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Alix Senator 6 : La Montagne des Morts

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Monocle

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docteur honoris causa
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AJAX a écrit:
___
(*) Il y a une romancière italienne dont le nom m'échappe pour l'instant, qui dans ses polars-péplums aimait aussi parler cuisine. Mais ses romans me tombaient des mains. Je préfère Saylor et Doherty. Comastri c'est bien ausi.

Est-ce que c'est Margaret Doody, l'auteure de la série "Aristote détective"?

AJAX

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docteur honoris causa
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Il y a une dizaine d'années j'avais établi une biblio des polars-péplums : http://www.peplums.info/pep54l.htm

Mais ça fait pas mal de temps que - sauf les Steven Saylor et Bertrand Lançon - je n'ai plus eu l'occasion d'en lire, notamment ceux de Lindsay Davis ( http://www.peplums.info/pep39y.htm#lda ) qui attendent patiemment dans un carton. De mémoire, il me semble que c'est à elle que je faisais allusion car je suis loin d'avoir - de cette auteure - épuisé les richesses en ma possession.

Je crois bien que Danila Comastri Montanari ( http://www.peplums.info/pep39y.htm#dmo ) était très agréable, de même que ceux de Margaret Doody que tu cites (mais qui se déroulent en Grèce comme le rappelle le nom d'Aristote).

Monocle

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docteur honoris causa
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J'aimais assez les aventures de Publius aurelius Statius, mais 10-18 en a arrêté la publication il y a déjà quelques temps et j'ignore si un autre éditeur les a repris.
Dans le genre, il y avait aussi anne de Leseleuc qui écrivait les aventures de Marcus Aper, un avocat gaulois il me semble. Je n'ai lu que 2 ou 3 de ses romans et j'ignore si elle a continué. Je crois qu'elle était archéologue ou spécialisée dans l'histoire antique.
Bon, on s"égare un peu du sujet principal Smile

AJAX

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docteur honoris causa
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Anne de Leseleuc était aussi, sous un autre nom, une ancienne présentatrice de la TV française. J'ai lu tous ses Marcus Aper (liste sur mon site).

Draculea

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docteur honoris causa
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Voilà qui m'intéresse. Pourrais-tu s'il te plaît nous rappeler un lien vers ton site ? Very Happy

AJAX

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docteur honoris causa
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Eh bien depuis là tantôt, c'est toujours le même : pour les polars péplums : http://www.peplums.info/pep54l.htm

Et d'une manière plus générale, l'image de l'Antiquité ciné-BD : http://www.peplums.info/

Draculea

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docteur honoris causa
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Merci ! Very Happy

Monocle

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docteur honoris causa
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AJAX a écrit:Anne de Leseleuc était aussi, sous un autre nom, une ancienne présentatrice de la TV française. J'ai lu tous ses Marcus Aper (liste sur mon site).
Je me demande bien d'ou j'ai pu tirer le fait quelle était archéologue Smile
Sais tu si elle continue à écrire, Tout comme Danila Comastri montanari?

AJAX

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docteur honoris causa
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Monocle a écrit:Je me demande bien d'ou j'ai pu tirer le fait quelle était archéologue Smile
Sais tu si elle continue à écrire, Tout comme Danila Comastri montanari?

J'ai vu une brève bio d'elle qui la crédite d'une thèse de doctorat sur le chien dans l'iconographie gauloise. Elle a aussi écrit deux romans, l'un sur Eponine (pas la fille Thénardier, mais l'épouse d'un rebelle gaulois) et, à l'occasion de la sortie du film avec Christophe Lambert, un Vercingétorix. https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_de_Leseleuc

J'ignore si de Leseleuc (à la TV : Anne Carrère) et Comastri ont publié d'autres choses depuis.

Raymond

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Admin
Vous dérivez, messieurs, vous dérivez !    gourdin

Revenons plutôt au véritable sujet, qui est le 6ème album d'Alix Senator !  

Or donc, après la terrible amputation dont il a été victime à la fin du 5ème tome, Khephren n'arrive pas à accepter la perte de ses mâles attributs. Il est de plus toujours hanté par ses rêves de toute puissance et il décide de se rendre vers l'oasis d'Amon (un lieu qui se nomme aujourd'hui Siwa), en plein désert égyptien. Il espère y retrouver la statue de Cybèle, qui lui donnera .. tous les pouvoirs. Alix l'accompagne bien sûr, sans croire une seule seconde à cette chimère.

