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Le tombeau étrusque

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1 Le tombeau étrusque le Sam 27 Fév - 21:03

Raymond

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Ca commence le long d'une voie romaine. Un convoi progresse avec lenteur, et les piétons suivent un riche personnage qui s'abrite dans un chariot. Les voyageurs souffrent de la chaleur et le préfet Valerius Sinner décide de leur permettre de se rafraîchir.



Ils descendent au bord d'une rivière pour se restaurer. Le préfet aperçoit Alix et Enak sur l'autre berge et les invite à lui tenir compagnie. Ceux-ci déclinent cette invitation, car ils sont accompagnés d'Octave, neveu de César et futur premier empereur de Rome. C'est alors qu'un aigle apparait dans le ciel et qu'il descend vers les héros. L'oiseau arrache le pain qu'Octave tenait dans sa main et s'envole dans le ciel. Il revient ensuite.



Les dieux ont parlé ! Jacques Martin a créé un climat, et toute l'histoire qui va suivre va être marquée par ce signe du destin.

En dessinant le Tombeau étrusque, Jacques Martin a déjà atteint sa pleine maturité. Il sait maintenant placer avec précision son récit dans la réalité historique, et promène ses personnages dans la région de Tarquinia. Contrairement à l'album précédent, il dessine cette fois peu de vieilles pierres, mais il reconstitue tout de même avec élégance l'intérieur d'une villa romaine.



Nos héros galopent à travers le Latium et il ne s'agit pas d'un simple voyage touristique. Ils affrontent le redoutable Brutus et ses molochistes qui combattent Rome pour restaurer le royaume étrusque. L'idée géniale de Jacques Martin, c'est d'imaginer un lien entre ce Moloch étrusque et le dieu Baal des phéniciens, et de mettre en face de l'ordre romain une religion ancienne et maléfique. Le combat d'Alix et de Brutus devient celui de l'ordre contre le désordre, du progrès contre le passé, et du bien contre le mal.



De magnifiques personnages participent à cet affrontement. Il y a le digne Tullius, cousin de César qui semble un peu dépassé par les événements, mais aussi l'inquiétant Grand Prêtre molochiste qui concurrence Brutus, et surtout la belle Lydia qui arrive à troubler Alix. Et puis, il y a Vesus Pollion, le ventripotent et pittoresque préfet de Parquinia qui ne comprend rien à tout ce qui se passe. Son incompétence en fait presque un allié des molochistes.



Tout cela forme un récit intelligent et complexe, et j'ai toujours du plaisir à le relire. Jacky-Charles nous a maintenant préparé une analyse de cet album et je me réjouis de la découvrir avec vous.



Dernière édition par Raymond le Dim 25 Mai - 16:32, édité 2 fois


_________________
Et toujours ...
http://lectraymond.forumactif.com

2 Re: Le tombeau étrusque le Dim 28 Fév - 15:40

Jacky-Charles


license ès BD
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A la différence des précédentes aventures d'Alix, qui privilégiaient les grands espaces et les longs déplacements, toute cette histoire du "Tombeau étrusque" se déroule dans un périmètre restreint autour de la ville de Tarquinia et sa nécropole. Je me suis longtemps demandé pourquoi Jacques Martin n'avait pas fait voyager ses héros aussi loin que d'habitude ; était-ce pour ne pas faire de Lidia une Pénélope éplorée guettant vainement son sauveur ?
Mais il n'y a pas que cette charmante demoiselle dans ce récit : il faut reconnaître que l'invention de toutes pièces, ou presque, de la terrible religion molochiste est une trouvaille qui garantit le suspense du début à la fin.
Embarquons-nous donc pour l'Etrurie et pour cette histoire très originale, l'un des grands moments de la saga d'Alix.

LE TOMBEAU ETRUSQUE


Huitième aventure d'Alix




Le résumé

Alix, accompagné d'Enak et d'Octave, est chargé de ramener à Rome la sœur aînée de ce dernier, Lidia Octavia, qui réside chez son cousin Tullius dans une ville d'Etrurie, Tarquini. Or, la région est non seulement en proie aux troubles de la guerre civile entre Pompée et César, mais aussi aux exactions d'une secte violente et cruelle, les Molochistes, adorateurs du dieu Moloch, une « importation » carthaginoise. Après avoir fait connaissance d'un inquiétant personnage, Brutus, qui se prétend descendant des anciens rois étrusques et cherche à rétablir cette monarchie, les quatre jeunes gens repartent pour Rome. En chemin, ils sont attaqués par les Molochistes qui enlèvent Lidia. Alix part seul à sa recherche et la piste le mène jusqu'à une ancienne nécropole étrusque...


Quand cela se passe-t-il ?

Il y a deux hypothèses.
Première possibilité : la guerre civile entre César et Pompée étant plusieurs fois évoquée dans ce récit, nous serions donc après le passage du Rubicon par César, qui eut lieu le 12 janvier -49. Le conflit en question n'ayant duré que quelques semaines en Italie, le plus vraisemblable est que cette histoire se déroulerait au début de l'année -49. Mais il n'est pas question non plus de l'avancée des armées de César dans la péninsule.
Seconde possibilité : cette guerre civile n'étant pas montrée, bien qu'on en parle, cela pourrait signifier qu'il s'agit encore d'un état de conflit larvé, sans affrontements apparents. Dans ce cas, l'histoire se déroulerait quelques temps avant l'hypothèse précédente, César étant encore en Gaule ou en Italie du nord, soit au cours de l'année -50.
Après réflexion, cette seconde hypothèse me paraît plus cohérente avec l'ensemble des aventures d'Alix et aurait ma préférence, mais je laisse le lecteur libre de son choix.


Où cela se passe-t-il ?

Nous restons dans les environs de la ville de Tarquini, en Etrurie. Cette ville est imaginaire, mais une cité étrusque nommée Tarquinia existait bien à une centaine de kilomètres au nord de Rome. C'était l'une des douze villes constituant la dodécapole ( voir l'article sur l'histoire des Étrusques ). Elle était peuplée d'environ 20 000 habitants. La nécropole est la fidèle reproduction de celles qui existent dans la région.


Le contexte historique

La toile de fond de cette aventure est assez complexe, puisqu'elle présente trois aspects bien différents et qui n'ont guère de rapports entre eux sur le plan purement historique, sauf par la volonté et l'imagination de l'auteur. Nous trouvons en effet :


  1. des allusions à la guerre civile, mais sans qu'on en voit les effets ; or, il ne faut pas s'imaginer ce conflit comme une période de batailles rangées permanentes, bien qu'elle dura plusieurs décennies ; le mieux est de raconter l'ensemble pour comprendre ce qu'il en était ;
  2. les relations entre Rome et les Étrusques étaient stabilisées, sinon apaisées depuis longtemps déjà ;
  3. les religions de ces différents peuples sont connues et aucune ne présente un dieu Moloch que l'on ne rencontre que dans la Bible.



Le temps des guerres civiles à Rome : un siècle de troubles

Nous sommes au milieu du premier siècle avant J.-C., mais d'après l'historien Appien d'Alexandrie, qui vivait au II° siècle de notre ère, le climat de guerre civile s'est installé à Rome après la période des Gracques ( -133/-122 ), pour ne plus cesser avant la prise du pouvoir par Octave ( -27 ). Ce siècle est scandé par les luttes qui opposent les grands chefs militaires : Marius contre Sylla dans les années -80, Pompée contre César après -50, Antoine contre Octave dans les année -30. On voit donc que les conflits proprement dits étaient intermittents, mais l'esprit restait constant.
Les conflits trouvent leur origine dans les problèmes posés par les Gracques : le camp des Populares réformateurs ( on dira vite : les « césariens » ), auquel se réfèrent Marius et son neveu par alliance César, s'oppose au camp des Optimates conservateurs( les « meilleurs » ) qui compte dans ses rangs Sylla et Pompée. Il s'agit toujours de définir la place à réserver dans la vie politique aux chevaliers, dont l'importance financière et sociale ne cessait d'augmenter, et aux tribuns de la plèbe, qui représentaient les non-patriciens face au Sénat et aux magistrats sortis de ses rangs, mais la situation et les enjeux évoluent au fil du temps.
Ainsi, les légionnaires ne sont plus des paysans-soldats combattants pour leurs terres en même temps que pour la République, mais des soldats sans terres attendant de leurs généraux le butin pris sur l'ennemi, et, à l'issue de leurs années de campagne, un lot de terre individuel au sein d'une « colonie », d'une cité fondée par Rome, à l'initiative du général ou de ses proches.
Les guerres civiles constituent un drame en cinq actes.

