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50 ans avec Jacques Martin

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5150 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Ven 18 Oct - 9:54

Raymond

Raymond
Admin
Le Dieu sauvage est mon album préféré, et je vais bien sûr y venir.   Wink

Sinon, pour répondre à Dantec, je me doute bien que tous les lecteurs de ma génération ont vécu une évolution semblable, en passant gentiment des journaux aux albums. Il y a aussi eu cette formidable évolution de la BD vers un art plus adulte, qui a accompagné mon propre murissement, et c'était une chance incroyable.

Mais je continue pour l'instant ma petite progression chronologique.  Wink

En 1969, donc, j'avais 15 ans et j'avais parfois envie d'aller voir derrière le miroir. Je sentais qu'il y avait des auteurs derrière les BD que j'aimais et qu'elles pouvaient être abordées avec la même curiosité que la grande littérature.

Et c'est alors que le journal Tintin décida de lancer une rubrique intitulée "Qui fait votre journal ?". Elle offrait semaine après semaine des petits entretiens avec les dessinateurs vedettes de l'hebdomadaire, et tous les "grands" se sont pliés d'assez bonne grâce à cet exercice.

Jacques Martin fût interviewé lui aussi en 1969, bien sûr, et c'était la première fois que je voyais son visage. J'étais ravi, comme pour les autres interviews d'ailleurs, et j'ai finalement gardé un grand souvenir de cette série d'articles. Elle apportait peu d'informations importantes, certes, mais elle satisfaisait mon envie d'aller un peu plus loin et de connaître enfin les auteurs.

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 Interv12

Petite remarque ! Il y avait deux "Jacques Martin" à l'époque, bien sûr, mais j'ignorais que ce nom désignais aussi un animateur de la radio et de la télévision. J'ai apprécié par la suite l'humoriste, mais au fond, il n'y a toujours eu qu'un seul "Jacques Martin" qui comptait pour moi. Et c'était bien sûr l'auteur d'Alix.  pirat


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5250 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Ven 18 Oct - 13:40

marbou


lecteur émérite
lecteur émérite
Merci Raymond pour cette histoire personnelle avec J.Martin ; elle résonne sans doute particulièrement pour ceux de notre âge (65 ans bientôt pour ma part), et ce goût de madeleine déclenche également bien des souvenirs en moi (alors que je n'ai lu que le début de ce sujet).
J'ai aussi découvert Jacques Martin vers l'âge de 10 ans, vers 1965, grâce au cadeau offert par l'arbre de Noël de l'entreprise de mon père.
Quelle déception (sur le coup) pour mon frère et moi, de recevoir ces albums plus "adultes" que ce dont nous avions l'habitude (Tintin, Spirou, Lucky Luke, Johan, ...). Nous avions reçu "L'ouragan de feu" et "Tonnerre à l'ouest", je les ai encore.
Et on s'est rapidement immergé dans cette lecture plus ardue mais tellement passionnante.
Depuis, je reste fidèle à Lefranc, un peu moins à Alix que je n'achète plus que de loin en loin depuis "La tour de Babel".
Nos parents nous avaient abonnés à Tintin, nous achetions les recueils Spirou, et nous lisions Pilote auquel un camarade était abonné. Années 60 et 70 baignées dans la bd de qualité...

5350 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Sam 19 Oct - 7:51

Draculea

Draculea
grand maître
grand maître
Quel charme dans cet entretien si amusant et bien rédigé ! On y lit toute une époque dont le sentiment alors mitigé envers la télévision. Plus surprenant pour moi qui l'ignorais, le fait que Jacques Martin ne semble pas non plus passionné de cinéma. En général, les gens de sa génération étaient de grands adeptes des salles obscures, lui non. Il est vrai qu'après des heures entières passées à travailler dans son bureau, il devait certainement avoir besoin de nature et de grands espaces !

Tu sais peut-être cher Raymond qu'il y  aux troisième Jacques Martin : une société de transports en camion dont on crois parfois les véhicules en prenant l'autoroute. J'en ai vu un cet été en allant dans la direction d'Auxerre et si je n'avais été au volant, je l'aurais photographié pour un amusant clin d'oeil ici ! Very Happy

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5450 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Sam 19 Oct - 10:47

Raymond

Raymond
Admin
Non, j'ignorais qu'il y en eût encore un troisième homonyme, mais pour moi cela ne change rien. Il n'y a qu'un seul Jacques Martin !  Wink  

Parlons de 1970, maintenant ! Cette année-là, l'hebdomadaire Pilote était vraiment le meilleur journal de BD du monde. Gotlib était la star indiscutée d'une incroyable équipe de dessinateurs talentueux, et sa Rubrique-à-Brac était alors un sommet de la bande dessinée que je ne voulais pas manquer, semaine après semaine. Mais de son côté le journal Tintin faisait mieux que se défendre. Grâce à l'esprit inventif de Greg, on trouvait dans Tintin une superbe équipe d'auteurs et le contenu du journal réservait bien souvent de belles surprises.

