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Question relative à la genèse d'Alix

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bryaxis


compagnon
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Bonjour à tous,

Je suis nouveau ici, j'espère donc poser ma question dans la bonne section.

Tout le monde connaît l'histoire d'Alix, créé en 1948 par un Jacques Martin entré depuis peu au Journal de Tintin et cotoyant Hergé.

Il se trouve qu'en faisant des recherches sur une trilogie de romans jeunesse publiés à partir de 1947 chez Casterman par l'auteur Raymond Alfred Hédoin, j'ai découvert que cet auteur avait été illustré en 1934 par Hergé.

La trilogie raconte les aventures d'un jeune gaulois, Amnorix le Carnute, né quelques années avant la guerre des Gaules qui découvre la République romaine grace à la générosité du patronus de son grand frère, un vétéran d'Alesia devenu secrétaire privé de celui à qui il avait été attribué comme butin.

Le premier volume ("Amnorix le Carnute") raconte le voyage du jeune homme vers l'Italie, sa découverte de la vie à la romaine, et les aventures qu'il vit du fait de brigands qui l'enlèvent et le conduise dans une grotte à flanc de Vésuve.

Le deuxième volume, "Quand le monde était Rome", (que je n'ai pas encore pu me procurer) mettrais lui en scène un tour de Mediterranée.

Le troisième volume, celui qui m'intéresse le plus, est rédigé en juillet-aout 1944 et montre le jeune Amnorix découvrant l'histoire de la guerre des Gaules dans les archives familiales, histoire qu'il se met en devoir d'écrire en contrepoint du texte de César.

Plusieurs points communs existent entre les personnages de ces romans et l'histoire d'Alix: des jeunes gens pleins d'astuce, l'esclave libéré, éduqué et appelé à un destin important auprès d'hommes de pouvoir, un rôle de médiation entre Rome et la Gaule, etc...

Je n'ai pu découvrir si Hergé avait connaissance de l'existence de la série d'Hédoin, mais la concordance des dates est troublantes. Je me demande donc s'il n'y aurait pas là une influence décisive sur la création d'Alix.

Ma question est donc : un membre de cette assemblée aurait-il des pistes ou des informations à ce sujet ?

Merci d'avance pour votre aide !

2J

2J
vieux sage
vieux sage

stephane

stephane
vieux sage
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Non, Jacques Martin ne m’a jamais cité cette référence, ni dans aucune interview.

http://alixmag.canalblog.com/

bryaxis


compagnon
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Merci, ce sont effectivement ces trois volumes Smile en fait j'ai commandé "quand le monde..." il y a près d'un mois, le colis m'a été officiellement envoyé mais rien n'arrive... Mais bon, on fait avec et j'ai déjà bien assez de matière pour mon propos sans ce 3ème volume (que j'aurais quand même voulu lire avant la conférence que je donnerais fin de semaine, afin de voir si le fait colonial y était abordé et si oui comment... ainsi que pour voir si des références à la seconde guerre mondiale y était également faites comme dans les 2 autres, ce qui est le coeur de mon exposé à venir)

AJAX

AJAX
grand maître
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Bonjour Bryaxis,
Stéphane me signale votre post.

Je connais bien sûr AMNORIX LE CARNUTE dans la 2e éd Casterman s.d.
et QUAND LE MONDE ETAIT ROME dans la 2e éd Casterman s.d. et 3e éd 1955
J'ignorais l'existence d'un troisième volume (L'ESCADRON NOIR ?).

AMNORIX avait fait objet d'un feuilleton radiophonique diffusé en 1964/1965 (?), probablement sur Radio-Luxembourg (act. RTL) ou à l'INR (act. RTBf). J'ai seulement feuilleté les livres.

J'ignorais que Hergé avait illustré la première édition 1934. Je ne savais pas non plus que c'était aussi ancien.

Martin parlait beaucoup d'Hergé, dont il avait été l'assistant sur Tintin, mais il ne me semble pas qu'Hergé se soit beaucoup soucié de sa série perso, Alix.

