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Alix Senator 3 : La conjuration des rapaces

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grand maître
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Draculea a écrit:

Je partage également votre sentiment favorable à propos des moeurs romaines assez austères en matière de vêtement et de nudité et de la justesse du traitement qui en est ici donné.

J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer dans d'autres posts mon attitude entre paradoxe et contradiction. J'apprécie de voir des jolies filles dénudées dans des BD (et ailleurs...) tout en déplorant qu'à l'arrivée certains auteurs entretiennent à plaisir ces poncifs sur l'"Antiquité décadente" que retiendront les lecteurs non spécialistes. Les créatifs (et les groupies) me le reprochent. Que m'importe ? Moi je suis un exégète, et mes attentes forcément différentes...

Pour info, j'ai mis sur mon site et à propos du cinéma (mais ça vaut aussi pour la BD) un florilège de ces clichés qui me font grimper aux murs : http://www.peplums.info/pep00fronta6.htm#03

Draculea a écrit:

En revanche, j'avoue ne pas avoir été choqué par le fait que le chef de la conjuration soit d'origine non romaine. Après tout, il est assez clair qu'il est un pion entre les mains d'autres conjurés qui préfèrent sans doute se servir d'une personne d'origine étrangère. Ce qui d'ailleurs offre dans une certaine mesure relative un écho à la situation civile d'Alix. Même si ce choix est peut-être historiquement peu imaginable, il relève à mes yeux d'une licence artistique acceptable dans la mesure où le noeud du récit est avant tout un jeu de passions contradictoires ...

Dans le cahier qui clôture LA CONJURATION DES RAPACES, Valérie Mangin confirme le point de vue que j'ai exprimé, en précisant même que les Romains haïssaient Cléopâtre, "le Serpent du Nil" (Cicéron), cause d'une nouvelle guerre civile entre Antoine et Octave.
J'ajouterais simplement que non seulement elle n'était pas citoyenne romaine, mais en plus c'était une reine, catégorie socio-professionnelle détestée. Lorsque César l'invite à Rome, il l'installe dans une villa qu'il possède dans le Transtévère, de l'autre côté du Tibre : elle n'a pas le droit de franchir l'enceinte du pomoerium (l'espace délimité par la charrue de Romulus). Jugurtha non plus, venu plaider sa cause à Rome, n'aura pas le droit d'y pénétrer, seuls ses avocats y furent autorisés. Les seuls rois qui aient jamais franchi les limites du pomoerium étaient des vaincus chargés de chaînes, suivant le char du général vainqueur lors de son triomphe !

En ce qui concerne le fils qu'elle donna à Jules César, je ne sache pas que celui-ci l'ait reconnu pour son fils.
Cléopâtre donna deux enfants à Marc Antoine, des jumeaux : Alexandre Hélios et Cléopâtre Séléné. Octave fit exécuter le fils, mais recueilli la fille qu'il fit éduquer dans son palais par sa soeur Octavie.

Les Romains n'étaient pas racistes - comme pouvaient l'être les Grecs, par exemple - mais la citoyenneté était incontournable. Cette citoyenneté fut accordée aux notables et autres personnages méritants des territoires colonisés. Il y a ce fameux passage des Actes des Apôtres où le Juif Paul de Tarse déclare à l'officier romain : "Ciues romanus sum" (Je suis citoyen romain). Et le centurion de répondre : "L'es-tu de naissance, car moi j'ai dû payer très cher pour l'obtenir ?" César a accordé la citoyenneté aux/fit entrer au Sénat les Gaulois cisalpins (parmi lesquels ils avait recruté deux légions). C'étaient ses clients. Plus tard l'empereur Claude, né à Lyon, accordera ce privilège aux autres Gaulois.

Qu'Octave ait fait d'Alix un Sénateur - Valérie Mangin s'en est du reste expliquée - n'est qu'un léger anachronisme de quelques années. De toute manière, ce n'est pas lui qu'on veut porter au pouvoir. Songez au mépris que la noblesse sénatoriale vouait à Pompée, brillant chef de guerre qui rendit d'éminents services à la République, mais qui était du Picenum (région de Rimini), pas de Rome; et dont la carrière fut atypique car il se poursuivit pas le cursus honorum traditionnel.

Alors, comme tu dis, Draculea, ceci peut relever "d'une licence artistique acceptable"... car je conçois bien que pour les lecteurs BD d'aujourd'hui, la manière de voir ou la sensibilité des Romains d'il y a 2.000 ans ne passe pas toujours très bien.

Draculea

Draculea
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AJAX a écrit:
Draculea a écrit:

Je partage également votre sentiment favorable à propos des moeurs romaines assez austères en matière de vêtement et de nudité et de la justesse du traitement qui en est ici donné.

J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer dans d'autres posts mon attitude entre paradoxe et contradiction. J'apprécie de voir des jolies filles dénudées dans des BD (et ailleurs...) tout en déplorant qu'à l'arrivée certains auteurs entretiennent à plaisir ces poncifs sur l'"Antiquité décadente" que retiendront les lecteurs non spécialistes. Les créatifs (et les groupies) me le reprochent. Que m'importe ? Moi je suis un exégète, et mes attentes forcément différentes...

