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L'île maudite

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1 L'île maudite le Dim 27 Déc - 18:57

Raymond

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Admin
Créée à une époque où Jacques Martin cherchait encore son style, l'île maudite me semble être un album à part. Un webmestre avait considéré cet album comme raté (vous pouvez relire ICI cette vieille discussion) et d'autres ont souligné que cette histoire d'Alix a été dessinée dans un style "ligne claire" (une sorte d'équivalent stylistique de la Grande Menace). Michel Jacquemart a décrit cet album comme une "histoire de science-fiction se déroulant dans l'Antiquité", et même comme "du Blake et Mortimer dans un cadre antique", une formule très jolie quoique un peu réductrice. Il s'agit en tout cas d'un album à l'intrigue débridée, mais on peut la diviser en plusieurs parties.

Il y a d'abord une histoire policière qui se déroule à Carthage. Alix n'est rien de moins que "l'envoyé extraordinaire" de Jules César et il doit éclaicir une énigme qui inquiète la populace. De mystérieux bandits ont enlevé un savant et mis en déroute les légionnaires romains grâce à un mortel rayon lumineux. Arbacès s'associe rapidement à ces fourbes carthaginois et leur affrontement avec les romains est sans pitié.



Les conspirateurs s'enfuient en bateau et Alix affrète un navire pour les poursuivre. Commence alors une deuxième partie qui raconte un voyage maritime . Elle ne prend que quelques pages mais est riche en péripéties de toutes sortes (tempêtes, trahisons, combats). N'entrons pas trop dans les détails ! Alix et ses compagnons franchissent les colonnes d'Hercule et partent vers l'Atlantique, ce qui, à l'époque romaine, n'est vraiment pas banal.



Arrivés par hasard (et grâce aux caprices d'un ouragan) sur une île en plein océan Atlantique, Alix découvre alors une peuplade égyptienne autrefois très puissante (on d'ailleurs se demander si il pourrait s'agir d'atlantes ). Alix apprend aussi l'existence d'une autre île plus grande et plus inquiétante, peuplée de phéniciens et dirigée par un mystérieux "homme noir". C'est la fameuse "île maudite" que les héros vont combattre au cours d'une étonnante troisième partie.



Ces phéniciens restent bien mystérieux et un peu irréels tout au long de cet affrontement. Ils disposent de formidables connaissances techniques, et savent par exemple fabriquer du verre. Ils sont même capables d'utiliser une machine à vapeur. C'est probablement cet aspect qui rend l'île maudite assez proche d'un récit de science-fiction (on devrait plutôt parler "d'histoire-fiction" ).




Venu en émissaire sur l'île, le romain Vitella nous permet de découvrir de l'intérieur cette curieuse colonie phénicienne et son chef, un dictateur nommé Sardon. Jacques Martin s'est manifestement amusé à jouer avec le vraisemblable et les quelques images du palais de Sardon ne nous apportent pas de références historiques très solides. S'agit-il vraiment de phéniciens ?



Le combat d'Alix et de ses amis contre leurs puissants adversaires est bien raconté, et je l'ai encore relu avec plaisir. Arbacès et Sardon se montrent tenaces et impitoyables, mais notre héros est plus mobile et plus rusé. Alix se fait également quelques amis et on découvre entre autres le truculent Apollon, qui aurait bien mérité de réapparaitre dans d'autres albums de la série.



Le final apocalyptique est de toute beauté, mais il nous laisse un peu sur notre faim. Oû se trouve cette île (qui ne disparait pas totalement) ? S'agirait-il des Açores ? Alix a t-il combattu les atlantes ? Cette histoire contient-elle quelque chose de crédible ? Bref : où, quoi, quand et comment ? Cela fait toute une série de questions que Jacky-Charles va aborder maintenant avec sa précision coutumière ? Je parie qu'il va sûrement nous apprendre quelque chose d'intéressant.



Dernière édition par Raymond le Jeu 29 Mai - 14:06, édité 2 fois


_________________
Et toujours ...
http://lectraymond.forumactif.com

2 Re: L'île maudite le Dim 27 Déc - 19:31

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
Je me suis assez exprimé sur cet album dans cette "vieille discussion'" comme tu dis auquel j'avais participé mais qui ne m'a pas laissé que de bons souvenirs.
Aussi, à présent, je préfère plutôt moi aussi lire les très belles analyses de notre ami Jacky-Charles.

3 Re: L'île maudite le Lun 28 Déc - 12:25

Jacky-Charles


license ès BD
license ès BD
Cette histoire, relue aujourd'hui, parfois après d'autres écrites ensuite, peut paraître bien déconcertante, à la fois par son scénario extrêmement touffu, et aussi par son dessin qui ne ressemble à aucun autre dans la série. C'est pourtant un récit très riche et qui mérite d'être savouré, malgré quelques imperfections. Idée originale entre toutes que de raconter une histoire antique avec des thèmes d'anticipation, voire carrément de science-fiction ( pour l'époque, évidemment ! ).
Je me contenterai de vous emmener en croisière à la suite de nos héros : Carthage, les îles océanes, la science antique sont à notre programme : bon voyage !

L'ÎLE MAUDITE


Troisième aventure d'Alix




Le résumé

En mission à Carthage, Alix se trouve confronté à d'étranges événements liés à la disparition d'un savant, Lydas. Alors que ce dernier avait été enlevé en plein jour par des inconnus et emmené sur un navire, il fut impossible de rejoindre celui-ci, inexplicablement rapide et muni de miroirs qui incendièrent la flotte poursuivante... Après avoir remonté la piste des conspirateurs, Alix s'embarque pour un long et périlleux voyage qui le mènera sur une île de l'océan Atlantique où la science est mise au service d'un impitoyable dictateur...