Il est clair que dans la première moitié du XXe s. l'adhésion des Gaulois "à demi sauvages" (!) à la romanité/la civilisation était encore dans l'ordre des choses. Napoléon III et son "Jules César" etc. Amnorix en est la preuve, et aussi Alix ! Quant à supposer que Jacques Martin en ait eu connaissance, je ne me risquerais à le supposer. Il faudrait des arguments !

Nombre de tribus gauloises se sont ralliées aux Romains; ce sont d'ailleurs les Eduens qui avaient sollicité leur intervention en Gaule.

bryaxis


compagnon
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stephane a écrit:Non, Jacques Martin ne m’a jamais cité cette référence, ni dans aucune interview.

Je n'avais effectivement rien trouvé dans les quelques livres et articles que j'ai pu lire, mais je me pose quand même la question au vu de la proximité des dates et des similarités entre les personnages et le lien par Hergé (qui publie justement à ce moment là chez Casterman ses Sept boules de cristal).

bryaxis


compagnon
compagnon
AJAX a écrit:Bonjour Bryaxis,
Stéphane me signale votre post.

Je connais bien sûr AMNORIX LE CARNUTE dans la 2e éd Casterman s.d.
et QUAND LE MONDE ETAIT ROME dans la 2e éd Casterman s.d. et 3e éd 1955
J'ignorais l'existence d'un troisième volume (L'ESCADRON NOIR ?).

AMNORIX avait fait objet d'un feuilleton radiophonique diffusé en 1964/1965 (?), probablement sur Radio-Luxembourg (act. RTL) ou à l'INR (act. RTBf). J'ai seulement feuilleté les livres.

J'ignorais que Hergé avait illustré la première édition 1934. Je ne savais pas non plus que c'était aussi ancien.

Martin parlait beaucoup d'Hergé, dont il avait été l'assistant sur Tintin, mais il ne me semble pas qu'Hergé se soit beaucoup soucié de sa série perso, Alix.

Il est clair que dans la première moitié du XXe s. l'adhésion des Gaulois "à demi sauvages" (!) à la romanité/la civilisation était encore dans l'ordre des choses. Napoléon III et son "Jules César" etc. Amnorix en est la preuve, et aussi Alix ! Quant à supposer que Jacques Martin en ait eu connaissance, je ne me risquerais à le supposer. Il faudrait des arguments !

Nombre de tribus gauloises se sont ralliées aux Romains; ce sont d'ailleurs les Eduens qui avaient sollicité leur intervention en Gaule.


Bonjour Ajax,

La collaboration de Hergé et Hedoin remonte à 34 mais sur le projet "L'oiseau de France" et non la trilogie gauloise, visiblement une oeuvre de guerre : dans l'intro (non datée) d'Amnorix le Carnute Hédoin écrit : "c'est souvent au bruit du canon que j'ai composé ce récit : dans le collège ou j'apprenais à tes ainés l'histoire de notre France, les allemands de la DCA, installés juste au dessus de ma tête, tiraient sur les avions anglais ou américains", tandis que l'Escadron Noir est daté dans son intro juillet-aout 44.

Mes recherches indiquent que le fils de l'auteur était à cette date chef de cabinet d'un préfet vichyste en Bretagne, et un faire part de mariage de Philippe, le petit fils de l'auteur à qui est dédié la trilogie, réfère curieusement les beaux parents mais pas les parents pourtant bien en vie (et ayant eu une belle carrière puisque l'ancien chef cab' est devenu secrétaire général de l'ENA). J'ai contacté un héritier (fils de Philippe) mais sans retour malheureusement.

Curieusement l'Amnorix et les Gaulois de Hedoin sont par certains aspects assez différents de l'image traditionnelle : ainsi certains de leurs chefs vivent dans des demeures à la romaine, là où l'historiographie officielle (tant celle de la 3ème république que celle de Vichy) et les manuels scolaires utilisés par Hédoin (essentiellement des manuels d'avant guerre, mais un mémoire de fin de master en histoire m'informe qu'il en va de même pour les créations vichystes) ne décrivent que des huttes selon l'imagerie 19ème siècle.

J'ignorais en revanche l'existence du feuilleton radiophonique, merci !

Pour ce qui est du lien éventuel via Hergé c'est effectivement une hypothèse. Je n'ai pas eu l'opportunité d'aller personnellement aux archives Casterman à Tournai et le personnel des AGR n'a pas répondu à mes solicitations.

