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Les barbares

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1Les barbares Empty Les barbares le Dim 15 Nov - 19:54

Raymond

Raymond
Admin
Voilà un sujet qui fera plaisir à Lion de Lisbonne, qui a souvent répété son attirance pour cet album.  Wink

Pour ma part, j'étais bien plus réservé.  Rolling Eyes  Ce n'est pas mon album favori, tant s'en faut, et je me demandais ce qu'allait donner une relecture plus de 10 ans après. Résultat ... et bien, ce n'est pas meilleur que dans mes souvenirs, surtout au point de vue graphique.  Sad

Il y a de bonnes choses, tout de même. L'intrigue est intéressante et j'ai découvert certains détails qui m'avaient échappé. On sent que Jacques Martin est encore aux commandes. Il mêle avec habileté la fiction et les données historiques, en nous emmenant aux frontières de l'Empire romain. Son récit commence dans une forteresse probablement fictive sur les bords du Rhin, nommée Altus Rhenus, et elle est commandée par Tullius Carbo. Ce militaire arriviste et sans scrupule projette une expédition militaire, destinée à l'enrichir, et Jacques Martin nous raconte de manière implacable ce voyage qui tourne à la catastrophe. Les caractères des personnages sont réalistes et l'échec de ces avides aventuriers devient presque une leçon de morale.

Malheureusement, la bande dessinée repose également sur les qualités de son dessin. Je me rappelle qu'en découvrant l'album, juste après sa sortie, cette belle intrigue m'avait parue sans intérêt. Cela provient surtout du fait que le dessinateur ne maitrise pas bien ses personnages, et qu'il n'arrive pas à donner un semblant de "vérité" à cette histoire. Le dessin manque de finesse, les visages n'ont aucune vie et les silhouettes sont souvent raides ou maladroites. En fait, cette aventure d'Alix représente le premier véritable album de Morales (O Alexandrie porte surtout la marque graphique de Jacques Martin) et en tant que débutant, il ne réussit pas à maitriser l'art de la "BD réaliste". J'en étais arrivé à la conclusion qu'il fallait lui donner quelques années pour faire des progrès, mais on sait comment l'expérience s'est terminée.

Habituellement, j'illustre mes propos par quelques images et je me suis longtemps demandé laquelle j'allais choisir pour cet album. Il n'y en a aucune qui émerge vraiment (contrairement à l'album suivant qui comporte de belles vieilles pierres), et je prendrais tout simplement cette arrivée d'Alix dans le camp fortifié.

Les barbares Barbar10

La composition générale de l'image retrouve le style de Jacques Martin, mais les silhouettes sont tout de même assez "plates" et les physionomies n'ont aucune expression ... bref, n'insistons pas sur les défauts du dessin ! Il n'est pas facile de prendre la suite de Jacques Martin

Essayons maintenant de regarder les beautés de cet album. Je suis sûr que l'analyse préparée par Jacky-Charles nous permettra d'y trouver un peu plus d'intérêt.



Dernière édition par Raymond le Jeu 29 Mai - 14:08, édité 1 fois


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2Les barbares Empty Re: Les barbares le Lun 16 Nov - 15:53

Jacky-Charles


license ès BD
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Et voilà Alix chez les "Barbares". ou plutôt chez les Germains, car le terme "Barbare" recouvre une notion bien plus large, comme je vais tenter de l'expliquer. C'est la première fois qu'Alix se rend aussi au nord de l'Europe depuis le début de ses aventures, mais il faut un commencement à tout. Cette analyse est assez brève car l'histoire n'offre qu'un petit nombre de sujets d'étude ; mais peut-être en trouverez vous d'autres ?
En route, donc, pour une croisière sur le Rhin...
LES BARBARES


Vingt et unième aventure d'Alix




Le résumé

Altus Rhenus, forteresse romaine située sur le Rhin, aux confins des territoires germaniques, reçoit la visite d'Alix et d'Enak, missionnés par César pour relever les plans et l'organisation des fortifications. Cela déplaît au commandant de la place, le tribun Tullius Carbo, un officier mégalomane. En effet, Carbo profite de sa situation isolée pour construire une flotte et descendre le Rhin jusqu'à la mer du Nord, où se trouvent les gisements d'ambre, un matériau précieux sur lequel il veut mettre la main. Alix et Enak sont obligés de l'accompagner, mais les Germains qui habitent ces territoires n'ont aucune envie de se voir envahir et spolier...


Où cela se passe-t-il ?

La forteresse d'Altus Rhenus, où commence l'histoire, n'est pas précisément située, mais on peut présumer qu'elle se trouve aux environs du point le plus septentrional atteint par les armées romaines au cours de la Guerre des Gaules, à l'occasion des représailles menées contre les Germains qui avaient cru pouvoir profiter du conflit pour envahir le nord du pays, soit près de l'actuelle ville de Bonn. L'histoire se poursuit sur les rivages de la mer du Nord, avant un retour au point de départ.