Je ne connaissais par cette oasis de Siwa, que Valérie Mangin nous présente avec beaucoup de précision dans le cahier didactique qui accompagne l'édition spéciale de l'album. Les photos actuelles de cet oasis ne sont en fait pas si impressionnantes que ça, mais Thierry Démarez nous dessine un endroit paradisiaque, une sorte de paradis sur terre.



J'éviterai bien sûr de dévoiler toute l'intrigue, qui se passe entièrement en Egypte, et je noterai simplement que la suite des événements révèle de plus en plus le caractère tourmenté de Khepren. Ce dernier se comporte de plus en plus d'une manière sauvage, voir inhumaine, et le fils d'Enak devient même parfois franchement odieux. Et si c'était lui, le véritable méchant de la série ?   Rolling Eyes



Autre motif de tristesse : l'attitude d'Alix qui apparaît bien trop passive en face de cette quête insensée. Il vieillit mal et subit avec tristesse les événements qui découlent des initiatives de Khephren, ou des manœuvres cachées du préfet Barbarus. Le héros a perdu toute fierté et ... s'humilie même d'une façon sinistre devant le préfet, lorsqu'il cherche à sauver son ami.



C'est en fait un récit bien pessimiste, qui ne mettra pas en joie les admirateurs du héros. J'ai pour ma part de la peine à accepter ce déclin physique et psychique d'Alix, qui se révèle incapable d'influencer le cours de cette histoire, mais c'est peut-être bien cela ... vieillir !

Remarquons sinon que Valérie Mangin a inséré un petit "entracte romain" au milieu de ce mélodrame égyptien. Il met en scène Titus, qui a regagné Rome avec le fameux livre sibyllin, et ce dernier se préoccupe toujours de retrouver sa mère. Cet entracte donne à la scénariste l'occasion de nous montrer un curieux dialogue entre Auguste et Lydia, sa sœur. Il y parlent tout deux de Titus, et c'est bien sûr une nouvelle piste ouverte par Valérie Mangin, qui sera peut-être le sujet d'une prochaine aventure.



A ce sujet, je l'ai déjà écrit plus haut : je pense avoir deviné qui est la mère de Titus.   Wink

Telle est donc cet album, à la fois mythique et réaliste, crispant et intéressant, historique et ... tellement proche de notre époque.

Le débat est ouvert ! Very Happy


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AJAX

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docteur honoris causa
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Raymond a écrit:Vous dérivez, messieurs, vous dérivez !    gourdin  

Bof ! Plus personne ne venait sur cette page, alors on "meublait" !!! cat

Icovellauna

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alixophile
alixophile
Il faut accepter le fait que Alix ait vieilli, que beaucoup de choses se sont passées entre le dernier album de la série mère et Alix Senator  Very Happy N'oublions pas la guerre civile, la défaite de Cléopâtre, les proscriptions...C'est le grand trou sur cette période, et c'est dommage.

Il faut aussi accepter que Valérie Mangin, bien que grande lectrice d'Alix, n'est pas Jacques Martin. Pas le même sexe, la même génération, la façon de voir les choses...donc, forcement, dans ses scénarios, bien  des choses peuvent étonner pour un inconditionnel de la période Martin. Wink Ce n'est pas pour rien que Hergé voulait que lui mort, personne ne reprenne Tintin.

On peut s'étonner de voir Alix si faible devant son fils adoptif...mais il faut être parents pour comprendre.

La fin est terrible, et sur le coup, c'est choquant de voir Alix supplier pour sauver Enak, le centurion et les soldats. (car il demande à Barbarus de sauver tout le monde, pas seulement Enak, hein, Raymond Wink )

Mais voyez vous, j'ai du mal à imaginer Enak finir comme cela...et Alix rester passif si longtemps ! Hâte de lire la suite, en espérant que l'intrigue avance vite !



Dernière édition par Icovellauna le Dim 1 Oct - 15:01, édité 2 fois

Draculea

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docteur honoris causa
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Icovellauna a écrit: Mais voyez vous, j'ai du mal à imaginer Enak finir comme cela...et Alix rester passif si longtemps ! Hâte de lire la suite, en espérant que l'intrigue avance vite !