Quand cela se passe-t-il ?

D'après le texte introductif, immédiatement après l'affaire du « Sphinx d'or », soit en -51. Toutefois, Alix se référant à César ( page 4 ), en se présentant à Carthage, on peut se demander si l'histoire n'aurait pas pu se passer plus tard, après la prise du pouvoir par César, soit entre -49 et -44 ; en effet, en tant que proconsul des Gaules en -51, César n'avait rien à voir avec Carthage.


Où cela se passe-t-il ?

D'abord à Carthage, puis en mer au cours d'un long voyage, et pour finir dans une île non nommée de l'océan Atlantique qui pourrait correspondre à plusieurs archipels ( voir ci-après : Les lieux ).


Le contexte historique

Cette fois, il est assez succinct. En effet, la Carthage que l'on voit ici ( voir ci-après sa description dans : Les lieux ), a certainement quelques années d'avance sur la réalité : détruite à l'issue de la troisième guerre punique, un siècle plus tôt, elle ne fut réellement reconstruite qu'après la mort de César, et ne put jamais retrouver sa splendeur d'antan. Quant à la situation politique à Rome, elle est complètement absente. De même, les descriptions scientifiques relèvent de l'anticipation – pour l'époque ! - car la plupart des procédés montrés ici ne seront découvert que bien des années plus tard et leur mise en pratique attendra encore davantage ( voir ci-après : Science antique ).


Comment est racontée l'histoire

Cet album a longtemps été le mal-aimé de la série. Jacques Martin lui-même aurait souhaité le refaire, mais sans préciser comment ; toutefois, il ne semble pas en avoir eu l'occasion.
Il faut dire que le style du dessin hésite : ce n'est plus la continuation logique des deux premières aventures, et ce n'est pas encore le style « martinien » qui ne commencera à s'affirmer qu'à partir de l'album suivant. C'est aussi une ligne claire, plus qu'avant, mais pas totalement, en somme un style qui se cherche encore. Par ailleurs, la petitesse de certaines images ( parfois, jusqu'à sept en hauteur sur une page ! ) ne facilite pas la lecture ni la compréhension du récit. L'auteur semble avoir obéi à certaines contraintes imposées par son éditeur, et pas seulement en ce qui concerne le retour d'Enak...
Enfin, le scénario lui-même : contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas une mauvaise histoire, loin de là. Les péripéties dramatiques ne manquent pas et relancent constamment l'action. Si en outre on se laisse prendre aux « données scientifiques » ( certaines un peu farfelues... ), on peut se laisser mener par cette enquête au long cours qui reproduit à l'époque d'Alix un schéma devenu classique dans la littérature d'anticipation et d'espionnage des XIX° et XX° siècles, à savoir la recherche d'inventions mystérieuses et inquiétantes, ainsi que la présence d'un personnage non moins classique, celui du dictateur passablement frappé qui se sert de techniques de pointe pour tenter de dominer le monde.


Science antique

Enchaînons donc sur les techniques en question. Toutes celle qui sont énumérées dans ce récit ne sont pas dangereuses, par exemple le verre, qui, même alors, n'était pas une nouveauté. Pour le reste, il y a un habile mélange des époques.
Il faut se rappeler que si l'Antiquité connaissait des technologies parfois assez sophistiquées, comme tout ce qui touchait à l'art militaire ou à l'architecture, mais essentiellement pragmatiques, de nombreuses sciences, ou du moins ce que nous appelons ainsi aujourd'hui, restaient théoriques et spéculatives, faute d'expérimentation possible, tout en approchant de très près la réalité, comme par exemple la théorie atomique de Démocrite dont je vous ai déjà parlé dans « L'enfant grec ». Par ailleurs, l'époque ne recherchait pas de moyens mécaniques pour entreprendre ses grands travaux : la main d'œuvre servile était là pour cela, et suffira encore pour longtemps.

La poudre

On l'a déjà vue à l'œuvre dans « Le Sphinx d'or », et je lui ai consacré un article auquel le lecteur voudra bien se reporter.

Le verre

Dès -100 000 ans, nos ancêtres utilisèrent un verre volcanique naturel, l'obsidienne, pour fabriquer leurs pointes de flèches et leurs outils ; une autre variété, les tectites, servaient à faire des bijoux.
Comment fut inventé le verre que nous connaissons ? D'après une légende, des marchands phéniciens auraient fondu par erreur du natron sur leur feu de camp, mais comme il faut 1300° pour faire du verre, c'est peu vraisemblable.
Quoi qu'il en soit, dès -3000, du verre était fabriqué en Mésopotamie, en Syrie et en Égypte ; il n'était ni transparent, ni translucide, mais opaque, et de couleur verte ou bleue, en raison des oxydes métalliques contenus dans les matériaux de base non purifiés ; plus tard, on ajoutera volontairement des colorants pour obtenir des nuances diverses.
Vers -1500, on obtient une plus haute température, ce qui permet de fabriquer du verre translucide ; il s'agit de verre creux. L'émail, qui est du verre teinté, est aussi connu à cette époque.
Au -I° siècle, le verre soufflé est inventé en Syrie, et passe rapidement en Italie, en Gaule et en Espagne ; la canne, grâce à laquelle l'ouvrier se tient plus loin de la source de chaleur, permet d'obtenir des objets plus fins. Au même moment, le verre transparent est inventé à Sidon.
Au I° siècle de notre ère, est inventé le verre coulé plat, épais de 5 à 6 mm, transparent, qui est utilisé à Pompéi, notamment ; de nombreuses maisons romaines possèdent alors des fenêtres vitrées. La fabrication du verre creux devient une industrie importante.
Au III° siècle, le verre incolore, grâce à l'adjonction de manganèse, est connu.
Entre les V° et X° siècles, le verre plat soufflé se répand dans toute l'Europe.
Il faut attendre le XIV° siècle pour que le verre à vitre soit d'usage courant.



