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La place du fantastique dans le monde d'Alix

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Raymond

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Admin
Alors .. j'ai fait la même erreur de Jacques Martin. J'étais allé pendant ma jeunesse à Pompéi (fin des années 60), et j'ai vu ces corps "pétrifiés" qui m'ont bien sûr très impressionné.

Quand j'ai lu plus tard la Griffe Noire, j'étais persuadé que ces corps humains étaient semblables à ceux de Pompéi. ane


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AJAX

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docteur honoris causa
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... Ainsi, Raymond, tu comprendras mieux - j'espère - mon côté "spépieu" (c'est du wallon : chicaneur) quand je vois un film ou lis une BD ou un roman historique ? Quand j'en parlais avec Martin, je le croyais simplement de mauvaise foi. Tu me fais entrevoir qu'il pensait sincèrement ce qu'il me répondait.

Et autour de moi, dans le milieu de la reconstitution, j'entends des passionnés d'histoire romaine - mais pas trop spécialistes pour autant - répéter ce qu'ils ont lu ou vu dans des BD ou des films dégoulinants de sulpicianisme etc. Lesquels films et BD, par ailleurs, sont de merveilleux supports pour donner envie d'aller voir plus loin. Ce fut mon cas, et je ne suis pas unique. Et j'en rends grâces à Maître Jacques !

C'est ce que j'avais essayé de faire entendre à notre ami Erik qui, comme beaucoup d'auteurs, semble croire former un couple avec son oeuvre, alors qu'en réalité on est un ménage à trois : auteur-oeuvre-lecteur.
Je suis sincèrement désolé si, peut-être, il s'est senti vexé de ce que j'ai déclaré plus haut n'avoir lu aucun de ses albums (qu'il a construits avec toute la rigueur possible, je veux bien le croire). Ma réflexion n'avait rien de dépréciative; simplement - et à de rares exceptions près - je n'achète que des BD traitant de l'Antiquité, ce qui avec les DVD, les affiches et photos de film, les ouvrages de référence, les auteurs grecs et latins, les romans historiques etc. suffit à remplir cave et grenier, bureau et living.
En matière de BD-péplum francophone j'ai à peu près tout, y compris les BD "de quai de gare"/petits formats et même les pornos (aaah, les superbes couvertures de VENUS DE ROME !). Bonnes ou mauvaises, je m'en fiche: je collecte, je collationne...

Dérapage sous contrôle ? J'ose le croire.
En ce qui me concerne, l'incident est clos. Game over.

Erik A

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martinophile distingué
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Cher AJAX, je ne me vexe pas comme ça, pas de méprise comme le net sait en créer entre personnes qui ne se voient pas et s'estimeraient illico s'ils étaient ensemble autour d'une bonne table, je n'ai aucun souci avec ce que tu dis qui est essentiel; mais pas toujours applicable au micron près. Il n'y a pas de malentendu. Ce que tu expliques est vrai et on joue un peu sur les mots...

Il faut relativiser... Le moment où ça a été fait (Martin, années 50 ou 60 par exemple, avec les connaissances d'alors et la documentation idoine) tout en incluant que ce n'est "que" de la BD, avec des critères aventureux et romanesque au sens large qu'on leur demandait à la petite semaine... J'ai lu la griffe noire vers 1966 je crois et pendant des années je me souviens de l'émotion procurée par les scènes (sur le volcan et autre) et peu m'importait que ce soit des statues de lave au final peu réalistes, l'effet y était...

Important de se souvenir en replaçant dans le contexte. Il fallait "tomber deux ou trois pages par semaines, le média est ainsi fait. Ce n'est qu'ensuite, les années venant que Martin a pris cette dimension d'historien vulgarisateur à mon avis surfaite, il voulait avant tout distraire et pas pontifier... Il est évident que son œuvre fourmille de détails qui sont anachroniques ou complétement faux, mais s'il a (et on sait qu'il l'a) permis à des milliers de gens de se rapprocher de l'Antiquité avant de prendre d'autres ouvrages, par le biais de ces "petites BD", alors la "mission est réussie. Distraire, instruire... La belle affaire.