Quand cela se passe-t-il ?

Toujours au cours de la même période, Pompée et César étant présents dans le récit, soit entre -52 et -49.


Le contexte

Nous sommes toujours au temps de la lutte d'influence que se livrent Pompée et César ( voir, dans l'étude des Légions perdues, les articles : Contexte et Celtes, Gaulois, Germains ) . Toutefois, si la conquête proprement dite des Gaules est terminée, et le pays en voie de pacification, les légions romaines ont encore fort à faire et ne se risqueraient pas à affronter les Germains sur leur propre territoire. Par exemple, les incursions que César fit en Bretagne ( la Grande-Bretagne pour nous ) n'avaient pas pour but d'intimider les tribus, mais seulement d'impressionner le Sénat de Rome, aussi furent-elles sans lendemain et toutes les troupes romaines rapidement retirées de l'île.
Il n'y eut en fait, en -55, qu'une seule intervention romaine en Germanie, c'est à dire à l'est du Rhin. Trois ans auparavant, l'invasion dirigée par le chef Germain Arioviste, composée de tribus Germaines et Celtes, s'était soldée par un échec pour les envahisseurs qui avaient dû repasser le fleuve. Pour maintenir les Gaules en paix, après le coup d'arrêt donné aux Helvètes, César commença par soumettre les tribus frontalières de Gaule Belgique, puis il se lança dans la conquête du nord et de l'ouest des Gaules. C'est alors que les Germains et leurs alliés traversèrent à nouveau le Rhin. Les Romains les vainquirent encore et César décida de leur donner une leçon une fois pour toutes en portant la guerre sur leur terre.
Le Rhin était le fleuve le plus puissant et le plus vaste que les Romains avaient jamais vu, on ne pouvait le traverser qu'en bateau et il semblait impossible d'y construire un pont. Entre Coblence et Bonn, là où le Rhin a environ 500 m de large et 8 m de fond, César fit construire, en 10 jours, un pont sur chevalets. Pour constituer un chevalet, on enfonçait dans le lit du fleuve deux pieux inclinés dans le sens opposé au courant ; à 12 m en amont, deux autres pieux sont enfoncés dans le sens du courant. Les deux paires de pieux sont reliés par une poutre et constituent l'un des chevalets qui supportent la voie faite de planches ; un autre pieu consolide le tout en aval et des éperons protègent l'ouvrage en amont. Il y avait un chevalet tous les 5 m environ, soit une centaine pour traverser le fleuve.
Alors, César fit traverser son armée et ravagea le pays avoisinant pendant 18 jours. La leçon donnée, les légions retraversèrent le Rhin, détruisant le pont derrière elles.
Les Germains se tinrent dès lors tranquilles ; des forteresses telles qu'Altus Rhenus furent néanmoins progressivement construites pour les surveiller. Toutes les forces romaines étant occupées en Gaule, il n'y eut que des postes de loin en loin, aux effectifs limités, sur la rive occidentale du fleuve. Ce ne sera que plus tard, sous Auguste, que l'armée romaine entreprit une conquête de la Germanie, fondant des villes et créant le « limes ». L'affaire s'achèvera en l'an 9 de notre ère par le désastre du gouverneur Varus, qui perdit trois légions massacrées par les Germains révoltés contre ses exactions ; les Germains étaient commandés par Arminius, mais ceci est une autre histoire.


Qui étaient les « barbares » ?

A l'origine, le terme « barbare » était une onomatopée grecque servant à désigner, précisément, un étranger qui ne parlait pas grec, ou écorchait la langue : un étranger, qu'il soit Egyptien, Perse ou Celte, par exemple, et d'autant plus qu'il avait des moeurs bizarres pour un Grec, était donc un barbare et pas tout à fait un homme libre et un citoyen, et en tout cas, pas assimilable : « Esclave et barbare, c'est par essence la même chose », affirme Aristote dans « La Politique ». La pire chose que les Grecs reprochèrent à Alexandre le Grand, ce fut d'adopter les habitudes des Perses et d'obliger ses hommes à se comporter comme ces étrangers : à quoi bon, puisque les Grecs se considéraient eux-mêmes comme supérieurs aux autres hommes ?
Le terme « barbare » était déjà utilisé par Homère dans « L'Iliade ». Cela n'empêchait pas le commerce et les relations diplomatiques, ni l'hospitalité aux voyageurs de passage. Par la suite, le terme fut étendu à tous les étrangers au monde gréco-romain, mais les princes et les peuples qui adoptèrent les civilisations hellénistique ou romaine échappèrent progressivement à cette appellation méprisante. Il est bien entendu que les peuples en question ne se désignaient que par leur nom propre et jamais comme des « barbares » ! Ici, il est synonyme de « Germains », mais ce n'est pas sa seule utilisation, on l'a compris.
Au fait, qu'est-ce que la barbarie ? Selon l'historien Tzvetan Todorov, cela consiste à ne pas reconnaître la pleine humanité des autres, ce qui inverse l'opinion qu'en avaient les Grecs. Une notion toujours d'actualité, mais il faut admettre aussi que, quelque soit le degré de culture et d'humanité qu'un peuple s'accorde, il peut toujours être le « barbare » d'un autre s'il méprise ou asservit ce dernier.


