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Londres en péril

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1 Londres en péril le Ven 6 Mar - 21:06

Laurent

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alixophile
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J'ouvre un sujet consacré à la dernière aventure de Lefranc. Tout le monde avait remarqué les nombreuses références à l'univers de Blake et Mortimer et certains fans de Jacques Martin avaient même regretté que Taymans parle alors moins de celui-ci que d'Edgar P. Jacobs. Pas forcément étonnant quand on sait que
1 - Taymans a rencontré à l'âge de 16 ans Jacobs, rencontre qui a joué un grand rôle dans sa destinée de dessinateur de BD ;
2 - Taymans a travaillé il y au quelques années sur un projet de reprise de Blake et Mortimer, projet dont je vous présente deux planches inédites sur mon blog.

2 Re: Londres en péril le Ven 6 Mar - 22:30

Pierre

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vieux sage
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Merci beaucoup de ces deux planches qui alliées au texte raviront les admirateurs des 3 héros pirat

3 Re: Londres en péril le Dim 8 Mar - 20:48

Raymond

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Admin
Ainsi, après la Grande Menace, cela fait une deuxième histoire de Lefranc qui a une dette (toute relative il est vrai) envers Blake et Mortimer. Wink
Il va falloir relire. scratch


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4 Re: Londres en péril le Dim 8 Mar - 20:52

Raymond

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Admin
En attendant la relecture, voici le post que j'avais écrit dans le précédent forum. C'était une chronique "à chaud".

Au début de l'album, il y a une impression de déjà vu, voir de remake de la Marque Jaune. Ce n'est pas désagréable (bien au contraire), mais Jacques Martin intégrait dans ses histoires des lieux ou des choses qu'il avait observé lui-même sur place, et cela donnait une impression de vécu. Dans cet album, il y a plutôt une reconstitution (d'après documents) du Londres des années 50, et le résultat est différent. Je dirais qu'il y a peu de surprise, et que tout est attendu (les voitures d'époque, Winston Churchill, Big Ben, les "cops"... ). Une chose manque tout de même, c'est le brouillard, qui était omniprésent à Londres dans ces années là (maintenant, il n'y en a moins car on utilise moins le charbon). Ce Londres illustré avec des couleurs fraiches me laisse une impression curieuse, et c'est peut être un des points faibles de l'album.

Par la suite, l'intrigue avance vite, et tout est centré sur l'action. Il manque parfois ces temps morts, ou ces détails observés qui renforcent l'impression de réalisme. Le final en revanche est superbe, en particulier les 4-5 dernières pages qui m'ont beaucoup plu. J'ai bien aimé cette double narration, avec ce dialogue entre l'enfant et le computer en récitatif , parallèlement aux actions des personnages qui sont montrée en images. J'ai trouvé le dénouement assez original, même si c'est irréaliste, puisqu'à cette époque, ni l'informatique ni les biosciences n'étaient capables des performances réalisées dans cette histoire.

Je n'ai pas trop réfléchi à vos remarques sur le temps, car je me suis uniquement intéressé au "thriller". Effectivement, il semble que tout se passe en un jour, et cela peut dinimuer la crédibilité de l'histoire. Mais dans le fonds, est-ce qu'on y croit, à ce récit ? Pour ma part, ce n'est pas le cas, pour différentes raisons. Cet aspect peu crédible ne me gêne cependant pas, car c'est un Lefranc à l'ancienne, avec un récit un peu naïf, à lire au premier degré. Il ne faut pas trop l'analyser, car il y a de multiples détails qui montrent que cette histoire ne tient pas. Par exemple, Le scénariste ne tient pas compte de ce que les historiens savent sur la science des nazis, et cela me gêne. La bombe atomique qu'on leur fait fabriquer, c'est absolument invraisemblable, et je n'arrive pas à y croire une seconde. J'ai donc tendance à considérer cela comme une BD ancienne, avec ses naivetés pardonnables, qui nous offre surtout le plaisir du "revival".