Maintenant, pour expliquer les erreurs malgré la rigueur, et au delà de l'artistique, il faut ajouter des paramètres de paupérisation des auteurs, qui implique de travailler de plus en plus vite pour s'en sortir et un temps de travail de moins en moins long pour réaliser nos albums, auxquels paradoxalement le lecteur demande de plus en plus de rigueur, de qualités etc...

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AJAX

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docteur honoris causa
docteur honoris causa
Mmmmm... alors devant un "poulet à la Fronton" selon Apicius, ma spécialité (mais perso, j'ajoute du miel d'acacias et des pignons de pin). Ma passion pour la Grèce et Rome va jusque dans les assiettes, outre le maniement du glaive et la critique des sources archéologiques et textuelles.

Si on lit entre les lignes les propos de Martin recueillis par Michel Pierre (à la ville mari d'Hélène LAFONT-COUTURIER, conservateur du Musée Gallo-Romain de Lyon-Fourvière et initiatrice de cette belle expositon "Le Péplum" [ http://www.peplums.info/pep00fronta4.htm#17 ] où j'ai été convié, le monde est petit) dans l'édition Rombaldi, les débuts de Jacques Martin avec Alix se firent dans des conditions très sommaires.

Martin mettait sérieusement à contribution les richesses de la bibliothèque communale de Verviers, dont le Dictionnaire des Antiquités grecques et romaine de Daremberg et Saglio, que j'ai moi-même beaucoup consulté, mais en salle de lecture de l'Albertine, à Bruxelles.
Je l'entends encore rappeler qu'écolier, il était tellement calé en Histoire que son instituteur lui disait : "Vous Martin, vous aurez 19/20 pour le principe. Mais laissez répondre les autres." Ces connaissances scolaires ne suffisaient évidemment pas pour reconstituer l'Antiquité romaine - d'où ce Pompée en costume byzantin, ces sonneurs de trompette coiffés du lituus (coiffure sacerdotale), ce centurion Marsalla en pagne hawaïen [plus tard, Martin avouera dans Phénix qu'il ignorait que les Romains portaient une tunique sous les ptéryges de cuir] ou ces anachroniques duels judiciaires dans l'amphithéâtre (paradoxalement, c'est de ces tout premiers "Alix" que je garde le meilleur souvenir. Magie de l'enfance?).

Bref, ce n'est pas sans une certaine commisération que j'y ai relevé [dans le Rombaldi] qu'au moment de dessiner LA TIARE D'ORIBAL, ses conditions financières s'étant améliorées (wouaw !), il avait pu acheter de la documentation. En l'occurrence un numéro du National Geographic (que j'ai retrouvé, du reste) sur la Mésopotamie antique, base de cet album. A l'époque, la documentation ne courrait pas les rues. J'en suis d'autant plus conscient que moi-même, au même moment et tout gamin, j'en recherchais chez libraires et bouquinistes...

Bref, oui. Les exigences éditoriales... La chute obligatoire à la fin de chaque planche etc. La dispersion aussi (les chromos automobiles ou d'aviation parallèlement). Si les auteurs de l'école franco-belge nous ont fait rêver d'une époque à l'autre, passant de la flibuste au moyen-âge etc., rétrospectivement je me suis interrogé sur le sérieux de leur doc. Quelle dispersion. Et là, cher Erik, je ne vous apprendrai rien. Vous avez dû largement donner...

Phase suivante : la plupart de mes amis étant enseignants, et Martin étant à droite et à gauche invité par des profs de français ou de latin pour parler d'Alix, je le suis à la trace. Vu le contexte, je place très haut la barre. Mais bien vite je m'aperçois que les prof de français ou de latin sont rarement des historiens. Et qu'il y a des choses qu'ils ne captent pas ! Martin non plus : c'est un artiste, pas un historien, comme j'ai bien été obligé de l'admettre en travaillant avec lui : les dates, les textes, les références textuelles... connait pas. "C'est dans Dion Cassius !" Joker.

