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Par delà le Styx

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126Par delà le Styx - Page 6 Empty Re: Par delà le Styx le Lun Jan 11 2016, 18:47

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grand maître
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127Par delà le Styx - Page 6 Empty Re: Par delà le Styx le Mar Jan 12 2016, 10:01

Raymond

Raymond
Admin
Merci de la correction pour le lien.    pouce

Seule fausse-note au sein de ce concert de louanges, l'article mis en ligne par le site les Diagonales du Temps, dont je ne partage pas du tout les opinions.    Evil or Very Mad

http://www.lesdiagonalesdutemps.com/2015/11/par-dela-le-styx-un-album-d-alix-dessine-par-marc-jailloux-et-scenarise-par-mathieu-breda.html

C'est un article d'ailleurs un peu curieux, car en plus de ses propres commentaires, il reprend un certain nombre de choses qui ont été écrites dans notre forum sur la maison d'Alix et la chronologie de ses aventures (Jacky-Charles est d'ailleurs remercié pour son travail).


_________________
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http://lectraymond.forumactif.com

128Par delà le Styx - Page 6 Empty Re: Par delà le Styx le Mar Jan 12 2016, 10:44

Invité


Invité
Quand il dit que ces histoires devraient êtres publiées sur un plus grand nombre de pages, je pense qu'il n'a pas forcément tort, d'autant plus qu'il existe bon nombre d'auteurs de bandes dessinées à qui, heureusement, cette possibilité est encore offerte de nos jours. Cool

Le fait que les posts historiques de Jacky-Charles soient également mentionnés est la preuve évidente que son travail est apprécié au-delà de ce forum et c'est tout à son honneur. pouce

Et puis, de temps en temps, il faut savoir accepter la rédaction d'articles un peu moins louangeurs. Wink

129Par delà le Styx - Page 6 Empty Re: Par delà le Styx le Mar Jan 12 2016, 12:31

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grand maître
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Ben oui, il pense ce qu'il veut le gars. Moi-même, je ne suis pas le dernier à pinailler les détails historiques (ce qui n'a toujours pas l'heur de plaire à tout le monde, mais je m'en fiche).

Je lirai ça ce soir, pour l'instant Raymond je vais dévorer le webzine de ton compatriote la XIIe HEURE, qui vient de tomber - entièrement consacré à la série TV HISPANIA, LA LEYENDA, inédite en français (mais j'ai les DVD), consacrée à Viriathe.

Mais blague à part, j'ai tout de même regardé en diagonale les états d'âme de cette Miss Monneypenny qui semble avoir des problèmes de trésorerie et - entre manga et ligne claire - cherche le meilleur rapport quantité-prix. Devrait s'abonner à TEST-ACHATS !

Je note, comme tu l'as justement observé, que pas mal d'échanges de notre Forum ont été pillés, pas seulement les discussions sur la maison d'Alix à Rome ou la chrono-biographie de Jacky-Charles, mais aussi mes observations sur Marc Antoine et la fonction de Maître de Cavalerie (jusqu'à reprendre à son compte certaines images, comme le "dandysme" d'Antoine). C'est évidemment très bien de mettre en lien ALIX'MAG, mais ce n'est qu'un paravent pour dissimuler la véritable source.

Doit s'agir d'un petit jeune; mais, à sa décharge... il a de bonnes lectures ! pouce

130Par delà le Styx - Page 6 Empty Re: Par delà le Styx le Mar Jan 12 2016, 12:36

Raymond

Raymond
Admin
De mon côté, j'accepte bien volontiers les articles critiques. Il y a souvent plus à discuter dans ceux-ci que dans des articles pleins de louanges. Je ne suis tout simplement pas d'accord avec l'idée principale de ce blogueur, qui estime que "Par delà le Styx" puisse être pénible à lire pour les personnes ne connaissant pas le "Dernier Spartiate" ou le "Dieu sauvage". Marc Jailloux et Mathieu Bréda ont en effet bien pris la peine de rappeler dans leur récit tout ce qui s'est passé dans les albums précédents, et il n'y a aucun manque d'information qui puisse handicaper leur scénario. Le comportement d'Héraklion apparait en conséquence tout à fait logique. La seule chose que les néophytes ne pourront pas éprouver, c'est ce plaisir de type "madeleine de Proust*, que l'ancien lecteur ressent en retrouvant un univers très spécifique ainsi que des personnages bien connus. Mais ça, c'est tout à fait normal !

Je ne suis donc pas du tout d'accord avec cette critique. Evil or Very Mad


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131Par delà le Styx - Page 6 Empty Re: Par delà le Styx le Mar Jan 12 2016, 13:21

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grand maître
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Sur ce point du "rappel des chapitres précédents", je suis d'accord avec toi, Raymond. Marc a bien fait son boulot.

132Par delà le Styx - Page 6 Empty Re: Par delà le Styx le Lun Fév 08 2016, 17:11

bruno

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Marc Jailloux dédicaçant son tirage de tête sur le stand Canal BD à Angoulême... Smile

Par delà le Styx - Page 6 20160110

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133Par delà le Styx - Page 6 Empty Re: Par delà le Styx le Jeu Aoû 09 2018, 21:26

Jacky-Charles


license ès BD
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Et voici comme annoncé la troisième analyse dont j'avais différé la publication. Je suis désormais à jour... jusqu'à la parution du prochain album.


PAR-DELÀ LE STYX

Trente-quatrième aventure d'Alix


Le résumé :

Alix se trouve à Rome, pendant l'absence de César qui poursuit les Pompéiens, commandés par Caton d'Utique et Metellus Scipion, en Afrique du nord. Mais son pupille, Héraklion, va mal : sujet à de fréquentes crises de fureur et de désespoir, il reçoit de mystérieux courriers qu'il va lire en cachette. Alix finit par apprendre que ceux-ci émanent d'Astyanax, l'ami et le protecteur de ses défunts parents, Héraklios et Adréa. Mais Astyanax est devenu mercenaire au service du roi de Numidie, Juba. Pour redonner la sérénité à Héraklion, Alix se met en quête d'Astyanax en Afrique du nord, en marge des batailles qui se préparent...


