Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Les légions perdues

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant

Aller en bas  Message [Page 5 sur 6]

101 Re: Les légions perdues le Sam 14 Mar - 9:11

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel

102 Re: Les légions perdues le Sam 20 Fév - 12:50

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel

103 Re: Les légions perdues le Sam 20 Fév - 15:09

Erik A

avatar
martinophile distingué
martinophile distingué
Cette page est une de celles en vente que j'ai vu vendredi à la galerie Huberty Breyne... Magnifique.

http://erikarnoux.blogspot.com

104 Re: Les légions perdues le Sam 9 Avr - 23:18

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel

105 Re: Les légions perdues le Sam 7 Mai - 11:01

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
Cette fameuse planche d'ouverture...


106 Re: Les légions perdues le Mer 31 Aoû - 22:09

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
Dessin original dédicacé (page de garde / Edition originale 1965).


107 Re: Les légions perdues le Mer 31 Aoû - 22:20

stephane

avatar
vieux sage
vieux sage
Superbe ! Peux-tu nous dire, cher Treblig, où tu l'as trouvé ?

http://alixmag.canalblog.com/

108 Re: Les légions perdues le Mer 31 Aoû - 22:51

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
ICI , Stéphane.

109 Re: Les légions perdues le Jeu 1 Sep - 17:48

stephane

avatar
vieux sage
vieux sage
merci!

http://alixmag.canalblog.com/

110 Re: Les légions perdues le Jeu 1 Sep - 18:04

Monocle

avatar
docteur honoris causa
docteur honoris causa
Treblig a écrit:Cette fameuse planche d'ouverture...
En effet, certainement celle qui m'a le plus impressionné dans les aventures d'Alix. on est à l'intérieur de la planche, on peut ressentir physiquement cette ambiance nocturne, le vent, la pluie, l'orage qui efface la lourdeur de la journée, on imagine les citoyens inquiets à l'abri des insulae, l'odeur des pavés humides... Quelle maitrise, il m'arrive souvent d'ouvrir cet album seulement pour en contempler quelques images, quelques séquences. Bref je suis totalement admiratif  ( sunny )

111 Re: Les légions perdues le Sam 10 Mar - 19:31

fleng

avatar
docteur honoris causa
docteur honoris causa
Un article de BDsphère N°9 de 2012 sur les Gaulois, illustré par Alix et les légions perdues :




112 Re: Les légions perdues le Sam 10 Mar - 19:57

Tarmac

avatar
grand maître
grand maître
Mythique ! Fleng Very Happy

113 Re: Les légions perdues le Sam 10 Mar - 22:16

Raymond

avatar
Admin
Je ne connais pas ce journal hebdomadaire ! Existe t-il toujours ? Etait-il distribué en kiosque ?


_________________
Et toujours ...
http://lectraymond.forumactif.com

114 Re: Les légions perdues le Lun 12 Mar - 8:34

fleng

avatar
docteur honoris causa
docteur honoris causa
BDsphère était un magazine numérique hebdomadaire en ligne, disponible sur le site éponyme et sur une application iPad.
Ce magazine né au moment du festival d’Angoulême fin janvier 2012 se voulait être le mariage de l'ère numérique entre la bande dessinée et les "nouvelles tendances".
Il proposait des articles d'actualité sur la BD, des reportages, des enquêtes, des strips de gags, des interviews qui essayait d'être en rapport avec les nouvelles technologies.
Un ou deux albums en publication numérique (par épisodes) étaient également disponibles en lien avec des sujets de ce magazine.

Je possède une cinquantaine de numéros, soit un an d'abonnement jusqu'en janvier 2013. Je ne pense pas que le magazine ait été diffusé beaucoup plus tard.

Un site internet www.BDsphere.fr existe toujours mais les dernières rares informations qui y subsistent autour de la BD y datent de 2016.

115 Re: Les légions perdues le Lun 12 Mar - 9:32

Treblig


Double prix Nobel
Double prix Nobel
fleng a écrit:

Un site internet www.BDsphere.fr existe toujours mais les dernières rares informations qui y subsistent autour de la BD y datent de 2016.

Merci de nous avoir fait connaître ce site. Cool

Il est bien dommage qu'il soit devenu aujourd'hui un lieu totalement étranger au monde de la bande dessinée. down

116 Re: Les légions perdues le Jeu 9 Aoû - 23:39

Jacky-Charles


license ès BD
license ès BD
Je me suis aperçu, en recherchant d'autres analyses, que celle-ci, initialement publiée sur le site "Alix l'intrépide", n'avait jamais été reprise ici. La voici donc.



1


LES LEGIONS PERDUES

Sixième aventure d’Alix


Résumé de l’histoire

De retour à Rome, Alix surprend un complot dirigé par Pompée pour mettre César en difficultés en Gaule : il s’agit de susciter contre lui une révolte de Gaulois et de Germains alliés en se servant d’un puissant symbole : l’épée de Brennus, le chef gaulois qui, jadis, vainquit et rançonna les Romains. Tandis que son ami le général Horatius se porte à la rescousse de son chef à la tête de ses légions, malgré des conditions difficiles, Alix, avec un petit groupe d’amis dévoués, recherche la fameuse épée.


Quand cela se passe-t-il ?