Un de mes amis, auteur d'une magnifique thèse de doctorat sur l'Antiquité en BD (Univ. Besançon), devait un jour déclarer en colloque que Martin fonctionnait au coup de coeur. Une image le séduisait. Il l'adoptait. Il ne se souciait pas de ce qu'en dessous il était écrit "reconstitution fantaisiste". C'est sans doute un peu comme ça qu'il avait dû imaginer ces hommes pétrifiés sur les pentes du volcan Rukazori.
Mais le plus bel exemple est sans doute son temple d'Apollon à Délos, avec ses colonnes historiées "à l'égyptienne" (dans LE CHEVAL DE TROIE, L'ODYSSEE D'ALIX etc., il revient souvent). Cette reconstitution fantaisiste - et cataloguée comme telle - signée Henri-Paul Nénot (1882) provient du catalogue PARIS-ROME-ATHENES (1982), édité par l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts (Paris) et consacré aux architectes français de l'Ecole de Rome-Athènes, la fameuse Villa Médicis (cf. p.261, mais il aurait dû lire le commentaire p.259).
C'est quelque chose qu'on apprend en VIe latine : les colonnes grecques étaient toujours cannelées, ce qui permettait de jouer sur la lumière... Mais Martin fonctionnait ainsi.

Et maintenant une "colle": savez-vous quelle différence il y a entre la première édition de LA GRECE/1 (Deux Coqs d'Or) et les rééditions suivantes (Orix, Dargaud...) ? Il a fait refaire les couleurs du temple d'Apollon à Delphes, p.17, parce qu'il (*) s'était aperçu que - vu l'orientation du temple - les ombres partaient dans la mauvaise direction. C'était ça aussi, Jacques Martin...
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(*) Ou était-ce Pierre de Broche, qui après tout était prof d'architecture ?

Raymond

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Admin
Oui ! Jacques Martin était perfectionniste. Ceci dit, en matière de surnaturel ... il n'était pas toujours bien inspiré.

Prenons l'exemple des comportements animaux surnaturels. Dans les Légions perdues, une horde de loups protège Alix et ses amis pendant la majeure partie de leur long périple. Ils interviennent ainsi de façon miraculeuse lorsque qu'Alix et Enak se retrouvent presque seuls et encerclés (dans un village en ruine) par Garofula et sa troupe. La meute de loups intervient alors en encerclant les assaillants pour les empêcher d'avancer.



Lorsqu'on lit l'album, cette invraisemblance n'apparait pas vraiment, car on est pris par l'ambiance, et on se met à croire au pacte tacite qu'Alix semble avoir fait avec le chef de la meute de loups. L'utilisation de certains éléments surnaturels est faite ici d'une manière très habile.

Jacques Martin est en revanche plus maladroit dans Vercingétorix. Dans cet album, Alix et Enak refont en partie le trajet effectué dans les Légions perdues. Ils y retrouvent logiquement les mêmes protagonistes, et c'est ainsi que les loups réapparaissent. Ils protègent à nouveau Alix, et il n'y aurait rien à redire à cela, puisque ce n'est pas nouveau, mais ... ne voilà t-il pas qu'Alix se met à hurler comme Tarzan. Contre toute vraisemblance, il se met à "parler le loup".    debil



L'idée, qui était au départ poétique, devient tout à coup ridicule. Ainsi, il suffit parfois d'un petit détail en trop pour tuer toute vraisemblance. Smile


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AJAX

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docteur honoris causa
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Homme de peu de Foi ! Comment peux-tu douter ? On a vu Alix se balader au bout d'une corde comme Johnny Weissmüller (ALIX L'INTREPIDE), affronter des Hommes-léopards dans LA GRIFFE NOIRE, des Hommes-crocodiles dans LE FLEUVE DE JADE. Il se promène du reste souvent dans le plus simple appareil, comme Tarzan !
Autant dire qu'il n'a pas connu charnellement Adréa, "la reconnaissance du corps" (LE DERNIER SPARTIATE) ni Cléopâtre, "et maintenant jeune homme divertissons nous". Quant à Enak... certes, Martin nous réserve des zones d'ombres, ne nous laisse pas pénétrer dans les coulisses...

... mais il est au moins clair que Alix a dû apprendre à parler "loup" en formation accélérée, le soir. Rome n'est-elle pas la Cité des Fils de la Louve ? Smile bedo

AJAX

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docteur honoris causa
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J'oubliais cette autre séquence fantastique, ou plutôt fantasque, où Alix se bat contre un boa dans le DERNIER SPARTIATE... encore un exploit tarzanesque ou mythologique car de tels ophidiens n'existaient pas en Grèce... ce qui n'empêcha pas Apollon d'en tuer un à Delphes : ce fameux Python né des vases du Déluge.
C'est un mythe comme le kétos q'Hercule tue pour sauver la princesse troyenne Hésione, ou Persée pour délivrer Andromède.