AJAX

AJAX
grand maître
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Pour ce qui est des références à la WW2, j'ai ma petite idée la dessus.

Il a toujours rattaché Alix à l'existence d'une "légion" (sic) gauloise qui avait accompagné Crassus en Mésopotamie. 1.000 cavaliers qu'il avait donnés à Publius Crassus, un de ses légats. Plus probablement de l'infanterie légère d'accompagnement, si c'était - comme je le suppose - une cohorte mixte. Il en avait trouvé la trace dans un bouquin d'un prof. Goetz ou Glotz (?). Je pense qu'en fait il avait lu le JULES CESAR de Jérôme Carcopino (publié sous l'égide de Gustave Glotz), mais ce qui y est dit de ces mercenaires gaulois y tient en trois lignes. Je puis cependant imaginer que libéré du STO en avril 45, le fait des Français de la LVF accompagnant la Werhmacht sur le front de l'Est lui ait inspiré une analogie avec ces Gaulois.
J'imagine que les connaissances encore très scolaires de Martin en 1948 étaient influencées par l'idéologie historiographique de la France de l'époque.

Bonne chance pour votre conférence, dont le sujet me paraît très intéressant. Vous pouvez toujours me contacter en MP.

AJAX

AJAX
grand maître
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Je viens de remonter de la cave - où je stocke les romans historiques - les deux romans de Hédoin. J'ai noté la préface les références à la DCA et aux bombardements. Voilà donc qui rajeunit Amnorix. Votre travail m'intéresse beaucoup.

AJAX

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grand maître
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bryaxis a écrit:

Curieusement l'Amnorix et les Gaulois de Hedoin sont par certains aspects assez différents de l'image traditionnelle : ainsi certains de leurs chefs vivent dans des demeures à la romaine, là où l'historiographie officielle (tant celle de la 3ème république que celle de Vichy) et les manuels scolaires utilisés par Hédoin (essentiellement des manuels d'avant guerre, mais un mémoire de fin de master en histoire m'informe qu'il en va de même pour les créations vichystes) ne décrivent que des huttes selon l'imagerie 19ème siècle.

Pour les Gaulois habitant des maisons "romaines", n'oublions pas que le sud de la Gaule était déjà romanisée, notamment les Allobroges (la Provincia). Les Eduens étaient "frères et amis du peuple romain". Chose curieuse ces concepts viennent enfin d'apparaître dans la saga alixienne ALIX - ORIGINES (paru la semaine passée).

bryaxis


compagnon
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AJAX a écrit:Pour ce qui est des références à la WW2, j'ai ma petite idée la dessus.

Il a toujours rattaché Alix à l'existence d'une "légion" (sic) gauloise qui avait accompagné Crassus en Mésopotamie. 1.000 cavaliers qu'il avait donnés à Publius Crassus, un de ses légats. Plus probablement de l'infanterie légère d'accompagnement, si c'était - comme je le suppose - une cohorte mixte. Il en avait trouvé la trace dans un bouquin d'un prof. Goetz ou Glotz (?). Je pense qu'en fait il avait lu le JULES CESAR de Jérôme Carcopino (publié sous l'égide de Gustave Glotz), mais ce qui y est dit de ces mercenaires gaulois y tient en trois lignes. Je puis cependant imaginer que libéré du STO en avril 45, le fait des Français de la LVF accompagnant la Werhmacht sur le front de l'Est lui ait inspiré une analogie avec ces Gaulois.
J'imagine que les connaissances encore très scolaires de Martin en 1948 étaient influencées par l'idéologie historiographique de la France de l'époque.

Bonne chance pour votre conférence, dont le sujet me paraît très intéressant. Vous pouvez toujours me contacter en MP.Je viens de remonter de la cave - où je stocke les romans historiques - les deux romans de Hédoin. J'ai noté la préface les références à la DCA et aux bombardements. Voilà donc qui rajeunit Amnorix. Votre travail m'intéresse beaucoup.

Oui, la référence à Glotz est citée dans Avec Alix (p. 76), de même que Carcopino, tandis que la référence à Ben Hur se trouve dans Alix : l'art de Jacques Martin p. 26, mais pas de trace d'Hedoin...