Nous avons assisté, dans un épisode précédent, Le Sphinx d’or, à la reddition de Vercingétorix, en -521. Nous sommes donc au cours de la période de pacification qui suivit et qui dura un peu plus d’un an, au plus tôt au cours de l’automne -51, compte tenu des éléments climatiques ( orage à Rome, tempête dans le centre de la Gaule ), ou au cours de la même période de -50, au plus tard. L’année suivante, en -49, César franchira le Rubicon, et Pompée s’enfuira de Rome.


Où cela se passe-t-il ?

Le voyage d’Alix à la poursuite de l’épée de Brennus se double pendant un moment de celui d’Horatius à la tête de ses légions. Une grande partie de l’histoire se passe donc sur les routes, mais c’est aux étapes, dans les différentes villes traversées que se déroulent les principaux épisodes de l’action.
Le voyage d’Alix commence à Rome. Il se poursuit à Vulsini, à 100 km environ au nord de Rome ( aujourd’hui Bolsena, près du lac du même nom ). Il arrive ensuite à Taurinorum ( Turin ), où il rencontre Horatius et repart avec lui. Ils franchissent ensemble les Alpes au col de Salassi ( Val d’Aoste ; Aoste, la future Augusta Praetoria, est déjà un nœud routier important vers la Gaule et la Germanie ), puis se séparent à Darantasia ( Moûtiers, en Savoie ). Alix va alors vers le nord, Horatius vers l’ouest.
Après avoir traversé la Savoie, territoire des Allobroges, les légions d’Horatius franchissent le Rhône - on ne sait pas où, ni comment - et, au prix d’une marche épuisante, dans des conditions climatiques épouvantables, qui justifie le titre de l’album, arrivent, peut-être par la vallée de la Loire, au centre de la Gaule, où elles rejoignent les troupes de César. Nous apprenons à la fin de l’histoire que les survivants se reposent à Avaricum ( Bourges ).
Quant à Alix, après avoir franchi les montagnes, il parvient au bord d’un grand lac ; dans cette direction, et d’après le chemin parcouru, le Léman, à son extrémité orientale, est un candidat vraisemblable. Après avoir quitté la forteresse de Burgerok, qui se trouve près du lac, il retourne à travers les montagnes à Darantasia où s’achève l’histoire.


Le contexte

C’est une nouvelle fois la lutte d’influence politique entre Pompée et César qui sert de toile de fond à cette histoire ; Crassus disparu, ils sont maintenant face à face ; ils n’ont plus de lien familial, car Julia, fille de César et femme de Pompée, vient de mourir. Tandis que le Sénat avait prorogé les pouvoirs de Pompée jusqu’en -45, ceux de César en Gaule expiraient le 1er mars -50, mais les sénateurs ne se décidaient pas à lui donner un successeur. César, en Gaule, était chez lui, malgré les troubles résiduels, et voyait à Rome le pouvoir à prendre. Pompée, qui avait toujours été le fidèle gardien de la République ( contre Sertorius en Espagne, Mithridate en Asie mineure, les pirates en Méditerranée ), se faisait fort de ramener son ancien associé à la raison : le parti de la résistance ( contre César ) l’emportant, il reçut l’ordre de « veiller à prendre soin qu’aucun tort ne soit fait à l’État. » Autrement dit, il pouvait prétendre à la dictature, mais il n’en fera rien.  
On sait qu’il échouera, faute de prendre les bonnes décisions au bon moment, et qu’il y perdit la vie : « Ce qui perdit surtout Pompée fut la honte qu’il eut de penser qu’en élevant César comme il l’avait fait, il eût manqué de prévoyance ; il s’accoutuma le plus tard qu’il put à cette idée ; il ne se mettait point en défense pour ne point convenir qu’il se fut mis en danger ; il soutenait au Sénat que César n’oserait faire la guerre, et parce qu’il l’avait dit tant de fois, il le redisait toujours. » ( Montesquieu )
Mais nous n’en sommes pas encore là : pour l’instant, tous les coups sont permis pour garder le pouvoir ou s’en emparer.


Comment est racontée l’histoire

Nouvelle aventure d’Alix après six années d’interruption, l’attente lui a réussi.
Cette histoire fait partie de celles qui ont fondé la légende d’Alix par l’ampleur de son sujet et par son traitement graphique et dramatique. Ici, l’enjeu est de taille : ni plus ni moins que le sort de Rome et de la Gaule. D’où une inspiration épique à la hauteur des circonstances et qui se traduit par les deux voyages menés parallèlement.
De même, le dessin atteint une finesse et une précision qui seront rarement égalées. Ce sera toujours par référence aux dessins de cette époque que l’on jugera par la suite les aventures d’Alix. Le traitement de la couleur est surprenant : peu de teintes vives, comme dans les épisodes précédents et  les suivants, mais des tons atténués dans la représentation des scènes d’orage ou de tempête, d’intérieurs ( la forteresse ) ou de voyage ; seules, parfois, les montagnes reçoivent les rayons du soleil. Cela renforce l’impression de pesanteur qui tombe sur les héros, soudain bien petits dans un monde vaste et hostile, et contribue à la dramatisation jusqu’à la scène du combat final où les couleurs se réveillent quand la solution approche.
Détail à souligner : cette histoire est la dernière où ces messieurs restent entre eux ; à partir de l’épisode suivant, il y aura toujours au moins un rôle féminin plus ou moins important. Cela n’est pas anodin : en extériorisant ses sentiments, Alix passe du statut de personnage de BD à celui de personnage littéraire.