Et c'est dans ce contexte que Lefranc réapparu dans le journal, avec une nouvelle aventure dessinée par Bob de Moor. C'était bien sûr le fameux Repaire du Loup .

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 Repair10

D'emblée, je savais d'une façon très précise où se situait cette histoire. Il faut dire que nous avions passé nos vacances de l'été 1969 dans le beau Val d'Annivier, et que Jacques Martin avait multiplié les indices qui nous permettaient de localiser son aventure. C'est ainsi que le village de Saint-Luc était devenu Saint-Loup, que le Val d'Annivier se nommait le Val d'Annifer, et que l'hôtel des anglais était un grand bâtiment abandonné en pleine montagne à 2000 mètres d'altitude, tout comme l'était à cette époque l'hôtel Weisshorn.

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1970-r10

C'est certainement l'histoire de Lefranc que j'ai relue le plus souvent. Il faut dire que j'ai inlassablement recherché les images qui s'inspiraient du réel dans cet album, dont l'intrigue est aussi attachante qu'intelligente. Jacques Martin s'est plu en effet à imaginer comment un grand hôtel touristique avait pu être bâti aussi haut dans la montagne. Et finalement, la fiction qu'il raconte se révèle très proche de la réalité. C'est encore un signe de son génie narratif.

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1970-r11

Et puis, cet album possède un charme singulier, qui provient certainement de la réelle passion que son auteur entretenait pour la montagne. Toutes les actions des personnages, en particulier les longues marches d'approche ou les séquences d'alpinisme, de même que les séquences de vie villageoise, sont pleines de vérité. Et dans le même esprit, Jacques Martin se permet aussi d'introduire quelques images poétiques, qui célèbrent la beauté des paysages alpins.

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1970-r13

Aujourd'hui encore, je me demande encore si le Repaire du Loup est un chef d'œuvre. Ce n'est peut être au fond qu'une œuvre mineure, qui a pris pour moi une importance majeure parce que l'aventure se passe dans un lieu qui est pour moi mythique. Mais la perfection de sa réalisation graphique (grâce en particulier à Bob de Moor) et l'intelligence de son scénario font de cette BD une réalisation parfaite. En tout cas, c'est un album que je relis sans me lasser.

Et cette fois, cela ne provient pas du fait que je suis un martinophile.  Cool


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5550 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Sam 19 Oct - 12:13

2J

2J
vieux sage
vieux sage
Draculea a écrit:
Quel charme dans cet entretien si amusant et bien rédigé ! On y lit toute une époque dont le sentiment alors mitigé envers la télévision. Plus surprenant pour moi qui l'ignorais, le fait que Jacques Martin ne semble pas non plus passionné de cinéma. En général, les gens de sa génération étaient de grands adeptes des salles obscures, lui non. Il est vrai qu'après des heures entières passées à travailler dans son bureau, il devait certainement avoir besoin de nature et de grands espaces !

Tu sais peut-être cher Raymond qu'il y  aux troisième Jacques Martin : une société de transports en camion dont on crois parfois les véhicules en prenant l'autoroute. J'en ai vu un cet été en allant dans la direction d'Auxerre et si je n'avais été au volant, je l'aurais photographié pour un amusant clin d'oeil ici ! Very Happy
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WinkRolling Eyes Wink

5650 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Sam 19 Oct - 12:50

Draculea

Draculea
grand maître
grand maître
Voilà ! C'est exactement cela 2J ! Very Happy

Moi aussi je trouve au repaire du loup un charme exceptionnel ! Il y a la beauté des paysages alpins te la douceur des nuances qui expriment la luminosité particulière à la montagne, une justesse qui, bien que je ne connaisse pas comme Raymond les lieux, me touche au plus intime car je connais bien d'autres régions des Alpes qui peuvent se comparer par leur atmosphère aux lieux dépeints dans cet album qui me parle tout particulièrement pour cette raison. Les départs à l'aube, les marches d'approche dont parle Raymond, les détails des pentes, comme les troncs et les branches de conifères au premier plan de côté de certaines cases, l'expression de la profondeur du ciel vers le haut et les lointains, tout me plaît dans cet album, sans parler les caractères des différents personnages.

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5750 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Sam 19 Oct - 16:23

eleanore-clo

eleanore-clo
license ès BD
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Bonjour

Pour moi, Le repaire du loup est clairement un chef d’œuvre
.
Jacques Martin réussit l'exploit de créer un huit clos dans un décor grandiose, celui d'une vallée alpine, isolée du monde par la destruction du pont la reliant à la civilisation.