Sur Youtube, on peut revoir Maciste descendu aux Enfers affronter deux boas ( https://www.youtube.com/watch?v=dUggtf7ZdMk&list=UUjNtiacQZvVTM9jNOS5AzQg ) (allusion à Hercule tout bébé, qui étrangla les deux serpents qu'Héra avait placés dans son berceau ?).

Martin songeait peut-être au fameux groupe de "Laocoon et ses deux fils" attaqués par des serpents (Musée du Vatican). Je ne sais plus si c'était un original grec de Pergame, ou une copie, mais ce groupe statuaire avait été retrouvé dans la Domus Aurea, le palais de Néron (dont on peut encore visiter quelques salles, aujourd'hui).
Naturellement, Alix n'aurait jamais pu rencontrer de tels monstres en Grèce, vers -50. A moins d'un clin d'oeil au Seigneur des Grands Singes qui parle aux animaux, ou à Mowgli du Livre de la Jungle. Donc Alix parle le langage des loups. Encore heureux qu'il ne parle pas celui des chevaux... c'aurait été trop cocasse de le voir hennir.

J'avais été relire le document martinien évoqué au début de cette liste, retrouvé par Stéphane. En fait Martin y parlait surtout de Lefranc, et pour lui le fantastique était que ses délires scénaristiques soient un jour recoupés par la réalité (quoique je ne voie pas très bien le rapport entre l'eau de mer transmutée en essence et... la marée noire - L'OURAGAN DE FEU).

Pour moi, le fantastique, c'est plutôt ce que Raymond essaie ici de mettre en évidence : rêves prémonitoires, phénomènes paranormaux etc.

Raymond

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Admin
En effet !

Dans une BD réaliste comme Alix, le fantastique se doit de rester vraisemblable. Les phénomènes grotesques (tel Alix hurlant comme Johnny Weissmuller) détonnent beaucoup trop avec l'ambiance dramatique, et les décors qui sont sérieux et documentés.

Dans le Fleuve de Jade, on découvre un autre échec de Jacques Martin. L'apparition de ces bipèdes fantastiques aux visages de reptiles n'est jamais crédible. L'intention est manifestement de réveiller un sentiment d'horreur et de peur, mais pour ma part, l'impression qui prédomine est plutôt la perplexité (voir même l'indifférence).   Rolling Eyes



Dernière édition par Raymond le Ven 5 Déc - 17:27, édité 1 fois


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AJAX

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docteur honoris causa
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Il est donc ici question d’une mutation génétique, due à la pollution d’un affluent du Nil – d’où la couleur jade de ce fleuve. Encore heureux que Martin ait décliné son message écolo dans une interview, parce que je n’avais franchement pas capté ayant lu - probablement avec une certaine distraction - cet album passablement farfelu selon mes critères.
Pour moi, c’était juste une irruption de l’univers d’Edgar Rice Burroughs dans celui d’Alix (je ne sais plus si c’était TARZAN DANS LE CENTRE DE LA TERRE ou dans une épisode du cycle de PELLUCIDAR). Ou alors ce film d’horreur SF américain, en N&B et des ’50, où suite à je ne sais plus contamination les hommes se transformaient en crocodiles. J’ai oublié le titre.
Peut-être aussi Martin songeait-il tout simplement à Sobek, le dieu-crocodile égyptien (*). Tout comme il a dû songer aux Satyres et Centaures d’Arcadie pour imaginer les hommes-lions dans le cycle d’« Orion ». Quoique ici il ne s’agissait plus d’une modification génétique mais d’une impossible hybridation entre un félin et une femme, excusez du peu ! En plus, ces hybrides se reproduisaient (est-ce que les mules, croisement du cheval et de l’âne, se reproduisent ? Bien sûr que non !).  clown

Bref, comme je l’ai déjà dit ailleurs - et je ne suis pas le seul à l’avoir dit - l’Antiquité martinienne est une Antiquité rêvée, mélange d’histoire et de mythologie, de clichés et de realia, à mi-chemin entre les peintres pompiers du XIXe et l’archéologie moderne du XXe s.
Des histoires que Martin aimait épicer de références au paranormal, au fantastique.
A mes yeux, c’est juste une stratégie scénaristique, du reste pas tellement en décalage avec les valeurs de nos Grands Anciens greco-romains.