Premier acte : toute l'Italie connait les mêmes problèmes : las de combattre pour les conquêtes romaines sans en obtenir les bénéfices, les « alliés » de Rome, les « socii », se révoltent en -91, c'est la « guerre sociale ». Tous les peuples non Romains, y compris les Étrusques, réclament non seulement leur liberté, mais aussi le partage de la puissance de Rome et l'accès à sa citoyenneté ; ces Italiens constituent un gouvernement avec un Sénat de 500 membres, frappent monnaie et envoient des ambassadeurs à l'étranger, notamment chez Mithridate VI Eupator. Mais les alliés perdent la guerre, tout en obtenant progressivement le droit de cité romain ( -89 ). La structure de l'Italie va en être bouleversée : à une fédération de cités-États juridiquement indépendantes succède une Italie unie dans une seule citoyenneté, administrativement organisée sur le modèle de Rome devenue la patrie commune. Les chefs des guerres civiles futures devront définir le rôle accordé à ces nouveaux venus, puis, après l'intégration de ces clientèles, les utiliser éventuellement les unes contre les autres, tout en conciliant leurs intérêts avec ceux des vétérans, les anciens soldats installés sur des terres confisquées... aux alliés vaincus.

Deuxième acte : le conflit entre Marius et Sylla se concentre sur le commandement de l'armée envoyée en Asie mineure combattre Mithridate VI, déjà cité. Les chefs qui se le disputent en espèrent la gloire, les troupes et la richesse. A deux reprises, et pour la première fois dans l'histoire romaine, un chef militaire, Sylla, marche sur Rome avec son armée et s'en empare. Marius ayant fait exterminer ses ennemis, Sylla se venge en décrétant des proscriptions cruellement exécutées, en confisquant des terres distribuées à ses hommes et en se faisant nommer dictateur. Après son abdication en -79, c'est l'irrésistible ascension de Pompée, qui bénéficie d'un proconsulat avant même d'avoir été consul, puis qui est élu illégalement consul en -70 ; il est investi d'un commandement sur toute la Méditerranée pour la débarrasser des pirates, et il conquiert l'Orient en vainquant enfin Mithridate. Mais à son retour, il se heurte au Sénat, qui lui refuse des terres pour ses vétérans.

Troisième acte : en -64, Crassus et César soutiennent le démagogue Sergius Catilina, un ancien complice, particulièrement féroce, de Sylla, qui s'était enrichi aux dépends des proscrits, et qui préconisait un partage des terres et l'abolition des dettes, mesures plaisant à ses partisans : artisans et paysans ruinés, mais aussi vétérans dépourvus de terres. Il provoque une insurrection en Etrurie, mais il a contre lui Caton et Cicéron ( Jusqu'à quand, Catilina... ), et il est finalement tué au combat en -62.

Quatrième acte : en -60, Pompée, Crassus et César forment le « premier triumvirat », contre l'autorité légitime du Sénat, pour se partager le pouvoir et ses profits. Tandis que Pompée gouverne à Rome, où il est extrêmement populaire, Crassus poursuit sa chimère orientale et il est finalement tué par les Parthes en -53.
De -58 à -51, César conquiert la Gaule pour conforter ses bases politiques et renforcer ses appuis militaires. En -49, le franchissement du Rubicon, à la tête de troupes que la loi lui impose de démobiliser avant de rentrer en Italie, illustre une dernière transgression qui précède une nouvelle marche sur Rome. Pompée s'enfuit en Orient avec ses troupes, il est vaincu en Grèce, à Pharsale, le 9 août -48, puis tué en Égypte où il s'était réfugié, sur l'ordre du vizir Pothinus, qui voulait plaire à César. Ses derniers partisans, commandés par ses fils, seront à leur tour vaincus par César, d'abord en Afrique du nord, puis enfin à Munda, en Hispanie, le 17 mars -45.

Cinquième acte : en -44, César a bâti une monarchie de fait après être resté le seul vainqueur, car il a liquidé les derniers partisans de Pompée en Espagne, en Afrique du nord et en Orient, par une succession de campagnes entre -48 et -45, mais il est assassiné par des nostalgiques de la République, dont Brutus et Cassius, qui sont vaincus à leur tour, en -42, à Philippes, par Antoine et Octave, les héritiers de César. Ces derniers se disputeront ensuite le pouvoir suprême jusqu'à la bataille d'Actium, en -31, après plusieurs années de troubles, qui verront notamment l'assassinat de Cicéron. Rome sera alors enfin libérée de la domination des « orientaux », Antoine et Cléopâtre, selon la version du vainqueur, Octave, qui s'y connaissait en propagande.

Pratique de la guerre civile à la manière romaine

Celle dont nous entendons parler ici, entre le passage du Rubicon et la fuite précipitée de Pompée vers la Grèce, via Brindes ( Brindisi ), ne dura qu'un peu plus de deux mois pour l'Italie. Elle consista en une avancée militaire des légions de César ( dont un bon nombre de mercenaires Gaulois et Germains ) à travers l'Italie qui, après quelques combats, s'acheva par la « grâce de Corfinium », du nom d'une place forte dont le chef, Domitius Ahenobarbus ( « barbe d'airain » ), un ancêtre de Néron, eût le bon goût de se rendre rapidement. Pendant ce temps, Marc Antoine filait vers Rome, s'assurer que le trésor de l'État était bien toujours là ; il y était, ce qui allait faciliter la suite des choses, en le faisant passer, avec ceux des temples, dans les poches des césariens. Avant de traverser la mer pour affronter Pompée, César s'empara de Marseille et s'en alla vaincre une première fois les partisans de Pompée en Espagne. Quant à l'Italie, elle était déjà redevenue calme.
Mais nous étions là dans un conflit de grande envergure, se déroulant dans plusieurs pays à la fois ou successivement, avec la participation d'armées entières, une guerre mondiale à l'échelle de l'époque, en quelque sorte. Au quotidien, les partisans des Optimates et des Populares-Césariens n'étaient pas en reste ; remontons un peu le temps pour les voir à l'œuvre.
Rappelons-nous tout d'abord qu'il était interdit à toute force armée de pénétrer dans l'enceinte sacrée de Rome, le pomerium. Lorsque les combats entre militaires ne pouvaient avoir lieu hors de la ville, ils se déroulaient à l'intérieur et entre civils, ce qui ne les empêchait pas d'être souvent sanglants : dans Rome, les partisans s'organisaient au moindre prétexte pour s'opposer, armes en main, toutes interdictions oubliées.
Les deux chefs de file, Pompée et César, se gardaient bien de se salir les mains dans ce genre d'affrontement de proximité. Ils avaient chacun leur « adjoint » qui commandait les troupes en direct, et tous les deux fort pittoresques.
Celui de Pompée s'appelait Milon. Né très pauvre, il avait su s'élever en se faisant adopter par un vieillard riche et sans descendance.
Celui de César, qui était alors en Gaule et devait donc être « représenté » à Rome, c'était Clodius. Né Claudius et aristocrate, il avait changé de nom et renoncé à sa noblesse pour faire partie de la plèbe avec laquelle il se sentait plus d'affinités et surtout plus de possibilités de pouvoirs et de profits.
Ces deux intéressants jeunes gens, à la tête de troupes composées d'anciens soldats, de gladiateurs et de truands de tout poil, contrôlaient les élections et l'activité des magistrats. Il ne faisait pas bon s'opposer à eux, être hésitant quand on appartenait à leur parti, ou être connu pour être du parti opposé quand on les rencontrait. Les rues de Rome étaient agitées, à cette époque, pas seulement la nuit, mais surtout et plus encore en période d'élections.
Cela dura une dizaine d'années, à partir de -63, entre menaces, agressions et combats de rues. Bien protégés par leurs deux prestigieux « patrons », et les magistrats de leur parti, les deux « adjoints » et leurs sbires étaient intouchables. Il n'en était évidemment pas de même de leurs victimes...
Enfin, en -52, l'année d'Alésia, Clodius provoqua une fois de trop Milon. Gravement blessé, il se réfugia dans une auberge où les hommes de Milon vinrent l'achever. La plèbe se déchaîna lors des funérailles de Clodius, ce qui se termina par l'incendie du Sénat. On finit par transiger : César étant alors fort occupé en Gaule, il abandonna le consulat qu'il visait au seul Pompée, avec la bénédiction du Sénat, à condition que Milon fut châtié. Pompée fit condamner Milon, qui s'empressa de prendre le large, et ne se gêna pas pour bricoler les textes officiels, s'arrangeant pour que César soit encore éloigné d'un possible retour aux affaires, tandis qu'il se faisait octroyer un renouvellement pour cinq ans de son proconsulat d'Espagne.
Bref, tout était prêt pour l'affrontement final... ( voir ci-dessus ).