Cette intrigue est profondément humaine, balzacienne oserais-je essayer, loin des combats apocalyptiques de La Grande Menace ou encore de l'Ouragan de Feu. Comme je l'ai écrit sur l’article de Wikipedia que je confie avoir complété ( Smile ), Lefranc est bien plus proche de nous en redresseur de torts qu'en sauveur du monde.

J'ai découvert l’œuvre en 1970 ou 1971 dans la reliure n°84 du Journal de Tintin. Elle m'a profondément touchée. Et je me souviens très bien de ma "frustration" lorsque je découvris qu'il faudrait attendre 2-3 mois et la sortie de la reliure n°85 pour connaitre la fin de l'histoire affraid .

En fait, cette BD m'évoque les séjours familiaux à la montagne. Mes parents ont toujours aimé les Alpes. Et chaque année, parfois en été, parfois en automne, la famille prenait la route des cimes. Ce fut d'abord la vallée de Chamonix, jusqu'en 1973, puis Bourg Saint-Maurice et la Vanoise après. Mon frère et moi partions marcher toute la journée. Nous revenions exténués mais heureux le soir. Depuis, j'ai essayé de perpétuer la tradition et la première montée de mes petits-bouts au Lac Blanc, un lac d'altitude, est clairement une des plus grandes joies de ma vie. Pour en revenir à Chamonix, des téléphériques escaladent les pentes et l'un d'entre eux dessert un refuge-hôtel, celui de La Flégère. La bâtisse est d'ailleurs visible de la vallée, comme l'est le Weisshorn. Et un domaine skiable a été implanté sur les pentes situées au-dessus. Le rêve des Hearn a donc pris corps à Chamonix. Very Happy

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 Flzogz11

Le thème d'un village tout entier conspirant contre l'étranger me fait penser au film de John Sturges, Un homme est passé : https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_homme_est_pass%C3%A9 . Je crois que c'est une leçon à ne pas oublier. Ne sommes-nous pas tous des étrangers et ne devons nous donc pas tous être tolérants vis-à-vis de l'autre ?
Et comme dans le film de Sturges, à l'instar de Spencer Tracy, Lefranc est SEUL. Le repaire du Loup tout entier est une variation sur ce thème. Les enfants Hearn sont seuls dans leur combat. Valadin est lâché par ses complices. Le journaliste dine seul dans la salle à manger de l’hôtel Faber et escalade en solitaire la face Ouest du Diablon. Stirling Hiss ne fraternise pas avec les autres ouvriers construisant le barrage. Belinda et Roy vivent isolés dans l'hôtel. Saint-Loup est coupé du monde. Etc. Notons enfin l'absence de Jeanjean et du Commissaire Renard. Et leur venue dans l'ultime planche est très artificielle.

Cette BD a été créée au début des années 1970, alors que l'or blanc était synonyme de prospérité et de salut pour les petites communautés montagnardes. Je suis presque certaine que le projet de M.Hearn se heurterait aujourd’hui à des écologistes décidés et qu'une ZAD serait créée au sommet du Diablon !

Outre le scénario, j'ai beaucoup apprécié le dessin de Bob De Moor. Il a parfaitement mis ses pas dans ceux du maître, au point qu'il est difficile de percevoir une quelconque rupture de style avec Le Mystère Borg. Je suis admirative devant la modestie de Bob de Moor, le pilier caché de tant de créations. Je me suis toujours interrogée sur ce dessinateur. Il me semble qu'il avait le génie pour faire des œuvres plus ambitieuses que Barelli. Peut-on dire que l’amitié d'Hergé fut castratrice et l'a transformé en un caméléon ?

Parmi les merveilles de cette BD, je tiens à signaler la dernière vignette. Elle représente une route déserte survolée par des choucas dont le cri est d'une infinie nostalgie. On se dit que tout aurait pu être différent  Crying or Very sad .

Les couleurs de l'automne sont magnifiquement rendues, ainsi que la première neige. Là encore, la BD me remémore les nombreux séjours passés en Haute-Savoie. Les mélèzes de la forêt de Saint-Loup sont les frères de ceux de la vallée de Chamonix : mêmes jaunes, mêmes roux, même luminosité, etc. La réalité et la fiction s'entrelacent !

Bref, vous l'avez deviné. J'apprécie beaucoup, beaucoup, beaucoup (merci de relire 2337 fois - l'altitude de l'hôtel Weisshorn est de 2337 mètres) cette BD Laughing
Et mon avatar sur le forum provient de la page 20 du Repaire du Loup  Wink .

Eléanore

5850 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Sam 19 Oct - 20:41

Raymond

Raymond
Admin
C'est manifestement un album qui touche beaucoup les personnes qui ont passé une partie de leur enfance à la montagne.  Wink

Traditionnellement, le Repaire du Loup n'est pas considéré comme un des chefs d'œuvre de Jacques Martin. Ce jugement est peut être dû au fait qu'il n'a pas été dessiné par le maître, mais aussi et surtout au fait que l'intrigue du livre évolue sur un mode assez mineur. Il n'y a en effet pas de menace mondiale, pas de grande catastrophe ni de combat épique dans cette histoire. Et en plus, il n'y a pas non plus Axel Borg. L'enjeu de cette histoire est ainsi plutôt modeste.