Les nouveaux personnages sont plutôt intéressants. On retrouve un enfant, mais avec un caratère plus typé que Jeanjean, et sa présence est moins artificielle. On a envie de le retrouver dans d'autres histoires. Les méchants sont un peu conventionnels, mais le personnage féminin pourrait offrir d'autres idées de scénario, et permettre d'éviter le sempiternel Axel Borg. Quant au Dr Mengel (e), c'est un méchant qui ne fait pas peur. Je trouve que ce stéréotype manque un peu de chair, et je ne regrette pas sa disparition

Par rapport au dessin, je ne trouve pas qu'il y aie de vraie diminution de qualité. Bien sûr, cet album est fait par un studio, et pas par un artiste qui soigne tous les détails, mais cela me semble cohérent avec le reste. L'utilisation de 3 bandes par pages (au lieu de 4) permet d'avoir un récit plus rythmé, même si on s'éloigne du modèle de la Grande Menace. J'ai apprécié ce changement.

Au total, c'est un album qui se situe "dans la moyenne". Ce n'est pas un des meilleurs Lefranc, mais pas non plus le moins bon. Il est meilleur par exemple que la Momie Bleue. Je le relirai certainement avec plaisir, ne serait-ce que pour retrouver certaines allusions à Jacobs, ou pour revoir ce Londres des années 50.


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5 Re: Londres en péril le Sam 8 Jan - 23:43

Lamar

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lecteur émérite
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Je viens de lire cet album (emprunté en médiathèque...d'où le retard), et pour ma part, je le trouve décevant à plus d'un titre...au point que je n'ai même pas envie d'entrer dans les détails Evil or Very Mad Exclamation
- Dessin irrégulier (travail collégial...) et - trop - souvent approximatif !
Taymans peut faire mieux (même si son style est toujours assez rigide...), ici c'est manifestement bâclé !
Le summun du n'importe quoi : la moto "qu'emprunte" Lefranc, outre qu'elle est très mal dessinée, ressemble au mieux à un pseudo custom Harley Davidson moderne...rien de british, ni de rétro !
L'éditeur n'est visiblement pas très regardant sur la qualité, le tiroir-caisse prime (le pire, c'est qu'il y a des clients pour ça...) !

- Scénario truffé d'invraisemblances et de clichés éculés (nazis, Londres...) !

Le Maître de l'Atome (pas acheté, mais lu), sans être non plus transcendant, m'avait laissé une bien meilleure impression globale...

Pauvre Lefranc, rétro ou moderne, ce n'est vraiment plus celui d'antan Crying or Very sad

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6 Re: Londres en péril le Dim 9 Jan - 10:12

Raymond

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Je me souviens qu'il y avait eu un certain nombre de commentaires semblables au tien, lors de la sortie de cet album. La discussion s'était déroulée sur l'ancien forum d'Alix.

Je n'ai pas relu cette histoire depuis sa sortie et il m'est difficile d'en dire plus. Elle me laisse un souvenir qui est plutôt bon.



Dernière édition par Raymond le Lun 10 Jan - 16:06, édité 1 fois


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7 Re: Londres en péril le Lun 10 Jan - 13:50

Damned

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grand maître
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Lamar a écrit:Je viens de lire cet album (emprunté en médiathèque...d'où le retard), et pour ma part, je le trouve décevant à plus d'un titre...au point que je n'ai même pas envie d'entrer dans les détails Evil or Very Mad Exclamation
- Dessin irrégulier (travail collégial...) et - trop - souvent approximatif !
Taymans peut faire mieux (même si son style est toujours assez rigide...), ici c'est manifestement bâclé !
Le summun du n'importe quoi : la moto "qu'emprunte" Lefranc, outre qu'elle est très mal dessinée, ressemble au mieux à un pseudo custom Harley Davidson moderne...rien de british, ni de rétro !