Quand cela se passe-t-il ?

L'album se conclut par la bataille de Thapsus, que César remporta sur les Pompéiens et leurs alliés, et qui eut lieu le 6 avril -46. Ce récit se déroule donc quelques jours avant et quelques jours après cette bataille. C'est l'une des rares aventures d'Alix précisément datée.


Où cela se passe-t-il ?

L'action commence à Rome, chez Marc Antoine ( à qui César a confié Rome en son absence ), puis chez Alix, avec des incursions dans le quartier de Suburre et sur le chantier du temple de Vénus Genitrix. Elle se déplace ensuite en Afrique du nord, d'abord à Utique*, puis à Cirta ( Constantine ), à Rusicade**, sur le champ de bataille de Thapsus ( près de Sousse ), pour s'achever à Utique.    

*Utique ou Utica : cité portuaire punique à 30 km de Carthage, Utique signifiant « ville ancienne » en punique, alors que Carthage était la « ville nouvelle » ; elle fut fondée en -1100 par les Phéniciens, donc 300 ans avant Carthage, c'était alors une étape indispensable au commerce entre Tyr et Cadix.

**Rusicade s'est appelée successivement Rus Ucadh à l'époque punique ( c'est à dire le Cap du Feu, parce qu'il y avait un feu permanent ou un phare servant à guider les navires entrant au port ), Rusicade à l'époque latine, Tasigda en berbère, Skikda en arabe, Philipeville à l'époque de la colonisation française de l'Algérie, pour redevenir Skikda après l'indépendance.


Le contexte historique

Nous sommes de nouveau dans le cadre de la lutte entre César et les partisans de Pompée. Ce dernier a été assassiné en Egypte où il comptait se réfugier après sa défaite devant César à Pharsale en -48. Après quelques intermèdes égyptiens et pontiques, César a repris la lutte contre les Pompéiens, commandés par Metellus Scipion et Caton, qui se sont installés, puis renforcés, dans la province romaine d'Afrique du nord, où ils se sont alliés au roi Juba 1er de Numidie, tandis que César est l'allié du roi Bocchus de Maurétanie
D'est en ouest, la province romaine d'Afrique du nord correspond au nord de l'actuelle Tunisie, c'est l'ancien territoire carthaginois ; la Numidie correspond à la moitié orientale du nord de l'actuelle Algérie ; la Maurétanie ( pays des Maures, peuple berbère, ne pas confondre avec l'actuelle Mauritanie ) correspond à la moitié occidentale du nord de l'Algérie et au nord du Maroc actuels.

Je vous propose de visiter la Numidie, un nouveau territoire pour les aventures d'Alix, de rencontrer ses rois Juba 1er et Juba II, de faire connaissance avec l'étonnant Publius Sittius, et, après le récit de la bataille de Thapsus, voir où en est la construction du temple de Vénus Genitrix à Rome, pour conclure avec une croisière sur le Styx ( titre oblige ! ).


La Numidie

Ce royaume du Maghreb central exista de -300 à -46 ; ses habitants sont les Numides, peuple berbère autochtone ; sa capitale est Cirta, qui fut rebaptisée Constantine au IV° siècle, en l'honneur de l'empereur Constantin 1er.  
Les Numides sont répartis en deux tribus : les Massyles dans la partie orientale et les Massaesyles dans la partie occidentale. Pasteurs nomades à l'origine ( d'où leur nom de Numides ), ils sont devenus en grande partie agriculteurs.
Le royaume connaît son apogée avec le roi Massinissa ( mort en -148 ) qui s'allia à Rome contre Carthage ; après la défaite des puniques, il put unifier la Numidie en récupérant des territoires annexés par Carthage. Reconnu roi par le Sénat romain, il eut un règne long et prospère.
Après une longue crise de succession, son petit-fils Jugurtha s'opposa aux Romains mais réusit à corrompre leur gouvernement pour être tranquille ( « Roma est urbs venalia » : Rome est une ville à acheter, disait-il ). Après l'exécution de commerçants romains, Rome finit par lui déclarer la guerre. Jugurtha résista aux légions du consul Metellus avec l'aide de son voisin de l'ouest, Bocchus 1er, roi de Maurétanie, mais Bocchus le trahit sur l'intervention de Marius et de Sylla qui lui exposèrent tous les avantages d'une alliance romaine. Jugurtha fut fait prisonnier et exécuté à Rome en -104.
La Numidie est alors partagée et sa partie occidentale est attribuée en récompense à la Maurétanie, devenue vassale de Rome.


Juba 1er, le roi malchanceux

Le dernier roi de Numidie orientale ( -85/-46 ) est né à Hippone ( Annaba ) ; fils et successeur de Hiempsal II en -60, il rétablit l'ordre dans le nord de la Numidie.
Craignant que Rome, où César est revenu en vainqueur de Pompée, n'annexe finalement la Numidie, Juba rejoint les Pompéiens révoltés contre lui. César passe en Afrique pour les affronter et les écrase à Thapsus le 6 avril -46 ( voir article suivant ). Juba est également vaincu, car il était allé au secours de sa capitale, Cirta, attaquée par le roi de Maurétanie qui était, lui, allié de César. Il revient à Zama dont les habitants lui interdisent l'entrée, car, avant de partir au combat, il leur avait demandé de lui en fermer les portes s'il était vaincu. Il réclame en vain à ses sujets de lui rendre sa femme et ses enfants ( dont Juba II ), puis, comme Caton, il se suicide pour ne pas être capturé par César.


