les comploteurs éliminés.

Ptolémée XIII : comme on l'a vu dans « le contexte », le jeune roi n'est guère plus qu'un pantin dans les mains de ses conseillers. Ici, on n'en voit qu'un, mais ce n'est pas mieux pour le souverain qui risque de ne plus l'être longtemps. Ses problèmes immédiats sont de s'assurer des rentrées de fonds substantielles et de se débarrasser de sa sœur-épouse, et voilà qu'on lui propose les eux solutions en une : qui ne sauterait sur l'occasion ? Mais le piège est aussi pour lui...

Nikanor : le rôle politique exact de ce personnage n'est pas précisé : conseiller, vizir ? Le seul Nicanor dont l'Histoire ait retenu le nom était un général syrien qui vivait un siècle plus tôt. Le nom de celui-ci semble forgé d'après le mot grec « niké » ( victoire ), ce qui laisserait entendre qu'il ne s'agit pas d'un Égyptien. Il est dommage aussi que le récit ne nous fasse part que de ses ambitions, mais pas de ce qui les motive et encore moins des origines du personnage. On comprend qu'il a un poste important et et confiance du roi, même si elle est mal placée. Il a aussi bien préparé son affaire d'usurpation du pouvoir : un complice audacieux et qui prend les risques à sa place, une référence illustre, une mise en scène grandiose, le tout au service d'un piège habilement tendu. On est seulement étonné par le manque de moyens apparents en hommes d'armes qui auraient dû grouiller partout : toute l'affaire se résout avec quelques gardes, ce qui est bien peu pour une révolution de cette importance.

Philippos : l'élève de Cristène est légitimement inquiet de l'irruption de ces deux étrangers, fort peu motivés pour les études et dont il ne parvient pas à s'expliquer les objectifs. Après une phase d'observation et d'hostilité plus ou moins avouée, il passe à l'action parce que le Musée a été envahi, rendant ainsi un signalé service à Alix qui lui rend aussitôt la pareille quand il se retrouve prisonnier et menacé d'être exécuté. Ils finiront alliés et réconciliés pour le combat final. On peut espérer qu'après son acte de courage Cristène lui assurera effectivement sa succession.

Polynice : en fait, il n'est que le brillant second de Nikanor. L'Histoire ne dit pas qui percevait les revenus du phare, s'il y en avait ; il était la propriété du roi, comme tout le reste en Égypte. En tirait-il des bénéfices ? Peut-être faisait-on payer une taxe aux navires commerciaux qui pouvaient ainsi se guider sûrement pour entrer au port et rien n'empêchait le roi de le confier à quelqu'un d'autre. Dans ce cas, Polynice devait en tirer de confortables revenus, puisqu'il veut en reprendre pour dix ans, en échange, toutefois, d'un petit service. C'est l'exécutant parfait pour débarrasser le roi de son épouse exécrée, mais il ratera son coup pour avoir misé sur le mauvais chef et avoir visé trop haut. Il faut reconnaître que l'auteur l'a doté d'un physique impressionnant, franchement démoniaque, qui justifie le titre de l'histoire.

Cléopâtre : nous avons vu dans les articles précédents que notre jeune reine ( 19 ou 20 ans au moment de cette histoire ), quand on lui laisse les coudées franches, est plutôt du genre expéditif : ses deux frères et sa sœur seront les victimes de son goût pour le pouvoir. Pour l'instant, elle est étroitement surveillée par son frère-époux, et doit recourir à des stratagèmes pour mettre le nez dehors. Quand on voit que les conseillers du roi proposent de la liquider purement et simplement, on comprend qu'elle préfèrera s'exiler quelques mois pour pouvoir revenir en force. En attendant, même si elle n'a en Alix qu'une confiance limitée, il lui rend quand même dans cette affaire assez de services pour qu'elle lui en soit une fois de plus reconnaissante.