Quand on pense que Jacques Martin était extrémement pointilleux sur tous ces détails ?.......
En plus, pour l'avoir relu hier, j'ai repèré parmi les personnages d'arrière plan, des emprunts à Hergé, qui pourraient paraitre sympathiques, mais qui n'ajoutent rien, au niveau qualité, à cet album.
Autre détail : si on situe cette aventure juste aprés "La grande menace", l'Alfa Roméo de Lefranc me semble anachronique puisque postérieure à cette époque, et donc trop moderne ....

Raymond Damned

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8 Re: Londres en péril le Lun 10 Jan - 16:03

Michel Jacquemart

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bédéphile pointu
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Oui, de même que d'autres voitures et que l'autoroute que Lefranc emprunte : la première autoroute belge (Bruxelles-Ostende) a été achevée en 1956. A remarquer que cet épisode semble "hors-chronologie" ! dans La Grande Menace, Renard était inspecteur à Mulhouse ; dans Le Maître de l'Atome, quand Lefranc essaye de le contacter, il téléphone donc à Mulhouse, d'où on lui apprend que Renard a été muté au quartier général d'Interpol, qui se situait alors 37 bis, rue Paul Valéry, à Paris, ainsi qu'on le voit dans cet album (nous nous sommes inspiré d'une photo provenant du Marabout Junior sur Interpol) ; or, dans Londres en péril, Renard est devenu commissaire au Quai des Orfèvres ; quand on annonce la mort de Renard dans La Crypte, il porte toujours le grade d'inspecteur et, dans Noël Noir, j'ai donné une explication au manque d'avancement de ce policier pourtant brillant... Londres en Péril ne pourrait donc se situer qu'après 1956, à un moment où Renard aurait été temporairement commissaire...

Il semblerait que le même problème se reproduise pour L'Eternel Shogun : d'après le "pitch" donné sur Alix Mag, des nationalistes japonais s'opposent à l'occupation par les Alliés... occupation qui a cessé en Avril 1952 ; l'histoire devrait donc se situer avant cette date, et même avant la signature du traité en septembre 1951... Donc à une date où Lefranc n'a pas encore rencontré Axel Borg, qui semble pourtant apparaître dans cette histoire. De plus, entre La Grande Menace et Le Maître de l'Atome, Borg ne portait plus la barbe et Lefranc ne l'a pas rencontré... Ce qui devrait reporter cette histoire à 1956 ou après... On en avait déjà discuté précédemment, mais à l'époque on n'avait pas encore publié sur Alix Mag des extraits où apparaissait Axel Borg... Mais peut-être a-t-on modifié le "pitch" en ne faisant plus référence à l'occupation alliée ?

9 Re: Londres en péril le Mer 12 Jan - 0:22

catallaxie

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lecteur émérite
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Le directeur de la collection Martin devrait s'investir pleinement. Il y a des erreurs qui se comprennent, d'autres beaucoup moins dans la mesure où elles sont la manifestation d'une incompréhension majeure des canons de la série.

Une nouvelle fois, qu'on aime ou pas Michel, il nous démontre sa grande connaissance de la série, le respect et le garant de la qualité de Jacques Martin.

10 Re: Londres en péril le Mer 12 Jan - 9:20

Raymond

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Admin
Cela pourrait être une des raisons de maintenir les aventures de Lefranc à l'époque contemporaine. On éviterait ainsi naturellement certains anachronismes.


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11 Re: Londres en péril le Mer 12 Jan - 9:50

Damned

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grand maître
grand maître
Je crois surtout que les "directeurs de collections" ou autres éditeurs ne voient dans ces collections classiques qu'une "marque phare", à ajouter à leur catalogue, sans se préoccuper de ce qui fait la qualité de cette marque !
Le but : mettre un ouvel album siglé "Martin" (peu importe les noms sur la "couv" : les gens verront "Lefranc", ou "Alix", et penseront "Martin"), avec une tranche jaune vif bien visible, et surtout repérable dans les rayons !
"point-barre"!