Un des soucis pour la thèse Amnorix/Alix est que Alix est clairement en chantier, au moins au niveau de la première planche, en juin 48 (envoyée à Raymond Leblanc le 19 ou le 26 juin, la planche 2 étant envoyée le 17 juillet), mais je n'ai pas le mois exact de publication de la série d'Hédoin dont le texte était toutefois figé depuis 1944 et avait donc pu circuler avant ou être annoncé. ici encore les archives Casterman à Tournai pourraient peut être m'éclairer, même si je n'aurais pas l'opportunité de les consulter à temps pour ma présentation à l'Historical Fiction Research Network Conference fin de cette semaine...

bryaxis


compagnon
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AJAX a écrit:
bryaxis a écrit:

Curieusement l'Amnorix et les Gaulois de Hedoin sont par certains aspects assez différents de l'image traditionnelle : ainsi certains de leurs chefs vivent dans des demeures à la romaine, là où l'historiographie officielle (tant celle de la 3ème république que celle de Vichy) et les manuels scolaires utilisés par Hédoin (essentiellement des manuels d'avant guerre, mais un mémoire de fin de master en histoire m'informe qu'il en va de même pour les créations vichystes) ne décrivent que des huttes selon l'imagerie 19ème siècle.

Pour les Gaulois habitant des maisons "romaines", n'oublions pas que le sud de la Gaule était déjà romanisée, notamment les Allobroges (la Provincia). Les Eduens étaient "frères et amis du peuple romain". Chose curieuse ces concepts viennent enfin d'apparaître dans la saga alixienne ALIX - ORIGINES (paru la semaine passée).

Oui tout à fait, mais ici c'est par exemple la demeure de Vercingétorix, Arvernes et vivant donc hors Provincia, qui est décrite par exemple en ces termes :

Hédoin, L'Escadron Noir, p. 137 a écrit:A ce moment, une porte s'ouvrit, et la jeune visiteuse, un court instant, aperçut dans une grande salle, tout un groupe de personnes, ...,
Aussi, son hôte, avec un sourire, avant même que de répondre, traversant le vestibule où il était venu à sa rencontre, la conduisit à son cabinet de travail. C'était une grande pièce bien éclairée, donnant sur un jardin qu'égayait la teinte reposante de plantes vertes. les murs en étaient ornés de mosaïques et de trophées de chasse : ... ; le mobilier, sommaire et massif, était fait d'essences du pays, et un épais tapis de fourrure d'ours, couvrait tout le carrelage; moins luxueux qu'un "tablinium" romain, ce bureau était des plus confortable et témoignait du gout très sur du prince. ... Elle savait, pour l'avoir déjà parcourue, que la maison était presque un palais. Elle s'élevait au centre d'une propriété très vaste, et comportait un corps de constructions disposées en quadrilatère, entourant une pelouse; l'étage supérieur en était supporté par des colonnes de briques rouges formant une galerie qui rappelait un péristyle. Seules, les petites maisons des serviteurs, groupées au fond du parc, avaient la forme typique des demeures gauloises, rondes, mais elles étaient faites de pierre et leur toit conique était couvert de tuiles plates à clous, comme le bâtiment principal.

=> on est plus proche d'une villa du 2ème siècle, il ne manque que les termes privés ! Alors est-ce un Versailles digne du grand chef ? C'est le seul bâtiment décrit avec autant de soin, mais on a d'autres détails ailleurs dans le roman.

Il va en tout cas falloir que je passe chez les bédéistes du centre de Bruxelles en rentrant du bureau demain pour mettre la main sur Alix Origines alors...