L'ambre

Il est souvent question de l'ambre dans cette histoire, et sa grande valeur semble exciter considérablement Tullius Carbo.
D'origine végétale, l'ambre jaune est une résine fossile que l'on trouve surtout sur les côtes des pays bordant le sud de la mer Baltique. L'emplacement de celle-ci, à l'époque éocène ( de -50 à -30 millions d'années ), était occupé par une immense forêt de pins, dont la résine s'est transformée en ambre, emprisonnant parfois des acariens. Dans l'Antiquité, l'ambre fut l'objet d'un commerce intense, en particulier de la part des Phéniciens qui allaient le chercher jusqu'au nord de l'Europe. Très recherché, il servait à faire des bijoux et des amulettes. On en a retrouvé dans de nombreuses sépultures depuis l'époque néolithique, en Europe occidentale, et au Proche Orient, notamment en Assyrie et en Égypte. Il ne faut pas le confondre avec l'ambre gris, concrétion intestinale rejetée par certains cétacés, notamment les cachalots, dans l'océan Indien et les mers tropicales, et qui est utilisé en parfumerie.
Peut-être parce que le nom est aussi beau que le matériau, l'ambre ( de l'arabe ambar ), a eu aussi une belle carrière littéraire ; on se souvient sans doute de son rôle ( fictif ) dans Jurassic Park ; en 1948, Katleen Winsor publiait Ambre ( Forever Amber ), du nom de son héroïne. Et il y a aussi une autre Ambre, héroïne d'une série de BD, et contemporaine d'Alix.


Centurions et tribuns

On peut trouver étonnant que, dans ce récit, Alix et Enak se voient attribuer, le temps de leur mission, le grade de centurion. Sans entrer dans le détail du fonctionnement de l'armée romaine, on peut en effet les estimer bien jeunes pour cela.
En pratique, les centurions étaient essentiellement d'anciens soldats de base, issus des légions elles-mêmes, et qui avaient pu servir un certain temps comme sous-officiers d'état-major. Néanmoins, de jeunes chevaliers romains, désireux de faire une carrière militaire, pouvaient être nommés directement dans le grade. Cela aurait pu être le cas de nos héros, encore que rien ne nous dit qu'ils auraient eu l'intention de poursuivre une telle carrière. Certains centurions pouvaient se voir attribuer des missions de confiance : intendance, recrutement, entraînement. La plupart des centurions finissaient généralement leur carrière et leur vie dans ce grade ; ils étaient l'équivalent des sous-lieutenants et lieutenants de nos armées modernes. A leur retraite, ils pouvaient poursuivre des carrières de notables, civils ou militaires, parfois à un grade très élevé, ce qui peut expliquer la promotion dont bénéficie Galva ; mais comme nous ne connaissons pas l'origine sociale de ce dernier, on pourrait supposer qu'il fait partie des chevaliers dont j'ai parlé plus haut et qu'il poursuit normalement sa carrière.
Les légions étaient d'abord directement commandées par des tribuns, à raison de six par légion. Jusqu'à l'époque de César, il s'agissait encore de jeunes aristocrates ambitieux, placés là uniquement pour leur faire acquérir les titres militaires nécessaires à leur future carrière politique. Autant dire que leur manque d'expérience pouvait entraîner des résultats déplorables lors d'un combat, sans parler du commandement au jour le jour. Cette faiblesse fut surmontée en plaçant les légions sous l'autorité d'un légat, plus âgé et plus expérimenté, qui devenait l'adjoint du général en chef. Les légions n'avaient pas de général nommé à titre permanent, c'était toujours un magistrat ou un pro-magistrat qui en tenait lieu : consul, proconsul ou gouverneur. Avec la création du légat, le rôle des tribuns devint essentiellement honorifique, sans que leur objectif politique final change ; ils deviennent plutôt des officiers de liaison ou d'état-major, ou des apprentis légats pour les plus doués d'entre eux.
Compte tenu de cette nouvelle répartition des responsabilités, de l'importance de la forteresse d'Altus Rhenus et des troupes qui y sont affectées, on verrait plutôt Tullius Carbo comme un légat et Alix et Enak comme des tribuns.