Regardez toutes les reprises de collections, dont le créateur, et "l'âme", ne sont plus, et vous pourrez émettre les mêmes critiques.
Ce n'est pas parceque Michel est trés bon dans son rôle, que ça peut contre-balancer cet état de fait!
La preuve : on l'a plus ou moins évincé au profit de "travailleurs à la chaine" pour faire de la production .....

Je suis peut être négatif, mais comment analyser autrement ce que chacun constate et analyse à sa façon .....

Raymond Damned

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12 Re: Londres en péril le Mer 12 Jan - 10:09

Michel Jacquemart

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bédéphile pointu
bédéphile pointu
Raymond dit : "Cela pourrait être une des raisons de maintenir les aventures de Lefranc à l'époque contemporaine. On éviterait ainsi naturellement certains anachronismes."

Mais à ce compte là, on abandonne toute BD historique ! On arrête Alix, Jhen, Murena, Orion, Les Passagers du Vent, Arno, India Dreams, Blake et Mortimer, Juge Bao, etc, etc !...

L'anachronisme, c'est le risque encouru quand on s'attaque au genre historique, risque encore bien plus grand dans les arts visuels comme la BD ou le cinéma (dans un roman, on ne se rend pas compte qu'il manque une rangée de bouton sur l'uniforme d'un officier de Napoléon). On retrouve le même risque dans des BD d'aviation (les cocardes, le type d'appareil dans telle unité à telle époque, etc...) Je dirais que cela fait partie du jeu et même du charme de ce genre littéraire, cinématographique ou "bédéesque"...

Mais, dans la discussion ci-dessus, il ne s'agit pas seulement d'anachronismes, mais aussi d'incohérences par rapport aux albums précédents. Qu'il s'agisse de BD historiques, contemporaines ou de science-fiction, le problème risque d'être le même si des scénaristes à qui l'on confie la reprise d'une série ne se donnent pas la peine de lire les albums de la série qu'ils sont sensés reprendre.

13 Re: Londres en péril le Mer 12 Jan - 10:15

Damned

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grand maître
grand maître
Michel Jacquemart a écrit: le problème risque d'être le même si des scénaristes à qui l'on confie la reprise d'une série ne se donnent pas la peine de lire les albums de la série qu'ils sont sensés reprendre.

Je pensais, pour une reprise, que c'était un minimum incontournable !

Ensuite, pour avoir travaillé un peu avec notre ami JYB, je pense qu'une étude sérieuse du contexte et de l'environnement, faisait partie de la conception initiale du scénario (toutefois, pas pour les détails annexes comme le nombre de boutons d'une vareuse !) .....

Raymond Damned

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14 Re: Londres en péril le Mer 12 Jan - 11:52

