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Manara, du côté d'Eros...et d'ailleurs

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Invité


Invité
Une scène magnifique où l'on voit la rencontre entre Roméo et Juliette, devant la basilique San Zeno Maggiore à Vérone. pouce


Raymond

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Admin
On attend la suite de sa BD consacrée au Caravage. Rolling Eyes


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Invité


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"Après le mur…" / Planches 1 et 3.




Raymond

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Admin
Le deuxième tome du biopic consacré au Caravage vient de sortir, mais je en l'ai pas encore lu ! C'est un des albums de l'automne à ne pas manquer.

Sinon, une expo Manara vient de s'ouvrir à Bruxelles, à la librairie Huberty-Breyne.



ActuaBD en parle ici :

https://www.actuabd.com/Manara-en-majeste


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2J

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vieux sage
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Il est paru le 28/11
Une oeuvre inoubliable. Une vie inimaginable.Blessé, fiévreux et en exil après son affrontement contre Ranuccio, le Caravage quitte Rome pour trouver refuge auprès d'une troupe de saltimbanques. Le peintre profite de sa convalescence pour se lier avec la belle et farouche Ipazia, qui lui servira d'inspiration future. Alors que leur caravane fait halte à Naples, le Caravage se rend compte qu'il est à la fois célèbre et recherché à travers toute l'Italie. Entre les proches de Ranuccio qui cherchent vengeance et les commanditaires de ses tableaux laissés inachevés, le peintre ne s'est pas fait que des admirateurs et partage sa vie entre la palette et l'épée. Son seul espoir d'obtenir, par la grâce papale, un sésame pour retourner à Rome est d'entrer dans le prestigieux ordre des Chevaliers de Malte. C'est un nouveau voyage qui s'annonce...Susceptible, impétueux, hédoniste et bagarreur, le Caravage n'est pas seulement le maître du clair-obscur et l'un des plus grands peintres de l'histoire de l'Art, c'est aussi l'auteur d'une vie d'aventure au moins aussi incroyable que son oeuvre. Avec ce second volume, Milo Manara parachève son chef-d'oeuvre : rendre hommage au plus grand artiste de son temps dans une ode à l'art et à la beauté.












bounce


Sleep

2J

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vieux sage
vieux sage
C'est celui-ci que Michelangelo est en train de peindre :


eleanore-clo

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bédéphile pointu
bédéphile pointu
Bonsoir

Je rejoins l'avis de 2J. La grâce conclut en beauté le diptyque consacré à la vie du célèbre peintre italien : Michelangelo Merisi da Caravaggio dit Le Caravage.



La BD nous conte les pérégrinations de l'artiste, contraint de fuir Rome, après un meurtre. Et nous le voyons cheminer entre Naples, Syracuse et Malte. L'opus se termine sur la mort du peintre. Notons qu'encore aujourd'hui, le lieu de décès du Caravage n'est pas connu avec certitude. Et Manara fait sienne le théorie selon laquelle l'illustre maitre serait mort sur un plage de Toscane.

Le titre de l’œuvre repose sur un jeu de mot. Le mot grâce a en effet plusieurs significations. Ouvrons donc notre dictionnaire :
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/gr%C3%A2ce/37721.
Regardons tout d'abord la deuxième item. Il parle d'une remise de peine. C'est bien évidemment celle qu'espère Le Caravage. En effet, l'artiste et ses amis ont sollicité le pape pour qu'il supprime la condamnation.
Poursuivons maintenant par le cinquième item. Celui-ci fait mention d'une faveur divine. Il s'agit bien évidemment du don de peindre que Dieu a donné au Caravage. La couverture du livre s'appuie sur ce sens puisqu'un ange effleure du doigt la tête de l'artiste. J'y vois d’ailleurs un clin d’œil à la création d'Adam, une des fresques de la Chapelle Sixtine.



Donc, au gré des pages, la grâce revêtira telle ou telle signification.