L’épée légendaire de Brennus…

C’est le symbole2 fort dans cette histoire.
Après sa victoire sur les Romains, Brennus l’aurait ramenée en Gaule où elle aurait permis à Vercingétorix de galvaniser se troupes. Après la reddition de ce dernier, elle serait tombée entre les mains de César qui l’aurait rapportée à Rome, d’où Pompée l’aurait fait repartir en Gaule, pour nuire à César, grâce aux conspirateurs à son service.
Ce symbole aurait certainement parlé davantage à un Celte qu’à un Germain, mais un Celte aurait peut-être hésité à s’en servir, par superstition, en raison du fâcheux précédent de Vercingétorix.
Au-delà de ce qu’elle représente, il faut reconnaître qu’elle a une superbe allure, et qu’elle ferait une splendide pièce de collection. Avis aux archéologues, amateurs ou non : elle est enterrée près de Moûtiers, en Tarantaise. Alors, si vous passez par là…


… et sa véritable histoire

Pourtant, les choses ne s’étaient pas passées comme Alix les raconte à Agérix. D’abord, les faits ne datent pas d’un demi-siècle plus tôt, comme il le dit, mais des années -387/-386, et ce Brennus-là, à ne pas confondre avec celui qui attaqua Delphes un siècle plus tard, n’était pas venu à Rome par hasard.
En ce temps-là, régnait sur la région de Syracuse, en Sicile, le tyran Denys l’Ancien. S’estimant à l’étroit dans son tiers d’île, le reste appartenant aux Carthaginois qu’il ne parvenait pas à déloger, il décida de conquérir le sud de l’Italie, où il se heurta aux Romains qui avaient eu la même idée. Pour les contenir, il engagea des mercenaires Gaulois qu’il installa dans la région qu’on appellera plus tard la Gaule Cisalpine, au nord de l’Italie, autour du port d’Adria, qui donnera son nom à la mer Adriatique. Puis les Gaulois attaquèrent Rome, la pillèrent et la brûlèrent, permettant à Denys de faire leur affaire aux Italiotes du sud.
Réponse du berger romain à la bergère gauloise, les Romains conclurent une alliance avec les voisins des Gaulois en Italie du nord, les Vénètes3, qui attaquèrent Adria. Les Gaulois quittèrent Rome pour se porter au secours des leurs, une partie d’entre eux allant néanmoins aider Denys dans le sud.
Plus tard, les historiens romains réécrivirent à leur avantage cet épisode qui n’avait été jusque là raconté que par les Grecs, en faisant intervenir leurs propres héros qui affrontèrent courageusement et victorieusement les Gaulois : Furius Camillus, Manlius Torquatus et Valerius Corvinus, ces deux derniers ainsi nommés parce qu’ils s’emparèrent de symboles gaulois, le torque et le corbeau.



La forteresse de Burgerok

Cette forteresse construite essentiellement en pierres est bien différente des camps romains, construits en grande partie en bois, comme celui d’Avaricum qu’on aperçoit. On ne sait pas si les Germains ou les Celtes construisaient de tels édifices à cette époque. Mais à quoi sert-elle, à part de lieu de rendez-vous pour les conspirateurs ? Si elle a un but militaire, il paraît plutôt purement défensif, car les populations rencontrées dans cette région ne paraissent pas très belliqueuses. Toutefois, sa localisation exacte n’étant pas précisée, elle peut se trouver au carrefour des régions de plusieurs tribus : Helvètes, Allobroges ou Celtes de la Cisalpine. Sa fonction serait plutôt de garder une route commerciale, peut-être celle allant vers la Germanie dont j’ai déjà parlé. A la saison où se déroule l’histoire, les caravanes de marchands se font rares.
Elle est présentée comme appartenant aux Germains, mais les populations de la région sont des Celtes. Pour trouver des Germains, il faudrait que nos voyageurs s’enfoncent encore davantage vers le nord, en Germanie, au-delà du Rhin, ce qui ne correspond pas au paysage.