La baliste

Il s'agit essentiellement d'une arme de siège, qui n'est rien d'autre qu'une arbalète de plus ou moins grand format. Elle pouvait envoyer des flèches de grande taille jusqu'à 500 m environ. Elle était connue des Grecs depuis -400, notamment des troupes du tyran Denys de Syracuse, et fut également utilisée par les soldats d'Alexandre le Grand.
La catapulte pouvait envoyer des pierres pesant jusqu'à 100 kg à 500 m également. Une onagre était une fronde géante. Un scorpion était une petite baliste qui fut utilisée pendant les guerres puniques. Certaines de ces armes étaient mobiles, montées sur un chariot ; l'une d'elle est représentée sur la colonne Trajane.
La baliste fut rapidement adoptée par les Romains ; César l'utilisa pendant la Guerre des Gaules et en Grande-Bretagne. Il en existait une version portative en métal.

Les miroirs d'Archimède

L'utilisation qu'en fit le grand savant de Syracuse ( mort en -212 ) pour incendier la flotte romaine pendant le siège de sa ville serait une légende née 800 ans après les faits supposés. On a tenté de renouveler l'expérience de nos jours, mais sans beaucoup de succès.
En effet, Archimède n'aurait pu disposer que de miroirs de bronze, puisqu'on a vu que le verre plat n'était pas encore inventé, et qui renvoient moins bien la lumière que les miroirs en verre ; il n'est pas non plus certain qu'on ait pu fabriquer des miroirs en bronze d'une taille suffisante pour un tel usage à une distance de plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de mètres ; par ailleurs, une telle arme aurait dépendu de l'ardeur du soleil, et de l'orientation des cibles par rapport à lui : dans l'expérience qui a été faite, celles-ci devaient rester immobiles, ce qui est difficile à obtenir d'un navire de guerre en opération, et plus encore quand il faut ajuster des miroirs se trouvant sur un autre bateau ; enfin, une coque humide est peu sensible aux rayons, et une voile claire, pas du tout, puisqu'elle renvoie les rayons.
En définitive, dans l'expérience qui fut tentée, seule une coque sèche et immobile put être enflammée par des miroirs en verre situés à 20 m seulement. Des circonstances pas vraiment en rapport avec celles que l'on aurait rencontré lors d'un siège à cette époque.

La vis d'Archimède

Ce procédé bien réel n'est connu que comme système d'irrigation pour des lieux surélevés par rapport au niveau de l'eau : l'extrémité inférieure d'un conduit en forme de pas de vis est plongé dans l'eau, que l'on élève en faisant tourner la vis à l'aide d'une manivelle.

La machine à vapeur

Une première machine à vapeur, mais qui n'était en réalité qu'une curiosité sans utilité pratique, fut inventée par Héron d'Alexandrie au premier siècle de notre ère. Héron s'était intéressé à la physique, aux mathématiques et à l'optique, ainsi qu'à la fabrication d'automates mus par l'eau, la vapeur ou l'air comprimé.
Sa machine pneumatique, nommée éolipyle ( porte d'Eole ), était constituée d'une chaudière fermée remplie d'eau dont sortait un tube en U inversé servant d'axe horizontal à une sphère étanche équipée de deux tubes coudés sortant de manière opposée. En chauffant l'eau de la chaudière, la vapeur monte dans le tube en U inversé, pénètre dans la sphère et s'échappe enfin par les tubes coudés, faisant ainsi tourner la sphère. Pas de quoi actionner une machine, encore moins un bateau.
L'éolipyle que l'on voit page 8 du « Spectre de Carthage » ne correspond pas à cette description ; elle a aussi un siècle d'avance sur son invention, simplement parce qu'on a longtemps cru que Héron avait vécu autour de -100, alors qu'il était probablement né au début de notre ère.

Le feu grégeois

La matière visqueuse et noirâtre qui brûle même sur la mer et qui sert à enflammer les navires pourrait bien s'apparenter au feu grégeois, c'est à dire « grec », qui aurait été élaboré par un certain Callinicus d'Héliopolis ( mais on ne sait pas s'il s'agit d'Héliopolis d'Égypte ou de la ville de Syrie, c'est à dire Baalbek ) vers l'an 670 de notre ère.
Il s'agit d'un mélange de naphte, de salpêtre, de soufre et de bitume, qui explose et produit une épaisse fumée en brûlant, même au contact de l'eau ; c'est l'ancêtre du napalm.
Il fut utilisé par les Byzantins, puis par les Arabes, jusqu'au XIV° siècle, et disparut alors, supplanté par la poudre à canon. Sa formule fut retrouvée au XVIII° siècle par le chimiste français Dupré, qui la proposa à Louis XV, mais ce dernier en eut si peur qu'il préféra la laisser retomber dans l'oubli.