Je partage assez cet avis. Je me suis fait la même réflexion en lisant la fin de l'album. Plusieurs pistes sont possibles qui pourraient aller dans ce sens, notamment celle-ci : les Siwis semblent ne guère aimer Barbarus même s'ils entretiennent avec lui un certain lien d'obéissance. Affaire à suivre au tome 7, celui de l'âge de raison ?.......... Question

Monocle

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docteur honoris causa
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Enak est un dur à cuire, on ne s"en débarrasse pas comme ça! je pense comme draculea, la fin de l'album est ouverte, les aventures égyptiennes ne sont pas encore finies...Et Titus? Que va-t-il lui arriver loin de papa et tout seul à Rome?

Loup79


license ès BD
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Bizarre qu'Alix ne se soit pas plus débattu pour sortir Enak de cette mauvaise posture qui va lui coûter la vie. Alix vieillit. pleure

Tarmac

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docteur honoris causa
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Autant dans "Le hurlement de Cybèle V Mangin avait pris une orientation radicale et définitive sur le devenir de Kephren, autant je ne peux croire en la fin d'Enak. La posture inhabituelle d'Alix suppliant le Préfet Barbarus est, qui sait, une feinte pour sauver son ami de toujours. La fin d'Enak scellerait la fin d'Alix, raison pour laquelle je ne crois donc pas en la mort prochaine d'Enak. Arrow

Raymond

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Admin
Tout comme vous, j'ai de la peine à croire à la mort d'Enak. Arbacès, par exemple, a survécu à des traumatismes bien plus graves que celui d'Enak ! Un bon scénariste ne devrait donc pas avoir de peine à lui imaginer une survie crédible.

Mais Valérie Mangin a t-elle vraiment envie de le faire survivre ?  Je n'en suis pas si sûr.   Rolling Eyes

Sinon, Icovellauna a raison ! Alix ne supplie pas Barbarus pour sauver seulement Enak. Je n'avais pas fait attention à ce détail. Il se préoccupe du sort de toute sa troupe ... et il remonte un peu dans mon estime ! Very Happy


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Loup79


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Tuer Enak ? Possible ?
Non ! Même si l'ami d'enfance d'Alix n'est pas en premier plan sur le série d'Alix Senator, Enak ne peut pas décéder.

Draculea

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docteur honoris causa
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Raymond a écrit:Tout comme vous, j'ai de la peine à croire à la mort d'Enak. Arbacès, par exemple, a survécu à des traumatismes bien plus graves que celui d'Enak ! Un bon scénariste ne devrait donc pas avoir de peine à lui imaginer une survie crédible.

Mais Valérie Mangin a t-elle vraiment envie de le faire survivre ?  Je n'en suis pas si sûr.   Rolling Eyes

Sinon, Icovellauna a raison ! Alix ne supplie pas Barbarus pour sauver seulement Enak. Je n'avais pas fait attention à ce détail. Il se préoccupe du sort de toute sa troupe ... et il remonte un peu dans mon estime !  Very Happy

J'avais quant à moi noté qu'Alix intercédait en faveur de tous et non du seul Enak, mais l'énormité de la conclusion pèse de telle façon que l'on peut fort bien ne pas noter ce point et ne retenir que la dimension personnelle et intime de la supplication.

Ces événements qui nous conduisent à sentir baisser ou remonter notre estime envers Alix me conduisent à m'interroger : l'Alix qui semble devenu si fragile, impuissant, prisonnier de mystérieuses contradictions est-il bien l'Alix "réel" ou l'invention de Valérie Mangin ?

Que signifie cette formule que j'emploie à dessein : l'Alix "réel" ?