JYB


vieux sage
vieux sage
Eternel débat qui a été déjà l'objet de discussions sur ce forum, et je crois ailleurs, sur Aéroplanète par exemple.
Une BD de fiction est une... fiction, comme dirait le seigneur de La Palice. A partir de là, des approximations historiques sont fort concevables, surtout s'il s'agit d'intégrer une nouvelle histoire au sein d'une série DE FICTION.
Sinon, je l'ai déjà dit, il faut faire de la BD historique, mais ça devient un documentaire genre "Oncle Paul", et là c'est autre chose : il faut se documenter à fond. Oui, mais quid de l'imagination, de l'inspiration, du rêve, du souffle de l'aventure...? Car que de contraintes, tant dans le déroulé du scénario, que dans la recherche préalable, de la part du scénariste (est-ce que le 12 janvier 1214, il s'est bien passé ceci ou cela ?) comme du dessinateur (est-ce qu'il y avait bien trois boutons à la vareuse de tel soldat italien ?). Ces contraintes vont plutôt scléroser le scénario ; il manquera de l'huile aux articulations, si je peux dire.
Je viens comme par hasard de relire l'excellent album de la série Barbe-Rouge, Le Trésor de Barbe-Rouge, par Charlier et Hubinon. Des spécialistes ont critiqué les bateaux non conformes et anachroniques des voiliers dessinés par Hubinon. D'autres ont épluché la série pour savoir à quelle époque et sous quel règne elle se situe. Quand vous lisez Le Trésor de Barbe-Rouge, vous n'en avez rien à f...
De la même façon, vous n'en avez rien à f... de savoir si cet épisode se situe bien après l'album Le piège espagnol, ou avant Barbe-Rouge à la rescousse. C'est de la FICTION. Et à chaque nouvelle histoire, un nouveau contexte, de nouveaux éléments, situés GROSSO MODO au début du XVIIIe siècle.
Côté réalisme des dessins, c'est en effet gênant AUJOURD'HUI, en 2011, si les bateaux ne sont pas des reproductions fidèles des frégates, des flûtes, des corvettes, des vaisseaux de ligne anglais, français, espagnols, etc. de l'époque. Mais c'est de la BD populaire, réalisée à une époque où les auteurs devaient produire en cadence et ne disposaient pas des outils documentaires contemporains (encyclopédies, livres et revues abondants, Internet, photocopieuses et scanners, etc.). Patrice Pellerin avec sa série L'Epervier, a prouvé qu'on peut se documenter à fond sur les bateaux, les costumes, l'architecture. Bien. C'est une chose. Mais le plus important pour moi est le scénario, la fiction, avec tout ce que cela implique de liberté de création. Charlier, dans Barbe-Rouge, a écrit une double aventure (avec, justement, Patrice Pellerin au dessin) racontant la révolte d'esclaves noirs en Jamaïque, contre les Anglais. Il y a bien eu une révolte d'esclaves en Jamaïque en 1738, mais cherchez bien dans les livres d'histoire, vous ne trouverez pas trace d'un pirate du nom de Barbe-Rouge ni de son fils adoptif prénommé Eric qui les auraient aidés dans cette révolte. Donc, cette histoire est fausse et tout s'écroule ? Il y a un moment où il faut savoir faire la part des choses et rester dans le cadre d'une série de BD de fiction. Charlier est parti d'un fait réel, avec un chef esclave "marron", qui lui sert de base, et à partir de là il a brodé.
Dans une série d'aviation, puisque Damned en parle plus haut, oui, il vaut mieux savoir quels avions sont en service dans tel pays ou à telle époque dans une histoire située géographiquement et historiquement, savoir aussi de quoi sont capables ces avions (un bombardier quadrimoteur ne menant pas les mêmes missions qu'un hydravion monomoteur par exemple). Et à partir de là, laissons libre court à l'imagination, et place à la liberté de création...
Personnellement, ma démarche, en tant que scénariste, est d'abord d'inventer la trame d'une histoire que je voudrais passionnante et surtout qui tienne la route, et ensuite de me documenter pour savoir comment elle va pouvoir se réaliser concrètement et pratiquement. Et pas l'inverse : trouver d'abord toute la documentation qui "verrouille" tout, et ensuite d'essayer de caler là-dedans le fil conducteur d'une fiction ; il y a de fortes chances pour qu'à un moment le scénario va se heurter à un mur et n'avancera plus. A moins de raconter une vraie histoire, qui est arrivée réellement ; mais, voir plus haut : ce ne sera plus qu'un Oncle Paul à l'échelle d'un album.

15 Re: Londres en péril le Mer 12 Jan - 12:17

Damned

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grand maître
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JYB a écrit:
Personnellement, ma démarche, en tant que scénariste, est d'abord d'inventer la trame d'une histoire que je voudrais passionnante et surtout qui tienne la route, et ensuite de me documenter pour savoir comment elle va pouvoir se réaliser concrètement et pratiquement. Et pas l'inverse : trouver d'abord toute la documentation qui "verrouille" tout, et ensuite d'essayer de caler là-dedans le fil conducteur d'une fiction ; il y a de fortes chances pour qu'à un moment le scénario va se heurter à un mur et n'avancera plus. A moins de raconter une vraie histoire, qui est arrivée réellement ; mais, voir plus haut : ce ne sera plus qu'un Oncle Paul à l'échelle d'un album.