J’utilise à dessein la lovecraftienne expression « Grands Anciens », car je me suis souvent demandé si, par hasard, Jacques Martin n’aurait pas été – quelque part – un lecteur du MATIN DES MAGICIENS de Louis Pauwels et Jacques Bergier. Superbe compilation de théories pseudo-scientifiques et de science fiction imprégnée de théosophie qui, dans les années ’60, a abouti à la fameuse revue PLANÈTE – cette bouillie pour cadres moyens et supérieurs incultes (j’en ai connus).

Mais vraie bénédiction aussi pour les romanciers et les scénaristes SF.  jocolor
____
(*) A décharge, je ne vois aucun rapport entre Sobek et la pollution, mais soit...

Treblig


Double prix Nobel
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Raymond a écrit:
Dans le Fleuve de Jade, on découvre un autre échec de Jacques Martin. L'apparition de ces bipèdes fantastiques aux visages de reptiles n'est jamais crédible. L'intention est manifestement de réveiller un sentiment d'horreur et de peur, mais pour ma part, l'impression qui prédomine est plutôt la perplexité (voir même l'indifférence).   Rolling Eyes


En ce qui me concerne, c'est un sentiment de répulsion total !!! Twisted Evil

Raymond

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Admin
Pour ma part, je ne connais pas cette interview dans laquelle Jacques Martin attribue l'apparition des "hommes-lézards" à une pollution du Nil.

En fait, je trouve cette explication un peu simpliste. Elle ne rend pas l'existence de telles créatures réellement vraisemblable.  Rolling Eyes


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Damned

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grand maître
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Raymond a écrit:Pour ma part, je ne connais pas cette interview dans laquelle Jacques Martin attribue l'apparition des "hommes-lézards" à une pollution du Nil.

En fait, je trouve cette explication un peu simpliste. Elle ne rend pas l'existence de telles créatures réellement vraisemblable.  Rolling Eyes
Toute pollution peut amener des évolutions génétiques mais à très très long terme, et pas forcément visible!
De là a provoquer la naissance d'une nouvelle espèce c'est  totalement inconcevable à l'échelle humaine, et quand je parle "d'échelle humaine", j'entends depuis l'homo-sapiens (voire plus ancien) jusqu'à aujourd'hui ... Pour des micro-organisme peut être .....

Nous sommes dans une BD où l'auteur veut amener du fantastique, et donc, à ce niveau il faut laisser la place à l'imagination plus qu'à la réalité scientifique ....

Raymond Damned

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AJAX

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docteur honoris causa
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Le film SF auquel je faisais allusion plus haut est ALLIGATOR PEOPLE (Roy Del Ruth, 1959 – avec Beverly Garland, Bruce Bennett & Lon Chaney Jr. : http://www.imdb.com/title/tt0052549/?ref_=fn_al_tt_1 ). La mutation résultait d’un traitement médical inapproprié, mais j’ai vu le film lors d’une Convention SF à l’U.L.B., il y a bien 30 ans. Et la SF n’et pas mon champ d’investigation privilégié).

J’essayerai de retrouver ma source, mais mes « archives Martin » doivent représenter 3 ou 4 cartons au grenier (coupures, archives de mes collaborations aux « Voyages » et le matos ALIX & ALII – inachevé vu nos divergences de vues). Mais - de mémoire - Martin y déclarait avoir traité d’un sujet écologique ce qui, bien sûr, impliquait me semble-t-il l’origine de ces hommes-crocodiles comme Raymond Damned l’a d’ailleurs très bien compris.