Qui étaient les Étrusques ?

A cette époque, l'Etrurie est, depuis plusieurs siècles déjà, une province romaine, et, semble-t-il, assez satisfaite de l'être. Il n'y a jamais eu, quoi qu'en dise Brutus, de royaume étrusque en Toscane, encore moins d'Empire, mais simplement des alliances de cités-États indépendantes, d'ailleurs souvent plus rivales qu'alliées, en fonction des besoins et des circonstances ; même la dodécapole ne semblait pas permanente et les villes la constituant ont pu varier au cours des temps.
Quoi qu'il en soit, les Romains gardèrent toujours une certaine déférence envers les Étrusques : il suffit de voir comment ils considéraient leurs devins ( voir l'article sur les religions ). La domination étrusque sur Rome est un fait avéré, qui eût lieu de -616 à -509, et qui compta sept rois, que l'on voit plutôt aujourd'hui comme des « condottieri », cherchant à s'imposer sur un territoire pour y faire fortune, ce qui ne les empêcha pas de transformer quelques bourgades de bergers en une cité puissante, prospère et bien fortifiée. Après quoi, on passa à la République, l'expansion de Rome se poursuivit sous les auspices des seuls Romains avec les conséquences que l'on sait pour ses voisins conquis ou vaincus : deux siècles plus tard, l'Etrurie était définitivement entrée dans l'orbite romaine.

Brève histoire des Étrusques

Les Étrusques ( Tyrrhenoi en grec et Tusci ou Etrusci en latin ) ont laissé leur nom à la région qu'ils occupaient entre l'Arno et le Tibre ( Tuscus amnis, le fleuve étrusque ), ainsi qu'aux deux mers qui en baignent les rivages ( mer Tyrrhénienne et mer Adriatique, Adria, au sud de Venise, étant une colonie étrusque ). Ce territoire fut ensuite connu sous le nom de Toscane et s'étendit au fil des siècles et des conquêtes de la plaine du Pô au nord jusqu'au golfe de Salerne au sud.
Longues façades maritimes, collines aux reliefs accusés mais franchissables, profondes forêts... les assises de la civilisation étrusque seront une forte implantation agricole et une grande ouverture aux échanges extérieurs.
L'Etrurie est également riche en mines : fer de l'île d'Elbe, cuivre et plomb des monts de la Tolfa, cuivre d'Arezzo... contribueront à la formation de puissantes élites locales tout en attirant les commerçants phéniciens et grecs.
L'histoire des Étrusques pose d'emblée le problème de leurs origines. Hérodote ( -V° siècle ) en fait des Lydiens d'Asie mineure qui auraient quitté leur pays à la suite d'une famine sous la conduite du roi Tyrrhénos et abordé en Italie à la fin du -XIII° siècle. Denys d'Halicarnasse ( fin du -I° siècle ) voit en eux des descendants des Pélasges ( les proto-grecs ) arrivés en Italie vers la fin du -II° millénaire. Le même Denys les considère aussi comme autochtones, ce qui, à en juger par le mythe de l'enfant Tagès né du sol de Tarquinia, semble correspondre à la théorie des Étrusques eux-mêmes. Il n'est donc pas impossible qu'un petit groupe de voyageurs se soit fixé dans la région et fini par se mélanger à la population locale.
La langue étrusque n'est ni indo-européenne ni sémitique. Nous en ignorons la plupart des aspects et l'essentiel du vocabulaire nous échappe ; bien qu'ils écrivaient en caractères grecs, les rares textes bilingues sont insuffisants pour établir une correspondance entre les deux langues : nous n'avons pas encore trouvé la « pierre de Rosette » étrusque. Il s'agirait d'une langue isolée, l'une de celles parlées dans la zone méditerranéenne avant que les parlers indo-européens s'y généralisent.
L'histoire étrusque commence vers -1050. Après une période de villages fortifiés dispersés, les villes prennent leur essor en les regroupant. Dans leurs nécropoles, l'inhumation remplace l'incinération et le mobilier des tombes devient plus important et plus riche. C'est que les cités assurent leur fortune par l'agriculture, l'artisanat et le commerce ; parmi les produits exportés, on trouve la céramique noire typiquement étrusque, le bucchero. Les échanges internationaux avec les voisins orientaux et grecs ( auxquels ils ont emprunté leur alphabet ) sont nombreux. La flotte étrusque est connue et redoutée en Méditerranée, ce qui vaudra aux Étrusques une réputation de pirates, selon les Grecs qui savent ce que piraterie veut dire, et qui les craignent surtout comme concurrents commerciaux.
La prospérité des Étrusques se reflète négativement dans le reproche de mollesse que leur font les Grecs, puis les Romains, sans doute en raison de leur pratique des banquets.
Les douze principales cités-États, regroupées en fédération, la dodécapole, sont dirigées par des seigneurs appelés lucumons. C'est à cette époque, entre les -VII° et -V° siècles, que l'aristocratie prend de l'importance et que ses membres sont enterrés sous les grands tumulus qu'on voit dans cet album. Nous verrons quelques aspects de la religion étrusque dans le chapitre consacré aux dieux.
C'est alors que les Étrusques contrôlent une région qui atteint sa plus grande extension, de la plaine du Pô à la Campanie. Au passage, les Étrusques gouvernent une petite ville du Latium nommée Rome, ce qu'il ne faut sans doute pas voir comme une conquête, mais comme un aspect de la mobilité des élites conjugué à la capacité d'intégration de la cité romaine qui empruntera aux Étrusques les signes du pouvoir : siège curule, bâton augural, licteurs. Selon la tradition, en -509, les Romains chassent le dernier roi étrusque et proclament la République.
Mais c'est déjà le commencement de la fin pour les Étrusques qui se heurtent partout à des voisins plus puissants et plus entreprenants qu'eux. Les Phocéens de Marseille les chassent de Corse en -545, ils sont défaits par les Grecs au cours des batailles navales de Lipari et de Cumes ( -474 ), qui battent aussi leurs alliés carthaginois à Himère ( -480 ). La conquête perse de l'Égypte et de l'Orient les prive de leurs débouchés commerciaux. Les Samnites prennent Capoue en -425, les Romains s'emparent de Véis en -396, les Celtes s'installent dans la plaine du Pô, la future Gaule Cisalpine, vers -350.
La conquête romaine avance à grands pas en Etrurie : Voltera tombe en -310, Tarquinia en -308. Les Étrusques et leurs alliés sont battus devant Sentinum en -295, Vulci et Volsinies sont écrasées en -280. Toutes les cités se rendent alors définitivement, les unes après les autres. Rome s'empare de leurs richesses et annexe les terres côtières pour y implanter ses colonies, avec d'autant moins de scrupules que les Étrusques étaient les fidèles alliés de Carthage avant les guerres puniques, ce qui ne les empêchera pas d'aider Rome dans sa lutte contre Hannibal.
L'Etrurie est enfin romaine, mais ruinée : villes saccagées, peuple exsangue, terres dévastées. Elle ne se relèvera qu'au -II° siècle, bien que ses campagnes restent largement abandonnées. Signe d'intégration définitive, en -91, les Étrusques se rendent en foule à Rome pour y revendiquer la citoyenneté romaine, ce qui n'ira pas sans peine ( voir ci-dessus le chapitre consacré à la guerre sociale ). L'histoire étrusque fait désormais partie intégrante de celle de Rome, ce qui n'empêche pas quelques soubresauts sanglants. En -82, pendant la guerre civile opposant Marius et Sylla, ce dernier châtie Arezzo et Volterra qui ont soutenu son rival, et confisque leurs terres. En -42, Octave détruit Pérouse qui a soutenu Antoine.
L'Etrurie reste une référence culturelle forte pour Rome, mais la nation n'existe plus et son souvenir même s'efface. Le dernier érudit passionné par cette ancienne civilisation sera Claude : avant d'être empereur, il rédigera la Tyrrenika, en vingt volumes, aujourd'hui perdus. A sa mort, en 54, les Étrusques sombreront dans l'oubli et la langue deviendra une langue morte. Seuls quelques vocables transmis par le latin : lettre, monde, personne, satellite... en conservent aujourd'hui l'écho.