Comment est racontée l'histoire

Le scénario de cette histoire est assez linéaire, sans intrigue annexe comme il arrive parfois dans les aventures d'Alix, car on ne peut pas dire que le voyage de Galva constitue une histoire parallèle. Le récit est agencé de telle sorte que l'on assiste d'abord à une montée en puissance, avec la préparation de l'expédition et le début de celle-ci, qui semblent se dérouler de manière satisfaisante, puis, dès que les légionnaires sont confrontés aux Barbares, la chute est aussi rapide que catastrophique, réduisant quasiment l'expédition à néant. La folie d'un seul homme est la cause que tous ceux qu'il entraîne avec lui se trouvent jetés dans la tragédie. La démonstration recherchée dans ce récit me paraît être : faut-il toujours faire confiance à ceux qui nous commandent, surtout quand ils nous promettent monts et merveilles ?
Le dessin est de R. Moralès, seul en piste dans cet album. Par certains aspects, par exemple les expressions et attitudes des personnages, et pas seulement des personnages secondaires, il est très différent de celui de Jacques Martin, et loin de le valoir, mais je n'insisterai pas. Les décors, en particulier la forteresse d'Altus Rhenus, très réaliste, et les couleurs, sont très bons dans l'ensemble. Dommage que l'objet de la contribution de Ch. Simon n'est pas davantage précisé.


Les personnages

Alix : envoyé par César en mission dans le fort d'Altus Rhenus pour lui rendre compte de ce qui s'y passe, il ne pensait certainement pas tomber sur un commandant aussi caractériel. Ce n'est pas la première fois qu'il se heurte à des officiers, supérieurs ou non, imbus de leur pouvoir et de leurs prérogatives, qui prennent leur commandement pour leur propriété privée. En général, cela se passe mal, car ce n'est pas la conception qu'en a Alix, et cette nouvelle expérience en terre germanique ne se déroule pas mieux que les précédentes. Il est vrai qu'Alix a toujours eu une vue honnête des choses, y compris celles de l'armée et de la politique, et qu'il admet mal que chacun ne pense et n'agisse pas comme lui. Ici, le voilà contraint de suivre l'expédition tout en s'efforçant de ménager les Germains qu'il rencontre. Sa sollicitude n'empêchera pas l'expédition de tourner au tragique, pas plus que son courage et son énergie ne suffiront à transformer la déroute en simple retraite. ¨Pour couronner le tout, le laxisme de Galva lui laissera un goût amer.

Enak : sans doute croyait-il n'avoir qu'à manifester ses dons artistiques ( dont nous ne voyons jamais le résultat ), mais le voilà vite détrompé, et il ne lui sert à rien de prendre les choses de haut en invoquant une fois de plus son principat. Bien qu'il se comporte toujours honorablement, l'affaire risque de tourner mal pour lui : les climats et les intempéries des Gaules et de la Germanie ne sont décidément pas faits pour lui. Il a acquis quelques grains de sagesse : il refuse les propositions de Carbo qui tente de la corrompre, au risque, selon le tribun, de rester un éternel second. Mais lorsqu'il s'est mis en avant, cela ne lui a pas porté chance : alors, depuis, il se méfie.

Et, par ordre d'entrée en scène :

Tullius Carbo : ce tribun fou d'orgueil et avide de richesses complète la galerie de personnages mégalomanes que l'on croise ici et là dans les aventures d'Alix. Il est vrai qu'il doit être plutôt tentant, pour un officier qui se prend pour un personnage supérieur, qui paraît ne pas même craindre les dieux, et qui se trouve seul à commander dans une région à la fois lointaine, isolée et dangereuse, de se prendre pour un surhomme et de montrer sa force pour faire fortune aux dépends des populations et de ses propres hommes. Il a mis le doigt dans l'engrenage de ce qu'il a pris pour l'exercice du pouvoir absolu et ne le retirera pas. Ajoutons à cela un goût immodéré pour la chair fraîche, et il finira par où il a péché, par la main d'une femme, sans même avoir à combattre les Barbares, ce qui est un comble, laissant ses subordonnés dans l'embarras. Mais à quoi leur aurait-il servi, sinon à les enferrer davantage, en attendant une retraite plus piteuse encore, voire la mort pour tous ?