Celtes, Gaulois, Germains

L’un des ressorts de cette histoire est l’alliance projetée, pour défier César, entre les Gaulois, c’est-à-dire les Celtes, et les Germains, avec Kildérik pour chef nominal, tandis que Pompée se contente de tirer les ficelles en coulisses, par l’intermédiaire de ses sbires. Cette alliance est-elle vraisemblable ?
Elle n’aurait pas été la première, soutien des Romains mis à part. Deux fois déjà, des tribus germaines et celtes avaient envahi la Gaule ( au sens césarien du terme ) ; une première fois, deux tribus germaniques originaires de l’actuel Danemark, les Cimbres et les Teutons, avaient traversé la Gaule avant de se faire battre en Provence par le général romain Marius ( -113/-110 )4 ; une seconde fois, les Suèves5 du roi Arioviste, venus de l’ouest de l’actuelle Bavière, se heurtèrent en -58 à César qui les battit également ; cette seconde invasion, par les déplacements de tribus celtes qu’elle provoqua, en particulier celle des Helvètes, est à l’origine de l’intervention de César en Gaule et de la conquête qui s’ensuivit.
Dans les deux cas, des Celtes ( et d’autres peuples ) combattirent aux côtés de Germains, mais quand les Celtes des Gaules furent à leur tour vaincus et annexés par César, les Germains les remplacèrent dans l’imaginaire latin pour exprimer la « peur du barbare ». Une peur justifiée, s’il faut croire César, qui magnifie les exploits guerriers des légionnaires face à ces combattants particulièrement redoutables et impressionnants, surgis de leurs profondes forêts inconnues des Romains.  
Certes, il n’y a pas dû y avoir beaucoup de Romains pour explorer la Gaule et la Germanie avant cette époque. Mais depuis plusieurs siècles, des liaisons commerciales prospères existaient entre la Méditerranée et les territoires du nord, jusqu’aux rives de la Baltique et à la ( Grande- ) Bretagne. Des minerais, de l’ambre jaune et des esclaves prenaient la direction du sud, tandis que des objets manufacturés et des vins partaient, en échange, vers le nord. Les marchandises empruntaient soit la voie maritime, en contournant l’Espagne, soit l’axe Rhin-Rhône. Au début, les marchands étaient surtout Phéniciens, grecs ou étrusques, mais les Romains ne tardèrent pas à profiter du filon, à tel point qu’on a pu dire qu’avant même la conquête - qui fut aussi une excellente affaire commerciale - il n’y avait pas une transaction, en Gaule, dans laquelle un négociant romain n’eût sa part.
Il y avait eu aussi les nombreuses invasions dues aux Celtes, vers la Méditerranée, en Italie en -387 ( avec la prise de Rome par Brennus ), en Thrace, en Macédoine, en Grèce ( Delphes en -279 ),  en Asie mineure ( Galatie ), et le mercenariat celtique dans les armées hellénistiques.
Ces deux mondes ne s’ignoraient donc pas,  et des tribus celtes s’étaient déjà inspirées de Rome pour certaines de leurs institutions, tandis que des traités avaient été conclus entre Rome et ces tribus, telle que celle des Éduens6 ( la tribu d’Alix ) que les Romains considéraient comme des « frères ».
La division de l’Europe occidentale entre Gaule et Germanie, en suivant le Rhin, est due à César qui, après la conquête des Gaules, n’avait pas de moyens suffisants en hommes pour continuer en Germanie : pour cela, il faudra attendre le règne d’Auguste. Il y avait autant de tribus celtes, environ 80, à l’ouest du Rhin qu’à l’est ; c’est dire l’arbitraire de cette frontière qui ne correspondait à rien pour elles.
Celtes et Germains sont deux peuples différents, mais c’est encore à César que Germains et Germanie doivent d’être nommés ainsi, car il pensait qu’ils étaient issus du même « germe » que les Celtes, autrement dit des cousins… germains.
L’alliance dont il est question ici n’a donc rien d’impossible ; quant à la complicité de Pompée dans l‘affaire, j’en laisse la responsabilité à l’auteur7.