Exemples de ce que Rome doit aux Étrusques

Les grands travaux d'urbanisme : les égouts tels que la Cloaca maxima, le Grand Cirque, le temple de Jupiter Capitolin qui, par ses dimensions et sa décoration, était le plus grand d'Italie centrale.

Les emblèmes du pouvoir romain : la pourpre, le sceptre, la chaise curule ( tabouret pliant avec des pieds recourbés ), et surtout l'insigne romain par excellence : les faisceaux que portent les licteurs ( officiers ou gardes précédant les magistrats ), et qui étaient constitués d'une hache parfois bipenne entourée de verges.

Des symboles et rites religieux : les auspices ou augures étrusques furent consultés bien après la disparition de leur civilisation, et encore au milieu du IV° siècle, sous l'empereur Julien, ainsi que les rites de fondation des villes.

Dans le domaine culturel : les débuts du théâtre latin, avec les ludiones, artistes pratiquant des mimes dansés ; la musique militaire, la trompette ayant été inventée par l'Étrusque Pisaeus, selon Pline.
Les musiciens étrusques étaient très renommés ; un collège de flûtistes étrusques accompagnait les sacrifices et recevait en paiement de l'argent et une partie des animaux sacrifiés. Or, un jour, on cessa de leur attribuer cette viande. Ils se retirèrent à Tibur et refusèrent de jouer. On dut les enivrer pour les ramener à Rome dans des chariots et les contraindre à jouer après avoir souscrit à leur revendication. Ce fut l'une des premières grèves de l'Histoire !


Les dieux des uns et les dieux des autres

La religion étrusque doit beaucoup aux Grecs...

On parle beaucoup de dieux, dans cette histoire, et l'auteur attribue même aux Étrusques du temps d'Alix un culte pour Moloch-Baal. Nous allons voir quelle était la religion des Étrusques et ce qu'il faut penser de Moloch.
Dans l'Antiquité, les Étrusques avait la réputation d'être le peuple le plus religieux qui soit au monde. Réputation assez usurpée, car leur religion n'est qu'un polythéisme assez banal, leurs dieux n'étant que les homologues des panthéons grec et romain.
Le dieu souverain Tin ou Tinia correspond au Zeus grec ou au Jupiter latin, comme son épouse, Uni, correspond à la Héra grecque et à la Junon latine. Plusieurs divinités étrusques portent d'ailleurs des noms d'origine italique, ce qui montre l'existence ancienne d'un fonds religieux commun dans la péninsule.
C'est ainsi qu'on trouve Menerva, Nethuns et Selvans qui ne sont autres que les latins Minerve, Neptune et Silvain. On trouve aussi des emprunts directs à la Grèce avec Apulu ( Apollon ), Hercle ( Héraclès ), Aita ( Hadès ) et Persiphnéi ( Perséphone ). Toutefois, d'autre dieux ont des noms proprement étrusques : Turms ( Hermès ), Sethlans ( Héphaïstos ).
Les dieux infernaux et les démons sont plus originaux, et ce sont ceux dont les images peintes ornent souvent les parois des hypogées de Tarquinia, aux -IV° et -III° siècles : Vanth, démon féminin tenant des serpents, et Charun, démon au nez crochu et à la chair bleuâtre brandissant un énorme maillet, mais dont le nom vient du grec Charon...


... et la religion romaine doit beaucoup aux Étrusques

La religion étrusque a néanmoins inspiré la religion romaine après s'être elle-même inspirée d'un modèle grec. C'est le cas pour les temples, dont le type grec a d'abord été adopté par les Étrusques, tandis que les Romains construiront des « temples toscans » ( Tuscaninum templum ) qui diffèrent des temples grecs parce qu'ils s'élèvent sur une hauteur et ne s'ouvrent que sur la face avant, précédée d'une volée de marches. Les Tarquins construisent ainsi le temple de Jupiter Capitolin, dédié non pas à une seule, mais à trois divinités : Jupiter, Junon et Minerve, la « triade capitoline ».
Les Romains adoptent non seulement les idées religieuses des Étrusques, mais aussi leurs rites et le calendrier qui règle leurs fêtes, en commençant par Romulus qui fonda la cité en suivant un rituel étrusque enseigné par les prêtres de ce pays.
La religion étrusque est surtout connue par ses livres sacrés, consacrés aux rites, mais aussi par la divination ( l'haruspicine ), qui consiste en l'observation du foie des animaux sacrifiés, ainsi que de la foudre et des éclairs. La divination est alors un aspect essentiel de la religion : toute action humaine dépend de l'assentiment des dieux, toute catastrophe ( défaite militaire, troubles sociaux, famines, épidémies, séismes... ) est provoquée par le courroux des divinités offensées. Il est essentiel de savoir ce que les dieux attendent de l'homme, comment il peut apaiser leur colère. Dans ce domaine, les Étrusques passaient pour des maîtres incontestés en développant cette science religieuse, l'étrusca disciplina, dont ni les Grecs, ni les Romains n'avaient l'équivalent dans leurs fonds nationaux.
Dès l'achèvement de la conquête de l'Etrurie, au -III° siècle, le Sénat romain mit en place un corps de devins, ou haruspices, à son service : l'Ordo Haruspicum ( ordre des 60 haruspices ), qu'il consulte dès qu'un signe inquiétant semble indiquer que les dieux sont mécontents du comportement des Romains, ou veulent leur transmettre un avertissement. C'est dire le prestige dont jouit cette science religieuse étrusque, sur un point ressenti comme aussi essentiel que les relations avec les dieux.
Comme de bien entendu, beaucoup d'haruspices proposent à une clientèle privée, contre rémunération, les lumières sur l'avenir que la science étrusque leur permet de découvrir. Sylla a son haruspice, Postumius, et César a aussi le sien, Spurrina. Sous l'empire, les empereurs ont leur haruspice attitré, et cela tant que se maintient la religion traditionnelle, bien longtemps après la fin de l'indépendance étrusque.