Les lieux

Carthage

Pour l'histoire de la ville, de ses divinités et de ses institutions, ainsi que des trois guerres puniques qui l'opposèrent à Rome, le lecteur voudra bien se reporter à l'excellent exposé rédigé par Diego, pour son étude du « Spectre de Carthage », publié sur le site « Alix l'intrépide ».
Je reprends le récit là où il l'a laissé, pour une brève description de la Carthage contemporaine d'Alix, et de ce qui s'ensuivit.

De la Carthage punique...

De Carthage, ravagée par l'incendie, ne restaient que des décombres. Des autochtones ont bien séjourné un temps aux alentours, mais les ruines étaient inhabitables. Tout au moins jusqu'en -46, l'année où Jules César eut l'idée d'en faire une colonie romaine. Mais à quoi ressemblait la ville détruite par les Romains ?
La Carthage phénico-punique avait su tirer parti d'une situation géographique exceptionnelle et d'une topographie remarquable : située au centre d'une presqu'île s'avançant au milieu d'un vaste golfe, rattachée au continent par un isthme large, son territoire est bien ouvert sur la Méditerranée. A partir d'une citadelle et d'un port, elle avait constitué un empire maritime en Méditerranée occidentale, puis exploité un arrière-pays agricole drainé par deux grandes rivières. Dès la fin du -V° siècle, un urbanisme ordonné régissait la ville, puis la partie sud de la colline de Byrsa, qui fut la citadelle de la cité punique dès les origines, fut aménagée selon un plan orthogonal au début du -II° siècle. Elle possédait deux ports : le port marchand, rectangulaire, aménagé à la fin du -IV° siècle, et le port de guerre, circulaire, seulement antérieur de quelques décennies à la chute de Carthage. Elle était entourée de plusieurs nécropoles, qui la séparaient de la « ville nouvelle », Mégara, créée à la fin du -IV° siècle.
On y a retrouvé des objets en céramique, en ivoire et en orfèvrerie, attestant de la vitalité de l'artisanat carthaginois depuis l'époque archaïque et où l'influence phénicienne est encore présente. On a aussi retrouvé 6000 inscriptions épigraphiques puniques, dont la plupart datent de la dernière période de la cité ( -III° et -II° siècles ), comportant des noms de métiers, des indications sur les institutions et la vie religieuses, mais aucune donnée événementielle.

... à la Carthage romaine

Fidèle à la mémoire de son père adoptif, Octave y envoya 3000 colons : ainsi est née sur les cendres de Carthage, la Colonia Julia Concordia Karthago. Les traces matérielles de la ville punique ont disparu : après de gros travaux de terrassement, qui permirent d'enterrer les vestiges de Carthage, les colons ont érigé sur la colline de Byrsa, un forum, une basilique judiciaire, des temples...
La ville romaine fut construite selon un plan urbanistique cadastré, et installée d'un seul tenant sur le terrain comme sur une table rase. Tous les édifices, publics ou privés, politiques ou religieux, de divertissement ou d'habitation, s'insèrent dans ce carroyage régulier : amphithéâtre, théâtre, odéon, cirque, bibliothèque, thermes, villas, réservoirs, etc. Par exemple, d'une superficie de trois hectares, les thermes étaient l'un des plus vastes bâtiments du monde romain, alimentés, via un aqueduc, par une source située à 70 km.
Le territoire punique annexé par Rome devint la Provincia Africa, que sa grande fertilité fera surnommer « le grenier de Rome ». Carthage devint capitale de l'Afrique proconsulaire, siège du proconsul chargé de son gouvernement et de la redoutable charge de ravitailler l'Urbs. Pour assurer sa sécurité, plusieurs colonies de vétérans forment un chapelet autour de la ville, dont la pertica, le territoire agricole, est placé sous la protection de Cérès, déesse des moissons. Ce faisant, Carthage ne fait que renouer avec l'une de ses vocations premières : outre le commerce maritime, elle avait engagé dès le -IV° siècle une agriculture diversifiée : céréales, élevage, oliviers, arbres fruitiers, vignes, et étudié en profondeur l'agronomie comme en témoigne le traité de Magon ( -III° siècle ), un ancien général qui rédigea une véritable encyclopédie agricole et qui était considéré comme le père de l'économie rurale, y compris à Rome, où son œuvre fut traduite en latin.