La bataille de Thapsus

César avait débarqué à Hadrumète ( Sousse ) le 28 décembre -47 et assiégea Thapsus ( Ras Dimas ) qui se trouve à peu de distance. Il doit affronter l'armée de Metellus Scipion qui disposait de 80 000 hommes, dont 20 000 cavaliers et 60 éléphants ; elle se met en ordre de bataille avec la cavalerie et les éléphants sur les flancs. Les forces de César sont à peu près équivalentes et il commande lui-même son flanc droit.
Quand la bataille s'engage, les éléphants font des ravages dans les rangs des légionnaires de César. Celui-ci fait alors sonner des trompettes dont le bruit affole les éléphants, qui piétinent cette fois la cavalerie de Metellus Scipion ; il est alors forcé de battre en retraite par la cavalerie de César. Metellus périt au cours de cette retraite, ainsi que 10 000 de ses soldats.
A Utique, Caton, qui attendait avec ses propres troupes, se suicide en apprenant la défaite.


Publius Sittius, le condottière

Originaire de Nucérie, en Campanie, il fut aventurier, banquier, et chef d'armée mercenaire. Il est mort en -44.
Ce « faiseur d'affaires financières », selon son ami Cicéron, devint le créancier de provinces et de royaumes. Mais il ne fit pas que de bonnes affaires, car il fut obligé de les liquider en -64 pour payer ses dettes. Il va alors en Maurétanie où il forme une armée mercenaire composée d'Italiens proscrits ou ruinés par les guerres civiles, et qui lui sont dévoués. Il la met au service des rois d'Afrique du nord, n'hésitant pas à changer de camp au gré des enchères ou des victoires, ce qui lui permet de refaire sa fortune et d'acquérir une solide réputation de stratège.
En -47, il met sa troupe et sa flotte au service de César ( ils ne se connaissaient pas avant ) et  rejoint l'armée du roi de Maurétanie Bocchus II. Ensemble ils envahissent la Numidie de Juba 1er, s'emparant de Cirta et mettant ainsi l'armée pompéienne de Metellus en difficulté face à César.
Le lieutenant de Juba 1er, Saburra, est vaincu par Sittius et Bocchus II dans le même temps que César est vainqueur à Thapsus.
En récompense de ses services, César accorde à Sittius et à ses troupes un vaste territoire dans le nord-ouest de la Numidie autour de Cirta et de Rusicade.
Le reste de la Numidie est alors annexée par Rome.
Après la mort de César en -44, le prince numide Arabion rentre d'Hispanie où il s'était réfugié lorsque les fils de Pompée occupaient le pays et tente de reconquérir son royaume. Il chasse Bocchus II de la Numidie occidentale et provoque la mort de Sittius ; d'abord partisan d'Octave, puis de Sextus Pompée, Octave l'élimine et réunit les deux royaumes.


Juba II, le roi savant

Il n'apparaît pas dans notre histoire, car il n'avait que cinq ans au moment de la bataille de Thapsus, mais sa carrière fut assez originale pour mériter qu'on s'y intéresse.
Il naquit à Hippone ( Annaba ) et vécut de -52 à 23 de notre ère.
Il fut capturé après Thapsus et envoyé à Rome où il figura dans le triomphe de César en -46, en même temps que Vercingétorix et Arsinoé, la soeur de Cléopâtre. Plus chanceux qu'eux, le premier ayant été exécuté et la seconde exilée à Ephèse, il fut élevé par Octavie, la soeur d'Octave, qui se chargea aussi, en plus de ses propres enfants, de ceux d'Antoine et de Cléopâtre, dont Cléopâtre Séléné que Juba épousa en -19.
Après Actium, Octave, comprenant tous les avantages que pourait lui procurer un roi client qui serait son obligé, rendit son royaume à Juba et lui confia également en -25 la Maurétanie que Bocchus II, mort sans héritiers, avait léguée à Rome. Juba fixa sa capitale à Caesarea, l'ancienne ville de Iol ( aujourd'hui Cherchell ), l'entoura d'une enceinte de 4 460 m et y édifia des monuments grandioses : forum, amphithéâtre, théâtre, aqueduc, thermes, temples, jardins publics, sur le modèle culturel italien.
Grâce à la formation princière dont il avait bénéficié à Rome, il était devenu un citoyen romain épris d'hellénisme qui ouvrit son royaume, où l'influence punique restait forte, à la culture romaine. Toutefois, ce n'était pas une nouveauté : héritage de l'époque hellénistique, la famille royale de Numidie était philhellène depuis longtemps ; Massinissa s'était efforcé d'apparaître comme un souverain hellénistique évergète, ainsi qu'en témoigne les statues qui lui furent érigées à Délos ; Hiempsal II, le père de Juba 1er, hérita de la bibliothèque de Carthage après la destruction de la ville en -146.
Administrateur habile, Juba II maintint la paix entre son peuple et Rome qu'il approvisionnait en produits agricoles. De nombreuses colonies romaines s'établirent à cette époque sur son territoire.
Homme de grande culture, tous les domaines lui étaient familiers : lettres, sciences, médecine, peinture, théâtre, architecture,...
Il est l'auteur d'ouvrages sur l'histoire et la géographie de son pays, sur l'Assyrie, l'Arabie, les plantes ( en particulier l'euphorbe, à laquelle il donna le nom de son médecin personnel ) et surtout une « Histoire de Massinissa ».
Citant toujours ses sources, ce qui était rare à l'époque, il était considéré comme une référence par les auteurs latins : Pline l'Ancien, Tite-Live et Diodore de Sicile qui en dit : « Il était encore plus connu pour son savoir que pour son règne ».
Il organisa des expéditions d'exploration vers les îles Canaries, les montagnes de l'Atlas et les sources du Nil.
Son tombeau proche de Tipasa abrite aussi le corps de son épouse Cléopâtre Séléné ; c'est un monument composite tenant des pyramides égyptiennes, du tumulus funéraire berbère et du temple grec. Est-ce pour cela qu'on le connaît sous le nom de « tombeau de la chrétienne » ?
Son fils et successeur Ptolémée poursuivit sa politique, mais il fut assassiné sur l'ordre de Caligula en 40 et la Numidie redevint province romaine.