Pour info, j'ai mis sur mon site et à propos du cinéma (mais ça vaut aussi pour la BD) un florilège de ces clichés qui me font grimper aux murs : http://www.peplums.info/pep00fronta6.htm#03

Draculea a écrit:

En revanche, j'avoue ne pas avoir été choqué par le fait que le chef de la conjuration soit d'origine non romaine. Après tout, il est assez clair qu'il est un pion entre les mains d'autres conjurés qui préfèrent sans doute se servir d'une personne d'origine étrangère. Ce qui d'ailleurs offre dans une certaine mesure relative un écho à la situation civile d'Alix. Même si ce choix est peut-être historiquement peu imaginable, il relève à mes yeux d'une licence artistique acceptable dans la mesure où le noeud du récit est avant tout un jeu de passions contradictoires ...

Dans le cahier qui clôture LA CONJURATION DES RAPACES, Valérie Mangin confirme le point de vue que j'ai exprimé, en précisant même que les Romains haïssaient Cléopâtre, "le Serpent du Nil" (Cicéron), cause d'une nouvelle guerre civile entre Antoine et Octave.
J'ajouterais simplement que non seulement elle n'était pas citoyenne romaine, mais en plus c'était une reine, catégorie socio-professionnelle détestée. Lorsque César l'invite à Rome, il l'installe dans une villa qu'il possède dans le Transtévère, de l'autre côté du Tibre : elle n'a pas le droit de franchir l'enceinte du pomoerium (l'espace délimité par la charrue de Romulus). Jugurtha non plus, venu plaider sa cause à Rome, n'aura pas le droit d'y pénétrer, seuls ses avocats y furent autorisés. Les seuls rois qui aient jamais franchi les limites du pomoerium étaient des vaincus chargés de chaînes, suivant le char du général vainqueur lors de son triomphe !

En ce qui concerne le fils qu'elle donna à Jules César, je ne sache pas que celui-ci l'ait reconnu pour son fils.
Cléopâtre donna deux enfants à Marc Antoine, des jumeaux : Alexandre Hélios et Cléopâtre Séléné. Octave fit exécuter le fils, mais recueilli la fille qu'il fit éduquer dans son palais par sa soeur Octavie.

Les Romains n'étaient pas racistes - comme pouvaient l'être les Grecs, par exemple - mais la citoyenneté était incontournable. Cette citoyenneté fut accordée aux notables et autres personnages méritants des territoires colonisés. Il y a ce fameux passage des Actes des Apôtres où le Juif Paul de Tarse déclare à l'officier romain : "Ciues romanus sum" (Je suis citoyen romain). Et le centurion de répondre : "L'es-tu de naissance, car moi j'ai dû payer très cher pour l'obtenir ?" César a accordé la citoyenneté aux/fit entrer au Sénat les Gaulois cisalpins (parmi lesquels ils avait recruté deux légions). C'étaient ses clients. Plus tard l'empereur Claude, né à Lyon, accordera ce privilège aux autres Gaulois.

Qu'Octave ait fait d'Alix un Sénateur - Valérie Mangin s'en est du reste expliquée - n'est qu'un léger anachronisme de quelques années. De toute manière, ce n'est pas lui qu'on veut porter au pouvoir. Songez au mépris que la noblesse sénatoriale vouait à Pompée, brillant chef de guerre qui rendit d'éminents services à la République, mais qui était du Picenum (région de Rimini), pas de Rome; et dont la carrière fut atypique car il se poursuivit pas le cursus honorum traditionnel.

Alors, comme tu dis, Draculea, ceci peut relever "d'une licence artistique acceptable"... car je conçois bien que pour les lecteurs BD d'aujourd'hui, la manière de voir ou la sensibilité des Romains d'il y a 2.000 ans ne passe pas toujours très bien.

Oui, il y a là en effet une conception du territoire et de la citoyenneté tout à fait particulière, que l'album aborde cependant de manière partielle à travers les manifestations d'hostilité réservés à Alix et aux siens par un certain nombre de romains au cours du récit. Les précisions que tu apportes n'en sont pas moins précieuses en ce qu'elles soulignent avec beaucoup de précision combien les réticences romaines envers les populations non latines de l'empire étaient fondées sur des principes plutôt civiques qu'ethniques, comme le prouvent les décisions de César ou de Claude, donc en un cadre culturel qui serait en effet difficilement compréhensible par un jeune lecteur d'aujourd'hui.
Pour revenir sur les vues de Rome que tu évoques à propos des maquettes dont elles sont inspirées, il est certain que nous ne pouvons pas aller plus loin que de tenter de nous faire une idée approximative de ce qu'elle était à cette époque. Le fait est que les représentations panoramiques ou plus localisées quartier par quartier qui nous en sont proposées au fil de l'album, comme c'était déjà le cas dans le premier tome, sont en tout cas d'une très grande beauté. J'aime aussi beaucoup les contrastes d'ombre et de lumière éclatante qui donnent vie à l'espace et jouent aussi un rôle narratif en ce qu'ils accompagnent le drame qui se noue entre apparences et vérité secrète, masques et visages découverts dans ce récit d'une très haute intensité. Les lieux et les paysages sont ici des personnages à part entière et cette scénographie contribue à la poésie dramatique de l'histoire.

http://www.marchenriarfeux.net

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grand maître
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Auguste a dit : "J'ai trouvé une Rome de briques, je l'ai laissée de marbre." On n'a pas de représentation exacte de la Rome de César, du reste en perpétuelle mutation. Sur le Forum, Jules César fit raser la Basilique Sempronia pour en construire une autre, la Basilique Julia, du reste inaugurée par Auguste. Agrippa, gendre d'Auguste, s'est rendu célèbre pour y avoir bâti de nombreux édifices nouveaux (dont le Panthéon). Lesquels, au cours des siècles qui suivirent ont été réparés, réaménagés etc. Lorsque César est parti guerroyer en Gaule, il y avait une Curie (Sénat) sur le Forum. Lorsqu'il en revint, il n'y avait plus qu'un champ de ruines... elle avait brûlé lors des émeutes qui avaient suivi l'assassinat de Clodius (février 52). César ne fut donc pas assassiné au Sénat, sur le Forum, mais au Théâtre de Pompée (du côté du Champ de Mars) où provisoirement se réunissait le Sénat. Et l'incendie de Rome sous Néron ne fut qu'un incendie parmi de nombreux autres...