Simones Falcalus : le mauvais génie du précédent. D'où sort ce personnage chafouin, cauteleux et pas très net sur lui ? C'est probablement un marchand qui a estimé plus sûr de poursuivre ses affaires à l'abri des légions romaines. On ne peut cependant pas lui dénier un certain courage physique, car il en faut pour se rendre dans les pays barbares, presque autant que pour être le conseiller et le guide de Carbo, sans parler qu'à affronter Alix et Enak, on ne gagne pas toujours. Mal lui a pris de lier son sort à celui du tribun : il périra de la main de ces Barbares qu'il a tenté de léser.

Valérius Graber, les officiers et les légionnaires : à l'exception du premier, les officiers et soldats d'Altus Rhenus sont assez peu individualisés. Valérius ne se fait pas d'illusions sur la santé mentale de son chef, et il appréhende ce qui va se passer au cours de l'expédition, bien qu'il obéisse aux ordres, en bon soldat romain discipliné qu'il est. Ses camarades en font autant, ce qui vaudra un funeste destin à beaucoup d'entre eux.

César : on le voit peu, juste le temps qu'il s'inquiète pour Alix et Enak, et qu'il envoie Galva en mission et à leur secours. César semble être alors à Rome, où il n'avait pas le droit de se trouver, devant rester en Gaule, dont il était encore le gouverneur ; sa résidence la plus proche de Rome était Ravenne, un important camp militaire.

Galva : mais qu'est-il arrivé à l'homme « qui valait une légion à lui seul » ? La confiance de César semble bien mal placée, car notre général tout juste promu se décourage vite devant les aléas climatiques, et saute sur l'occasion de faire une longue pause, alors qu'il a bien compris que, si on l'envoie si loin, c'est que la situation est délicate et nécessite des mesures urgentes. Cela ne l'empêchera pas de prendre son temps et son plaisir en route, ce qu'Alix, qui a failli y laisser sa peau, lui reproche sèchement à juste titre. Galva fait-il partie de ces gens qui ne sont pas faits pour monter en grade ? Voilà une belle démonstration avant l'époque du fameux « principe de Peter », selon lequel, dans une hiérarchie, chacun tend à s'élever vers son niveau d'incompétence. On remarquera aussi qu'il ne fait guère confiance aux dieux, ce qui, à l'époque et dans sa situation, pouvait être pensé, mais sûrement pas avoué à haute voix et en public, au risque de sévères sanctions.

Les Barbares : nous les rencontrons à plusieurs reprises, dans des situations diverses, mais ils restent assez peu individualisés, ou bien leurs interventions sont très brèves, comme celles des jeunes filles, deux à chaque fois, les premières se sacrifiant pour ne pas survivre dans la honte, les autres essayant de charmer Alix et Enak. Et c'est l'une de ces dernières qui nous débarrassera de l'abominable Carbo : quand on voit une fille se servir aussi habilement d'un poignard, on comprend ce que valent les hommes ! Nous ne connaissons d'eux que trois noms : celui d'un chef, Haldar, et ceux des deux jeunes filles que rencontrent Alix et Enak : Mavir et Kléra. En revanche, les noms des tribus nous restent inconnus, mais depuis Altus Rhenus, les principales dont on trouvait les territoires dans cette région étaient, du sud au nord : les Sicambres, les Chamaves, les Bataves et les Frisons. Même si leurs moyens sont assez primitifs, comparés à l'organisation et à l'armement des légions romaines, leurs résultats sont impressionnants, car leur nombre, leur connaissance du pays et leur volonté de chasser les intrus font la différence.


Conclusion

C'est une aventure dont la progression dramatique est intéressante à suivre, parce qu'elle prouve une fois de plus qu'on perd tout à vouloir trop gagner. C'est au prix de lourdes pertes humaines et de l'humiliation des combattants romains que la morale est sauve : ils n'ont pas pris ce qui ne leur appartenait pas, et sans parler de l'amitié entre Alix et Galva bien mise à mal. Triste bilan d'une folie trop humaine.




Sources

Aux ouvrages déjà cités dans les précédentes études, j'ajoute pour les articles « Le contexte » et « Centurions et Tribuns » : « Histoire de l'armée romaine », de Peter Conolly ( Hachette ). L'ouvrage « Le principe de Peter », de L.J. Peter et R. Hull, a été publié en 1970 chez Stock.

La prochaine fois, on revient au début avec : Alix l'intrépide ( les origines d'Alix, Rome... )


-oOo-

3Les barbares Empty Re: Les barbares le Lun 16 Nov - 18:49

Raymond

Raymond
Admin
Merci Jacky-Charles pour cette superbe analyse !