Le temple de Vénus Genitrix

Le lieu des « exploits » aériens d'Héraklion mérite une visite, même si, à l'époque de cette histoire, il n'est pas tout à fait terminé.
Il fait partie du forum de César, le premier des forums impériaux de Rome. Il permet d'exalter les origines divines prétendues de la gens Iulia et donc celles de César lui-même. Il fera office de musée, selon Pline l'Ancien. On y trouvera notamment une statue de Venus Genitrix par Arkesilaos, un sculpteur grec contemporain de César, des peintures de Timomachos de Byzance representant Médée et Ajax et payées 80 talents par César, des pierres précieuses taillées, une statue en or de Cléopâtre, une cuirasse ornée de perles consacrée à Vénus par César.
En -54, César achète des terrains, entre 60 et 100 millions de sesterces, pour construire un nouveau forum au nord du vieux forum romain. Les travaux débutent en -51. En -48, lors de la bataille de Pharsale contre Pompée, César voue un temple à Vénus en échange de la victoire. Il sera édifié sur le Forum et inauguré le 26 septembre -46, à l'issue des triomphes célébrés par César après sa victoire à Tapsus.
Ce temple sera achevé par Octave, reconstruit sous Trajan et restauré sous Dioclétien. Ses vestiges seront mis à jour entre 1930 et 1932.


Le Styx et les Enfers

Les Enfers des Grecs n'ont rien à voir avec l'enfer des chrétiens, sauf qu'ils sont tous les deux les séjours des morts, de tous dans le premier cas, des seuls méchants dans le second.
Pour les Grecs, c'est le lieu souterrain où règne le dieu Hadès et son épouse Perséphone. On dit aussi « le royaume d'Hadès » ou « l'Hadès » tout court. Les Romains disent « Inferni ». C'est là que se rendent toutes les âmes pour y être jugées après la mort.

Les lieux : Erèbe, Champs-Élysées, Tartare

Erèbe : toujours noyée dans un brouillard noir, c'est la région la plus proche de la surface où vont les âmes des humains pendant leur sommeil. On y trouve trois palais : le palais de la Nuit, le palais des Songes et le palais du Sommeil. C'est le séjour de Hypnos ( le sommeil ) et de son frère Thanatos ( la Mort ), ainsi que du chien Cerbère qui interdit à quiconque est entré de ressortir. C'est de là que les rêves montent vers les hommes, passant par une porte de corne pour les rêves véridiques et par une porte d'ivoire pour les rêves mensongers.

Champs-Élysées : les « îles des bienheureux » étaient situées dans le lointain occident, au delà des flots de l'Océan. Les défunts, et quelques héros n'ayant pas mérité de mourir, y jouissent d'une nouvelle vie plaisante, dans ce lieu de printemps éternel où les fleurs, la végétation et les oiseaux symbolisent la gaieté.

Tartare : c'est l'endroit le plus profond des Enfers où les criminels célèbres reçoivent leur punition : Sisyphe, Tantale, les Danaïdes, etc. C'était aussi la prison des dieux déchus qui s'étaient opposés aux Olympiens : les Titans et les Géants. On y expie ses fautes, par toutes sortes de tortures physiques ou psychologiques. Sa triple enceinte d'airain renferme une région aride, sans vie, monotone, avec des étangs glacés, des lacs de soufre ou de poix bouillante, des fleuves aux eaux boueuses, des marécages nauséabonds où baignent les âmes malhonnêtes. C'est là que s'élève le palais d'Hadès qui sépare le Tartare des Champs-Élysées.

Les fleuves infernaux : Styx, Achéron, Cocyte, Phlégéton, Lethé

Styx : c'est le plus connu. Ses eaux donnent l'invulnérabilité : Thétis avait trempé son fils Achille dans le Styx pour le rendre invincible, sauf au talon par lequel sa mère le tenait. Un serment « par le Styx » est irrévocable. A l'origine, Styx était une nymphe qui aida Zeus à combattre les Titans : en récompense, il en fit le lieu sacré des promesses des dieux.

Achéron : à l'origine fils du Soleil et de la Terre, il fut changé en fleuve aux eaux empoisonnées par Zeus en punition d'avoir abreuvé les Titans pendant la guerre contre les Olympiens. On le traverse sur la barque de Charon pour accèder aux Enfers, mais le retour n'est pas possible, sauf pour quelques héros.

Cocyte : affluent de l'Achéron, sur ses rives attendent les âmes des morts sans sépulture ; son cours est formé par les larmes versées par les âmes mauvaises en repentir.

Phlégéton : autre affluent de l'Achéron, constitué de flammes et entourant la « prison des mauvais ».

Léthé : quand les âmes des justes ou des mauvais repentis pouvaient quitter les Champs-Élysées pour recommencer une autre vie humaine vierge de tout souvenir de la précédente, elles devaient boire l'eau de ce « fleuve de l'oubli », mais certains souvenirs subsistaient parfois...      

Entrer et sortir des Enfers

Ils sont situés à une extrême profondeur sous la Grèce et l'Italie selon certaines traditions, ou encore à l'ouest du monde selon d'autres ; nos aïeux ont concilié les deux en disant qu'il existe plusieurs entrées depuis le monde des vivants, à partir de cavernes insondables ou d'anfractuosités.
Les âmes y sont des ombres, sans substance, ni force, ni sentiment, mais elles peuvent reprendre vie  si on les évoque par une libation de sang à même le sol.
A leur entrée, elles sont jugées par les trois juges des Enfers, Minos, qui préside, son frère Rhadamanthe et Éaque, qui les dirigent selon leurs fautes ou leurs mérites vers le Tartare ou les Champs-Élysées.  
Seuls Héraclès, Psyché, Thésée, Orphée, Enée et Ulysse ont réussi à en sortir et à revenir parmi les vivants.