Et Moloch-Baal, dans tout ça ?

Commençons par Baal, dont le nom sémitique signifie : « seigneur », « maître », « possesseur ». Il apparaît dès le -III° millénaire à Ougarit, puis en Phénicie au -I° millénaire, où, selon la Bible, ce grand dieu local est l'ennemi de Yahweh. Dans une population composée de paysans, d'éleveurs et de marins, il est le dieu des orages et donc de l'eau de pluie qui revient fertiliser la terre et abreuver les troupeaux après être passée par un séjour souterrain et les sources de la région ; il est aussi vainqueur d'un combat contre le dieu de la mer, Yam.
Son nom doit être considéré comme un terme générique, le plus souvent associé à un nom de lieu qui précise sa fonction ou son rôle. C'est ainsi qu'on trouve Baal-Azor ( en Palestine, là où fut tué Absalon, toujours selon la Bible ), Baal-Perisim ( près de Jérusalem ), Baal-Séphon ( près de la Mer Rouge, là où les Hébreux s'arrêtèrent pendant l'Exode ), Baal-Bek ( ou Héliopolis, en Syrie ), etc.
Dans la Bible, face aux prophètes de Baal implorant en vain leur dieu, Yahweh se manifeste en consumant le sacrifice présenté par le prophète Élie sur le Carmel et le prophète Osée attribue à Yahweh les bienfaits qu'on prêtait à Baal.
Sous le nom de Baal-Hammon, il occupe la place d'honneur au sein du panthéon punique : en tant que garant de la sécurité et de la prospérité de Carthage, il protège les intérêts publics et privés. On lui présente des vœux et des dons, ainsi que des sacrifices ( molk ) pour qu'il exauce les prières et bénisse les demandeurs. Il est souvent associé à Tanit, déesse de la fécondité. En tant que seigneur et maître absolu, il est représenté sur un trône flanqué de sphinx, levant la main droite pour bénir, et tenant dans la gauche un sceptre, insigne de puissance et de souveraineté.
Dans la Carthage romaine, il sera assimilé à Saturne.

Quant à Moloch, si vous avez déjà lu mes commentaires relatifs à Carthage dans l'analyse de « L'île maudite », vous connaissez déjà un peu le personnage ; voici quelques précisions à son sujet.
Dans la tradition biblique, c'est le dieu d'une ethnie cananéenne, les Ammonites, qui lui sacrifiaient leurs premiers-nés en les jetant dans un brasier. Les Cananéens étant les ennemis des Hébreux, on peut se demander si ces derniers n'ont pas inventé ce sacrifice pour déconsidérer leurs adversaires en les faisant passer pour fous ou inutilement cruels ; à une époque où la mortalité infantile était déjà énorme, une telle exigence aurait été absurde en privant les familles de leurs futurs soutiens. Il faut préciser qu'il n'existe aucune inscription mentionnant ce dieu provenant du peuple dont il était la divinité ; son nom fut d'abord traduit en hébreu par « roi », mais seulement dans cette langue, il n'y a pas de « texte original » à son sujet.
D'après les découvertes faites à Carthage, le molk serait le sacrifice lui-même et non pas une divinité nommée Moloch, qui fut inventée pour traduire l'expression. Le mot « molk » est désormais reconnu comme un mot sémitique désignant un sacrifice, mais on ne sait pas si la victime pouvait être un humain, un animal ou autre chose.
Dans la littérature rabbinique du Moyen-Âge, Moloch, dieu des Ammonites, recevait des sacrifices d'enfants dans le lieu nommé Tophet, dans la vallée de Hinnom, proche de Jérusalem. Si vous vous étonnez de voir un dieu païen honoré si près de Jérusalem, il faut savoir que le monothéisme n'a vraiment été pratiqué par les Juifs qu'après leur retour de captivité à Babylone ( -538 ).
Par la suite, le Tophet devint une statue de bronze avec les bras tendus pour recevoir les victimes dont des tambours couvraient les cris ; elle était creuse et divisée en sept compartiments destinés chacun à une offrande différente : farine, tourterelles, brebis, béliers, veaux, bœufs et enfants, les sept offrandes devant brûler ensemble. Passons sur la taille de l'objet et la technologie nécessaire pour le concevoir...
Des commentateurs ultérieurs ont fait l'amalgame avec les sacrifices d'enfants offerts à Carthage selon Diodore de Sicile ( -I° siècle ) et Plutarque ( I° siècle ), associant Moloch avec Baal-Hammon et Tanit, les principaux dieux puniques.
Toutes ces interprétations proviennent donc d'adversaires des peuples concernés et qui ne disposaient plus des informations originelles : Moloch reste un personnage biblique, inconnu par ailleurs, sauf par la grâce des traducteurs successifs, y compris les chrétiens, qui avaient tout intérêt à rendre les païens haïssables ; il est fort probable qu'il n'y eut jamais de dieu portant ce nom, ni en Palestine, ni à Carthage, ni ailleurs.


Comment est racontée l'histoire

Ce récit fait partie de la « grande période » des aventures d'Alix, avec les quatre précédents et quelques uns des suivants. Nous n'assistons pas cette fois à de vastes déplacements, toute l'action étant circonscrite dans un périmètre assez restreint autour de la ville de Tarquini, mais c'est assez pour avoir l'occasion de traverser de beaux paysages et de visiter la cité.
Pour rester sur la question du dessin, je trouve que les personnages ont une grâce et une élégance incomparables, bien mises en valeur par les grandes cases de cet album. En outre, ce qui est inhabituel dans cette série qui se déroule la plupart du temps au grand air, une partie de l'histoire nous entraîne ici dans un monde souterrain et d'autant plus inquiétant qu'il n'est pas peuplé que de fantômes étrusques.
La progression dramatique du scénario doit aussi être soulignée : nous n'avons sous les yeux qu'une seule intrigue dont les éléments se dévoilent peu à peu. Comme bien souvent dans les aventures d'Alix, le mystère qui entoure les Molochistes et leur chef est vite levé : le but de l'auteur n'est pas de créer un suspense en dissimulant jusqu'à la dernière image leur identité ou leurs motivations, mais de nous montrer comment Alix en vient à bout. L'intrigue est centrée sur lui et non pas sur ses adversaires. Si cette construction répond vite à certaines questions que l'on se pose, elle permet néanmoins de se demander jusqu'à la fin comment l'affaire sera résolue. Il y a ici une intervention que l'on suppose divine : après que l'on ait beaucoup parlé d'un dieu concurrent, Jupiter, par l'intermédiaire de son oiseau favori ( ou dans lequel il s'est incarné ) reprend la main.



Les personnages

Alix : chargé de ramener une jeune fille dans sa famille, voilà que les choses se compliquent déjà pour lui alors qu'il n'est même pas arrivé à destination puisqu'il rencontre les Molochistes. Ces inquiétants personnages ne lui font pas peur malgré leur cruauté affichée et prouvée, et c'est en toute connaissance de cause qu'il s'oppose à eux dès lors qu'il s'agit de délivrer sa protégée, mais n'est-elle bien que cela pour lui ? Il y mettra toute son énergie ; agit-il pour des seules raisons d'humanité dont il est coutumier, ou y a-t-il d'autres sentiments là-dessous ? Si c'est le cas, il parvient assez bien à les dissimuler ! Ce mystère-là ne sera percé cette fois-ci. On le retrouve encore une fois ici aurige émérite, preuve qu'il n'a jamais perdu la main pour conduire un char.