Effectivement, "on perd tout à force de vouloir trop gagner" et c'est une constatation morale dont la portée dépasse largement le cadre de cette histoire, mais la remarque est fort bien placée. Les barbares 419400

Ce qui me plait, c'est cette observation que les hommes sont souvent les artisans de leur propre défaite. Le destin funeste de Tullius Carbo est caricatural puisqu'il est poignardé à mort par une fragile jeune fille dans des circonstances presque anodines. Toutefois, on peut considérer que cet événement est la conséquence logique de son arrogance et de sa suffisance. Carbo est tellement convaincu de sa supériorité et de sa puissance qu'il en oublie toute prudence, et il meurt de sa stupidité.

C'est une belle histoire, donc, mais il y a une chose qui me chiffonne : à quelle période de l'année cette histoire se passe t-elle ?

Première réponse naïve : pendant l'hiver, puisqu'Alix et ses compagnons rentrent vers Altus Rhenus en marchant sur la surface glacée du Rhin. On se demande alors à quel moment de l'année l'expédition est partie ? En lisant cette histoire, il semble que l'aventure ne dure pas plus que quelques semaines, et cela signifierait que les romains sont partis à la fin de l'automne, le retour se faisant à la fin de l'hiver (puisque le fleuve dégèle à la fin du récit).

Cette réponse n'est cependant pas satisfaisante. Pendant l'Antiquité, les campagnes militaires (et l'expédition de Tullius Carbo en est une) commençaient toujours au printemps, car on ne savait pas combien de temps elles allaient durer et parce qu'il fallait qu'elles se terminent avant l'hiver (saison peu propice aux combats). J'imagine mal un militaire (même stupide) comme Tullius Carbo débuter une campagne à la fin de l'automne. Il serait plus logique de penser qu'il commence son expédition à la fin du printemps, ou au début de l'été, mais cela pose alors une autre question : combien de temps dure cette équipée ? Peut-on imaginer que cette histoire ait duré presque 8 à 9 mois ?

Je n'imagine pas que le Rhin puisse geler en dehors de la saison d'hiver, et il y a quelque chose qui ne colle pas. Les barbares Icon_neutral

Qu'en pensez-vous ?


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4Les barbares Empty Re: Les barbares le Lun 16 Nov - 19:01

Lion de Lisbonne

Lion de Lisbonne
grand maître
grand maître
(Je n’ai pas encore lu l’analyse de Jacky-Charles)
C’est vrai que "Les Barbares", est un album que j'aime beaucoup, au niveau du scénario. Le dessin n’est pas parfois très bien réussi, en spécial au niveau des visages des personnages, mais je trouve le scénario très bon. Quelques personnages de cet album sont vraiment très intéressants : Valerius Garber, Falcalus, et bien sur, en spécial, Tullius Carbo, personnage fou, paranoïaque et mégalomane, mais aussi vraiment très faible et très lâche, dont morte aux mains d’une fille qu’il essaye de violer est, à mon avis, très bien choisi !

5Les barbares Empty Re: Les barbares le Lun 16 Nov - 22:55

Pierre

Pierre
vieux sage
vieux sage
Bonne couverture et assez bon album dans l'ensemble considérant qu'il n'est pas dessiné par Martin Wink

6Les barbares Empty Re: Les barbares le Mar 17 Nov - 12:16

Jacky-Charles


license ès BD
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Ta remarque au sujet de la saison, Raymond, est tout à fait pertinente. Je n'ai pas abordé cette question dans l'analyse, car je n'avais pas de réponse satisfaisante. En fait, comme souvent dans ces récits, la durée de l'histoire est éludée, elle n'entre pas en ligne de compte, sinon, il faudrait élaborer une chronologie rigoureuse et on verrait que le temps apparent ne coïncide plus avec le temps réel. J'en ai pris mon parti, considérant que c'est le problème de l'auteur, et le lecteur l'admet ou pas.
Pour en revenir aux faits de cette histoire, il faut dire qu'on ne peut naviguer sur le fleuve que lorsqu'il est libre de glaces. Cela ne nous dit pas quand a eu lieu le départ, ni combien de temps s'est écoulé entre l'arrivée d'Alix au fort, apparemment à la belle saison, et ce départ. Faut-il comprendre que les Romains sont restés plus longtemps qu'ils l'avaient prévu sur les bords de la Mer du Nord ? C'est possible, bien que cela ne se voit guère dans le déroulement du récit, qui ne dure que quelques semaines, en fait le temps qu'il faut à Galva pour venir de Rome, même en lambinant en cours de route. Il me semble qu'il manque quelque chose dans cette histoire pour expliquer cela, soit que les auteurs ne s'en soient pas aperçu, soit qu'ils l'aient laissé de côté pour simplifier.
Je me rends bien compte que ce n'est peut-être pas très convaincant, mais je n'ai rien de meilleur à proposer !

7Les barbares Empty Re: Les barbares le Jeu 19 Nov - 17:27

stephane

stephane
vieux sage
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Très interessante Jacky-Charles. Je reconnais là l'ancien DRH, mais peux tu m'expliquer ce qu'est le principe de Peter?