Dans l’arène

Une longue séquence de six pages, presque une histoire dans l’histoire, nous présente un combat de gladiateurs. Pour Alix, ce n’est ni la première ni la dernière fois qu’il se retrouve dans l’arène. On voit que les trois protagonistes ont des niveaux différents : Alix est un amateur qui a eu un bon entraînement ( j’y reviendrai ), Agérix a été jeté dans l’arène ad gladium   ( sans préparation ), tandis que l’homme qu’ils affrontent successivement est manifestement un professionnel. C’est l’occasion de faire une approche rapide du munus.    
Les munera sont originaires de Campanie et de Lucanie, puis adoptés par les Étrusques et les Romains. Les premiers jeux dont on ait gardé la trace se déroulèrent en -264, aux obsèques de Junius Brutus. Deux traditions se mêlent dans ces jeux funèbres : offrir des sacrifices humains pour apaiser l’esprit du défunt et faire se tenir des joutes à sa mémoire. Avec les guerres de conquêtes, l’honneur rendu au courage des vaincus, qui exalte encore plus celui des vainqueurs, contribue au succès de ce spectacle où l’on mettait en scène les batailles récentes. Mais c’est la politique qui marqua l’énorme popularité des munera : les jeux gratuits de l’arène devinrent vite une excellente plateforme de lancement pour ceux qui voulaient faire une carrière politique et la magnificence des combats augmenta tout comme le nombre des duels et des victimes. Au cours de son ascension au pouvoir, César se gagna la faveur de la plèbe en conduisant dans l’arène des milliers de duellistes et de bêtes sauvages.
Les gladiateurs étaient d’abord des prisonniers de guerre, des esclaves punis ou des condamnés ; pour ces derniers, puisque la grâce était possible à l’issue de combat, c’était mieux que la croix. Dans certains cas, ils bénéficiaient d’une période d’entraînement ( ad ludum ), mais d’autres étaient jetés dans l’arène sans préparation.
Mais il y avait aussi des volontaires ( auctorati ), car le métier apportait des gains rapides et la célébrité. Tous les gladiateurs ne mouraient donc pas dans l’arène, sinon le métier n’eût pas été si recherché, et la formation d‘un gladiateur coûtait cher. Les professionnels étaient entraînés dans des écoles spécialisées ( ludus ), et pouvaient exercer longtemps s’ils étaient habiles et courageux. Les deux duellistes pouvaient donc repartir vivants ( stantes missi ), et même vaincu, celui qui se battait avec honneur pouvait recevoir la grâce ( missio ). Lorsque les règles le prévoient, le combat aboutit à la mort du vaincu ( sine missione ), ou lorsque le public l’exige : il n’y avait pas de pitié pour les lâches, ceux qui s’enfuient ou supplient, qui étaient exécutés immédiatement sur place, de même que ceux jugés trop blessés pour être récupérables et qui étaient liquidés hors de la vue du public, d’un coup de maillet sur la tempe. Des arbitres (summa rudis ) veillaient à ce que tout se passe régulièrement, sans tricherie. Dans tous les cas, la décision finale de vie ou de mort revient à l’organisateur du munus : le geste du pouce tendu vers le sol ( verso pollice ) commande l’exécution du vaincu par son adversaire8.
Ces combats, avec leur technique et leurs armes particulières, n’avaient plus rien à voir avec les combats guerriers. Le public appréciait aussi les combats contre les bêtes féroces et les naumachies ( combats navals reconstitués ) ; ce fut au cours de la naumachie donnée par l’empereur Claude en 52 que fut prononcé le fameux salut : « Ave, Imperator, morituri te salutant ! », la seule fois où le fait est avéré.
Il est arrivé que des sénateurs ou des chevaliers descendent dans l’arène, mais pour des combats avec des armes inoffensives, juste pour le spectacle9. Des jeunes gens pouvaient aussi, par curiosité, ou pour l’émotion, recevoir un entraînement : c’est peut-être le cas d’Alix, mais sans aller jusqu’au combat réel, car descendre dans l’arène, pour un citoyen, sans être un professionnel, est la déchéance absolue ; je n’ai trouvé aucune indication qu’un citoyen pouvait remplacer dans l’arène un esclave vendu comme combattant.    
Dans d’autres albums, on voit aussi Alix conduire un char, ce qui était également interdit aux citoyens pour la même raison : les auriges étaient considérés comme des gladiateurs spécialisés, et ce métier, difficile et dangereux, s’apprenait dès l’enfance. Or, il conduit avec succès : il y a donc encore beaucoup à apprendre sur le passé et la formation de notre héros.


Les personnages

Alix :  par comparaison avec les épisodes précédents, Alix n’a pas à s’occuper d’une affaire d’ordre privé, mais n’est pas non plus en mission officielle. Devant le danger et l’urgence de la situation qu’il rencontre, il s’invente lui-même sa mission et décide de l’accomplir sans rien demander à personne ! On mesure là son dévouement à la cause romaine, et plus précisément à la cause de César, perceptible dès qu’il raconte à Agérix l’histoire de l’épée de Brennus, où il prend clairement le parti des Romains assiégés contre ses ancêtres Celtes. Pourtant, il ne néglige pas pour autant ceux-ci : c’est aussi pour leur épargner, autant qu’aux Romains, une nouvelle guerre, qu’il se lance sur la route avec un désintéressement absolu et au mépris de tous les risques. Alors que rien ne l’obligeait à intervenir, il n’écoute que sa conscience et s’attache à rendre à Rome quelques uns des bienfaits qu’elle lui a prodigués : c’est là qu’il mérite vraiment son qualificatif de héros.  


Enak : comme d’habitude, il suit Alix sans poser de questions. Pas toujours adroit, cela lui vaut une rencontre brutale avec Galva, compensée par l’aide que celui-ci apportera à l’expédition, et aussi une chute spectaculaire dans la neige ( ce devait être la première fois qu’il en voyait ! ) qui aurait pu plus mal se terminer. Mais tout au long de l’histoire, il se conduit bravement, surtout au cours du combat final dans le village en ruines. Son rôle est donc plutôt positif.


Avec, par ordre d’entrée en scène :

Agérix : en voilà un qui est aussi altruiste qu’Alix, sinon plus, car il ne bénéficie même pas des avantages que Rome a accordé à celui-ci. Bien qu’esclave, ce Gaulois se soucie encore de son peuple et veut lui éviter les horreurs d’une nouvelle guerre. Lui aussi se dépense sans compter tout au long de l’expédition, mais son dévouement ne lui rapportera rien, sinon des épreuves, qui commencent avec une condamnation aux arènes et s’achèvent par la mort dans le combat final. C’est le grand perdant de cette histoire.

Garofula : ce riche Romain, partisan de Pompée, envers qui il semble sincère, est le conspirateur type, audacieux, sûr de lui, et vraiment pas étouffé par les scrupules. Signe que c’est un homme de confiance, sa mission est de conduire l’épée à bon port et de recueillir le serment des autres conjurés, sans être trop regardant sur les moyens, et il ne s’en prive pas, la fausse information étant sa spécialité. Mais c’est un homme de sang-froid, pas un fanatique, qui tente de calmer le jeu de son mieux quand l’hostilité monte entre Gaulois et Germains. S’il perd finalement la partie, après y avoir mis beaucoup du sien, c’est qu’il est tombé sur plus audacieux que lui.