Alix et Héraklion, Rome et la Grèce : symboles d'une étrange relation

Dans cette histoire, les relations entre nos deux héros sont parfois agressives, parfois apaisées. Les raisons de cette dualité sont contenues dans le récit et j'y reviens dans l'article suivant « Comment est racontée l'histoire ». Mais elles m'évoquent aussi celles, non plus de fiction mais historiques, qui existaient entre la Grèce et Rome, entre les Grecs et les Romains, depuis plus d'un siècle avant le déroulement de cette histoire, c'est à dire depuis que Rome a conquis la Grèce après une période de conflits à laquelle la révolte des parents d'Héraklion, Héraklios et Adréa, semble avoir mis un point final. On sait que, cette période et quelques soubresauts passés, la Grèce ne bougera plus, se figeant dans la contemplation et l'exploitation de sa grandeur d'autrefois.

Auprès d'Alix, le statut d'Héraklion est étonnant. L'ultime révolte d'Adréa ayant été vaincue par Horatius, on s'attendrait à ce que ce soit ce général qui prenne comme otage le garçon orphelin qu'il ne fallait surtout pas laisser entre les mains de ses compatriotes, symbole, là encore, d'une liberté réclamée mais pas obtenue. Horatius y reviendra plus tard, mais en attendant, Héraklion est confié à Alix pour respecter les dernières volontés d'Adréa. Celle-ci avait d'abord souhaité qu'Alix soit le précepteur de son fils qui avait promis de lui être « soumis et fidèle », expression fort ambiguë, autant que le titre de l'album, puisque « Le dernier spartiate » se déroule très loin de Sparte !

Le statut d'Héraklion est celui d'un pupille, alors qu'il aurait pu être un otage. A cette époque et dans un tel contexte, être otage n'était pas obligatoirement une mauvaise situation. A l'origine, et depuis des siècles et dans tous les pays, des membres de familles éminentes de peuples vaincus étaient remis au vainqueur en garantie d'une bonne conduite de ces peuples envers le vainqueur dans le futur. Ce fut le cas, après la bataille de Pydna, de l'historien grec Polybe, qui n'eut pas lieu de s'en plaindre ( voir plus bas ). Les otages répondaient théoriquement sur leur vie de la sagesse des leurs, mais les Romains, comme d'autres avant eux, adoptèrent une autre politique et prirent grand soin des otages dont ils disposaient : il s'agissait de les convaincre, notamment en les instruisant, de la supériorité de la civilisation romaine. La plupart furent convaincus et revinrent dans leur pays pour être les plus ardents propagandistes de la romanité. Sous Auguste et ensuite, ils étaient réunis à Rome dans une sorte de collège où ils étudiaient en ayant une vie assez agréable.

Le statut d'Héraklion auprès d'Alix est très différent de celui d'Enak ; il est plusieurs fois dit, au fil des histoires, qu'Alix et Enak se considèrent comme des frères. Je me suis déjà demandé comment Enak avait pu devenir citoyen romain : trop jeune pour avoir occupé une magistrature ou avoir accompli des actions méritant une telle récompense ( rarement accordée ), il n'avait pu qu'être adopté à son tour et par qui d'autre qu'Alix ? Celui-ci l'a fait bénéficier d'un avantage qu'il avait lui-même obtenu. En a-t-il été de même pour Héraklion dont on apprend qu'il suit une formation de « jeune cavalier romain » ( « Roma, Roma... » ) ? C'est possible, sans que ce soit dit clairement. Ce qui est certain c'est que l'adoption envisagée par Horatius n'aboutira jamais ( « Le cheval de Troie » ), laissant ainsi Alix seul en face de ses responsabilités  au sujet du garçon.

Si c'est le cas, c'est à bon droit qu'il peut reprocher à Alix ses nombreuses absences. Certes, celles-ci sont légitimes, il est la plupart du temps en mission plus ou moins officielle. Ce devait être alors la situation d'un bon nombre d'enfants ou de jeunes gens de l'aristocratie romaine ou grecque : entre les guerres, la diplomatie, le commerce, les pater familias ne devaient pas être souvent présents à leur domus. Mais il y avait la mère, les parents... rien de tout cela pour Héraklion, puisque même Enak suit Alix partout ; personne d'autre que des serviteurs : même dévoués comme Héliodore, cela ne constitue pas une famille. Il grandit donc quasiment seul avec ses études pour seule occupation ; il ne court pas de dangers à la différence de ses deux compagnons, mais il vit dans l'ennui, la perte de son passé et l'absence de références pour le présent et l'avenir. Il reste pourtant là, contraint et forcé, comme le sont désormais l'ensemble des Grecs conquis par rapport aux Romains conquérants.

Et c'est là que le parallèle entre ce cas particulier et l'Histoire générale de cette région à cette époque devient évocateur et intéressant.

La conquête de la Grèce par Rome se déroula en plusieurs épisodes. Récapitulons brièvement les grandes lignes de ce qui se passa dans le bassin méditerranéen depuis Alexandre le Grand. Après la mort de celui-ci, ses successeurs se partagèrent les cités grecques qui tentèrent vainement de recouvrer leur indépendance. La partie européenne dépend du royaume de Macédoine, tandis que les cités d'Asie mineure tombent dans l'escarcelle des Séleucides.

Une coalition comprenant Pergame, alliée de Rome, est soutenue par cette dernière et s'oppose à Philippe V de Macédoine qui est vaincu à Cynoscéphalès en -197, la liberté de navigation dans les détroits étant ainsi assurée. En -196, aux Jeux Isthmiques, le consul Flaminius proclame la liberté des Grecs. Traduisons liberté par anarchie : chaque cité peut ainsi n'en faire qu'à sa tête et de préférence contre les autres selon la bonne habitude grecque. De cette façon, Rome est sûre de ne pas avoir de front commun trop important constitué contre elle. Diviser pour régner, c'est vieux comme le monde mais ça marche à tous les coups.