Ceux qui ont vécu dans une ville de quelqu'importance ont tous vu des cartes postales anciennes montrant tel ou tel endroit il y a 50, 100 ans ! Au début de l'année, j'ai fait une recherche sur les nombreuses salles de cinéma que j'avais fréquentées avant l'invention de la vidéo K7. Non seulement la plupart avaient disparu, mais le plus souvent aussi les éléments de façade effacés... Une ville, ça bouge.

Corinthe a été rasée par les Romains en -146, puis rebâtie à l'initiative de Jules César vers le milieu du Ier s. Il ne subsistait donc plus rien de la Corinthe grecque, la colonie romaine ayant tout recouvert. Dans LE LAC SACRE (ORION) (p.26) on voit un détachement spartiate pénétrer dans l'agora de Corinthe en passant sous une porte voûtée. Mon attention a été directement attirée par ce détail, car les architectes grecs ignoraient la voûte (que les Romains eux-mêmes ont empruntée aux Etrusques). J'ai sans difficulté retrouvé la source de Martin dans une brochure touristique (j'en ai toute une collection, récoltée dans tous les lieux que j'ai visité) : il s'agissait d'une reconstitution du forum de la Corinthe romaine. Ca fait drôle pour un lecteur qui, même non spécialiste, aurait tout de même un peu étudié l'histoire grecque et romaine au cours de ses Humanités... Mais pour l'auteur de BD, c'est un vrai dilemme : deux choix possibles. Ou bien de toutes pièces inventer une agora grecque; ou bien reproduire ce qu'un touriste peut identifier.

J'en ai discuté avec Jacques Martin qui a préféré - à son habitude - m'objecter de nébuleuses raisons : "Oui mais les Grecs d'Asie Mineure connaissaient  la voûte." D'abord, Corinthe n'est pas en Asie Mineure; ensuite j'ai, bien entendu, été vérifier - et j'ai effectivement trouvé quelques voûtes sur un site grec d'Asie mineure... remanié à l'époque romaine (voir L'ARCHITECTURE GRECQUE, Office du Livre, mais je ne l'ai pas sous la main pour te préciser de quel site il s'agissait).
J'avoue préférer mon explication (le dilemme) à la sienne. Mais peut-être bien ne lui avait-t-elle même pas effleuré l'esprit ! Cela dit, je respecte son choix d'avoir reproduit une reconstitution "connue".

Bref. L'image que nous nous faisons de Rome, est celle du IVe s. de n.E., basée sur la Forma Urbis. Gilles Chaillet en a fait ses choux gras dans son superbe album (pas les "Voyages", mais l'autre avec les dépliants). Personne n'y échappe. Au cinéma, Veniero Colassanti s'était basé sur la maquette de Gismondi, à Rome, pour reconstituer son superbe Forum de LA CHUTE DE L'EMPIRE ROMAIN dont j'ai une photo géante sous les yeux, dans mon bureau. Le film est censé se passer au IIe s. de n.E., sous Commode, mais c'est le Forum du temps de Constantin & Succ. qui a été reconstitué et filmé. Le seul dont nous ayons des éléments probants, même s'il a depuis été pillé par les Papes (les portes du Sénat ont été réaffectées au Latran).

Et là, j'ai une anecdote : dans une interview, Roger Leloup rapporte que Martin l'avait emmené au Cinquantenaire prendre des photos de la maquette IVe s. de Paul Bigot. Ce sont elles qui ont inspiré le premières images des LEGIONS PERDUES (Tintin, 1962-1963). Plus tard, il fut question de produire un feuilleton TV d'après cet album, et de filmer dans les décors dudit Forum de LA CHUTE... (1964) demeurés debout à Las Matas après la faillite du producteur Samuel Bronston (nous sommes toujours dans les ’60). Martin a dû comprendre, entre-temps, son anachronisme du reste tempéré par les obstacles épistémologiques sus-évoqués. Et bien sûr il objecte aux producteurs que cette Rome-là n’est pas la bonne etc. Bref, le feuilleton ne se fit pas. Mmmmouais… Il a dû y avoir d’autres vraies bonnes raisons, dont l’une et pas la moindre est que le partenaire américain voulait rebaptiser « Alix »… « Marcus » (notre blond gaulois étant un illustre inconnu outre-Atlantique). Mais cette raison-là aussi, je n’y crois pas fort. Rien n’empêchait d’appeler le héros Marcus dans la version US et Alix dans la VF… c’est une pratique courante au cinéma.

Alors donc, de deux choses l’une : ou bien on reproduit scrupuleusement une maquette connue mais représentant la Rome du IVe. s. Ou bien on la réinvente totalement - ou plus simplement en se basant sur la maquette, mais en gommant les éléments anachroniques les plus caractéristiques. Ainsi, par exemple, dans ALIX SENATOR/3, en haut de la p.6, à flanc du Palatin, dominant le Circus Maximus, on voit la grande exèdre caractéristique du palais de Domitien, qui y vécut un siècle plus tard ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_imp%C3%A9rial_de_Rome#Palais_de_Domitien ). Le dessinateur aurait pu y substituer un quelconque motif de remplissage. Mais c’est juste une affaire de choix… et, dans le fond, je ne suis pas mécontent d’y retrouver la Rome « connue ».