Théognis : c'est le serviteur et l'homme à tout faire de Polynice, dévoué envers son maître et bien renseigné.

Démosthène : ce n'est pas un orateur, mais un sculpteur de grand talent ( la visite de son atelier est un grand moment artistique ) qui agit en toute connaissance de cause au profit d'un candidat usurpateur. Il aurait été intéressant de savoir par quel moyen Nikanor et Polynice le contraignent à travailler pour eux, à moins qu'il n'agisse que pour la seule beauté de son art.

Arsinoé : la jeune sœur de Cléopâtre et de Ptolémée XII est une petite garce qui manipule son frère pour s'assurer la première place, celle de reine que le roi semble lui avoir imprudemment promise. Et elle revient à la charge autant de fois qu'il lui paraît nécessaire ! En revanche, elle ne comprend rien à la scène finale, qui la dépasse, et quant à se débrouiller toute seule, c'est un peu au dessus de ses possibilités !



Conclusion

Une bonne histoire, très bien dessinée, même si elle manque un peu de grands espaces, et bien racontée avec son lot de mystères, y compris ceux qui subsistent à la fin. Il faut se garder de dévoiler tous les ressorts de ce récit plus complexe qu'il n'y paraît au premier abord, malgré quelques raccourcis que le lecteur doit pendre le soin de reconstituer !


Sources : presque toute la documentation de ces articles provient des trois numéros suivants des « Cahiers de Science et Vie » : n° 76 consacré à la ville d'Alexandrie, n° 91 consacré aux 7 merveilles du monde ( et donc au phare ), n° 99 consacré à la fin des Pharaons ( et donc aux Ptolémée ), complétée par le recours au « Dictionnaire de l'Antiquité », de Jean Leclant ( PUF ) et à « L'Histoire du monde » de Jean Duché ( Flammarion ).


La prochaine fois, nous passerons aux romans en commençant par : « Le sortilège de Khorsabad ».


-oOo-




11 Re: Le démon du Pharos le Lun 9 Aoû - 11:19

Raymond

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Admin
Merci, Jacky-Charles. pouce

Finalement, tu parviens aux mêmes conclusions. Ce n'est pas du Jacques Martin mais l'intrigue est assez riche et elle utilise intelligemment le décor local.

Par rapport à Alexandrie, tout de même, je n'ai pas pu m'empêcher d'imaginer ce qu'aurait fait Jacques Martin avec une histoire se passant dans la ville. Il nous aurait sûrement dessiné quelques vues générales de la cité, et il nous aurait probablement emmené (en compagnie d'Alix) visiter le tombeau d'Alexandre ainsi que les luxueuses propriétés qui l'entouraient. Peut-être aurait-il aussi évoqué la construction très organisée de la cité, partagée en deux par une grande route centrale et subdivisée en quartiers par des routes secondaires, mais tout cela n'intéresse que les férus d'histoire. C'est une matière qui passionnait Jacques Martin, et je ne suis pas sûr que les "repreneurs" de la série partagent cet intérêt de la même manière.

Je note que tu contredis la thèse courante selon laquelle la destruction de la bibliothèque aurait été provoquée par Jules César. Pour ma part, je n'ai pas vraiment creusé le sujet. Je suppose qu'il y a plusieurs thèses opposées, soutenues par différents historiens ?


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12 Re: Le démon du Pharos le Lun 9 Aoû - 15:50

Jacky-Charles


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L'exposé que je propose concernant la destruction de la Bibliothèque provient d'articles récents sur la question et dont les thèses semblent être partagées par les historiens actuels, mais il faut toujours se méfier des interprétations "définitives" qui peuvent être contredites par de nouvelles découvertes. Je ne sais pas, par exemple, comment se situerait, dans ce contexte, l'attribution à la Bibliothèque d'Alexandrie, de 200 000 ouvrages provenant de celle de Pergame, en compensation du sinistre ; ou pour une autre raison ? Ce transfert a-t-il bien eu lieu ? Sur l'initiative de qui ? Quand ? Je n'ai pas beaucoup de certitudes à ce sujet et toute information complémentaire sera la bienvenue.