Enak : on le voit assez peu, dans cette histoire, qu'il quitte vers le milieu de récit pour ne réapparaître qu'à la fin. S'il se laisse impressionner par la férocité des Molochistes, à la différence d'Octave, il se rattrape en défendant Alix dans la scène de la fontaine, puis en veillant au grain lorsque le préfet Pollion fait son numéro. Cela ne l'empêche pas de se faire houspiller par Alix lorsqu'il ne parvient pas à faire franchir la chute d'eau à son cheval – les Égyptiens n'ont jamais été des cavaliers accomplis – mais le même Alix s'empresse de le repêcher et de s'inquiéter pour lui, preuve que leur amitié reste intacte.

Et, par ordre d'entrée en scène :

Lucius Valérius Sinner : ce digne Romain un peu pontifiant ( peut-être a-t-il été pontife ? ), mais bienveillant, est un personnage qui croit aux oracles... comme tous ses compatriotes ! Il contribuera aussi à conclure cette histoire en intervenant vigoureusement à la tête d'une troupe armée, bien qu'un peu tardivement.

Octave : pour l'Histoire, Caïus Octavius, puis, après son adoption par César, Caïus Julius César Octavianus, né en -63 ; le futur Auguste n'a alors que 13 ou 14 ans. Sa famille n'était pas très connue, son père n'ayant même jamais réussi à être élu consul, mais il a épousé une nièce de César. Le garçon est présenté ici comme le parangon du jeune Romain selon la tradition, courageux et recherchant toutes les occasions pour s'endurcir ( comme dans la scène de la page 7, alors qu'Enak, pourtant plus âgé, se détourne ). Lui aussi croit aux oracles, et l'intervention de l'aigle semble faire germer à lui une idée qui se réalisera plus tard, mais bien improbable à l'époque.

Les Molochistes : même quand ils ne portent pas leur cagoule, ils restent anonymes, bien qu'assez différenciés physiquement. Un seul joue un rôle important, celui auquel Alix donne à boire et qui le lui revaudra plus tard.
On les prends d'abord pour des bourreaux de bas étage, ainsi qu'ils se conduisent devant de malheureux campagnards apeurés, mais on soupçonne que la terreur qu'ils font régner peut avoir d'autres motivations que d'imposer le culte de Moloch, puisqu'ils interdisent aussi de payer l'impôt à la République : grande et vieille tradition des mafias de toujours et de partout. Il ne s'agit que de prendre le pouvoir, et tous les moyens sont bons pour ça. Quand on les voit dans leur repaire de la nécropole, ils apparaissent comme des hommes ordinaires, ni terrorisés, ni exaltés, ce que sont d'ailleurs généralement les bourreaux de leur espèce, ce que l'Histoire récente a pu nous rappeler.
Celui qui devient volontairement le complice d'Alix, par reconnaissance, mais aussi peut-être parce qu'il en a assez de la mascarade tragique de la secte, est un personnage intéressant parce qu'il change d'allégeance pour remercier celui qui l'a aidé, ce qui ne va pas sans complications pour lui. Il aurait pu s'en dispenser, preuve qu'il y a quelque chose de bon dans chaque homme.

Lucius, le chef des gardes : on le prend d'abord pour un simple militaire assez bas de plafond, mais il se charge spontanément de la défense de la maison de Tullius, ce qui prouve sa compétence et son dévouement, et lorsqu'il reçoit à Tarquini le transfuge des Molochistes, il se montre assez clairvoyant pour avertir Alix et contribuer ainsi à la conclusion de l'affaire.

Lidia Octavia : pour l'Histoire, Octavia tout court. Rappelons au passage que les femmes romaines n'avaient pas de prénom personnel, mais utilisaient seulement le nom de famille féminisé, suivi le cas échéant d'un surnom ( cognomen ) pour les différencier ; alors, pourquoi pas Lidia comme surnom ? Celle-ci épousera successivement un certain Marcellus, puis Marc Antoine en -40, et, après la mort de celui-ci, élèvera avec les siens les trois enfants qu'il avait eu de Cléopâtre. Née en -70 ( elle décèdera en 11 de notre ère ), elle aurait donc 21 ans au moment de ce récit ; convenons qu'elle fait un peu moins... Comme son petit frère, c'est une forte personnalité qui n'a pas peur de grand chose, pas même des Molochistes et de leur chef. Du moins, c'est l'apparence qu'elle se donne, c'est une vraie Romaine, elle aussi. Mais au fond, ne tremble-t-elle pas dans sa prison, se doutant peut-être du sort qui lui est réservée : tomber dans les bras de Brutus ou dans ceux du Moloch... mais à tout prendre, elle s'en tirerait mieux avec le premier. L'alternative lui sera épargnée, elle est bien heureuse qu'Alix vienne enfin la chercher. Si elle craque alors, ce n'est pas pour lui, d'ailleurs, pas de temps à perdre, les consolations seront de courte durée, et même inexistantes. De là à dire qu'elle n'éprouve rien pour son sauveur... mais si c'est le cas, elle le dissimule encore mieux que lui.

Tullius : ce cousin d'Octave paraît être un brave homme, quoiqu'un peu dépassé par les évènements. Il est vrai qu'avec la disparition de son fils, on le serait à moins quand on connaît le sort réservé aux gamins. Toutefois, c'est un esprit curieux et ouvert, qui s'est donné la peine de se renseigner sur les divinités des régions où il a vécu. C'est normal pour l'époque : plus on connaissait de dieux, plus on pouvait en révérer pour être en sécurité, et moins on risquait d'en fâcher sans savoir. Mais, tout en conservant bonne figure, il n'est pas rassuré devant Brutus qui entre chez lui comme dans un moulin, et on le comprend.

Brutus : dans la galerie des superbes « méchants » qu'Alix rencontre au cours de ses aventures, celui-ci occupe l'une des toutes premières places. Lui, il sait ce qu'il veut : le pouvoir, à la fois temporel et spirituel, et Lidia en prime ; il se verrait bien en roi-prêtre, tel un Pharaon, et tant pis si le royaume qu'il veut faire renaître n'a jamais existé en Etrurie. Pense-t-il en revanche aux rois étrusques de Rome ? Veut-il que celle-ci redevienne la colonie qu'elle était à l'origine ? Mais pourquoi s'encombre-t-il de ce culte de Moloch, un dieu qui n'a jamais été vénéré en Italie ? Où l'a-t-il connu ? L'histoire ne le dit pas et c'est dommage, mais on s'en doutera un peu quand on le retrouvera plus tard dans les ruines de Carthage pour un dernier acte. Pourtant, il n'a vraiment pas l'air d'un mystique, et Moloch n'est plutôt qu'un instrument comme les autres entre ses mains. C'est un caractère entier, sans nuances, devant qui tout doit plier et trembler, même son grand prêtre, et surtout ces Romains comme Pollion et Tullius, dont il a enlevé le fils pour avoir prise sur lui et sur Lidia. Seule, celle-ci lui inspire des sentiments qui ne sont pas partagés, c'est le moins qu'on puisse dire. Quant à Alix, c'est devenu l'ennemi absolu, à abattre absolument.

Claudius : le fils de Tullius n'intervient que pour reconnaître Brutus comme celui qui l'a enlevé. Voilà un jeune Romain qui est déjà sûr de lui, même s'il a connu une pénible expérience dont il semble bien se remettre. Il ne faut pas le confondre avec son homonyme rencontré dans « La griffe noire », qui a le même âge ou à peu près, et rappelons que Claudius est alors un nom de famille et non pas un prénom.

Vésius Pollion : le préfet est un personnage ambigu dont on ne sait pas très bien si c'est un simple jouisseur qui profite pleinement de sa fonction privilégiée, ou un délégué plus consciencieux qui donne le change en agissant ( c'est du moins ce qu'il dit ) avec ce dont il dispose pour limiter les problèmes sans pouvoir les résoudre, car ils le dépassent. Personne dans cette histoire, n'a en fin de compte une bonne opinion de lui, à tel point que Alix, Enak, Octave et Sinner se trouvent d'accord avec Brutus ! Trop imbu de sa personne et de son pouvoir, il se croit très habile et il n'est que maladroit.