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8Les barbares Empty Re: Les barbares le Jeu 19 Nov - 18:48

jfty

jfty
grand maître
grand maître
Personnellement, cette aventure m'a déçu, beaucoup plus au niveau du dessin que du scénario!bien que celui ci soit très très lent!mais franchement, Raphaël Moralès n'était pas le digne successeur de J.Martin!A croire que pour Ô Alexandrie,il n'ai participé que pour les décors et non pour les personnages!ceci dit, nous venons de connaitre pire avec Mr Ferry(au niveau du dessin, bien sur!)

9Les barbares Empty Re: Les barbares le Jeu 19 Nov - 19:52

Raymond

Raymond
Admin
Le principe de Peter, c'est tout d'abord un livre célèbre pendant les années 70, et un véritable best-seller. En principe, c'était au départ un texte satirique, mais il a été pris très au sérieux.

Jacky Charles le résume bien : "dans une hiérarchie, chacun tend à s'élever vers son niveau d'incompétence". Personnellement, je n'y crois pas trop, mais il y a tout de même de multiples exemples qui illustrent cette situation.


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10Les barbares Empty Re: Les barbares le Jeu 19 Nov - 20:23

jfty

jfty
grand maître
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Les quels? (curiosité d'un néophite)

11Les barbares Empty Re: Les barbares le Jeu 19 Nov - 22:43

Jacky-Charles


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C'est bien cela, le principe de Peter : dans une structure donnée, tout individu tend à s'élever hiérarchiquement, soit par sa propre volonté et ses propres moyens, soit par ceux de ses supérieurs qui l'estiment apte, le plus souvent par les deux à la fois. Quelquefois, cela se passe bien, mais il y a des cas ou quelqu'un qui travaillait parfaitement à un poste subalterne se trouve complètement désemparé à un échelon supérieur quand il doit prendre des responsabilités qui le dépassent ou lui échappent. C'est ce que Peter appelle : atteindre son niveau d'incompétence. Et malheureusement, aucun diplôme ne prémunit contre cela...
Pour citer un seul exemple afin de ne pas surcharger, le cas classique est celui de l'ouvrier mécanicien dans un garage, excellent technicien, qui est promu contremaître et qui continue par goût de se mêler personnellement de toutes les réparations au lieu de diriger son équipe, de contrôler ce qu'elle fait et de s'occuper des approvisionnements ; résultat, les autres mécaniciens sont livrés à eux-mêmes, les pièces n'arrivent pas et les clients sont mécontents, tout comme le patron...
Il y a des tas d'autres exemples de ce genre dans le bouquin de Peter, et l'histoire de Galva m'y a fait irrésistiblement penser : bon officier subalterne, il n'est pas fait pour avoir de plus hautes responsabilités. C'est du moins ce qui ressort de l'histoire qu'on voit, mais peut-être cela changera-t-il plus tard...

12Les barbares Empty Re: Les barbares le Jeu 19 Nov - 23:55

Raymond

Raymond
Admin
L'histoire de Galva est certainement un bon exemple du principe de Peters. On peut toutefois imaginer qu'en bon soldat, Galva tire les conséquences de ses erreurs et fasse preuve plus de responsabilités lors de sa mission suivante.

A ce sujet, le destin ultérieur de Galva ne va pas beaucoup dépendre des idées de Jacques Martin, et c'est un peu dommage. C'est un personnage que j'aime bien. Que vont faire de lui les futurs scénaristes d'Alix ? silent


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13Les barbares Empty Re: Les barbares le Ven 20 Nov - 6:20

stephane

stephane
vieux sage
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Merci pour vos explications!
Galva sera present dans le testament de César. Je prepare un post de cet album pour la semaine prochaine.

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14Les barbares Empty Re: Les barbares le Ven 20 Nov - 12:27

Jacky-Charles


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J'espère aussi que Galva connaîtra un meilleur sort dans la prochaine histoire, parce que c'est un personnage sympathique, mais qui se faisait rare, ce que je regrettais. J'attends le post de Stéphane avec intérêt.

Un dernier mot pour en finir sur Peter et son principe : bien que son bouquin était présenté de manière humoristique ( je crois même qu'il y a eu un film comique français qui s'en inspirait ), ce qu'il racontait était hélas très sérieux et j'ai pu rencontrer au cours de ma vie professionnelle une dizaine de cas analogues à celui que j'ai présenté ci-dessus, des cas pas toujours faciles à résoudre...