Mais l'histoire est admirablement racontée.    sunny

Et puis, petit détail révélateur, lorsque je faisais mon blog il y a une dizaine d'années, cet album a fait partie de ma sélection de BD dignes d'être commentées.

http://lecturederaymond.over-blog.com/article-20008010.html

Alors …  les valeurs établies peuvent tout de même être parfois révisées.

Et donc, admettons-le ! Le Repaire du Loup est un autre petit chef-d'œuvre de Jacques Martin.   Very Happy


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5950 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Dim 20 Oct - 9:59

Draculea

Draculea
grand maître
grand maître
Personnellement, je serais de cet avis. Je n'osais pas le dire aussi directement, mais je trouve qu'il est en effet un chef d'oeuvre dans son genre propre. Je partage en tout cas totalement les impressions qu'eleanore-clo exprime avec beaucoup de précision et de sensibilité : cet album est justement celui d'une sensibilité plus perceptible que dans d'autres car l'aventure aux péripéties habituelles cède le pas à l'atmosphère. Du moins ai-je, comme eléonore-clo cette impression.

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6050 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Dim 20 Oct - 12:35

Raymond

Raymond
Admin
1970, ce fût aussi l'année de la publication en album du Dieu sauvage !    Very Happy

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1970-d10

La lecture de ce livre fût un grand moment de ma vie de bédéphile. Aussitôt que j'eus refermé cet album, je savais que j'avais lu un chef d'œuvre ! Et je commençai dès lors à penser que la bande dessinée pouvait aussi être un art, à l'égal de la littérature, du théâtre ou de la peinture.

L'impression immédiate que me laissait cette première lecture, c'était d'abord la sensation d'une certaine perfection ! Même si Le Dieu Sauvage était un récit profondément pessimiste, la beauté de ses images et de sa structure l'emportait sur tout le reste.

Fondamentalement, je ne suis pas pessimiste. Bien au contraire, je suis un véritable rêveur, et ceci me permet d'ailleurs de résister à beaucoup de spectacles et de réalités désespérantes. Mais il est impossible d'ignorer la beauté d'une tragédie, surtout si elle impose une évidence narquoise. Ce message ironique du Dieu sauvage, on pourrait au fond le résumer avec la fameuse citation de l'Ecclésiaste (puisque le récit se passe au temps de l'Antiquité  Wink ) :

"Vanité des vanités, tout est vanité !"

Un titre plus moderne, pour cet album, aurait pu être du genre … le "Bûcher des Vanités". Mais Jacques Martin a préféré un titre qui fait appel au mystérieux et au surnaturel. Le Dieu Sauvage met en jeu la puissance des forces de la nature, voir même d'éventuels dieux inconnus. Il y a une réflexion morale dans cet album, mais aussi une dimension fantastique qui l'emporte sur la raison.

Et il y a donc la vanité, oh oui, qui dirige les entreprises de tous les personnages, dans un récit au ton souvent distancié et méditatif. Il y a d'abord la vanité dominatrice de l'Empire Romain, qui décide de fonder une nouvelle colonie, encore plus belle et plus vivante que toutes les autres, dans une région dépeuplée de la côte africaine, là où il n'y avait jusqu'ici "que le vent, le sable et la mer".

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1970-d11

Vanité naïve du petit peuple des travailleurs, qui décide de prendre possession d'une énorme et énigmatique statue métallique déposée dans le désert. Dès lors, le piège inventé par le peuple autochtone va se refermer sur les romains.

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1970-d12

Vanité belliqueuse et stupide du général Varius Munda, qui essaie de tuer, puis de poursuivre vainement Alix en mettant en danger toute son armée. Sa fin délirante et misérable, seul et entouré de son armée morte, conclut d'une manière implacable la stupidité de ses ambitions.

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1970-d13

Vanité intelligente, habilement mélangée à une certaine sagesse stoïcienne, qui ressort du discours du gouverneur Tiburce Carone. Ce représentant du pouvoir romain a subi tous les événements sans pouvoir les influencer, mais il en tire une conclusion très avisée, et presque rassurante.

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1970-d14

Vanité orgueilleuse, et certainement aussi amoureuse, de la colérique Héra qui a vécu toute cette histoire en restant aveuglée par ses sentiments. En disant adieu à Alix, à la fin de l'histoire, elle semble réaliser que son combat a été futile, mais elle ne l'avouera jamais.

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1970-d15

Et enfin vanité grandiose et tragique  qui caractérise les ambitions déçues de la reine Adréa ! Jacques Martin la résume en une courte et admirable séquence graphique, que vous connaissez tous. C'est un moment d'anthologie !