Le roi séleucide Antiochus III qui promet aux Grecs une liberté véritable au lieu du succédané romain ( mais en réalité son hégémonie sur les cités ! ) est vaincu par Rome en -191. La notion de liberté à la romaine devient une sorte de protectorat sans lien juridique mais soumis à l'arbitraire de Rome. En -168, après la bataille de Pydna, la Macédoine devient à son tour une province romaine, et, en -146, après un sursaut de la ligue achéenne, Rome annexe la Grèce purement et simplement. C'est cette année-là que Corinthe est saccagée, ses oeuvres d'art prenant le chemin de Rome. Coïncidence, Carthage connaît le même sort la même année ( Delenda est... ). L'une et l'autre s'en remettront avec le temps.

Mais en -88, Mithridate VI Eupator, le roi du Pont, un vaste État qui domine la mer Noire, est en conflit avec Rome ; il massacre les Romains qui se trouvent chez lui et s'allie aux Grecs, dont les Athéniens. Sylla le bat, prend Athènes et pille la ville. Si Mithidate reprend le combat quelques années plus tard, les Grecs se le tiennent pour dit : il n'y aura plus de révolte.

Ce qui est réellement étonnant, dans cette histoire, c'est l'étrange fascination éprouvée par les Romains envers les Grecs qu'ils méprisaient ( les Graeculi, les « petits Grecs » ) et admiraient tout à la fois comme créateurs des lois, des sciences et des arts ; et c'est tout juste si les Grecs ne considéraient pas les Romains comme les derniers des barbares. Un Romain de bonne famille n'a pas reçu une éducation complète s'il n'est pas allé étudier à Athènes, Pergame, Ephèse ou Rhodes... C'est là que sont les grands maîtres, de philosophie notamment. Rome pille les oeuvres d'art des villes grecques, mais les copie aussi plus ou moins servilement, ses auteurs imitent les pièces de théâtre grecques... Les grands hommes de cette époque, à commencer par César, parlent et écrivent le grec couramment, et plus volontiers que le latin ; le grec est la langue véhiculaire du monde méditerranéen, comme l'anglais aujourd'hui. Pourtant, cette supériorité intellectuelle des Grecs ne donne pas de complexes aux Romains, qui ont pour eux la supériorité des armes, la seule qui compte dans ce qui devient un empire.

Il ne doit donc pas être facile pour un jeune Grec de cette époque de se situer dans ce monde où on lui reconnaît de manière innée les mérites de l'esprit, mais sans lui laisser la possibilité de se gouverner par lui-même dans le respect de son autonomie et de sa liberté. Ce sont les points communs que je voulais faire ressortir en retraçant l'histoire du pays et celle de nos héros. Comme son pays, on peut comprendre qu'un jeune homme sensible en souffre, surtout s'il n'a pas la possibilité de l'exprimer. Dans la situation complexe d'une relation subie par la force des évènements, ce n'est pas la sincérité qui lui manque, mais les mots pour la traduire.        


Comment est racontée l'histoire

Une histoire intime sur fond de guerre

Cet album est le troisième dessiné avec talent par Marc Jailloux, après « La dernière conquête », une demi-réussite sur le plan du scénario, et « Britannia », un grand moment de BD. C'est aussi le deuxième réalisé avec Mathieu Bréda au scénario. Mais cette histoire m'a moins convaincu que la précédente des deux mêmes auteurs.
Les aventures d'Alix nous montrent essentiellement deux catégories de déplacements : soit il est en mission officielle, soit il est est en voyage privé ; celle-ci appartient à la seconde catégorie.
L'histoire se compose de deux parties définies par le lieu de l'action : une première partie d'exposition à Rome, une seconde partie d'action en Afrique du nord.
La première partie, qui joue sur le mystère et l'inquiétude engendrées par l'attitude d'Héraklion, m'a paru un peu confuse. Si on comprend parfaitement les tourments physiques et mentaux d'Héraklion, pourquoi se cache-t-il pour lire les lettres d'Astyanax ? Celui-ci n'a jamais été hostile à Alix et le montre bien dans la suite de l'aventure. Pourquoi aussi Héraklion craindrait-il d'opposer Alix et Astyanax ? Le premier l'a recueilli et se comporte avec lui comme son tuteur, même s'il est très peu présent, ce qu'Héraklion n'a pas tout à fait tort de lui reprocher ; le second lui parle de sa famille et de son passé, en quoi cela serait-il incompatible avec l'aspect matériel ( qui n'est pas le tout dans sa vie ) que lui assure Alix ?
La seconde partie est plus claire, car dès qu'on débarque en Afrique, on est dans une aventure classique de recherches et de poursuites, avec des personnages typés, des péripéties à rebondissements, des décors très bien restitués, le tout très haut en couleurs. Tandis que la guerre gronde autour de lui et que les adversaires s'observent, se heurtant parfois avec fracas, Alix part d'abord à la recherche d'Astyanax, puis, sur les indications de celui-ci, d'un coffret qui renferme un certain nombre de révélations qu'il faudra ensuite transmettre à Héraklion. L'histoire se conclut sur la tentative d'assassinat manquée sur Astyanax, ( l'autre ressort de cette seconde partie ) qui a perdu sa guerre et doit s'enfuir, laissant Héraklion face au destin qu'il devra assumer.
Il y a là une histoire dans l'histoire, celle de ce destin qui est expliqué par plusieurs retours en arrière, au fur et à mesure que les personnages et les documents découvrent le passé, celui d'Héraklios et d'Adréa, les parents d'Héraklion, et leur relation avec Astyanax. C'est le vrai sujet de l'album, un récit somme toute intimiste que viennent ponctuer les scènes d'action et de bataille : le thème de fond et le thème d'action ne coïncident pas, la guerre n'est ici qu'accessoire, une simple toile de fond.

Thèmes historiques ou pas ?