15Les barbares Empty Re: Les barbares le Ven 20 Nov - 13:02

jfty

jfty
grand maître
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Galva est selon moi, un personnage sincère, le fait de le faire intervenir rarement ne peux que nous réjouir! Quel plaisir de le voir revenir dans une aventure!Cela reste une sacrée bonne surprise car il intervient toujours à bon escient, il pourrait être l'ange gardien d'Alix et Enak. La fidélité semble être son crédo,(au risque de se retrouver à mal avec sa hiérarchie!) certes, ce n'est sans doutes pas le seul personnage dans ce cas mais, pour moi, il fait parti de ces personnes incontournables qui font partie intégrantes de ces aventures! cheers

16Les barbares Empty Re: Les barbares le Ven 8 Avr - 20:33

stephane

stephane
vieux sage
vieux sage
Je viens de relire cet album, et les dessins de cet Alix me posent problème. Car de tous les albums dessinés par Moralès, il est de loin le meilleur niveau dessin. Certains gros plan d' Alix et Enak sont de grande qualité (pas tous), et même d'autres personnages sont bien dessinés. Alors, je sais que Simon y a participé, pas Henniquiau. Où alors, J.Martin voyait mieux pour corriger . Pour un premier album, on pouvait être optimiste pour la suite de la série..

La couv' est très belle!

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17Les barbares Empty Re: Les barbares le Ven 8 Avr - 22:47

Raymond

Raymond
Admin
Je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur album de Morales par rapport au dessin (je trouve que la Chute d'Icare est un peu mieux réussie) mais on voit que cette BD a été longtemps travaillée. Il y a beaucoup de gros plans sur les visages (ce que Morales osera beaucoup moins faire par la suite) et on reconnait la marque (et l'ambition) de Jacques Martin à travers une certaine manière de construire les images. Il y a cependant de gros défauts de finition des détails, et cela gâche finalement le plaisir de la lecture. Rolling Eyes


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18Les barbares Empty Re: Les barbares le Sam 9 Avr - 18:43

Vilain goton

Vilain goton
alixophile
alixophile
J'ai bien aimé cette histoire.Quitter un peu les pays chauds pour une terre Germanique ne pouvait que me plaire.Cela dit,j'ai lâché alix après cet album...la qualité des dessins m'a découragé.Et à voir tout ce qui a suivi,je n'ai toujours pas été convaincu par "l'après-Martin".

19Les barbares Empty Re: Les barbares le Dim 10 Avr - 12:56

Raymond

Raymond
Admin
En tout cas, si même Stéphane (le fan des fans) ressent une certaine déception en lisant les Barbares, cela prouve qu'il y avait un problème.

Je me demande ce qu'en pense Lion de Lisbonne, qui est un admirateur notoire de ces Barbares. Cool


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20Les barbares Empty Re: Les barbares le Mer 29 Juin - 17:41

stephane

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vieux sage
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21Les barbares Empty Re: Les barbares le Mer 29 Juin - 17:53

Raymond

Raymond
Admin
Merci pour la référence que je ne connaissais pas. Je note que Jacques Martin faisait déjà des réserves, à l'époque, sur le dessin des personnages.


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22Les barbares Empty Re: Les barbares le Dim 18 Jan - 14:02

Ethan

Ethan
grand maître
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Est-ce que quelqu'un connaît le tirage de cet album ?...C'est quand même étonnant que 17 ans après sa sortie, on puisse encore retrouver assez facilement dans les librairies la première édition !!! Neutral

23Les barbares Empty Re: Les barbares le Dim 18 Jan - 16:30

Raymond

Raymond
Admin
Tu veux dire que l'on trouve toujours en librairie l'album Dargaud ? Shocked

En fait, seul l'éditeur pourrait dire à combien d'exemplaires il a été édité, mais ta constatation montre clairement qu'il ne s'est pas bien vendu. Wink


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24Les barbares Empty Re: Les barbares le Dim 18 Jan - 21:30

Ethan

Ethan
grand maître
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Raymond a écrit:Tu veux dire que l'on trouve toujours en librairie l'album Dargaud ?  Shocked

En fait, seul l'éditeur pourrait dire à combien d'exemplaires il a été édité, mais ta constatation montre clairement qu'il ne s'est pas bien vendu. Wink

Affirmatif !!! ..J'ai encore vu hier un exemplaire dans un Carrefour !!!..C'est quand même rarissime de pouvoir encore trouver une édition originale après tant d'années.

25Les barbares Empty Re: Les barbares le Mer 21 Jan - 15:07

jfty

jfty
grand maître
grand maître
Il y a 2 ou 3 ans, j'avais posé la question à BVH, il m'avait dit que Casterman avait fait une réimpression de cet album, nous ne l'avons jamais vue. La conclusion me parait simple, il reste très certainement un petit paquet d'invendus dut surement à la déception des lecteurs vis à vis du dessin!

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