Le grand prêtre : celui-ci se méfie autant de Brutus que Brutus se méfie de lui, et chacun d'eux a raison. On le voit assez peu, mais on comprend vite que ce ne doit pas être le genre d'homme à aimer avoir un chef au dessus de lui, d'autant plus que celui-ci entend bien exercer toutes les prérogatives qu'il s'est accordées. Alors, il joue sa partie religieuse dans le dos du Grand Maître, moins soucieux de se concilier ce dernier que son étrange dieu, à qui il souhaite réserver un sacrifice de qualité : Lidia elle-même, ce que Brutus ne saurait admettre, et voilà qui ne facilite pas les relations, comme le prouve la conclusion de l'histoire.

... et les animaux : ils ne jouent pas habituellement un grand rôle dans les aventures d'Alix, mis à part un certain loup un peu trop humain. Ici, pour changer, nous en avons plusieurs : un aigle, un chat, sans oublier les murènes de Pollion.

D'abord l'aigle : le messager des dieux apparaît ici à la fois comme un oracle et un vengeur. C'est peut-être beaucoup lui demander, mais il est particulièrement impressionnant, surtout dans la première séquence où on le voit s'approcher en planant, puis, de toute la vitesse de ses ailes, foncer vers Octave qui ne semble pas aussi rassuré qu'il le dit. Son intervention dans la conclusion, où il devient l'exécutant du destin, offre un parallélisme avec le début de l'histoire.

Le chat, qui accompagne Alix dans son exploration du tombeau étrusque, est nettement moins impressionnant, plus sympathique, et bien utile, puisqu'il guide notre héros, lui montre la sortie et va même jusqu'à l'empêcher de se faire remarquer par les gardes. On se demande ce qu'Alix aurait pu faire sans lui pour délivrer Lidia !

Et les murènes ? Hélas, je crains que leur réputation de férocité soit surfaite ; ces charmantes bestioles n'aiment pas être dérangées dans leur habitat naturel, d'où quelques morsures aux plongeurs imprudents, mais de là à dévorer un homme entier, même à plusieurs, il y a une marge. Il semblerait que le responsable de cette mauvaise réputation ne soit autre que Pétrone, dans son Satiricon, tandis que leur nom viendrait d'un autre Romain du -II° siècle, Lucius Murena ( un ancêtre du héros de BD ? ), qui en élevait et les apprivoisait ( ? ), mais c'était plutôt lui qui les mangeait, paraît-il.





Conclusion

A la différence des aventures précédentes, qui nous montraient de vastes déplacements, celle-ci est presque intimiste, avec beaucoup de scènes d'intérieur, et même souterraines, dans la nécropole qui donne son titre à l'album. Grâce à Lidia, qui nous propose un personnage féminin et qui n'est pas pour une fois une adversaire d'Alix, et sans pour autant tomber dans une intrigue trop sentimentale, ce récit occupe une place originale dans la saga.

Sources : elles viennent essentiellement du « Dictionnaire de l'Antiquité », de Jean Leclant ( PUF ), que j'ai maintes fois cité, et aussi du n° 85 des « Cahiers de Science et Vie », entièrement consacré aux Etrusques.

La prochaine fois : « Roma, Roma... » ( Qui était Pompée ? Sénat et sénateurs, le théâtre à Rome, la justice romaine... )

-oOo-









3 Re: Le tombeau étrusque le Dim 28 Fév - 16:02

Raymond

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Admin
Magnifique analyse, Jacky-Charles.

Il y a un petit détail qui m'interpelle ! Tu sembles considérer que Tarquini et Tarquinia sont deux villes différentes, Tarquini devenant ainsi un lieu imaginaire. Ne serait-il pas plus simple de les considérer comme une seule et même cité ?

NB : notons en passant que Jacques Martin n'essaie pas de nous présenter cette cité dans son histoire. Tout ce que nous voyons, c'est l'intérieur du palais de Vesius Pollion.


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4 Re: Le tombeau étrusque le Dim 28 Fév - 22:22

Jacky-Charles


license ès BD
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Ne disposant pas d'une description de la ville réelle, dont il ne reste évidemment que des ruines, je me suis gardé de l'identifier formellement à la ville imaginée par Jacques Martin. Sauf si on pouvait me prouver le contraire, je suis également d'accord pour penser qu'il s'agit d'une seule et même cité.
En revanche, on en voit quelques aspects autres que le palais de Vésius Pollion : page 25, une rue page 48, les fortification et le cirque à partir de la page 52 jusqu'à la page 59. Tarquini a donc bien une existence dans cette histoire, mais j'ignore si elle correspond bien à Tarquinia.

5 Re: Le tombeau étrusque le Lun 1 Mar - 12:31

Raymond

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Admin
Oui effectivement, il y a deux ou trois images des remparts ... et une seule scène de rue, avec une image des maisons et de la population. Ce n'est pas grand chose. La longue séquence qui se déroule dans le cirque ne nous montre pas vraiment une image de la cité (en tout cas, je ne l'ai pas considérée comme tel).

Sinon, c'est une bonne remarque que de rappeler les nombreuses "guerres civiles" survenues pendant le siècle de Jules César. De nombreuses cités alliées de Rome se sont révoltées à l'époque de Sylla mais cette rébellion a été écrasée d'une manière sanglante. Les insurgés ont alors été massacrés, mais on pourrait imaginer qu'il reste des survivants à l'époque d'Alix et qu'ils souhaitent toujours briser la tutelle romaine.

Cependant, Jacques Martin ne tient pas tellement compte de ce contexte politique. Il préfère créer un affrontement religieux, et cette idée donne beaucoup plus de tension à cette aventure. Alix ne lutte pas seulement contre quelques insurgés, mais contre le culte de Moloch et ses sacrifices humains.


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6 Re: Le tombeau étrusque le Lun 1 Mar - 20:04

jfty

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grand maître
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Pourvu que Jacquy-Charles ne nous quitte pas!Quelle encyclopédie! STP, ne nous quittes pas!
C'est un régal que de lire tes articles!Il me faudrait des années pour pouvoir sortir un texte de cette qualité!

7 Re: Le tombeau étrusque le Lun 1 Mar - 22:23

Jacky-Charles


license ès BD
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Merci !

C'est aussi amusant de rechercher les références d'une histoire que de lire l'histoire elle-même, surtout quand elle est aussi riche que celle-ci en thèmes variés, et j'espère seulement en rédigeant ces articles - qui ne sont que des copies de divers bouquins, je n'invente rien, sauf quelques commentaires de mon cru - que cela vous fait autant de plaisir qu'à moi.

Pour suivre ce que dit Raymond, cette histoire est très caractéristique de la manière dont Jacques Martin bâtit ses récits : un arrière-plan historique évoqué en quelques phrases, ici, les guerres civiles entre les factions romaines, mais on ne les voit pas, et les relations très anciennes et souvent conflictuelles entre Romains et Etrusques, puis on passe au récit romanesque avec une débauche d'imagination, dont le culte de Moloch est l'élément central, autour duquel gravitent les ambitions de Brutus, l'avenir d'Octave, les relations entre Alix et Lidia... c'est vraiment très bien conçu et on marche à fond, comme à chaque fois.

8 Re: Le tombeau étrusque le Lun 1 Mar - 23:51

Raymond

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Admin
J'aime bien le portrait que tu fais de Brutus. Dans le Tombeau étrusque, il se comporte réellement comme un chef opportuniste. Il idéalise certaines traditions étrusques mais la religion semble n'être qu'une arme qui peut lui servir à renforcer son pouvoir. Son rapport avec les dieux apparait bien différent dans le Spectre de Carthage, car il y apparait moralement brisé par les blessures que lui a infligé l'aigle. Il se comporte dès lors en victime et devient un fanatique de la religion de Moloch. Il y sacrifie même sa santé pour se venger de Jupiter (et de Rome).