AJAX

AJAX
grand maître
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Bon, j’ai été vérifier, car il n’est rien que je déteste autant que l’imprécision ou l’à-peu-près. Le bouquin, c’est MONDE GREC, coll. "Architecture universelle", Fribourg, Office du Livre, 1964 (textes de Roland Martin).

Le site auquel je me référais est, pp. 19 et 34-37, Pergè en Pamphylie (S-O de l’actuelle Turquie). Sous les Attalides (qui lègueront leur royaume à Rome), des arcatures soutiendront le chemin de ronde des murs d’enceinte. Il s’agit donc d’architecture hellénistique – postérieure à Alexandre le Grand – creuset où va se fondre l’architecture romaine. ORION se passe pendant le guerre du Péloponnèse, à l’époque de l’âge classique, soit – au minimum – un ou deux siècles avant l’enceinte de Pergè.

Pour être parfaitement honnête, le même ouvrage signale, p. 86, que l’on trouve des voûtes dans des tombeaux macédoniens du IVe s., et dans la Pergame des III-IIe s. (dans tous les cas, donc, postérieurs au Ve s. et à la Guerre du Péloponnèse). Page 87, il spécifie que jamais, chez les Grecs, la voûte plein cintre ne fut utilisée dans les grandes salles hypostyles.
Enfin, cet ouvrage mentionne un étroit couloir voûté sous le Temple d’Apollon à Didymes (pp. 97-114) ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Didymes ) et – salut Marc ! – le Nécromantéion d’Ephyra en Epire (pp.124-125), qui est au centre d’ORION : LES ORACLES (mais je sais, par ailleurs, qu’elles sont d’époque romaine).

Draculea

Draculea
grand maître
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Merci Ajax de ces précisions passionnantes qui permettent à partir de l'album mille voyages dans l'Histoire Antique. C'est aussi ce que j'aime dans les désormais deux séries des aventures d'Alix : elles nous conduisent à entreprendre d'immenses périples spatio-temporels qui en prolongent le plaisir de manière infinie.

http://www.marchenriarfeux.net

AJAX

AJAX
grand maître
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Mon cher Draculea (waouw quel pseudo, moi qui adore les histoires de vampires !), c'est bien comme ça qu'enfant j'ai reçu les péplums filmiques, plus tard bédéiques) : le point de départ d'une recherche personnelle... J'y ai consacré ma vie, et ainsi suis devenu ce que je suis, plus d'un demi-siècle plus tard...

Un sacré putain d'emmerdeur.

Ouais, et alors ?

Amicalement,
AJAX pouce

Draculea

Draculea
grand maître
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Hélas mon cher Ajax, je ne vous trouve pas du tout emmerdeur ! Bien au contraire !
Very Happy

Un autre élément qui m'a vivement intéressé dans ce troisième tome d'Alix Senator : que la maturité du personnage s'accompagne aussi de désarroi. Ce n'est plus le jeune homme vif argent qui triomphe avec une aisance naturelle des dangers, mais un homme qui se trouve enveloppé dans les contradictions nées de ses amitiés de jeunesse, sa double famille elle même désorbitée par les révélations successives que l'on sait, et ses fidélités secrètes. Le personnage gagne ainsi une profondeur qui correspond à son âge, à son expérience et à sa situation au centre des jeux complexes de son époque. De ce point de vue, il est donc profondément humain et nous touche au-delà de ses idéaux initiaux, car il doute.

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AJAX

AJAX
grand maître
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L'évolution "spicologique" des personnages, je la laisse aux auteurs. Laissez-moi me caler dans la chaude et enveloppante tiédeur de ma baignoire... en compagnie d'une huile essentielle choisie...

Mais trêve de plaisanterie. Qu'Alix devienne enfin adulte n'est pas pour me déplaire. Je l'ai apprécié comme redresseur de torts dans les premiers albums; ensuite un peu moins comme témoin passif (mais qui suis-je pour le juger ?).
Après tout, moi aussi j'ai changé. Nous avons même évolué ensemble, étant tous deux nés en 1948...

Non, seule vraiment m'importe l'image de Rome; et en ce qui concerne l'oeuvre de Jacques Martin, à force d'entendre autour de moi des enseignants l'encenser, j'avais fini par placer très haut la barre. Trop haut peut-être. Depuis, j'ai appris à relativiser.
Mais ça ne m'a jamais empêché d'apprécier aussi des BD de quai de gare comme OLAC LE GLADIATEUR. (Me rappelle sa tête lorsque je l'ai fait inviter à l'ICJ en 1980... la seule planche BD du catalogue était OLAC... une planche de Don Lawrence).

AJAX

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grand maître
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Non, pas de Don Lawrence, mais de Brian Leigh !

bruno

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grand maître
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Bientôt dans votre excellente librairie près de chez vous Smile

Alix Senator 3 : La conjuration des rapaces - Page 2 Senato10

http://www.canalbd.net

stephane

stephane
vieux sage
vieux sage
Quelle surprise cette révélation! Je ne m'y attendais pas du tout et à chaque fois, Valérie Mangin nous surprend.. Vivement la suite...car je m'attendais à en savoir un peu plus sur la mère de Titus ...quand à Khephren, en pleine crise d'ado, je le comprends quand même un peu d'en vouloir à Enak...même si...