Je regrette aussi qu'on ne voit pas davantage Alexandrie, en particulier une vue d'ensemble. La visite du tombeau d'Alexandre figure dans "L'Odyssée d'Alix", tome 1, pages 38/39, et on voit un peu les palais dans les pages suivantes de cet ouvrage. La grande artère est-ouest qui traversait la ville ( 30 m de large, paraît-il ) s'appelait la voie Canopique, ou Via Canopia, parce qu'elle prenait la direction du port de Canope, à l'est d'Alexandrie.

13 Re: Le démon du Pharos le Lun 9 Aoû - 17:22

Raymond

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Admin
Merci pour ces précisions. Il faudra que je revoie l'Odyssée d'Alix.

Sinon, as-tu remarqué que Christophe Simon lui-même apparait dans le récit ? Wink


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14 Re: Le démon du Pharos le Lun 9 Aoû - 18:55

Jacky-Charles


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A dire vrai, je ne l'avais pas remarqué, mais maintenant que tu le dis... S'agit-il du serviteur de Démosthène ?

15 Re: Le démon du Pharos le Lun 9 Aoû - 22:58

Raymond

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Admin
Jacky-Charles a écrit:A dire vrai, je ne l'avais pas remarqué, mais maintenant que tu le dis... S'agit-il du serviteur de Démosthène ?
En effet !  pouce

La preuve. D'abord dans l'album :



Et dans la réalité :



Dernière édition par Raymond le Jeu 17 Juil - 19:39, édité 1 fois


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16 Re: Le démon du Pharos le Mar 10 Aoû - 9:10

Invité


Invité
Bien vu, Raymond!
En général, les clins d'oeil m'échappent toujours dans les albums, même quand ils sont évidents

17 Re: Le démon du Pharos le Mar 10 Aoû - 10:04

Lion de Lisbonne

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grand maître
grand maître
Jean-Marc a écrit:Bien vu, Raymond!
En général, les clins d'oeil m'échappent toujours dans les albums, même quand ils sont évidents
À moi aussi

18 Re: Le démon du Pharos le Mar 10 Aoû - 16:37

stephane

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vieux sage
vieux sage
Bien vu! Je n'avais pas vu non plus! Very Happy
Christophe Simon s'est également dessiné dans Histoire d'Alsace.

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19 Re: Le démon du Pharos le Mar 10 Aoû - 22:43

Raymond

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Admin
Jacky-Charles a écrit: (...)
Je regrette aussi qu'on ne voit pas davantage Alexandrie, en particulier une vue d'ensemble. La visite du tombeau d'Alexandre figure dans "L'Odyssée d'Alix", tome 1, pages 38/39, et on voit un peu les palais dans les pages suivantes de cet ouvrage. La grande artère est-ouest qui traversait la ville ( 30 m de large, paraît-il ) s'appelait la voie Canopique, ou Via Canopia, parce qu'elle prenait la direction du port de Canope, à l'est d'Alexandrie.
Effectivement, la visite d'Alix dans le tombeau d'Alexandre est une image assez connue. En voici une partie (je n'ai pas pu la scanner en entier):



A ce sujet, il faudrait ouvrir un sujet sur L'Odyssée d'Alix qui fourmille de renseignements et d'anecdotes intéressantes.


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20 Re: Le démon du Pharos le Mer 11 Aoû - 22:13

Jacky-Charles


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Oui, ce serait une bonne idée d'ouvrir des discussions sur les lettres envoyées par Alix à diverses connaissances dans ces deux volumes des "Odyssée".
Mais ce ne serait pas une mince affaire de les passer toutes en revue, car il y en 46 ( j'ai compté ! ). Chacune d'elles est comme une petite aventure et je ne pense pas qu'on puisse en faire une analyse comme pour les albums, car c'est à la fois trop bref et trop précis dans la rédaction.
Alors, peut-être faire un essai avec une ou deux qui nous inspire particulièrement et voir comment réagissent nos amis avant de poursuivre ?