Brutus est un personnage dangereux et parfois sans scrupule, mais il est dominé par ses passions qui le conduisent à l'échec. C'est un caractère plus intéressant que celui d'Arbacès qui devient à la longue un vulgaire bandit.

Tiens, il faudras aussi que l'on ouvre un sujet sur le Spectre de Carthage.


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9 Re: Le tombeau étrusque le Mar 2 Mar - 23:47

Raymond

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Admin
Dans le Tombeau étrusque, il y a quelques scènes classiques où l'on devine à nouveau l'influence de Ben Hur.

Il y a par exemple cette image du condamné épuisé au bord de la route, à qui le héros donne à boire.



Il y a aussi une course de chars, comme dans Alix l'intrépide, par ailleurs très bien dessinée.

En dessinant Alix l'intrépide, Jacques Martin ne pouvait pas avoir vu le film de William Wyler (tourné en 1958), mais dans le Tombeau étrusque, il a sûrement du avoir quelques réminiscences.



Dernière édition par Raymond le Dim 25 Mai - 16:33, édité 1 fois


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10 Re: Le tombeau étrusque le Dim 20 Mar - 22:15

Patrick Essa


alixophile
alixophile
Le texte de Jacky-charles est une vraie pépite. Merci à lui pour cet effort d'exégèse rigoureux et passionnant. J'ai lu ces lignes avec passion.

http://www.dégustateurs.com

11 Re: Le tombeau étrusque le Lun 21 Mar - 16:40

Vilain goton

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alixophile
alixophile
Idem, excellent texte J-C! grand !

12 Re: Le tombeau étrusque le Mar 22 Mar - 14:25

Longtarin

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alixophile
alixophile
Impressionant!!!!!!!!!!

13 Re: Le tombeau étrusque le Mar 22 Mar - 16:26

Raymond

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Admin
Si tu explores les sujets consacrés aux albums d'Alix, tu verras qu'il y a pas mal d'autres analyses de Jacky-Charles. Merci encore à lui. pouce


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14 Re: Le tombeau étrusque le Mar 22 Mar - 18:42

Jacky-Charles


license ès BD
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Et encore merci à vous !
Mon seul regret, c'est qu'entre les analyses de Diego et les miennes, il n'y a plus d'album à commenter pour l'instant : vivement le prochain !

15 Re: Le tombeau étrusque le Mar 22 Mar - 18:47

stephane

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vieux sage
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Dans le style il y a Kéos et Orion..

http://alixmag.canalblog.com/

16 Re: Le tombeau étrusque le Mar 22 Mar - 18:49

Raymond

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Admin
On a eu la même réaction en même temps, Stéphane

Dans le genre historique, il reste en effet à Jacky-Charles les albums d'Orion et de Keos (pour l'Antiquité), sans oublier Jhen (qu'il n'apprécie pas trop), Arno (surtout les 3 premiers) et Loïs. Wink


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17 Re: Le tombeau étrusque le Mar 22 Mar - 19:02

Jacky-Charles


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C'est vrai, mais pour ça, il faut de la documentation sérieuse, que je n'ai pas encore réunie en totalité. La Grèce, c'est assez bien circonscrit, mais l'Egypte, le Moyen-âge, l'époque classique, c'est très vaste. Ce genre d'exercice prend beaucoup de temps, et je voulais faire autre chose de différent. Alors, merci de patienter un peu, ça viendra sûrement, mais je ne peux pas dire quand avec précision.

18 Re: Le tombeau étrusque le Jeu 24 Mar - 19:22

jfty

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grand maître
grand maître
Il serait peut-etre judicieux pour Jacky-Charles de publier ses analyses Very Happy

19 Re: Le tombeau étrusque le Ven 25 Mar - 16:38

Jacky-Charles


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Certes, et je te remercie, jfty, d'y avoir pensé, mais que faut-il entendre par "publier" ?

Pour moi, ces analyses n'étaient destinées qu'aux lecteurs de ce forum, et, du moment qu'elles y figurent, je considère qu'elles sont publiées, ce qui me convient, et lues, ce qui est encore mieux.

A l'origine, je n'étais d'ailleurs pas l'initiateur de ces analyses, puisqu'elles avaient été commencées par Diego sur le site "Alix l'intrépide" ( où elles figurent toujours ) et que je n'avais fait que prendre la suite, quand Diego s'était arrêté pour des raisons personnelles, d'abord sur ce même site, puis sur ce forum. J'ai continué parce que cela me plaisait et que je disposais du temps et de la documentation pour les rédiger.

S'il s'agit de les publier sous la forme d'un livre ou d'une brochure, je n'en avais pas l'intention, en tout cas, je ne ferai pas le premier pas en ce sens ( une tentative vers des éditeurs il y a une vingtaine d'années, m'a à tout jamais découragé de les fréquenter ). Mais pourquoi pas si quelqu'un d'autre en prenait l'initiative ?

Pour l'instant, je préfère réunir des informations de manière à les poursuivre avec d'autres albums, puisqu'il y une suggestion en ce sens, cela me convient mieux.

20 Re: Le tombeau étrusque le Ven 25 Mar - 17:39

jfty

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grand maître
grand maître
Il y a matière à réfléchir, je suis partant pour créer un album ayant pour base tes analyses judicieuses! Je pars en Corse pour 6 mois,donc, je n'aurais plus le temps de m'en occuper, mais en rentrant, je reprendrais le chantier avec bonheur Very Happy .
Je reste joignable par MP.

21 Re: Le tombeau étrusque le Ven 12 Avr - 13:36

Invité


Invité
La couve pour les 50 ans :

22 Re: Le tombeau étrusque le Ven 12 Avr - 21:16

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
Pour ma part, voici ma couverture préférée de cette histoire.

On y trouve cette sourde angoisse, annonciatrice de dangers imminents. pouce


23 Re: Le tombeau étrusque le Sam 13 Avr - 8:47

stephane

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vieux sage
vieux sage
Oui, elle est chouette aussi. J'ai ce dessin en sérigraphie sur bois , malheureusement, très mal imprimé.

http://alixmag.canalblog.com/

24 Re: Le tombeau étrusque le Mar 2 Sep - 16:58

Erik A

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martinophile distingué
martinophile distingué
Un croquis intéressant de mise en place d'une case du début de l'album...

http://erikarnoux.blogspot.com

25 Re: Le tombeau étrusque le Mar 2 Sep - 17:12

Erik A

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martinophile distingué
martinophile distingué
Jacky-Charles qui parle d'or a écrit:Les Molochistes : même quand ils ne portent pas leur cagoule, ils restent anonymes, bien qu'assez différenciés physiquement. Un seul joue un rôle important, celui auquel Alix donne à boire et qui le lui revaudra plus tard. (...) Celui qui devient volontairement le complice d'Alix, par reconnaissance, mais aussi peut-être parce qu'il en a assez de la mascarade tragique de la secte, est un personnage intéressant parce qu'il change d'allégeance pour remercier celui qui l'a aidé, ce qui ne va pas sans complications pour lui. Il aurait pu s'en dispenser, preuve qu'il y a quelque chose de bon dans chaque homme.

C'est une astuce scénaristique assez classique, venant des feuilletonistes  Dumas, Zevaco ou autres... On peut la rapprocher du loup dans les "Légions" sorti d'un mauvais pas par le jeune Gallo-romain et qui ensuite aura de la reconnaissance envers son sauveur. C'est le même mécanisme: Alix par bonté d'âme fait un geste "humain" reproché par tous, mais qui ensuite lui sauvera la mise...

http://erikarnoux.blogspot.com

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