La dernière réflexion sur ce récit m'amène à une remarque que j'avais notée depuis longtemps : les scénaristes qui ont succédé à Jacques Martin placent souvent désormais leurs histoires sous le patronage d'un événement historique précisément daté, même si celui-ci n'apparaît qu'accessoirement. Dans le présent album, c'est donc la bataille de Thapsus ( avril -46 ) ; précédemment, il y a eu le passage du Rubicon en janvier -49 ( La dernière conquête ), la fuite de Pompée en mars -49 ( La conjuration de Baal ), les triomphes de César en septembre -46 ( L'ombre de Sarapis ), le départ de César pour l'Hispanie fin -46 ( Le testament de César ), la bataille de Munda en mars -45 ( L'Ibère ) ; j'ajoute que « Britannia » est basée sur la seconde expédition de César en Bretagne ( -54 ) et « La cité engloutie » sur la bataille navale contre les Vènètes ( -56 ), et même si ces évènements ont eu lieu en dehors de la chronologie normale des aventures d'Alix, le scénario a été habilement construit pour en faire une situation apparemment inventée bien que basée sur des faits réels.
Et avant ? Nous sommes dans les scénarios de Jacques Martin et il faut remonter aux deux premières aventures pour y retrouver des faits datés : la bataille de Carrhae en -53 ( Alix l'intrépide )et le siège d'Alésia en -52 ( Le sphinx d'or ). Ensuite, plus de dates, seulement des allusions à la guerre des Gaules ou à l'opposition politique permanente entre César et Pompée. Dès que son personnage avait pris son essor, Jacques Martin s'était affranchi de tout repère historique précis au profit d'une période quasiment intemporelle et indéfiniment renouvelée, déterminée une fois pour toutes et ne nécessitant plus qu'on se réfère à un calendrier. Cela lui permettait de faire vivre son héros toujours dans la même ambiance sans être obligé de suivre le déroulement des faits historiques.
Comme disait son illustre prédécesseur Alexandre Dumas : « L'Histoire est un clou auquel j'accroche mes romans ! ». Dans les premières aventures d'Alix, le clou est à peine visible, c'est plutôt une toile de fond plus ou moins lointaine sur laquelle les époques et les décors se télescopent parfois. Il faut une grande imagination et une grande sûreté de rédaction pour réussir ce tour de force. Jacques Martin parvient à nous faire croire par exemple que la Cyrénaïque était encore une terre à coloniser à cette époque alors qu'elle avait depuis longtemps son école de philosophie ( Le dieu sauvage ) et aussi qu'on pouvait aller en Chine presque comme de nos jours ( quatre à six ans dans la « vie réelle » ! ).
Les nouveaux scénaristes se sentent-ils moins sûrs d'eux, ou plus soucieux d'authenticité, qu'ils donnent un repère historique incontestable à leur récit ? Le clou doit-il être plus apparent pour mieux tenir ?
Cela change aussi complètement le style des aventures d'Alix : nous sommes désormais plutôt dans le roman historique classique alors que du temps de Jacques Martin, on vivait une Antiquité rêvée, recréée et reconstituée au gré des idées de l'auteur.
De cela découle une autre remarque : si les histoires deviennent datées, fixées dans un temps réel, Alix ne pourra plus vivre indéfiniment les deux ou trois mêmes années qui forment depuis le début le cadre temporel de ses aventures, même si certaines en débordaient largement. Pour la simple vraisemblance, il faudra peut-être réfléchir à tout cela en vue des prochaines aventures.


Les Personnages

Les quatre personnages principaux

Alix : il est généralement en paix avec sa conscience et s'il ne se trouve pas toujours du meilleur côté, il esssaie d'être du moins mauvais ; ici, il s'en veut manifestement d'avoir négligé Héraklion qui est fondé à le trouver absent plus souvent qu'à son tour, même si c'est pour de bonnes causes. Il s'estime aussi fautif des malheurs passés de son pupille, qu'il tente de réparer tant bien que mal. Pour que tous deux retouvent la sérénité, il repart à l'aventure au milieu des dangers : un pays en guerre n'est pas ce qu'il y a de mieux pour une quête telle que celle qui le fait voyager. On ne sait pas qui, des amis supposés ou des ennemis avoués, sont les plus dangereux. Il lui faudra encore beaucoup de courage et d'ingéniosité pour s'en tirer sans dommages.

Enak : son rôle est, cette fois encore, assez limité, puisque Alix le laisse surveiller Héraklion. Il joue plutôt le garde du corps, ce qui est inhabituel, mais il s'en contente.

Héraklion : c'est lui le personnage central de cette histoire, même s'il n'apparaît qu'au début et à la fin, pour lancer l'intrigue et la conclure. Il a perdu à la fois son pays et sa famille et il en veut moins à Alix pour cela que d'oublier de l'écouter. Le seul lien, presque rompu, qui le relie au passé, c'est Astyanax, et celui-ci est en voie de disparaître à son tour : on comprend son désarroi. Renouer ce lien, même pour un bref instant, est le ressort de cette histoire.

Astyanax : on n'avait fait que l'entrevoir dans « Le dernier spartiate » et « Le dieu sauvage ». Ce guerrier aussi discret que dévoué, sage et courageux, trouve enfin ici un rôle digne de sa personnalité. On comprend les liens qui l'unissaient aux parents d'Héraklion. Compte tenu des promesses qu'il leur avait faites, ce n'est sans doute pas sans tristesse qu'il a dû abandonner ce dernier à la protection d'Alix. Pour ce nouveau combat au service d'un roitelet de Numidie, il se trouve une fois de plus l'homme des causes perdues. Après avoir permis à Héraklion de renouer avec le passé, il aura la vie sauve, mais au prix d'une défaite.

Et, par ordre d'entrée en scène :

Marc Antoine : il est le maître de Rome en l'absence de César, et il le fait bien sentir, mais dans la réalité, au delà du fêtard, il se révélait un politique avisé et un homme plutôt tolérant y compris envers ses adversaires.

Héliodore : ce discret serviteur d'Alix que l'on a déjà entrevu brièvement est navré de ne pouvoir mieux s'occuper d'Héraklion dont les problèmes le dépassent, mais qu'il suivra jusqu'en Afrique pour accomplir sa mission.