C'est bien de cela que je parlais, pas de l'inverse :
Partant du synopsis d'une histoire, le scénariste monte son scénario à partir de ce canevas, jusqu'à ce que, comme tu dis, il tienne la route !
Mais aprés cela, que ce soit pour "Tiger" (l'album que nous avons fait en commun) ou pour les suivants, tu as décortiqué chaque phase du scénario pour vérifier tel ou tel détail technique, quitte à remanier cette petite partie pour la rendre plus réaliste, sans pour autant dénaturer l'ensemble (rappelle toi le tir du "magic", à la fin de "Tiger").
Or, il semble, que dans toutes les reprises actuelles, on ait pas droit à ce même soucis, alors qu'on a, en 2011, des outils ultra performants (internet) et qu'on arrive pas à faire aussi précis qu'à une époque où les auteurs montaient leurs scénarios avec pratiquement les seuls moyens du bord.

L'à peu près actuel est injustifiable, quel que soit l'époque contextuelle d'un scénario écrit aujourd'hui.

Pour le reste, comme c'est de la fiction, tout l'art des auteurs consiste à "fondre" cette fiction dans un cadre réaliste ou plausible .

Quant à Lefranc, que ce soit dans les années actuelles, ou dans les années cinquante, on a TOUS les outils pour faire, au moins, aussi bien (je dis bien "au moins") que Jacques Martin !

Raymond Damned

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16 Re: Londres en péril le Mer 12 Jan - 12:20

Michel Jacquemart

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bédéphile pointu
bédéphile pointu
Le genre historique (en BD, roman, ou cinéma), ce n'est pas du documentaire, ce n'est pas "Oncle Paul" (que, par ailleurs, j'aime beaucoup), c'est plutôt "Barry Lindon" ! C'est du roman ! Mais historique ! Les uniformes dans Barry Lindon, ce ne sont pas ceux de Spartacus ou des Sentiers de la Gloire ! Pigé ! Tu es, je le rappelle, le premier à signaler quel type d'avion avait peu de chances de se trouver à Hollywood en 1955 !

Donc, première chose à faire, c'est se documenter sur l'époque sur laquelle on travaille.

Deuxième chose : la cohérence : quand on travaille sur une série, la moindre des choses, est d'assurer la cohérence ! Si des personnages se sont déjà rencontrés, ils ne deviennent pas amnésiques s'ils se retrouvent face-à-face une nouvelle fois, comme cela est déjà arrivé dans les BD de super-héros pour lesquelles les scénaristes se succédaient sans avoir le temps de prendre connaissance du travail de leurs collègues !

A mon avis, cela n'est pas tolérable dans des BD comme Lefranc, où le nombre d'albums n'est pas aussi pléthorique que dans les séries de DC ou Marvel !

A mon sens, il ne s'agit pas de "liberté de création", mais tout bonnement de "je-m'en-foutisme" !

17 Re: Londres en péril le Mer 12 Jan - 12:28

JYB


vieux sage
vieux sage
On est d'accord, et je ne change pas une virgule à mon discours.

Michel Jacquemart a écrit:Deuxième chose : la cohérence : quand on travaille sur une série, la moindre des choses, est d'assurer la cohérence ! Si des personnages se sont déjà rencontrés, ils ne deviennent pas amnésiques s'ils se retrouvent face-à-face une nouvelle fois
Je suis d'accord aussi, mais si je ne l'ai pas écrit, mon précédent post n'occultait pas cet aspect du travail d'un scénariste (qu'il soit créateur ou repreneur d'une série, d'ailleurs).

18 Re: Londres en péril le Mer 12 Jan - 12:29

Michel Jacquemart

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bédéphile pointu
Mon "post" a croisé celui de Damned, dont je partage l'avis ! On a tellement plus de moyens de se documenter qu'à l'époque où Jacques Martin a créé ses chefs-d'oeuvres ! Il n'y a vraiment pas d'excuse, à mon sens, à faire du n'importe quoi quand on vous confie la reprise de telles séries ! Et lire les albums d'une série que l'on est sensé reprendre me semble être la moindre des politesses vis-à-vis des lecteurs, du créateur et de ses personnages ! D'autant, plus, rendons grâce en cela à Casterman, que c'est plutôt bien payé !