Il ne faut pas oublier que les années ’50-’60 ont vu éclore les films de SF marqués par la problématique du nucléaire et de sa résultante sur l’humanité mais aussi la vie animale. Je songe notamment à la saga japonaise de GODZILLA (GOJIRA), MOTHRA, RODAN etc. qu’il convient d’interpréter avant tout comme la revanche, par symboles interposés, d’un Japon militairement vaincu. Ce monstre préhistorique, réveillé par la bombe atomique, n’est rien d’autre que le vieux dragon asiatique dressé contre l’Occident, comme du reste le rappelle éloquemment un film comme KING-KONG VS GODZILLA). Toute histoire de SF surfe ainsi sur une prophétique improbabilité. Et ce n’est pas demain la veille que l’on va recréer Frankenstein avec des morceaux de cadavres récupérés à droite et à gauche, recousus ensemble, alors qu’il suffirait de prendre un corps complet en remplaçant seulement les pièces défectueuses. Ce qui en somme se fait actuellement, avec la transplantation d’organes (qui n’était pas à l’ordre du jour quand Mary Shelley écrivait son roman).

En somme… LES METAMORPHOSES d’Ovide revues par Hiroshima, Nagasaki et… Kawasaki !  lol!

Raymond

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Admin
En relisant certaines aventures d'Alix qui, dans mes souvenirs, étaient assez éloignées du fantastique, je découvre qu'elles contiennent tout de même beaucoup de détails fantaisistes, voir irréels.

C'est le cas par exemple de Ô Alexandrie.

Cette sombre histoire de disgrâce (et de mort) d'un grand prince égyptien, sur fond de rivalité entre Cléopâtre et son frère, conduit curieusement Jacques Martin à reprendre certains de ses thèmes favoris.

C'est ainsi qu'Alix retrouve l'orichalque dans les trésors cachés des monarques égyptiens. Il en fait un abondant usage pour s'éclairer dans de lugubres souterrains.




Les comportements imprévus des animaux jouent également un grand rôle dans cette histoire. Il y a par exemple les hyènes qui ont fait alliance avec Qâa, et qui protègent Alix contre les serpents. Il y a aussi cette horde de guépards qui agit d'une façon intelligente (entend elle des ordres de Qâa ?) et qui décide subitement d'épargner le jeune Ptolémée.



Heureusement, Jacques Martin ne fournit aucune explication à ces mystères, qui gardent ainsi tout leur charme. Very Happy


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AJAX

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docteur honoris causa
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Lorsque j’ai visité les tombes hypogées de Biban el-Harim (La vallée des Reines), le guide attirait l’attention des visiteurs sur le fait qu’on ne trouvait pas au plafond de ces traces de suie que laissent normalement torches et lampes à huile. Les Egyptiens utilisaient, semble-t-il, des jeux de miroirs qui se renvoyaient mutuellement la lumière du dehors.

Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Il est clair que, dans l’esprit de Jacques Martin, l’orichalque est lié à l’uranium (mieux vaut ne pas se demander, techniquement parlant, comment il a fait exploser le port de Carthage dans LE SPECTRE DE CARTHAGE). Admettons que le père d’Alix, grand affabulateur devant les Dieux immortels, appréciait  les sardines marseillaises  Very Happy  . Disons seulement que les matières radio-actives comme les sels d’uranium sont phosphorescentes comme le découvrit en 1896 Henri Becquerel (1852-1908) : les matières phosphorescentes émettent de la lumière dans le noir après expositions à la lumière (http://fr.wikipedia.org/wiki/Radioactivit%C3%A9 et aussi http://fr.wikipedia.org/wiki/Radon ).

Je lis aussi : « Certaines montres fabriquées dans la première moitié du XXe s. utilisaient des traces de radium ou tritium pour exciter en permanence la peinture phosphorescente (à base de sulfure de Zinc ZnS) de leurs aiguilles. Cette pratique dangereuse (en particulier pour ceux qui travaillaient à leur fabrication) a été abandonnée au profit de peintures à base d’aluminate de strontium (SrAl2O4) dopé par de l'europium, ces peintures ayant une rémanence et une luminosité dix fois plus grandes. » ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Phosphorescence ). J'espère qu'avant de jouer avec ça, le pauvre Qâa avait contracté une bonne assurance hospitalisation...