21 Re: Le démon du Pharos le Mer 11 Aoû - 22:16

stephane

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vieux sage
vieux sage
Mais pourquoi ne continues-tu pas tes passionantes études sur Orion, Jhen, Lefranc, Arno ou Loïs?
Ce serait formidable, non?

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22 Re: Le démon du Pharos le Mer 11 Aoû - 22:42

Jacky-Charles


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Eh oui, j'y ai bien pensé, mais je n'ai les albums au complet que pour Orion, Loïs et Kéos, et surtout, ma documentation historique est assez lacunaire sur ces périodes, il faudrait d'abord que je la complète pour être sûr de ne pas omettre de détails importants et ne pas faire de contresens.
Quant à Lefranc et Jhen, je ne possède qu'une partie des albums, je ne peux donc pas envisager pour le moment une étude d'ensemble, seule hypothèse de travail intéressante, selon moi, comme j'ai fait pour Alix. Il faudrait que je complète mes collections et la documentation qui va avec. Pour Arno, c'est bien plus simple : je n'ai aucun album de cette série parce que j'ignorais que Jacques Martin en était l'auteur, ce que j'ai découvert sur les forums, mais il y avait longtemps que les albums n'étaient plus en rayon...
Conclusion provisoire : cela se fera peut-être, mais plus progressivement et plus lentement qu'avec Alix, et sans doute en passant d'un personnage à l'autre, au gré de la documentation et de l'inspiration. Je ne peux pas te dire mieux pour l'instant.

23 Re: Le démon du Pharos le Jeu 12 Aoû - 0:13

Raymond

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Admin
Jacky-Charles a écrit:Oui, ce serait une bonne idée d'ouvrir des discussions sur les lettres envoyées par Alix à diverses connaissances dans ces deux volumes des "Odyssée".
Mais ce ne serait pas une mince affaire de les passer toutes en revue, car il y en 46 ( j'ai compté ! ). Chacune d'elles est comme une petite aventure et je ne pense pas qu'on puisse en faire une analyse comme pour les albums, car c'est à la fois trop bref et trop précis dans la rédaction.
Alors, peut-être faire un essai avec une ou deux qui nous inspire particulièrement et voir comment réagissent nos amis avant de poursuivre ?
J'ouvrirai de toute façon un sujet sur ces deux albums qui ont plusieurs aspects intéressants. Cela ne nous force pas à en faire une étude exhaustive. Wink


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24 Re: Le démon du Pharos le Jeu 12 Aoû - 17:07

Raymond

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Admin
Je ne suis pas un collectionneur de planches de BD, mais il est parfois intéressant de les découvrir sans le texte. C'est une bonne façon de juger de la puissance du dessin.

Je suis tombé par hasard sur cette planche du Démon du Pharos qui est actuellement en vente. On peut bien y apprécier le travail de Christophe Simon, la qualité de son dessin mais aussi l'équilibre de toute la séquence. Alix et Enak se promènent dans les rues d'Alexandrie et même sans le texte, on comprend l'ambiance des rues d'Alexandrie et la vie de ce monde antique.

Ce doit être une belle planche à exposer chez soi (pour un peu, je me laisserais tenter Very Happy ).


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25 Re: Le démon du Pharos le Sam 14 Aoû - 19:30

stephane

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vieux sage
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Pour en revenir à ce qu'écrit Jacky-Charles, je pense que les pillages des differents navires ne servent pas à enrichir Polynice, mais ils peuvent servir à lever une armée pour la prise (ratée) du pouvoir de Nikanor, payer le silence de certaines personnes et aussi,pouvoir avoir à son service le grand sculpteur Démosthène , qui a réalisé belle représentation du Laocoon!

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