Mais l'ancienne Carthage n'a pas tout à fait disparu

Cependant, les traces immatérielles de la culture punique allaient subsister encore longtemps. Ainsi, la colonie romaine a conservé des institutions typiquement carthaginoises, comme celles des suffètes, ces magistrats municipaux en place depuis Hannibal. Du point de vue de la religion aussi, le culte punique de Baal Hammon semble s'être confondu avec celui de Saturne ; preuve de sa grande longévité, le dieu Saturne-Baal-Hammon sera encore figuré pendant la période chrétienne. Les aires sacrificielles ornées de pierres rituelles ( les « tophets », d'après un mot biblique ) sont restées en activité au moins jusqu'à Domitien ( I° siècle de notre ère ).
A propos des tophets, que faut-il penser de la légende des sacrifices d'enfants, complaisamment colportée par les adversaires grecs et latins des Carthaginois, en particulier Diodore de Sicile ( -I° siècle ), à la différence de Polybe ( -II° siècle ) qui n'y fait aucune allusion ?
En 1921, on découvrit une nécropole où des milliers de stèles surmontaient des urnes en terre cuite contenant des restes calcinés de jeunes enfants, parfois accompagnés de quelques restes animaux ; des inscriptions votives associées citaient le terme molk, c'est à dire : don, offrande, ou sacrifice de substitution, et que l'on a un peu hâtivement traduit par le nom d'un dieu : Moloch, à qui les Carthaginois sacrifiaient des enfants dans les flammes... Mais jamais on n'a retrouvé nulle part, ni à Carthage, ni dans ses colonies, de monumentale statue de bronze indispensable pour de tels sacrifices. Quant à Moloch, on ne connaît son nom que par la Bible, où il désigne les dieux des ennemis des Hébreux ; il n'appartient donc pas à un peuple en particulier et on le cherche encore...
Or, on sait que les nécropoles ne recevaient plus, à partir du -II° siècle, faute de place, de corps enterrés, mais seulement incinérés. Quant aux urnes d'enfants, auxquelles les stèles ne correspondent pas toujours, elles ne contenaient généralement que les restes d'un seul individu, toujours incinéré dans la même position, ce qui exclut des sacrifices de masse. Loin de la propagande anti-punique, il faut plutôt voir là un rite permettant de « restituer » à la divinité les enfants morts naturellement trop jeunes pour appartenir pleinement à la communauté, et d'en faire des intercesseurs auprès d'elle pour les vivants, à titre purement privé et non dans un cadre expiatoire et public. Les données actuelles, archéologiques et épigraphiques, ne suffisent donc pas à démontrer la réalité de sacrifices d'enfants.
La langue punique va elle aussi persister très longtemps après la chute de Carthage ; la graphie officielle punique a bien sûr été remplacée par le latin, mais on trouve pendant plus de deux siècles des stèles rédigées en écriture « néopunique » ; il faut dire qu'en dehors de l'élite romaine, les habitants d'Afrique du Nord parlèrent encore longtemps un mélange de latin et de punique. Le théologien Saint Augustin, en visite au V° siècle, notera encore la prépondérance de ce parler ; la destruction de la ville n'a pas empêché la persistance d'une certaine culture punique.
Quelques siècles plus tard, alors que Carthage est devenue une province de l'empire byzantin, elle passe sous domination arabe en 698 ; désormais simple petite ville, elle ne connaîtra plus jamais sa grandeur d'autrefois.
Je reviendrai sur Moloch dans mes commentaires à propos du « Tombeau étrusque », où il est encore question de ce dieu


Les îles

Après un long et pénible voyage maritime, nous voici arrivés en vue de l'île maudite. Le récit nous disant qu'elle n'est pas isolée, et pour tenir compte d'un délai de route raisonnable, trois archipels répondent peu ou prou à sa description.


Les îles Canaries

Ce sont les plus proches pour nos voyageurs et aussi les mieux connues à l'époque. Les Canariae Insula, ou « îles aux chiens », furent ainsi nommées parce que les premiers explorateurs les trouvèrent peuplées de chiens sauvages ; la plupart des îles de cet archipel sont volcaniques.
Dans l'Antiquité, les « Îles Fortunées », leur autre nom, étaient déjà connues des Phéniciens et des Carthaginois ; pour les Anciens, elles étaient situées aux limites de l'Ecoumène, le monde connu ; elles ne furent redécouvertes par les Européens qu'au XII° siècle.
Elles furent peuplées à partir de -3000 ; vers -500, les premiers occupants furent remplacés par un peuple aborigène d'origine berbère, les Guanches.

Les îles du Cap-Vert

Elles étaient encore inhabitées en raison de leur éloignement du continent lorsque les marins portugais y débarquèrent pour la première fois entre 1456 et 1460, mais il est possible que des navigateurs Phéniciens ou Carthaginois y soient allés.

Les Açores

Ces îles portugaises situées à 1500 km à l'ouest de Lisbonne furent découvertes en 1427 par Diego de Silves, puis colonisées par les Portugais, mais il n'y avait aucune trace de visite antérieure.
Elles sont d'origine volcanique, ce qui est facilement vérifiable par l'existence de scories et de caldeiras, et ont encore une intense activité volcanique ; le point culminant est le Punta de Pico sur l'île de Pico, 2351 m.

Si à mon avis, il faut exclure les Canaries, déjà connues et fréquentées à l'époque, les deux autres archipels font des candidats recevables, principalement les Açores, malgré leur éloignement, mais en raison de leur activité volcanique permanente. Cependant, est-il besoin de préciser que la géologie n'a relevé aucune trace, à l'époque historique, d'un cataclysme comme celui qui conclut le récit ? Nous avons donc plus de chances de considérer le lieu comme purement imaginaire.


Les Personnages

Alix : le voici donc arrivant à Carthage en tant qu'« envoyé extraordinaire » de Rome, chargé de l'enquête sur des événements inquiétants qui viennent de se dérouler dans la ville. Si certains le trouvent un peu jeune pour son rôle officiel, rappelons que Pompée commandait des légions à 23 ans, Scipion l'Africain à 24 ans, Octave à 20 ans. Quoi qu'il en soit, les Carthaginois ne seront pas déçus par ses initiatives : courageux, astucieux et volontaire, comme d'habitude, il remonte vite la piste au risque de périr noyé. Et cela n'est rien par rapport à ses exploits dans l'île, à la tête d'une toute petite troupe contre des adversaires coriaces, et dont il reviendra pourtant bredouille et en ayant perdu presque tous ses compagnons d'aventure, emportés par les éléments. Mais il ne se pose pas de questions : Rome a commandé, il y a une énigme à résoudre, un mystère à éclaircir : il est là. Tant que le but n'est pas atteint, il avance, c'est l'homme d'action pur. Plus tard, il fera une meilleure part à la réflexion, connaîtra des doutes, et y gagnera en nuances et en complexité, mais ce moment n'est pas encore venu.