AJAX

AJAX
grand maître
grand maître
Il est probable que si on avait sous la main la première édition d'AMNORIX Casterman on ne serait pas plus avancés : la date manquerait, tout comme elle manque dans la seconde édition. Mais la troisième indique 1955.
Martin dans ses interviewes réfère à des connaissances scolaires confortées par toutes sortes de lectures, mais lesquelles ?, qui lui permettaient de coller l'instituteur. En matière d'Antiquité il se référait toujours au roman de Flaubert, "Salammbô" (il ne me semble pas avoir cité le film de Marodon) et au film BEN HUR 1925 (avec Fred Niblo).
ALIX L'INTREPIDE a été conçu au jour le jour en s'inspirant de BEN HUR, adopté par Quintus Arrius/Alix par Honorus Galla, puis les gladiateurs (allusion dans le roman), puis enfin la course de chars. Comme c'est encore un peu tôt pour se convertir au christianisme, il adhère à la romanité laquelle offre des représentations spectaculaires plus intéressantes que les (ca)huttes gauloises. Et il se met donc dans les pas de César car c'est toujours plus confortable d'être avec le vainqueur, et ce n'est pas Carcopino qui dira le contraire ! Bref, ça va dans le sens de l'humanisme gréco-latin.
Ca se passe où l'Historical Fiction Research Network Conference (à Manchester) ?

Je lis votre extrait de L'Escadron Noir. N'oubliez pas que les Arvernes tout comme les Eduens étaient alliés des Romains. Vercingétorix semble avoir été officier d'un corps allié (c'est ce qui se déduit d'un passage de Dion Cassius [je crois] où César lui reproche d'avoir trahi leur amitié). Avez-vous songé à contacter le Musée de Gergovie pour savoir si l'on a des traces d'un habitat de ce type ? Quoique ce que nous apprendrait des fouilles récentes n'était pas connu dans les '40.

bryaxis


compagnon
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AJAX a écrit:Il est probable que si on avait sous la main la première édition d'AMNORIX Casterman on ne serait pas plus avancés : la date manquerait, tout comme elle manque dans la seconde édition. Mais la troisième indique 1955.
Martin dans ses interviewes réfère à des connaissances scolaires confortées par toutes sortes de lectures, mais lesquelles ?, qui lui permettaient de coller l'instituteur. En matière d'Antiquité il se référait toujours au roman de Flaubert, "Salammbô" (il ne me semble pas avoir cité le film de Marodon) et au film BEN HUR 1925 (avec Fred Niblo).
ALIX L'INTREPIDE a été conçu au jour le jour en s'inspirant de BEN HUR, adopté par Quintus Arrius/Alix par Honorus Galla, puis les gladiateurs (allusion dans le roman), puis enfin la course de chars. Comme c'est encore un peu tôt pour se convertir au christianisme, il adhère à la romanité laquelle offre des représentations spectaculaires plus intéressantes que les (ca)huttes gauloises. Et il se met donc dans les pas de César car c'est toujours plus confortable d'être avec le vainqueur, et ce n'est pas Carcopino qui dira le contraire ! Bref, ça va dans le sens de l'humanisme gréco-latin.
Ca se passe où l'Historical Fiction Research Network Conference (à Manchester) ?

Je lis votre extrait de L'Escadron Noir. N'oubliez pas que les Arvernes tout comme les Eduens étaient alliés des Romains. Vercingétorix semble avoir été officier d'un corps allié (c'est ce qui se déduit d'un passage de Dion Cassius [je crois] où César lui reproche d'avoir trahi leur amitié). Avez-vous songé à contacter le Musée de Gergovie pour savoir si l'on a des traces d'un habitat de ce type ? Quoique ce que nous apprendrait des fouilles récentes n'était pas connu dans les '40.

Effectivement les livres ne précisent pas le mois, et les archives de la Bibliothèque Royale de Belgique non plus. J'ai vérifié mon Escadron noir 3eme édition (1955) et me suis procuré des photos des frontispices et introductions des 1ere et 2ème édition (je voulais voir s'il y a avait eu des modifications de texte). Même chose pour mon "Amnorix le Carnute" 3eme édition 1956.

Martin avait déjà 26 ou 27 ans lors de la sortie de la trilogie d'Hedoin, donc c'eut du être une lecture plus récente. Mais peut-être n'y a-t-il eu en guise d'influence qu'une citation en passant, oubliée depuis, du style Hergé déclarant qu'une de ses connaissances venait de publier une trilogie sur les aventures d'un jeune gaulois... Autant l'Escadron Noir est un roman pour des jeunes plus matures et avec un message politique assez fort, autant le caractère aventures légères et didactique de Amnorix le Carnute avait-il pu le marquer : le jeune Amnorix est en effet un peu un jeune Tintin gaulois, "reporter" de l'étrangeté des romains pris dans d’excitantes aventures de bandits...