Porius : cet aventurier est l’un des personnages les plus intéressant de ce récit. D’abord au service de Pompée, et placé auprès d’Alix pour le trahir, il se met, à ses risques et périls, au service de celui-ci dont le courage l’a conquis. Peut-être a-t-il compris, lui aussi, que le complot n’était pas viable, et qu’il valait mieux rechercher une allégeance plus sûre : il n’est donc pas certain qu’il soit totalement désintéressé. Fort et avisé, il tire nos héros de plusieurs mauvais pas, mais le combat final lui sera fatal. Comme Agérix, il se sera sacrifié pour la cause au service de laquelle il s’est mis, lorsqu’il a cessé d’être un simple homme de main.
Macarus : c'est le factotum et le souffre-douleur de Porius, et, d'après ce dernier, tout sauf un foudre de guerre. Intermédiaire indispensable aves les conjurés, on le voit prendre pour... argent comptant, au sens litttéral du terme, les pièces marquées devant servir de signe de reconnaissance ! Ce geste le caractérise : intéressé, opportuniste, peu courageux, il présente vraiment toutes les qualités pour se faire mépriser. On ignore son sort à la fin de l'histoire.        


Galva : « A lui tout seul, il vaut une légion », dit Horatius, mais décidément, peut-on croire Horatius ? Parfois avisé, lorsqu’il permet la confrontation entre Alix, Porius et Horatius, courageux lorsqu’il faut combattre, il se montre aussi balourd, quand il provoque ses poursuivants dans le village en ruine sous prétexte de tactique. Du cœur, mais pas beaucoup de tête. Cela ne l’empêchera pas de monter en grade dans Les Barbares, où nous apprenons son nom complet : Lavius Cornélius Galva ; s’il est apparenté à l’ancien dictateur Lucius Cornélius Sylla, cela pourrait expliquer en partie la considération dont il bénéficie pour se concilier une famille restée influente.


Horatius : comme dit César : « un honnête soldat, mais pas un stratège ». Tout son portrait est là : dévoué à sa cause et à l’armée, mais peu susceptible de prendre les bonnes décisions quand elles s’imposent. Par son erreur de jugement - on n’envoie pas une troupe aussi nombreuse faire un long déplacement au seuil de l’hiver - il provoque la perte de ses légions et affaiblit l’armée et son parti, alors qu’il voulait les renforcer. Chose étonnante, personne ne parvient vraiment à lui en vouloir, ou alors, comme il le dira lui-même, il a de solides appuis : on le retrouvera nanti d’un nouveau commandement à l’épisode suivant.


Kildérik : « Vieille outre gorgée d’hydromel » selon Vanick. Bonne définition : le futur « empereur gallo-germain » n’est qu’une brute primaire qui a dû sauter sur l’occasion. Les précédents ne plaident pourtant pas en sa faveur (voir : « Celtes, Gaulois, Germains » ).  Si c’est tout ce que Pompée a trouvé pour s’opposer à César, les jeux étaient faits dès le départ, et Alix n‘aurait fait qu‘avancer un peu l‘échéance. Il s’en faudra encore de quelques décennies pour que les Germains inquiètent vraiment les Romains ; en attendant, ils se contentent d’être leurs mercenaires, surtout comme cavaliers. On peut se demander à quelle tribu germanique il appartient : peut-être un Suève, ceux-ci ayant une revanche à prendre sur César.


Vanick : on n’avait pas revu le cousin d’Alix depuis le début du Sphinx d’or où il se trouvait plutôt en tant que victime. Il a monté en grade, devenu chef de tribu ( à la place d’Alix ? ) et représentant des Gaulois dans la conspiration, mais pour la faire échouer, car il a vite compris qu’il n’y avait rien à espérer de cette conjuration autour d’une épée, en comparaison des avantages de l’alliance romaine qui va permettre à la Gaule de retrouver sa prospérité un instant écornée par sa révolte. C’est un sage qu’on retrouvera plus tard gouverneur de province et aussi romanisé qu’Alix, signe qu’il avait fait le bon choix.


Les personnages historiques, Pompée et César : on ne fait qu’entrevoir le premier, même si on comprend qu’il se trouve derrière toute l’opération, et il laisse ses subordonnés, Garofula en tête, prendre les risques. Quant à César, il n’intervient que pour prendre acte de la tragique erreur d’Horatius et venir au secours d’Alix en très mauvaise posture ; néanmoins, il juge rapidement et exactement la situation, et prend les décisions qu’il faut, c’est ce qu’on attendait d’un stratège de son envergure. Pour ses rapports avec Pompée, voir : « Le contexte ».