Enak : le revoilà, appelé à grands cris par des lecteurs qui l'avaient trouvé sympathique, et malgré les préventions de l'auteur qui voulait sans doute limiter le nombre de ses personnages récurrents. Pour son retour impromptu, le jeune égyptien renoue bien vite avec sa vocation de victime, puisqu'il tombe par deux fois entre les pattes d'Arbacès : heureusement qu'Alix est là ! Cela ne l'empêche pas de se comporter lui aussi courageusement, et on voit aussi que son affection pour Alix, qui est réciproque, ne se dément pas.



Et, par ordre d'entrée en scène :

Flavius : le gouverneur romain de Carthage ( proconsul, comme on l'a vu ), semble être un brave homme, énergique et efficace, aussi soucieux du bon ordre dans son territoire, que de la santé d'Alix, sur lequel il compte pour l'aider, car, lui, les mystères ne sont pas vraiment son affaire.

Ségabal : ce « notable » de Carthage n'est en fait qu'un agent d'exécution d'assez bas étage, et courageux seulement jusqu'à un certain point : il n'est pas question pour lui d'aller se frotter au maître de l'île, alors qu'il s'est fait prendre par les autorités carthaginoises, et bien qu'il se soit démené comme un beau diable pour échapper plusieurs fois à ses poursuivants. Il périra bêtement en voulant arrêter l'avance de l'expédition.

Lydas : le savant dont la disparition est le point de départ de cette aventure apparaît finalement assez peu, pour disparaître définitivement dans la tempête finale. Ségabal dit qu'il avait perfectionné des découvertes ignorées du commun et que c'est pour cela que le maître et les mages de l'île l'avaient fait enlever : on veut bien le croire, s'il avait vraiment quelques siècles d'avance.

Arbacès : le revoilà, lui aussi, et jamais à court d'expédients. Il ne possède plus qu'un objet de valeur : la formule de la poudre, qu'il s'empresse de communiquer aux complices de Sardon. Voilà un excellent moyen de se refaire, meilleur que de devoir jouer la comédie, car il n'était pas question de proposer la formule aux hommes qui avaient le pouvoir à Rome : Alix avait dû faire son rapport. Toujours aussi ambitieux et dépourvu de scrupules, il se glissera dans les bonnes grâces de Sardon, qui ne semble pas tout à fait dupe du dévouement apparent de son nouveau complice, et il a raison. Le Grec, qui se comporte dans l'île comme si tout venait de lui, laissera son maître crever tout seul avant de disparaître à son tour, mais tout ce qu'il y a de provisoirement : il a la peau plus dure que Sardon !

Galo : autre « notable » Carthaginois, il est le chef local des hommes de Sardon, donc, il ne faut pas se fier à ses rondeurs et à son air bonasse : c'est un vrai méchant, même s'il trouve plus fort que lui avec Arbacès. Il a infiltré le Conseil de la ville avec Ségabal et il a assez de ressources pour s'enfuir quand le temps devient vraiment mauvais pour lui.

Vitella : ce courageux officier romain seconde activement Alix et n'hésite pas à s'introduire à visage découvert dans le repaire de Sardon, ce qu'Alix ne peut évidemment pas faire à cause de la présence d'Arbacès. Malgré quelques déboires, il réussira sa mission consistant à retrouver et à faire évader Lydas, et il sera l'un des seuls survivants de l'équipée.

Hatmès : le chef de l'île « égyptienne » paraît tout d'abord un homme résigné à son sort, qui se dissimule avec son petit peuple quand débarquent les soldats de Sardon, dont il ne faut surtout pas se faire voir. Mais il a de la ressource, et les siens comme lui, car il suffit que paraisse Alix, qui lui donne une occasion de prendre une revanche, pour qu'il mobilise toutes ses forces contre l'adversaire qui l'a condamné à une vie cachée après l'avoir vaincu.

Apollon et ses compagnons : Apollon est le seul de son petit groupe à s'exprimer, et il ne s'en prive pas. Ce personnage est l'une des rares tentatives de Jacques Martin, dans cette série, de créer un personnage comique ; est-ce la raison pour laquelle on ne le reverra pas, bien qu'il survive à la fin de l'histoire ? On peut aussi le considérer comme une préfiguration de Galva, qui connaîtra une meilleure carrière. En fait, il est ici à la tête d'une bande de renégats vivant clandestinement sur l'île, et qui ont déserté le service de Sardon quand ils ont compris quels étaient les buts et les méthodes de l'« homme noir ». C'est pourquoi, tout comme Hatmès, il se range sans trop discuter aux côtés d'Alix. C'est un véritable homme d'action, qui réussit tout ce qu'il entreprend, malgré des conditions difficiles.

Milio : ce capitaine de Sardon est tout gonflé de son importance, fier du superbe navire qu'il commande et qu'il montre à Vitella sans se méfier. Bon marin, peut-être, mais passablement naïf.