Les femmes jouent un rôle important dans la BD. Ainsi, la jeune saltimbanque, Ipazia, telle un ange gardien, sauve la vie du peintre à plusieurs reprises. Et l'artiste bénéfice de la protection de la puissante comtesse napolitaine Colonna.
Le scénario porte un regard très critique sur la société italienne du XVIIème siècle. Les riches et les puissants abusent de leurs privilèges face à un petit peuple d'une grande générosité et d'une belle noblesse d'âme. Et l'ordre caritatif des chevaliers de Malte ne fait pas exception à la règle car il a institutionnalisé l’esclavagisme comme source de main d’œuvre pour ses navires.

La mort est omniprésente dans le scénario : "que vas-tu peindre, pour ton retour au monde des vivants" (page 8 ), "Hé, en proue ! Mort sur la banc de gauche" (page 24), "Comme je creusais bien, il m'a fait déterrer un mort ! Un vrai mort ! Un homme récemment décédé, au cimetière" (page 46), etc. La tonalité de l'histoire est donc sombre, à l'image d'un peintre souvent qualifié de maudit.

Le dessin de Manara sublime l’œuvre du peintre, comme en témoigne les deux versions ci-dessous du Souper à Emmaüs. Même si je parie que vous devinerez facilement où est l'original !  Laughing  



Manara reconstitue splendidement l’Italie comme en témoigne ce superbe paysage, inspiré du site de Tivoli et plus particulièrement de la grande cascade. Il est amusant de voir que le dessinateur s'est inscrit dans le sillage de Claude-Joseph Vernet et d'Hubert Robert, deux peintres français ayant séjourné à Rome.





Les personnages sont représentés avec beaucoup de réalisme et la tonalité des couleurs est plutôt sombre, avec des dominantes de marron et de gris. Clairement, Manara s'inscrit dans le caravagisme. Je regrette seulement que le dessinateur fasse semblant d'ignorer qu'il existe d'autres corps féminins que ceux des mannequins ou des matrones.  zidane


 
Avec La grâce, Manara termine superbement sa biographie du Caravage. Comme le souligne Raymond, cette BD fait clairement partie des sommets de 2018.

Eléanore



Dernière édition par eleanore-clo le Lun 3 Déc - 20:32, édité 2 fois

2J

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vieux sage
vieux sage
ça c'est l'autre version...

je ne suis pas sûr que le dialogue soit d'époque ?? ane

eleanore-clo

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bédéphile pointu
bédéphile pointu
Bonsoir

Pour les non-initiés, Le Caravage a peint deux versions du Souper d'Emmaüs.
La première date de 1601. Elle est conservée à Londres, à la National Gallery. C'est celle présentée par 2J dans l'article 138. Elle a été peinte durant le séjour romain puisque la fuite du peintre est survenue en 1606.
La deuxième est conservée à Milan, à la pinacothèque de Brera. C'est celle copiée par Manara.

Les voilà en vis-à-vis.


Les deux œuvres se ressemblent par le thème, le moment choisi (le partage du pain), le bras levé de Jésus et le regards des témoins et des servants. Elles différent par la palette de couleur et par les visages, plus émaciés, traduisant davantage la pauvreté. Bien évidemment, ces changements peuvent s'expliquer par la déchéance du Caravage en 1606.

Je préfère nettement celle de 1606. Le nombre réduit de coloris, le recours accru au clair-obscur permettent à l'observateur de se concentrer sur l'essentiel: la dimension religieuse de ce repas. Et les joues rondes du Christ dans la version de 1601 lui donne un air poupon, enfantin, à mille lieues de sa stature.

Bonne nuit !

Eléanore



Dernière édition par eleanore-clo le Lun 3 Déc - 20:33, édité 1 fois

Raymond

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Admin
Merci en tout cas pour cette présentation très intéressante. Je pense que je ne vais pas trop traîner pour acheter cet album ! pouce


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2J

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vieux sage
vieux sage
Par cette saison de neige
Pas de quoi se mettre en boule

ane

Raymond

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Admin
Une "exposition Manara" sera présentée cette année à Angoulême, et un beau catalogue sera édité pour l'occasion ! Il s'intitule Itinéraire d'un maestro de Pratt au Caravage.



Il sera en vente sur le WEB à partir du mois de février.


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