Une solution alternative : l’électricité ?
J’ai fait plus haut allusion au MATIN DES MAGICIENS. Je ne sais plus si c’est dans ce livre, ou dans Robert Charroux mais il était question des « piles électriques de Bagdad ». Il doit y avoir eu aussi un article à ce sujet dans la revue de para-archéologie KADATH. Autant qu’il m’en souvienne, elles ne servaient pas à s’éclairer, mais plutôt à des travaux d’électrolyse en orfèvrerie [galvanoplastie]. Elles dateraient de trois siècles av. n.E., mais pourraient être plus récentes (Sassanides). Je prends ça avec des pincettes, mais je conçois que ça ait pu faire rêver des auteurs de SF (cf. Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Pile_%C3%A9lectrique_de_Bagdad ).

Damned

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grand maître
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AJAX a écrit:

Une solution alternative : l’électricité ?
J’ai fait plus haut allusion au MATIN DES MAGICIENS. Je ne sais plus si c’est dans ce livre, ou dans Robert Charroux mais il était question des « piles électriques de Bagdad ». Il doit y avoir eu aussi un article à ce sujet dans la revue de para-archéologie KADATH. Autant qu’il m’en souvienne, elles ne servaient pas à s’éclairer, mais plutôt à des travaux d’électrolyse en orfèvrerie [galvanoplastie]. Elles dateraient de trois siècles av. n.E., mais pourraient être plus récentes (Sassanides). Je prends ça avec des pincettes, mais je conçois que ça ait pu faire rêver des auteurs de SF (cf. Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Pile_%C3%A9lectrique_de_Bagdad ).

Ca parait inconcevable autrement aujourd'hui, mais l'électricité ce ne fut pas tout de suite la lumière : Il a fallu, aussi, inventer l'ampoule à filament pour que électricité et lumière deviennent synonymes !

Raymond Damned

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AJAX

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docteur honoris causa
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Bien sûr Raymond Damned. C'est ce qu'on nomme des obstacles épistémologiques. Héron d'Alexandrie avait en théorie imaginé la machine à vapeur : l'éolipile. Un ballon empli d'eau, tournant sur un axe et muni de deux tuyères latérale. Exposez le ballon au feu. L'eau bout, la vapeur s'échappe par les tuyères et la sphère tourne toute seule sur son axe.

Mais faire fonctionner un navire à vapeur comme celui de Martin dans L'ILE MAUDITE, encore eut-il fallu que les Grecs connussent aussi l'arbre à came, possédassent suffisamment de forêts pour alimenter les chaudières, sussent fabriquer de la tôle etc.
Comme quoi il y a loin de la théorie à la pratique.
(Source : Bertrand Gille, Les mécaniciens Grecs, Payot)

AJAX

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Sorry, je crois bien que les Grecs connaissaient l'arbre à cames. En fait je voulais parler du vilebrequin entraînant les pistons.
Le bouquin de Gille est encore en carton, quelque part. Je ne l'ai pas sous la main.

La mécanique n'est pas mon truc. Je ne suis pas ingénieur comme Martin, moi... cheers

Damned

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grand maître
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AJAX a écrit:Sorry, je crois bien que les Grecs connaissaient l'arbre à cames. En fait je voulais parler du vilebrequin entraînant les pistons.
Le bouquin de Gille est encore en carton, quelque part. Je ne l'ai pas sous la main.

La mécanique n'est pas mon truc. Je ne suis pas ingénieur comme Martin, moi... cheers
C'est bien ce qui me semblait, le vilebrequin étant un instrument analogie à la manivelle, plus imaginable que l'arbre à came qui nécessite des études plus fines et complexes......

Raymond Damned

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AJAX

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Vais essayer de remettre la main sur le bouquin de B. Gille; il a indiqué toute une liste de ces obstacles épistémologiques qui à l'époque rendaient impossible le développement de l'éolipile vers la machine à vapeur.

Mais pour l'instant, je n'ai sous la main que Wikipedia, qui dit notamment ceci : "La première trace d'un arbre à cames se trouve dans la construction, par les Grecs, à l'époque hellénistique, au IIIe siècle avant J.-C. dans des automates hydrauliques. On le retrouve aussi dans certains automates d’Héron d’Alexandrie.
Selon Jean Guimpel, dans « La révolution industrielle du Moyen Âge », l'arbre à cames est apparu vers le XIIe siècle et a été utilisé dans les moulins (en particulier les moulins à eau) qui effectuaient des opérations comme le tannage des peaux et autres. Bertrand Gilles dans « Les développements technologiques en Europe de 1100 à 1400 » situe l'utilisation de l'arbre à cames au XIe siècle."
( http://fr.wikipedia.org/wiki/Arbre_%C3%A0_cames#Histoire ).