Concernant le christianisme, notons tout de même au passage cet extrait de l'intro de l'Escadron : "s'ils (les Gaulois) furent au contraire vaincus, et si la Gaule perdit sa langue et ses coutumes - car elle adopta celles de Rome- ils surent conserver les belles qualités de leur race; elles ont fait de nous ce que nous sommes, et notre pays, devenu la France, est fier d'avoir toujours été en tête d'une civilisation plus élevée encore que celle des vainqueurs, et plus humaine, parce que chrétienne"...

Bref à moins qu'un autre membre de ce forum n'aie plus d'infos je me contenterais d'évoquer à tout le moins une intéressante coïncidence.

(oui la conférence se tient cette année à Manchester)

stephane

stephane
vieux sage
vieux sage
Un detail cependant :Martin ne connaissait pas Hergé avant la création d’Alix. Il avait traité avec Raymond Leblanc.
La première fois qu’il a rencontré Hergé, c’est lors d’un déjeuner avec toute l’équipe du journal Tintin. Hergé lui avait d’a dit: »ah, c’est vous Martin, vous avez d’enormes progrès à faire! ». Jacques Martin fut très vexé. Heureusement, Paul Cuvelier était là pour le reconforter.

http://alixmag.canalblog.com/

bryaxis


compagnon
compagnon
stephane a écrit:Un detail cependant :Martin ne connaissait pas Hergé avant la création d’Alix. Il avait traité avec Raymond Leblanc.
La première fois qu’il a rencontré Hergé, c’est lors d’un déjeuner avec toute l’équipe du journal Tintin. Hergé lui avait d’a dit: »ah, c’est vous Martin, vous avez d’enormes progrès à faire! ». Jacques Martin fut  très vexé. Heureusement, Paul Cuvelier était là pour le reconforter.
Merci pour l'anecdote. Effectivement dans ce contexte il serait impossible que Hergé ait parlé de l'ouvrage de Hédouin à Martin avant la naissance de Alix. Si Martin en avait connaissance c'eut été par une découverte indépendante de ces romans (pas impossible non plus puisque la première version d'Amnorix le Carnute date dans sa première édition de 1947.

Raymond

Raymond
Admin
En fait, Jacques Martin a toujours été très explicite sur ses influences (Salammbô, Ben Hur, Gilles de Rais) et je ne vois pas pourquoi il aurait passé sous silence les livres de Hedouin s'ils avaient vraiment compté. Personnellement, je ne les connais pas, et le plus plausible est que Jacques Martin n'a jamais lu cet auteur très peu connu. Par ailleurs, le fait qu'il y ait parfois des ressemblances entre les livres de Hedouin et ceux de Jacques Martin ne me bouleverse pas car ce sont quand même des récits qui évoluent dans le même univers, et les deux conteurs utilisent probablement les mêmes modèles. .

Quand on lit "Alix l'intrépide", on est plutôt frappé par la ressemblance indiscutable de ce récit avec l'histoire de Ben Hur (avec entre autres la grande bataille navale, le héros principal qui est adopté par un sénateur romain, la course de char etc …), C'est d'ailleurs une aventure que Jacques Martin a improvisée dans l'urgence puisqu'il a dû rapidement imaginer une suite à la planche d'essai que le journal Tintin avait publiée sans attendre. Par la suite, les aventures d'Alix ont davantage porté "sa marque" et son style, en utilisant des thèmes qui lui sont propres comme par exemple un recours fréquent au fantastique, une attirance pour l'académisme, une prédilection pour la théâtralité et la violence des sentiments, ou encore une tendance au pessimisme. Est-ce que tout cela se trouve dans les livres de Hedouin ?