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1970-d16

Et au bout de cette histoire, qui se termine presque à la manière d'un palindrome , Alix revient à son point de départ. On retrouve l'image initiale de la côte africaine, légèrement modifiée par les ruines de l'activité humaine, et Jacques Martin conclut : "Ici, désormais, il n'y a plus que le sable, le vent et la mer".

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1970-d17

Vanité des vanités, tout est vanité !

En refermant cet album, à l'époque, je n'avais bien sûr pas encore toutes ces idées en tête, mais j'avais compris que la bande dessinée pouvait être adulte. Le Dieu sauvage allait d'ailleurs être plus tard, pendant mes années d'étudiant, le genre de BD que je prêtais à mes amis par pur esprit de prosélytisme, afin de les convaincre que la bande dessinée pouvait aussi s'adresser aux adultes. Le livre en a bien sûr un peu souffert.  Wink

Bref, cette première lecture a été un moment inoubliable, traversé par une émotion de haute qualité. En refermant l'album, j'ai d'ailleurs brièvement ressenti un grand frisson dans le dos, mais ce n'était pas un courant d'air froid. C'était une sorte de saisissement esthétique.

Jacques Martin avait encore frappé !   sunny



Dernière édition par Raymond le Dim 20 Oct - 20:43, édité 1 fois


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6150 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Dim 20 Oct - 14:36

eleanore-clo

eleanore-clo
license ès BD
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Bonjour

Merci pour ce beau message  Very Happy .

Est-ce que Le dieu sauvage est un récit pessimiste ?
J'hésite car on peut adopter un tout autre regard, très décalé, et voir dans cette BD l'exact contrepoint du Dernier Spartiate, à savoir le juste triomphe du droit des peuples à disposer d'eux-même.
En effet, si les spartiates perdent leur combat face à Rome, les cyrénéens réussissent à chasser l'envahisseur.
Par conquérant, la tragique et terrible destruction d'Apollonia devient un acte dans une guerre d'indépendance. Et la ville ne fait que précéder d'autres villes martyres, comme Dresde par exemple. Je me hasarderais d'ailleurs encore plus loin. La statue est clairement une arme nouvelle, effrayante, terriblement meurtrière, employée très majoritairement contre des populations civiles et innocentes. Regardons du côté du Japon. Cela ne vous rappelle rien ?
Mais revenons en au parallèle entre les deux œuvres.
Héra prend la suite d'Adréa. Et là où Adréa laissa parler son amour pour Alix, Héra reste inflexible.
La forteresse spartiate est découverte par les romains et son temple brûle. Alors que la cité troglodyte cyrénéenne ne sera ni découverte ni détruite.
Etc.  
Je ne suis pas certaine que ce changement de paradigme soit juste car Jacques Martin m'apparait comme un chantre de la Pax Romana. Mais, il a, volontairement ou involontairement, ouvert cette vision  Smile .

Bon dimanche
Eléanore

6250 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Dim 20 Oct - 15:46

Monocle

Monocle
docteur honoris causa
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eleanore-clo a écrit:Bonjour
Je ne suis pas certaine que ce changement de paradigme soit juste car Jacques Martin m'apparait comme un chantre de la Pax Romana. Mais, il a, volontairement ou involontairement, ouvert cette vision  Smile .

Bon dimanche
Eléanore
Etait- il tant que ça un chantre de la Pax Romana, j'en doute. Par exemple, toute l'histoire de la Griffe noire n'est elle pas la conséquence d'une "bavure" militaire? Je pense qu'il y a dans son oeuvre, beaucoup d'éléments influencés par l'histoire contemporaine (Décolonisation, guerre du Vietnam, etc.)

6350 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Dim 20 Oct - 16:46

Raymond

Raymond
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A l'époque du Dieu sauvage, Jacques Martin est effectivement encore assez admirateur de la république romaine. Ce n'est que plus tard, à partir du Fils de Spartacus, qu'il se montrera férocement critique avec cette civilisation.   Rolling Eyes

Il suffit au fond de lire l'album pour voir que le récit est raconté du point de vue gallo-romain (qui est celui d'Alix). Bien sûr, Jacques Martin se montre assez critique avec l'armée romaine, mais il consacre en revanche de magnifiques pages à expliquer (ou tout simplement à contempler) la construction d'Apollonia, cette ville romaine idéale. J'ai donc tendance à admettre qu'il se place bien dans cette histoire comme un admirateur de la Pax Romana, même s'il faut y mettre quelques nuances.

Et puis … avouons le aussi, je me place pour ma part toujours du côté gallo-romain. C'est une sorte d'atavisme donc je ne peux me défaire. Je ne peux donc pas comprendre l'histoire du Dieu sauvage d'une autre façon. Very Happy


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6450 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Lun 21 Oct - 11:48

Raymond

Raymond
Admin
Passons maintenant à l'année 1971.