A Ajax, Jacques Martin a bien écrit le scénario des Légions perdues pour un film et a accepté qu'Alix devienne Marcus , car le titre du scénario est "Marcus le Romain", en sous-titre "L'épée de Brennus".

Je reviendrais prochainement sur Alix mag', sur les sources obtenues par Jacques Martin pour dessiner Rome pour les Légions perdues.

http://alixmag.canalblog.com/

AJAX

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grand maître
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stephane a écrit:A Ajax, Jacques Martin a bien écrit le scénario des Légions perdues pour un film et a accepté qu'Alix devienne Marcus , car le titre du scénario est "Marcus le Romain", en sous-titre "L'épée de Brennus".

Quand Martin m'en a parlé - ce devait être vers 1978-79 - il m'a juré ses grands dieux qu'il n'avait pas toléré le décor anachronique de LA CHUTE... (ce qui m'a fait sourire) et qu'il n'avait pas apprécié que l'on change le nom de son héros (ce que je comprends mieux, quoique... $$$  Smile  ).

J'attends avec intérêt des détails supplémentaires, si tu en as...


stephane a écrit:Je reviendrais prochainement sur Alix mag', sur les sources obtenues par Jacques Martin pour dessiner Rome pour les Légions perdues.

Sur ce point précis, je me fonde sur l'interview de Leloup dans l'album géant LE DERNIER SPARTIATE. Qui ne m'a pas surpris car à l'époque la littérature fanique n'avait pas manqué de s'émerveiller sur cette fameuse vignette qui ouvre LES LEGIONS PERDUES... et que, par ailleurs, habitant Bruxelles, je connaissais parfaitement la maquette de Paul Bigot qui est aux Musées Royaux d'art et d'histoire au Cinquantenaire (dans les années '80, j'ai pondu une grosse étude sur les différentes versions du Forum romain, qui n'a que partiellement été publiée dans les Actes du Colloque archéologique d'Antibes [ils ont gardé CLEOPATRE, au détriment de LA CHUTE... et d'ANNO DOMINI. Question budget pages]. Faudra que je la remanie un jour, pour mon site, tout comme cet autre travail sur OLAC LE GLADIATEUR que je tiens sous le coude).

Par ailleurs, je tiens d'un ami alors cadre, puis directeur de l'antenne belge d'une major américaine, mais passionné de BD, que Martin déposa un dossier Alix pour prospecter les Américains. Je ne sais pas quand, mais pour ce que je sais de la carrière de mon ami, je présume que ce devait être dans le sillage du projet de Spielberg de porter Tintin à l'écran (pure supposition de ma part).

Dans tout les cas, je suis curieux de ce que tu peux nous apprendre.  pouce

Raymond

Raymond
Admin
Je reviens sur cet album. Cool

Entre deux matchs de Coupe Davis, j'ai enfin découvert cette Conjuration des Rapaces que j'ai lue avec un grand plaisir.

Cet album représente une belle conclusion pour cette première trilogie. Il vaudrait mieux d'ailleurs la lire d'une seule traite pour bien en apprécier l'ensemble, et apprécier comme il se doit l'évolution psychique de certains personnages. Je me suis toutefois contenté (pour l'instant) de la seule lecture du 3ème tome ... parce que ... il y avait d'autres préoccupations.  Wink

Ce qui me frappe le plus, c'est le nouveau caractère d'Alix. Il est devenu moins aventurier, et plus instable. Notre héros est maintenant capable de dissimuler, et de calculer. Il peut aussi perdre le contrôle de ses nerfs et douter de lui-même. J'ai été surpris en particulier de le voir gifler un de ses enfants. Cela ne lui ressemble pas (ou du moins, cela ne ressemble pas au personnage créé par Jacques Martin).

Alix Senator 3 : La conjuration des rapaces - Page 2 Akix_s10

Le scénario dénoue progressivement certains mystères, et nous dévoile une réalité bien inquiétante sur les coulisses du pouvoir à Rome. Alix se fait des ennemis imprévus, et il ne semble finalement pas très à l'aise dans ce monde de complots. Je me garderai bien d'en révéler trop sur cette intrigue qui fait la part belle à la famille d'Octave-Auguste, et c'est ainsi que l'on retrouve Lydia (plutôt qu'Octavie), qui a bien vieilli elle aussi, et qui reste une fidèle alliée d'Alix.

Alix Senator 3 : La conjuration des rapaces - Page 2 Akix_s11

Cette intrigue "romaine" est dessinée de façon splendide par Thierry Démarez, qui ne lésine pas sur les décors et les vues panoramiques. Il n'y a pas beaucoup de BD historiques (à part Murena) qui racontent avec autant de détails la vie des romains, et qui l'illustrent avec une telle précision.


Alix Senator 3 : La conjuration des rapaces - Page 2 Akix_s12

On notera aussi que le récit s'achève d'une manière assez ouverte, puisqu'il nous montre à l'avance les ennemis (tout aussi redoutables qu'Arbacès) qu'Alix devra désormais affronter. La série semble maintenant bien lancée, et je présume que les surprises ne sont pas terminées.

La Conjuration des Rapaces est ainsi une BD intelligemment conçue, qui joue sur le plaisir du récit historique et sur les charmes de l'Antiquité. Elle est dessinée d'une manière rigoureusement classique, dans un style très différent de celui de Jacques Martin, mais cela ne m'a pas gêné. Ce style très réaliste, aux couleurs parfois sombres, correspond en fait très bien à l'ambiance des récits de Valérie Mangin, qui nous présente une nouvelle époque romaine, peut être plus civilisée, mais aussi plus pessimiste.

Avec la série principale qui a retrouvé des couleurs (grâce à Marc Jailloux), et avec tous ces jeunes auteurs plein d'idées et d'énergie, l'avenir d'Alix peut être entrevu d'une manière optimiste. Very Happy


_________________
Et toujours ... Alix Senator 3 : La conjuration des rapaces - Page 2 Charli10
http://lectraymond.forumactif.com

Erik A

Erik A
martinophile distingué
martinophile distingué
"cela ne ressemble pas au personnage créé par Jacques Martin" qu'il dit, Raymond.

Parce que ce n'est pas lui qui a écrit cette histoire... Lapalissade ?

Je doute qu'il aurait avalisé aussi aisément de son temps. C'est toujours très compliqué à faire pour les repreneurs. Le choix de Valérie m'a surpris, mais elle a fait du bon travail. Maintenant est-ce que c'est du Martin, non, ça je ne crois pas une seconde. C'est autre chose... Et c'est forcément le cas pour tout les titres repris des années plus tard.

http://erikarnoux.blogspot.com

Draculea

Draculea
grand maître
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Ce que tu dis cher Raymond du caractère d'Alix, je l'avais aussi remarqué et noté et il me semble que cette évolution est intéressante car elle marque à la fois le passage du temps, mais aussi l'envers des blessures : perte d'Enak, charge d'élever le fils de celui-ci en même temps que le sien, perte de nombreux amis ou protagonistes de sa jeunesse tandis que d'autres parvenus au pouvoir ou sur ses lisières dans une nouvelle époque de Rome devenue jeune Empire. Alix est ici un homme parfois saisi par le désarroi, un désarroi qui peut se concevoir aisément lorsque on lit l'ensemble non seulement du troisième tome mais particulièrement le volume précédent, et tu dois te souvenir en quel contexte, notre héros est conduit à gifler Khephren, ce qu'il regrette d'ailleurs aussitôt. Pour ma part, ces déchirements qui l'affectent profondément ne sont pas une contradiction du jeune homme qu'il a été ni un contresens, dans la mesure où ils illustrent tous une époque où les vertu héroïques ne suffisent plus et dans laquelle notre personnage est perdu, d'où aussi le fait qu'il soit conduit à une dissimulation qui n'est cependant en rien une fourberie selon la manière dont je la comprends.
Quand on sait enfin tout ce qu'Alix et Enak ont autrefois connu (je songe entre autres à la manière dont Alix a pardonné spontanément à Enak son comportement hésitant, à la fin du Prince du Nil, aux vertus pour lesquels il s'est battu, avec loyauté tout en restant fidèle à Rome qui lui a donné la citoyenneté - ne le déclare-t-il pas déjà à Cléopâtre dans Ô Alexandrie ? - on comprend, et qu'il soit décontenancé par les luttes et le système politique de l'empire naissant, et qu'il finisse par perdre son calme  et gifler Khephren. Dès le premier tome, si les deux jeunes gens que sont Titus et Khephren ne sont pas dépourvus de courage et du désir de marcher dans les pas de la jeunesse d'Alix et Enak, ils n'en sont pas moins les enfants d'un autre monde, habitués aux plaisirs et aux fascinations immédiates de la société dans laquelle ils vivent, rapides à juger ce dont ils ignorent le sens et la portée. La gifle d'Alix est de ce point de vue l'exaspération d'un homme traqué qui rencontre jusque en sa maison une remise en cause aussi injuste que brutale de sa personne, car rien n'est moins certain qu'en dépit de l'ambivalence dont il obligé de faire preuve face aux nouvelles règles du jeu qu'Alix soit pour autant devenu un lâche comme de multiples faits dans ces trois tomes le montrent de façon manifeste.
Comme toi je suis fasciné par le travail de dessin et de mise en couleur et je considère comme toi que cette série née de l'arbre originel de celle de Jacques Martin est bien partie et a trouvé sa dignité et sa valeur par ces trois tomes qui en portent très haut la flamme.



Dernière édition par Draculea le Dim 23 Nov - 21:44, édité 1 fois

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grand maître
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Raymond a écrit:
… cette intrigue qui fait la part belle à la famille d'Octave-Auguste, et c'est ainsi que l'on retrouve Lydia (plutôt qu'Octavie), qui a bien vieilli elle aussi, et qui reste une fidèle alliée d'Alix.

Je me suis demandé d’où venait ce prénom (?) de « Lidia », attribué dans le TOMBEAU ETRUSQUE à Octavia, sœur d’Auguste. En fait Octave a eu deux sœurs portant ce nom, du reste issues de deux lits différents, mais là n’est pas la question. Il faut savoir une chose : les Romains connaissaient une vingtaine de prénoms masculins, mais ils n’en avaient aucun pour les femmes. Une fille portait toujours le gentilice paternel mis au féminin. Chez les romanciers, cinéastes etc. mal informés, les personnages féminins portent au hasard les prénoms d’Aurelia, Valeria, Julia etc. Qui sont plus tard devenus des prénoms encore portés aujourd’hui. Mais à l’époque, Aurelia (la mère de Jules César p.ex.) était la fille d’un Aurelius Cotta ; et la fameuse Messaline était connue comme Valeria Messalina, fille de Valerius Messalinus.

Si elle avait des sœurs, eh bien elles portaient toutes le même « prénom » avec un adjectif Major ou Minor (l’aînée, la cadette) ou un numéro d’ordre. Ainsi, l’épouse de Pompée, Mucia Tertia (qui fut une maîtresse de Jules César) était la troisième fille de Mucius. C'est du moins comme ça dans les textes. Dans la réalité de tous les jours, on peut imaginer qu’on leurs trouvait des surnoms familiers, mais ce n’est pas prouvé. Donc, une fille d’Octavius Thurinus (le père d’Octave) s’appelle nécessairement Octavia. Mais elle avait probablement un petit surnom pour distinguer la cadette de l’aînée.
Les Romains, qui étaient gens pratiques, disposaient d’ailleurs aussi de toute une série de prénoms masculins du même tonneau comme Primus, Secundus, Tertius, Quintus, Sextus, Septimus, Octavius, Decimus soit le 1er, le 2e, le 3e le 5e, le 6e, le 7e, le 8e, le 10e. Mais ces prénoms masculins finirent vite par perdre leur sens numérique pour devenir un prénom usuel dans telle ou telle branche de la famille. Chez les « Julius Caesar », tous les mâles portaient les prénoms de Lucius, Sextus ou Caius… l’aîné portant nécessairement le même prénom que son père, les autres étant alternatifs.

Alors Lidia ? Je pense que Martin aurait pu la trouver en regardant la toile de J.A.D. Ingres, «Virgile lisant l'Enéide à Livia, Octavia et Auguste». Il me semble avoir vu dans certains ouvrages cet intitulé où la virgule manquait entre Livia (l’épouse d’Auguste) et Octavia. Ce pourrait être ça qui aurait suggéré à Martin, pour ne pas être redondant [Octave/Octavie] ?, une « Livia Octavia » qu’il aurait transformé en Lidia selon un processus mental de travestissement qui lui est coutumier (Horodes pour Herodes dans LE DERNIER SPARTIATE, Jhen pour Jehan etc.) (cf. http://www.peplums.info/pep39j.htm#20d ).

Draculea a écrit:
… tu dois te souvenir en quel contexte, notre héros est conduit à gifler Kephren, ce qu'il regrette d'ailleurs aussitôt.
(…) on comprend, et qu'il soit décontenancé par les luttes et le système politique de l'empire naissant, et qu'il finisse par perdre son calme  et gifler Kephren. (…) La gifle d'Alix est de ce point de vue l'exaspération d'un homme traqué qui rencontre jusque en sa maison une remise en cause aussi injuste que brutale de sa personne,

Aaaaah, putain ! Ca fait du bien !
En bonne règle, si Alix avait été un vrai Romain, il aurait fait fouetter son « fils » par ses palefreniers. On ne remet pas en cause les décisions du Pater Familias ! Et quand bien même Khephren aurait eu 50 ans, et Alix 80, tant qu’Alix aurait été vivant, son fils lui restait soumis. Smile

Draculea

Draculea
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AJAX a écrit:En bonne règle, si Alix avait été un vrai Romain, il aurait fait fouetter son « fils » par ses palefreniers. On ne remet pas en cause les décisions du Pater Familias ! Et quand bien même Khephren aurait eu 50 ans, et Alix 80, tant qu’Alix aurait été vivant, son fils lui restait soumis. Smile

Très juste observation qui révèle que justement le tempérament d'Alix n'a pas autant changé que pourraient le laisser penser les apparences car son attitude envers le jeune homme évoque évidemment sa magnanimité et son esprit de justice : même dans un moment d'irritation il ne se comporte pas en Pater Familias et regrette ensuite son geste. Tout comme dans sa jeunesse, il avait pardonné à Enak sa trahison dans Le Prince du Nil ainsi que je le rappelais tout à l'heure.

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AJAX

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Dans les années trente, déjà, le grand théoricien hongrois Georges Lukacs (LE ROMAN HISTORIQUE, Payot, Petite Bibliothèque) notait que les héros romanesques reproduisaient les sentiments des lecteurs de l’époque où le roman avait été écrit. (Le corollaire étant, à mon sens, que les « méchants » étaient beaucoup plus historiques et authentiques que les gentils ! Aaaah… les patriciennes qui blessaient avec un poinçon l’ornatrix [coiffeuse] qui, avec son fer à friser, leur avaient brûlé le cuir chevelu !).

Dans la série ROME, Vorenus – en Pater Familias avisé – veut que sa fille Vorena épouse un vieux et riche sénateur pour être à l’abri du besoin (lui-même, dans sa jeunesse, n’ayant pas toujours mangé à sa faim). L’amour « viendrait après ». Luc Ferry dans sa REVOLUTION DE L’AMOUR rappelle que sous nos latitudes et jusqu’il y a peu, c’étaient les parents qui décidaient des unions, et ces mariages sans amour formaient des unions beaucoup plus stables basées – en principe – sur le respect mutuel, non sur de frivoles sentiments. Pour des raisons de patrimoine, et sans doute aussi parce que la promiscuité sexuelle n’existait pas à l’époque, il fallait décider à leur place qui épouserait qui. Maintenant que nous pouvons agir à notre guise (*), les divorces se multiplient, et il est devenu politiquement incorrect de défendre l’option du mariage forcé (encore prôné par certaines cultures que je ne nommerai pas, car il est tout autant politiquement incorrect de les critiquer – Risum teneatis ?).

Le libertaire que je suis est ravi de cette [fragile ?] autonomie dont nous jouissons. L’historien, en revanche, déplore cette « Histoire révisionniste » où les amoureux se retrouvent à la fin du film et où l’on ne peut même plus battre ses enfants.
Vis-à-vis du lecteur, ce n’est pas très pédagogique, n’est-ce pas ? Il est bon de se rappeler d’où nous venons… pour savoir où nous allons.

Bref, et sans vouloir critiquer le travail admirable de Valérie Mangin et Thierry Démarez qui sont, de toute manière, astreints à respecter le cahier de charge de la patente « Alix », héros de papier, dans le film sombre mais réaliste que je me fais perso, Alix donc - en son âme et conscience - administrera une solide correction à ce jeune effronté de Khephren, lequel reconnaîtra son erreur et se soumettra. Na !  Very Happy
________
(*) Marrant ça, mais après la guerre civile qui avait vu périr tant de Romains des deux camps, cette vieille bique lubrique d’Auguste entreprit une réforme morale de la république, encourageant le mariage et la natalité et condamnant à l’exil le pauvre Ovide, le poète des amours.
Il faut dire qu’après toutes les horreurs qu’ils avaient vécues, les Romains ne croyaient plus à grand-chose, préférant chercher l’oubli dans les plaisirs. L’histoire se répète… ?

Raymond

Raymond
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Les méchants peuvent tout se permettre, et sont dans un certain sens plus "jouissifs". Jacques Martin devait ainsi bien s'amuser en racontant les manigances et les méfaits d'Arbacès.

Pour Alix Senator, il est très probable que Valérie Mangin s'est également bien amusée avec "son méchant".

ou plutôt ... sa méchante. Smile:


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C'est ce que professait Henri Vernes, déclarant que les méchants comme l'Ombre Jaune étaient plus fascinants que le héros. "On s'amuse plus avec le Diable qu'avec Dieu", ajoutait-il malicieusement en se tournant vers Jacques Dieu, président de son fan club... in illo tempore.

Il y a au moins une fois où Jacques Martin m'a fait franchement jubiler sur le plan historique. C'est à la fin de LA GRIFFE NOIRE, lorsque tous ces vieux officiers romains empoisonnés par Rafa s'indignent de ce que l'unique dose de contre-poison ramenée par Alix est destinée à... un gamin. Car pour un Romain, n'était à prendre en considération que quelqu'un qui a accompli quelque chose - ce qui n'était pas le cas du garçonnet. Au mieux était-il une vague hypothèque sur l'avenir...

Personne n'a envie de mourir, pas même les vieux... je présume que c'est à ça que Martin songeait en montrant l'attitude "égoïste" de ces personnes âgées... Mais moi, je préfère envisager la logique toute romaine de ceux qui ont mérité en servant la république...

Malheureusement, tout l'album n'est pas comme ça. Par exemple lorsque les marins romains immergent les corps de leurs camarades tués. Les Romains étaient viscéralement des terriens et avaient la mer en horreur. La pire chose qui pouvait leur arriver, c'était de périr en mer (du reste, c'était le châtiment réservé aux parricides : mis dans un sac et jetés dans le Tibre). Ils auraient dû brûler les corps, ou à défaut les inhumer.

Mais le cliché des marins immergeant leurs morts avait la vie dure, semblait une évidence. Dommage.
Quelqu'un, je ne sais plus où, avait fait cette comparaison savoureuse : "Il y a autant de rapport entre nous et les Romains, qu'entre nous et les Zoulous." Nous avons beau nous réclamer d'eux on ne voyait pas les choses de la même façon.

stephane

stephane
vieux sage
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Valérie Mangin répond aux questions de Raymond:
http://alixmag.canalblog.com/archives/2014/11/30/31055303.html

http://alixmag.canalblog.com/

Raymond

Raymond
Admin
Mmmm ... le prochain album se passera probablement en Grèce (puisque cela s'intitulera les Démons de Sparte) et on y reverra d'autres personnages créés par Jacques Martin.

Sera-ce Heraklion ?   Very Happy


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Bonne question.

Quand les Romains, en guerre avec la Macédoine, ont commencé à infiltrer le Grèce, louvoyant entre la Ligue étolienne et la Ligue achéenne, ils reconnaissaient en les Spartiates un peuple frère. De fait, les Spartiates étaient restés indépendants de l'hégémonie macédonienne, mais aussi, en pleine décadence, avaient fort à faire pour se défendre de l'embrigadement par la Ligue achéenne. Et ils se tournaient naturellement vers Rome.

C'est une période complexe, et malgré mes efforts pour essayer de la comprendre, j'avoue que...
Bref, ces deux ligues, toujours opposées entre elles, changeaient volontiers de fusil d'épaule, vis-à-vis de la Macédoine. Je renvoie les bédérastes à l'excellente série SPARTE de Christophe Simon et Patrick Weber, qui traite du règne de Nabis, dernier tyran/roi de Sparte (en -192). Pour les autres, il y a d'excellents ouvrages de François Chamoux ou de Claire Préaux.

Mais avec Auguste, on est presque deux siècles après. Que nous prépare Valérie Mangin ? La Pythie (qui vient en mangeant) seule le sait.

stephane

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Un reportage sur l'actualité des vieux héros, avec Valérie Mangin. On y parle également de Blake et Mortimer, Michel Vaillant . On y voit également les premières planches de Ric Hochet et Bob Morane.
http://www.rtbf.be/info/medias/detail_bd-2015-sera-l-annee-du-retour-des-super-heros?id=8505292

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Stéphane, j'avais déjà mis ce lien hier en fin de matinée dans le sujet "Actualités autour de la bd". Wink

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