D'Alix nous connaissons le tempérament construit et approfondi au fil des albums de la série mère et ce qu'en dit Valérie Mangin, en invoquant l'opposition entre l'idéal moral et la pureté d'un caractère juvénile et les aléas de la psychologie adulte, ne me semble pas tout à fait convainquant. Contrairement à ce qu'on entend souvent dire, à ce qu'une certaine psychologie et une théorie de la liberté assez superficiellement adaptée de Sartre peuvent affirmer, un homme change relativement peu au fil de son existence surtout quand l'idéal qui le guide n'a rien ni de théorique, ni d'idéologique, mais exprime une pente intérieure, l'expression d'une première réponse au monde qui ne fait que s'approfondir et se déployer dans la suite de son devenir. Certes, il arrive qu'il y ait des renoncements, des trahisons, mais qu'un homme même brisé par les événements en arrive à un tel reniement qu'il ne serait plus que l'ombre servile de lui-même, me semble moins réaliste que rhétorique.

C'est qu'en effet j'ai le sentiment que cette évolution résulte moins des possibles d'un personnage que d'une tendance contemporaine à noircir le héros classique en invalidant sa possibilité ou sa continuité intérieure, et en s'ingéniant à le prendre en défaut - La nouvelle saison Vaillant de ce point de vue, quoique très sombre, n'a pas choisi cette voie, (n'est pas tombée dans ce piège ?), maintenant la dignité de chacun des personnages initiaux, même aux heures les plus tragiques. Cela peut avoir certes de l'intérêt, mais il me semble parfois que cela relève d'une mode et d'une volonté de briser les idoles, même si jusqu'à présent Valérie Mangin, reconnaissons le, l'a fait avec un très grand talent que je ne cherche pas à remettre en cause, cette récente évolution d'Alix me laisse perplexe.

La suite nous dira ce qu'il en est vraiment, ou apportera peut-être de solides justifications capables de faire accepter cette métamorphose par le recours à un drame d'un grande profondeur psychologique et non pas seulement de pures surprises événementielles. Dans ce cas il n'y aura évidemment rien à redire et je serai le premier à faire l'éloge des choix de Valérie Mangin, même si j'en éprouverai nécessairement, comme beaucoup de lecteurs qui ont grandi avec la série, un regret teinté d'immense nostalgie. Mais peut-être est-ce aussi cela vivre ? Crying or Very sad

Draculea

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docteur honoris causa
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Plus j'y réfléchis, plus il me semble que La Montagne des morts est un vaste cauchemar, ce qui en soi justifie donc les égarements, les fausses issues et le bouleversement des conduites, comme celle d'Alix.

Univers nocturne, pour une grande part, le plus souvent confiné dans les étroites limites du temple et de ses dépendances qui cependant s'ouvrent sur d'étranges dédales intérieurs succédant au dédale du désert, le monde déroutant où nous sommes entraînés se redouble évidemment de la nécropole où se superposent niveaux, pièges, fausses directions, morts et vivants, tous placés sous le signe de l'atroce divinité sans visage dont le visage n'est qu'un enroulement colossal de mâchoires et de cornes.

Rares sont les albums qui nous proposent une aussi longue séquence finale nocturne : 16 pages sur 48, ce qui correspond au tiers de sa totalité, tandis que bien d'autres scènes, dès l'ouverture se situent également au coeur de la nuit : 2 pages à Rome, deux pages apparemment nocturnes elles aussi à Alexandrie, suivies du long voyage nocturne de quatre pages dans le désert, auquel succède une aube douteuse bientôt transformée en orage et courant sur 6 pages. La visite du temple ménage en elle-même un espace coupé du jour auquel succède le festin nocturne de deux pages, de sorte que l'éden de l'oasis bascule assez vite du côté de l'obscur. Peu après, quatre pages nocturnes accompagnent la descente de Kephren dans la nécropole, de sorte que désormais, otout l'album sera placé sous le signe d'une double nuit en surface et sous terre. Seules 9 pages sur la totalité présentent franchement le plein jour.

A cela s'ajoute une sorte de lenteur étirée ou nouée, à l'image des files de soldats dans le désert et des entrelacements de galeries dans la nécropole, relativement peu d'événements en dehors de quelques manifestations des Siwis qui viennent harceler la troupe puis l'oasis, mais demeurent le plus souvent insaisissables, si bien que l'impression de lenteur accompagnée d'une tension croissante donne un caractère savamment étouffant au récit. Les rebondissements de péripéties classiques dans la série initiale cèdent la place à une sorte de malaise qui culminera avec le finale, dans un univers où tout n'est que masques, doubles infernaux, existences larvaires confondues avec le sol et la poussière.
De ce point de vue, cet album me fait songer aux infinis effrois des rêves d'opium racontés par Thomas de Quincey dans ses Confessions d'un mangeur d'opium anglais, si bien restitués par la traduction de Baudelaire.