… et le loup : c’est la première fois qu’un animal joue un tel rôle dans une aventure d’Alix ; on le retrouvera dans Vercingétorix. Ce quadrupède sauvage apparaît bien civilisé, astucieux et reconnaissant, rien à voir avec le grand méchant loup des contes… et de la réalité. Dans la nature, le loup fuit l’homme lorsqu’il est rassasié, ou reste indifférent, mais n’hésite pas, s’il est affamé, à l’attaquer, surtout s’il s’agit de personnes faibles ou isolées, telles que des enfants ; en revanche, il craint les chasseurs ou les bûcherons armés, qui le poursuivent ou s’opposent à lui. Animal grégaire, il vit en famille : un couple de reproducteurs, ses louveteaux de l’année et les jeunes de l’année précédente constituent la meute. Plusieurs meutes peuvent se réunir pour chasser des proies qui en valent la peine. Ici, notre loup, chef de meute, se met avec celle-ci au service d’Alix qui l’a tiré d’affaire.
Cet animal fait preuve d'une extraordinaire ingéniosité pour se sortir d'un piège. Pourtant, cela n'a rien de fictif. Je cite Jacques Martin ( “Avec Alix” ) : “Au XIX° siècle, en Amérique, un coyote pénétrait régulièrement dans une ferme pour y tuer un ou deux moutons. Le fermier eut beau multiplier les pièges, le coyote les déjouait toujours... Un jour, l'animal tomba dans un puits ; il resta silencieux et se mit au travail. Quand le fermier le découvrit... le coyote avait creusé une galerie en spirale à l'intérieur du puits et il était sur le point d'en sortir. Emu par l'intelligence et le courage de son adversaire, le fermier laissa sortir l'animal qui lui lécha la main avant de s'en aller. Plus tard, le coyote revint régulièrement saluer le fermier, il lui montra toute sa famille et lui apporta des proies pour lui témoigner sa reconnaissance. Quand il mourut, ses petits vinrent déposer un morceau de son pelage devant la ferme et disparurent à jamais.”
Dans cet échange de services entre Alix et le loup, je vois une transposition des rapports entre Alix et Rome dont l’emblème est une louve.




Conclusion

Une grande histoire, donc, peut-être la plus grande de la série par les enjeux exprimés et la symbolique, et traitée d’une manière sans faille, et, en tout cas, un formidable moment de lecture.


Sources : la base documentaire est constituée par le « Dictionnaire de l’Antiquité » de Jean Leclant ( PUF ) et l’ « Histoire du Monde » de Jean Duché ( Flammarion ), complétés par des articles des revues suivantes : L’Histoire, Historia, Science et Vie, Le Courrier de l’Unesco, des ouvrages ( dont l‘ « Histoire de la Gaule, de D. et Y. Roman, Fayard, et « Nos ancêtres les Gaulois » de Jean-Louis Brunaux, au Seuil ), encyclopédies et dictionnaires divers, ainsi que d’Internet.


-oOo-

117 Re: Les légions perdues le Ven 10 Aoû - 9:03

Raymond

avatar
Admin
Merci de nous remettre ces textes dans le forum ! pouce


_________________
Et toujours ...
http://lectraymond.forumactif.com

118 Re: Les légions perdues le Ven 10 Aoû - 11:27

khephren

avatar
lecteur émérite
lecteur émérite
Merci pour cette session de rattrapage Very Happy Very Happy

119 Re: Les légions perdues le Sam 11 Aoû - 8:43

AJAX

avatar
docteur honoris causa
docteur honoris causa
Merci Jacky-Charles. Je vais l'imprimer et la mettre avec les autres, que je lirai quand j'aurai l'occasion. Pour l'instant, je suis overbooké par un travail sur Julien l'Apostat, puis le Festival du film Péplum d'Arles, et quelques prestations de reconstit' Very Happy Very Happy
Ce mois d'août est chaud !

Je vois néanmoins que certains mots sont suivis de chiffres (1, 2, 3...) qui me semblent être des notes de bas de page... lesquelles ne se retrouvent pas ici. Peux-tu vérifier et éventuellement les retrouver ?

Sur les gladiateurs, nos connaissances ont beaucoup évolué depuis LES LEGIONS PERDUES de Jacques Martin. Ceci grâce à l'archéologie expérimentale : Dario Battaglia en Italie, son élève Brice Lopez en France (ancien prof. de Jiu-jitsu à la Police française, complètement fondu d'arts martiaux - je le reverrai à Arles, dans quelques jours) ou Eric Teyssier, prof d'histoire romaine à l'univ. de Nîmes et organisateur des Grands Jeux romains dans cette même ville. C'est ce dernier qui a rédigé le "Voyage d'Alix" LES GLADIATEURS (Marco Venanzi), paru conjointement avec LE SERMENT DU GLADIATEUR de Marc Jailloux.
Ils ont l'un et l'autre (et parfois ensemble) écrit des bouquins sur la gladiature. Mais pendant longtemps notre seule source quelque peu fiable fut le bouquin de Georges Ville (qui date des années '80 si ma mémoire est bonne). Martin, donc, était tributaire des connaissances de son temps (LES LEGIONS PERDUES sont de 1965) et d'une totale méconnaissance des armaturae, très codifiées. Il y a une douzaine d'années encore je ne faisais pas beaucoup mieux sur mon site "Peplum" en reproduisant des approximations pêchées, e.a. dans LA REVOLTE DES GLADIATEURS de Marcel Brion (où Michel Duino avait lui aussi largement puisé pour son SPARTACUS LE FLEAU DE ROME, paru chez Marabout Junior au moment de la sortie du film avec Kirk Douglas). A l'en croire, le mirmillon combattait avec une lance : il confondait avec l'hoplomaque ! Je rougis à l'idée que j'ai publié cela sur mon site. Faudrait que je corrige ça... un jour !