19 Re: Londres en péril le Mer 12 Jan - 12:57

JYB


vieux sage
vieux sage
Je pense qu'on parle de quatre choses distinctes :
- la recherche documentaire pour réaliser des dessins, des décors réalistes et vrais (= combien y a-t-il de bouton à la vareuse ? A quoi ressemble un trois-mâts anglais du XVIIIe siècle ? etc).
- la plausibilité du scénario, de l'intrigue, des rebondissements, etc (= le scénariste doit avoir un esprit logique et pondre une histoire plausible).
- la recherche documentaire pour réaliser une histoire qui soit admissible et s'intègre à une réalité (= le scénariste doit se documenter sur le pays, l'époque où se déroule son histoire, le matériel utilisé tout le long de l'histoire, etc).
- la cohérence d'une histoire au sein d'une série existante (= bien connaître la série pour ne pas se mélanger les pinceaux entre les intrigues, ne pas faire ressusciter un personnage mort trois albums avant, etc.).

20 Re: Londres en péril le Mer 12 Jan - 12:59

Michel Jacquemart

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bédéphile pointu
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Oui... Trouvez-vous que ces 4 critères sont respectés dans "Londres en péril" ?

PS : pour les amateurs de chronologie, n'oublions pas que Churchill est toujours premier ministre ! Ce qui date cette épisode d'avant Avril 1955 (et donc d'avant le Maître de l'Atome, qui débute en Juillet 1955)...

21 Re: Londres en péril le Mer 16 Mar - 22:45

daniel s

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alixophile
alixophile
Vous qui êtes des puits de science martinienne, je recherche un article ou une discussion dans laquelle était évoqués tous les rappels à blake et mortimer qui avaient été glissés dans "londres en péril". ça vous dit quelque chose ?

22 Re: Londres en péril le Jeu 17 Mar - 11:34

Raymond

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Admin
daniel s a écrit:Vous qui êtes des puits de science martinienne, je recherche un article ou une discussion dans laquelle était évoqués tous les rappels à blake et mortimer qui avaient été glissés dans "londres en péril". ça vous dit quelque chose ?
Ce sujet avait été longuement discuté dans l'ancien forum de la Marque Jaune, mais tout ceci a été perdu à cause de la disparition de ce forum.

Laurent a également abordé cette question dans son blog "Blake, Jacobs et Mortimer". S'il passe par là, peut être pourrait-il nous dire comment retrouver ce billet (pour ma part je n'y arrive pas).

Malheureusement, il n'y a pas grand chose dans notre forum sur cette question ... deso ... mais il y a un sujet dédié à cet album, et rien ne sous empêche d'y recenser maintenant les citations graphiques à l'univers de Jacobs ! Wink



Dernière édition par Raymond le Jeu 9 Fév - 10:32, édité 1 fois


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23 londre référence le Jeu 17 Mar - 11:50

Raymond

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Admin
J'ai finalement retrouvé ce billet de Laurent sur Londres en péril, qui date de 2008. Il est divisé en 2 parties.

http://blake-jacobs-et-mortimer.over-blog.com/article-19019177.html

http://blake-jacobs-et-mortimer.over-blog.com/article-20392544.html

Tu y trouveras ce que tu cherches. Je ne sais pas si d'autres allusions avaient été trouvées par les membres du forum Marque Jaune ?


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24 Re: Londres en péril le Dim 15 Mai - 12:11

Treblig


Double prix Nobel
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25 Re: Londres en péril le Sam 24 Sep - 10:14

polilit

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compagnon
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Afin que vous ne croyiez pas que je m'acharne sur M. Jacquemart, je voudrais souligner quelques problèmes dans "Londres en péril". Page 13 le dinghie des néo nazis ressemble à tout sauf à un bateau des années 50. le design du moteur est totalement anachronique.

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