Thessalos : il est le médecin des corps, moins celui des âmes et le reconnaît, mais il fait ce que la science de son temps lui permet. Alix, qui ne le connaissait pas, l'avait rencontré pour la première fois sur le port d'Ostie dans « Le testament de César » qui se déroule... neuf mois après le présent récit, preuve que les scénaristes devraient relire attentivement ce qu'on a écrit avant eux !

Caton : Marcus Porcius Cato, dit Caton d'Utique ( -95/-46 ), arrière petit-fils du grand Caton, dit le Censeur, intransigeant comme lui, l'un des commandants de l'armée pompéienne. Il fut un des modèles du stoïcisme, ce qui explique peut-être qu'il préféra se suicider après la défaite de Thapsus.

Héraklios et Adréa : on découvre ici l'histoire des parents d'Héraklion, couple idéal, épris de justice et de liberté, au destin tragique, qui sont en filigrane les véritables héros de cette histoire ; mais de celle qui précède nous ne connaîtrons, comme leur fils, que des bribes.

Saburra : le lieutenant du roi de Numidie est un personnage réel dont on voit qu'il a des prétentions, peut-être justifiées par ses qualités, mais qui se fit battre à plate couture par Sittius.  

Juba 1er : voir plus haut l'article qui lui est consacré. Il est présenté ici comme une sorte de satrape oriental qu'il n'était sans doute pas, les souverains de Numidie étant hellénisés depuis longtemps. Il n'était pas un mauvais roi, mais un guerrier et un diplomate plutôt médiocre, que la réussite se mit à fuir.

Myra : les animaux ne jouent jamais un grand rôle dans les aventures d'Alix, mais cette éléphante, guerrière improvisée, inspire la sympathie. On notera qu'elle appartient certainement à une race autochtone disparue, car il était exclu de faire traverser le désert aux éléphants d'Afrique centrale ( sauf dans les poèmes de Leconte de Lisle ! ).

Mapta : le cornac de Myra est un de ces personnages juvéniles qui traversent les aventures d'Alix avec souvent, comme ici, un sort funeste. Il est pourtant plein de dévouement et de bonne volonté.

Maggo : le maître des éléphants est un homme autoritaire, mais plutôt accommodant, qui ne se fait pas d'illusions sur les services que ses bêtes pourraient rendre dans une bataille ; bien vu : les éléphants de l'armée pompéienne chargèrent d'abord les légionnaires de César, puis, ayant pris peur, se retournèrent contre leurs propres troupes. Après la victoire, César les fit capturer, mais n'ayant rien pu en tirer, les fit relâcher.

Tagos : l'homme de main de Sittius est un teigneux qui est ravi de pouvoir s'en prendre à Alix, mais leur poursuite éperdue se termine mal pour lui.

Publius Sittius : voir plus haut l'article qui lui est consacré. Ce devait être un personnage assez truculent, compte tenu de ses multiples activités, successives ou simultanées. Il est dommage qu'on n'ait aucun portrait de lui. Ici, il se fait bêtement mystifier par Alix, avec une revanche à la clé.

César : on parle beaucoup de lui, comme d'habitude, mais ici, il ne fait que passer, pour s'étonner de la présence d'Alix en Afrique. Pourquoi ne l'avait-il pas emmené avec lui dans son armée où ce cavalier expérimenté aurait pu lui être utile ?

Metellus Scipion : l'autre commandant de l'armée pompéienne désespère en apparence moins que Caton après la défaite, mais on sait qu'il mourut lui aussi en -46.

Xiphos : l'ancien soldat de la garde noire, qu'Astyanax prend pour un fidèle, est en réalité un traître que Sittius a acheté pour pas cher en vue de l'assassiner. Son échec et sa mort permettent à l'histoire de trouver une conclusion.


Conclusion

Moins abouti que « Britannia » des mêmes auteurs, il s'agit néanmoins d'un récit intéressant qui permet de renouer avec des personnages dont on ne connaissait qu'une facette de l'histoire. On ne peut que se laisser prendre par sa mise en scène somptueuse.


Sources : comme d'habitude, le « Dictionnaire de l'Antiquité », de Jean Leclant, a été ma base, avec les encyclopédies et la collection des « Cahiers de Science et Vie ».


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134Par delà le Styx - Page 6 Empty Re: Par delà le Styx le Jeu Aoû 09 2018, 21:59

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grand maître
grand maître
Beau travail comme d'hab, Jacky-Charles. J'imprime et je lis ça tranquillement. Tu nous a gâtés ces derniers jours... Very Happy

135Par delà le Styx - Page 6 Empty Re: Par delà le Styx le Mar Sep 18 2018, 14:37

SICARD François


débutant
débutant
Bonjour,
Je dirige l'Historial de la Vendée qui retrace l'histoire de ce territoire de la préhistoire à aujourd'hui.
A l'occasion des journées européennes du patrimoine, nous envisageons de réunir les 14 et 15 septembre 2019 plusieurs auteurs de BD historiques. Aussi, je cherche à joindre Marc Jailloux dont le travail sur Alix est tout à fait remarquable depuis la disparition du maître Jacques martin.
Peut-on m'aider à entrer avec lui ? Je vous en remercie par avance.
Bien à tous,
François SICARD (francois.sicard@vendee.fr)

136Par delà le Styx - Page 6 Empty Re: Par delà le Styx le Mar Sep 18 2018, 20:56

Raymond

Raymond
Admin
Bonjour François Sicard, et bienvenue dans notre forum.  

En premier lieu, il vous faut savoir que Marc Jailloux ne fait pas partie de notre forum, même si certains membres le connaissent bien.  Wink

J'imagine cependant que votre demande va bien finir par lui parvenir. D'ailleurs, il nous rend de temps en temps visite en tant que simple lecteur de nos commentaires.

Il y a heureusement encore pas mal de temps jusqu'à septembre 2019. On verra s'il y aura une réponse.  Cool


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