120 Re: Les légions perdues le Sam 11 Aoû - 9:50

2J

avatar
grand maître
grand maître
Invité a écrit:Pour ceux qui ont la chance d'avoir la version format planches éditée par Golden Creek Studios il y a un an ou deux, le dessin brut en noir et blanc est tout bonnement époustouflant! Very Happy

Il n'a pas été affiché ici ...
Quel beau dessin ; le verso de l'album Golden Creek :



Tirage de luxe au format des planches originales limité à 320 exemplaires numérotés de 1 à 320 et 50 exemplaires hors commerce, tous signés par Jacques Martin. Chaque exemplaire contient deux bleus de coloriage avec leur film sérigraphié.

121 Re: Les légions perdues le Sam 11 Aoû - 9:56

Raymond

avatar
Admin
Ces albums Golden Creek sont effectivement de beaux objets, mais il sont un peu hors de prix. Rolling Eyes


_________________
Et toujours ...
http://lectraymond.forumactif.com

122 Re: Les légions perdues le Sam 11 Aoû - 22:49

Jacky-Charles


license ès BD
license ès BD
En effet, le notes en bas de page ont disparu dans la transmission tout comme les caractères gras et italiques. J'ai essayé de corriger ce défaut, mais je n'y suis pas arrivé. Voici donc ces notes, qui n'ont pas une très grande importance, que j'ai reprises dans le texte original. Il doit y avoir des notes semblables dans d'autres analyses, mais je les ai vite abandonnées dès que j'ai constaté cet inconvénient.

1- ( reddition de Vercingétorix ) Le 27 septembre -52.

2- ( symbole de l'épée de Brennus ) Les armes de Brennus ont une seconde vie symbolique étonnante : tous les joueurs de rugby connaissent son bouclier !

3- ( Vénètes ) De Vénétie, futurs Vénitiens, à ne pas confondre avec les Vénètes d'Armorique, futurs Vannetais.

4- ( Marius vainc les Cimbres et les Teutons en Provence ) Il nous reste comme souvenir de cette bataille : la montagne Sainte-Victoire, ultérieurement christianisée comme bien d'autres lieux, et le nom de Marius que les Provençaux adoptèrent fréquemment en souvenir du vainqueur jusqu'à notre époque.

5- ( Suèves ) Ils donnèrent leur nom à la Souabe.  

6- ( Eduens ) Ils occupaient l'actuelle région de Bourgogne.

7 - Certains historiens auraient même imaginé une complicité entre César et Vercingétorix.

8- Certains contestent cette interprétation et pensent au contraire que le geste du pouce tendu vers le haut signifiait : "Egorge-le !"  

9- Il y eut également quelques gladiatrices.

123 Re: Les légions perdues le Sam 11 Aoû - 23:19

khephren

avatar
lecteur émérite
lecteur émérite
Merci pour ces compléments que je viens d'intégrer dans mon exemplaire Smile

124 Re: Les légions perdues le Lun 13 Aoû - 9:32

AJAX

avatar
docteur honoris causa
docteur honoris causa
Magnifique analyse de Jacky-Charles à laquelle on ne peut que souscrire. Sur le plan graphique, LES LEGIONS PERDUES, après un silence de six ans, inaugure l’âge d’or alixien. J’ai apprécié les efforts de mon distingué confrère pour situer sur la carte les lieux de la BD.

Sur le plan historique, Alix – notre archéologue spatio-temporel ! – nous propose une superbe uchronie. Je m’en suis expliqué un peu plus haut :
http://lectraymond.forumactif.com/t152p75-les-legions-perdues#59754
http://lectraymond.forumactif.com/t152p75-les-legions-perdues#59773
http://lectraymond.forumactif.com/t152p75-les-legions-perdues#59821

Il est clair pour moi que Jacques Martin s’est plus ou moins délibérément inspiré de la révolte du batave Civilis – qui rassembla des Germains mais aussi des Celtes – et qu’il a télescopé avec Vercingétorix. Le résultat de cette hybridation était Kildérik (beau nom mérovingien, soit dit en passant).
Par ailleurs la mésaventure d’Horatius et de ses « légions perdues » dans les neiges alpines semble découpé dans l’épisode (hiver 53-52) où Jules César en personne conduit ses renforts à travers les Cévennes.

125 Re: Les légions perdues le Lun 13 Aoû - 9:50

Tarmac

avatar
grand maître
grand maître
AJAX a écrit:
Par ailleurs la mésaventure d’Horatius et de ses « légions perdues » dans les neiges alpines semble découpé dans l’épisode (hiver 53-52) où Jules César en personne conduit ses renforts à travers les Cévennes.
En l'état, c'est d'ailleurs l'explication la plus plausible concernant la chronologie des événements. Jules César a défié les lois de la guerre du moment qui voulaient que l'on se batte à la belle saison selon le ius belli en vigueur. L'audace (faire la guerre en hiver), La vitesse d'exécution, la rapidité du mouvement ont alors surpris tous les observateurs de l'époque.

Contenu sponsorisé


Revenir en haut  Message [Page 5 sur 6]

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum