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Pleins feux sur Edgar Pierre JACOBS et Blake et Mortimer (2ème partie en cours)

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Raymond

Raymond
Admin
Prenons maintenant ton autre exemple, qui est celui de l'arrivée de la voiture de police puis le départ de la voiture des gangsters. Il me semble qu'il n'y a pas d'erreur de montage et que Jacobs a dessiné juste.

Voici d'abord l'édition des années 60 !

Pleins feux sur Edgar Pierre JACOBS et Blake et Mortimer (2ème partie en cours) - Page 37 Grande19

Puis l'édition de 2011 !

Pleins feux sur Edgar Pierre JACOBS et Blake et Mortimer (2ème partie en cours) - Page 37 Grande20

Pour ma part, je comprends la succession ainsi ! On voit d'abord la voiture de police qui arrive et qui s'arrête, puis la voiture des gangsters qui s'en va. Il n'y a rien à changer.


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marbou


lecteur émérite
lecteur émérite
Le sens de lecture qui me paraît logique me conduirait aussi à permuter les deux récitatifs, car le texte de celui de la petite image en haut à droite fait suite à celui de la petite image en bas et à gauche. Le sens de lecture étant (pour moi) les deux images de gauche puis les deux de droite...

arsen33


bédéphile pointu
bédéphile pointu
Pour moi aussi les deux textes devraient être inversés.
Il y a d'ailleurs un autre problème : sur la vignette en bas à gauche, la voiture de police est au niveau d'un cube à l'extrémité de l’hôtel au moment ou la Lincoln démarre (les grilles entre l'entrée et l’extrémité de l’hôtel sont différentes). Mais sur la vignette en haut à droite les deux voitures se croisent mais nous sommes encore au niveau du cube, elles ne se croisent pas devant l'entrée. La voiture des policiers n'a donc pas ou peu bougée entre les deux vignettes. La Lincoln a démarré en trombe mais visiblement la voiture des policiers est une voiture à pédales Very Happy
Bref, j'ai bien l'impression que Jacobs s'est emmêlé les pinceaux ou que j'ai perdu tout sens de la logique.

Raymond

Raymond
Admin
Pour ma part, je ne pense pas qu'il faudrait intervertir les vignettes ! L'ordre des cases est le bon !

Première case :  Olrik et Sharkey montre dans leur voiture.
Deuxième case. La voiture des policiers (et de Kamal) arrive sur place, elle s'arrête presque à côté de la voiture d'Olrik.
Troisième case : Olrik et Sharkey partent. Ils laissent sur place la voiture des policiers.
Quatrième case : Mortimer sort en titubant, alors que la voiture d'Olrik s'est déjà éloignée.

Par ailleurs, les récitatifs de Jacobs ne laissent aucune place au doute sur le bon ordre des cases.


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marbou


lecteur émérite
lecteur émérite
Je ne sais pas si on va y arriver, car j'ai été confus dans mon intervention ci-dessus. Je la corrige :
Le sens de lecture qui me paraît logique, les deux images de gauche puis les deux images de droite, me conduirait aussi à permuter les deux récitatifs, car le texte du récitatif de la petite image en haut à droite devrait faire suite à celui de la petite image en bas et à gauche : "...au moment précis [...] où celle du commissaire Kamal ...". Or c'est l'inverse.
Mais c'est du pinaillage.

arsen33


bédéphile pointu
bédéphile pointu
Raymond a écrit:Pour ma part, je ne pense pas qu'il faudrait intervertir les vignettes ! L'ordre des cases est le bon !

Première case :  Olrik et Sharkey montre dans leur voiture.
Deuxième case. La voiture des policiers (et de Kamal) arrive sur place, elle s'arrête presque à côté de la voiture d'Olrik.
Troisième case : Olrik et Sharkey partent. Ils laissent sur place la voiture des policiers.
Quatrième case : Mortimer sort en titubant, alors que la voiture d'Olrik s'est déjà éloignée.

Par ailleurs, les récitatifs de Jacobs ne laissent aucune place au doute sur le bon ordre des cases.

Ok sauf que sur la "deuxième" case, les 2 voitures ne sont pas devant le perron de l'hôtel. Ce ne sont pas les bonnes grilles.

Et pour la troisième case, cela veut dire que le voiture d'Olrik serait parti en trombe en marche arrière... Et la voiture des policiers n'est toujours pas devant le perron.

Dantec

Dantec
martinophile distingué
martinophile distingué
... Je ne pensais pas engager de tels échanges, tant l'inversion des cartouches me paraît personnellement évidente ( Very Happy ), pour deux raisons :

- d'abord, la pratique de lecture des vignettes horizontales à l'intérieur d'une bande qui, sans aucune exception dans Le mystère de la grande pyramide, s'effectue de haut en bas, puis de gauche à droite : je ne vois pas pourquoi Jacobs aurait dérogé à sa propre règle pour ce passage,

- ensuite, dans le déroulement de l'action, qu'on peut suivre facilement en se mettant en face du Shepheard's, comme le montre le croquis ci-dessous :

Pleins feux sur Edgar Pierre JACOBS et Blake et Mortimer (2ème partie en cours) - Page 37 Pyrami12

en 1, la Lincoln est garée devant l'escalier du Shepheard's,
en 2, la Lincoln démarre en commençant à longer la grille, tandis que la voiture de Kamal apparaît au niveau du bâtiment cubique,
en 3, la Lincoln et la voiture de Kamal se croisent à la fin de la grille,
en 4, la voiture de Kamal se substitue à la Lincoln devant l'escaler du Shepheard's (mais évidemment dans l'autre sens).

Je ne vois aucune autre façon de lire la succession des vignettes. Les textes des cartouches 2 et 3 doivent donc être interchangés, ce que confirment d'ailleurs les points de suspension : il n'y en a pas entre le 1er cartouche et celui qui vient logiquement en second (et qui est par erreur dans la 3ème vignette, en haut à droite) :
"... tandis que la Lincoln vient se ranger le long du trottoir."/ "L'instant d'après..."

Par contre, il y en a entre ce second cartouche et le troisème (qui est par erreur dans la seconde vignette, en bas à gauche) :
"... la puissante voiture démarre au moment précis..."/"... où celle du commissaire..."

Nous sommes donc en présence d'une séquence très "cinégénique" et très habile, dans laquelle la voiture verte du commissaire Kamal se substitue progressivement à la Lincoln noire d'Olrik, en même temps que celui-ci, qui était au centre de la 1ère vignette en descendant les marches "avec désinvolture", est remplacé dans la dernière vignette par Mortimer, "titubant sur le perron"... Mais l'auteur, comme le dit Arsen33, s'est effectivement emmêlé, sinon les pinceaux, du moins la plume, en plaçant son texte dans les mauvais cartouches...

Raymond

Raymond
Admin
Philippe Tomblaine consacre un bel article au Cri de Moloch, un album que je n'ai pas encore lu ! Il y présente aussi toutes les publications annexes de cet automne comme les éditions spéciales de l'album ou les journaux HS consacrés à Blake et Mortimer.

Pleins feux sur Edgar Pierre JACOBS et Blake et Mortimer (2ème partie en cours) - Page 37 Cri-du11

Le billet se trouve sur cette page :

http://bdzoom.com/161122/lart-de/blake-et-mortimer-tout-feu-tout-flamme-face-au-%c2%ab-cri-du-moloch-%c2%bb/


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eleanore-clo

eleanore-clo
docteur honoris causa
docteur honoris causa
Bonjour

La chronologie est très intéressante. Et je note qu'il manque Le testament de William S, aventure donc intemporelle Smile même si les Teddy Boys furent ainsi baptisés par le Dayly Express en 1953.

Eléanore

Godot

Godot
bédéphile pointu
bédéphile pointu
Il faudrait que je me remette à jour avec B&M, car je n'ai pas encore lu les derniers. Embarassed

eleanore-clo

eleanore-clo
docteur honoris causa
docteur honoris causa
Bonsoir Godot

Je confie adorer Le testament de Williams S pour toutes sortes de raisons.

Bien évidemment, j'adore Shakespeare. Et tant la représentation du Marchand de Venise que la visite de Mortimer et Elisabeth McKenzie à Stratford-upon-Avon me rappellent de délicieux souvenirs Very Happy . De même, les nombreuses scènes vénitiennes me remémorent un beau et long séjour dans la cité des doges. Et la fille de Sarah Summertown incarne la fille idéale : cultivée, serviable, dynamique, bon chic-bon genre sans être bégueule, etc. Les éclaireuses peuvent aller se rhabiller  Laughing Je suis plus dubitative sur les multiples rebondissements imaginés par Sente. Cependant, les coups de théâtre ne sont-ils pas au cœur des pièces shakespeariennes ?  Smile

Par ailleurs, il me semble que le dessin sensuel de Juillard se marie très bien avec la théâtralité du grand dramaturge anglais. Enfin les couleurs sont belles, so british

Du coup, j'ai lu et relu l'ouvrage et me suis offert la version éditée par la FNAC que j'ai complétée par une superbe dédicace de Juilliard.

Après, je ne suis pas objective, definitively . Et le Centaur Club a pourfendu cet opus, le classant parmi les plus mauvaises reprises : https://www.centaurclub.com/forum/viewforum.php?f=143&sid=881c65a0ed579234c8489242454f0509.

A vous de voir  Very Happy  .

Eléanore

Godot

Godot
bédéphile pointu
bédéphile pointu
eleanore-clo a écrit:Bonsoir Godot

Je confie adorer Le testament de Williams S pour toutes sortes de raisons.

[...]

A vous de voir  Very Happy  .

Eléanore

En lisant ton "engouement" pour Le testament de Williams S, par opposition à la mauvaise opinion du "Centaur Club", je me suis juré de le relire, rapidement. Je ne me souviens plus vraiment de l'histoire, si ce n'est qu'elle ne m'avait pas autant emballée que La Machination Voronov (Je compare avec autre un album du même duo : Sente-Juillard)

Par contre, je n'ai pas lu, par maque de motivation et suite à la lecture de L'Onde Septimus  :

Le Bâton de Plutarque
La Vallée des Immortels - Tome 1 - Menace sur Hong Kong
La Vallée des Immortels - Tome 2 - Le Millième Bras du Mékong
Le cri du Moloch

Raymond

Raymond
Admin
On n'a pas tellement parlé ici du Cri du Moloch, le dernier album de Blake et Mortimer qui est sorti il y a quelques semaines.

Pleins feux sur Edgar Pierre JACOBS et Blake et Mortimer (2ème partie en cours) - Page 37 Cri-du12

Pour ma part, je me sens un peu mitigé face à cette aventure qui flirte plus avec la science-fiction qu'avec les traditionnelles histoires policières ou les aventures d'espionnage. Le dessin de Cailleau est au fond assez correct, même si ce n'est pas du "simili-Jacobs", et c'est surtout le scénario de Jean Dufaux qui me dérange. Je n'arrive pas à croire d'extraterrestre qui "envahit un être humain", même en faisant un effort, et je pense que les fondements scientifiques de cette histoire sont insuffisants. Jacobs faisait toujours très attention à ce que le socle réaliste (et scientifique) soit solide afin que l'on puisse croire le récit. Et le Cri du Moloch est nettement défaillant à cet égard.

Je n'ose sinon pas aller voir sur le forum de Blake et Mortimer ce qu'ils écrivent là-dessus. Je suppose qu'il démolissent l'album, comme d'habitude. Wink


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Et toujours ... Pleins feux sur Edgar Pierre JACOBS et Blake et Mortimer (2ème partie en cours) - Page 37 Charli10
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marbou


lecteur émérite
lecteur émérite
Pour l'occasion de la parution de cette suite de "L'onde Septimus", j'ai relu l'ensemble.
J'avais bien apprécié la première partie de "L'onde Septimus", moins la seconde, avec tous les clones de Septimus en chapeau melon / parapluie, et ce vaisseau spatial incongru dans Londres...
Finalement, avec la relecture du premier et la découverte du second, je m'y suis laissé prendre. Le côté grand'guignol de Moloch est bien-sûr exagéré, mais pas si loin (à mon avis) de ce qu'aurait pu faire Jacobs. Ce n'est pas mes préférés post Jacobs, mais c'est un bon moment de lecture.
Sur le plan du scénario, j'ai préféré ce diptyque au précédent, même si le visage de certains personnages est parfois un peu approximatif...

Raymond

Raymond
Admin
Il est intéressant de lire que certaines personne sont apprécié ce dernier album. Le point central, c'est évidemment de croire à cette histoire.

Le libraire m'avait dit de relire en premier "l'Onde Septimus" mais je ne l'ai pas fait. Tu as l'impression que ça aide beaucoup à la compréhension de la 2ème histoire ?


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marbou


lecteur émérite
lecteur émérite
Je pense que relire le premier album aide (un peu) à la compréhension. En particulier, la seconde partie de L'onde Septimus, à partir de la découverte du vaisseau spatial, m'avait paru sans intérêt. Avec Moloch, ça forme un tout. Ca reste bien-sûr très grand'guignolesque, mais je m'y suis laissé prendre et n'ai pas trouvé le temps long en les lisant.
Ce diptyque est cependant bien moins bon que les meilleures reprises qui sont pour moi L'affaire Blake et La machination Voronov (et peut-être Le bâton de Plutarque, qu'il me faudrait relire), mais je l'ai nettement préféré à La vallée des immortels.

Draculea

Draculea
vieux sage
vieux sage
eleanore-clo a écrit:Bonsoir Godot

Je confie adorer Le testament de Williams S pour toutes sortes de raisons.

Bien évidemment, j'adore Shakespeare. Et tant la représentation du Marchand de Venise que la visite de Mortimer et Elisabeth McKenzie à Stratford-upon-Avon me rappellent de délicieux souvenirs Very Happy . De même, les nombreuses scènes vénitiennes me remémorent un beau et long séjour dans la cité des doges. Et la fille de Sarah Summertown incarne la fille idéale : cultivée, serviable, dynamique, bon chic-bon genre sans être bégueule, etc. Les éclaireuses peuvent aller se rhabiller  Laughing Je suis plus dubitative sur les multiples rebondissements imaginés par Sente. Cependant, les coups de théâtre ne sont-ils pas au cœur des pièces shakespeariennes ?  Smile

Par ailleurs, il me semble que le dessin sensuel de Juillard se marie très bien avec la théâtralité du grand dramaturge anglais. Enfin les couleurs sont belles, so british

Du coup, j'ai lu et relu l'ouvrage et me suis offert la version éditée par la FNAC que j'ai complétée par une superbe dédicace de Juilliard.

Après, je ne suis pas objective, definitively . Et le Centaur Club a pourfendu cet opus, le classant parmi les plus mauvaises reprises : https://www.centaurclub.com/forum/viewforum.php?f=143&sid=881c65a0ed579234c8489242454f0509.

A vous de voir  Very Happy  .

Eléanore


C'est un opus que j'ai également adoré et qui mon point de vue est remarquable. Quant au Centaur Club, que fait-il d'autre que de pourfendre systématiquement les nouveaux albums de continuation ? A de rares exceptions près ses membres n'ont aucun autre objectif que celui de dénier toute qualité aux contributions non jacobsiennes. Imaginons ce que cela donnerait si les lecteurs de Lefranc ou d'Alix avaient dans notre forum la même attitude. Ce serait évidemment bien triste !



Dernière édition par Draculea le Sam 19 Déc - 19:52, édité 1 fois

http://www.marchenriarfeux.net

Draculea

Draculea
vieux sage
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Raymond a écrit:On n'a pas tellement parlé ici du Cri du Moloch, le dernier album de Blake et Mortimer qui est sorti il y a quelques semaines.

Pleins feux sur Edgar Pierre JACOBS et Blake et Mortimer (2ème partie en cours) - Page 37 Cri-du12

Pour ma part, je me sens un peu mitigé face à cette aventure qui flirte plus avec la science-fiction qu'avec les traditionnelles histoires policières ou les aventures d'espionnage. Le dessin de Cailleau est au fond assez correct, même si ce n'est pas du "simili-Jacobs", et c'est surtout le scénario de Jean Dufaux qui me dérange. Je n'arrive pas à croire d'extraterrestre qui "envahit un être humain", même en faisant un effort, et je pense que les fondements scientifiques de cette histoire sont insuffisants. Jacobs faisait toujours très attention à ce que le socle réaliste (et scientifique) soit solide afin que l'on puisse croire le récit. Et le Cri du Moloch est nettement défaillant à cet égard.

Je n'ose sinon pas aller voir sur le forum de Blake et Mortimer ce qu'ils écrivent là-dessus. Je suppose qu'il démolissent l'album, comme d'habitude.  Wink

Malgré tout Jacobs n'a pas lésiné sur l'invraisemblable de la science-fiction non plus. Et cela en soi ne me dérange pas. Une critique publiée sur le site du Centaur Club fait preuve de plus de nuances et de complexité que ce qu'on lit d'ordinaire sur ce site dont le nom de Centaur Club laissant imaginer des gentlemen est largement décalé au regard de la pratique habituelle du jeu de massacre auquel on aime à s'y livrer. Je me contente d'indiquer ci-dessous cette lecture critique plus intéressante que ce qu'on lit d'ordinaire dans les pages de ce forum, et beaucoup plus longue de surcroît, avec enfin le lien pour ceux qui auraient envie d'aller voir.


Message par Park Lane » jeu. 26 nov. 2020 11:45

Il y a bien longtemps que je n'ai contribué à la vie de ce forum. Aussi, vais-je profiter de la parution de ce nouvel album pour écrire un billet au sujet des impressions qu'il m'a données à la première découverte.

Je l'ai lu sans déplaisir et même avec un certain plaisir. Je ne pense pas qu'il soit la pire des reprises, ni évidemment la meilleure, pour cette raison que ce type de classement dépend de beaucoup de critères dont celui des genres abordés. Certains lecteurs préfèrent le récit de science-fiction, d'autres le récit d'espionnage, d'autres encore l'intrigue policière ou le récit de guerre, autant de registres qui se sont illustrés au fil des publications, du vivant de Jacobs déjà. Ensuite, il y a, de l'intérieur de chacun de ces genres, la plus ou moins grande réussite du projet mené. Le cri du Moloch me semble du point de vue de son contenu un honnête album. Il manipule correctement un certain nombre de thèmes classiques de ce genre d'histoire d'invasion extra-terrestre.

Il est toutefois vrai que ce genre n'est pas nouveau, c'est le moins qu'on puisse dire et, ayant été abondamment exploité, ne passionne plus autant qu'autrefois. Il faut bien admettre que ce qui nous est raconté, s'inscrivant dans le cadre bien connu de histoires d'attaques extra-terrestres des années cinquante, a en effet depuis longtemps cessé d'exercer sa fascination initiale et risque de n'apparaître a priori que comme une énième variation sur un thème obligé, voire éculé. Mais la questionne est-elle vraiment là ? Après tout, on peut aussi se servir d'un genre éculé pour y glisser quelque chose d'autre qui le transcende. Est-ce le cas ici ? Je n'en suis pas sûr, tout en me disant que développée autrement, cette histoire aurait pu trouver une force visionnaire qui lui manque en l'état. Mais j'y reviendrai.

Comme Guy Nipigue, je pense que le premier album du cycle avait une dimension d'énigme suspendue qui lui donnait une force bien plus grande et je partage son impression selon laquelle on aurait très bien pu en rester à ce mystère non résolu. L'invocation finale "Asile, Asile !" était alors tellement étrange et inexplicable qu'elle faisait de cette fin quelque chose de vraiment fascinant. Il y avait dans ce premier volet une dimension d'odyssée mentale complexe avec une certaine forme de mysticisme cauchemardesque qui faisait la force de L'Onde Septimus. L'album avait quelque chose d'un aérolithe dans la série des continuations.

Il est clair en effet que nous sommes passés d'un climat d'onirisme fantastique (qui faisait que L'Onde Septimus m'avait d'emblée séduit alors que beaucoup d'autres lecteurs tenaient cet album pour un objet inclassable dont ils ne savaient pas trop quoi faire ni penser, éprouvant devant lui un mélange de malaise et de rejet) au volet "scientifique" dans lequel tout s'explique et doit se résoudre par un série de péripéties dont je seul vrai mérite à mes yeux est - et en cela j'éprouve une autre impression que celle de Wronschien - que s'y mélange quand même une certaine dimension de magie, ou plus précisément d'onirisme qui retrouve une partie, mais une partie seulement de ce que j'avais aimé dans L'Onde Septimus. J'ai apprécié notamment la prolifération des messages en hiéroglyphes extra-terrestres qui se mettent à proliférer, transformant les objets, les murs et les maisons en grimoires, de même que se multipliaient les Septimus en délire dans la fin cauchemardesque de L'Onde Septimus. Les images de cette contamination de signes écrits dans une langue indéchiffrable sont d'ailleurs de toute beauté, donnant parfois l'impression que les lettres irradient étrangement dans la pénombre.

Mais il est vrai que l'histoire qui nous est racontée cette fois est moins réussie. Je crois qu'effectivement, la nécessité d'apporter des explications "rationnelles", (c'est-à-dire de proposer un système d'explications fictivement rationnelles, selon les lois du genre) réduit la portée d'une intrigue qui aurait peut-être gagnée à conserver sa part de mystère irréductible. Je pense que Wronschien a raison quand il écrit : "Sans doute que si Dufaux avait pu faire 2 autres albums comme prévu au lieu d'un seul, le récit aurait été plus abouti. Je trouve qu'Olrik aurait mérité qu'on s'attarde un peu plus dessus par exemple, sur ce qui s'est passé dans l'Orpheus en particulier, et les liens qu'il a peut-être avec le Moloch."

Il est certain que développer l'histoire sur trois albums aurait permis de l'approfondir et d'éviter de donner le sentiment d'une précipitation de sa conclusion. De même, cela aurait permis d'éviter que la métamorphose qui rend à Olrik sa mémoire paraisse trop abrupte et convenue. La faute en incombe sans doute moins à Dufaux qu'à la décision éditoriale de limiter l'histoire à deux volumes. Je suis certain que si l'occasion lui avait été donnée de développer son scénario avec plus d'ampleur,( tel qu'il l'avait peut-être conçu à l'origine, il serait intéressant de l'interroger à ce sujet), il aurait sans doute, lui qui est un raconteur d'une très grande habileté pour qui j'ai une vive admiration, réussi à coordonner les différents niveaux de cette étrange aventure d'une façon beaucoup plus convaincante et sans doute inquiétante.

Reste aussi qu'il a sans doute été contraint par une des lois du genre jacobsien : inventer une pseudo vraisemblance scientifique à des évènements fantastiques qui font intervenir technologie et créatures soit modifiées par une emprise occulte, soit issues d'autres mondes, qu'il s'agisse d'extra-terrestres, de terriens dégradés du futur ou de robots échappant au contrôle de leur créateur. J'aurais aimé que Dufaux puisse déployer son récit sans forcément tenir compte de ces critères implicitement obligés et suivre une ligne très libre selon sa plus profonde inspiration, comme l'ont fait François Schuiten et Jaco Van Dormael dans ce qui, il est vrai, est plus un hommage qu'une continuation. Mais peu importe. On aurait pu imaginer que cet album ose cette forme de liberté, quitte à déplaire bien plus qu'il ne le fera, même si les jacobsiens de stricte observance à qui l'idée de continuation déplaît le rejetteront par principe, plutôt qu'ils le jugeront sur ses véritables défauts et ses véritables qualités.

Que tout finalement tourne autour de la célèbre injection : "Par Horus demeure !" ne me gène pas. C'est d'ailleurs aussi un lien implicite entre "Le dernier Pharaon" et les deux albums du cycle Dufaux. D'ailleurs, dans Le dernier Pharaon et le dyptique de Jean Dufaux, il est question d'un secret enfoui sous les apparences normales d'un capitale, d'une menace qui répand dangereusement ses effets, d'un renversement des valeurs et des codes exigeant un déchiffrement par un personnage sacrificiel, Mortimer dans l'un, Olrik dans l'autre. Ce jeux d'échos, certainement non prémédité, n'est pas moins fort intéressant en lui-même. Il dit quelque chose d'une vision très sombre chers quelques uns des auteurs actuels des aventures de Blake et Mortimer, et rejoint en cela certaines des préoccupations apocalyptiques de Jacobs.

D'où vient cependant que Le dernier Pharaon est, à mon goût, totalement réussi dans son genre propre tandis que Le cri du Moloch (quel beau titre soit dit en passant), l'est moins dans le sien ? A mon avis de ces deux facteurs : la réduction de trois albums à deux et la volonté de coller au moins partiellement à des codes de type jacobsien, si bien qu'on pourrait presque dire que, paradoxalement, Le cri du Moloch est en partie victime, non de son infidélité à l'univers de Jacobs, mais de de son trop grand désir d'en respecter certain des codes.

Reste quand même un album qui se lit avec plaisir et des instants vraiment réussis. J'ai aimé par exemple qu'Olrik apparaisse ici sous un jour assez héroïque et soir conduit à épargner Mortimer par souci de sa propre grandeur et pour mieux jeter le trouble dans l'esprit de ses adversaires qui seront forcés de reconnaître que pour une fois il a été sauveur plutôt qu'allié de la destruction, certes par l'effet d'un intérêt commun, mais non sans une certaine grandeur.

J'ai déjà dit que j'ai aimé la prolifération des signes qui fait du message extra-terrestre quelque chose de très mystérieux, comme si leur signaux relevaient de quelque vieux traité d'alchimie ou de magie noire que d'une technologie en avance sur celles des terriens des années 1950. La manière dont le Moloch s'échappe en fait une sorte de monstre de Frankenstein et on se dit que, mieux traité, ce thème aurait eu plus de force, car il est clair que si le Moloch n'a pas été créé par le professeur Scaramian, celui-ci est bien responsable de sa réactivation et des terribles effets qui en résultent.

Le personnage du Moloch, "sombre et hiératique" ainsi que le note la critique présentée dans "Sens critique", est en soi intéressant et donne par sa physionomie l'impression d'être une sorte de double de La Marque Jaune dans la première partie de l'album éponyme - mais sa mise en image est un peu fade quand il est montré avec plus de détail après avoir échappé à l'habitacle transparent dans lequel il est initialement enfermé. Il m'a aussi fait songer graphiquement à la figure du Diable dans Fantasia (dans la séquence illustrant Une nuit sur le Mont Chauve et cette ressemblance potentielle n'empêche pas qu'il n'a pas l'air assez mystérieux qui aurait fait de sa nature terrible quelque chose de vraiment fascinant. Je suis certain que ce personnage aurait gagné à être l'objet d'un plus grand développement si la version en trois albums avait pu être retenue. Est-il une pure incarnation de la puissance brutale sans autre conscience que celle de l'efficacité meurtrière et machinale, possède-t-il une forme d'hyper conscience portant les vertus agressives à leur comble et le rendant de ce point de vue incommensurable à toutes les interprétations humaines, comme certaines figures d'extra-terrestres des aventures de Madrake le magicien ? Quelle relation symbolique entre lui et Olrik au-delà de ce qui nous est dit ?

Enfin, j'ai beaucoup aimé les deux séquences faisant apparaître la jeune reine devenue personnage à part entière, au seuil et au terme de l'album. Il y a là une très belle idée parfaitement maîtrisée qui donne au récit une saveur toute britannique assez émouvante. La reine est subtile, enjouée, non dépourvue d'une sorte d'humour qui donnent à l'univers assez sombre de cet album un agréable contrepoint, fort bien dessiné de surcroît.

Question dessin, justement : eh oui, il faut bien l'admettre, la collaboration d'Aubin aurait certainement donné lieu à une bien meilleure qualité graphique. Je n'insisterai pas sur ce qui a déjà été dit au sujet de certaines maladresses dans la stylisation des visages des principaux protagonistes et je trouve très intéressante l'analyse de Wronschien à ce sujet. Malgré tout, le résultat est loin d'être indigent et les décors sont à mon goût très bien traités. Il y a a des cases vraiment magnifiques, comme celle où l'on voit dans la nuit de brouillard monter les colonnes de lumière dirigée vers le vaisseau des envahisseurs, ou, toutes celles, je me répète, veillez m'en excuser, qui concernent les signes hiéroglyphiques diffusés par le Moloch dans l'espace londonien. Le détail des paysages urbains m'a plu et je me suis surpris à reprendre plusieurs fois une même page, après en avoir lu les péripéties, pour le pur plaisir de regarder les lieux, les attitudes des passants, les véhicules en circulation. Il y a certainement, comme dans tout album, quelques écarts envers le strict réalisme, cela ne me gêne en rien dans une série qui de toute façon a tellement inventé de lieux et d'objets imaginaires depuis ses débuts, que ce genre de critère me paraît sans grande importance.