Le souvenir le plus important de cette année-là, ce fût sans aucun doute ma visite de Pompéi.  Cool

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 Pompei10

J'avais alors presque 17 ans et je me retrouvais pour la première fois en vacance avec mon père, au sud de l'Italie, dans un village du Club Méditerranée. Mon père voulait aussi participer à un tour organisé, permettant de visiter Pompéi, Naples et Capri mais j'avais refusé de l'accompagner. Eh oui ! debil D'abord, j'avais plutôt la belle vie dans ce camp de vacances (sport, lectures, copains) et puis, la perspective d'un voyage organisé me paraissait plutôt ringarde.  siffle

Mais il y eu un imprévu ! Ma belle-mère est tombée malade peu avant le départ et comme son billet avait déjà été payé pour l'excursion, j'ai dû la remplacer. L'aspect financier était un argument majeur contre lequel aucun argument n'était valable. J'ai dû bon gré mal gré aller visiter Pompéi … quand j'y pense !   ane

Cette visite fût une formidable révélation.

Avant cette visite, mon attrait pour l'Histoire se confondait avec le plaisir de lire de beaux livres, et bien sûr de découvrir de belles histoires. Mais en arrivant dans le forum de Pompéi, et en me retrouvant en face de vieilles pierres, il me vint assez vite en tête de curieuses réminiscences visuelles. Mais que se passait-il ?

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-p12                     50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-p11

Eh oui, Alix s'était invité tout seul dans cette visite, d'une façon totalement imprévue. Et lorsque je me mis à parcourir les rues de cette ville morte, en suivant notre guide italien, je n'arrivais pas à écouter ses explications. J'étais plutôt obsédé par une sensation de déjà-vu ! Mais oui, Alix est déjà passé par là !

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-p13                                       50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-p14

Le Vésuve était-là, silencieux et paisible, et je me suis aussitôt souvenu qu'il était bien différent à l'époque de la Griffe Noire, lorsque Pompéi était encore une petite cité vivante et prospère.

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-r10                                     50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-p15

L'atrium des villas, entouré de colonnades, paraissait moins spectaculaire que ceux de l'album de BD, mais je me rendais tout-à-coup compte du gros travail de documentation auquel s'était astreint Jacques Martin, afin de faire revivre ces maisons.  

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-p16                                        50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-p17

La visite dura environ une heure, et ce fût presque un moment initiatique. Il faut avouer qu'à cette époque-là, je rêvais encore de devenir historien. Et je venais de comprendre quelque chose d'important, sur cette discipline des sciences humaines..

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-p18                                             50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-p19

Et c'est ainsi que, de manière tout à fait imprévue, je retrouvais ce jour-là le monde de Jacques Martin !   sunny  

Ce fût en fait le premier de mes "voyages iconophiles". Il y en a eu beaucoup d'autres par la suite, et pas toujours sur le thème de la BD historique.  

Et je compris ainsi qu'il y a des tas de façons différentes d'assouvir sa passion pour la BD.    Wink


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6550 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Lun 21 Oct - 15:41

Draculea

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Quelle beau message comparatif ! Il serait aussi intéressant dans un sujet spécifique à Pompéi et la bande dessinée de voir d'autres approches de la ville avant sa destruction !

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6650 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Lun 21 Oct - 16:42

Raymond

Raymond
Admin
Mmm … je n'ai pas trop le temps en ce moment, car ce sujet m'en prend déjà pas mal (de temps).   deso

Mais 2J a déjà ouvert un sujet spécifique sur Pompéi, et tu y trouveras peut-être quelques images qui te plairont :    Wink

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6750 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Lun 21 Oct - 17:33

Draculea

Draculea
grand maître
grand maître
Parfait ! Merci beaucoup Raymond ! cheers

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6850 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Mar 22 Oct - 12:03

Raymond

Raymond
Admin
1971, c'est aussi l'année où j'ai ENFIN pu lire le Sphinx d'Or, après sa réédition chez Casterman !   cheers

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-s10

Il y avait eu jusque là une très longue attente ! C'est en 1965, en effet, que les premiers albums Casterman avaient été publiés. Et en regardant le "4ème plat" des albums cette année-là, je savais qu'il existait 4 anciennes aventures d'Alix publiées au Lombard. Ces livres étaient impossibles à trouver en libraire et j'en attendais avec impatience la réédition. Mais cela s'est fait très lentement. En fait, ça a a traîné pendant des années et cela devenait même interminable !  grr2  En 1970 encore, après avoir acheté le Dieu Sauvage, je retrouvais toujours ces deux titres dans la liste d'albums à paraître !

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-s11

Et oui ! Le Sphinx d'Or était un peu comparable à l'Arlésienne. On en parlait, mais on ne le voyait jamais !  Wink

Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures. Mais en 1971, j'oubliais rapidement tout cela, et je pouvais enfin évaluer l'intérêt de cette BD.

Et d'emblée, j'ai adoré cet album, qui ressemblait par bien des côtés à L'île maudite ! C'est en effet une suite d'aventures palpitantes, bourrée d'action et d'idées scénaristiques. Et puis, il y avait un intérêt supplémentaires car on y voyait Alix retourner vers la Gaule de ses origines. Cette première partie "gauloise" de l'album nous faisait un peu découvrir la famille d'Alix, et elle expliquait au fond pourquoi Alix choisissait finalement l'identité romaine. Et puis, surtout, il y avait ces images d'Alésia et de Vercingétorix qui étaient passionnantes. La grande Histoire se mélangeait aux aventures personnelles, et j'adorais ça.

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-s12

Le contraste entre la Gaule enneigée et l'Egypte ensoleillée était également merveilleux ! Les premières images égyptiennes étaient splendides, et l'arrivée d'Enak semblait toute naturelle. Aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de penser que Jacques Martin a beaucoup mieux dessiné l'Egypte par la suite, mais cette grande image d'Alexandrie, même si elle est totalement fictive, m'avait quand même fait à l'époque une grande impression.

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-s13

Le "Sphinx d'Or" lui-même était au départ bien mystérieux, et il n'était pas d'emblée évident (à l'époque) que ce soit Arbacès qui se cachait derrière le masque. Ce personnage énigmatique, au départ presque bienveillant envers Alix, était une autre bonne idée de scénario. Le suspense du récit se mélangeait à la découverte d'un lieu inconnu.

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-s14

Et puis, il y avait ce mélange de hiératisme et de dynamisme dans le ans le dessin, qui caractérisait le premier style de Jacques Martin. Les scènes de combats et de poursuites étaient nombreuses, et l'habileté du dessinateur à réaliser ce genre de séquence me fascinait une fois  e plus.  Maintenant ... c'est un peu moins le cas, je l'avoue.  Wink

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-s15

Et c'est ainsi que j'ai d'emblée adoré ce Sphinx d'Or, qui était une BD à la fois dynamique et contrastée. Aujourd'hui, je ne le relis plus tellement, il faut bien l'avouer. Mais je garde une certaine tendresse pour ce livre qui définit intelligemment les bases de la série, bien davantage que le tome 1 qui avait été réalisé dans l'improvisation la plus totale.

J'ai lu plus tard quelques critiques très élogieuses de cet album, en particulier celle de François Rivière qui était intitulée "L'initiation au soleil". Mais c'était il y a bien longtemps. Aujourd'hui, je me demande si cet album n'est pas devenu un peu secondaire ?

Qu'en pensez-vous !  Wink


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6950 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Mar 22 Oct - 12:56

Draculea

Draculea
grand maître
grand maître
Pour être honnête, Le Sphinx d'or n'est pas un album qui m'a vraiment laissé un souvenir impérissable. Il y a certes la rencontre avec Enak, l'épisode du temple qui est assez palpitant, mais le dessin était à l'époque un peu raide précisément les cases encore très petites par rapport à ce qui viendra ensuite. J'avais et j'ai toujours du mal à lire ces planches contenu très serré.

Une petite anecdote concernant les difficultés de se procurer cet album. J'ai connu au début des années soixante-dix à Lyon la même chose avec Tintin au Tibet que je rêvais de lire et qu'aucun libraire n'avait ni ne parvenait à commander. Je me souviens avoir vu une affiche représentant les couvertures des Tintin sortis alors et d'avoir ainsi vu d'avance une miniature de celle de ce Tintin, dans un véritable cheminement initiatique qui devait trouver sa résolution quelques années plus tard. J ersuis un peu sorti du sujet immédiat, encore que Jacques Martin ait des liens intimes avec l'univers de Tintin et du journal de Tintin ! Wink

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7050 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Mar 22 Oct - 16:19

2J

2J
vieux sage
vieux sage
Le dessin n'était pas encore parfaitement abouti .
Alix faisait pourtant souvent la couverture de Tintin :
50 ans avec Jacques Martin - Page 3 T10010
50 ans avec Jacques Martin - Page 3 T9210
50 ans avec Jacques Martin - Page 3 T7810
Il y en a d'autres...

7150 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Mar 22 Oct - 16:25

2J

2J
vieux sage
vieux sage
La couverture originale était vraiment ... passable ane
50 ans avec Jacques Martin - Page 3 Alixle12
siffle

7250 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Mar 22 Oct - 17:54

Raymond

Raymond
Admin
Pour moi, il n'y a pas de doute que la grande époque graphique de Jacques Martin commence avec les Légions perdues. Au moment du Sphinx d'Or, son style était certes efficace pour raconter une histoire, mais il n'était pas encore bien assuré d'un point de vue esthétique. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'auteur a changé son style graphique d'une manière assez spectaculaire au cours des cinq premiers albums.

Sinon, pour répondre à Draculea, je pense que tu as fait d'emblée une lecture assez adulte du Sphinx d'Or, et l'accumulation de péripéties ou de scènes d'action n'avait pas pour toi le même charme. Pour ma part, il m'est difficile de lire cet album complétement comme un adulte, car les souvenirs affluent lorsque je reprends ce livre, et je retrouve un peu mes plaisirs d'enfant.  Wink


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7350 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Mer 23 Oct - 8:26

Draculea

Draculea
grand maître
grand maître
Je comprends tout à fait cette impression Raymond. On garde en effet d'un album l'empreinte première. Si bien qu'à jamais ce qui nous a charmés demeure source d'un émerveillement très intense, au-delà des jugements rationnels qu'on applique ensuite. Quand je relis aujourd'hui certaines oeuvres d'enfance, je sens encore le parfum des meubles qui accompagnait ma lecture initiale ! Je revois la lumière, je retrouve le grand fauteuil où j'étais blotti comme dans une sorte de petite cabane de lecture, tout près d'une fenêtre et de ses rideaux de voile diffusant la lumière de début d'après-midi. Very Happy

Je partage tout à fait ton sentiment au sujet du style de Jacques Martin et de l'inflexion fondamentale qui a lieu avec Les légions perdues.

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7450 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Mer 23 Oct - 16:51

Raymond

Raymond
Admin
En 1971, il y eu aussi la passionnante prépublication dans Tintin de Iorix le grand !

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-i10

Ce sont probablement les pages d'Alix que j'ai le plus souvent lues (et relues) dans le journal Tintin, en particulier les premières planches qui sont magnifiques. Le titre m'intriguait beaucoup (je ne m'attendais pas du tout à ce qui survint par la suite), tout comme l'introduction du récit qui semblait inaugurer une histoire d'amour entre Alix et la jeune Ariela. On sait ce qu'il en devint par la suite ! Jacques Martin n'est pas un auteur qui aime raconter des histoires d'amour, sauf quand elles finissent mal.  Wink

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-i11

Le titre de l'aventure mettait bien sûr le chef gaulois Iorus en vedette, mais je n'avais pas compris d'emblée cette intention de l'auteur. J'étais à cette époque très focalisé sur le personnage d'Alix et je n'entrevoyais son rival que sous l'apparence d'un personnage grossier et inutilement vindicatif. Il était en fait facile de prévoir que le récit tout entier allait nous raconter la rivalité de ces deux personnages … mais comment cela allait-il se finir ?

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-i12

La fin de la "première partie" était dramatique, avec la scène qui montrait la surprenante d'humiliation d'Ariela par Iorix. Pour cette époque, ces images (assez banales aujourd'hui) étaient vraiment choquantes. Il faut se rappeler que l'on ne montrait alors pas de femme nue dans Tintin (voir même pas de femme du tout Wink ) et la violence de ces images était en fait une audace savamment calculée. Jacques Martin ne montrait malicieusement pas les seins ni les organes génitaux de la jeune fille, mais le caractère sulfureux de l'image n'en était pas du tout amoindri.

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-i13

Je m'interrogeais bien sûr sur les suites de cet acte barbare mais, aussitôt après, Jacques Martin interrompait brusquement son récit. Il annonçait la "fin de la première partie", et il fallu attendre en fait l'année 1972 pour connaître la fin de cette aventure inhabituelle.  What a Face

50 ans avec Jacques Martin - Page 3 1971-i14

Qu'est-ce que l'on avait comme patience à cette époque-là !  Very Happy


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7550 ans avec Jacques Martin - Page 3 Empty Re: 50 ans avec Jacques Martin le Jeu 24 Oct - 8:06

Draculea

Draculea
grand maître
grand maître
Raymond a écrit:Non, j'ignorais qu'il y en eût encore un troisième homonyme, mais pour moi cela ne change rien. Il n'y a qu'un seul Jacques Martin !  Wink  

Eh bien cher Raymond, figure-toi qu'il existe même un quatrième Jacques Martin - du moins connu, car il y en a certainement beaucoup d'autres anonymes ! Wink

Je viens de découvrir son existence en feuilletant une revue consacrée à la grande créatrice de design Charlotte Perriand qu'on redécouvre et célèbre actuellement. Dans cette revue figure une photographie d'elle au japon, prise par son mari..... Jacques Martin ! Une petite recherche m'a permis d'apprendre que ce Jacques Martin, ni entrepreneur de transport routier, ni bien sûr auteur de bande dessinée, était directeur des affaires économiques de la France en Indochine ! Ce qui en l'empêchait peut-être pas d'aimer l'histoire romaine et peut-être, d'avoir par la suite lu Alix ? Wink  cheers

Voici le portrait pris d'elle au Japon par son mari, en 1954, pour mettre fin à cette petite parenthèse en forme de clin d'œil amical :

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