Sardon : il est dommage qu'on n'en sache pas plus sur les origines de l' « homme noir », elles auraient certainement éclairé ses motivations que l'on peut traduire ainsi : se servir des connaissances de son temps pour asservir le plus grand nombre de gens possible avec l'aide d'une poignée de fidèles, et faire ainsi fortune. Bien qu'on le voit en définitive tardivement et fort peu, il n'en reste pas moins très impressionnant. C'est un véritable chef, et qui se comporte comme tel, autoritaire et impitoyable. S'il se sert d'Arbacès, qui est venu se mettre à son service, c'est en le tenant en bride courte, n'hésitant pas à le rudoyer lorsqu'il n'est pas content de lui. Cette attitude sans concession lui sera fatale au moment de l'explication finale entre les deux complices. On remarque que ce sont encore les Phéniciens qui ont ici le mauvais rôle, alors que cette sombre réputation n'était sans doute pas justifiée.

Ephraüs : cet officier de Sardon est avant tout un militaire sans états d'âme tant qu'il ne s'agit que d'obéir, mais il n'hésite pas à se rebeller contre Arbacès, qui n'a aucune légitimité à ses yeux, lorsque celui-ci lui demande de poursuivre le combat, alors qu'il pense, à juste titre, qu'il vaudrait mieux se préoccuper de la cité et de la population durement éprouvées par l'éruption volcanique.


Conclusion

Malgré la mauvaise réputation qui lui a été faite, due peut-être à une histoire trop longue et des dessins trop petits, ce récit reste une aventure palpitante si on ne s'attache pas trop à la vraisemblance des détails « scientifiques ».

Sources : voir les précédentes études ; pour Carthage, j'ai particulièrement consulté le numéro 104 des « Cahiers de Science et Vie », entièrement consacré à cette ville.

La prochaine fois : « La tiare d'Oribal » ( les Parthes ; où se trouve Zür-Bakal ?... )


-oOo-












4 Re: L'île maudite le Lun 28 Déc - 15:37

jfty

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grand maître
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une fois de plus,une analyse vraiment complète,merci,Jacquy-Charles.Bêtement,je pensais que cette aventure se passais à Madère,île volcanique également,de plus,une petite île se situe à proximité qui aurais pue servir de refuge aux égyptiens!Quand pense-tu? scratch

5 Re: L'île maudite le Lun 28 Déc - 17:49

Jacky-Charles


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Tu as parfaitement raison, j'aurais également pu citer Madère ( et ses annexes ) que j'ai bêtement oubliées.
Mais à mon avis, elles posent le même problème que les Açores, en raison de leur éloignement de l'Europe : presque 1000 km du Portugal, 660 km des Canaries. Rien ne prouve qu'elles aient pu être connues des navigateurs de l'Antiquité, y compris des Phéniciens. D'ailleurs, elles étaient inhabitées et inconnues quand les Portugais les ont découvertes, vers 1300, et il n'y avait aucune trace d'une précédente visite.
Elles ont pour elles, dans le contexte de cette histoire, d'être isolées et volcaniques, sans trace de cataclysme cependant.
Alors, en effet, pourquoi ne pas y voir le repaire de Sardon ?

6 Re: L'île maudite le Lun 28 Déc - 18:04

Raymond

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Admin
Comme Jacques Martin fait disparaitre son "île maudite" à la fin de l'histoire, c'est un bon argument pour affirmer qu'elle n'existe tout simplement pas !

Mais il reste l'île des égyptiens, juste à côté, voilà, voilà .... Bon, je placerai dans ce cas cette histoire aux Açores. Au fait, c'est bien là que Jacobs avait situé le départ de son Enigme de l'Atlantide.


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7 Re: L'île maudite le Lun 28 Déc - 18:07

Raymond

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Admin
Par rapport aux miroirs d'Archimède, je me suis demandé si c'était bien cette invention qu'utilisaient les phéniciens dans l'histoire. Quand on voit les personnes qui "s'enflamment comme des torches" au moindre contact avec le rayon lumineux, il est peu plausible que ce soit uniquement la lumière du soleil. On peut se demander si il n'y a pas un autre type de rayonnement ?


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8 Re: L'île maudite le Lun 28 Déc - 19:03

jfty

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grand maître
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Connaissant J.Martin et son esprit d'inventivité,le mieux, serait de lui demander directement s'il a inventé ce lieu ou s'il a retranscrit un lieu précis!

9 Re: L'île maudite le Lun 28 Déc - 21:36

Jacky-Charles


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On a en effet le choix de l'île, et Jacques Martin n'a jamais été avare de lieux inventés : il y en a pratiquement un dans chaque album ! Ils ne sont d'ailleurs qu'en partie inventés et s'inspirent beaucoup de lieux réels.

Pour les miroirs, je n'en sais pas plus et mes sources pas davantage, faute de description précise du matériel d'Archimède. S'il s'agit encore d'une invention, non pas d'Archimède, mais de Jacques Martin, je me demande s'il ne voulait pas, avec ces rayons puissants, amorcer là une idée à reprendre plus tard, et je pense notamment à son orichalque aux étranges pouvoirs, que l'on retrouve ensuite dans plusieurs histoires ? Mais il n'a pas donné de précisions.

10 Re: L'île maudite le Mar 29 Déc - 16:51

Raymond

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Admin
J'avais oublié que les fenêtres des romains étaient munies de vitres à partir du 1er siècle de notre ère. Il faut reconnaître qu'à cet égard, Jacques Martin n'était pas si éloigné de la réalité historique. Il aurait dû montrer toutefois des vitres dont le verre est plus épais et dont la transparence est plus trouble.