En définitive, c'est avec plaisir que j'ai lu cet album, sans le trouver cependant tel que je l'aurais aimé si l'auteur avait pu conduire son projet de manière entièrement libre et si le dessinateur avait été son premier collaborateur dans L'onde Septimus. Reste que cette aventure, si elle n'est pas ma préférée dans les continuations, me semble honorable et pas plus invraisemblable que certaines des fictions jacobsiennes que j'apprécie parfois beaucoup, parfois plus modérément, comme par exemple la seconde partie de L'énigme de l'Atlantide, les parties médiévales et préhistoriques du Piège diabolique, ou le cycle du Professeur Sato dont l'histoire n'a jamais réussi à me séduire vraiment sans me déplaire non plus tout à fait.

https://www.centaurclub.com/forum/viewtopic.php?p=53642#p53642

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Raymond

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Merci de mettre ici en ligne ce beau billet, Draculea, et je regrette maintenant d'avoir ironisé sur le "Centaur Club". On y trouve des interventions qui sont vraiment d'une très grande qualité.  Embarassed

Ce très long post de "Park Lane" est en tout cas agréablement objectif et je suis entièrement d'accord avec son auteur. Ce qui est amusant, c'est qu'à la fin de la lecture du "Cri du Moloch", je m'étais fait un peu la même réflexion que "Park Lane" en repensant au "Blake et Mortimer" de François Schuiten qui est paru l'année passée. Le "Dernier Pharaon" s'éloigne totalement de l'ambiance des livres de Jacobs mais c'est paradoxalement une vraie réussite. Pour réussir la reprise d'une BD connue, il est parfois utile de transgresser certaines règles.

Sinon, je n'ai vraiment pas le temps d'aller visiter le Centaur Club. J'ai déjà assez de travail avec le "forum d'Alix ! Wink


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Raymond a écrit:Merci de mettre ici en ligne ce beau billet, Draculea, et je regrette maintenant d'avoir ironisé sur le "Centaur Club". On y trouve des interventions qui sont vraiment d'une très grande qualité.  Embarassed

Ce très long post de "Park Lane" est en tout cas agréablement objectif et je suis entièrement d'accord avec son auteur. Ce qui est amusant, c'est qu'à la fin de la lecture du "Cri du Moloch", je m'étais fait un peu la même réflexion que "Park Lane" en repensant au "Blake et Mortimer" de François Schuiten qui est paru l'année passée. Le "Dernier Pharaon" s'éloigne totalement de l'ambiance des livres de Jacobs mais c'est paradoxalement une vraie réussite. Pour réussir la reprise d'une BD connue, il est parfois utile de transgresser certaines règles.

Sinon, je n'ai vraiment pas le temps d'aller visiter le Centaur Club. J'ai déjà assez de travail avec le "forum d'Alix ! Wink

Pas d'accord, j'ai trouvé "Le Dernier Pharaon" assez catastrophique. Je trouve que le scénario est encore plus plat que "Le Cri du Moloch", et comme tout est fait pour rompre avec l'atmosphère traditionnelle de "Blake et Mortimer", je n'ai vraiment pas compris l'intérêt de rattacher ça à des personnages connus, plutôt que de créer sa propre histoire...
Personnellement, j'ai été déçu par "Le Cri du Moloch", mais je trouve qu'aucun tome de la saga officielle n'est descendu aussi bas que "Le Dernier Pharaon"... Après, ce n'est que mon opinion, hein ! Parfois, j'aime la relecture de personnages connus, mais quand on n'arrive pas à m'en faire voir l'utilité, là, ça ne passe pas. Sad

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