La conclusion qui nous bouleverse et parfois nous révolte est sans doute à la mesure de cette descente dans les ténèbres d'un infra monde où tous sont des spectres blancs ou des mufles grimaçants souillés par le sang versé et fait que cet album si terrible, reconnaissons-le est, dans sa logique cauchemardesque, absolument magistral.



eleanore-clo

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martinophile distingué
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Bonsoir

La déconstruction des héros est une tentation à laquelle les plus grands ont succombé. Ainsi, le Tintin de Vol 714 sur Sidney est sauvé par des extraterrestres, et celui des Picaros laisse Haddock partir le premier au secours de la Castafiore.
Peut être Valérie Mangin va-t-elle suivre les pas d'Hergé ?

Bien cordialement
Eléanore-clo

Raymond

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Admin
Joli développement sur cet "univers nocturne", Draculea !  pouce  

La "Montagne des Morts" nous propose en effet une aventure crépusculaire, au propre comme au figuré. Tous les personnages semblent dépassés par cette espèce de noirceur qui étouffe leurs rêves, qu'ils soient jeunes et révoltés, comme Khephren, ou vieux et résignés, comme le sont devenus Enak ou Alix. Seul l'ignoble préfet Barabarus, ou l'inquiétante Livie, semblent être à l'aise dans cet univers inquiétant. La conclusion du récit est dominée par un pessimisme impitoyable.

Il me semble certain que ce triste vieillissement du personnage d'Alix est voulu, et très réfléchi de la part de Valérie Mangin, et je ne pense pas qu'elle le fasse par simple plaisir de noircir un héros. Cette évolution psychologique découle plutôt d'une suite de conséquences logiques, et surtout d'une ascension sociale. En devenant sénateur, Alix n'a pas fait que vieillir. Il s'est aussi immergé dans le monde politique, en devenant l'allié, pour ne pas dire l'homme-lige, de l'empereur Auguste. Il a participé à des complots, feint d'être un traître (comme par exemple dans la Conjuration des Rapaces) et aidé l'empereur à faire périr ses ennemis. Il a perdu une certaine innocence, et également compromis une certaine pureté originelle. Il n'est plus un véritable aventurier, et n'est plus aussi individualiste qu'au temps de sa jeunesse, lorsqu'il défiait même César. Est-il encore, au fond, un héros ?

Je ne crois pas non plus que Valérie Mangin ait déconstruit son personnage. Elle a construit au contraire un autre Alix, qui est plus mûr, plus "sénateur", et plus "romain". Mais comme tu le dis plus haut, Draculea, un homme change relativement peu au cours de son existence, et peut-être que le "jeune homme fougueux" qui sommeille encore en lui va un jour se réveiller.

Et puis, il y a d'autres personnages qui pourraient aussi nous offrir de belles surprises, dans le futur. Pour Khephren, cela semble compromis, mais j'attends avec intérêt de voir ce que deviendra Titus.  Wink


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Draculea

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docteur honoris causa
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Tu as très certainement raison. C'est d'ailleurs en me posant la question que j'en suis venu à me demander si tout cela n'a pas un sens beaucoup plus profond que ce que j'avais débord supposé dans le premier de mes messages d'hier en évoquant la question de la potentielle déconstruction du personnage pour des raisons de surface. Mais justement, la logique du cauchemar, magnifique d'ailleurs, semble suggérer une autre raison que tu décrit bien et qui sait, quel que terrible secret ?
Je partage aussi ta curiosité envers le devenir de Titus. Very Happy

eleanore-clo

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martinophile distingué
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Bonjour

En fait, l'ambiance nocturne est au diapason de l'humeur des personnages. La noirceur est au dehors et en dedans.
Cela fait penser à un poème de Verlaine :

   
Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s’écœure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !


Cordialement
Eléanore

Draculea

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docteur honoris causa
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Ce poème admirable est cependant d'une sérénité nostalgique qui donne à la tristesse une autre tonalité que l'écrasant désespoir funèbre par lequel se conclut la Montage des morts. Very Happy

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