_________________
Et toujours ... Question relative à la genèse d'Alix Charli10
http://lectraymond.forumactif.com

bryaxis


compagnon
compagnon
Raymond a écrit:En fait, Jacques Martin a toujours été très explicite sur ses influences (Salammbô, Ben Hur, Gilles de Rais) et je ne vois pas pourquoi il aurait passé sous silence les livres de Hedouin s'ils avaient vraiment compté. Personnellement, je ne les connais pas, et le plus plausible est que Jacques Martin n'a jamais lu cet auteur très peu connu. Par ailleurs, le fait qu'il y ait parfois des ressemblances entre les livres de Hedouin et ceux de Jacques Martin ne me bouleverse pas car ce sont quand même des récits qui évoluent dans le même univers, et les deux conteurs utilisent probablement les mêmes modèles. .

Quand on lit "Alix l'intrépide", on est plutôt frappé par la ressemblance indiscutable de ce récit avec l'histoire de Ben Hur (avec entre autres la grande bataille navale, le héros principal qui est adopté par un sénateur romain, la course de char etc …), C'est d'ailleurs une aventure que Jacques Martin a improvisée dans l'urgence puisqu'il a dû rapidement imaginer une suite à la planche d'essai que le journal Tintin avait publiée sans attendre. Par la suite, les aventures d'Alix ont davantage porté "sa marque" et son style, en utilisant des thèmes qui lui sont propres comme par exemple un recours fréquent au fantastique, une attirance pour l'académisme, une prédilection pour la théâtralité et la violence des sentiments, ou encore une tendance au pessimisme. Est-ce que tout cela se trouve dans les livres de Hedouin ?

Hédoin a quand même publié plus de 10 livres tant avant qu'après guerre, la plupart chez Casterman qui était quand même un gros éditeur : je ne dirais donc pas que c'était un auteur très peu connu, même si son souvenir s'est depuis perdu. Le fait également que sa trilogie gauloise ait fait l'objet de plusieurs republications (au moins 3 pour chaque volume) jusque dans les années 60 donne aussi à penser qu'il eut un certain succès.

Parmi les éléments que vous mentionnez théâtralite, violence des sentiments et académisme sont certainement présent, de même que, dans Armorix le Carnute, un élément fantastique avec un éclair qui surgit au moment opportun dans la scène nocturne dramatique sur les pentes du Vésuve. Le pessimisme est en revanche absent, au contraire un optimisme à tout crin est affiché même quand il est question des heures sombres de la guerre des gaules.

Après, la nature foncièrement didactique de la trilogie de Hédoin la sépare clairement d'Alix, et la rapproche plus des plus tardifs Voyages d'Alix.

Maintenant soyons aussi clair : je ne cherche pas à trouver à tout pris une filiation entre ces deux oeuvres, mais je me dois quand même de creuser car les coincidences, si elles existent dans la vie réelle, sont quand même moins fréquentes que l'on veut bien le dire...

Je note d'ailleurs que je ne suis pas le premier à me poser la question : Philippe REMY-WILKIN s'est par exemple également posé la question en 2018, sans toutefois vraiment la creuser (https://lesbellesphrases264473161.wordpress.com/2018/11/11/alix-le-retour-par-philippe-remy-wilkin/ ). Et ici même Ajax avait déjà évoqué Amnorix mais sans postuler de lien entre les deux (http://lectraymond.forumactif.com/t185p50-alix-l-intrepide#68899)

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grand maître
grand maître
Se référer à Flaubert, Ben Hur ou - pour Gilles de Rais - Huysmans : c'est du lourd ! Mais évoquer des sources annexes comme de la littérature pour ados, c'est tout autre chose (*). De mes nombreuses conversations avec Jacques Martin - du temps de LA MARINE ANTIQUE etc. - j'ai pu constater que la précision bibliographique n'était pas sa tasse de thé !
Autant, comme exégète, je suis perso très à cheval sur les sources, autant Martin lui se souciait d'abord d'avoir une anecdote épatante à mettre dans ses albums, ou a dessiner. C'était avant tout un artiste. En fait, il se définissait lui-même comme un raconteur d'histoires. Avec un "s".

____
(*) Il a souvent évoqué ses duels oratoires avec ses instituteurs/professeurs : "Vous Martin, vous aurez 19/20 pour le principe, mais laissez-moi parler." Mais à ma connaissance il ne s'est jamais étendu sur la nature de ses lectures parallèles : vulgarisation ? romans historiques ? littérature enfantine ? magazines ?

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