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11 Re: L'île maudite le Mer 30 Déc - 16:07

Lion de Lisbonne

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grand maître
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Raymond a écrit:Comme Jacques Martin fait disparaitre son "île maudite" à la fin de l'histoire, c'est un bon argument pour affirmer qu'elle n'existe tout simplement pas !

Mais il reste l'île des égyptiens, juste à côté, voilà, voilà .... Bon, je placerai dans ce cas cette histoire aux Açores. Au fait, c'est bien là que Jacobs avait situé le départ de son Enigme de l'Atlantide.


Je suis d’accord avec toi ; ça peut signifier qu’Alix a visité l’ancien Portugal
(malgré qu’à ce temps là les Açores n’étaient pas habités )

12 Re: L'île maudite le Jeu 31 Déc - 10:35

Raymond

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Admin
Eh oui ... je réalise que ... Lion a fini par trouver ... son album d'Alix au Portugal !!!


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13 Re: L'île maudite le Jeu 31 Déc - 18:39

Lion de Lisbonne

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grand maître
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Raymond a écrit:Eh oui ... je réalise que ... Lion a fini par trouver ... son album d'Alix au Portugal !!!

14 Re: L'île maudite le Lun 4 Jan - 10:48

Raymond

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Admin
Y aura t-il un jour la sortie d'un fac similé de l'édition originale ?


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15 Re: L'île maudite le Lun 4 Jan - 11:19

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
Oui, Raymond annoncé tout récemment pour octobre par Stéphane sur "Alix Mag" (info du 28/12)

http://alixmag.canalblog.com/

16 Re: L'île maudite le Lun 4 Jan - 18:04

jfty

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grand maître
grand maître
[img][/img]
petit cadeau, le bleu d'origine comprenant la vignette postée par Raymond ci-dessus!

17 Re: L'île maudite le Lun 4 Jan - 18:45

Raymond

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Admin
Des couleurs très claires et très fraiches ! Cela correspond bien à ce que faisait le studio Hergé. D'ailleurs, dès que Jacques Martin a quitté le studio, la colorisation a bien changé.

Merci pour l'échantillon, jfty ! pouce


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18 Re: L'île maudite le Lun 4 Jan - 20:34

stephane

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vieux sage
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Je ne suis pas certain que ce soit des couleurs des Studios Hergé. En effet, Jacques Martin est rentré au Studio en , et l'ile maudite a été publié en 1951 et 1952, dans le journal Tintin. Nous avons là peut-être un coloriage de Roger Leloup ou Michel Demarets, les premiers collaborateurs du Maître.J'attends une réponse de Frédérique Martin , car demain, hje publie un autre bleu sur alix mag', offert par l'ami Jfty.

http://alixmag.canalblog.com/

19 Re: L'île maudite le Lun 4 Jan - 20:38

jfty

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grand maître
grand maître
De rien,
"l 'île maudite" fait partie intégrante des aventures d'Alix qui m'ont le plus impressionné (étant jeune) avec le sphinx,la griffe et les légions! avec le recul,cette aventure continue de me faire rêver!Heureusement,J.M à continuer à dessiner pendant plusieurs années,malheureusement il a dut s'arrêter et, depuis , on pleure!

20 Re: L'île maudite le Lun 4 Jan - 20:54

jfty

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grand maître
grand maître
Je n'en est aucune idée ! Tout ce que je sais , c'est,que ce sont des originaux!

21 Re: L'île maudite le Mar 5 Jan - 0:21

Raymond

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Admin
stephane a écrit:Je ne suis pas certain que ce soit des couleurs des Studios Hergé. En effet, Jacques Martin est rentré au Studio en , et l'ile maudite a été publié en 1951 et 1952, dans le journal Tintin. Nous avons là peut-être un coloriage de Roger Leloup ou Michel Demarets, les premiers collaborateurs du Maître.J'attends une réponse de Frédérique Martin , car demain, hje publie un autre bleu sur alix mag', offert par l'ami Jfty.
Merci pour la précision, Stéphane.

J'ai revu des interviews de Leloup ce soir, et il déclare avoir commencé à colorier les planches d'Alix dès le le Sphinx d'Or.


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22 Re: L'île maudite le Mar 5 Jan - 6:09

stephane

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vieux sage
vieux sage
C'est une hypothèse..
Par contre, dans mon post, il manque l'année à laquelle est rentré J.M aux Studios Hergé: 1953

http://alixmag.canalblog.com/

23 Re: L'île maudite le Ven 15 Jan - 14:45

jfty

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grand maître
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Concernant cet album,il me reviens en mémoire une théorie lancée par Alain Bombart,le voyage d'Ulysse ce serait situé dans l'atlantique,peut'être fantasque,qu'en pensez-vous? Cela remettrait,en fait, nos convictions en doute!(quant à nos certitudes!)

24 Re: L'île maudite le Ven 15 Jan - 18:03

Raymond

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Admin
J'ai déjà lu cette hypothèse. On peut trouver quelques arguments si on interprète d'une certaine manière le texte de l'Odyssée mais c'est très contesté. Le récit a un caractère légendaire plutôt qu'historique et toutes les thèses sont permises, mais il ne faut pas trop y croire.


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25 Re: L'île maudite le Ven 15 Jan - 19:13

jfty

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N'empêche qu'on peut y penser! siffle

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