Raymond

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Hum, nous plongeons dans l'histoire de la mécanique !  Very Happy

Revenons au fantastique ! Certains albums en contiennent très peu, comme par exemple le Cheval de Troie. Même si le thème principal est hautement improbable (soit la conservation d'un cheval de bois plus de 1000 ans après sa construction), il n'est pas à proprement parler fantastique, et les mystérieux anciens troyens ne le sont pas non plus.

Toutefois, en passant par Delphes, Alix rencontre la fameuse pythie qui lui assène une étonnante prédiction. Ce n'est bien sûr pas une surprise de la part d'un tel personnage mais ... on se retrouve tout-à-coup ainsi dans le paranormal.  Very Happy


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Raymond

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Parfois, il n'y a aucun élément fantastique dans le récit, mais Jacques Martin intègre alors des séquences oniriques au sein de l'aventure.

C'est le cas des Proies du Volcan, un récit qui se déroule sur une île imaginaire. C'est au départ une banale histoire de "Robinson", puis cela devient ensuite un affrontement entre Alix et les peuplades qui vivent sur l'île.

Tout est (presque) rationnel dans ce récit, mais Jacques Martin introduit soudain un rêve bizarre d'Enak. L'auteur s'arrange ensuite pour l'expliquer.



Il lui manquait en fait sa petite dose d'irrationnel !  Very Happy


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Raymond

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Signalons encore qu'un certain nombre d'albums d'Alix ne contiennent aucun phénomène de type fantastique.

Ce sont la Tiare d'Oribal, Iorix le Grand, le Fils de Spartacus, l'Empereur de Chine ou les Barbares.

Ce ne sont pas les plus mauvais ! Very Happy


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docteur honoris causa
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Les Barbares sont, à mon sens, plutôt un roman d'anticipation militaire : la forteresse d'Altus Rhenus, c'est Xanten, telle qu'elle sera sous Trajan (Colonia Ulpia Traiana), et le tribun Tullius Carbo (ré)invente les panzerdivisionnen de Guderian 2.000 ans avant les vrais. Les caisses de chars sont blindées et munies de lames de faux (p.7), qui ont mystérieusement disparues pp.28-31, pour réapparaître pp.32-33.

A part ça, l'histoire s'inspire plus judicieusement des opérations amphibies de Germanicus. J'ai apprécié la présence de commerçants Grecs en Germanie (justifiée) et les équipements des simples légionnaires qui sont bien d'inspirations tardo-républicaine; un peu moins les casques de centurion qui sont plus tardifs (type "Imperial gaulois", avec les "sourcils" de renforts sur le front) (Ier s. de n.E.).

Le Rhin gelé fait référence au franchissement du fleuve par les Vandales, Alains et Alamans dans la nuit du 31 décembre 406, quoique les historiens sérieux révoquent en doute cette tradition légendaire (les Barbares auraient emprunté le pont romain de Bingium).

Que l'on ait réussi à enflammer le Rhin gelé avec un mélange de graisse et de résine (?) (p.44), ou de naphte (???) me laisse perplexe. Il eut fallu un super-tanker pour obtenir ce résultat... En principe le feu grégeois n'a été inventé par Kallinikos qu'au VIe s., quand les Arabes assiégeaient Byzance. Mais bon, soit, après tout Thucydide mentionne un lance-flamme primitif au siège de Délion, pendant la Guerre du Péloponnèse !

Sinon, c'est un album très agréable et beaucoup mieux dessiné que ROMA, ROMA... qui vient après : soit que Moralès ait été plus appliqué, soit que la participation de Christophe Simon ait sauvé la mise. Je ne sais.

Erik A

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martinophile distingué
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Les proies du volcan, c'est quand même un album étrange et inattendu qui m'a fait décrocher, je crois... J'avoue que je ne l'aime pas trop, il faudrait sans doute le relire, je me base sur mes souvenirs lors de l'achat à parution...

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